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 Le prix de la liberté

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Skriff
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mer 29 Aoû 2012 - 15:58

Lecture finie !
Tot ce que je peux dire c'est... wouah !
La concurrence va être rude pour être le comte (ou même la comtesse?) de la crypte !
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Blood Knight
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Sam 1 Sep 2012 - 13:43

T'inquiète mon petit bonhomme, je reprends du service !

Bon Arken, bravo, tu m'as complètement mis dans le vent avec l'écriture de ton récit, le mien est loin derrière. Cela dit, je l'annonce je participe au concours et ça va saigner ! (Oh ouiii Love )

Maintenant je n'ai plus qu'à trouver la motivation et le temps nécessaire à lire tes pavés Devil
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Arken
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Jeu 4 Oct 2012 - 16:58

Et voilà une suite toute fraiche ! Avec quelques infos en plus... Mais je crois qu'elles vont vous laisser encore plus de questions qu'avant Devil
Les amateurs de descriptions vont être contents de découvrir l'antre de cette chère Emeraude. Happy
PS : 6ème page !! Very Happy



Je déposai vite fait mon sac de voyage dans ma chambre avant de rejoindre Emeraude. Je m'arrêtai sur le seuil et tournai la tête. Je sentais l'énergie magique du livre m'appeler insidieusement. Je soupirai. Que faire de ce livre ? Je ne voulais pas le laisser entre les mains d'Emeraude mais sans elle, aucune chance de le traduire. La solution serait de travailler toutes les deux sur ce fichu bouquin, pour que l'on puisse se partager les découvertes. Mais comment lui faire confiance ? Je décidai de remettre cela à plus tard.
«Rabe, reste ici, et surveille le livre noir. Si quelqu'un approche, préviens-moi tout de suite.
- Oui dame.»

J’arrivai dans l’antre de notre magicienne. C’était la pièce la plus profonde du vieux temple. L’air y était humide et oppressant. Le plafond était arrondit et bas. Les vieilles pierres s’effritaient au moindre effleurement. La pièce, déjà étroite, semblait submergée de meubles et de bibelots en tout genre. Tout au fond, le petit lit miteux de Gestank disparaissait dans la pénombre ambiante. Juste à côté, un trou béant paraissait avaler tout ce qui s’approchait. C’était l’entrée de la chambre d’Emeraude. Tout le long d’un mur se tenaient d’imposantes étagères. Une d’entre elles était remplie de livres, qui de plus étaient en mauvais état. La deuxième était un grand fouillis de rouleaux de parchemins, sans doute magiques. Les reste était encombré de bocaux de toutes les tailles contenant des substances plus étranges les unes que les autres, et qui devaient certainement être assez rares ou dures à trouver. Contre le mur opposé s’étendait un long plan de travail constamment envahi par tout et n‘importe quoi. Ici un alambic, là-bas un incinérateur… Des verrines à peu près rangées contenaient chacun un liquide d’une autre couleur. Des ingrédients, surtout des herbes, trainaient un peu partout. Un vieux bout de parchemin à moitié effacé et tâché tenait compagnie à un encrier usé et à une plume fatiguée. Dans un coin près de la porte d’entrée, de vieux chaudrons attendaient passivement qu’on se serve d’eux. Enfin, une table aussi désordonnée que le reste était installée au milieu de la pièce, ou plutôt là où il restait de la place. Depuis le bord, la seule bougie allumée faisait du chaos ambiant des ombres mouvantes. Trois chaises l’accompagnaient.
Emeraude était assise sur l’une d’elle. Elle avait sans doute laissé sa pèlerine dans sa chambre, et était simplement vêtue d’une sobre robe noire, plus fonctionnelle qu’élégante. Elle releva la tête de son travail.
- Ah ! Rubis ! Te voilà enfin. J’ai une nouvelle leçon pour toi cette nuit. Assis-toi. Bien. Vu que tu sembles très bien maîtriser Ghur, je vais laisser ce vent là de côté, d’autant plus que je ne risque pas de t’en apprendre plus, puisque je ne le contrôle pas moi-même. Mais nous allons passer à quelque chose de plus intéressant… La magie noire. J’aimerais savoir si tu as vraiment une affinité avec lui, ou s’il ne s’approche de toi que par curiosité envers une magicienne.
- Tu parles du vent comme s’il avait une conscience, rigolais-je.
- Mais il en a une. Comme tous les vents d’ailleurs. Tu as une très grande affinité avec Ghur, c’est pour ça que tu ne t’en rends pas compte quand tu l’utilises. D’autant plus qu’il est très amical avec toi. Mais le vent nécromantique est beaucoup plus rebelle. C’est pour ça qu’il est aussi dangereux. Presque autant que Shyish, celui de la mort. Quand un magicien veut l’utiliser, il est obligé de lui demander son accord. Bien sûr, si la demande est en bonne et due forme, il acceptera la plupart du temps. Mais si le sort est trop puissant pour tes capacités, ou si tu veux le faire travailler de force, il peut te retourner ton énergie et te causer d’effroyables dommages. De très nombreux magiciens en sont morts.
Je restai immobile un moment, assez sceptique. Les vents, une conscience, un caractère ? Je fis tournoyer Ghur autour de ma main. Je pouvais le voir sans besoin de me concentrer désormais. Il bougeait au gré de mes envies, sans intelligence apparente.
- Ça n’a pas l’air vivant, rétorquais-je.
- Essaye de lui parler, tu verras.
J’haussai un sourcil, de plus en plus perplexe. Parler à du vent ? Même s’il était magique, je me demandai si ce n’était pas juste un délire de quelque dément. Sous le regard insistant de ma professeur, je soupirai et ouvris mon esprit. Les vents se prélassaient dans toute la pièce. Seul celui de magie noire, assez frénétique, passait entre certains livres de la bibliothèque, s’arrêtait un moment près d’Emeraude, avant de recommencer sa ronde. Je tournai mon intention sur le vent brun. Comment faire pour parler à un vent ? Je fis la moue et décidai de faire comme si je conversai avec Rabe.
« Ghur ? »
Je vis le vent légèrement frétiller. Mes doutes finirent par se briser quand il se réunit au centre de la pièce. Il bougeait lentement, et prenait au fur et à mesure une forme distincte. Un frisson me parcourut quand la silhouette prit une forme familière. Le cheval ambré renâcla. Je le contemplai, émerveillée. Soudain, il rua, hennit et galopa vers moi dans un bruit de sabot fantomatique. Sa crinière s’effilochait comme des flammes rebelles. Je sentis sa puissance remplir la pièce. Un livre tomba de la table à son passage. Il me percuta et je m'évanouis.
Quand je rouvris les yeux, le visage d’Emeraude était penché sur moi. Toutes les bougies du laboratoire se consumaient d’une flamme vive et claire.

Il avait remarqué une lumière vacillante sous une porte tandis qu’il passait dans le couloir pour rejoindre sa cellule. C’était l’entrée d’une pièce qu’il n’avait visité qu’une fois avant ce jour, lors de son arrivée au grand temple d’Altdorf. Son guide l’avait laissé en faire le tour en expliquant qu’elle renfermait les prophéties et autres textes obscurs recensés dans tout l’Empire. Comme personne ne s’y rendait jamais, les bougies étaient très rarement allumées. Curieux, il ouvrit la porte pour découvrir qui consultait ces vieux grimoires à une heure aussi tardive.
Il vit avec stupeur que la salle était vide. Intrigué, il fit quelques pas. La lueur venait d’un coin reculé tout au fond. Il s’approcha et distingua un pupitre en bois qui sur lequel reposait un vieux parchemin effrité. Une bougie blanche se tenait sur le coin supérieur droit de l’écritoire. De l’autre côté, aussi une bougie, mais noire et enflammée. Il remarqua le peu de cire liquide et en conclut que quelqu’un l’avait allumée cette même nuit. Pensant qu’elle avait été oubliée, il souffla dessus. La flamme vacilla mais ne s’éteignit pas. Il fronça les sourcils et recommença, en vain.
Il sortit de la salle et se rendit auprès de son mentor. Ce dernier partait de son bureau et ils faillirent se percuter.
- Maître ! Venez vite !
- Qui a-t-il Emmerich ? Tu n’es pas encore couché ?
- Une bougie s’est allumée dans la salle des prophéties.
- Eh bien ! Ça doit être un vieux prêtre qui voulait consulter un écrit et qui a oublié de l’éteindre ! Pourquoi me déranges-tu alors qu’il suffit de souffler dessus ?
- Le problème, c’est qu’elle refuse de s’éteindre !
Maître Laurentius fronça les sourcils. Pourquoi les élèves se sentaient-ils obligés de raconter des inepties à des heures pareilles ? Il soupira et suivit Emmerich. Autant régler ça tout de suite sinon il ne le lâcherait pas de sitôt.
Ils arrivèrent dans ladite pièce. Agacé, le mentor se hâta vers la lumière. Il souffla sur la bougie et se retourna pour repartir. Il ne fit pas un pas. La chandelle éclairait encore, infatigable. Il se retourna, la regarda, lu le nom de la prophétie écrite sur le début du parchemin et se figea.
- Que se passe-t-il Maître ?
- Sigmar a décidé de ton destin, mon garçon. Et il va te falloir beaucoup de courage pour l’honorer.
L’appréhension se lisait sur le visage de l’ancien tandis qu’il fixait le cierge. Par la comète, pourvu que la chandelle blanche ne tarde pas à s’enflammer…

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Les mots sont un don. Les mots sont une arme. Les mots ne se gaspillent pas. P.B.
"Despierta y ponte a soñar"
Ceux qui ne croient pas en la magie ne la trouveront jamais.
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Dernière édition par Arken le Ven 12 Oct 2012 - 23:08, édité 1 fois
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Keraad de Gespenst
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Jeu 11 Oct 2012 - 21:30

Eh bien, encore un nouveau mystère! Tu ne peux pas t'arrêter là-dessus, c'est trop cruel! Crying

Toujours aussi bien, mais toujours quelques fautes d'inattention. Peut-être que si tes textes étaient moins bons, on arrêterait de te demander la suite et tu aurais plus de temps pour peaufiner ton travail. Ça te va comme solution? Very Happy
Citation :
Qu’une d’entre elles était remplie de livres, qui de plus étaient en mauvais état.
"L'une d'entre elles" et "qui, de plus, étaient", non?

Citation :
un long plan de travail constamment envahis
Ce n'est pas une faute, mais je trouve quand même bizarre que Rubis, qui n'est jamais entrée dans la pièce, affirme que le bureau était "constamment" envahi...Il faudrait soit rajouter un détail qui lui permette de déduire cela, soit changer la phrase ("était envahi...et Rubis doutait qu'il ait jamais été rangé" ou quelque chose dans ce style-là).

Citation :
Des verrines à peu près rangés contenaient chacun
Verrine est masculin, vraiment? Tongue

Citation :
un table
No comment
Citation :
s’il ne s’approche de toi juste par curiosité
Moi je dirais soit "s'il 'sapproche de toi juste par curiosité" ou "s'il ne s'approche de toi que par curiosité". Je ne suis pas sûr qu'il y ait une règle, mais ça sonne faux je trouve (ensuite j'ai une chance sur 2 de me tromper).
Citation :
noire et allumée. Il remarqua le peu de cire liquide et en conclut que quelqu’un l’avait allumée
Un peu répétitif, non?
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Arken
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Ven 12 Oct 2012 - 23:15

Citation :
Eh bien, encore un nouveau mystère! Tu ne peux pas t'arrêter là-dessus, c'est trop cruel!
Si, je peux Devil

Citation :
"L'une d'entre elles" et "qui, de plus, étaient", non?

C'est finalement devenu "une d'entre elles"... et le dernier, j'hésite beaucoup entre ta syntaxe et la mienne... Alors j'ai gardé la mienne Mrgreen

Citation :
Ce n'est pas une faute, mais je trouve quand même bizarre que Rubis, qui n'est jamais entrée dans la pièce, affirme que le bureau était "constamment" envahi...

Est-ce moi qui ai mal écrit ou est-ce toi qui est fatigué ?
Dans les textes précédents, Rubis fait déjà allusion à ses cours (difficiles) avec Emeraude, ce qui suppose qu'elle est déjà descendue plus d'une fois Tongue

Les autres fautes ont été corrigées Smile

Citation :
Peut-être que si tes textes étaient moins bons, on arrêterait de te demander la suite et tu aurais plus de temps pour peaufiner ton travail. Ça te va comme solution?
Hum... Comment dire... Les sbires de Rubis me suivent à la trace, et si je n'écris pas et ne poste pas assez souvent je risque gros... C'est simplement que je suis trop pressée moi-même de poster la suite Innocent

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Arken
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Dim 14 Oct 2012 - 18:13

Double post !  Camouflé Ninja
Mais c'est pour une bonne cause  Happy  Je suis bien inspirée en ce moment, et donc je vous livre la fin du chapitre 7.  Very Happy
Keraad : j'ai revu un de tes derniers posts, et je remarque que je ne t'avais pas répondu. Oui, c'était fait exprès de vous tromper pendant quelques lignes quand elle retrouve Pénombre  Tongue

Cette suite est assez longue, mais elle est très importante. Vous y retrouverez des personnages qui semblaient sortis du récit, et qui réapparaissent subitement  Shifty
Profitez bien de ce dernier passage tranquille... Car le chapitre 8 commencera par une ellipse, et les choses sérieuses arrivent...  Devil

Bonne lecture !


Je m’allongeai sur mon lit. Même si son usage premier était obsolète, Diamant nous en avait quand même mis à disposition, sans doute pour garder quelques vieilles habitudes. Je mis les bras derrière ma tête, perdis mon regard dans le plafond et soupirai. Émeraude m’avait renvoyée après s’être assurée que l’accident ne m’avait pas laissée de séquelle. Elle voulait réfléchir en paix sur ce qu’il venait de se passer. Je ne pouvais pas aller voir Gestank pour apprendre quelques tours de petite magie. Diamant l’avait encore envoyé en ville pour je ne sais quelle raison. Saphir était occupée à parler avec notre matriarche, et Topaze… ce n’était même pas la peine d’essayer. Je soupirai à nouveau. Rabe se posa au bout de la couche et pencha la tête.
«Toi faire quoi ?
- Je m’ennuie.
- Pas comprendre.
- Trop dur à expliquer.»
Je me redressai et m’assis au bord du lit. Distraitement, je fis jouer Ghur entre mes doigts. Depuis qu’il m’était apparu, je sentais comme une légère conscience qui m’effleurait l’esprit à chaque fois que je l’utilisais. Mais j’avais beau l’appeler, il ne répondait plus que par une légère fluctuation. Ma soif se rappela à moi, comme à chaque fois que l’ennui était au rendez-vous. Je me dirigeai vers la sortie tout en prévenant Pénombre de me rejoindre. Les deux lunes étaient encore hautes, il ne devait être qu’à peine minuit.
J’allais me nourrir dans un petit patelin perdu en forêt, à moins d’une heure de là. Puis, n’ayant pas envie de rentrer tout de suite, je laissais ma jument vagabonder dans les bois. Et dire qu’il y avait encore quelques mois je ne pouvais pas m’y promener sans danger… Une quelconque créature se cacha dans les buissons à notre approche. Une idée me traversa l’esprit. Là où Ghur était le plus puissant, c’était dans les lieux peuplés d’animaux. Quoi de mieux qu’une forêt ? Surtout la nuit, quand les bêtes se sentaient plus en sécurité pour errer entre les arbres…
J’arrêtai Pénombre. Rabe se posa sur mon épaule. Je fermai les yeux. J’ouvris mon esprit, m’imprégnais de l’air ambiant et les rouvris.
Il était là, à quelques pas de nous. Un élégant cheval d'ambre. Éthéré. Une aura flamboyante écartait les ténèbres autour de lui. Il baissa légèrement l’échine quand je l’appelai. Rabe et Pénombre aussi le voyaient. La jument était émerveillée et en même temps très flattée que le vent de la bête prenne l’apparence d’un étalon. Rabe trouvait cette apparition très étrange mais ne semblait pas en avoir peur.
Je descendis de selle et m'approchai. Une chaleur agréable m'enveloppa. Les flammes de sa crinière s'embrasèrent. Sa conscience m'entoura et visita doucement mon esprit. Je fermai les yeux et profitai de cet instant. Je découvris des sensations que je n'avais encore jamais ressenties. Le vent qui joue avec la crinière d'un cheval au galop, la réponse de Mannslieb au loup qui chante, la puissance des ailes d'un aigle quand il poursuit une proie… Je vidai mon esprit et plongeai dans ce moment de béatitude.

Je me réveillai au milieu de la clairière. Je baillai longuement avant de me lever et de m'étirer. Une légère odeur me chatouilla les narines. Un bon repas devait se trouver pas loin… La jument repartit vers le tertre, fatiguée de la balade. Tant pis, je rentrerais en courant. Le corbeau suivait ma chasse en volant de branche en branche. Une fois rassasiée, je retournai dans la clairière. Sans en savoir les raisons, j'aimais beaucoup cette partie de la forêt. Rabe croassa et regarda le ciel. Il commençait à s'éclaircir. Un instinct m'intima de courir dans la même direction que Pénombre afin de m'abriter. J'arrivai devant le temple et passait dans le trou béant qui servait d'entrée. Je descendis quelques escaliers, entrai dans une pièce, allai sur le lit en m'endormis.

Saphir passa un dernier coup de chiffon sur sa lame bleutée et la rangea dans son fourreau. Le soleil venait de se lever. Ne sachant quoi faire, elle sortit de sa chambre et traversa quelques couloirs. Elle se dirigeait vers la chambre de Rubis. Les discussions qu'elles entretenaient pouvaient parfois durer des heures en plus d'être intéressantes. Elle était contente que la dernière de la famille soit aussi sociable. C'était une des seules choses de sa vie d'humaine qu'elle regrettait. Étant très bavarde, elle s'ennuyait assez vite depuis sa renaissance. Topaze n'avait que des sujets futiles de robes et de bijoux et autres complots aristocratiques. Émeraude était tout le temps plongée dans ses bouquins, Gestank avait trop peur d'elle pour lui parler plus de cinq minutes, et elle venait de sortir du bureau de Diamant. Les sœurs savaient très bien qu'il ne fallait pas la déranger sauf quand elle les convoquait. L'arrivée de Rubis avait ravivé sa bonne humeur. Surtout qu'elle avait enfin quelqu'un avec qui s'entraîner…
Elle arriva sur le seuil et s'arrêta net. Rabe dormait dans ses plumes, sur son habituelle corniche. Mais Rubis n'était nulle part. A sa place, un loup noir dormait sur son lit. Elle resta immobile quelques instants, interloquée. D'habitude, les animaux avaient trop peur d'elles pour oser s'aventurer dans le vieux temple, surtout pour y dormir. L'animal bougea. Elle posa sa main sur la garde de son épée. Le loup bailla et ouvrit les yeux.

Lorsque j'ouvris les yeux, je découvris une humaine sur le seuil de la pièce. Je reniflai. Elle était aussi comme moi, sans cœur qui bat. Elle avait adopté une position de combat, mais étrangement,  je ne ressentais pas le besoin de l'attaquer. Nous nous regardâmes quelques instants, sans bouger. Je sentis une deuxième présence arriver. Une autre non-morte. Mais celle-ci avait les cheveux couleur soleil. Je me ramassai sur moi-même et grognai. Je n'hésiterais pas à la mordre si elle faisait un pas de plus. C'est alors qu'elles communiquèrent entre elles. Sans pouvoir prendre part à la conversation, je comprenais le langage qu'elles utilisaient.
- Que se passe-t-il encore ? Pourquoi y a-t-il un loup dans ce lit ?
- Topaze, regarde ses yeux. Cela semble incroyable mais…
- Quoi ses yeux ? Ils sont rouges. Et alors ?
- Et alors, Rubis a exactement les mêmes.
Je redressai les oreilles. A ce nom, des gerbes de souvenirs ressurgirent. Puis, bientôt, ce fut un flot intarissable. Rubis, c'était moi. Et cette nuit, Ghur m'avait montré mon potentiel. Il m'avait fait comprendre ce dont j'étais capable. Alors que ma mémoire se reconstituait, je reprenais forme humaine peu à peu. Pourtant, je sentais qu'une part de mes souvenirs de la nuit dernière me manquait encore. Mais je ne pouvais pas m'y consacrer maintenant, devant deux de mes "sœurs" qui me dévisageaient, bouche bée. Topaze semblait scandalisée. Saphir lâcha la poignée de son épée et osa :
- Rubis ?
Je lui rendis un sourire gêné. Quelque chose me disait que je n'allais pas tarder à finir dans le bureau de Diamant…

Le bébé brailla. Dame Amélia fit un triste sourire. Sur ces deux pauvres âmes, elle avait au moins pu en sauver une. Elle enveloppa le nourrisson dans un drap et le posa délicatement dans les bras de sa sœur. Elle s'approcha du lit et ferma les yeux de la mère morte.
- Que Sigmar prenne soin de toi, chère Emilie.
Elle se retourna et croisa le regard grave de sa sœur. Ses cheveux longs et noirs étaient toujours aussi emmêlés et contrastaient avec ses habits bariolés. Elle apercevait dans le couloir son panier en osier qui la suivait partout. La vieille femme repositionna le bébé et déclara :
- Je l'ai vue, Amélia. Je lui ai même parlé. Elle se promenait dans les rues de Talabheim.
- Je le sais, Helena. C'est même moi qui m'en suis occupé. Le jeune Pierre me l'avait apportée après qu'elle se soit évanouie. Mais à ce moment là, ce n'était encore qu'une jeune fille dont le seul but était de découvrir le monde.
- Juste après, j'ai confié ma belle-fille à Régis. Je pensais qu'elle serait en sécurité avec quelqu'un de sa famille. Mais son oncle n'a pas été capable de la protéger. Il lui a confié sa garde ! A elle ! C'est à cause de cette femme si son cadavre nous contemple aujourd'hui.
- Tu ne peux pas dire ça. Ce n'était pas sa faute si les brigands nous ont attaqués.
- Alors peux-tu m'expliquer pourquoi elle a disparu après l'enlèvement ?
- Elle n'était pas complice ! Je te signale que c'est elle qui nous a sauvé en les tuant tous !
- Tu ne peux pas nier. Tu as vu les astres aussi bien que moi. Cette abomination a commencé ses horreurs. Et il y a quelques nuits, elle a gagné en puissance ! Elle a corrompu le vent de la bête. Elle peut en faire ce qu'elle veut !
- Tu l'as dit toi-même il n'y a pas si longtemps : le poupon que tu tiens dans les mains n'est-il pas le remède contre ce mal ?
- Il n'est que le premier d'une grande lignée. Une lignée entière qui va devoir se sacrifier pour éradiquer ce mal, tu appelles ça un remède ?
- Pour l'instant, ce qui importe, c'est de mettre ton petit-fils en sécurité, soupira Amélia. Et de s'occuper du corps d'Emilie comme il se doit.
Helena opina et soupira. Elle savait ce qui allait arriver, mais elle ne pouvait s'empêcher de réfléchir pour trouver une autre solution. En vain.
- Préfères-tu t'occuper du bébé ou d'Emilie ? Demanda Amélia.
- Vas-y toi. Tu es une guérisseuse renommée. Ils seront plus enclins à te croire.
- Alors je pars dès ce soir.
Elle se leva et prit son long manteau de voyage. Elle remplit son vieux sac de provisions et le mit sur le dos. Elle s'approcha d'Helena et attendit, les bras ouverts.
- Aller, donne-le moi. Tu sais que je m'en occuperai correctement jusqu'à Altdorf.
Une larme roula sur la joue de la vieille femme quand elle plaça le nourrisson dans les bras de sa sœur. Elles se regardèrent encore un moment, et Amélia quitta la maison.

La bougie blanche s'était allumée depuis trois jours, et Emmerich était toujours aussi frénétique. Comment retrouver l'élu à travers tout l'Empire ? Examiner chaque nouveau né dans chaque village prendrait trop de temps. Le stress de sa nouvelle fonction le rattrapa et les feuilles qu'il tenait en main s'éparpillèrent au sol. Il jura et entreprit de les ramasser.
Maître Laurentius ouvrit la porte. Il haussa un sourcil devant ce désordre avant de parler :
- Ce n'est plus la peine de le chercher.
Il s'écarta et une vieille dame apparut sur le seuil, un bébé dans les bras. Le jeune homme se releva, interdit. Amélia lui remit le nourrisson, lui sourit, et s'écroula. Le vieux prêtre la rattrapa, mais il était trop tard. Le voyage, la fatigue et son âge avaient eu raison d'elle. Emmerich la remercia silencieusement, regarda le poupon et adressa une prière à Sigmar.

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Dernière édition par Arken le Jeu 22 Aoû 2013 - 17:52, édité 3 fois
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Von Kuro
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Dim 28 Oct 2012 - 22:31

Très beau texte, je pense déjà l’avoir dit mais devient écrivain, tu auras un succès fou. La preuve, ton œuvre a réussi à me sortir de mon travail. (Je dois être dans le premier quart de mon lycée pour pouvoir prétendre à mes ambitions) Bonne continuation et sache que tu te fais, dès à présent, des fans.
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Senghien
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 5 Nov 2012 - 12:03

un épisode qui amène plus de questions que de réponses, ce qui laisse augurer d'une longue et belle suite Smile

Attention tout de même à quelques fautes d'accords (infinitfs/participes passés pour la plupart) qui accrochent un peu l’œil à la lecture. Ceci dit je suis capable de faire bien pire, alors Wink

Sengh'
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Arken
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 13 Nov 2012 - 9:35

Senghien : Fautes corrigées ! salut

Très chers lecteurs, voici la suite. Tilla n'y est pas présente, mais ce n'est que pour mieux revenir la prochaine fois... Shifty
C'est un passage de transition, très essentiel pour la suite. Mais vous découvrirez pourquoi en temps et en heure Devil
Bonne lecture !!


Chapitre 8

Dans une chambre blanche et austère, deux prêtres se parlaient. L'un, d'une vingtaine d'années, les épaules larges et l'allure confiante. Il était assis sur un tabouret, un marteau sacré à ses pieds. L'autre, vieux et faible, respirant très mal et à grand bruit. Il était alité, et seules ses bras et sa tête étaient visibles. Il prit son souffle et murmura :
- Tu as fini ta formation de répurgateur… Il te faut maintenant faire tes armes… Parcours l'Empire pendant trois ans et aide les villageois.
- Mais et Friedrich ?
- Le petit n'a que deux ans. Ces trois années permettront de te forger une expérience qui te sera utile pour lui enseigner au mieux le combat contre le mal.
- Mais vous êtes mourant, maître Laurentius. Qui prendra soin de lui ?
Le vieux prêtre toussa. Emmerich attendit avec inquiétude et se tranquillisa quand le maître reprit la parole.
- Je l'ai confié à des gens de confiance. Il n'y a que moi qui sait où il se trouve. Quand tu reviendras de ta mission, soulève le vieux parchemin de la prophétie. En dessous, tu y découvriras de quoi le retrouver.
- Bien mon père.
Le silence revint dans la pièce. Chacun avait détourné le regard, perdu dans ses pensées.

Il regarda le petit avec nostalgie. Il savait qu’il serait bientôt temps. Sa femme pleurait depuis quelques nuits, attristée de son départ. Mais ce n’était pas leur enfant. Il leur fallait le laisser à son destin.
Une nuit d’orage, quelqu’un vint frapper à la porte. La paysanne sursauta. Le petit leva la tête de son assiette. Mais lui ne fit que se lever et ouvrir, sans croiser le regard de sa conjointe. Le garçon se blottit dans les jupes de la dame, qui s’était aussi levée. Une silhouette trapue se tenait sur seuil. Son manteau plein de boue et son immense marteau laissait une impression de peur aux trois habitants. Mais le mari s’écarta et le laissa entrer et déclarant d’une voix mélancolique :
- Bonsoir, père Emmerich.
Le petit Friedrich leva les yeux, et découvrit un jeune homme souriant. Il lui rendit un sourire timide et se demanda pourquoi il lui était si familier.

- Friedrich, concentre-toi !
- Oui maître, désolé maître.
Emmerich regardait son élève progresser dans sa gestuelle. Cet exercice, il le répétait chaque matin depuis quatorze ans. Mais le prêtre remarquait bien que quelque chose le perturbait.
- Arrête-toi, et dis-moi ce qui te préoccupe.
Le garçon posa son marteau, hésita un instant et vint s'asseoir près de son tuteur.
- Hier soir… Je suis allé en ville. Je me suis arrêté dans une petite taverne assez coquette et j'ai bu une pinte en jouant aux dés.
- Ne me dit pas que tu dois de l'argent à un misérable ivrogne ! Tu sais très bien que le temple a autre chose à faire que de distribuer ses économies au peuple.
- Non mon père. Ce n'était que des parties d'ordre amical.
- Alors de quoi s'agit-il ?
- Eh bien… La serveuse qui m'a apporté ma commande… je crois qu'elle m'a courtisé. Et ce qui me tourmente c'est que malgré moi, je n'y étais pas indifférent.
- Tu as tout à fait le droit de ressentir des sentiments, comme chaque être humain. Ne t'inquiète pas pour ça.
Pensant que le problème était réglé, l'homme se leva et reprit son marteau. Mais son disciple resta assis et se recroquevilla.
- C'est que… Ce n'est pas tout… Comme elle me plaisait, j'ai commandé plusieurs bières pour qu'elle revienne à chaque fois… Et comme je ne suis pas accoutumé à l'alcool… je ne me souviens plus de ce que j'ai fait. Je me rappelle juste de m'être réveillé dans un des lits de la taverne.
Le prêtre s’immobilisa. Ce genre d’histoire pouvait avoir de graves conséquences. Son élève pourrait être rayé des ordres. Mais seulement si elle s’ébruitait… Fallait-il agir honnêtement et dénoncer ce fait à ses supérieurs, ou devait-il risquer son poste en faveur de la prophétie ? Il n’eut pas longtemps à réfléchir. Sigmar avait déjà accompli son destin. C’est d’ailleurs pour cela qu’il avait été déifié. Donc sa prophétie appartenait au passé, pas comme celle de Friedrich… Il se retourna vers son disciple apeuré.
- Tiens-tu à ton poste au sein de l’Eglise ?
- Oui maître.
- Alors ne parle de cette histoire à personne.
- Mais et la serveuse ?
- Je m’occupe de cette affaire. Reprenons l’entrainement.
- Maître, vous n’allez tout de même pas la tuer ?
- Par Sigmar ! Bien sûr que non ! Aller, oublie-la et reprends ton marteau.

Le prêtre passait dans les rues avec empressement. Le petit finissait sa formation quand il avait reçu le message. Il avait dû trouver une excuse pour reporter la cérémonie. Heureusement, son élève ne se doutait de rien. Emmerich arriva devant la petite chaumière. Il toqua et entra sans attendre de réponse. Il y découvrit le prêtre de la bourgade en train de prier devant le corps. A ses côtés, des petits bruits attestaient de la présence de l’enfant dans le landau. Il se retourna et salua le maître.
- Elle est morte le lendemain de l’accouchement.
- Continue de la recommander à Sigmar.
- Que faire du petit ?
- Trouve lui une famille d’adoption, mais en leur disant qu’ils l’éduqueront que jusqu’à qu’il ait cinq ans. A ce moment, tu retourneras le chercher.
- Et où le placerais-je alors ? Ma petite chapelle n’a pas besoin d’un commis.
- Tu l’enverras au temple d’Altdorf. Il y deviendra prêtre guerrier.
- Comme son père ? Mais ils risquent de se croiser et le secret sera plus dur à garder.
- Son père deviendra prêtre guerrier dans quelques jours, et partira sur les routes de l’Empire pour lutter contre le mal. S’ils se croiseront, cela sera exceptionnel.
- Bien. Je vais le confier au forgeron du village. Sa femme vient d’accoucher d’une petite fille. Elle pourra l’allaiter correctement.
- Merci mon frère. Que Sigmar te vienne en aide.
Emmerich jeta un dernier regard sur l’ancienne serveuse avant de repartir.

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Arken
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mer 21 Nov 2012 - 15:41

Je poste une suite, ce coup-ci avec une révélation !  Camouflé Ninja
Bonne lecture !



Il ouvrit la porte. Tous les regards se posèrent sur lui, avant de converger et de finir sur son arme. Un marteau. La rumeur que Friedrich avait perçu en arrivant reprit, mais avec plus de retenue. Il observa la salle du Cochon Boiteux. Les tables du fond étaient les plus miteuses, mais aussi les plus peuplées. Ce n’était que jeux de cartes, d’argent, et autres pintes de bières. C’était la population classique de chaque taverne. Les alcooliques étaient au comptoir et cuvaient leur boisson dans un silence malsain. A part quelques voyageurs de passage, le reste des tables étaient désertes.
Le prêtre s’approcha du tavernier, demanda une chambre et se dirigea vers les escaliers. Voilà cinq ans qu’il parcourait les routes de l’Empire pour y chasser le mal. La cicatrice qui lui barrait la joue droite témoignait de la difficulté de la tâche, mais il en était fier. Sigmar avait souhaité faire de ce territoire un havre de paix, et ses descendants se devaient de lutter pour cela.
Alors qu'il posait le pied sur la première marche, une  jeune serveuse agrippa son manteau.
- Mon père, je vous en prie, aidez-moi.
- Qu'il a-t-il demoiselle ?
- Faites quelque chose pour la vieille Helena. Elle m'a tellement aidée…
Il lui fit signe de le conduire. Elle le remercia d'un grand sourire, zigzagua entre les tables et disparut après la porte du fond. Ils traversèrent un petit jardin et arrivèrent dans une minuscule cahute.
- J'étais orpheline, je vivais dans la rue et subtilisais l'argent et la nourriture des passants. Un jour, j'ai voulu la voler, mais elle m'a prise sur le fait. Au lieu de me dénoncer, elle m'a prise sous son aile et j'ai pu devenir serveuse dans la taverne qu’elle possède. Certes, les jours ne sont pas toujours roses, mais c'est déjà mieux que les rues. Tenez, la voilà.
Une vieille femme aux longs cheveux noirs se tassait dans son lit. Le teint verdâtre, on l’aurait cru morte si un léger mouvement de respiration ne soulevait pas les draps.
- Ceci est du ressort d’une guérisseuse, pas d’un prêtre guerrier, déclara-t-il.
-  Je le sais. Celle du village est déjà passée. Elle a fait ce qu’elle a pu, mais elle m’a dit que son âge ne laissait pas beaucoup d’espoir. J’aimerais que vous la recommandiez à Sigmar avant qu’elle parte.
Il hocha la tête, posa son marteau contre le mur, s’agenouilla et voulut prendre la main de la mourante.
- Willem !
Le prêtre sursauta. La vieille femme venait de se réveiller brutalement. Elle regarda autour d’elle et découvrit le guerrier. Elle resta un instant interdite puis prit la parole :
- Clara, sors s’il te plaît.
La serveuse hésita un moment mais finit par obtempérer sous le regard sévère d’Helena. Cette dernière reporta son attention sur l’homme et déclara :
- Je t’attendais Friedrich. Les astres m’ont prévenue de ton arrivée.
- Comment me connaissez-vous ?
- Avant de te poser toutes sortes de questions, laisse-moi te parler. Je n’ai plus beaucoup de temps. Tu es le fils d’Emilie et de Willem, mon fils.
- Vous êtes ma grand-mère ?
Friedrich s’était relevé, ne sachant pas s’il devait croire cette vieille femme, sans doute sénile. Mais elle parla, et l’histoire de son arrivée au temple, son nom de famille et quelques détails de son enfance qu’elle lui raconta le convainquirent de l’écouter jusqu’au bout. Mais Helena eut une quinte de toux et il dut se rapprocher à nouveau. Elle ne parlait plus que d’une voix faible.
- J’ai lu dans les étoiles que ma mort n’attendait que ta venue… Alors je dois faire vite. Tu es le premier d’une grande lignée.
- Mais ce n’est pas possible ! Je suis un prêtre guerrier, je ne suis pas censé avoir de descendance.
- Ton fils est déjà né. Et sa mère et morte.
- La serveuse... Je me demandais pourquoi elle n’était plus là… Comment récupérer mon fils ?
- Tu ne le pourras pas. Ta lignée est maudite, chaque homme sera condamné à être seul. C’est pour cela que la mort vient me chercher. Cette vieille amie ne fait que respecter la prédiction des astres.
Elle eut une autre quinte de toux, plus violente cette fois. Un peu de sang était sorti de sa bouche, salissant les draps blancs.
- Friedrich… réalise la prophétie… Tant qu’elle ne sera pas morte… Notre famille souffrira.
- Quoi ? Quelle prophétie ? Qui suis-je censé tuer ?
- Une abomination… C’est pour cela… Que tu es devenu prêtre…
- Quoi ? Qui est-elle ? Répondez-moi ! Helena ?!
La vieille femme avait relâché ses muscles et ses yeux étaient à moitié fermés. Il resta immobile, ne sachant que faire. Soudain, elle l’agrippa de sa faible main. Elle le fit s’approcher. Dans un souffle, elle prononça son dernier mot.
- Tilla…

Je redressai les oreilles. Saphir m’appelait. Elle devait être prête. Je partis en courant vers le temple. Je sortis de la forêt, fit quelques pas et m’immobilisa.
- Rubis… Je ne pense pas que tu vas réussir à t’entraîner dans cet état là, rigola-t-elle.
Je jappai de rire. J’appelai Ghur et me transformai. En quelques instants, je me retrouvais à nouveau humaine.
- Prête Saphir ? Je compte bien te battre cette fois-ci !
- Tu peux toujours rêver !
Nous dégainâmes et nous nous regardâmes avec malice.

Je descendais les escaliers pour aller chez Emeraude. Au bout de toutes ces années, nous avions enfin trouvé un arrangement pour le livre de magie noire, et nous profitions toutes les deux de son contenu. Je lui laissai les formules compliquées et inintéressantes de nécromancie et en échange, je profitai de tous les sorts qu’elle possédait pour renforcer mes pouvoirs et ma maîtrise. Notre relation avait évolué, au point qu’elle acceptait de sortir de ses livres pour me parler.
Alors que j’arrivais en haut du dernier escalier, Topaze apparut. Elle me regarda avec son air hautain. A chaque fois qu’une nouvelle année passait, j’avais l’impression de voir de plus en plus de haine dans ses yeux. Dans un rictus de mépris, elle ricana :
- Alors, le petit toutou a fait sa promenade ? J’espère au moins que tu ne ramènes pas de puces. Remarque, ça ne changera pas de ton ancienne vie de pouilleuse…
Grâce à une altération dans le vent de Ghur, je la fis devenir matérielle, l’empoignai par le cou et la plaqua contre le mur à cinq centimètres du sol. Elle agrippa mon bras, essayant vainement de me faire lâcher. En plus d’une haine accentuée, la peur avait pris place dans ses yeux.
- Je pourrai mettre fin à ta petite existence misérable maintenant si j’en avais envie. D’ailleurs, qu’est-ce qui m’en empêche ?
- Moi.
Je tournai la tête. Dame Diamant se tenait quelques marches plus hautes et nous toisait sévèrement.
-
Lâche-la.
Je pinçai les lèvres et crispai mes muscles. Topaze avait cessé de se débattre, le regard triomphant.
- J’ai dit
lâche-la.
Ne pouvant résister plus longtemps, je la relâchai. Elle se massa un peu la nuque et redevint immatérielle. Elle se plaça aux côtés de Diamant avec un sourire sarcastique. Mais elle prit un air scandalisé quand la matriarche déclara :
- Rubis, file chez Emeraude, tu me rejoindras plus tard. Topaze, j’ai à te parler.
Le rictus de mépris revint sur les lèvres de ma camarade. Puis elle se tourna et suivit Diamant, la tête haute. Je m’appuyai contre le mur pour me calmer. Je supportais de moins en moins mon obéissance forcée. Je pensais que cette non-vie me permettrait d’atteindre cette liberté que je convoitais tant, mais cette espèce de sortilège qui liait le Seigneur à son infant m’y empêchait. Je descendis l’escalier, me promettant qu’un jour je me libérerais de son emprise.




Je suis impatiente de lire vos hypothèses et autres commentaires farfelus  lol

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Jeu 22 Nov 2012 - 14:52

Je cherche encore une introduction marrante à mon commentaire... j'éditerais quand j'aurais trouvé

Niveau intrigue, y a rien à dire, ça se met en place doucement et on semble se diriger vers un affrontement répurgateur (Burn Baby Burn!) vs vampire (Blood for the Blood God!!).
Spoiler:
 
.

Concernant l'orthographe, rien ne m'a crevé les yeux, peut-être quelques fautes par ci par là mais j'ai rien noté de spécial (ou alors je suis aveugle?)

Seul petit bémol: je m'y perds un peu dans les deux/trois derniers textes. je suppose qu'on a eu une ellipse plus ou moins longue mais j'ai rien vu qui l'indique. De même je m'y perds un peu avec les personnages (quel prêtre est le père de qui? pas de nom pour une des mères? quand se passent les actions?) je recommanderais donc un petit récapitulatif des personnages en début de sujet, à étoffer au fur et à mesure de l'avancement. l'autre solution serait de récupérer un pan de mur et d'y coller les noms et les flèches qui correspondent (malheureusement, j'ai plus de murs disponibles Smile)

Voilà, peu de commentaires farfelus mais un vif encouragement à continuer l'écriture tant que l'inspiration est là...
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 26 Nov 2012 - 19:05

Voilà voilà Smile
Je vous ai édité le premier message du sujet avec un récap des noms qui embrouillent la tête Mrgreen
Et grâce à ce récap, je pense que vous vous en sortirez avec l'ellipse. Car vous comprendrez que c'est une succession de petites ellipses qui en font une grande, où l'on voit la famille Kiel évoluer. (Parce que quand on lit le passage avec la naissance de Friedrich et qu'on le retrouve un peu plus loin en tant que prêtre guerrier officiel, à mon avis il a plus deux ans lol )
Et donc, pour bien synthétiser, lorsque l'on retrouve Rubis, 25 ans se sont écoulés.
Et pour être sûre d'être claire, je précise que cela est fait exprès de passer d'un texte à l'autre sans indication de temps. Je voulais faire comme des petits flashs temporels avant de revenir à une allure "normale" du récit.

Si vous avez d'autres problèmes, n'hésitez pas.
Mais surtout, n'oubliez pas de dire votre avis ! Very Happy

PS : Merci de ton aide Thomov, mais cela ne m'empêchera pas de ressortir le fouet si tu mets trop de temps à repasser par là Devil lol

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Ven 7 Déc 2012 - 14:08

Une bonne petite suite bien croustillante... Qui vous laissera sur votre faim Devil



Gestank arriva en trombe alors que j’aidais Emeraude à traduire une nouvelle page du grimoire. Si les vingt-cinq ans qui venaient de passer ne nous avaient pas altérées, ce n’était pas le cas de Gestank. Je ne connaissais pas son âge, mais je savais qu’il serait déjà mort sans la nécromancie. Mais comme ce n’était pas un très grand nécromant, le résultat n’était pas très réussi. Son corps était ratatiné sur lui-même, des poches rougeâtres avaient élu domicile sous ses yeux, son teint était translucide, son visage envahit par les rides, ses cheveux n’étaient plus qu’une dizaine pour essayer de couvrir son crâne crouteux… Et son odeur n’allait pas en s’améliorant. Mais c’est avec une force insoupçonnée qu’il nous informa :
- Les rumeurs vont bon train à Krugenheim ! Tout le monde raconte qu’une bête sauvage attaque les itinérants sur la route qui longe la forêt. Et aux vues des descriptions que l’on m’a faites, il s’agirait d’un Warghulf ! Imaginez, réussir à en dompter un…
- Euh… C’est quoi ? Demandais-je.
- Je t’avais déjà parlé des Stryges, me dit Emeraude. Eh bien, le Warghulf, c’était la même chose. Un vampire qui a succombé à ses instincts. Sauf qu’un Warghulf n’a plus qu’un esprit primaire, et sa transformation est totale. Il est devenu un animal sanguinaire à part entière.
- Et pourquoi serait-ce intéressant ?
- Car si le Warghulf passe sous notre contrôle, nous aurons à disposition un concentré de force et de brutalité. Cela nous sera très utile pour nous défendre.
- Nous défendre ? Mais contre qui ? Personne ne connaît notre existence.
Emeraude et Gestank se regardèrent un instant.
- Va prévenir dame Diamant. Je suis sûre qu’elle sera intéressée.
Le nécromant opina et disparut dans le couloir. La magicienne se tourna vers moi et m’expliqua :
- Personne ne connaît notre groupe, mais l’empire sait que des créatures dans notre genre se terrent un peu partout. Ses efforts pour détruire notre espèce sont surtout concentrés vers la Sylvanie, car c’est le berceau des "abominations", comme ils nous appellent. Mais il suffit qu’un répurgateur de Sigmar ait vent de faits étranges dans une autre région, et il va directement enquêter et tout faire pour éliminer les créatures de l’ombre qui s’y trouvent. Et un Warghulf peut être très efficace contre ce genre de personne.
J’hochai la tête. Je me levai et lui dis que je repasserais plus tard. Une fois seule, je pris le temps de réfléchir. Si Diamant craignait les chasseurs de vampires, pourquoi prenait-elle le risque de se rapprocher d’un Warghulf qui faisait déjà parler de lui ? De plus, les deux sorciers semblaient savoir quelque chose qu’ils me cachaient. Je décidai d’aller voir Saphir. C’était la seule ici qui me parlait avec franchise, et elle était immortelle depuis plus longtemps que moi.

- Emeraude était la première. Ensuite, dame Diamant trouva Gestank. Puis elle transforma Topaze. J’étais la dernière jusqu’à que tu arrives.
- Donc tu n’en sais pas plus que moi ?
- Oui et non. Je vois bien que quelque chose se prépare depuis longtemps. Parce qu’ils ont beau essayer, mais Emeraude et Gestank sont loin d’être discrets. Mais comme je ne m’intéresse pas vraiment aux intentions de dame Diamant, je n’ai pas cherché à en savoir plus.
- Pourquoi ? Ce sont certes les plans de Diamant, mais tu es concernée. Elle n’a pas dû te transformer pour rien.
- Je le sais bien. Mais vu que mes seules facultés résident dans les armes, je me dis que je servirai juste de soldat. Et franchement, cela ne me dérange pas. Cela fait trop longtemps que je n’ai pas croisé le fer pour de vrai.
- Mais n’as-tu pas peur qu’elle se débarrasse de toi après les faits accomplis ?
- Pourquoi tuerait-elle une personne entièrement sous ses ordres ? Tu connais son pouvoir d’autorité. D’ailleurs, je crois que tu ne le supportes pas trop…
- Justement. Tu ne connais pas un moyen pour rompre ce lien ? Je n’ai pas particulièrement l’intention de faire du mal à Diamant, je voudrais juste redevenir libre.
- Ce n’est pas si simple. Cela ne fait que vingt-cinq ans que tu es dans cet état, et le seul vampire que tu as rencontré était trop occupé à vouloir te tuer pour discuter avec toi. Les vampires ont tous des valeurs différentes. Mais il y en a une que tous respectent. C’est ce lien de sang. Car sans ce lien, le patriarche ne pourrait pas se fier à ses infants, et les vampires seraient faibles, car seuls. Si tu arrives à rompre ce lien, Diamant considérera cela comme une trahison.
- Alors pourquoi ne m’as-tu pas encore dénoncée ?
- Parce que cela ne mènerait à rien. Il est impossible de briser le lien du sang.

Friedrich entra dans la pièce. Emmerich releva la tête. Son ancien élève était encore en tenue de voyage, le long manteau plein de boue. Il avait dû venir directement sans prendre le temps de passer aux appartements. Le maître posa sa plume et regarda le petit garçon près de lui.
- Pietr, retourne dans ta chambre s’il te plaît.
- Bien maître.
Ils le regardèrent sortir avant de se fixer à nouveau. Le pédagogue croisa ses mains et attendit. Le guerrier le toisait d’un air sévère. Il déclara :
- Je veux voir la prophétie.
Après un instant de silence, Emmerich se leva. Il lui fit signe de l’accompagner et sortit du bureau. Ils passèrent plusieurs couloirs avant de s’arrêter près d’une vieille porte en bois. Friedrich fronça les sourcils. Il ne l’avait jamais remarqué avant ce jour. Le prêtre l’ouvrit et ils entrèrent. Tout au fond de la pièce, séparé par une petite cavité, se trouvait un pupitre de lecture. Une vieux parchemin miteux y était placé, surmonté par deux bougies. Une blanche et une noire. Une flamme vive et claire consumait chacune d’elles.
- Ton destin est sous tes yeux. Lis-le. Calmement. Si tu ne comprends pas tout, c’est que Sigmar t’y aidera plus tard.
L’ancien élève se pencha sur le manuscrit et déchiffra l’antique écriture. Au fur et à mesure de sa découverte ses yeux s’agrandissaient. Il resta un temps face à la prophétie, immobile. Puis, il leva les yeux sur les bougies. Il remarqua qu’aucune goutte de cire ne s’était écoulée depuis. Il se tourna vers son mentor.
- La créature qui t’incombe de chasser est immortelle. Donc la bougie noire ne se consumera pas tant qu’elle sera sur cette terre.
- Mais la blanche ? Elle me représente… Je suis mortel, pourquoi ne fond-elle pas ?
- Ce n’est pas toi qu’elle représente, mais toute ta lignée. Et elle sera immortelle tant qu’elle n’aura pas réussi sa mission.
- Vous me dites que ma descendance est condamnée à chasser pour l’éternité cette créature, et si jamais elle y arrive, elle disparaît ?
- J’en ai peur… C’est l’interprétation qu’il en a été faite.
- Où est mon fils ?
- Comment le sais-tu ?
- J’ai rencontré ma grand-mère lors de mon dernier voyage. Elle avait un don pour lire dans les étoiles, et m’a avoué tout ce qu’elle savait. Avant de mourir juste après.
- J’en suis navré.
- Où est mon fils ?
- Tu ne pourras pas le trouver. Sa mère est morte et nous l’avons placé dans une famille. Seule une personne sait où il se trouve, et ce n’est pas moi. Et je ne te donnerai pas le nom.
- Pourquoi ?
- Tu as lu la prophétie. Si par malheur la lignée se reconnaît, le mal triomphera.
- Laissez-moi seul.
Le maître s’inclina et sortit de la pièce. Il s’en voulait d’avoir mentit, mais il n’avait pas le choix. Grâce à Sigmar, le père et le fils ne s’étaient pas reconnus.
Friedrich laissa son regard se perdre dans la flamme blanche. C’est avenir maudit le désolait. Mais avait-il un autre choix ? Sa vie était déjà planifiée, il n’avait plus d’espoir… Mais ce n’était pas le cas de son fils et de sa future lignée. Comment pouvoir les aider sans pouvoir les rencontrer ? Il réfléchit quelques instants. La flamme noire oscilla.
Mais oui ! Il avait connaissance du nom de l’abomination. Il lui suffisait de leur laisser un message pour qu’ils aient une chance de la retrouver à travers les âges. Mais comment être sûr que ce message serait transmis ? Où le déposer ? Et comment le conserver ? Il regarda autour de lui. Il trouva la solution dans un éclair de génie. Il remercia Sigmar et sortit son coutelas. Il souleva délicatement le parchemin et grava le nom dans le bois du pupitre. Puis il redéposa la prophétie, ne laissant dépasser qu’une aspérité. Sa lignée avait peut-être une chance…

Saphir vola d’un bout à l’autre de la clairière. Elle se releva en grognant. La créature lui répondit dans un rugissement monumental. Elle essuya le filet de sang de sa joue et se remit en garde. Topaze se tenait au-dessus de lui. Elle se matérialisa et tomba sur sa fourrure. Comme une furie, elle essayait de le ralentir. Les deux magiciens incantaient de leurs côtés pour affaiblir la bête. Je regardai Diamant, près de moi. Elle était imperturbable. Elle semblait même observer la scène avec une joie sadique. J’appelai Ghur. Je le voyais se tortiller dans tous les sens face à la souffrance du Warghulf. Moi-même je ressentais un malaise depuis qu’on l’avait attaqué. Topaze dû redevenir immatérielle précipitamment sous peine de se faire déchiqueter. Alors que Saphir se prenait un nouveau coup, je descendis de l’arbre. La douleur qui émanait de lui était insupportable.
- Ça suffit ! Remontez tous dans les arbres ! Je m’occupe de lui…
Gestank ne se le fit pas dire de fois et grimpa maladroitement. Les autres s’arrêtèrent et me regardèrent étrangement. Emeraude était concentrée sur un sort qui empêchait la bête de nous attaquer. J’insistai et, éberluées, elles finirent enfin par se replier. J’ouvris mon esprit à Ghur, qui me prêta sa puissance. Je me plaçai en face du monstre et pris solidement appui. Saphir me proposa une épée, que je refusai. Encore plus étonnée, elle repartit se cacher dans les arbres. Je fis signe à Emeraude, et elle dissipa son sort.

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Dernière édition par Arken le Dim 23 Déc 2012 - 12:18, édité 2 fois
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Keraad de Gespenst
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Dim 23 Déc 2012 - 0:55

Pourquoi ne suis-je pas surpris que ce soit Rubis qui se charge du Varghulf? Un corbeau, un cheval, un loup...elle va encore agrandir sa ménagerie! Voilà qui promet un duel épique!

Concernant les autres textes (car j'ai enfin rattrapé mon retard) l'évolution est très bien rendue. Bien qu'il n'y ait pas que des éléments essentiels durant les courtes ellipses qui mènent Friedrich à l'âge adulte, cette présentation est plus vivante qu'une seule grosse ellipse. Mêmes commentaires sur le côté très réaliste de ces derniers textes, avec la maîtrise croissante de Ghur par Rubis, et l'évolution des relations entre les vampires. De ce côté-là, j'aurais bien aimé voir des éléments concrets de l'animosité entre Rubis et Topaze. Pas que l'empoignade (c'est le mot!) soit insuffisante, mais vu que la spectre ne peut attaquer son ennemie de front, je me serais attendu à des coups en traitre, des sournoiseries...mais peut-être que je suis trop impatient, et que ça viendra tout seul avec le temps.

Pas de faute à signaler, mais il y a quand même de grosses coïncidences (Friedrich rencontre sa grand-mère par hasard, et par hasard c'est justement une famille qui avait rencontré Rubis auparavant...), mais après tout, à partir du moment où une prophétie lie deux familles, ça aboutit forcément à ce genre de rencontres. Et puis c'est toujours aussi agréable à lire, donc je vais arrêter de pinailler et demander LA SUITE Very Happy
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Jeu 10 Jan 2013 - 17:25

Wouahou quelle claque ! J'avais énormément de retard !
J'aime beaucoup l'évolution de l'intrigue et la tournure que ça prends. Ton récit gagne en complexité et du coup il est encore plus prenant qu'avant.

Ta description de la magie m'a surpris au début (ya un peu du harry potter la dedans Happy) mais finalement c'est bien trouvé Smile

La suite ! Ou bien je retourne un de tes propres fouets contre toi... non attend c'est peut être une mauvaise idée finalement Razz
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Arken
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Ven 18 Jan 2013 - 19:54

Un combat mental, un rêve angoissant, des leçons qui recommencent, une traque lancée, un nouveau mystère, une mission, et des leçons qui se reterminent... Que d'évènements dans un petit texte ! Very Happy
Je reviens à la charge, et j'arrive bientôt au cœur du récit ! Préparez-vous à de grands bouleversements...

Après ce petit coup de pub, les réponses à mes chers lecteurs... Happy

Citation :
Un corbeau, un cheval, un loup...elle va encore agrandir sa ménagerie!
Le loup c'est elle... Ça ne fera que trois compagnons Tongue

Citation :
Ou bien je retourne un de tes propres fouets contre toi... non attend c'est peut être une mauvaise idée finalement
Je ne mets jamais un nouveau fouet sur le marché sans l'avoir ensorcelé pour qu'il ne m'atteigne jamais... Ça s'appelle le sort "boomerang". Tu veux tester ? Devil

Et maintenant, une annonce technique avant la lecture. Comme cette partie est composée de pleins de petits textes pauvres en renseignement spatio-temporels, j'ai mis en place un système à étoile. Une étoile = une ellipse. Quand il n'y a pas d'étoile, les scènes s'enchaînent normalement.
Si vous avez un problème, n'hésitez pas.

Trêve de bavardages, voici la suite ! Very Happy




Le warghulf fit un pas, et s’arrêta net. Diamant voyait qu’il essayait de se rapprocher mais semblait face à une barrière qui l’en empêchait. Rubis, quand à elle, était totalement immobile. Elle fixait son adversaire et ne quittait pas son regard. La matriarche changea de branche pour avoir une meilleure vue. La situation devenait intéressante…

Un torrent. De brutalité, d’animalité, de sauvagerie. Ma force mentale arrivait juste à le contenir. J’essayai de remonter le courant de son esprit, noyée par sa férocité. Sa défense était impressionnante. Mais, comme un animal, il ne faisait que se protéger et laissait mon esprit en paix. Cela me permit de mettre en place mes propres défenses et de lui imposer une certaine immobilité. A l'extérieur, le temps semblait stoppé. Nos regards se croisaient dans l’éternité. Mais dans nos têtes, une lutte violente se déroulait. A chaque fois que j’atteignais le mur de ses pensées et que j’essayais de le percer, il arrivait à m’expulser et je me retrouvais à nouveau en aval du torrent. Je le remontai une énième fois, exténuée de me battre contre le courant. J'arrivai devant le mur une nouvelle fois. Mais cette fois-ci, je posai ma main dessus et attendis. Et, comme un chat trop curieux, des bribes de sensations vinrent à ma rencontre pour comprendre ce qu'il se passait. J’allais en profiter pour de nouveau attaquer quand une de ses émotions me frappait de plein fouet. Je perdis le contrôle et nos deux esprits se heurtèrent. Je découvris sa volonté. Une pure volonté de liberté.

Je tombai à genoux, les mains dans l’herbe, éreintée. Je vis quelques mouvements de mes camarades qui venaient à mon secours. Mais la bête ne bougea pas. Elle ne fit que s’asseoir et me regarder innocemment. Saphir posa son épée près de moi et me prit les épaules.
- Rubis, tout va bien ?
- Werden. Il s’appelle Werden.
Je m’écroulai dans ses bras et basculai dans le néant.


*

Une forêt. Des arbres qui défilent. Un souffle rauque. Les pieds qui s'enfoncent dans la boue et les feuilles mortes au rythme de sa course. Une peur irrationnelle qui l'empêche de penser à autre chose que la fuite.
Il entendait ses poursuivants se rapprocher. Il regarda brièvement derrière lui. Ils avaient encore gagné du terrain. Il sentit son pied percuter une racine. Il sentit son corps basculer et tomber, entraîné par son élan. Sa joue s'écrasa dans la boue.
Lorsqu'il releva la tête, ils l'avaient encerclé. Les cinq loups lui tournaient autour en grognant. Leur dentition blanche contrastait avec leur pelage sombre. Il n'osait faire un geste, de peur qu'ils passent à l'attaque. Mais les animaux baissèrent les oreilles et reculèrent. Il comprit quand une silhouette apparut entre les arbres. Une louve approchait. Le pelage aussi noir que le néant, elle avançait lentement, avec l'assurance d'un souverain. Une sorte de sourire sadique semblait retrousser ses babines. Ses yeux semblaient contenir une intelligence perverse.
Elle s'approcha encore.
Il plongea son regard dans ses pupilles écarlates.

Le petit venait de se réveiller en sursaut, après un énième cauchemar. Un an que cela durait à chaque pleine lune. Les draps étaient humides de sueur. Le prêtre remouilla le chiffon d'eau fraiche, l'essora et le reposa sur le front du malade. Mais Pietr bougeait de trop et le bout de tissu tomba rapidement. Il se remit à gémir et resombra dans le monde des songes.

Il n'en pouvait plus. Encore et toujours la même scène qu'il devait subir sans possibilité d'en réchapper. Il sentait ses poumons en feu à force de courir, la peur de la fuite, son pied percutant la racine, la fraicheur humide de la boue sur son visage, l'attente angoissante d'une fin inévitablement tragique… Et la profonde terreur quand il se noyait dans ces yeux démoniaques.
C'était beaucoup plus qu'un rêve. Il le savait. Cette scène avait déjà existé, ou elle ne tarderait pas à l'être. Il ne pouvait se raccrocher plus qu'à un seul espoir. Que Sigmar lui vînt en aide.


*

- Rubis, tu n'es pas avec Werden ?
- Il est parti chasser.
- Donc, tu as tout ton temps pour descendre au laboratoire. Je me trompe ?
- Je croyais que tu n'avais plus rien à m'apprendre.
- Je le croyais aussi. Mais Dame Diamant m'a demandé de t'enseigner les bases de la nécromancie.
- Après un an sans entraînement ?
- Oui. De toute façon, cela ne change rien, vu que c'est une nouvelle leçon. Aller ! On n'a pas toute la nuit !
- En parlant de nécromancie, Gestank a quel âge ?
- Beaucoup plus que tes quarante-six ans.


*

Cela faisait plusieurs jours qu'il longeait le Stir, en direction de Krugenheim. Il arriva enfin au lieu-dit. Une clairière faite par des hommes. Une vingtaine de souches d'arbre parsemait encore l'herbe. Et au milieu, un champ de fleurs et d'herbe grasse. Des fleurs nourries par la cendre d'un ancien bûcher. Il gratta un peu la terre et eut confirmation. Il y avait plus de trente ans, la caravane qui faisait le tour de l'empire s'était arrêtée ici pour brûler ses morts après une embuscade. Il n'avait plus qu'à rebrousser chemin d'un mile pour retrouver les infimes traces de combat qui restaient, et essayer de trouver sa piste.
Friedrich sortit un caillou de sa botte et repartit, marteau à la main.

- Oui, qui a-t-il Gestank ?
- Les rumeurs racontent que les frontières de la Sylvanie se troublent.
- Est-il passé à l'action ?
- Je n'en suis pas sûr, mais cela est tout à fait possible. Il sortira bientôt de l'ombre.

- Vous m'avez demandée Dame Diamant ?
- Oui Saphir. Je vais t'envoyée en mission.
- J'avais perdu espoir. Où vais-je ?
- En Sylvanie.
- Je croyais qu'on ne devait jamais y mettre les pieds.
- Les choses ont changées. Je veux que tu te débrouilles pour savoir si une armée de non-morts est sur pied et si elle est déjà en activité.
- Vous croyez que nos confrères vont lancer une attaque contre l'empire ?
- C'est à toi de me le dire.

- Bien. Maintenant que vous êtes tous les quatre réunis, je vais donner la suite des évènements. Dans deux nuits, nous partons à destination de Wurtbad.
- Nous n'attendons pas Saphir ?
- Elle nous rejoindra là-bas. Emeraude, est-ce que tu as fini tes leçons avec Rubis ?
- Je pense qu'au bout de trois ans, elle a largement les bases. Voulez-vous que je passe à un niveau supérieur ?
- Non. Pour l'instant, concentrez-vous sur le départ. Je ne veux plus aucune trace de notre présence quand nous partirons.

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Spoiler:
 


Dernière édition par Arken le Mar 19 Mar 2013 - 13:39, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Sam 19 Jan 2013 - 12:02

Et bein c'est pas trop tôt! Ça faisait quelques temps que je l'attendais cette suite!!!

Pour le texte en lui-même: je n'ai vu aucune faute et c'est toujours aussi bien écris.

Bref, je n'ai à te dire que deux mots: LA SUITE !!!!!!!!!!!!!!!!




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Senghien
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Sam 19 Jan 2013 - 12:49

Très bon, trop court comme toujours Smile

Je me suis tout de même fendu d'un sourire quand j'ai vu "Warghulf" et "innocemment" dans la même phrase. (inexplicablement, j'ai en tête une image de Gollum avec de la fourrure et des dents pointues)
Passage intéressant ensuite sur la psychologie de la bête, ça change de l'omniprésente "rage-soif-rouge-noir-sang-éternelle". il a déjà un nom et une lueur d’intelligence, hâte de voir ce que tu va en faire par la suite.

A vue de nez, je dirais qu'on se situe vers 2500, au stade des rumeurs de retour du vilain WC (ui, je vais me mettre à changer les v et w comme toi). La sylvanie est toujours une terre de mystères. Il y a beaucoup à créer et interpréter dans cette région, la porte ouverte à toute les inspiration.

Alors comme ils disent dans les terres de Fang, Oboulos!

Clap
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mer 23 Jan 2013 - 15:51

Et voilà une autre petite suite... Euh... Pas si petite que ça en fait Happy

Keraad :
Citation :
De ce côté-là, j'aurais bien aimé voir des éléments concrets de l'animosité entre Rubis et Topaze.
J'ai pensé à toi en écrivant un passage Mrgreen

Citation :
A vue de nez, je dirais qu'on se situe vers 2500, au stade des rumeurs de retour du vilain WC
Mouahahahaha ! Si tu savais... Vampire



Il l’avait trouvé. L'endroit n'avait pas été modifié durant toutes ces années. Les différents témoignages qu'il avait recueillis étaient vrais. Plusieurs cages gisaient entre les arbres, attaquées par des plantes grimpantes. La nature reprenait ses droits. Il s'approcha. Un craquement retentit sous son pied. Il examina le sol. Les squelettes des bandits. Personne n'était revenu s'occuper de leur corps. Mais la végétation avait réussi à les camoufler. Il releva la tête et regarda autour de lui. Il découvrit une inscription gravée dans l'écorce d'un arbre. Il s'avança et put déchiffrer. C'était un Nom. Pierre. Accompagné du symbole d'Ulric.
Il avait entendu parler de cette histoire, comme quoi un jeune soldat s'était épris de la musicienne. Sans doute y avait-il laissé sa vie. Il voulut toucher la marque pour trouver des résidus de magie. A peine effleura-t-il l'écorce que des images se succédèrent dans son esprit.
Toute la scène se déroula devant ses yeux. La violence, la mort, la peur, le chagrin… Les vampires. Il tomba au sol quand sa transe s'acheva, hors d'haleine. L'abomination n'était pas seule. Tout un groupe l'accompagnait. Le combat serait plus difficile que prévu. Il se releva.
Ce fut à ce moment qu'un écho de sa vision vint percuter son esprit. Il revit la jeune femme enceinte et la voix fantomatique de cette fameuse Tilla mettre un nom sur ce visage. Emilie. Il réalisa qu'il était déjà venu ici. Lorsqu'il habitait encore paisiblement dans le ventre de sa mère. Une larme roula sur sa joue. Désormais, c'était pour ce visage du passé qu'il se battrait.
Mettant en pratique les enseignements du père Emmerich, il chercha les résidus de magie noire et remonta la piste des créatures de l'ombre.

Je sortis mes quelques affaires du temple. Emeraude avait déjà emballé tous ses livres et m'aidait. Nous remplissions la dernière besace quand Rabe arriva à grand renfort de battements d'ailes. Il semblait perturbé. J'ouvris à peine mon esprit que son langage approximatif m'envahit.
«Homme arriver ! Homme arriver !
- Quel homme ?
- Danger ! Fuir ! Vite !
- Calme-toi et dis-moi à quoi il ressemble.
- Cicatrice sur visage. Habits blancs sous habits noirs.
- Tu es sûr qu'il vient par ici ?
- Oui ! Avoir marteau pour tuer morts ! Partir, partir !»
Je me tournais vers Emeraude qui n'avait pu suivre la conversation.
- Un prêtre guerrier arrive ! Il faut partir au plus vite, on ne peut pas attendre la nuit prochaine ! Va prévenir Diamant et les autres, je vais seller les chevaux.
Ma camarade hocha la tête et rentra au pas de course tandis que je partais vers l'écurie.

Topaze se promenait près de l'entrée quand elle entendit Rubis et Emeraude discuter. Elle resta immobile un instant, stupéfaite de la nouvelle. Elle se cacha dans le mur quand la magicienne passa en courant. Elle revint dans le couloir et fit un sourire malsain en la regardant monter les escaliers vers le bureau de la matriarche. Elle sortit du bâtiment et regarda les affaires de Rubis abandonnées sur une pierre. Elle ricana. Elle ne pouvait espérer une meilleure occasion…

Lorsque je revins avec les chevaux, tout le monde était dehors. Gestank avait sortis la diligence noire et s'empressa de me prendre les rênes pour atteler les bêtes. Rabe vint se poser sur Pénombre. Personne ne parlait. Emeraude m'apporta ma pèlerine. Je bouclai le rubis qui servait d'attache et rabattis ma capuche. Diamant ouvrit la porte de la calèche et donna ses directives.
- Gestank, au cocher. Topaze et Emeraude, vous montez. Rubis, puisque tu peux détecter toutes sortes de créatures, tu te places devant. Saphir sera à l'arrière quand elle nous aura rejointes.
- Partez sans moi, dis-je. Je dois prévenir Werden. Je vous rejoindrais.
La matriarche hocha la tête et referma la porte derrière elle. Le nécromancien fit claquer son fouet et le carrosse partit. Je me plaçai vers la forêt, fermai les yeux et l'appelai. Une fois que le Warghulf eut compris le danger, je me tournai vers mes affaires. Je n'avais plus qu'à les mettre sur le dos de Pénombre et nous pourrions partir. Je les soulevai et fronçai les sourcils. Je trouvais les paquets plus légers qu'avant. Rabe s'agita.
«Arriver, arriver ! Moi entendre lui !»
J'eus juste le temps de ficeler mes bagages quand il apparut. Son habit de voyage cachait mal son allure massive. Il avait les yeux gris, les cheveux blonds, et une vilaine cicatrice lui barrait la joue droite. Il avait déjà son marteau à la main et se mit en garde à ma vue.
- Je t'ai enfin trouvé… Prépare-toi à mourir pour de bon, abomination !
Il me chargea directement. Je sautai et atterris agilement de l'autre côté de Pénombre. J'attrapai mon fourreau… Et ma main se referma sur du vide. Je ne pouvais que constater son absence, démunie. Le prêtre m'attaquait avec obstination et je ne pouvais qu'esquiver ses coups. Je remerciai Ghur de m'avoir dotée d'autant d'agilité. La jument s'était éloignée du combat, mais essayait de rester à proximité pour que l'on puisse fuir à la moindre occasion. Rabe s'était envolé et j'étais trop occupée pour me soucier d'où il était.
Heureusement, j'avais aussi appris à me battre à main nues. Je profitai d'une de ses rares failles pour lui assener un uppercut sur le plexus solaire. Il vola à quelques mètres en tomba sur le dos. Je n'attendis pas mon reste et courus. J'enfourchai Pénombre quand il se releva. Nous partîmes dans un grand "Yah!". Rabe réapparut, volant à nos côtés.
«Homme courir après toi.»
Je regardai en arrière. Cet homme était presque aussi rapide qu'un cheval ! Je ne pouvais rejoindre les filles sans les mettre en danger.
Mais je n'eus besoin de m'interroger plus longtemps. Je vis une énorme silhouette sortir des arbres et foncer sur le prêtre. Je souris. Werden venait de le mettre à terre. Il le bloqua le temps que je disparusse entre les arbres.

La créature arriva de nulle-part. Il perdit bien vite la vue sur sa cible. Il toucha plusieurs fois le monstre, mais ses blessures semblaient se régénérer. Sa lourde patte l'envoya à terre une énième fois. Il s'écrasa face contre terre. Le temps de se retourner, la bête avait disparu. Il attendit un peu avant de rengainer. Il les pourchasserait plus tard. Quand il saurait leur nombre exact afin de tous les anéantir. Mais d'abord, il entreprit de mieux connaître ses ennemis. Il se rendit dans le vieux temple laissé à l'abandon.

Cela faisait plusieurs nuits que nous traversions la forêt. Werden nous avait rejoints en assurant que le prêtre ne nous avait pas suivis. Pour l'instant. Je regardai autour de moi. Le Warghulf n'était pas visible, mais sa présence était ressentie deux miles à la ronde, et faisait peur à tous les animaux.
Nous avancions tranquillement quand il m'appela. Il avait encore du mal à coordonner ses pensées, n'ayant plus eu de contact humain ou animal depuis longtemps. Mais il réussit à me faire comprendre qu'une bête corrompue par le chaos se promenait un peu plus loin dans la forêt. Je vérifiai en me concentrant sur les traces de vie et mémorisai son emplacement. Puis je revins vers le Warghulf et lui demandai comment il arrivait à le percevoir aussi facilement. Mais il ne comprit pas. La communication était beaucoup plus difficile qu'avec Pénombre. Il avait totalement perdu la faculté de langage. J'essayai d'organiser mes pensées et les transmis en images et sensations. En fin de compte, je compris qu'il se servait de son flair. Ghur s'altéra autour de moi. La dernière fois que je l'avait vu changer, c'était lors de ma transformation. Qu'allais-je encore découvrir ?
Flatté d'être au centre de mon attention, Werden insista et me conseilla d'essayer. Je fermai les yeux et me concentrai sur mon odorat. Déjà accentué par mon immortalité, je découvris avec stupeur que je pouvais sentir les odeurs aussi nettement qu'un loup sans être obligée de me transformer. Je souris et m'amusai à identifier les fragrances qui m'entouraient. Les feuilles des arbres, l'herbe, Pénombre… J'eus la nausée en me concentrant sur Gestank et préférai passer à quelqu'un d'autre. Emeraude sentait le vieux parchemin et ce parfum si particulier du laboratoire. Sûrement des résidus de potions. Diamant exhalait la rose et Topaze, un de ces anciens parfums d'aristocrates gorgés d'iris.
J'arrêtai mon expérience pour vérifier si la bête du chaos était toujours à proximité. Heureusement, elle avait pris un autre chemin. Je posai ma main sur la garde de mon poignard. Nous étions en plein milieu des collines de Färlic et nous arriverions bientôt près de Lieske. Une ville que j'avais déjà traversé. L'occasion de refaire nos provisions avant de repartir, et l'occasion pour moi de me trouver une nouvelle épée.

Saphir était arrivée à Krugenheim. La ville semblait en effervescence. Elle se dirigea vers la porte sud, afin de traverser le Stir et se rendre à Siegfriedhof. Mais un garde l'arrêta à la sortie, tandis que bon nombre de gens entraient dans la ville, l'air miséreux.
- Mademoiselle, je vous déconseille de partir de la ville par cette porte.
- Que se passe-t-il ?
- Les gens que vous voyez rentrer sont des réfugiés venant de Siegfriedhof et de toute la Sylvanie. Il semblerait que la région soit bientôt aux mains de créatures de l'ombre.
- Merci de votre attention, mais je suis bien décidée à sortir.
- Faites comme vous voulez. Que Sigmar vous garde.
Elle se fraya un passage et réussit à rejoindre la route. Sa mission s'éterniserait moins que prévu…

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mer 23 Jan 2013 - 19:45

Je viens de lire et c'est toujours aussi bien et j'adore toujours autant (non il n'y a pas de lèche-bottes)

Je ne dirais rien sur la longueur car je ne suis pas un modèle et loin de là.
De plus je n'ai relevé aucune faute(s).


Concernant l'histoire j'ai eu peur pour Rubis et les autres Lahmiannes et où elles vont.

Sinon on se demande aussi comment va finir la mission de saphir.

Sinon je n'ai que deux mots à dire: LA SUITE!!!!!!!!!!



Gilgalad (qui écrit la suite de son texte demain après-midi en deux fois)

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Senghien
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Jeu 24 Jan 2013 - 0:13

Citation :
Mouahahahaha ! Si tu savais...

Et je ne veux surtout pas savoir, pas encore du moins... Même s'il n'y a plus 36 solutions. Innocent

Concernant le texte actuel: c'est bien, c'est lisible et compréhensif.

Mr Fanatique semble par contre un peu "étrange". Une vision et voila qu'il ne se bat plus pour son Dieu? (Sans doute une vision hérétique envoyée par un hérétique par un moyen non moins hérétique...) D'ailleurs j'aimerais bien en savoir un petit peu plus sur ce nouveau pouvoir que peu de prêtres semblent posséder (un précurseur de la radiesthésie dans le vieux monde?).

Sngh' "Veuillez agréer [...]"
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mer 30 Jan 2013 - 11:30

Excellent récit, agréable à lire et qui tient en haleine.

D'où les nombreuses demandes de "SUITE" Wink
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Jeu 31 Jan 2013 - 18:49

Citation :
Mr Fanatique semble par contre un peu "étrange". Une vision et voila qu'il ne se bat plus pour son Dieu? (Sans doute une vision hérétique envoyée par un hérétique par un moyen non moins hérétique...) D'ailleurs j'aimerais bien en savoir un petit peu plus sur ce nouveau pouvoir que peu de prêtres semblent posséder (un précurseur de la radiesthésie dans le vieux monde?).

Non, il n'a pas abandonné Sigmar. C'est simplement qu'il en veut à Rubis de ne pas avoir connu sa mère, et il se fera un plaisir de la tuer pour lui rendre hommage Tongue
Et ce fameux pouvoir dont tu me parles... Forcément, peu de prêtres ont ce pouvoir, puisque ces visions ne sont possibles qu'entre Rubis et la famille Kiel. Mrgreen
Friedrich reçoit des flashs, mais si tu réfléchis bien, ces visions sont déjà apparentes chez son fils... Et donc ils ne peuvent en avoir que à propos de Rubis Smile

Et bienvenue à Grom, qui rentre dans le cercle de mes lecteurs adorés Happy

Suite ! Very Happy



Nous étions à quelques miles de la ville quand j’entendis le galop d’un cheval qui s’approchait. La main sur ma garde, j’attendis. Mais je lâchai bien vite mon poignard pour sourire. Saphir arrivait. Gestank stoppa la diligence et je la saluai. Elle me répondit à peine, l’air grave. Intriguée, je l’accompagnai auprès de Diamant. Elle descendit de cheval et déclara :
- L’Ostermark est tombé il y a cinq nuits.
Les yeux de la matriarche s’éclairèrent d’une lueur de triomphe.
Le carrosse repartit peu après pour les quelques miles qui nous restait à faire. Nous nous arrêtâmes aux approches de la ville, au couvert des arbres. Nous devions attendre l’ouverture des portes. Emeraude préparait tranquillement son sort d’éternels nuages. Nous laissâmes passer la nuit. Lorsque la lumière fut assez claire pour les Hommes, Diamant ordonna le départ. Tout le monde se réunit autour de la calèche. Elle nous rappela la prudence dont était censé faire preuve tout individu de notre espèce lorsqu’il se promenait en ville. Puis elle se tourna vers moi.
- Il faudra sans doute payer l’entrée. Les gardes sont corrompus et prennent le plus d’argent possible aux riches qui se présentent. J’ai laissé ma bourse avec nos bagages. Va la chercher. Tu paieras ce qu’ils te demandent.
J’opinai et partis derrière la voiture. Je tirai la valise de Diamant pour la chercher. Je fouillai un peu, la trouvai et la plaçai dans ma poche. Je replaçai le sac, mais un bruit sourd à l'arrière du coffre attira mon attention. Je jetai un coup d'œil et aperçus un bout de métal noir. Je fronçai les sourcils et écartai les affaires des filles. Je découvris avec stupéfaction mon fourreau et l'épée à l'intérieur, cachés tout au fond. Une légère odeur vint me chatouiller les narines : des effluves de vieux parfum d'iris. Topaze… La fureur monta en moi. Mes mains se serrèrent sur l'étui et les jointures devinrent plus pâles que ma peau. Le rouge de mes yeux brilla d'un nouvel éclat. Je me retournai.


Un éclat de métal. Une odeur d’iris. Un goût de sang dans la bouche. Un sentiment de haine et de mort.
Pietr se réveilla en sursaut. Il se passa la main dans les cheveux et la ressortie humide. Les draps étaient couverts de sueur. Cela faisait longtemps qu’il n’avait plus eu de cauchemars en dehors des pleines lunes. Il décida de prendre un morceau de parchemin pour écrire ce qu’il venait de voir. Le jeune garçon savait que son maître s’intéressait à ses visions. Et peut-être qu’un jour il arriverait à lui expliquer pourquoi Sigmar l’avait doté de ce pouvoir qui semblait plus un fardeau qu’un don, pensa-t-il en trempant la plume dans le liquide noir.

Je me retrouvais au sol, bloquant Topaze sous mon poids. Les muscles tendus et le souffle rauque, je me retenais de l'achever. Je n'entendais que des bribes de paroles derrière moi. Je la regardais dans les yeux, attendant le moindre signe qui me permettrait d'en finir. Mais la voix de Diamant finit par percer :
- Rubis !
Je t'ordonne de la lâcher !
«Mon nom est Tilla, et je suis libre !
- Dire ça à grande Dame, pas à Rabe.»
L'intervention du corbeau me fit revenir à la réalité. Je relâchai la pression et me relevai. Je restai muette et méditative. Ma colère m'avait fait perdre le contrôle et Ghur s'était lié à moi. J'étais redevenue sauvage un court instant. J'en étais même venue à parler par télépathie sans m'en rendre compte… Je remarquai mon épée abandonnée dans l'herbe un peu plus loin. Je la bouclai sous ma pèlerine et partis vers la ville sans le moindre mot.

Les rues n’avaient pas réellement changé. Les bâtiments étaient les mêmes. Il n’y avait que les visages que je ne reconnaissais pas. Et l’ambiance. Lors de mon périple, j’avais ressentis à la fois la misère et la joie de vivre. Aujourd’hui, je sentais plus une certaine agitation. Sans doute les mauvaises nouvelles venant de Sylvanie. Au coin d’une taverne, l’annonce d’une caravane partant pour Altdorf. Sûrement pour les premiers réfugiés qui voulaient partir avant de voir les troupes mort-vivantes s’emparer de la ville.
Un bruit de course arriva jusqu’à moi. Saphir apparut à mes côtés. Elle me sourit et m’annonça que Diamant nous attendait dans un manoir du quartier riche. Une des nombreuses résidences que notre matriarche possédait, m’expliqua-t-elle. Et au vu de mes sourcils froncés, elle ajouta que le temple abandonné ne servait que lorsqu’il y avait un nouveau-né. Le temps de s’habituer à sa nouvelle nature.
J’opinai en me demandant encore combien d’informations me cachait Diamant. Enfin, Saphir termina sur une petite remarque :
- Sais-tu que Diamant a dû s’y prendre à trois fois avant que tu ne lui obéisses ? Je me demande si elle n’a pas pris peur que tu te libères de son autorité. Est-ce le cas ?
- Non. J’étais tellement hors de moi que je n’ai pas dû l’entendre.
Saphir hocha la tête et me guida dans le labyrinthe de rues. Je souriais intérieurement. Je me souvins de ses conseils lors de mes débuts. Ne pas accorder sa confiance trop vite et pas à n’importe qui. J’avais appris la leçon, même si c’était à son désavantage. J’avais confiance en elle, mais je savais très bien que son honneur l’aurait obligée à rapporter tout changement à notre matriarche. Je modulai Ghur entre mes doigts. Depuis ma fureur envers Topaze, il reflétait une émotion assez complice.
Je le vis avec stupeur remonter le long de mon bras. Il n’avait jamais fait cela auparavant. Arrivé à l’épaule, il se laissa glisser jusqu’au niveau de mon cœur. Il absorba le peu de vent de Shyish qui était à proximité et s’obscurcit. Enfin, il se lova contre ma peau.
Dans un réflexe, je posai ma main dessus. Il ne laissait pas de sensation particulière, mais j’avais ressentis la nécessité de le cacher. Saphir se tourna vers moi avec un air d’interrogation. Je feignis de remettre ma pèlerine en place et lui souris.

Nous ne restâmes que peu de temps à Lieske. Diamant était devenue plus présente, mais aussi plus froide qu’avant. Le fait qu’un répurgateur nous avait trouvé en pleine forêt signifiait que nous n’étions pas en sécurité en ville. Surtout que Werden restait en dehors des murs et qu’il était difficile de le cacher très longtemps.
Nous voyageâmes donc de ville en ville pendant quatre ans. J’avais l’impression que notre matriarche choisissait notre destination par hasard, même si elle faisait attention à rester loin de la ligne de front qui avançait de jour en jour. L’empire avait enfin réunit ses forces, mais beaucoup disaient qu’il était déjà trop tard. Les morts-vivants envahissaient les Hommes un peu plus chaque nuit et l’espoir des mortels s’amenuisait.
Nous eûmes à faire plusieurs fois au fameux chasseur, mais nous arrivions toujours à le fuir. Pour ce sujet, je partageais l’avis de Saphir et me demandais pourquoi nous nous en débarrassions pas une bonne fois pour toutes. Diamant refusait toujours de répondre. Mais Gestank revint un soir le sourire aux lèvres. Une nouvelle annonçant que notre ami Friedrich venait d’être appelé par ses supérieurs pour épauler l’armée. Cela nous laissait un long répit, voir même une vraie tranquillité tant que la guerre durait.
Ce fut lors de notre passage à Talabheim que je remarquais les vraies raisons de notre voyage. Diamant récupérait simplement des objets de valeurs, voire magiques, qu’elle avait entreposé dans chaque ville. Mais une question restait en suspens. Qu’allions-nous faire lorsqu’elle aurait tout repris ? Où irions-nous ? Et si l’Empire tombait, que deviendrait notre petit groupe face à la famille Von Carstein ?


Voilà quatre longues années que je la pourchasse. A chaque fois je la vois me filer entre les doigts. Cette frustration de la voir fuir le combat est insupportable. Et depuis que l'on m'a donné ordre de prendre poste à Middenheim, je ne peux que tourner en rond en attendant que la bataille fatidique ait lieu. Nos dirigeants ne sont pas dignes de Sigmar, le divin homme ayant réuni toutes les tribus. Ils préfèrent se battre et détruire cette entente plutôt que de se soucier de leurs sujets. Et maintenant qu'ils ont réagis, il déjà trop tard pour sauver notre espèce…
Si je dois mourir au combat, je laisserai au moins ce manuscrit derrière moi. Je m'adresse à tous mes descendants, à travers les âges. Je profite du temps de répit que notre Dieu m'accorde pour retranscrire tout ce que je sais sur l'abomination qu'il nous a demandé de détruire. Puisse ce livre aider la lignée des Kiel.

Le prêtre se concentra pour retrouver toutes les informations qui concernaient la dénommée Tilla. Il écrivit quelques lignes puis essaya de se remémorer sa discussion avec le vieux maître caravanier, Régis Ternein. Mais alors qu'il revoyait la fin de la discussion, une image se superposa dans son esprit. Il était de retour dans le vieux temple, en pleine forêt. Il se trouvait à côté d'un vieux lit, et observait la marque laissée au mur par la lame d'un poignard.
Alarick
La dernière phrase du vieil homme résonna alors dans sa tête. Celle qu'il avait murmuré avant de partir.
-Et dire que son pauvre frère l'attend toujours…
Friedrich se leva brusquement. Et si ce fameux Alarick était toujours à Middenheim ?

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Dernière édition par Arken le Dim 17 Fév 2013 - 15:16, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 4 Fév 2013 - 18:14

Bon, c'est toujours aussi bien écrit.

Et j'adore toujours autant. Love


J'attends la suite avec impatience.



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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Dim 17 Fév 2013 - 15:23

Voilà la suite qui mijote depuis quelques temps... Je ne voulais pas la poster tout de suite pour ne pas dévoiler une grande révélation trop tôt Devil
Du coup, quand la stupéfaction aura quitté votre esprit, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez Mrgreen
Donc, je vous présente ces quelques paragraphes, écrits avec la technique "miroir", comme j'aime à l'appeler... Et à l'utiliser Happy




- Tilla a toujours été une enfant étrange. Elle était certes joyeuse et sympathique avec moi, mais les autres enfants du village l’évitaient comme la peste. Je n’ai jamais compris pourquoi, et elle n’a jamais voulu m’en parler. Elle s’intéressait à l’arc et à la chasse, même si notre père ne l’a jamais emmenée. Il considérait que c’était aux hommes de ramener du gibier. Elle a beaucoup insisté pour que je lui apprenne à tirer. D’abord réticent, j’ai fini par accepter. Je ne pouvais rien refuser à ma sœur.
- Pourquoi s’est-elle enfuie ?
- Mes parents voulaient à tout prix la faire rentrer dans les ordres, mais elle a toujours été contre. Elle s’est enfuie la veille de partir au temple. Je savais ma petite sœur sauvage, mais j’ai été choqué de son départ. Et sous l’influence de nos parents, je suis parti pour la ramener et la remettre dans le droit chemin. Mais je suis arrivé trop tard. Elle s’était déjà engagée dans une caravane et se devait de tenir sa promesse. Pourquoi la ramener et sauver l’honneur de la famille auprès des prêtres, si c’est pour avoir le déshonneur en trahissant un contrat ?
- Vous l’avez laissée partir ?
- Oui. Surtout qu’après réflexion, elle avait le droit de vivre comme elle l’entendait. Je me suis dit « aller, elle a l’occasion de découvrir l’empire. Alors même si ce n’est que temporaire, je ne peux pas lui refuser cette joie ». C’est pour cela que je suis resté à Middenheim. Je voulais attendre patiemment son retour avant de rentrer ensemble à la maison. Mais Sigmar a dû en décider autrement. Monsieur Ternein m’a bien précisé qu’elle était encore en vie après l’embuscade. Mais au lieu de revenir, elle a disparu dans les bois. Je ne sais pas si elle foule encore cette terre, mais je garde toujours l’espoir de la revoir un jour.
- Vos parents devaient avoir une raison de la forcer à rentrer dans les ordres.
- Oui… Mais c’est une histoire compliquée… Enfin je veux dire… C’est assez délicat… Je ne sais pas si…
- Je suis là pour la retrouver. J’ai besoin d’avoir le plus d’informations possible. Le moindre détail pourrait m’aider.
- Certes… Tilla venait de passer son quatrième été. Nous nous étions enfermés dans la maison en attendant que la nuit passe. C’était le soir de la Geheimnissnacht. Bien sûr, dans notre région nous ne craignions pas grand-chose, mais les prêtres nous conseillaient toujours d’être prudents. Un orage éclata et mes parents prirent peur. Les animaux s’affolaient dans la grange, et ils durent sortir de la maison pour aller les calmer. Je devais garder ma sœur le temps qu’ils reviennent. Mais à sept ans, nous n’avons pas le sens des responsabilités…
Le vieil homme soupira et finit son verre. Puis il reprit :
- J’ai laissé Tilla sur une chaise et je suis allé chercher un jouet en bois dans la chambre. Quand je suis revenu, elle avait disparu. J’ai fouillé la pièce sans résultat. La pluie avait cessé et les nuages semblaient s’éloigner. Nos parents rentrèrent à ce moment-là. Ils étaient trop terrifiés pour s’en prendre à moi, et après une vérification de nos quelques pièces, ils se sont précipités dehors. Moi, je ne bougeais pas. J’étais paralysé par la peur de la rouste que j’allais recevoir, mais surtout par l’hypothèse de sa perte. Je vis une lueur à travers la fenêtre. Je m’approchai et vis un point lumineux qui semblait descendre du ciel. Tilla avait dû aussi le remarquer, car je la vis sortir de sa cachette et s’avancer dans les champs pour l'observer. Mais cette lumière n'était pas une simple étoile…

Je soulevai le pied pour esquiver une racine. Je marchai tranquillement dans la forêt. Werden n'était plus très loin. Je voulais passer un peu plus de temps avec lui avant d'arriver à Altdorf. Diamant avait annoncé un arrêt d'une durée indéterminée, et il était très difficile de sortir d'une ville, d'aller se promener en forêt et de revenir sans une égratignure tous les jours sans attirer l'attention. J'arrivai dans une clairière. Werden était à l'autre bout et finissait son repas. Il n'avait rien perdu de sa férocité, mais mon contact semblait lui redonner un brin de raison. Il avait appris à identifier mon groupe pour ne pas les attaquer. Notre lien se définissait surtout par une entente amicale, ainsi que par une confiance et une protection réciproque. Il avait décidé de me suivre car il avait trouvé mon rapport à Ghur très spécial, et le vent lui avait conseillé de rester avec moi. De plus, comme nous partagions tous deux une envie démesurée de liberté, il savait que je ne chercherais pas à l'enfermer.

- La météorite est tombée à quelques mètres d’elle. Je fus ébloui un instant. J’entendis son cri strident. Quand j’ai rouvert les yeux, son petit corps était au sol, uniquement éclairé par Morrslieb la Mauvaise. Je suis sorti en courant. Je me suis agenouillé à son côté. Elle était inconsciente. Sa petite robe était tâchée de sang, chaud et poisseux. J’ai murmuré un « maman », comme si j’avais fait une bêtise. Mais mon cœur s’accéléra, et je me suis mis à crier. Des pleurs se mélangèrent à mes appels. Ma mère arriva peu de temps après. A la vue de Tilla elle s’affola et cria le nom de mon père, paniquée. C’est quand Wulgrin arriva et que je compris qu’elle allait certainement mourir que je m’évanouis.

Nous passâmes une grande partie de la nuit ensemble. Je m'étais changée en loup pour mieux goûter au plaisir de la course. Werden m'incitait à laisser les émotions pures m'envahir sans chercher à les comprendre, comme à chaque fois. Nous nous amusâmes à faire peur aux animaux, et nous les mangions quand l'envie nous prenait.
Nous arrivions à nouveau dans la clairière. Je regardai le ciel et décidai qu'il était temps de rentrer. Comme le Warghulf arrivait mieux à communiquer avec les animaux, je le saluai avant de me transformer. Mais à peine repris-je forme humaine que je m'écroulai au sol, terrassée par une douleur aigüe à la poitrine. Werden voulut attaquer celui qui me faisait du mal avant de se rendre compte que nous étions toujours seuls. La douleur me laissait muette. Mais je vis, ahurie, le petit amas de Ghur et de Shyish, qui était toujours près de mon cœur depuis quatre ans, s'infiltrer dans ma peau et disparaître. La douleur s'estompa. Je restais immobile quelques instants, sidérée. Je levai lentement la main et observai le vent qui flottait autour de mes doigts. Il était beaucoup plus énergique et nerveux qu'avant. Mais étrangement, il ne semblait pas être agressif. Et alors que Shyish s'était associé avec Ghur lors du phénomène, à présent il paressait éviter tout contact.

- Les prêtres sont arrivés à temps pour la sauver. Mais ils ont dit à nos parents qu’elle en garderait une séquelle pour le reste de ses jours, plus grave qu'une simple cicatrice. Ils avaient été obligés de laisser cette lésion pour ne pas la tuer, même si elle avait peu de chance de vivre avec très longtemps. Et c’est pour cela que les prêtres leur ont conseillés de leur confier Tilla dès que son état empirerait. Mais Tilla n'en a pas gardé le souvenir, et elle n'a jamais su les vrais motifs qui poussaient nos parents à l'envoyer là-bas.
- Quelle est cette séquelle ?
- Un fragment de malpierre fiché à quelques pouces de son cœur.

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 19 Fév 2013 - 14:44

Cette suite est vraiment pas mal,pour ne pas dire excellente Smile . De plus, l'utilisation de cette technique, "miroir" comme tu dis, est vraiment bien.

Sinon, il est vrai que pour le fragment de malpierre, on ne s'y attend pas. Cependant, cela explique peut-être pourquoi elle parvient à maitriser si facilement le vent de Ghur.


Mais j'ai un doute. Le frère de Tilla est bien encore à Middenheim? D'après ce que j'ai compris, oui, mais j'ai un doute.



Sinon je n'ai à te demander q'une seule chose: tu publies la suite quand ?




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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Sam 23 Fév 2013 - 15:47

Citation :
Le frère de Tilla est bien encore à Middenheim?
Oui il y est encore Smile Tu en auras bientôt la confirmation dans un autre passage (mais comme c'est pas un livre que tu peux lire d'une traite, il faut patienter Mrgreen )

Citation :
tu publies la suite quand ?

Je dirais... Quand je l'aurais écrite ? lol

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Dim 24 Fév 2013 - 15:35

Citation :
(mais comme c'est pas un livre que tu peux lire d'une traite, il faut patienter Mrgreen )


C'est bien dommage! Crying



Citation :
Citation :
tu publies la suite quand ?


Je dirais... Quand je l'aurais écrite ?



Bah t'as intérêt à te presser ! Parce que moi j'en ai mare d'attendre! Very Happy




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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Ven 8 Mar 2013 - 10:56

Je comble peu à peu mon retard (encore sept textes à lire!).
Jusqu'ici c'est du tout bon.
L'idée de la prophétie est très saavoureuse (même si ça fait un peu Harry Potter Tongue ).

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Ven 8 Mar 2013 - 11:22

Citation :
L'idée de la prophétie est très saavoureuse
Et tu n'es pas encore au bout de tes surprises... Le dernier texte est encore plus "savoureux" Shifty

Citation :
même si ça fait un peu Harry Potter
Rowling n'a fait que reprendre une idée ancestrale Tongue

*Suite en cours d'écriture*

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