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 Trucs et astuces d'écriture

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Von Essen
Collecteur de Sang
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MessageSujet: Trucs et astuces d'écriture   Jeu 22 Juin 2017 - 10:14


Trucs et astuces d'écriture




Mais qu'est-ce donc ?  
Comment rédiger un historique/background sympa pour son armée ?
Comment agrémenter ses rapports de bataille de jolis textes d'ambiance ?
Comment, enfin, rédiger de fantastiques récits se déroulant dans le monde de Warhammer ?

Ce topic a été ouvert pour que chaque membre du forum puisse y publier sa propre réponse à ces quelques questions, et partager ses savoirs et son expérience avec toute notre belle communauté.


Comment s'en servir ?
Ce topic est destiné uniquement aux trucs et astuces de chacun. Chacun aura donc droit à un seul post au sein du topic, qu'il éditera au fur et à mesure que d'autres idées/conseils lui viennent en tête.

Un autre topic "Discussions" sera ouvert dans cette même section : ce sera l'espace interactif, dédié aux questions/réponses.

Rappel, donc, une fois de plus, qu'afin de rendre le topic "Trucs et Astuces" propre et lisible, chaque membre ne devra y poster qu'un seul post, qu'il éditera selon sa fantaisie.

Conseil du chroniqueur : un post avec une belle organisation et une belle mise en page sera plus facile à comprendre, plus agréable à lire et donc plus utile pour tout le monde Happy

Pour toute question technique ou doute éventuel, ne posez pas votre question ici, envoyez un MP à votre humble serviteur ou à Dame Arken  Happy


Faites couler l'encre le sang  Vampire




_________________
L'eau, ça mouille. Et ça fait des vagues puis ça devient plat. Et on voit dedans comme dans une vitre. Et ça fait froid quand ça mouille.

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vg11k
Comte de la Crypte 2014
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Vainqueur de concours : Concour de texte

MessageSujet: Re: Trucs et astuces d'écriture   Dim 25 Juin 2017 - 15:32

- Toi qui oses te présenter devant moi. Qui es-tu ? Et quel intérêt motive ta présence en ce lieu ?
- Mon nom est Darkula. Je voudrais m'améliorer, être un véritable auteur de récits pour transcender cette passion et devenir un maître pokémon ! un écrivain reconnut qui gagnerait plein d'oseille avec ses écrits !
- Je vois. Ce n'est ni la sagesse, ni l'immortalité et encore moins le Graal que tu recherches... Tu as soif de connaissances, de pouvoir. Et bien sache Darkula que pour améliorer tes textes tu viens d'ouvrir le bon topic. Pour l'or en revanche c'est un autre débat... Mais à compté de cette ligne, je te reconnais officiellement comme notre apprenti.
- Topic ? Ligne ? 'Notre' ? Je ne comprends pas...
- Ignore tes deux premières question. Quant à la troisième : je ne suis pas une entité omnisciente et mes compétences vont puiser auprès des meilleurs. Nous sommes plus d'un et mes talents sont répartis à travers moi. Enfin tu m'as compris. Pour toi mon apprenti, je regrouperais et compilerais les connaissances des plus grands maîtres de ce forum...
- Par le Précieux, me voilà bien...



Gnark gnark gnark... Mon pouvoir est sans limite...





Je vais répartir mes conseils en trois catégories mon apprenti. Ne soit pas surpris si un jour l'une d'elle évolue et vient à s'étoffer. Cet art n'est pas figé dans le marbre et il te faudra suivre le flux des lecteurs si tu souhaites conserver ton statut acquis de dure lutte.


  1. La forme
  2. Le fond
  3. Trucs, astuces et conseils divers







Tout d'abord, rendons à césar ce qui appartient à césar. Concernant l'organisation de ce topic je me suis grandement inspiré d'autres guides et remettrais même au goût du jour plusieurs de mes sources. :


Comment ne pas écrire de haldu sur le warfo
La méthode de travail de Feurnard sur le warfo
Comment améliorer son jeu de rôle de Thu'umin, un guide de jeu rp sur skyrim que je trouve très pertinent et que j'exploiterais en section 2 de mon guide.
Comment bâtir la meilleure aventure dnd de tout les temps par James Haek des Geek & Sundry. Là encore ce n'est pas du Warhammer mais leurs conseils sont tout aussi justes


- Heyyy, tu cites des tutoriels mais je vois pas de liens !
- Inscris-toi et connecte toi à ce forum. C'est gratuit et cela ne demande qu'une minute.
Pourquoi ? C'est simple : seuls les membres ont accès aux liens ci-dessus, ceux qui suivent et tout ceux de ce forum. Tout comme les signatures des membres d'ailleurs.






La forme






  1. Aérer son texte


Cela en jette d'écrire de longues phrases compliquées. C'est une preuve d'intelligence. Ou pas. L'intérêt est de transmettre un message au lecteur. Pas l'endormir avec des tournures tarabiscotées. Ou réfléchir à quel était le sujet trois lignes plus haut. Si un phrase fait plus de deux lignes, c'est probablement qu'il faut la découper.

Également, au sein de votre phrase, poser des virgules permet en quelque sorte au lecteur de « reprendre son souffle ». N'hésitez pas à fractionner vos phrases en courtes séquences. Sans non plus en abuser.

Prenons deux exemples d'haldu :
Citation :
Le motard pris d'un soudain élan fit rugir le moteur de sa moto rutilante sous le Soleil et il partit sur la célèbre route 66 à la recherche d'aventures.

En fractionnant cette phrase longue et pénible, puis en posant quelques virgules pour la fluidité de lecture, nous obtenons :
Citation :
Le motard, pris d'un soudain élan, fit rugir le moteur de sa moto, rutilante sous le Soleil. Et il partit sur la célèbre route 66, à la recherche d'aventures.


*


Courte digression concernant l'aération de texte: dans ce second exemple il met en lumière les changements que peuvent apporter les virgules :
Citation :
On mange, papy ?
On mange papy ?

Dans le premier cas nous demandons à grand-père si nous pouvons manger. Dans le second, grand-père devient le plat de résistance... Toujours pour citer haldu : « Utilisez la ponctuation, sauvez des vies »


*


Je rajouterais une astuce concernant la ponctuation. A l'inverse de phrases longues et soporifiques, une suite de phrases très courtes peuvent rapidement donner du dynamisme à un texte. Et même transmettre un côté oppressant. Idéal pour les situations intenses :

Citation :
Brusquement, de la poussière suinta du toit. Et s'ensuivit un craquement sonore. Son sang ne fit qu'un tour : tout allait s'effondrer. N'écoutant que son instinct, il se jeta en avant. Puis enchaîna par une roulade. Un fracas résonna dans son dos, mais il l'ignora, focalisé sur une pensée : Courir. Courir pour sa vie.

Une poutre manqua l'écraser. Rebondissant sur la paroi, il l'évita de justesse. La lumière était visible, tout au bout du couloir. Et d'une glissade il parvint à sortir. Il était arrivé à l'extérieur. Il était sauf.

Plié en deux pour reprendre son souffle, il s'autorisa enfin un regard en arrière. Un nuage de poussières était soufflé par l'entrée de la grotte dont il venait de s'extraire.

A ne pas abuser toutefois. Cela ne devrait être réservé qu'à la courte séquence où l'on souhaite transmettre un stress au lecteur. Une demi-page de ce traitement et non seulement il s'acclimate à l'effet, mais en plus cela va devenir lassant. Faire aussi cours signifie également peu de descriptions ce qui sur la durée nuit à l'immersion.


*


Enfin et en particulier sur forum, une quatrième astuce est d'éviter les enchaînements de gros pavés indigestes. Déjà qu'un unique gros paragraphe est décourageant à lire avant même d'attaquer la première ligne, savoir qu'il y en a dix autres comme celui-là plus bas...

D'ailleurs une anecdote : il m'arrive ici de surligner la ligne que je suis en train de lire, sur ce genre de textes aux paragraphes consistants. Et ce afin de ne pas la relire deux fois par mégarde. Vous en conviendrez, ce n'est pas vraiment confortable...

Découpez votre texte. Si un paragraphe fait 20 lignes, il y a certainement moyen de le fractionner en plusieurs plus modestes. Et n'hésitez pas, à la publication, à bien les démarquer par un simple saut de ligne. Cela peut paraître anodin, et pourtant. Comparons mon tout premier texte posté ici auquel j'applique ce découpage :





Convaincus ?
Non seulement les sections narratives sont plus clairement délimitées, mais en plus nous remarquons au premier coup d’œil que notre texte inclut du dialogue !







    2. Les répétitions



Les synonymes sont la vie. Sauf s'il s'agit d'une répétition volontaire (comique ou martèlement du mot) retrouver trop souvent le même mot peut être très lassant à lire. A nouveau, j'emprunte son exemple à haldu :

Citation :
Le sergent Harkan Enoch se battaient de son mieux au milieu de la Garde Impériale, contre les sauvages qui peuplaient cette zone de la planète. Déjà l'ennemi se précipitait contre les lignes de l'Impérium, brandissant ses épées. Quand ceux qui survécurent aux lasers rentrèrent en contact avec les soldats, ils commencèrent à les combattre grâce à leurs épées. Les coups d'épées pleuvaient. Chaque épée était teintée de rouge sang. Un sauvage se jeta sur Harkan, qui évita de justesse un coup d'épée. Puis une feinte portée avec l'épée. Puis le sergent dégaina son pistolet-bolter et abattit à bout-portant dans le visage du possesseur de l'épée.

7 épées et 2 sauvages en un paragraphe. Fortiche.


*


En général, la lecture sera laborieuse voire énervante. Et passé plusieurs pages de ce traitement, c'est le décrochage assuré.
Les synonymes permettent d'éviter cela. J'en profite d'ailleurs pour vous présenter mon fidèle assistant, toujours présent lorsque j'écris :


Ici pour épée il nous propose : arme blanche, cimeterre, couteau, coutelas, dague, estoc, flamberge, fleuret, glaive, lame, rapière, sabre, yatagan . 13 mots alternatifs. Je concède qu'il ratisse large en incluant dague et flamberge, mais au moins il y a du choix.


*


A cela nous pouvons :
généraliser lorsque nous parlons de celle-ci : arme, instrument, outil de mort
faire de l'humour si le texte s'y prête : aiguille à tricoter, cure-dents
utiliser son petit nom si elle en possède un : croc céleste, marchand de mort, faiseuse de veuves

D'ailleurs, en complément, rappeler ce qui éventuellement la rends unique peut être une bonne chose si elle a déjà été décrite plus tôt tout en recyclant un mot pourtant déjà utilisé : l'épée Lahmianne, la lame antique, le sabre aux reflets mauves... L'adjectif ici permet de s'accorder une répétition sans pour autant que s'en soit une.


*


Comment repérer ces vilaines répétitions mes direz vous. Tout simplement en relisant len-te-ment votre texte dans un éditeur digne de ce nom (word, openoffice, notepad++...). Et si soudain un mot vous paraît suspect, selection + ctrl F.


Flagrant non ?


*


Et pour finir ce point, je vais vous mettre en avant deux verbes à banir autant que possible : Dire et Faire

Ils sont passes-partout et n'expriment rien de particulier. Je reviendrais d'ailleurs en détail sur le premier un peu plus bas.






    3. Rester sur les rails


Un défaut que je remarque parfois est d'orienter le texte dans une direction précise, développer celle-ci à outrance... et au final ne strictement rien en faire dans le récit.

A quoi cela sert-il de savoir :
- qu'une chapelle possède quinze bancs
- un confessionnal
- un autel
- une crypte où reposent trois saints
- la chambre du prêtre
- celle de son futur remplaçant
- des latrines
- une écurie attenante

...si le héro va entrer, botter le derrière du méchant qui procède à un sacrifice humain sur l'autel, et enfin repartir en emmenant la donzelle ? D'autant plus s'il ne repasse à cette chapelle que pour récupérer son bracelet, oublié sur le-dit autel.

Inutile donc de noyer le lecteur dans une marrée d'éléments que nous savons superflus.


*


Éventuellement, si vous souhaitez mettre discrètement un détail en avant que vous allez exploiter plus loin, c'est une bonne idée. Mais il ne faut pas non plus que se soit une aiguille dans une botte de foin. Déclarer 2-3 éléments autour suffit amplement.

Digression : pour ce coup du détail inséré discrètement, un excellent exemple se trouve dans le film Abyss que j'ai découvert juste avant d'écrire ces lignes. Attention spoil.

Spoiler:
 


*


Également, restons focalisés.

Surtout lors de scènes d'action ou de tragédie. On se contre-fout que le guerrier aime sa technique de combat : cette technique qu'il a parfaite avec son papa, puis éprouvée contre des enfants, qu'il a des sentiments lorsqu'il l'applique... alors qu'il est complètement dépassé par les coups de boutoir de cet orque puant face à lui !

Spoiler:
 

A cet instant, nous sommes bien plus intéressé par l'esquive rotative des cheveux qu'il effectue. Ce mouvement subtil réalisé pour ne pas être tranché en deux. Plutôt que par l'histoire attachante d'une fente, qu'à cet instant précis, il ne peut pas réaliser.


*


Ensuite, question de fluidité, mieux vaut être régulier dans son développement :

Enchaîner une suite de description de péripéties, narrée comme l'on raconte un résumé, puis embrayer par un dialogue. Et repartir sur un résumé... C'est assez déstabilisant.

Nous avançons très vite. Puis l'on s'arrête, de retour au temps réel avec un dialogue. Puis on repart en accéléré...
L'impression est la même qu'en voiture, avec une personne qui à le champignon facile MAIS passe son temps à piler.

Si un résumé rapide doit être effectué, des transitions en douceur sont absolument nécessaire. Notamment lors du retour à "vitesse normale" : quelle est la situation, où sommes-nous, qui est présent ? Quelques lignes suffisent.

Le cas échéant, cela signifie que notre récit n'est qu'un vaste résumé. Et que les dialogues n'y ont pas leur place. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Regardons nos LA : ils sont des pages et des pages de résumés. Sans le moindre dialogue. Et pourtant, personnellement, j'adore les relire. Il n'y a aucun mal a rédiger un texte sous ce format.


*


Comment décrire une séquence d'action ultra-rapide ? C'est en effet un problème parfois épineux.

En pleine phase d'action, insérer toute une explication détaillée de comment l'on a
A) paré la lame
B) balayé la cheville de l'ennemi
C) évité la flèche qui nous arrivait dans le dos
D) grignoté un kebab

...autant en film les slow-motion à la matrix/300 c'est rigolo... autant à l'écrit cela tue complètement l'action.
d'ailleurs même dans les films l'abus de slowmo est généralement pas terrible...

Votre personnage peut être le nouveau Flash, si rapide qu'il remonte le temps. Mais le narrateur qui décrit cette scène est comme vous et moi. Un humain. Et ne pourras pas forcément tout voir et donc tout raconter.

Tite astuce dans notre cas :

Citation :
Bob para la lame et son ennemi qui se retrouva les quatre fers en l'air, suite à un mouvement si rapide que le vaincu ne put le voir. Le guerrier se tourna vers la flèche, plantée dans le mur derrière lui, et esquissa un sourire. Puis jeta son emballage de kebab à la figure de son adversaire à terre, dépité. Juste pour la forme.






    4. Les dialogues


Chacun à sa façon à lui d'écrire un dialogue. Le point commun est généralement un '-' suivit des propos d'un personnage. Toutefois, un enchaînement de réplique peut très vite devenir difficile à suivre, d'autant plus s'il y a plus de 2 individus. Si en tant qu'auteur, il peut sembler évident de déterminer qui dit quoi et comment, cela l'est beaucoup moins pour le lecteur.

Ne pas hésiter donc à insérer une indication de qui est en train de parler dans la 1e phrase. Dans la littérature, cette indication commence généralement par une virgule dans la première phrase. Et se termine par le point de cette même phrase.

Une exception est faite lorsque cette première phrase se termine par un '?' ou un '!'. Dans ce cas l'indication va venir se greffer dans son sillage. Majuscule ou pas majuscule, là en revanche même moi je ne saurais dire à cet instant...

Ainsi, pour toutes les phrases suivantes, nous saurons qui est en train de s'exprimer :

Citation :
- En es-tu sûr ? dit Legolas. Pourtant je ne vois rien. Et je puis t'assurer que mes yeux voient loin.
- Tout à fait sur, dit Gimli. Et cela ne comptera quand même que pour un !
- Ils mourront tous, dit Aragorn.



- Hey mais tu as utilisé le verbe Dire !
- C'est très juste, mon jeune apprenti. Et je suis fier que tu l'ais remarqué. C'est une preuve que tu es attentif.



J'ai évoqué plus haut que le verbe Dire était à bannir. Il n'exprime rien concernant le ton, la formulation, le stress qu'expriment le personnage. Pour ne citer qu'eux. Et pourtant notre belle langue possède tant de mots pour remplacer ce suppôt du mal.

Je vous copie la liste érigée par Inxi-Huinzi. Je l'ai re-découvert par hasard en rédigeant ce tuto, mais je vous conseille chaudement de la garder sous le coude.




liste qui tue:
 




Reformulons la réponse de notre elfe. J'ajoute également des petites description pour la forme :

Citation :
- En es-tu sûr ? S'étonna Legolas en fronçant les sourcils. Pourtant je ne vois rien. Et je puis t'assurer que mes yeux voient loin.
- Tout à fait sur,  insista Gimli en assurant sa prise sur sa hache. Et cela ne comptera quand même que pour un !
- Ils mourront tous, annonça sombrement Aragorn avant d'engager la poursuite.



D'ailleurs... Gimli a un accent ! C'est tout bête, mais cela peut grandement aider à imaginer la façon de s'exprimer d'un personnage, tout en l'identifiant. Quant bien même aucune indication n'aurait été donnée :
Citation :
- Et c'la n'comptera quand même que pou' un !

Spoiler:
 

*


Une petite astuce que j'affectionne dans mes écrits - qui m'a parfois été reprochée - est d'indiquer directement dans la réponse d'un personnage qui a parlé auparavant.

- Mais, je croyais que les indications étaient une bonne chose pour...
- Je sais mon cher apprenti, m'empressais-je de répondre dans un murmure. Je sais. Mais ne soit pas effrayé, tout va bien se passer.

A n'utiliser toutefois que lorsque le-dit personnage n'a pas prononcé beaucoup de mots et donc en tout début de dialogue. Sinon le lecteur va chercher à déterminer qui s'exprime alors qu'il a un échange verbal à suivre. Et donc perdre le fil de ce qui se dit.





Le fond



    1. Le grobillisme


Citation :
Bob bouscula l'immense guerrier du chaos, lui-même le dominant d'une bonne tête. Archaon se tourna vers lui et le dévisagea un instant. Il en resta bouche-bé. Quel brute !
Je viens rejoindre la Fin des Temps ! S'écria Bob en pointant son épée vers le seigneur. Mais avant que je rejoigne tes troupes, affrontes moi !
Que...
Avant qu'Archaon ne puisse réagir, Bob fut sur lui. De justesse il para l'arme de cet inconnu. Il fut rejeté parmi ses généraux, sonné. Inspirant à pleins poumons, Bob poussa un rugissement de colère et déploya son immense puissance. Tous furent projetés au loin, Archaon s'accrochant à son épée plantée dans le sol pour ne pas s'envoler...


- Tu l'auras compris mon apprenti, c'est ici un exemple à ne pas suivre. L'abus de grobillisme n'est pas bon pour la santé de tes personnages comme des tes lecteurs.

note : j'ai repris de mémoire cet exemple d'un site que j'ai été incapable de retrouver, si jamais son auteur passe là...


A moins que l'ensemble des individus d'un récit partagent ce genre de traits, un personnage tel que Bob sera rarement le bienvenu. Or dans l'univers de Warhammer rares sont déjà ceux à survivre à une bataille. Deux, on peut les considérer comme des héros. Au-delà ils sont de l'envergure des personnages officiels.

Mais en fait, qu'est-ce qu'un grosbill ? Pour faire simple, il s'agit d'un personnage qui déborde du cadre, qui efface ce qui l'entoure, rends négligeable son environnement et ses rivaux. Appliqué à l'écriture nous pouvons identifier deux cas de figure.

- Dans le premier qui rejoint l'exemple de Bob, nous parlons de personnages si puissants que, concrètement, ils n'ont rien à faire dans l'univers de Warhammer. Pourquoi y a-t-il encore des guerres alors que l'élu de Khorne qui a enseigné la magie à Teclis et causé la chute des Slanns se promène dans le vieux monde ? Un tel individu aurait déjà unifié le monde entier et établi la liste des races/individus dont il autorise la survie.

- Dans le second il s'agirait non pas du personnage qui a tout fait et tout vu mais plutôt de l'univers entier qui se rapporte à lui. Il n'est qu'un fermier et pourtant hommes-lézards, elfes noirs et orgres en maraude se promènent dans le bosquet voisin. Et, coup de bol, le dieux du changement a prédit qu'un papillon serait écrasé par un enfant qui causerait de grands cataclysmes dans le warp. Et du coup seul cet enfant mérite d'exister au fil des paragraphes, le reste n'étant que broutilles.

Ce que j’essaie maladroitement d'expliquer dans ce second cas est que, lorsque l'on développe uniquement le personnage principal en négligeant totalement ce qui l'entoure, même sans en faire le prochain comte électeur, revient à en faire un Grosbill. Toutefois, je vais vous donner dans la suite de cette section des clés pour développer vos personnages et univers dans/avec lesquels vos petits fermiers trouveront à s'épanouir en toute quiétude.


Le grobill par excellence



    2. Les origines


Conférer un passé à votre personnage ou votre faction est l'un des meilleurs moyens de leur conférer une identité. De justifier comment et pourquoi ils interagissent avec le reste du monde.

Votre histoire commence sur un champ de bataille ? Pourquoi pas. Mais comment votre protagoniste est-il arrivé là ? Ce n’est tout de même pas Tzeench qui d’un claquement de doigt la posé ici un glaive entre les dents ! Il a bien eu une histoire quelconque l’ayant conduit jusqu’à cet instant présent. Enrôlé dans l’armée par manque d’argent ? Venu se battre pour venger la mort de son meilleur ami ? Contraint d’enfiler l’uniforme pour éviter la pendaison ? Ici nous avons déjà trois justificatifs tout simples induisant trois comportements différents : réaliser le strict minimum sur le champ de bataille, tout donner pour l’emporter ou déserter à la première occasion.

Etoffons ces dernières : des parents décédés à l’adolescence du héros le laissant sans revenus, le général ennemi a torturé gratuitement des civils lors de son précédent raid dont un proche, ce coffret de piécettes ne demandait pourtant qu’à être dérobé…

Voyons ensuite à plus grande échelle comment nous insérer dans le monde local, celui de warhammer. Le background est très riche mais aussi un énorme gruyère, plein de trous pour nous permettre de créer nos propres aventures.

J’ai erré dans Nuln des mois avant que rejoindre la garde ne devienne une évidence. Je connais les environs et les marchands.

J’ai pris l’arme de mon père malgré les suppliques de ma bien-aimée. J’ignore si je la reverrais, mais le crime de ce barbare ne restera pas impuni. J’ai assez attendu dans ces montagnes du bord du monde, infestées de créatures primitives. Il est temps de faire couler le sang.

Les bas-fonds de Marienburg n’ont plus aucun secret pour moi. J’y connais tous les receleurs comme les tripots malfamés. Et sitôt que cet officier aura le dos tourné, j’aurais tôt fait d’y retourner me siroter une bonne bière, une donzelle sur les genoux.




Ces simples faits rajoutent de la profondeur au personnage, qu’ils soient énoncés clairement au lecteur ou pas. Tant que vous en tant qu’auteurs les conservez en mémoire vous pouvez rester fidèle vis-à-vis de ces informations.


D'ailleurs, en étendant ces concepts des personnages à tout un univers pour les plus fanatiques, vous pouvez justifier une aventure rondement menée du début à la fin. Le meilleur exemple ici est l'un des fondateur de la littérature fantastique. Vous avez aimé le seigneur des anneaux et le hobbit ? Sachez qu'ils sont une goutte d'eau dans l'oeuvre de Tolkien. Afin de justifier cette épopée et ce conte pour enfant, le bougre à ré-écrit sa "propre version de la bible". De la création du monde jusqu'à bien après la chute de sauron. Et tout y est expliqué, justifié : la naissance des balrogs, qui sont les magiciens, pourquoi nains et elfes se querellent, c'est quoi un orque, d'où vient Arachnée... Après je vous déconseille personnellement d'en arriver à un tel développement : le temps nécessaire pour réaliser une telle œuvre est difficilement quantifiable...



illustration du Silmarillion



    3. La destinée et l'anticipation


Un point rapide sur le destin de vos personnages. Concrètement, comment évoluera ou se terminera votre histoire dans plusieurs récits ? Sans forcément élaborer dès maintenant la fin ultime de votre saga en plusieurs parties, elles-mêmes composées de plusieurs chapitres, vous devez connaître la destination de votre aventure actuelle. Il doit y avoir un capitaine à la barre ou bien vos textes vont partir dans tous les sens, sans raison logique, et prendrons vos lecteurs au dépourvu. Ce n'est qu'ainsi que vous pourrez insérer discrètement des indices menant à cette fin ou au contraire des cul de sacs pour tromper celui-ci via un retournement de situation. Vous pourrez également gagner en cohérence dans votre puisque avoir anticipé cette fin vous permet d'anticiper les contraintes nécessaires à cet aboutissement.

Quelques exemples :

- Pour que untel utilise la kryptonite ainsi dans le dénouement, j'ai besoin qu'il soit au courant... donc batou doit m'avoir informé en amont de ses propriétés et... à justement ils sont regroupés à ce point. Je vais en profiter pour qu'il lui en touche deux mots au détour de la conversation.

- Cet acolyte doit leur donner du fil à retordre à ce point dans 4 chapitres, mais cela va faire mini-boss sorti du chapeau... et si je le faisais apparaître discrètement dès maintenant en side-kick ? Je n'ai qu'à le décrire sans le nommer. Et au prochain chapitre je dévoile la menace de toto sans le décrire. Ainsi dans quatre chapitres je fais le lien entre nom et apparence et tadaaa, un adversaire dont la présence est justifiée !

- J'voudrais donner un côté épique et jouer sur la difficulté de cette rencontre finale... Alors je prends bien le temps d'expliquer tout au long de l'histoire que ce monstre crains la lumière, puis les héros prendrons bien soin d'attendre le matin avant de l'engager. Pas de chance il les attaquera à l'aurore. J'en profite pour mettre un coup de stress : arriveront-ils à tenir jusqu'au jour ? Et là, coup de théâtre : il se sont plantés puisqu'il se pavane au soleil, tout le plan tombe à l'eau les mettant dans une situation compliquée. Maintenant, trouvons comment ils vont gérer ce casse-tête... la fuite, le coup du sort ou bien ils le surpassent ? Ce dernier point décrédibiliserait tout leur plan et précautions initiales... Un allié imprévu ! Mais oui ! Cependant, il faut que je donne au moins une piste en amont et que je justifie que son intervention providentielle puisse faire pencher la balance...




    4. Les particularités de vos personnages



Nous avons discuté de ce qu'étaient et ce que deviendront vos personnages. Maintenant, intéressons nous à ce qu'ils sont. Un nom, une liste de stats et un stuff ? Voila qui serait bien décevant.

Un personnage est comme vous et moi. Il a des forces mais aussi des faiblesses. Il peut être à la fois très fort et très courageux, mais ne pas savoir nager, tenir un arc et pleurer comme une madeleine seul dans le noir.

Si les points forts d'un individu sont souvent ce qui les caractérisent, ses faiblesses sont ce que l'on retient d'eux en souriant. Aller petit test : quelle est la seule chose capable de vaincre Superman ? De quoi a peur Indiana Jones ? Comment tuer un vampire ?

Trouver des qualités et points forts est généralement facile à imaginer aussi je ne m'y attarderait  pas. Mais supposez un instant que bob ai une peur bleue des araignées. Il vient de terrasser une bête monstrueuse sans trembler, s’assoie pour souffler, puis bondit en glapissant en voyant ce qui vient de lui grimper sur la chaussure. Effet garanti, votre personnage ne sera pas oublié de sitôt par le lecteur.

Tout ceci pour le côté psychologique. Mais cela peut aussi être physique : votre personnage sans peur et sans remord n'a qu'un œil, porte la trace d'une brûlure sur tout le visage, n'a que trois doigts à une main, est bossu... voire tout simplement stupide, incapable d'aligner deux et deux.


*

A présent que l'Inné est fait, voyons pour l'Acquis. Votre personnage voit-il le monde comme un paladin de justice, traitant tout et tout le monde sur un pied d'égalité avec lui-même ? Soyons honnête. Un nain faisant preuve d'une touche de racisme envers un elfe et d'arrogance vis à vis de tout travaux d'orfèvres non-nain rajoute du piquant à n'importe quelle aventure.

Sans tomber dans la dérive, les préjugés et aspects négatifs d'une personnalité peuvent régaler le lecteur tout en offrant des perches inédites à leur créateur.

Et le meilleur apparaît si ces défauts trouvent une origine logique dans le passé de votre personnage ! De telles tares n'en sont que meilleures si elles sont justifiées !

Aller, dressons pour le plaisir un personnage rapide. Bob est un nain. Il est habile au combat et a la langue acérée. Il adore manger des pommes et raconter ses aventures. Cependant, il ne sait pas tenir un arc et cuisine terriblement mal. De plus il a tendance à enjoliver ses récits, fait preuve de cupidité puisqu'il ne sait pas résister à la lueur de l'or et perds toute son assurance face à la gent féminine. Si sa hache porte de nombreuses encoches dues à ses ennemis vaincus, il ne peut plus poursuivre d'efforts prolongé, un mauvais coup au thorax lui ayant irrémédiablement abîmé la cage thoracique : il peine à retrouver son souffle. Enfin, il méprise les halflings : il a grandit a côté d'une ferme de petite gens et les voyait toujours là à se la couler douce pendant que lui avait la vie dure avec son père. A ces yeux, ce n'est qu'un tas de fainéants.


*


Vos personnages sont à présent jetés dans votre vaste monde et l'aventure qui les attends. Mais... ont-ils seulement envie de la vivre ?

Et si votre terrible guerrier en réalité ne souhaitait pas tout simplement couler ses journées allongé au bords de l'eau à surveiller sa canne à pêche ? Ou ouvrir une boulangerie/pâtisserie dans son village natal ? Retrouver son amour de jeunesse et rattraper le temps perdu ? Tout le monde ne souhaite pas partir à la guerre, vivre une aventure ou protéger son prochain, même si nous y sommes parfois forcés.

Quoi qu'il en soit, avoir une raison qui nous pousse à l'aventure et/ou une raison qui nous motive à la conclure sont des facteurs puissants qui imprègnent un personnage. Ils font tout à fait parti de son identité et contribue à le définir.



*


Définir tout ces points pour un personnage donné est bien mignon. Encore faut-il ensuite s'y tenir. Être cohérent dans son développement. Votre guerrier qui a peur du feu ne devrait pas se presser dans deux chapitres d'aller affronter un Balrog. Cette continuité permet d'améliorer l'attachement et l'identification du lecteur vis à vis de ce personnage.

Cependant, des changements peuvent s'opérer. Votre individu n'est pas nécessairement une création monolithique. Votre illettré peut, au fil des paragraphes, exprimer son souhait d'apprendre les lettres, puis petit à petit montrer qu'il apprends à écrire. Notre nain bob être suivi par un gosse halfling pour lequel il finit par développer de l'affection, avant de finalement se révéler moins méprisant vis à vis de ses parents. Ce genre d'évolution de personnage peut d'ailleurs être très intéressant à suivre en tant que lecteur. Cela prouve que cet individu n'est pas figé dans son rôle. Qu'il est "vivant". Il suffit juste de trouver comment justifier ces changement et appliquer avec doigté ces nouveaux états d’esprit. Qu’ils soient brutaux ou progressifs.





5. Les particularités de votre univers


L'univers de Warhammer est à la fois riche et immense. Il y a largement la place de s'y tailler une place. Il ne faut pas hésiter à reprendre les lieux et périodes bien connues pour venir y greffer votre histoire. Ils vous fourniront une quantité ahurissante d'éléments pour alimenter votre imagination. Prenons par exemple cette carte :


-Hey je connais cette carte ! C'est Marienburg ! Mais... elle est en allemand ?
- C'est... exact.


Bon, en vérité j'ai pas été foutu de trouver une version dans la langue de Molière mais ne nous attardons pas. Quelques noms transparents doivent pouvoir vous interpeller sans être fin connaisseur de cette ville : le quartier des elfes, le quartier Nippon, le temple de Mannan... tant de lieux aux tenants si différents condensés au même endroit. Une poudrière pour certains, une mine d'or ou un lieu sans intérêt pour d'autres. Tout dépends de comment on aborde ce lieu. Pourtant, nul ne peut négliger qu'une Venise du Nord présentant une telle mixité sociale recèle un potentiel monstrueux en terme d'intrigue. Je suis moi-même incapable d'estimer le nombre de factions regroupées dans ce lieu. Et pour chacune d'entre elles des dizaines d'intrigues et liens possible, qu'ils soient religieux, politiques, underground ou de simple passage.

*

Comment bâtir un univers vivant et cohérent ? C'est une question si simple et si compliquée. Déjà pour commencer : tout ne tourne pas autour des protagonistes principaux. La planète ne cessera pas de tourner pour autant s'ils décident de faire une sieste.

Imaginez tout simplement comment serait votre univers en l'absence de vos héros. Que ferais ce grand vilain ? Ce dirigeant corrompu continuerait-il à indéfiniment presser son peuple comme un citron ? Ce père de famille va-t-il éternellement attendre qu'une âme charitable se présente à sa porte pour aller porter secours à sa fille enlevée par des brigands ? En tant qu'auteur, vous devez donner l'impression que les choses bougent même en l'absence de vos personnages clés. Ils ne viennent au final que bousculer les tragédies en cours/plans établis/catastrophe à venir. Ne faites pas comme cette triste majorité des jeux vidéos où vous explorez un monde où tout le monde vous attends bras croisés avec un marqueur au-dessus de la tête, où les méchants sont armés et éveillés 24/24 en attente de se faire trucider et où un X marque votre objectif à atteindre.

Donner vie à vos "personnage décors" comme je pourrais les appeler (ou pnj pour les amateurs de jeux vidéo) est un bon début. Mais les lieux sont tout aussi importants. Vos héros se baladent sur une route en direction du château. Mais qu'y a-t-il sur le bord de celle-ci ? Un gibet ? Un champ ? Un bosquet ? Une colline ? Et de l'autre côté ? Une rivière ? Un campement de trappeurs ? Une ferme ? Un couple de renards se prélassant au soleil ?

Et une fois arrivés à ce château, qu'y a-t-il en dehors de la cours principale et la salle du trône ? Une caserne avec réfectoire commun et des chambres individuelles à la spartiate ? Des écuries modestes ? Un cachot désert ? La tour du charlatan qui se fait passer pour un mage ? Les quartiers privés de la noblesse ? Les cuisines ? Le silo de nourriture ?

Ne faites pas de vos récits de simples couloirs dénués de vie. Sans tomber dans le piège de se prendre pour Mr. Bern en entrant dans les lieux (j'entends dresser l'historique que chaque pièces et l'aspect de chaque pierre alors qu'on ne fait que passer le pont-levis) il y a ainsi matière à peupler vos textes. Juste, laissez vos lecteurs découvrir en même temps que vos personnages ce qu'ils explorent. Considérez que vos zozos prennent le lecteur par la main et faites en sorte que leur expérience soit partagée. Que le lecteur voit ce que voit votre personnage. Ressente sa surprise, son étonnement, son émerveillement ou son dégoût vis à vis de ce qu'il découvre.

D'ailleurs, il n'est pas non plus utile d'explorer tout ce que vous avez imaginés sur le lieu. Une simple mention au détour d'une conversation, l'air de rien, suffit à mentionner que le lieu existe. L'imagination du lecteur fera le reste.

- Le nain ? Il doit ronger son frein dans les geôles, pourquoi ? Vous voulez que j'aille vous le chercher ?



*


Vous êtes un mordu de Warhammer, mais un point vous chiffonne ? Vous souhaiteriez ré-écrire l'histoire, redéfinir la vérité pour l'adapter à vos besoin ? Ben... qu'est-ce qui vous en empêche ? Deux vieux accros au fluff officiel qui vous rabâchent que le lore c'est le lore ? Ignorez les et considérez les écrits officiels comme une sorte "de guide", si vous voyez où je veux en venir. Ne soyez pas restreints par ce que d'autres ont écris. De toute façon GW lui-même passe son temps à ré-écrire sa propre histoire selon ses envies...

Donc, si par exemple la Fin des Temps vous chiffonne, n'hésitez pas à tout simplement l'effacer de VOTRE univers et épanouissez vous avec celui-ci ! (je crois que quelqu'un se reconnaîtra ici, mais c'est un parfait exemple de ce que j'encourage ;-)




RIP




Maintenant poussons le vice. Notre histoire implique un personnage principal qui va sauver sa dulcinée. Dans le final il tatanera le grand méchant, sera aidé par son copain en chemin pour contrecarrer les plans de l’acolyte du méchant, négociera des tuyaux avec un individu peu recommandable tout en gardant en mémoire les conseils de son mentor.

Si je compte bien, cela fait 6 personnages en plus du héros. Pourquoi n’auraient-ils pas une origine (ok plus sommaire que celle du héros), un destin final dans l’histoire (ou après) ainsi que des personnalités bien précises qui leurs colle à la peau ? Avec de tels individus, hauts en couleurs, réfléchis en profondeurs et intégrés dans leur univers, vous avouerez que votre scénario commence déjà à peser son poids en cacahuètes !

*

Une parenthèse que je me permets d’ailleurs concernant les anti-héros que j’ai précédemment conseillé de ne pas autant développer que le personnage principal. Je vais vous donner quatre noms qui ont deux points communs : Archaon, Anakin Skywalker, Arthas Menethil, Harvey Dent.

Ce sont des méchants emblématiques et leurs noms commencent en « A ». Bon ok le second argument est nul.

Passons et étudions cette citation du dernier cité : « You Either Die A Hero, Or You Live Long Enough To See Yourself Become The Villain” (grosso modo : soit tu meurs en héro, soit tu vis suffisamment longtemps pour devenir le méchant). Elle est issue d’un film qui ne fait pas l’unanimité, mais apporte néanmoins plusieurs concepts très intéressant. Les “grands méchants” ne se considèrent pas vraiment eux-même comme méchants. Également, les plus grands antagonistes ont des origines très soignées qui justifient leurs actions.


quoi ma gueule ?


Prenons le cas d’Archaon : il s’agissait à l’origine d’un prêtre de Sigmar. L’un des plus fervents défenseurs du bien. Mais la découverte d’écris interdits  vint bousculer sa foi. A tords ou a raison, le doute le rongea et le persuada que toute l’œuvre de sa vie n’avait été bâtie que sur un vaste mensonge. Il fit alors le choix de renier son ordre pour faire éclater la vérité, quitte à plonger dans les ténèbres pour ce faire. La suite vous la connaissez. Cette origine, fondée ou non au fil des versions je vous l’accorde, pose les bases de sa grande croisade dans les désolations jusqu’à réclamer le titre d’élu et de revenir en force sur les terres civilisées.


Développez vos personnages secondaires, récurrents et antagonistes. Vos histoires y gagneront en profondeur. Faites-moi confiance. Mais là encore, inutile de balancer tous vos travaux à la figure du lecteur de but en blanc. Au contraire : donnez un bref aperçu permettant de le comprendre, puis distillez ici et là des informations inédites, gardez en haleine votre lecteur, qu’il se demande ce que cache encore cet individu qu’il croyait connaître.


Dernière édition par vg11k le Mer 27 Sep 2017 - 16:59, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Trucs et astuces d'écriture   Mer 27 Sep 2017 - 15:32

Trucs, astuces et conseils divers






    1. Le syndrome de la feuille blanche, formuler ses idées



Un personnage, un lieu, une situation d'un autre auteur ou réalisateur vous plait énormément ? Vous souhaitez l'intégrer à vos propres travaux ? Qu'est-ce qui vous retiens de le faire ? La peur du plagiat ?

- Pauvre apprenti, si tu savais... Éprouver ce genre d'entraves n'est pas digne d'un immortel ! Nous sommes bien au-dessus de cela !

Tout cela pour dire : si quelque chose vous plaît, utilisez le. Ne posez pas vous-même des bâtons dans vos roues pour ce genre de choses. Et si réellement vous éprouvez un quelconque remords, demandez l'autorisation à l'auteur initial. Qui, peut-être, vous avouera lui-même s'être inspiré de quelqu'un d'autre...

D'ailleurs, je vais illustrer mon propos avec cette petite image du mini-tuto de création de campagne de jdr des G&S

notez qu'eux-même avouent l'avoir gentiment volé au blog de Nendroid !



*



Vous avez des idées, le scenario du prochain blockbuster en tête... et pourtant l'avez sur le bout des doigts. Votre feuille reste blanche.

Pas de panique. Cela arrive à tout le monde. Je vous propose un fil rouge à suivre :

1 - noter le sujet de l'histoire. C'est un roadtrip ? Une quête pour sauver la princesse ? La conquête du monde ? Essuyer toutes les crasses qui tombent sur un gus qui n'a rien demandé ?
2 - de qui s'agit-il ? bob le barbare, avec son pagne et ses trois haches dont une entre les dents
3 - il est seul ?  il a toto le barde peureux et gandoulf le vieux magicien enrhumé avec lui
4 - qui sont le/les méchants ? beber le chaoteux et son copain mioum le troll
5 - comment bob a-t-il rencontré ses copains et les méchants ? coucher les rencontres sur papier et ce qui uni tout ce petit monde sera-t-il pertinent ?

Rien que là, vous avons le fameux squelette de récit en plusieurs chapitres qui ne demande qu'à être étoffé, celui-là même dont parle James Haek dans son article . Syndrome de la feuille blanche malgré tout un tas d'idées ? La première chose à faire est une profonde réflexion sur ce que l'on souhaite réellement faire. Dresser un plan simple.


Partant de là, le mieux est de définir une chronologie des évènements. Savoir ce qui est prévu pour dans 8 chapitres, à la louche, nous ne sommes pas à une vache près, est un atout de taille pour distiller discrètement les amorces qui viendront justifier les-dites scènes formidables de ce chapitre x+8.

A noter que cela peut aussi être un fardeau : écrire des aventures en se réfrénant, sachant que le feu d'artifice est pour dans 8 chapitres, cela peut être lassant. Mais comme le disais si bien tonton Sam :

ce combat est un marathon, pas un sprint.



(la citation est dans Supernatural s8e14)



Il faut prendre le temps de bien faire les choses. Être patient, endurant et persévérant. Planifier son texte, puis avancer un pas à la fois en s'efforçant de suivre le squelette établit.


- Mais maître, cette histoire de squelette... ils ne sont pas agressifs j'espère ?
- Nom de Ze... mais m'écoutes tu quand je te parles ?





J'ajoute enfin que, si pour un chapitre donné, vous êtes bloqués sur une scène en particulier que vous ne savez pas par quel bout prendre... passez à la suite. Rédigez les scènes suivantes qui vous inspirent le plus. Il est fort probable qu'après les avoir rédigées (ou même pendant !) une clé pour débloquer cette fichue scène vous vienne à l'esprit.

D'ailleurs, un secret d'auteur qui n'en est pas un : généralement, les grands écrivains n'écrivent pas leurs romans d'une traite. Ils rédigent leur intro. Puis un squelette grossier. Leur conclusion. Les différentes scènes clés qu'ils ont bien en tête et veulent avoir comme chevaux de bataille. Puis il écrivent... en commençant par la fin. Chapitre par chapitre. Ils remontent le fil. Du coup, ils savent en permanence ce qu'il faut mentionner pour que ce qui a déjà été écris soit cohérent.

A notre échelle, c'est un chouia marteau-piqueur pour taper des fourmis. Mais dans des récits consistants (au pif : les miens) c'est une bonne technique pour arriver à la conclusion du chapitre en cours sans rien oublier.




*



Si malgré cela vous ne parvenez pas à débloquer votre imagination... peut-être est-ce le moment de poser la plume. Et d'observer.

Cela met en lumière que, si la bonne intention est là, la matière elle manque.

Commencer par lire des romans du même genre - de la fantaisie avec un penchant grimdark dans notre cas - et regarder des films me paraît la base. Connaître son genre et ses ficelles est le minimum à réaliser. Sinon, comme à l'école, c'est le hors-sujet. Et là personne ne pourra vous aider.

- C'est quoi Grimdark ?
- Prends cet article Darkula et mange le. lien wikipedia. Quoi, c'est en anglais ? Damned... Je suis trop bon avec toi...




traduction alarach du wiki:
 




Se documenter sur l'univers que l'on emprunte pour mieux le connaître, trouver des pistes exploitables est un bon point. Et les références pointues seront toujours appréciées par les connaisseurs. Pour cela, google est votre ami. Généralement dans la langue de Shakespeare, mais parler anglais est le prix à payer pour accéder au graal. Mais comme je suis bon prince, je vous link ce qui selon moi est la référence des sites de fluffs traduits en français :


Également, arpenter les travaux des autres membres peut être une excellente source d'inspiration. Quelqu'un peut avoir eu une idée intéressante. Et comme vu plus haut, pourquoi ne pas intégrer celle-ci dans votre texte ? Et en requêtant sa permission d'utiliser son artifice, vous êtes sûr d'avoir un lecteur attentif.

Ma dernière astuce, si vous avez déjà des écrits, n'a rien d'original. Nombreux sont les autres membres à l’avoir évoqué avant que je rédige ces lignes dans le topic de commentaire : relisez vous. Outre vous allez repérer des passages de vos textes qui peuvent être améliorés comme vous gagnez en maturité dans votre expression, cela vous remettra sur les rails. Vous reviendrez dans le contexte d'écriture de ces précédents récits et les idées du moment, concernant la suite de votre histoire, vous reviendront progressivement.







    2. Les nouveaux arrivants sur le forum



Concernant les p'tits nouveaux parmi nous, deux cas de figures pourraient être évoqués, avec chacun des conseils bien différents.





pitite illustration à agrandir:
 




Le premier cas de figure concerne nos visiteurs qui viennent lire les récits des membres actifs de notre communauté. Mais qui n'osent pas s'inscrire ou poster pour partager leurs œuvres.

En effet, je peux comprendre qu'entre les 11.000 vues de Thomov, les esquisses de Gromdal, le débit intarissable d'Essen ou les divers vainqueurs de concours qui traînent dans la section, un humble débutant puisse se sentir impressionné. Je n'ai là qu'un unique conseil : prenez votre courage à deux mains et inscrivez-vous si ce n'est pas déjà fait. Puis venez partager vos textes. Nous serons plus que ravis d'avoir une plume de plus parmi nous. Et si vous venez en quête de conseils en tout genre, nous allons probablement nous bousculer pour vous aider.

Nagash m'en est témoin, nous n'avons encore jamais mangé un membre, aussi timide soit-il.



*



- Peuh, j'ai posté y'a deux semaines déjà. Et je n'ai que 15 vues et aucun commentaires...

Il peut en effet arriver qu'un topic tout frais ne trouve pas de commentateur dans l'immédiat. Période creuse ou texte passé entre les mailles durant un tournoi. Se sont des choses qui peuvent arriver.
Toutefois, il ne faut pas désespérer pour autant. D'autant plus si vous avez peu de messages à votre actif, que votre récit est court ou que votre compte est tout récent (  Camouflé Ninja vous-êtes vous seulement présentés dans le topic adéquat ?  Camouflé Ninja  ).

Au contraire. Il faut poursuivre. Persévérer. Montrer aux lecteurs potentiels de ce forum  - ou de tout autre lieu où vous publiez ! -  que vous n'avez pas l'intention de laisser derrière vous une histoire inachevée après seulement une centaine de lignes. C'est en montrant son investissement et le cœur à la tâche que le récit correspondant se fera remarquer. Alors il montera de lui-même en vues et commentaires.



Sinon, une excellente façon "d'attirer le lecteur" serait... d'aller lire les autres œuvres. Je sais, c'est con dit comme cela, mais c'est vrai.


Je ne parle pas d'aller manger les 14 pages des errances de Thomov ou les 16 du prix de la liberté d'Arken. Se sont des œuvres tellement consistantes qu'aujourd'hui mieux vaut les garder pour une nuit froide au coin du feu.

Non, je parle des récits actifs du moment. De les découvrir et surtout, les commenter.  Les commenter d'un message constructif. Pas bêtement "Wha trop fort viens lire mon histoire" mais vraiment quelque chose de constructif, un avis sur tel ou tel point de l'histoire. Ou alors un simple encouragement pour réclamer la suite.

Surtout si vous avez apprécié, n'hésitez pas à encourager l'auteur avec un traditionnel " Cool  La suite !  Cool  ".
Le moteur d'un artiste, c'est son public. C'est vrai ici aussi.



Après, autant être franc si l'on a pas eu le temps/courage de lire en intégralité une suite trop longue ou un texte que l'on accroche pas. Cela peut arriver et personne n'en fera le reproche.
Citation :
"Je prends en vol à ce chapitre et... je lirais les précédents lorsque le temps me le permettra..."
"J'aime pas trop ce chapitre, la tournure à cette section... j'suis pas fan de ce personnage parce que..."



Tout cela pour justifier qu'en commentant de façon honnête et constructive les autres textes, leurs auteurs respectifs comme les lecteurs qui liront ces mêmes commentaires viendront jeter un œil à votre texte. C'est une façon positive d'attirer l'attention sur soit. De montrer que l'on existe, que l'on souhaite participer et être lut nous aussi.

Puis de vos vues et commentaires, vous pourrez vous-mêmes trouver la motivation de continuer et vous améliorer. C'est un cercle vertueux qui ne demande qu'à être exploité.



*



Ajout rapide aux membres à présent bien ancrés dans la section. Pour ceux qui s'y reconnaîtront je vous confie ces deux objets : un pistolet à eau pour m'arroser si vous n'êtes pas content de mon reproche, et un fouet pour vous auto-flageller afin d'expier vos... non aie, j'ai dit vous auto-flageller VOUS pas MOI !

J'ai dit plus haut qu'on ne mangeait pas les membres. Or au premier texte d'un nouveau membre que j'ai vu poster suite à la rédaction de ce tuto, l'auteur c'est mangé un pavé dans les dents concernant un détail LORE-istique. Je peux comprendre que depuis il n'ai plus donné signe de vie...

C'est clairement un discours commercial que je vais avoir là : si nous voulons attirer de nouveaux auteurs dans cette section, il faut les charmer. Les caresser dans le sens du poil. Il y a un gouffre dans son scénar ? Il vient de matraquer le bg officiel ? Il y a des fautes d'accord et de frappe dans son texte ?

Et bien je vais vous dire : ce n'est pas à cela qu'il faut s'arrêter. Être gentil ici n'est pas forcément être totalement honnête. Ben oui, la séduction c'est parfois très moche... mais c'est comme ça. De mon avis, tant qu'il n'y a pas 10 fautes pour 3 lignes de texte, avant de lâcher une première salve, mieux vaut attendre de voir où l'auteur souhaite nous emmener. Quitte à ce qu'il soit dans le mur vis à vis du bg "officiel".

D'ailleurs j'ai un secret pour vous : on a tous fait des boulettes à un moment ou un autre dans nos textes. Inutile de le nier. Donc accordons à nos nouveaux le droit d'en faire. Croyez moi, lorsqu'en acquérant de l'expérience et des connaissances vis à vis de ce qu'ils écrivent, d'eux-même ils verront leurs coquilles. Et progresserons.

Accordons leur le droit de faire des erreurs.





    3. Les outils de rédaction



Plus tôt dans ce post j'ai évoqué divers outils informatique pouvant faciliter le travail d'écriture. Que se soit le logiciel de traitement de texte (word, openOffice, libreOffice...) ou des outils en ligne (www.synonymes.com).



Toutefois, un problème auquel j'ai été confronté il y a quelques années a été lorsque j'écrivais sur papier avant de retaper mes texte. Plus ils prenaient de la consistance, plus cela devenait long et fastidieux. Certes, c'est une étape qui permet une relecture complète et permet également de revoir chaque tournure de phrase. Mais j'ai vite trouvé cela abrutissant. J'ai donc investi dans une tablette pour pouvoir écrire en voiture, chez des amis, dans le train, en cachette en cours...

Pour tablettes et téléphones Android, je recommande chaudement la petite appli Jota. Elle permet tout simplement d'éditer des fichiers textes. Pas forcément en .txt , en fait vous choisissez l'extension qui vous plait. Mais cela reste du texte.

J'ai du coup gagné un temps considérable dans mon processus en éliminant le transfert papier vers électronique. Mais venait à présent un nouveau souci. Celui des versions. Comment toujours avoir une version synchronisée entre mes différents ordis (perso et boulot), mon tel et ma tablette ? Épineuse question pour toujours pouvoir travailler en étant "à jour" et ne pas avoir à réfléchir à ce qui se trouve ou ne se trouve pas ailleurs. Ne pas non plus avoir a refaire plusieurs fois le même travail.

La solution que j'ai trouvé n'est probablement pas idéale, mais elle a le mérite de fonctionner. Désormais, lorsque j'écris des sections de texte (pas non plus des blocs de 30pages...) je le fait dans un brouillon de mail. Quelque soit le support suivant que j'utiliserais, la technologie moderne me permettra d’accéder à mes mails et de reprendre mon travail où je l'avais laissé. De retrouver toutes mes notes. Et pour ma part, l'éditeur de gmail fait même office de correcteur orthographique Mr. Green

Lorsque tout a été rédigé, il ne reste plus qu'à mettre en page dans mon logiciel de traitement de texte préféré, vérifier les fautes et partager sur mon forum préféré.

Après, pour ceux d'entre vous parfaitement à l'aise à l'oral mais qui bloquent devant un clavier ou une feuille de papier, pourquoi ne pas simplement parler ? La synthèse vocale de microsoft a fait énormément de progrès et avec un peut de pratique l'on doit pouvoir effectivement gagner un temps fou. Sous Mac je n'en parle même pas, avec leurs outils d'accessibilités aux mal-voyants, leur synthèse est aux petits oignons. Après, si vous avez des sous à investir, Dragon Natural Speaking est la référence de ce domaine, logiciel payant cependant.


*


A j'y pense tant que je l'ai évoqué. L'orthographe. Ce mot barbare qui fait le fleuron de la langue française. Comment les détecter et les éviter ? La réponse est simple : le travail, le travail et le travail. Tenir compte des remarques des lecteurs tatillons et les appliquer est déjà un gros pas en avant. Puis soi-même ne pas hésiter à relire de vieux écrits de temps en temps. C'est fou comme nos propres erreurs sont évidentes lorsqu'il s'agit d'un texte "a froid". Mais comment s'en passer ?

J'ai plusieurs outils à vous proposer à la relecture. Et uniquement à la relecture. Les utiliser lorsque nous sommes en phase "d'inspiration" serait couper cet élan. Je vous en dit plus là-dessus dans la prochaine section.

Commençons par le plus évident d'entre eux et pourtant tellement sous-estimé : notre cher google. Un doute sur l'orthographe d'un mot exact ? Sur l'accord d'un adjectif dans votre phrase ? Tapez votre mot précédé des 2-3 mots antérieurs. Rien que dans les suggestions de recherche, il y a de grande chance que vous trouviez votre bonheur.

Concernant la conjugaison, une seule adresse : http://la-conjugaison.nouvelobs.com/
Je ne fais pas ici de la pub pour un canard, mais il s'agit de loin de l'outil le plus complet que je connaisse (d'ailleurs je passe habituellement par google et je découvre en rédigeant ces lignes qu'il y a même un dico et la fonction synonymes d'intégrés !)

Et concernant les accords des participes et j'en passe des meilleures, le plus simple est là encore de demander à notre ami google. Cependant, je suis bon prince : lien. Diantre, encore ce site ! Inutile cependant de vous forcer à tout apprendre par cœur et vous en dégoutter. Consultez juste la règle correspondante en cas de doute.

Également, lorsque vous mettez au propre, ne vous contentez pas d'un unique correcteur orthographique. Tous n'ont pas été conçus de la même façon et ne détecterons pas les mêmes coquilles. Sans remettre en page intégralement, copiez votre texte dans Word, OppenOffice, le brouillon Gmail, sur le forum (et oui les navigateurs ont aussi leur propre correcteur !). Vous serez étonnés des différences mises en lumières par chacun  Rolleyes

Bon, après nous n'allons pas nous mentir, l'orthographe est un domaine pointilleux. Et moi-même qui vous mentionne tout ces outils ai des textes postés sur ce forum, eux-mêmes bourrés de fautes. Toutefois, je m'efforce de les corriger lorsque je relis mes vieux écris et découvre une vilaine fôte qui m'avait échappé jusque là.







Pour les deux points qui suivent, c'est cette fois sur les travaux de Felicia Day et sa méthode "Comment écrire plus vite" que je vais me baser. Cette méthode a été traduite par Kayalias dans le topic de la méthode d'écriture de Feurnard.  



    4. Profiter de l'inspiration


Nous avons tous des moments où malgré tout nos efforts... rien ne vient. Cela peut arriver. Et à l'inverse, il peut arriver qu'une idée lumineuse vous vienne soudain. Ironiquement, c'est souvent dans des lieux pas vraiment dédiés à la réflexion que nous viennent nos meilleures idées. Aux toilettes, sous la douche, au lit alors qu'on se lève tôt demain... Pourquoi en ces lieux c'est un autre sujet. L'essentiel est que, lorsque cela se produit, il ne faut surtout pas perdre votre élan. Creusez tout de suite le filon que vous venez de découvrir ! Un calepin et un crayon près du lit, par exemple, peuvent devenir vos meilleurs amis. Bon sous la douche cela sera peut-être compliqué, je le reconnais...

Toujours est-il, notez votre idée. Développez la grossièrement, pourquoi est-elle géniale, qu'est-ce qui vous permettrait de vous la remémorer rapidement. Faites au plus rapide ! De simples mots-clés ! Il y a une répétition dans ce que vous rédigez "à l'arrach' " ? Cette description est un peu lourde ? Pas grave, la relecture sera là pour corriger ces détails. L'important, c'est de coucher par écrit toute vos bonnes idées tant qu'elles sont là ! Lorsque l'inspiration est présente, il faut l'exploiter au maximum. Le texte obtenu sera un brouillon de luxe pour la mise au propre.

Dans le cas d'un dialogue ou d'une réplique qui tue, je reconnais cependant qu'être méticuleux est nécessaire. Mais je le répète, allez au plus court ! L'objectif est de conserver une trace de votre brusque inspiration. Pas de rédiger votre roman sur le trône ou au milieu de la nuit...



D'ailleurs, cela peut avoir un double effet positif : une fois notée, votre idée est conservée. Elle existe concrètement. Vous pouvez donc cesser de vous la ressasser par peur de l'oublier dans la nuit et dormir sur vos deux oreilles.

Petite anecdote:
 





    5. Un environnement et des conditions propices à l'écriture


Nous avons tous un environnement idéal où la fameuse inspiration que j'ai développé plus haut nous viens plus facilement. Où nous sommes plus à l'aise pour rédiger. Pour certains il s'agit d'une calme bibliothèque. Au bords d'une rivière. Un parc où jouent des enfants. Un amphi où se déroule un cours. Ou pour les plus chanceux, dans votre bureau.

La première étape est donc de se connaître sois-même afin d'identifier ce ou ces lieux propices à l'écriture. Puis ensuite ne pas hésiter à les exploiter en s'y rendant pour rédiger vos textes au fil de vos idées.

Avec la pratique, certaines personnes arrivent même à retrouver les émotions, climats et sensations qu'ils éprouvent dans ces endroits. Simplement en se remémorant les moments passés ou en se focalisant sur ces lieux.



*



Un phénomène rigolo de l'être humain que l'on peut exploiter pour écrire est le conditionnement. Ou du moins quelque chose s'en rapprochant.

En quoi cela peut vous être utile en temps qu'auteur ? Pour résumer, disons qu'il s'agit de petites habitudes ou rituels qui à force d'être effectués, vous aident à entrer directement dans le bain. A composer votre cocon de confort spirituel, à tout de suite être concentré et productifs.

Par exemple se préparer une tasse de thé, couper les nuisances que sont skype/facebook/smartphone et lancez une playlist que vous connaissez bien et qui vous inspire. Puis commencez à écrire. Au fil des jours, à répéter systématiquement ceci lorsque vous commencez à écrire, juste reproduire ces rituels vous aidera à avoir les idées claires avant même de prendre votre plume.

Personnellement, j'aime avoir une tablette de chocolat et de l'eau à portée de main, plus des musiques d'ambiances tristes / mélancoliques et personne pour m'interrompre. A chacun ses préférences tant qu'on y trouve son compte =)

L'idéal est d'arriver à recroiser ces rituels avec un environnement ou une situation que l'on sait propice à notre inspiration, comme je l'ai évoqué plus tôt. Ce n'est pas toujours facile cependant, je le reconnais volontiers.





    6. Se faire relire, des avis et points de vues différents


Il est parfois difficile d'avoir un avis critique sur ses propres travaux ou d'identifier ses erreurs, qu'elles soient orthographiques ou historiques. C'est pourquoi l'avis d'un tier est en général une bonne chose. Avoir quelques "lecteurs de confiance" dans sa manche est un atout indéniable en tant qu'auteur. Et tout les grands écrivains en ont ou en ont eu. Qu'il s'agisse de proches, de confidents, collègues partageant la même passion ou de la maison d'édition elle-même. Il n'y a aucune honte à reconnaître qu'un coup de pouce serait le bienvenu. Personne n'est parfait ou omniscient de tous les détails d'un univers. Mais à plusieurs, la marge d'erreur s'amenuise.

Identifiez les lecteurs intéressés par vos textes et vous prodiguant des avis constructifs et chérissez les, tissez une relation avec eux qui dépasse le simple échange de posts sur un forum. Discutez par mp/réseaux sociaux, intéressez vous à ces derniers. Devenez amis en résumé. C'est  mon avis la solution la plus constructive pour avoir à sa disposition un relecteur à la fois sincère et disponible. Sans toutefois oublier qu'un ascenseur, cela se renvoi. Comme tout bon camarade que vous espérez qu'il soit, acceptez de lui rendre service lors qu'il requiert votre aide. Au moins en acceptant d'étudier ses propres écris s'il vous le demande. C'est un échange de bon procédés évident mais qu'il peut être nécessaire de rappeler.

Toutefois, il est de bon sens de savoir accepter les corrections, avis et conseils reçu. Sans quoi, pourquoi les réclamer ? Pour se gonfler d'égo avant la publication ? Il est probable qu'à l'avenir vos relecteurs manqueront bizarrement de temps à chaque fois que vous les solliciterez... Acceptez leurs conseils vis à vis de telle tournure ou telle conséquence, leur indication d'une erreur vis à vis de l'histoire "officielle" si l'univers n'est pas votre. Et tâchez également d'appliquer les règles qu'ils prennent le temps de vous expliquer. Corriger ses fautes d'orthographes ou syntaxe est une bonne chose. Faire l'effort de ne plus les reproduire par la suite en est une meilleure. De plus pour un relecteur, constater que les conseils prodigués sont appliqués - ne serais ce que partiellement -, est une signe que ses propres efforts ne sont pas vains. Un encouragement à poursuivre cette collaboration.

En période de concours d'écriture comme il y en a chaque année sur ce forum, avoir quelques relecteurs vaut de l'or. Et pour preuve. L'année où j'ai décroché mon titre actuel, pas moins de quatre amis avaient acceptés de me prodiguer leurs conseils avant que je ne soumette mon récit.



    7. Le publiquement correct


Je me permet un point concernant ce que l'on peut rédiger et publier. Nous pouvons parler et écrire de n'importe quoi. Mais pas avec n'importe qui. Cela peut et doit s'appliquer à tout les sujets sensibles de notre société. En l’occurrence, ce forum est ouvert à tous, quelque soit notre âge, notre culture, nos croyances ou notre sexe.

Clairement, l'univers de Warhammer est "sale". Il ne s'agit pas d'un monde pour les enfants. Mais ses fans ont de 7 à 77 ans, il suffit d'aller en magasin GW et de voir les bouilles d'ange de la clientèle un mercredi aprem'. Du coup, si l'on peut sous-entendre des scènes érotiques - quelqu'en soit la teneur - ou des scènes d'une violence inouïe (combats à mort, torture, souffrance physique ou spirituelle à la limite du supportable), les décrire ou illustrer reste à éviter. La sensibilité des plus jeunes comme des adultes les moins sensibles est à préserver. Et n'allons pas nous imaginer que rajouter des tag "contenu mature" ou que sais-je dissuadera quiconque de s'y intéresser. L'effet serait même inverse, comme pour les marqueurs hypocrites -16 et -18 de la télévision publique.

Concernant la culture, la religion ou le politiquement correct, il reste là aussi nécessaire de rester respectueux. Même si cet univers différent du vieux monde nous permet bien des largesses (après tout nous avons des croisades pour conquérir de nouveaux territoires, des scissions ethniques et asservissements de peuples entiers... et le jour où vous verrez une guerre "propre" vous m’appellerez), refléter trop fidèlement notre monde est à éviter. Une tribu esclave gobeline passe toujours mieux qu'un peuple quelconque qui lui existe réellement dans notre monde.

Nous sommes sur un support communautaire et ouvert à tous. Nous nous devons donc de rester courtois et respectueux les uns envers les autres, mais aussi envers n'importe quel visiteur qui viendrait à jeter un coup d’œil à nos créations.



    8. Se protéger


Un dernier point que je souhaiterais maintenant aborder concerne la propriété intellectuelle des œuvres réalisées. Internet étant ce qu'il est, il est monnaie courante de découvrir des plagiats ou larcins de créations. Sans remettre en question ce que j'ai évoqué dans un point précédent concernant l'acquisition de travaux d’autrui, je veux ici parler de protection d’œuvre. Même un humble dessin ou une modeste fanfiction peut avoir plus de valeurs entre les mains de quelqu'un d'autre.

Imaginez. Demain, un auteur moyennement connu publie une histoire reprenant mots pour mots un de vos textes généreusement partagés sur la toile. Et accumule des gains grâce aux fruits de votre labeur.

Ou un artiste qui publie votre beau dessin en y apposant sa propre signature. Votre personnage qu'un bloggeur ré-utilise çà et là en prétendant en être le créateur.

Vous pouvez vous désintéresser des droits de ce que vous publiez et accepter ce fait, mais ce n'est pas mon cas.

Pour cela, je vous recommande de soigneusement conserver tout vos fichiers et documents originaux. Dans le cas de figure précédent, ils seront des preuves de poids pour attester de votre propriété sur vos œuvres. Peut-être est-ce moi qui suis paranoïaque me direz vous. Mais en ce bas monde où tout est plus facile et plus tentant sur un internet toujours plus accessible, nous ne sommes jamais trop prudents.




RIP





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Hjalmar Oksilden
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MessageSujet: Re: Trucs et astuces d'écriture   Mer 4 Oct 2017 - 17:10

Trucs et astuces du barbare du coin    





      Le post précédent étant d’une qualité stupéfiante et d’une exhaustivité qui force le respect, je me retrouve avec la lourde tâche de trouver quoi dire après, car oui je vais tenter d’amener quelques conseils dans le schmilblick. Après tout, les auteurs étant tous différents (et heureusement d’ailleurs), il vaut toujours mieux avoir différents avis sur la question, diverses formes et points de vue. Cependant, je vais essayer de ne pas trop reprendre à ma sauce ce qui a déjà été dit précédemment. Ce serait une perte de temps, le tout a déjà été très bien dit et si, certes, lire plusieurs fois la même chose permet de le faire rentrer dans le crâne, c’est aussi assez rébarbatif. De toute manière, ce qui rentre le plus efficacement dans un crâne, c’est bonne vieille hache aiguisée, nah.
 
      Ainsi, je vais essayer autant que possible d’apporter des nuances et ma propre expérience avec cette chose étrange qu’est l’écriture. 
 
      Est-ce que cela vous servira ? Honnêtement, je n’en ai strictement aucune foutre idée. Mais c’est à vous, cher lecteur, d’en tirer la substantifique moelle pour fabriquer quelque chose avec. Parce qu’en fin de compte, c’est à vous, futurs écrivains qui parcourez ces lignes tels de jeunes gerbilles fébriles, de faire le travail principal. C’est à dire d’écrire (ou créez quoi que ce soit d’autre, c’est vous qui voyez). Tout ce que l’on vous donne ici n’est qu’une série de conseils qu’il serait fort avisé de suivre, mais rien ne vous empêche de faire votre sauce derrière (bon sauf pour l’orthographe et la grammaire, faut pas trop déconner avec ça).  
 
      Il n’y a pas de recettes de cuisine toutes faites pour la création artistique, seulement des pistes, de l’imagination et de l’investissement. Et bien sûr le tout est variable, si vous vous contentez de deux pages au coin du feu ou d’un poème d’une strophe, c’est tout aussi bien que le forcené qui écrit ses romans de mille pages. Tant que vous prenez du plaisir à le faire, c’est tout ce qui compte, parce qu’à moins que vous ne souhaitiez vous y lancer professionnellement, cela reste un hobby.
 
      En somme, un haïku bien tourné vaut autant qu’une saga. Certes, l’un demande bien plus de travail et de temps que l’autre, et alors ? Ils restent des créations artistiques qui méritent d’être critiquées (de façon constructive, toujours) et appréciées à leur juste valeur. A vous de trouver vers quoi vous voulez vous lancer sur le moment et profitez de l’instant.
 
 



1) Vocabulaire
 

      Je ne vais pas vraiment revenir sur la forme d'un texte si ce n’est que pour appuyer encore une fois sur l’importance vitale de l’orthographe, de la grammaire et du vocabulaire. Sans vocabulaire, vos textes risquent de se répéter alors qu’avec, le tout se fluidifie grandement. Pour cela, pas de mystères, lisez. Non, pas le dictionnaire, vous en aurez marre bien assez vite, lui vous le réservez pour comprendre en détail un mot. Lisez des bouquins, des poèmes, des articles de journaux, blablabla… Tout ce qui a des mots un peu variés dedans. Déjà parce que cela vous aidera à repérer des façons d’écrire différentes mais aussi des thèmes, des langages, des vocabulaires différents. Grossièrement, un ingénieur en mécanique des structures aura un discours plutôt différent d’un littéraire pour décrire la même chose. Ou même, un auteur norvégien décrira différemment quelque chose en comparaison avec un auteur japonais.
      Plus vous aurez de variantes dans votre arsenal, plus vous aurez de tournures à dégainer pour accompagner votre phrase et lui donner le sens voulu. Donc sortez un peu de vos zones de conforts et essayer d’être curieux. Rien qu’avec la fantasy, vous avez déjà tellement de variantes que cela en donne le tournis, donc cherchez.
 
      Oh aussi, évitez les insultes et autres « gros mots ». C’est une solution de facilité que pas mal de jeunes écrivains (moi compris) ont tendance à utiliser mais qui dessert terriblement l’écriture. Déjà parce que « Va chier » rend moins bien que « Mordiable » dans un contexte médiéval par exemple. Mais aussi parce qu’une insulte devrait être quelque chose de fort, d’inattendu, pas une ponctuation dans vos phrases. A trop l’utiliser, la chose perd son potentiel d’impact et devient banal, voire creux. Vos personnages pourraient paraître constamment agressifs, antipathiques et décalés par rapport à leur réalité. De même, on est bien plus menaçant en utilisant aucunes insultes qu’en vociférant des insanités sur la génitrice de votre ennemi. Tout dépend bien sûr de ce que vous voulez transmettre comme émotion ou information sur la personne. Un idiot fini va proférer bien plus qu’un noble la plupart du temps. Mais voir un noble déballer son vocabulaire fleuri peut apporter un décalage surprenant.
      Tout est dans la retenue et la distillation de détails pour frapper au bon moment.
 
 
 


2) Variez les plaisirs
    
      Pour revenir sur l’idée que vous devriez lire plus de choses, j’ai une autre facette à apporter. Je suis quelqu’un d’immensément inspiré par Terry Pratchett et je pense que cela se ressent dans mon style d’écriture. Et cette inspiration, je m’en suis servi pour écrire mon premier petit bouquin « La quête improbable », c’était fun, idiot et pas philosophique pour un sou. Bien. Mais au final je continue de considérer cette œuvre comme une pâle copie du travail de Pratchett, certes modifiée à ma sauce, mais niveau originalité on avait vu mieux.
 
      Ce que je veux dire par là, et que Pratchett lui-même disait (https://www.brainyquote.com/quotes/quotes/t/terrypratc600480.html) est que si vous voulez écrire de la Fantasy par exemple, et bien arrêtez de lire de la fantasy. Du moins pendant un temps, car vous en avez déjà trop lu. Après tout, si vous voulez écrire de la fantasy, c’est que vous avez déjà les bases du genre.
 
      L’idée peut sembler étrange sur le coup, mais accordez-moi ces quelques lignes pour m’expliquer. Quand vous voulez écrire sur de la fantasy ou du western et que vous ne lisez que des nouvelles/romans sur le même sujet… Eh bien, vous allez inconsciemment reprendre des détails, des scénarios et autres trucs pour les incorporer dans votre œuvre. Certes, vous aller les modifier un peu, mais cela reste intrinsèquement la même chose.
 
      Donc plutôt que de répéter ce qui se fait déjà, lisez d’autre trucs. Cela peut aller d’un autre style comme la science-fiction, le western, le drame, le thriller à d’autres médias en un sens (films, séries orales, peintures, dessins, …). Tout est bon pour varier votre point de vue. Cela ne veut pas dire que vous devez écrire votre œuvre de fantasy comme un drame, non. Cela veut dire que vous pourriez utiliser des éléments du drame ou d’un tableau dans votre fantasy pour l’enrichir et apportez des choses que l’on n’y voit pas souvent. Cela restera de la bonne vieille fantasy des familles, mais avec des touches un peu rafraichissantes qui aideront votre œuvre à se départager.
 

**********
 

      Dans la même veine, et ce quel que soit votre style ou sujet, je ne peux que vous conseiller ardemment de regarder autour de vous, de lire les nouvelles du monde.  
 
      Oui, les chaînes d’informations font en sorte que ce soit toujours triste et dépressif, mais bon se tenir au courant de comment le monde évolue ou même simplement de comment l’humanité vit, eh bien cela aide à écrire. Parce que si vous voulez créer divers personnages humains/autres aux origines et opinions diverses avec uniquement votre point de vue, votre expérience et vos impressions… Eh bien, ça risque vite de tourner en rond.
 
      Pareillement, renseignez-vous sur l’histoire. Cela peut paraître barbant pour certains, mais quand vous commencez à apprendre des anecdotes par-ci, par-là, à savoir comment on vivait vraiment à l’époque supposée de l’univers dans lequel vous écrivez, ça change tout. Arriver à faire croire au lecteur qu’il suit un vrai paysan du XVe siècle alors que vous enchainez des paroles dans un vocabulaire contemporain ou trop soutenu, ça rend tout de suite moins bien. Et c’est là encore que le vocabulaire sert, si vous avez des mots de vieux français à rajouter dans ce cas-là, ça rajoute du cachet. Mais si vous savez en plus qu’est-ce qu’il portait, dans quoi il vivait, quel était son quotidien, ses connaissances moyennes, etc… Eh bien vous savez dans quoi le faire évoluer et comment. Et quand ça a l’air réaliste, et bien on commence à y croire.
 
     Oh et puis ce serait bien de sortir du cliché que tout le monde a une épée dans une époque médiévale alors que l’arme en question coute littéralement le prix d’une maison à l’époque et est bien plus difficile à manier qu’une bête lance. Changez vos habitudes. Il y a de toute façon tellement de trucs qui existent que ça devient comique de voir les listes d’armes blanches ou contondantes.
 
     Cela compte bien entendu avec les livres d’ « histoires » dudit univers. Warhammer possède énormément de livres de jeu de rôles ou livres d’armées et rien qu’avec eux vous avez des mines d’or en termes de pistes de début de récits, de détails pour faire vivre le décor de votre aventure.
 

**********
 

      J’ajoute cela ici par pure expérience personnelle, mais si vous avez à écrire des combats (ce qui arrive plutôt souvent dans la fantasy et surtout dans Warhammer), faites-les intelligemment.
 
     Vous avez la chance de ne pas avoir à les montrer comme au cinéma (parce que franchement ça vire tout le temps au n’importe quoi), donc décrivez-les avec soin. N’allez pas expliquer chaque botte, c’est irritant à lire et seul des habitués d’escrime vont réussir à suivre un enchainement de fente, taille, coups furieux (terme officiel de l’épée à deux mains allemande du XIIIe siècle pour ce que j’en sais), estoc, crochet… En mettre un ou deux pour des actions importantes, c’est bien, mais pour le reste intéressez-vous à ce que vos personnages vivent dans l’instant, comment ils s’en sortent après avoir abattu un garde... Utilisez des techniques qui sortent de l’ordinaire, comme un crochet du droit, un jet de sable, etc.
 
     Et surtout n’oubliez pas quelque chose : si vous faites quelque chose qui se veut un brin réaliste, un combat ça va vite. Très vite. Bien plus vite que vous ne pouvez imaginer.  Si on a deux haut-elfes qui se tapent dessus ou des héros sur-reconnus, bon d’accord vous pouvez faire durer un moment. Et puis, j’avoue moi-même que le duel au sommet ça rend plutôt bien, certes. Mais la durée moyenne d’un combat médiéval entre deux bonhommes sans armure sur un champ de bataille, ça frise les cinq secondes.
 
     A l’occasion, allez participer à un cours d’Art Martial Historique Européen (AMHE). Déjà parce que porter une épée, une vraie bien équilibrée, ou une hache ou un bouclier, eh bien ça vous fait comprendre comment ça s’utilise réellement. Et puis vous apprenez à quel point un duel ou une bataille peut se terminer en l’espace d’un instant sans que vous n’ayez rien compris. Un débutant peut vous tuer un vétéran juste parce que ce dernier n’avait pas vu venir un coup improbable. Un corps à corps général est salaud, rapide, épuisant, incompréhensible et se fait majoritairement à l’instinct quand on a peu d’expérience. Un vétéran a juste de meilleurs réflexes pour s’adapter à la situation, rien de plus. Donc allez-y mollo sur les combats qui durent des heures non-stop. A moins qu’ils soient inhumains et encore, c’est souvent irréalisable. Et un entrainement intensif de trente ans dans les montagnes ne vous rend pas invincible pour autant.
 
     Tout dépend bien sûr de la nature de vos personnages et de votre univers, mais comme mentionné par mon confrère, éviter le grosbillisme et soyez un petit peu plus réaliste dans vos approches. Cela ne veut pas dire que vous devez être impeccablement réaliste et proche de vérité vraie IRL de comment ça se passe quand la jugulaire est tranchée par une flèche. Non, c’est de la fantasy, on peut se permettre… Eh bien, des fantaisies. Mais le tout est de ne pas en faire trop dans le mauvais contexte.
 
 
 
 

3) Vos personnages, c’est comme l’œil, on ne fait pas n’importe quoi avec :
 

      Et c’est en apprenant des choses sur l’humanité, la façon dont les gens interagissent et « interagissaient » même, que l’on peut commencer à créer des personnages cohérents et attachants. Ils doivent avoir peur, ils doivent avoir des doutes, ils doivent être faillibles qu’ils soient mortels ou immortels. Qui est intéressé par les aventures de Mr.Parfait, le parangon impeccable à qui tout réussi ? Ou celles de Darkydark68 le chasseur/tueur/assassin de la nuit de la lune trotroforre invincible ?
 
     Trouvez-leur des failles, rendez-les égocentriques, salauds, idiots, etc… Leur développement n’en sera que plus fun et agréable. Bien entendu, il ne s’agit pas de créer des cinglés sans foi ni loi, mais même un homme bon possède ses problèmes. Et un Mr. Parfait l’est peut-être parfois un peu trop…
 
     D’ailleurs, si vous étudiez un peu l’histoire et le monde autour de vous, faire des personnages idiots et incompétents devrait être extrêmement facile.
 



4) Le mot de la fin
 

      On peut écrire n’importe quoi, mais pas n’importe comment. Quand une œuvre réussit, c’est qu’elle est cohérente dans ses propres règles et son propre univers.
 
      Donc soyez conscient des règles des univers dans lequel vous évoluez. Ces règles ne sont pas fixes (même Warhammer et ses 30 ans de fluff est hyper variable) mais restez cohérent et soyez conscient des limites réalistes et fantaisistes. Cela vous évitera beaucoup de problèmes.

NB: Si vous voulez utiliser de la musique en fond pendant que vous écrivez, évitez les musiques avec des paroles. Cela risque de vous déconcentrez. Préférez plutôt les sons d'ambiance qui durent plusieurs heures. Sinon, vous pouvez aussi écoutez ce que vous voulez avant d'écrire (le bon gros métal pour être bien remonté avant un combat, etc...) mais coupez-le avant de vous mettre à la tâche. Écrire, c'est un peu comme un travail. Il faut être concentré, savoir ce qu'on fait et s'appliquer à la tâche. Dans mon cas, c'est probablement mon expérience scientifique qui parle, mais si vous vous organisez un brin et que vous vous mettez dans les bonnes conditions, ça se passera bien mieux.
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Trucs et astuces d'écriture   Lun 9 Oct 2017 - 10:33

- BANKAÏ !!!
Une mini-tornade d'énergie occulte enveloppa le chroniqueur pendant un bref instant. Quand elle se dissipa, Von Essen tenant contre lui une plume démesurée, aussi grande qu'une planche de surf, d'un noir aussi profond que le coeur du Grand Nécromancien.
- Et tu vas faire quoi avec ça ? - demanda le chat qui se tenait auprès de lui.
- Ecrire, - répondit le vampire avec un air de héros de shonen.





Les conseils du chroniqueur


Conseil n°1

- Ecrire ne suffit pas -
Le chroniqueur sursauta en hurlant car le chat venait d'enfoncer ses crocs dans son pied.

- QUOI ??
- Mais tu veux décourager les nouveaux écrivains, ou raconter comment on peut faire pour bien écrire ?!
- Bon ! Bon ! Mais lâche mon pied ! Lâche !

Le petit animal lâcha sa proie, puis s'assit à sa place, comme si de rien n'était.

- Reprenons donc comme il faut : pour bien écrire, il faut sortir. Au final, je reprends ce qui a été dit avant moi : variez les plaisirs.
Cela dit, je ne parle pas seulement du fait de lire et d'écrire dans différents domaines, et pas seulement de l'apport d'une recherche variée et approfondie. Non.
Je parle bien de sortir.

Vous êtes sur ce forum. Cela veut dire que par chance, vous avez accès à Internet, et à ses multiples loisirs. Internet est vaste, ses loisirs sont nombreux et variés, tout comme par ailleurs les jeux sur PC. Or, si vous êtes de nature à passer le plus clair de votre temps devant votre bébé (ou de lire/écrire, sinon vous ne seriez pas là), soyez prévenus : tôt ou tard, vous vous sentirez probablement limité dans ce que vous pouvez raconter.

Faites du deltaplane. Faites de l'équitation. Voyagez.
Pour ne pas citer que des loisirs onéreux, sortez vous promener près de chez vous, loin de chez vous. Faites du bénévolat.
Ces exemples sont là pour dire que pour écrire, tout est bon à prendre, absolument tout. Vivez des expériences palpitantes, mordez la vie à pleines dents, souffrez quelquefois, car parfois on n'y peut rien. Tout ceci s'imprimera naturellement dans vos récits, toutes ces choses que l'on réunit souvent, trop souvent, sous le terme insuffisant et pompeux de "richesse". Enfin, en termes courts, plus votre vie sera riche, plus vos écrits le seront également.

***


Conseil n°2


- C'est obligé, les nombres ?
Von Essen lança au chat un regard d'incompréhension, puis répondit :
- J'aime les nombres.
Le chat ne répliqua pas, se contentant de se rouler en boule et de feindre le sommeil.

- Conseil numéro deux : rappelez-vous qu'écrire, c'est avant tout écrire pour soi.

Si d'aventure, vous écrivez un texte, mais qu'après, vous n'avez guère envie de le publier, c'est normal.

Il est vrai qu'un texte sans lecteur, c'est comme une lettre morte. Cela dit !

Cela dit, le destinataire du texte, ça peut être vous-même. Parce que tout d'un coup, vous avez eu cette envie de rédiger vos pensées, de faire le clair dans votre tête, d'évacuer le stress du quotidien. Vous avez juste eu envie d'écrire ce texte.

Et personne d'autre n'a à le connaître, c'est votre liberté de le publier ou pas.


***

Après, une fois que vous avez repris du poil de la bête, et que votre intrigue est de nouveau toute tracée, prenez la plume avec une joie renouvelée, écrivez, et régalez vos lecteurs avec le meilleur de vous-même Wink

_________________
L'eau, ça mouille. Et ça fait des vagues puis ça devient plat. Et on voit dedans comme dans une vitre. Et ça fait froid quand ça mouille.

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Trucs et astuces d'écriture
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