Armées Comtes Vampires et mort-vivants


 
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 Le prix de la liberté

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Von Essen
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 12 Jan 2015 - 21:23

Je reconnais bien la générosité de Thomov quand il s'agit de narrer un épisode à l'ambiance sinistre et abjecte Vampire

Sa dulcinée, en revanche, ne cesse de m'irriter avec son "intelligence", alors qu'elle se fait encore et toujours l'illusion de côtoyer des gens décents au cours de son voyage Shifty
Je guetterai avec impatience le moment quand la mascarade ne pourra plus durer Devil

La suite ! Aussi longue et aussi haute en couleur ! Clap


Édit : seizième page, très chère ! Cool

_________________
L'eau, ça mouille. Et ça fait des vagues puis ça devient plat. Et on voit dedans comme dans une vitre. Et ça fait froid quand ça mouille.

Spoiler:
 
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Gilgalad
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 12 Jan 2015 - 23:07

Je suis entièrement d'accord avec les deux compères ci-dessus (et de la page d'avant). C'est toujours aussi bien, peu importe la partie et qui l'a écrite. On se prend toujours aussi bien dans l'histoire et dans l'ambiance.

Comme Von Essen, j'attends avec impatience le moment de la révélation de leur vraie nature.

@Nyklaus : alors, on ne bosse pas en cours ?

Au fait, vivement la suite Very Happy
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alexy999
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 19 Jan 2015 - 22:13

Un texte de cette qualité ça fait toujours énormément plaisir. Clap

De manière générale, j'adore le développement de personnalité des "simples mortels" face aux êtres centenaires que sont les vampires. Le fait qu'ils puissent avoir des rapports sociaux presque d'égal à égal entre eux est très intéressant je trouve (je veux dire par là de simple mortel à simple mortel) même si ce n'est souvent que parce qu'ils sont train de cacher leur véritable nature.

Bon pour ma part, la session est finir, il est temps de s'y remettre !
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ethgri wyrda
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Ven 5 Juin 2015 - 16:44

QUOI! LIRE 16 PAGES ET NE PAS AVOIR DE FIN! C'EST UN SCANDALE!

bon, que dire de plus, tout a déjà été dit en quatre ans de commentaires et de textes  Clap
je vais quand même faire un commentaire plutôt long, passant sans prévenir d'une idée à l'autre:
- j'ai trouvé super bien rendu les liens filiaux entre les personnages, les fils-prêtres, le frère de Rubis/Tilla... sans pour autant qu'on s'y perde.
-j'ai adoré le passage avec le voleur, cet épisode des guerres vampires est de loin un de mes préféré, tout en étant l'un des moins documenté (voleur oblige), alors en apprendre un peu plus est super
-je pense que avoir commencé avec le début "origine" a influencé mon jugement: Diamant n'a ici aucune préférence apparente entre ses filles, contrairement à, euh... avant. ça me donne tout de suite envie de connaitre les deux suites.
- bon, j'avoue avoir eu du mal avec les passages de romance, mais c'est pareil dans tout les livres Devil
- j'ai pitié de la lignée maudite: j'ai l'impression qu'ils tombent toujours mal, et au final qu'ils meurent comme des gros benêts, à deux contre un, alors qu'ils ont trop la classe ("j'ai fait veux de chasteté comme mon père et mon grand-père avant lui, je te tuerais, créature maudite, et si je meure avant, mon fils me remplacera.), au passage, je trouve étrange que ce prêtre-guerrier préfère quitter la ville pour aller tuer une unique vampire (pour suivre une prophétie qui le concerne lui seul) alors qu'il y a juste des centaines de ces abominations partout autour de la ville. quel égoïste! Tongue
- les combats sont vraiment bien rendus aussi, on ne se perd pas, les vampires sont puissant sans être invincibles (ce qui est parfois le cas dans certains récits), tout le monde se défend bien avec toute les armes à sa disposition... pourtant, j'attends un combat où notre héroïne va vaincre quelqu'un sans aide.

en tout cas, je le dis, je le redis: c'est super, et c'est interdit d'interrompre comme ça ton récit. c'est écrit sur une pierre du mur de la taverne Very Happy
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Arken
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mer 29 Juil 2015 - 13:42

TADADAM !!!
Voilà pour vous messieurs, cette chère suite qui j'espère est tant attendue ! Very Happy
Bonne lecture ! Smile




Entre la fatigue de la jeune humaine et la tension des immortels, le voyage commençait à devenir insupportable. Emmanuelle ne comprenait pas pourquoi nous ne prenions pas les routes principales, et elle était plus éreintée à chaque pause. La soif tirait les traits des mes comparses, et mon visage ne devait pas être en meilleur état. Le plus agité était Firmin. Il n’avait jamais dû s’abstenir aussi longtemps, et la présence de la mortelle lui faisait perdre l’esprit. Après le départ de Thomov, je dus même user de mon lien de sang pour obliger mon compagnon à s’éloigner de la demoiselle, ce qui n’arrangea pas la tension qui s’était installée entre nous. Le noble était parti à pied et Emmanuelle avait pu récupérer son destrier. Heureusement, car je n’aurais pas supporté d’avoir le cou d’une mortelle à dix pouces de moi à longueur de journée.
Je soupirai de soulagement quand je l’aperçus. Le temple était devant nous, posé à l’ombre d’une colline, ses niveaux inférieurs s’enfonçant dans la terre. La petite clairière qui l’entourait n’avait pas changé. Saphir et moi-même conduisîmes le groupe de l’autre côté du tertre, vers la crevasse naturelle qui nous servait d’écurie. A l’époque, c’était Gestank qui s’occupait des chevaux quand il fallait les détacher pour qu’ils puissent se nourrir un peu plus loin. Désormais, entre mes pouvoirs et l’aide de Pénombre, nous pouvions les laisser en liberté sans craindre de les perdre. Nous prîmes nos affaires et nous nous dirigeâmes vers notre refuge.
Les seules parties visibles étaient le haut d’une tour, anciens appartements de Diamant, avec une unique petite fenêtre ; et l’entrée, un gouffre de pierres s’enfonçant dans les ténèbres, caché par quelques buissons rachitiques.



La pièce n’avait pas changé. Le bureau en ébène trônait au centre de la salle ronde. Il semblait harmoniser l’ensemble des étagères et meubles qui étaient humblement adossés au mur, et seule une chaise élégante osait se tenir derrière lui, ne pouvant choisir entre la douceur brute du bois et la sensation rugueuse de la pierre. A leur gauche apparaissait une petite porte qui menait aux appartements de notre ancienne matriarche. Je me dirigeai vers la droite et l’étroite ouverture du mur qui faisait office de fenêtre. Je m’y adossai en silence et mon regard se tourna vers le ciel nocturne. Aucune des deux lunes ne voulait se montrer et elles laissaient aux étoiles le soin d’éclairer le Vieux Monde à l’aide d’une lueur diffuse.
J’étais seule, enfin au calme. Si je me concentrais, je pourrais percevoir des bribes de la conversation de mes compagnons, quelque part sous mes pieds. Mais je n’en avais nulle envie. Seul le bruit des grillons me parvenait et il suffisait à me rasséréner. Je soupirai et laissai mon esprit divaguer. De petites lucioles s’allumèrent autour de moi tandis que le vent m’emportait au-dessus des arbres. Toutes ces pépites de lumière qui rougeoyaient dans la nuit me firent sourire. Que serait cette terre sans elles ? Je battis des ailes pour reprendre un peu d’altitude. D’ici, je percevais chaque aura et je pouvais deviner l’animal à qui elle appartenait en fonction de la forme qu’elle prenait. A droite, celle d’un renard devint plus vive. Signe qu’il se concentrait sur sa chasse après avoir repéré un oiseau. L’aura de ce dernier devint plus glaciale quand il prit conscience du danger. Il avait peur. Je me penchai légèrement pour redescendre après avoir trouvé une branche à l’apparence confortable. Je me posai en quelques battements et devint un observateur silencieux.
Cette nuit était très calme. Aucune anomalie pour troubler l’harmonie du règne animal. J’en profitai pour mieux m’installer, y voyant enfin une occasion pour réfléchir. Il me semblait avoir finalement réussi. Faire en sorte d’être indépendante, autonome. Ne plus avoir à obéir à quelqu’un et être assez forte pour ne plus jamais être emprisonnée de la sorte. Etait-ce là cette fameuse liberté que je désirais ardemment ? Si tel était le cas, je me voyais bien déçue. Rien n’avait réellement changé. De plus, me voir totalement libre de mes mouvements et décisions me laissait plus perdue qu’en compagnie d’une quelconque allégresse. Qu’allais-je faire désormais ? Où aller ? Dans quel but ? Je devais certes résoudre le problème de la lignée des Von Kiel, mais pour en arriver où ? Alarick et mes parents morts, je n’avais même plus d’attache dans ce monde. J’étais condamnée à être seule…
Ma main attrapa la chaîne qui pendait à mon cou. La médaille gravée du loup d’Ulric se balança devant moi. Qu’en était-il de Firmin ? La question me hantait depuis presque une semaine maintenant, depuis notre dispute à l’auberge. La découverte d’une éventuelle prophétie me concernant l’avait bouleversé, au point de réagir de manière démesurée. L’idée fixe de devoir me protéger s’était logée dans son esprit. Il devenait méfiant, voire paranoïaque. Un soir, Kriestov avait fait un mouvement brusque dans ma direction, et il n’avait pu s’empêcher de se lever vivement, la main sur la garde de son épée. En plus d’accentuer l’incompréhension d’Emmanuelle à notre égard, l’évènement avait rajouté une tension en plus de notre faim constante.
Je me tapis derrière une touffe d’herbe, les oreilles rabattues. Le rongeur se promenait innocemment à quelques pieds de ma cachette. Je me ramassai, prêt à sauter. Il avança encore un peu et me tourna le dos. Je bondis et ma gueule se referma sur son corps fragile. Je levai la tête, la souris en bouche, son sang gouttant dans l’herbe. Le vent se réveilla et joua avec les feuilles, nouvel instrument dans cette symphonie nocturne. L’ombre des nuages masqua le ciel et une nouvelle obscurité s’empara de la forêt. La prophétie me considérait comme la proie de cette famille sigmarite. Mais je me savais plus forte que ce triste animal. Trois d’entre eux avaient déjà échoué, et j’allais inverser les rôles… Les chasseurs seraient bientôt des fugitifs.
Le médaillon se balançait toujours, balloté par la brise. L’évidence transperça la nuit et m’atteignit en pleine poitrine. Cette dernière pulsa doucement tandis que repassait devant mes yeux le regard vitreux de Pierre, un filet de sang s’échappant de ses lèvres, une rivière écarlate s’échappant de son ventre. Firmin ne pouvait m’accompagner. Je devais l’en empêcher. Comme Pierre, comme Alarick, il se tuerait en voulant me protéger. Je ne l’avais pas sauvé pour le voir mourir par ma faute quelques années plus tard. Je compris alors que mon amour pour lui s’était à son tour transformé en prison dorée de laquelle je devais me libérer.
Le vent retomba. Le médaillon glissa entre mes doigts pour retrouver sa place, sous ma tunique. La branche et la souris s’effacèrent de mon esprit, les étincelles de vie disparurent une à une. Je me retrouvai devant la fenêtre. Une fois revenue à la réalité, j’aperçus deux silhouettes se détachant de l’ombre majestueuse des arbres. Il était de retour. Je regardai une dernière fois le ciel et partis rejoindre mes compagnons.

 

- Est-ce encore loin, Homme Sombre ? Mes jambes fatiguent à galoper de la sorte toute la nuit ; je ne suis plus aussi jeune que lors de notre première rencontre...
Thomov Le Poussiéreux arrêta son avance et se retourna vers son compagnon de route.
- Cessez donc de vous plaindre, nous y serons dans un instant. Une fois là-bas, je vous recommande vivement de faire profil bas si vous tenez à voir l'aube poindre ; les personnes que nous allons voir ont traversé quelques journées difficiles, je le crains. Je vous protégerai, mais ne faites rien qui puisse attiser leur colère. Allons, remettons-nous en route.
Sur quoi il repartit de son habituel pas vif, laissant le borgne suffoquer pour suivre son allure.
A peine une lieue plus loin, ils tombèrent sur les ruines de ce qui semblait être une ancienne tour perdue au milieu des bois. Elle n'était pas détruite, mais presque complètement enterrée comme si quelque Dieu distrait avait posé le pied dessus et que l'édifice tout entier s'était alors enfoncé dans le sol, ne laissant plus dépasser que la moitié d'un étage.
Thomov patienta le temps que le mortel le rejoigne et lui dit pendant qu'il reprenait son souffle:
- C'est ici. Ne vous effrayez pas de ce que vous verrez en ces lieux et souvenez-vous de ce que je vous ai dit : restez coi autant que possible, contentez-vous de nous conduire en lieu sûr et tout ira bien.
Ne laissant pas le bougre répondre, Thomov le conduisit vers quelques buissons qui dissimulaient habilement l'entrée de la tour.



Emmanuelle était partie se reposer dans mon ancienne chambre. Kriestov s’était muré dans un silence patient dans un coin de la pièce. Saphir se tenait adossée à l’entrée, les traits tirés par la faim malgré son éternelle sérénité. Firmin faisait les cent pas entre les rares meubles de la salle abandonnée : deux étagères vides contre le vieux mur de pierre qui surplombaient une petite table et deux chaises laissées au milieu de la pièce. J’étais assise sur l’une d’elles, et observai mon compagnon d’un œil agacé. Je voulus penser à autre chose pour calmer mes nerfs, et me tournai vers mon amie.
- Que vas-tu faire maintenant ?
- Voyager vers le nord. Retrouver ma patrie. Il y a bien longtemps que je n’y ai pas mis les pieds. Et toi ?
Nos regards convergèrent malgré nous vers l’ouvrage posé nonchalamment sur la table. Je profitai des derniers instants du silence paisible de la pièce avant de répondre :
- Je vais retourner à Altdorf. Le journal mentionne un dernier survivant de la lignée. Il me faut l’éliminer avant qu’il n’ait une descendance.
Et comme je le craignais, le silence reprit ses droits, mais désormais imprégné d’une certaine animosité. Le bruit régulier des pas de Firmin s’était tu. Nous nous regardâmes longuement. Je percevais diverses émotions dans ses yeux. Un soupçon d’affection gangrénée par une inquiétude latente, le tout enveloppé dans une colère de plus en plus imposante. Un morceau d’éternité s’immisça entre nous avant de se briser par ses paroles :
- C’est de la folie.
Je ne répondis pas et continuai de le fixer, trop certaine de ce qui allait se produire. J’essayais de rester calme, sachant que le pire était encore à venir.
- Tu vas te faire tuer. Je t’accompagne. Je te protégerai.
- Non.
Je n’avais pas bougé d’un cil. Sa peau frémit. Il posa ses mains à plat sur la table et approcha sa tête de la mienne. La tension, déjà à son apogée, trouvait encore le moyen d’augmenter.
- Tu n’as pas le choix. Je te suivrai où tu iras. Il est hors de question que je ne t’abandonne.
Je faillis répliquer. Je me retins. Nous pouvions désormais entendre les pas de Thomov et de son acolyte descendre les escaliers.

 

Le Vampire entra dans la pièce où ses semblables attendaient, suivi de près par le guide qui prenait grand soin de ne plus le quitter d'une semelle. A la vue de leurs visages émaciés et sombres, Thomov comprit tout de suite que le moindre faux-pas entraînerait la mort de l'humain. Il pouvait sentir leur faim presque comme si elle était sienne, bien qu'il ait mis à profit son passage en ville pour se sustenter. Il s'installa dignement malgré l'absence quasi totale de mobilier et attendit d'être certain qu'il disposait de l'attention de chacun avant de prendre la parole :
- Voici quel est mon plan : mon ami que voici nous conduira derrière la frontière Sylvanienne, d'où nous pourrons rejoindre nos terres sans plus de difficulté pendant que vous, mesdames et monsieur, irez de votre chemin.
Thomov pointa alors le doigt vers le borgne :
- Toi, comment comptes-tu t'y prendre pour nous faire traverser discrètement la ville ?
L'homme avala sa salive et fit un pas en avant. Il tenait son chapeau à larges bords des deux mains et parla en s'efforçant de contrôler les chevrotements de sa voix.
- Je connais la cité comme ma poche, mon seigneur ; les rondes de sa milice, ses gardes corrompus et toutes ses ruelles louches. Cependant, il nous faudra sûrement organiser une diversion pour nous faufiler entre les mailles du filet. La Guilde des Voleurs n'a pas manqué de remarquer qu'un nombre inhabituel de Répurgateurs est arrivé en ville ces dernières semaines. Depuis la chute du Comte Vlad ils se massent à la frontière de la Province pour intercepter autant d'Immortels qu'ils le pourront en coupant la retraite de l'armée en déroute. J'ai des contacts utiles qui pourront faire un peu de grabuge, mais moins que je ne le pensais. La plupart refusent de se mouiller avec toutes les exécutions que l'Eglise de Sigmar organise depuis l'arrivée des Chasseurs de Sorcière. C'est comme s'ils sentaient déjà les flammes du bûcher leur roussir les orteils...
-Bien, il nous faudra donc du renfort.
Rubis, après un bref coup d’œil entendu vers Saphir, prit la parole :
-Peut-être pourrait-on vous venir en aide, Thomov. Vous nous avez tendu la main dans les bois alors que nous étions traqués, et puis je ne voudrais pas qu'il arrive malheur à Emmanuelle.
Elle se tourna alors vers le guide.
-Assurez-vous de conduire nos amis en lieu sûr, humain, et laissez-nous nous charger d'attirer l'attention des chiens de garde de l'Inquisition...


Emmanuelle était allongée dans son lit, tout au fond de cette curieuse tour ensevelie. Mais elle ne dormait pas comme le pensait son bien aimé ; elle reprenait des forces plus vite qu'il ne voulait bien l'admettre. Plus que tout, elle ne voulait pas être pour lui une source de tracas dans cette situation déjà périlleuse. Bien qu'elle ne s'intéressât pas de très près aux affaires politiques, Emmanuelle savait que le Comte Vlad était un homme dangereux et d'un très grand pouvoir. Son époux n'avait jamais tenté de paraître à sa cour et affirmait que ses rêves de grandeur étaient au mieux une arme à double tranchant.
Au travers de l'entrebâillement de la porte, elle percevait des bribes de la conversation qui avait lieu à l'étage. Elle ne pouvait tout saisir, mais l'essentiel lui parut clair. Ils devaient traverser une dernière ville où ils ne seraient pas les bienvenus avant de retrouver leurs terres et leurs gens. Une ultime épreuve et puis enfin la paix.
Quelques phrases lui parvinrent : Rubis qui s'adressait à un inconnu en l'appelant "humain", quelque chose à propos d'êtres immortels et d'un plan pour attirer des gardiens dans un piège dont ils ne sortiraient pas vivants...
Une boule d'angoisse hélas coutumière se forma dans sa poitrine et lui coupa la respiration. Elle savait ; elle savait ce qu'était son mari, son cousin, le Comte Vlad,... Non, il ne fallait pas y songer. Les choses étaient différentes depuis que les von Carstein gouvernaient la Sylvanie : plus de brigands qui mettaient jusqu'alors la Province à feu et à sang, plus de Seigneur abusant de sa position pour faire crever les paysans à coups de taxes exubérantes, plus de honte à être de la noblesse de ce coin de terre dont les Dieux eux-mêmes s'étaient détournés...
Le prix à payer était peut-être terrible, mais quel autre choix leur restait-il ? Qui d'autre leur aurait tendu la main ? Emmanuelle inspira profondément et se répéta qu'elle n'avait rien à craindre de ceux qu'elle appelait sa famille.
Le lendemain elle reprendrait son rôle et ferait bonne figure ; elle obéirait aux ordres de son époux sans discussion tant qu'ils ne seraient pas rentrés sur leurs terres et serait aimable et courtoise autant qu'il est possible pour alléger leur fardeau par sa bonne compagnie ainsi que son éducation le lui commandait.
Avec cette conviction à l'esprit, Emmanuelle fit ce que tous les Sylvaniens avaient appris à faire depuis bien avant la venue du Comte Vlad : elle chassa ses craintes et ses peurs et sombra dans un sommeil sans rêve.


 

Je me retrouvai seule dans la pièce, imprégnée de silence. Je pensais à la fin de notre voyage, dans cette ville remplie d’esprits belliqueux. Je me voyais ensuite à Altdorf, cherchant désespérément cet humain. Soit je le tuais, soit je mourrais en essayant. Mais cette perspective ne me faisait pas peur. Je la voyais presque comme un soulagement. Car si je survivais, je me retrouverais alors devant un abysse immense. Que faire de sa vie quand elle n’a pas de fin et aucune attache ? Les vampires étaient des créatures solitaires, mais je ne pouvais m’empêcher de constater que tous ceux que j’avais croisés cherchaient désespérément un point d’ancrage, un but, un être, qui leur permettrait de trouver un sens à leur existence. En tuant Diamant, j’avais l’impression d’avoir perdu le mien, sans possibilité pour en trouver un autre. Firmin était dans la même situation, et je savais pertinemment que me rattacher à lui reviendrai à s’accrocher à une bouée perdue en pleine mer. Cette idée en tête, je ne pouvais que confirmer ma précédente décision. Il ne pouvait m’accompagner. A mes côtés, il risquerait de mourir pour de bon ; mais s’il partait, il aurait une chance de retrouver un certain sens dans son existence. Mais comment lui faire comprendre ? Je lui avais promis de ne pas user de mon pouvoir de lignage de façon abusive, mais j’appréhendais sa réaction. Je ne voyais pas comment lui faire changer d’avis, comment il pourrait l’accepter de son plein gré.
- Vas-tu un jour m’expliquer pourquoi tu tiens tant à ce médaillon ?
Je sursautai et me retournai. Trop loin dans mes pensées, je ne l’avais pas senti arriver, et il m’avait trouvée avec le pendentif dans les mains. Firmin traversa la pièce d’un pas tranquille et s’assit en face de moi. A peine posa-t-il son regard sur moi que je perçus son changement d’humeur. Il semblait plus détendu. La colère spontanée qui l’avait animé avait disparue, emmenant avec elle la tension qui avait existé entre nous depuis quelques jours. Je voyais désormais une résignation sereine dans ses yeux. Ce brusque revirement me délia la langue.
- Il appartenait à mon fiancé, quand j’étais humaine. Il est mort en voulant me protéger.
Mon compagnon se figea, surpris. Je le sentais comme bouleversé. Il devait sans doute voir le voile de tristesse qui recouvrait mon visage.
- J’étais à quelques pieds de lui, et je n’ai pu rien faire. Il est tombé sous mes yeux. Il a agonisé dans mes bras. Je l’ai vu partir, impuissante. Je ne le supporterai pas si cela t’arrivait.
Je relevai la tête au contact du doigt de Firmin sur ma joue. Il retira lentement sa main, une perle de sang accrochée sur sa peau. Ses yeux toujours rivés sur moi, je m’essuyais le visage. Nous restâmes silencieux durant ce qu’il me semblait des heures. J’avais l’étrange impression que ce calme poignant était ce qu’il nous manquait depuis tout ce temps pour nous comprendre. Il finit par se lever et se dirigea d’un pas lent vers le couloir. Arrivé sur le seuil, il s’arrêta au son de ma voix.
- Firmin…
- Les derniers mots de ma mère résonnent encore en moi, alors qu’elle me voyait prendre la route. Si tu aimes une personne, tu dois savoir la laisser partir… Je crois qu’elle avait raison. Se séparer est parfois la seule manière de ne pas la perdre.
Un sourire fugace passa sur ses lèvres. Il me tourna le dos et disparut dans les profondeurs du temple.

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mer 29 Juil 2015 - 14:50

Ça m’avait manqué ce récit Very Happy
Bon, bien entendu je ne sais pas vraiment quoi dire Tongue
Enfin essayons, tout d’abord les fautes: comme d’habitude je n’ai rien à redire là-dessus car je n’en ai pas remarqué une seule. Il n’y a pas de répétitions, pas de syntaxe étrange ou autre défaut classique sur la forme donc sur ce point là: rien à redire.
Sur le fond à présent, bon déjà il m’a fallu un peu de lecture pour me remettre dans le bain, j’en avais complètement oublié l’histoire au début mais là ça m’est revenu, bon j’avais pas oublié que Rubis maitrisait bien Ghur, par contre j’avais oublié qu’elle s’appelait Rubis Laughing Après je pense qu’une relecture des chapitres précédents m’aurait pas fait de mal, mais en l’occurrence je n’en ai pas eu besoin. Comme d’habitude je suis rentré dans le récit sans difficulté et rien que ça, ça fait plaisir de voir que ça ne change pas. Il y a bien un point qui peut paraitre dérangeant c’est que le texte est assez dense par endroit, des interlignes auraient été une bonne idée (mais là je chipote, mais ça ne fait pas de mal de chipoter un peu Happy )

Enfin voilà, comme toujours un bon chapitre dont j’attend la suite maintenant Very Happy
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mer 29 Juil 2015 - 15:12

Teotiqax a écrit:
Ça m’avait manqué ce récit Very Happy
Je suis entièrement d'accord Very Happy Cela faisait trop longtemps que l'on avait pas eu de nouvelle suite. Mais c'est un mal pour un bien tellement celle-ci est bien. Bien que toujours trop courte à mon goût (en même, c'est toujours trop court pour moi quand c'est aussi bien fait).

Bref, j'attends la suite avec une grande impatience, vu la qualité inaltérable de ton écriture.
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Ven 31 Juil 2015 - 16:20

J'aimerais que l'histoire avance plus vite Tongue

Du sang ! JE VEUX DU SANG !!! Devil Vampire Devil

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 10 Aoû 2015 - 18:12

Cette suite est superbe, tant au niveau du rythme que des descriptions et des dialogues (pour certains, romantique je trouve, dans le sens où Rubis veut protéger Firmin).
Bravo an vous deux pour cette suite nous donnant encore plus envié d'en savoir sur... La suite !!!
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   

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