Armées Comtes Vampires et mort-vivants

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 Une histoire pas comme les autres

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Hjalmar Oksilden
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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Lun 18 Sep 2017 - 17:54

Finalement, je ne sais pas trop quoi penser de la chance de cette damoiselle. D'un côté, chacun de ses voyages finit mal (et avec elle dans l'inconscience) et de l'autre elle trouve toujours le moyen d'y survivre.

Cette suite promet d'être intéressante, quel que soit l'endroit où tu l'as fait échouer.

Je remarquerais juste une erreur de localisation. Au début, elle longe les côtes Estaliennes et non Tiléenes. Tu as même dit que les gens parlaient estalien...
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Sam 23 Sep 2017 - 13:14

Von Essen a écrit l'autre jour :
 
Héhé, pas si loin de compte au final Fou

Le bon point sur le fond, c'est que nous avons au bout de la lecture un panorama assez fourni des dangers divers et variés qui peuvent survenir dans les mers du Vieux Monde. Pire : ces dangers peuvent survenir n'importe quand, même quand on croit être enfin arrivé à bon port.

En revanche, je plussoie Hjalmar sur un léger souci d'intrigue : le rythme de succession du péril et du salut semble tellement régulier, qu'il en devient presque prévisible. Pour te donner une image : imagine des montagnes russes dont le circuit serait parfaitement sinusoïdal, montée, descente, montée, descente. Or, c'est bien la longue montée, puis la descente vertigineuse, suivie de virages serrés, qui rendent l'attraction si convoitée.
Cela dit, il me semble que tu as précisé que le rythme va changer vers les derniers chapitres. Intéressant, je suis curieux de voir ce que cela veut dire Shifty

La suite Happy

_________________
L'eau, ça mouille. Et ça fait des vagues puis ça devient plat. Et on voit dedans comme dans une vitre. Et ça fait froid quand ça mouille.

Spoiler:
 
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Gilgalad
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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Sam 23 Sep 2017 - 13:32

@Von Essen a écrit:

En revanche, je plussoie Hjalmar sur un léger souci d'intrigue : le rythme de succession du péril et du salut semble tellement régulier, qu'il en devient presque prévisible. Pour te donner une image : imagine des montagnes russes dont le circuit serait parfaitement sinusoïdal, montée, descente, montée, descente. Or, c'est bien la longue montée, puis la descente vertigineuse, suivie de virages serrés, qui rendent l'attraction si convoitée.
J'en prends note. J'ai presque fini le tome 2 (qui sera beaucoup plus court, environ 10 chapitres de 2500 à 3000 mots de moyenne) mais du coup, je vais en tenir compte pour le tome 3.


@Von Essen a écrit:
Cela dit, il me semble que tu as précisé que le rythme va changer vers les derniers chapitres. Intéressant, je suis curieux de voir ce que cela veut dire Shifty
Il va légèrement ralentir puisque le reste de l'intrigue se déroulant là où elle vient d'arriver va passer sur quatre chapitres. Vous aurez le prochain chapitre lundi, comme prévu. En plus, j'ai bien avancé dans la rédaction de la deuxième partie de l'histoire, donc c'est assez pratique Sourire
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vg11k
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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Mer 27 Sep 2017 - 11:44

L'histoire avance, elle voit du pays la petite fiuu ! Peu de personnes peuvent se targuer d'avoir autant voyagé à son age dans cet univers.

Un truc me chiffonne cependant. Tu devrais étoffer tes dialogues. Certes tu utilises quelques verbes en début d'échange qui décrivent comment tes personnes s'expriment.
Toutefois... Quel est le ton ? Quels sont les tics, grimaces et mimiques de la personne qui parle ? Quelles sont les émotions que tu souhaites transmettre ? Amertume, rancoeur, crainte, envie, hésitation, émerveillement, amusement...

En fait il n'y a que les parole qui nous permettent de deviner ce genre de choses. Ce qui je trouve rends "plat" et monocorde tes dialogues, ce qui est assez dommage. Car on devine pourtant l'effroi que ressent Abdul en découvrant le pavillon druchii. Ou l'amusement que doit exprimer cet elfe miséricordieux. Rien que la séquence "ne te fais pas capturer vivante" c'est un message particulièrement sinistre, tellement sombre. Tu ne peux pas vraiment le lancer à la désinvolte. J'imagine bien plus Abdul d'exprimer de façon résignée ou à mi-voix, le visage soudainement creusé, assombrit à l'exagération comme on le voit dans les bds ou livide s'il peine à cacher sa peur.

Et en écrivant cela je réalise que dans l'ensemble, la transmission des émotions et souffrances en général est très abstraite : "A tiens j'ai une entaille au ventre ? Boarf pas si grave..." "Flute je me suis cassé la jambe" "A j'ai soif" "tiens on a encore deux pnj qui passent par-dessus bord". Bon certe je caricature ici mais c'est pour que tu comprennes bien ce que je veux dire.
La surprise, la peur, la douleur ou la panique qui rendent incapable de réfléchir, la gorge plus sèche que le papier qui fait de chaque journées un supplice alors que de l'eau s'étend pourtant jusqu'à l'horizon dans toutes les direction... n'hésite pas à les décrire. Si tu es précis sur ce point nous pourrons voir exactement ce que tu imagines qu'il se déroule. Tu rajouteras toute une dimension à ton récit ^^


aller, maintenant montre nous ce que tu as concocté dans cette région méconnue du monde. Je suis curieux d'en découvrir ta vision !
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Gilgalad
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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Lun 2 Oct 2017 - 18:29

J'ai noté tes remarques vg11k Smile  J'ai oublié de poster la semaine dernière et j'en suis fort désolé.

J'en profite pour faire un point. J'ai commencé (péniblement) mon récit de la Fin des Temps. j'en suis encore à faire des brouillons avant d'avoir quelques lignes par ci par là, ne serait-ce que sur l'Empire. Sinon, j'ai fini le tome 2 de l'histoire d'Astrid, intitulé Un Vampire Pas Comme Les Autres. Il est complètement terminé et sera posté en temps et en heure. Là, je fais une fic perso sur Harry Potter pour me dérider un peu l'esprit et penser à autre chose que des histoires dans le monde de Warhammer en permanence. Cependant, j'ai déjà commencé à réfléchir au tome 3 de l'histoire de ma vampiresse préférée (du point de vue de l'écrivain, je préfère de loin Astrid à Aryana) et ait déjà quelques idées bien précises.
Cette fois, je ne ferai pas comme les précédentes où je crée mes personnages secondaires en cours de route. Ils seront, pour la plupart, déjà prévus et j'essaierai de les définir au maximum (de ce qui est intéressant) avant de commencer la rédaction du bidule. Sans compter la documentation sur les différentes régions, etc... Cependant, je peux déjà vous prévenir que l'histoire se passera à l'époque de Magnus Le Pieux, peu après la fondation des Collèges de Magie.

Bref, trêve de bavardages, voici le chapitre 14 où notre héroïne rencontre un nouveau peuple (oui, encore un).



Chapitre 14 : Plongée dans l’inconnu


Astrid finit par se réveiller bien plus tard. Son corps ne lui faisait guère mal, en dehors de sa jambe droite. Celle-ci était extrêmement douloureuse. Elle ouvrit rapidement les yeux et regarda autour d’elle. Elle remarqua rapidement qu’elle était habillée avec une grande tunique blanche. Elle était dans une chambre en pierre et sur un grand lit. Ce dernier était couvert de draps blancs. Elle vit deux chaises et un tabouret près de ce dernier. Il y avait également un bureau à droite du lit, près d’une fenêtre par laquelle les rayons du soleil s’infiltraient dans la pièce. A gauche, il y avait une grande armoire, une bibliothèque et deux malles. Tout était très simple et fonctionnel, sans aucune fioriture. Avec courage, elle leva les draps et constata les dégâts. Une attelle obligeait sa jambe à rester droite. Elle avait dû être cassée durant le naufrage. Elle n’avait jamais osé la regarder mais désormais, cela expliquait sa douleur quasi-constante à cet endroit.
Elle remarqua alors une petite table de chevet, sur laquelle étaient posés un pichet et un gobelet. Elle s’y servit abondamment jusqu’à plus soif. Elle ne savait combien de temps elle avait dormi, mais elle était déshydratée. Elle repéra alors deux béquilles non loin. Elle repoussa les draps et se redressa avant de s’en saisir. Puis, elle parvint à se mettre assise au bord du lit et enfin à se lever en poussant sur les deux morceaux de bois. La jeune femme sentit que cela ne faisait guère de temps qu’elle s’était échouée. En effet, ses bras et ses jambes étaient toujours aussi forts. Elle n’avait pas du dormir plus de quelques jours, tout au plus. Elle finit donc par atteindre la porte et l’ouvrit.

Le couloir était similaire à la chambre. Seules quelques torches, naturellement éteintes, servaient de décoration. Soudain, elle entendit des beuglements et une série de cris non loin. Elle comprit rapidement en les reconnaissant. Il s’agissait d’une attaque de bêtes du Chaos. Les bruits de combats parvinrent à ses oreilles. Elle rentra précipitamment dans sa chambre et fouilla maladroitement les affaires. Elle avait du mal à se déplacer mais tomba rapidement sur son épée offerte par des nains et sa cuirasse. Elle enfila cette dernière et prit sa lame avant de se préparer au combat. Elle regarda sa tenue. Sa robe de chambre descendait jusqu’à ses chevilles. Elle était pieds nus, rien ne pouvant recouvrir son attelle. Sa cuirasse protégeait bien sa poitrine et son dos. Elle sourit en remarquant qu’elle était plutôt ridicule ainsi.
Les combats se rapprochèrent au fil des minutes. Astrid avait l’impression que les locaux perdaient la bataille. Elle ferma alors la porte à clef. Puis, en boitant, elle poussa un coffre devant pour la bloquer. Elle chercha désespérément son arc. Mais ce dernier n’était pas dans la pièce. Soudain, une hache s’enfonça dans le bois, le transperçant et apparu dans la chambre. La bretonnienne comprit bien vite qu’elle allait rapidement devoir se battre. Elle abandonna aussitôt l’idée de chercher son arc et dégaina son épée.

Après une minute qui lui parut une éternité, la porte vola en éclat. Un être étrange ressemblant au croisement d’un tigre et d’un homme apparut devant elle. Il tenait une hache d’une qualité semblant discutable. Mais elle venait de défoncer la porte. La créature se jeta sur la guerrière. Cette dernière fit un pas de côté et porta un large coup d’avant en arrière, blessant la créature au flanc. L’assaillant se retourna vivement, non sans avoir percuté le lit. Astrid était déjà en garde, prête à attaquer. Le monstre porta le premier coup. En voulant parer, la jeune femme trébucha à cause de sa jambe, surprenant son ennemi. Elle s’ouvrit ainsi un espace dans la garde de ce dernier. Elle saisit l’occasion et frappa sans hésiter à la gorge, la tranchant net. Puis, elle s’effondra sur le côté, esquivant la créature chutant sur le sol. Cependant, involontairement, ou dans un sursaut de vie, il parvint à planter sa hache dans l’armure de la jeune femme, l’abîmant sévèrement.
La bretonnienne murmura une prière à la Dame et se releva difficilement après avoir enlevé péniblement l’arme de son plastron. A peine quelques secondes après s’être mise debout, elle dut se retenir au bureau. Elle n’avait pas mangé correctement depuis fort longtemps et elle se fatiguait très vite. Elle espérait donc que les combats seraient vite terminés, dans un sens ou dans l’autre, bien qu’ayant la préférence pour une victoire des gens qui l’hébergeaient. Cependant, elle entendit des beuglements et des hurlements ressemblants à ceux du monstre qui l’avait attaqué. Elle resserra sa prise sur sa lame forgée par des nains. Même s’ils n’avaient rien dit, elle le savait. Une qualité pareille ne pouvait être obtenue par des Hommes, au moins de ce côté-ci du monde.

Alors que les cris se rapprochèrent, elle invoqua la Dame, raffermissant son cœur et son esprit. Peu importe ce qui arrivait, elle le transpercerait avec son épée. Elle vit soudainement apparaître au bout du couloir une créature avec un corps de lion mais marchant sur ses pattes arrière. Elle brandissait une arme similaire à celle de l’homme-tigre abattu juste avant. Ce nouvel ennemi était beaucoup plus massif et faisait presque trois pieds de large. Il arrivait pratiquement à la chambre quand il s’arrêta net. Une lame dépassait de son ventre, venant de son dos. Astrid écarquilla les yeux d’incompréhension. Lorsque la lame fut retirée, le monstre tomba au ralenti sur le sol, dévoilant un guerrier. Ce dernier avait rougi son armure du sang de ses ennemis, la guerrière savait bien faire la différence entre une couleur apposée à l’origine et le sang d’un ennemi sur une armure. Il était une pâleur effrayante mais ce qui l’interpella le plus fut la vision très brève de deux yeux rouges. Au point qu’elle crut avoir rêvé. L’homme était assez grand, même si plus petit que la bête. Il maniait une lame finement ouvragée et qui ne semblait pas avoir été forgée par des Hommes, ou alors par des maîtres parmi ces derniers. Son armure était semblable à nulle autre dans ses souvenirs.
De nombreux guerriers arrivèrent peu après, vêtus d’une même armure rouge. Ils étaient très différents de l’autre homme. En effet, ils étaient plus petits, le teint cuivré et des yeux en forme d’amande. Ils portaient des lames qui étaient très proches de celle du premier combattant humain apparu devant elle.

Mais le combat était terminé et l’adrénaline reflua. La douleur revint, particulièrement à la jambe et au torse. Bien qu’elle n’était pas blessée à ce dernier, la force du coup porté à son armure en résulterait une belle bosse et un gros bleu. Et cela était très douloureux. La jambe lui faisait à nouveau très mal. Elle ne s’était pas rendue compte qu’elle ne ressentait plus la douleur dans le feu de l’action. Là, elle ne la ressentait que plus vivement. Astrid pâlit d’un seul coup et s’effondra sur le sol, poussant un gémissement. A la recherche d’air, elle enleva son heaume et tenta maladroitement d’enlever son armure. Voyant sa situation, deux hommes se précipitèrent pour l’aider. Après avoir enlevé sa cuirasse, ils la soulevèrent avec précautions et l’allongèrent sur le lit. Pendant ce temps, les autres parlaient à toute vitesse dans une langue dont elle ne comprenait un traître mot. Le premier guerrier, qui semblait être le chef, la regardait fixement, semblant vouloir fouiller son âme de fond en comble. D’autres soldats évacuèrent les corps et rapportèrent un brancard. La jeune femme fut alors installé dessus et sortie de la chambre. Pendant ce temps, des hommes avaient aidé la bretonnienne à se réhydrater et avaient refait son attelle.
Quand elle fut transportée dehors, Astrid put remarquer que l’endroit dans lequel elle avait logé pendant quelques temps était un village de pêcheurs. Elle voyait parfaitement le port et les petits navires qui ne ressemblaient en rien à ceux du Vieux Monde ou de l’Arabie. Tous les gens avaient le même teint de peau que les guerriers venus la chercher. Cependant, elle remarqua que beaucoup portaient de simples armures de cuir et des piques, rien d’autre. Elle fut amenée jusqu’à une tente où il y avait de nombreux blessés. Là, quelqu’un ressemblant à un chirurgien l’examina attentivement avant de dire quelques mots à l’homme qui ne ressemblait pas aux locaux. Puis, il se détourna et alla s’occuper d’autres patients. L’odeur de mort et de souffre emplissait l’air et la jeune femme était loin d’aimer cela. Elle lui rappelait de mauvais souvenirs, comme l’attaque du convoi dans les montagnes. Il partit quelques minutes plus tard, probablement pour s’occuper de ses propres troupes.
Astrid, elle, repensait à cet homme. Sa pâleur était extrême et elle ne l’avait vue que chez une seule autre personne. Le vampire qu’elle avait poursuivi avec un répurgateur et une troupe de mercenaires. Elle réalisa. Cet homme n’était pas un local. Mais un vampire. Ce qui l’inquiéta sérieusement. S’ils avaient pu aller aussi loin à l’est, qui savait où ils pouvaient aussi être ? Mais était-il un vampire du même style que celui affronté ou pas ? Ou était-il différent ? De ce qu’elle avait pu voir, il semblait à peine redouter le soleil. Ses yeux, eux, semblaient être un immense puits de sagesse. Peut-être n’était-il pas avide de sang ? En tout cas, il semblait immensément ancien. Elle se demanda d’où il pouvait provenir puisque ses traits n’étaient pas proches de ceux des habitants de l’endroit où elle était.

Deux journées passèrent sans qu’Astrid ne trouvât quelque chose à faire si ce n’était attendre. Des offices funèbres furent faits et elle vit plusieurs blessés mourir malgré les soins des médecins. Ces derniers semblaient plus performants que ceux qu’elle avait pu voir en Bretonnie. Cependant, malgré son ennui, elle remarqua que les infirmiers prenaient soin d’elle comme de n’importe quel soldat. Ils ne manquaient jamais d’eau ou de nourriture. Cette dernière était constituée surtout de riz accompagné de diverses viandes, volailles, légumes et sauces. Elle profita de l’occasion pour étudier les hommes qui habitaient ce pays. Quand ils n’étaient pas en tenue de combat, ils portaient souvent de grandes robes avec des manches larges. Ils semblaient toujours très courtois les uns envers les autres bien qu’elle ne comprenait un traître mot de ce qu’ils disaient. Beaucoup la regardaient avec méfiance. Elle ne savait guère pourquoi et se dit que de toute manière, elle l’apprendrait un jour ou l’autre.
Finalement, le troisième jour, le vampire, ou du moins celui qu’elle soupçonnait d’être un vampire, revint avec un homme habillé plutôt richement. Le premier conservait son habituelle armure rouge et sa grande lame sur le côté. Son heaume pendant à sa ceinture. Elle remarqua à ce moment que tous les guerriers, médecins et autres lui parlaient avec une grande déférence. Il devait faire partie de la noblesse dans l’endroit où elle était.

Le vampire, ou du moins elle supposait qu’il en était un, s’adressa à l’autre homme qui lui répondit rapidement avant de se tourner vers Astrid et de lui dire poliment en Reikspiel avec un accent plutôt étrange :
« Voici Fu Chi, la Grande Lame Sacrée, Seigneur des Epées Saintes, Grand Général du Sud de Cathay, Vainqueur des Mille Batailles, le Tueur de Bêtes et de Démons, fit-il en montrant le guerrier. Quant à moi, je suis Han Fi, marchand itinérant et traducteur. A qui avons-nous l’honneur ?
-Je suis Astrid de Lyonesse, du Royaume de Bretonnie, répondit la concernée avec circonspection. »
Le marchand et traducteur se tourna vers le dit Fu Chi et lui traduisit ses paroles. Une rapide conversation s’engagea entre les deux, sans pour autant que le roturier ne revinsse vers la jeune femme. Mais il finit par se tourner vers elle et lui demander :
« Que faites-vous dans le Grand Cathay dans une zone interdite aux étrangers ? »
Elle remarqua bien vite les différents soldats présents et se doutait qu’ils étaient là pour elle. Elle allait devoir jouer très finement.
« Notre navire devait arriver il y a quelques jours à Fu Chow. Mais on a pris une violente tempête en chemin. Le navire a sombré mais j’ai réussi à être sur un radeau qui m’a poussée jusqu’ici. Après, je ne me souviens de rien jusqu’à mon réveil. »
Le marchand traduisit les paroles et elle vit le vampire faire un geste. Aussitôt les gardes vinrent saisirent la jeune femme qui commença à se débattre. Il fit alors traduire les paroles suivantes :
« Pour vous être introduite dans les terres interdites aux étrangers, vous êtes condamnée à mort par décapitation sur la place publique. »

Les yeux d’Astrid s’agrandirent quand les gardes s’approchèrent et la saisirent. Elle tenta de se débattre mais ils étaient trop forts. Si elle avait repris des forces, elle restait diminuée physiquement. Elle fut alors traînée dehors, sur une grande place où il y avait de l’activité. La jeune femme se dit alors que cette fois, il n’y aurait nul vampire ou nain pour empêcher son exécution. Tout se terminerait donc ici, sans avoir pu réaliser son rêve de voir un peu du pays. Ainsi, tout était interdit aux étrangers en dehors de quelques zones. Elle le savait mais elle n’avait même pas eu le choix puisqu’elle s’était échouée. Ils ne semblaient pas avoir cru à son histoire et même parmi ceux qui semblaient habiter ici, aucun ne bougea pour l’aider.
Elle fut forcée d’être mise à genoux, lui arrachant un cri de douleur puisqu’ils lui enlevèrent son attelle. Puis, ils lui attachèrent les mains devant elle. Elle entendit vaguement le marchand parler au vampire. Elle ferma les yeux en voyant un homme sortir une grande épée. Il écarta ses cheveux pour dévoiler son cou. Elle ferma les yeux et attendit le contact de la lame contre sa peau. Le guerrier immortel parla et les paroles du marchand parvinrent jusqu’à elle :
« Qui est le vampire que vous avez rencontré ?
-Je ne sais pas, répondit-elle après quelques secondes de surprise. Elle l’entendit traduire, ayant toujours les yeux fermés et il demanda à nouveau :
-Comment était-il ? Physiquement.
-Grand. Les yeux clairs et il était très musclé. Excellent au combat. Les yeux bruns et d longs cheveux blancs. Je… C’était il y a près d’un an alors je ne m’en souviens pas très bien. Il avait une armure complète. C’est assez difficile de déterminer à quoi il ressemble. Les traits de son visage étaient fins. C’est tout. Ah oui, il m’a ramenée dans un convoi nain après avoir achevé un démon que j’ai aidé à combattre. »
A nouveau, il traduisit et parla quelques minutes avec le vampire. A sa voix, elle remarquait qu’il semblait presque nerveux. Le traducteur continua :
« Êtes-vous amie avec des Nains ?
-Amie je ne sais pas. Mais j’en connais certains et je m’entends bien avec eux. Mais je vous en supplie, faites vite. »
La jeune femme n’en pouvait plus d’attendre sa mort et elle n’était plus certaine d’à peu près bien figurer. Il expliqua ses paroles au vampire et ce dernier sembla réfléchir.

Le temps paru interminable pour Astrid jusqu’à ce qu’un soldat arrivât et dit quelques mots au guerrier immortel. Ce dernier lança alors ce qui semblait une série d’ordre et la jeune femme entendit de nombreux soldats passer autour d’elle et aucun coup ne vint. Cela l’exaspérait. Elle ouvrit les yeux et tourna la tête et, apercevant le marchand, s’adressa à lui avec provocation :
« Vous allez me tuer, oui ou non ? »
Ce dernier sembla hésiter et finit par traduire les paroles au commandant des troupes. Ce dernier se tourna vers la jeune femme et la regarda attentivement. Puis, il se détourna sans un mot, la laissant là.
Astrid dut donc rester agenouillée sur le sol, toute seule. A cause de la douleur à la jambe, elle finit par se laisser tomber sur le côté. Des bruits qui indiquaient un combat parvinrent vite à ses oreilles. Elle se mit donc à la recherche d’un moyen de se défendre, au cas où. La bretonnienne parvint ainsi à se traîner avec difficultés sur le sol jusqu’à une épée d’un soldat mort. Elle avait bien fait car peu après, plusieurs bêtes surgirent d’une rue donnant sur la place. Rapidement, l’une d’entre elles se dirigea sur la guerrière. Cette dernière était en partie allongée sur le sol. Le monstre arriva bien vite au-dessus d’elle et se pencha pour la saisir. Avec un grand mouvement ample, Astrid lui coupa sa main. La bête hurla en reculant. Il repartit à l’attaque en levant une hache. Mais la jeune femme l’évita en écartant son buste. Dans le même temps, elle lui enfonça son épée dans son torse, là où devait se situer son cœur. Elle eut raison quand en retirant l’arme, des flots de sang s’écoulèrent de la blessure. La créature s’immobilisa et tomba sur la bretonnienne, lui coupant le souffle sous son poids.

Astrid resta longtemps ainsi jusqu’à ce que des soldats arrivassent. Les bêtes s’étaient détournées d’elle, bloquée entièrement sous le cadavre de leur congénère. Les humains derniers, voyant la jeune femme, dégagèrent avec difficultés le corps et se mirent à entourer la blessée. Elle avait du mal à reprendre une respiration correcte et l’odeur du monstre lui donnait la nausée. Même les Nains étaient plus propres que cela. Quand le corps fut enfin enlevé, elle tourna rapidement la tête sur le côté et régurgita le peu qu’il y avait dans son estomac.
Quelques minutes plus tard, le vampire revint, accompagné d’un des hommes ayant enlevé le monstre. Elle se dit qu’il était probablement allé le chercher. Le guerrier immortel fit chercher le marchand-traducteur et annonça ensuite :
« Votre peine est commuée pour services rendus à l’Empire du Dragon. Vous serez contrainte de rester dans notre temple toute votre vie. »
Puis, il lança une série d’ordres et des soldats saisirent la jeune femme avant de la mettre dans la tente qui servait d’infirmerie. Là, un médecin lui remit une attelle et elle fut ensuite laissée, les hommes s’occupant de leurs soldats.
Deux nouvelles journées passèrent ainsi et la jambe d’Astrid se remettait doucement mais sûrement. Elle pouvait marcher en boitant et avec l’aide de béquilles et pouvait même monter à cheval, mais sans étrier à droite. Cela ne gênait guère la fille de la Bretonnie, qui montait à cheval depuis son plus jeune âge. Ainsi, les troupes se remirent en marche. La jeune femme avait reçu une tenue de rechange pour être un minimum propre. Le marchand-traducteur l’aida à monter à cheval et avait reçu l’ordre de l’accompagner. Ce fut ainsi qu’ils se mirent en route en direction de l’ouest.

Les routes qu’ils traversèrent étaient parfaitement entretenues et toutes pavées. L’armée présente, qu’Astrid avait rejointe, comptait plus de vingt mille hommes. Pourtant, de ce que Han Fi lui avait dit, ce n’était qu’une petite troupe. Fu Chi avait déjà commandé des armées beaucoup plus importantes, comptant des centaines de milliers d’hommes. Elle se demanda comment une telle chose était possible. Elle ignorait si cela était vrai ou était un simple mensonge pour se donner plus d’importance. Même l’Empire ne pouvait rassembler autant de forces sans problèmes. Cela étant, elle n’avait aucune notion de la taille de Cathay. De ce qu’elle savait, elle était plutôt au sud de ce dernier. Or, si sa limite septentrionale était au niveau des limites de l’Ostermark et de l’Ostland, il était réellement immense. L’organisation de l’armée était parfaite. Chacun savait où était sa place et n’en dérivait pas. De son côté, à chaque halte, elle était examinée par un médecin. Le marchand faisait parler la jeune femme pour faire plus ample connaissance avec elle. N’étant jamais allé au delà de la Lustrie, il se montra fort intéressé par l’Empire et la Bretonnie. Aussi, elle lui raconté tout ce qu’elle put sur ces deux pays.
Ils finirent par arriver à une grande cité. Le style des bâtiments ressemblait à celui de l’endroit où elle avait logé depuis son arrivée dans le pays. Cependant, la troupe ne s’y attarda guère. Ils obliquèrent vers le sud. L’essentiel des forces restèrent dans la ville. Il ne demeura avec Fu Chi que des guerriers en armure rouge similaires à ceux qui avaient trouvé Astrid la première fois dans le village ou la ville. Là, ils avancèrent pendant deux jours avant d’arriver à destination.

L’endroit où le voyage se terminait ressemblait à une petite forteresse. Les murs étaient très hauts et on ne voyait guère de toits au delà des remparts. Les bouts de ces toits étaient relevés en de courbes gracieuses. Plusieurs toits étaient empilés au sein d’une même tour. Bien qu’Astrid en vit d’abord l’utilité militaire, cela leur donnait une élégance que peu de constructions dans le Vieux Monde avaient. En effet, même les temples de Sigmar ou d’autres divinités impériales étaient dans un style beaucoup plus brut. Ils pénétrèrent alors l’imposante muraille. Elle remarqua qu’un chemin serpentait le long des murs, probablement pour rejoindre une autre porte ou un village non loin. Elle soupçonna Fi de venir ici pour la première fois car il regardait partout à la fois.
L’intérieur de la forteresse révéla des bâtiments avec des toits similaires à ceux aperçus au-delà de la muraille. Toutes les constructions semblaient en bois mais toutes étaient très décorées. Elle remarqua que les peintures de longs dragons serpentins revenaient très souvent. Elle se rappela alors une conversation avec le marchand-traducteur. Ce dernier lui avait appris que les Cathayens vénéraient les dragons et les considéraient comme les êtres les plus sages de ce monde. En réalité, il y avait deux tours à l’intérieur des remparts, ainsi que quatre bâtiments et des écuries. Un bâtiment servait visiblement d’entrepôt de nourriture. Un autre était utilisé pour la vie des personnes logeant là, un troisième semblait servir de lieu d’entraînement puisque la jeune femme vit de nombreux hommes en arme en sortir. Le dernier, plus petit mais plus décoré, servait peut-être pour l’administration et l’infirmerie. Fu Chi lança une série d’ordres et les hommes s’éparpillèrent à travers les bâtiments. Un soldat s’approcha du compagnon de la bretonnienne et lui dit quelque chose que ce dernier traduisit ensuite :
« Il demande à ce que nous le suivions. Quelqu’un s’occupera de votre cheval. »
La jeune femme haussa les épaules, comprenant qu’elle n’avait guère le choix. Elle descendit péniblement de sa monture et dut quérir l’aide du marchand pour l’aider à marcher. Elle était épuisée par la longue chevauchée et ne rêvait que d’un bon lit.

L’intérieur du petit bâtiment révéla plusieurs chambres et autres pièces dans lesquelles il était interdit d’aller.  Astrid fut amenée dans une pièce relativement simple. Cette dernière avait une fenêtre, un bureau avec deux chaises, un lit, une armoire et une malle. Il n’y avait rien d’autre et rien n’était décoré. Heureusement pour elle, les draps étaient propres et le lit fait. Très vite, elle s’allongea sur le lit, ne prenant pas même le temps d’enlever ses différentes affaires de voyage. Elle était exténuée. Elle s’endormit bien vite.


Dernière édition par Gilgalad le Dim 8 Oct 2017 - 14:46, édité 1 fois
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Dim 8 Oct 2017 - 14:03

Crying Crying Crying

Ma parole, Astrid va de Scylla en Charibde. Je pourrais râler en me demandant quand est-ce qu'elle va finir par craquer, mais bon. Tout porte à croire que ses nombreuses mésaventures l'ont rendue particulièrement stoïque, autant que cela est humainement possible.

Cela dit, ce dernier épisode laisse plus de questions qu'il n'en résoud, à commencer par la grâce miraculeuse qui lui a été accordée. A quel moment est-ce qu'Astrid eut appris le nom d'Antonin ? Comment se fait-il que les cathayens soient au courant qu'elle a rencontré un vampire ?
A tout hasard, se pourrait-il que tu as supprimé certains passages, puis omis de raccomoder l'ensemble ?

Un autre sujet qu'il serait intéressant de développer est le point de vue d'Astrid sur sa fameuse plongée. Dans le texte, il semble qu'elle prend les événements avec un flegme effarant : ni la présence de monstres incroyables, ni la nature potentiellement vampirique du général ne semblent véritablement l'intriguer.
Il n'est pas impossible qu'elle ait développé cette attitude au fil de son expérience ("pose pas de questions, tu vivras plus longtemps !"), mais dans ce cas, il serait nécessaire de le préciser au lecteur (le lecteur est en général très curieux, il regardera sous le moindre caillou juste pour voir ce qu'il y a en dessous lol ). Exemple d'explication : "Astrid contempla la carcasse puante de l'homme-tigre, et se retint de cracher dessus ; décidément, le Vieux Monde regorgeait de monstruosités en tout genre ! Mais à elle, le genre n'importait plus : un bon monstre était un monstre mort..."

Ceci étant dit, je me demande si l'héroïne est vraiment prête à passer toute sa vie dans ce temple. M'est avis qu'elle va chercher à s'en échapper, mais ça, seule la suite nous le dira.
La suite ! Smile

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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Dim 8 Oct 2017 - 14:48

Concernant le problème avec le vampire, vg11k m'a fait la même remarque. C'est modifié Smile
Sinon, c'est de Charybde en Scylla et pas l'inverse Tongue Et il reste trois chapitres à peine. Bon, et puis la flemme, je le mets aujourd'hui.
En tenant compte des remarques de vg11k par MP et celles de Von Essen, j'ai rajouté un petit bout au chapitre qui arrive. J'ai presque envie de dire que l'on sent la fin de l'histoire arriver.



Chapitre 15 : Une nouvelle vie et avant la bataille


Les semaines suivantes, Astrid commença à rééduquer sa jambe sous la direction d’un médecin. Elle faisait régulièrement des exercices pour en retrouver l’usage sans contraintes. Fu Chi l’avait laissée tranquille. En dehors de celui chargé de la soigner, la seule personne la voyant était Han Fi, le marchand-traducteur. Ce dernier occupait une bonne partie des journées de la jeune femme. A sa demande, il commença rapidement à lui apprendre le cathayen. La bretonnienne savait qu’elle serait coincée ici jusqu’à sa mort. S’échapper aussi loin de toute frontière avec un royaume civilisé était impossible. L’apprentissage fut long et pénible pour l’ancienne mercenaire. Cette langue n’avait rien à voir avec les langues du Vieux Monde et cela en compliquait fortement l’apprentissage. Elle apprit également, au fil du temps, l’histoire de cet empire qui était en réalité le plus grand empire humain du monde. Elle était riche en rebondissements et beaucoup plus ancienne que celle de Bretonnie. Au fil du temps, Han Fi et Astrid devinrent même amis, sans qu’il n’y ait rien de plus. En effet, elle restait en réalité prisonnière de ce pays et particulièrement de cet endroit.
La forteresse, où la jeune femme était retenue, était en réalité un temple et une caserne en même temps, apprit-elle plusieurs semaines après son arrivée. Elle contenait une caste particulière de guerriers. Ces derniers étaient élevés dès leur plus jeune âge, offerts par leurs parents au temple, à la guerre et à la meilleure manière de combattre et de tuer. Ainsi, ils formaient l’élite des armées de Cathay.
En repensant à son arrivée à Cathay, la jeune femme s'était demandée comment Fu Chi avait réussi à savoir qu'elle avait rencontré un vampire dans le Vieux Monde. Quand elle s'en ouvrit au marchand, ce dernier lui apprit que le Seigneur avait la capacité d'entendre certaines pensées. C'était un cadeau des dieux selon les habitants locaux. Elle décida alors de commencer à barricader ses pensées quand il serait là. Ou du moins essaierait puisqu'elle ne savait pas vraiment comment faire. Elle devrait donc plutôt les contrôler.

Finalement, près d’un an et demi après son arrivée, Astrid commença à fêter son anniversaire toute seul. Elle avait alors vingt ans. Sa journée commença comme les autres. Désormais, elle pouvait marcher normalement et avait récupéré toute sa force. Elle avait repris son entraînement à l’épée mais devait le faire seule. Han Fi était loin d’être un bon combattant, ce qui n’aidait guère. Soudain, vers dix heures, Fu Chi entra, dans son armure rouge. Il s’inclina devant la jeune femme, qui le fit en retour et déclara :
« Je dois vous parler sur le champ. »
Elle comprenait et parlait désormais le cathayen sans problèmes et sut donc ce qu’il voulait. Elle répondit donc :
« Où donc ?
-Venez marcher avec moi. »
La jeune femme rangea sa lame et rejoignit le vampire. Ce dernier était toujours parfaitement droit et semblait presque coincé dans cette position, pensa-t-elle avec humour. Mais elle serait bien sotte de le lui dire.

A la grande surprise d’Astrid, ils sortirent dans la cour. Des dizaines de guerriers dans des tenues diverses, allant de la simple combinaison tunique-pantalon à l’armure complète de la même couleur que celle du vampire, s’entraînaient très intensément. Tous étaient focalisés sur le combat. Le guerrier immortel reprit alors à destination de la bretonnienne :
« Nous partons dans une semaine pour la guerre. Des forces des ténèbres attaquent à l’ouest. Il est de notre devoir d’aller secourir les populations du Grand Empire de Cathay et de vaincre nos ennemis.
-Pourquoi m’en informer, demanda-t-elle, curieuse ? Les dernières fois, c’était Fi qui m’informait de vos départs. Je ne pense guère que quoi que ce soit ait changé entre temps.
-Il dit que vous êtes une excellente combattante. Toute épée est la bienvenue.
-A vrai dire, je ne le sais guère. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas réellement combattue en pleine possession de mes moyens. La dernière fois a été avant même d’atteindre l’Arabie contre des Elfes.
-Alors nous allons voir ça immédiatement. »
Sur ces paroles, il saisit une épée de taille normale et appela l’un de ses hommes. Ce dernier s’inclina avec respect et écouta les ordres. Puis, il donna l’arme à la jeune femme et lui déclara :
« Vous allez combattre ce guerrier. Je verrai ainsi votre réel niveau. »

Astrid hocha la tête et soupesa l’arme avant de faire quelques mouvements de plus en plus rapides pour s’y habituer. Puis, elle se mit en garde face au guerrier en armure rouge. Ce dernier maniait une grande lame à deux mains. Elle voyait que son esprit était entièrement focalisé sur le duel à venir. De ce qu’elle avait pu voir de l’entraînement, il s’agissait probablement des meilleurs guerriers humains, peut-être en dehors des Chevaliers du Graal, des Paladins et des Maîtres des Ordres de Chevalier impériaux. Encore que cela n’était pas certain selon elle. Après une trentaine de secondes, ils se tournaient toujours autour, semblant attendre un signe pour passer à l’attaque. Mais la bretonnienne était décidée à attendre. Finalement, il attaqua le premier avec une simple frappe de taille. Elle para facilement et recula légèrement. Le jeu d’observation reprit pendant près d’une minute.
Astrid porta la prochaine attaque. Elle frappa vite mais il para tout aussi rapidement et riposta. Mais sa grande lame vint frapper l’épée de la jeune femme. Elle avait rapidement vu le danger et l’entraînement avec les nains lui revenait désormais. En termes de puissance brute, elle était presque aussi forte qu’un homme dans la pleine force de l’âge. Ses muscles s’étaient endurcis depuis quelques mois avec les nombreux exercices de musculation et avec l’entraînement. Les coups commencèrent alors à s’enchaîner. La guerrière ne donna pas la pleine mesure de sa vitesse et accélérait lentement. Elle voulait voir l’étendue des capacités de son adversaire. Ce dernier recherchait souvent ses points faibles et était très proche, à chaque fois, de les atteindre. Mais toujours, elle se dérobait sous sa lame ou son épée paraît les coups.
Finalement, la guerrière accéléra brutalement. Elle s’était souvenue du combat entre le vampire et le démon majeur et savait que les brusques changements de rythme déstabilisaient les adversaires. Elle n’eut pas tord. Suite à une feinte rapide sur la gauche de la jeune femme, le guerrier laissa apparaître une faille dans sa garde. Elle la vit et sur le champ s’y engouffra et se retrouva très proche de lui, la pointe de l’épée pointée contre l’endroit où se trouvait son cœur. Elle dit alors en cathayen :
« J’ai gagné. »
Puis, elle se retira et regarda le vampire.

L’être de la non-vie était admiratif. Il n’avait pas vu de femmes se battre ainsi depuis des temps anciens. Surtout, cette jeune femme avait virtuellement tué l’un de ses meilleurs guerriers. Assurément, elle avait été très bien entraînée. D’après les rapports du marchand, les Nains avaient assuré une partie de son entraînement après deux lourdes blessures successives. Elle aurait déjà affronté un démon majeur, un ogre et des Elfes Noirs, outre les bandits et les peaux-vertes. Peu de Cathayens pouvaient prétendre la même chose, surtout à moins de vingt ans. Elle venait amplement de mériter sa place dans les rangs des troupes. Il se tourna donc vers elle et lui dit :
« A partir de demain, vous pourrez vous entraîner dans la cour.
-Pourrais-je m’entraîner également à cheval, osa-t-elle ? J’y suis bien meilleure normalement avec une lance.
-Si tel est votre désir, fit Fu Chi en haussant les épaules. »
Puis, elle dut retourner dans sa chambre où elle passa ainsi le reste de sa matinée. L’après-midi fut une grande surprise puisqu’un artisan vint prendre un certain nombre de mesures. Elle ne savait pas vraiment pourquoi mais elle pensa qu’il s’agissait d’un couturier, même si elle n’en était pas certaine.
Les jours suivants, elle put prendre part à l’entraînement. Le matin, elle s’entraînait au combat à cheval. Bien vite, elle reprit ses anciennes habitudes de bretonnienne et retrouva son ancien niveau à la lance. L’après-midi, elle s’entraînait à l’épée avec les guerriers, dont le nom pouvait être traduit par Epées Saintes. Ces derniers étaient d’une précision et d’une rapidité qui la stupéfiait. Pour la première fois depuis longtemps, elle s’entraînait en permanence avec des guerriers qui faisaient la même taille qu’elle. Jusque là, ils étaient soit plus grand, en Bretonnie ou chez les Arabiens, soit plus petits, comme les Nains.

Finalement, la veille du départ, Astrid fit pour la première fois depuis longtemps ses affaires pour un voyage. Cela lui avait presque manqué. Etre mercenaire avait peut-être difficile, mais au moins elle vivait des aventures. Cependant, le soir venu, l’attente devint insoutenable lors du repas, pris toute seule. Elle était seule avec ses doutes et ses questions, sans personne pour les subir. Ses derniers combats lui revenaient en mémoire et elle se demanda comment survivre sans armure digne de ce nom. Alors qu’elle écrivait sur du parchemin quelques aventures, pour ne pas les oublier, quelqu’un frappa à sa porte. Elle se releva et alla ouvrir. A sa grande surprise, le vampire était face à elle. Elle inclina la tête et demanda poliment :
« Que désirez-vous donc ?
-J’ai quelque chose à vous donner. Pourriez-vous me laisser entrer ? »
Elle avait bien compris qu’il s’agissait en réalité plutôt d’un ordre que d’une question et s’écarta donc du passage. Il pénétra avec le « couturier » à sa suite. Ce dernier portait un gros paquet. Il le déposa sur le lit sur les instructions du vampire puis l’ouvrit, dévoilant ainsi une grande cotte de maille et une armure complète. L’immortel prit la parole :
« Il n’y a guère de raisons pour lesquelles vous devriez aller au combat sans porter d’armure. Vous pourrez donc prendre celle-ci et la porter tant qu’elle pourra vous servir. Ce parchemin détaille vos mesures. Vous n’aurez qu’à les donner à quelqu’un chargé de vous en faire une neuve s’il y en a besoin. »
Il partit sur ces mots, posant le parchemin sur le bureau, laissant la jeune femme seule qui put alors détailler sa nouvelle armure, dans un style bien différent des armures du Vieux Monde. L’essentiel de la protection était la combinaison d’une solide cotte de maille et d’un cuir rembourré d’excellente facture. Cependant, ses avant-bras, ses épaules et ses jambes étaient protégés par des plaques d’armures, tout comme son buste. Un heaume sans visière s’occupait de sauvegarder sa tête. Toute l’armure était simple, sans fioritures. Elle était également laquée, lui donnant une couleur dorée. Même si cela lui rappelait trop l’armure du premier vampire rencontré, elle apprécia le geste puisqu’il s’agissait de la couleur des armures de certains soldats impériaux, d’après les leçons de Han Fi. Elle s’entraîna à la revêtir et y parvint rapidement. Puis, elle fit quelques mouvements avec son épée. Les mouvements étaient très aisés. Elle avait presque l’impression de ne pas porter d’armure. Puis, elle se dévêtit et se coucha, pensant à des charges héroïques.

Le lendemain, elle prépara sa monture et son paquetage en un temps record. En tant que Bretonnienne, elle avait été entraînée depuis toute petite à faire ce dernier et cela restait profondément ancré en elle. A dix heures, la troupe fut prête et ils se mirent en route pour l’ouest. La jeune femme ne parla que peu les jours suivants, admirant le paysage. Ils traversaient d’immenses champs cultivés par des milliers de paysans. Parfois, ils passaient au milieu de ce qu’ils appelaient des rizières et qui donnaient le riz qu’ils mangeaient avec de tout. Elle n’avait jamais vu de paysages pareils sur une distance aussi importante. En effet, pendant plus de deux semaines, elle ne vit que peu de véritables forêts. Même la Bretonnie en comptait beaucoup plus alors qu’elle comptait aussi de grands champs. Souvent, des troupes de simples soldats les rejoignirent en cours de route. Parfois, des troupes de chevaliers cathayens se joignaient à l’armée ainsi formée. Alors, elle démontrait ses capacités bien supérieures aux leurs.
Les chevaliers de Cathay étaient loin d’avoir la maîtrise et le talent des chevaliers de la Bretonnie. Ils n’étaient certes pas mauvais mais chez eux, la cavalerie semblait plus relever de l’anecdotique. Même les Impériaux avaient de bien meilleures troupes montées.
Finalement, l’armée atteignit des dimensions prodigieuses quand ils arrivèrent dans l’ouest du pays après deux mois de marche. Elle contenait plus de deux centaines de milliers de guerriers, à pied pour l’immense majorité. Il y avait aussi un grand nombre d’armes utilisant de la poudre noire. Cela rappelait à Astrid les récits de Gontran ou de Chevaliers de la Quête sur les fameux canons des Nains. Il y avait également d’immenses statues de pierre et de terre cuite ainsi que des créatures étranges dont elle ne pouvait connaître le nom. C’était Fu Chi qui commandait le tout, assisté de plusieurs nobles et stratèges.

Une fois regroupée, l’armée marcha pendant encore trois jours. Elle s’étira sur des lieues et des lieues, à perte de vue. Jamais Astrid n’avait entendu parler de telles armées, hormis dans les anciennes légendes. Or, là, elle voyait tout cela réellement arriver. C’était presque magnifique à voir quand elle ne se disait pas qu’une bonne partie de ces hommes ne reviendrait probablement jamais chez eux. Au matin du quatrième jour, des éclaireurs signalèrent l’arrivée de l’armée ennemie. La jeune femme était trop loin pour les entendre et pour voir leurs visages. Cependant, leurs vitesses étaient telles qu’elle s’était vite doutée que leurs ennemis n’étaient pas loin. Très vite, de nombreux ordres furent lancés alors que l’arrière-garde remontait à marche forcée vers l’avant-garde. Les unités au centre des colonnes se répartissaient. L’artillerie parvint vite à trouver des points favorables. Mais encore fallait-il y faire parvenir les munitions. En effet, les pièces n’avaient qu’une dotation limitée dans les chariots immédiatement avec elles. Le reste était dans les convois à l’arrière. L’unité rejointe par la bretonnienne se plaça en arrière de l’armée, légèrement en hauteur. C’était la plus grande unité de cavaliers lourds de l’armée, servant probablement de réserve générale. L’armée était postée en direction du sud, les ennemis arrivant du nord. Il était près de la mi-journée et ils avaient le soleil de face. Elle espérait que les ennemis arriveraient bien tard pour ne pas avoir ce défaut important. Elle put alors voir le déploiement de leurs forces et le champ de bataille.
Ce dernier s’organisait autour de nombreuses collines, plus ou moins hautes. Sur celles du centre, l’artillerie était omniprésente, protégée par quelques compagnies d’arbalétriers et de troupiers. Sur les collines périphériques, il s’agissait surtout de tireurs. Devant chaque colline, un ou deux régiments de piquiers et autres simples guerriers pour protéger ces points hauts. A chaque fois, il y avait une petite unité de cavalerie des cavaliers des steppes et une petite unité d’Epées Saintes. Elle pensa alors au fait que Fu Chi avait prévu de livrer beaucoup de petites batailles pour simplifier la conduite de la grande. Des régiments de soldats, arbalétriers, piquiers ou autres hallebardiers arrivaient en permanence et rejoignaient les points qui leur étaient assignés. Le long de ces immenses colonnes, elle vit un grand nombre de chariots aller aussi vite que possible vers les bouches à feu. Enfin, ici et là, il y avait parfois une immense statue animée ou un monstre qui renforçait la ligne de bataille. Les étendards claquant au vent rendaient la chose magnifique et la bretonnienne se décida à retenir tout ce qu’elle pourrait au niveau tactique de cette bataille.

Finalement, l’armée ennemie approcha. Immédiatement, elle vit que cette dernière s’était mise en ordre de bataille. Elle était loin, près d’une lieue, mais elle pouvait parfaitement ressentir l’horreur de la situation. Face à l’armée des humains, des dizaines de milliers d’hommes ou de créatures avides de combats arrivaient, déjà en ordre de bataille. Les bannières semblaient vouloir remplir son cœur de désespoir et elle vit de nombreux soldats de Cathay s’effondrer en larmes ou se tuer de désespoir. Alors que ces troupes avançaient, elle remarqua au fil du temps des créatures plus petites, semblables à des Nains, mais engoncés dans des armures noires de jais. Parfois, il y avait derrière eux de terribles machines qui semblaient être possédées. Dans le ciel, d’épais nuages noirs comme la nuit avançaient à une vitesse surréelle vers l’armée de l’Empire. Sur les flancs, elle vit des ogres en très grand nombre, comme si une tribu complète avait été achetée. Rapidement, elle supposa que cela était le cas. Ici et là, il y avait des cavaliers rapides, qui faisaient des allers-retours pour harceler leurs homologues des steppes servant les forces dont les étendards étaient frappés d’un grand dragon sinueux.
Bien vite, Astrid commença à murmurer de nombreuses prières à la Dame du Lac, espérant qu’elle l’entendrait par delà les nombreuses montagnes et contrées. Cela fut renforcé quand elle repéra des monstres difformes qui semblaient sortir tout droit des abîmes des Enfers. Au moins n’y avait-il pas de démons, se dit-elle. Dans le cas contraire, elle aurait presque été certaine de leur défaite. Cependant, elle reconnaissait les symboles des quatre divinités majeures du Chaos.

Soudain, un formidable rugissement empli l’air. Tous les guerriers humains se regardèrent et Astrid sentit son visage se décomposer de peur. Car le cri ne provenait pas du champ de bataille mais des airs. Le soleil fut soudainement brièvement masqué et tout le monde regarda vers le ciel. Là, une immense forme noire, dotée de deux têtes planait majestueusement. Elle entendit alors des murmures paniqués parcourir les rangs des cavaliers qu’elle avait rejoints. Leur commandant, Kim Jiang, déclara alors :
« Ne vous laissez pas impressionner, soldats ! Nous pourrons vaincre ce monstre si nous le voulons ! »
Elle-même doutait de l’impact de ce discours maladroit mais se força à reprendre une contenance. En tant qu’étrangère, elle était constamment surveillée et observée. Elle n’avait pas le droit à l’erreur. Ainsi, elle resserra sa prise sur sa lance et le bouclier qui lui avait été donné. Ce dernier ne valait certes pas un véritable écu, mais c’était mieux que rien. Elle calma son cheval d’une parole et regarda son supérieur direct. Ce dernier était relativement âgé. De ce qu’elle avait compris, il n’avait plus d’héritiers et supposait qu’il s’agissait de sa dernière campagne militaire. Elle espérait qu’il survivrait à la bataille et aux probables combats qui suivraient cette dernière. En effet, ils devaient éradiquer les forces ennemies pour les empêcher de piller et de mettre à feu et à sang l’Empire. Or, les forces ennemies étaient telles qu’il y aurait nécessairement d’autres combats, sauf miracle.

Le roulement des tambours, ennemis ou alliés, ainsi que le son des trompettes, signifia l’avancée des envahisseurs. Ces derniers avançaient dans le désordre, même si un semblant de cohésion était maintenu par l’immense monstre ailé à deux têtes. Le nom de cette créature revint alors à la jeune femme. Un Dragon du Chaos. La crainte ultime de tout Homme de l’Empire et de Bretonnie. Même Gontran, son père adoptif, n’aurait pas aimé avoir à affronter ce genre de créatures. Puis, leurs machines infernales arrivèrent à portée de tir, tout comme les fameux lance-fusées de Cathay. Les premiers coups partirent, synonymes du début des combats.
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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Lun 16 Oct 2017 - 9:37

Voici l'avant-dernier chapitre Smile J'ai déjà terminé le tome 2 et ait fini le premier chapitre du tome 3.



Chapitre 16 : Bataille et autres événements


Les premiers tirs tombèrent sur les troupes impériales, tuant une vingtaine d’hommes à chaque fois. De son côté, l’artillerie de Cathay, elle, visait en priorité les troupes les plus rapides des forces de la Ruine. Elle voyait les forces ennemies s’approcher à grande vitesse. Les Ogres, des Trolls et des cavaliers infernaux avançaient en tête. Ces derniers étaient, pour certains, montés sur d’énormes créatures bien plus grosses que des chevaux. Ils portaient la marque du Dieu des Crânes et elle réalisa alors. Il s’agissait des Massacreurs. La plus terrible cavalerie dont le Vieux Monde avait connaissance. C’était une vision d’horreur que de voir autant d’hommes mourir et de voir cette armée les charger. La jeune femme savait qu’il n’y aurait pas le moindre quartier et que les prisonniers des forces du Chaos seraient destinés à mourir ou subir un destin bien pire. Dans tous les cas, elle préférait se suicider que d’avoir ce destin en question.
Les forces des Hommes restaient parfaitement en place, semblant impassibles. Tout son être se révoltait à l’idée de rester en arrière. Tout bretonnien digne de ce nom aurait foncé au cœur de la mêlée, ou du moins droit dans les lignes ennemies. Elle était impressionnée par la maîtrise des généraux et capitaines sur leurs troupes. Même les troupes impériales n’avaient point cette réputation. Seuls les Nains pouvaient avoir la même discipline d’après ce que racontaient les histoires. Astrid vit ensuite les cavaliers des steppes commencer à harceler les forces les plus rapides de leurs ennemis, notamment ces chiens monstrueux qui fonçaient sur les rangs de guerriers. Cependant, ils furent bien vite obligés de se replier pour ne pas subir un choc frontal qu’ils seraient incapables de tenir plus de quelques secondes sans se faire étriper.

Puis vint le choc de la cavalerie et des monstres ennemis contre l’infanterie de Cathay. De là où elle était, Astrid put voir que c’était une boucherie en tous points du champ de bataille. Les ogres semblaient invincibles, sinon par les monstres tels que les chevaux enchantés ou les immenses statues de pierre et de terre cuite. Cependant, ils ne pouvaient être en tous points et devaient aussi lutter contre les géants, trolls et autres monstres peuplant les forces du Chaos. Mais les lignes impériales tenaient tant bien que mal. De nombreux régiments, remontant de l’arrière arrivaient en première ligne et alimentaient le front en troupes fraîches. Les arbalétriers tiraient sur les rangs arrière des cavaliers et monstres qui n’étaient pas encore au combat tandis que l’artillerie visait l’infanterie qui suivaient à un rythme élevé. Mais la bretonnienne voyait bien que cela ne pourrait tenir indéfiniment. La ligne de bataille humaine avait tenu avec moult difficultés contre la cavalerie et les mercenaires ennemis, alors qu’ils ne représentaient qu’une fraction des forces de la Ruine. Le (très) gros des forces arrivaient et contenait des milliers de guerriers engoncés dans des armures noires comme la nuit, hérissées de piques et couvertes de symboles occultes. Elle eut du mal à déglutir en voyant ces forces arriver derrière la cavalerie, qui tenait ses positions.
Le second choc tourna rapidement à une mêlée qui se transforma en boucherie. Les lignes impériales avaient du mal à tenir. L’élite, du moins ce qui semblait l’être, était engagée contre les Epées Saintes, la meilleure unité de l’armée impériale. Fu Chi était avec ces troupes et commettait un véritable massacre. Mais ces guerriers du Chaos étaient meilleurs que les autres et il ne pouvait être partout à la fois. Partout ailleurs, les Hérauts du Chaos abattait les champions humains et amplifiaient le massacre de leurs soldats. A ce moment, la jeune femme ne voyait guère d’espoirs de victoire. Les forces ennemies, bien qu’inférieures numériquement parlant, étaient trop fortes et les guerriers humains beaucoup trop faibles de manière globale. Astrid finit par trépigner d’impatience. Elle brûlait de rejoindre le combat, même si elle avait peur de mourir. Elle se disait que là était sa place.

Soudain, Kim lança l’ordre de marche. Deux milliers de cavaliers se mirent en marche, passant à travers les colonnes de soldats montant au front. Elle vit alors leur destination. Un régiment de piquiers avait été anéanti et des guerriers du Chaos avaient tourné un autre régiment similaire. Ce dernier avait été renforcé par un autre mais sa situation était précaire. En avançant, la jeune femme sentit la peur saisir ses tripes. Elle était dans la première ligne, sur le front de l’attaque. Elle était dans l’une des positions les plus mortelles. Pire, elle devrait tenir la ligne tout le long de la charge. Puis, le commandant ordonna la charge en hurlant. Tous les cavaliers lancèrent un cri de guerre et lancèrent les montures au galop. La jeune femme avait déjà enfilé son casque et prit son bouclier. Elle plaça correctement sa lance de cavalerie et se prépara à l’impact. Déjà des guerriers immenses en armure noire s’étaient retournés, les lames couvertes de sang de soldats cathayens. Ils furent rapidement suivis par d’autres, mais bien trop peu, selon elle, pour limiter l’impact de la charge.
Les premières secondes du combat furent spéciales pour Astrid. Elle frappait tous les guerriers non montés situés devant elle. Sa charge avait abattu deux combattants d’un seul coup de lance, parfaitement placé. Puis, elle avait été obligée de laisser tomber son arme, brisée, et de prendre son épée forgée par les Nains. Cette dernière avait un fil extraordinaire par rapport à beaucoup de lames humaines et cela l’aidait bien face à ces guerriers. Alors qu’elle frappait indistinctement à gauche, à droite, devant et derrière, elle sentit son cheval s’effondrer sous elle. Elle comprit aussitôt quand elle vit le sol arriver à une grande vitesse. Sa monture venait d’être tuée, ou du moins avait eu les pattes antérieures coupées. Ce qui équivalait à la mort, elle le savait bien. Elle enleva immédiatement ses pieds des étriers et se jeta au sol, lâchant son bouclier pour éviter de se faire mal au bras. Elle fit une roulade et se retrouva à deux pas d’un guerrier ennemi au sol, blessé. Elle se jeta sur lui et l’acheva en lui plantant sa lame dans la gorge. Puis elle se releva.

Autour d’Astrid, c’était un carnage. Le sol était couvert de corps de guerriers du Chaos, de chevaux et de cavaliers cathayens. Ces derniers avaient permis de reprendre l’avantage mais les combattants ennemis restaient supérieurs individuellement et en tuer un seul se révélait compliqué, une fois l’impact de la charge passé. Elle regarda autour d’elle et vit Kim Jiang, lui aussi à pieds. Il semblait être blessé à une jambe. Mais il était droit et tenait fermement sa lame. Elle remarqua alors qu’elle n’avait jamais vu une épée pareille, en dehors de celle tenue par le vampire dans l’Empire ou Fu Chi. Elle avait vu son père adoptif porter également une lame enchantée, même si cela avait été fort rare. Elle savait donc en voir une au premier coup d’œil. Et celle-ci en était une, en plus d’être une Epée Cathayenne et donc une lame exceptionnelle à l’origine. Il tuait chaque guerrier qui l’approchait et bien vite, elle se rapprocha pour qu’ils fussent bien plus efficaces.
Astrid se mit alors à protéger le dos du vieux commandant et remarqua que les guerriers du Chaos semblaient bien plus massifs une fois qu’elle était à pieds. Ils semblaient immenses et forts comme des trolls. Ils étaient presque aussi grands que des Elfes et plus larges que des Nains. Cela était réellement impressionnant et elle dut souvent faire appel à tout son courage et à la Dame pour ne pas faiblir face à eux. Ce qu’elle parvint à faire avec brio pendant près d’une heure. Elle ne sentait plus la fatigue ni les blessures mineures, notamment au niveau des jambes et des bras. Elle ne sentait plus la faim, l’envie de se soulager, la soif. Elle était comme anesthésiée. Elle se battait pour survivre et de plus en plus, des cavaliers, avec ou sans montures, les rallièrent, formant ainsi un cercle défensif toujours plus résistant. Au loin, elle entendit des trompettes et de tambours, sans vraiment savoir ce que cela signifiait. Des troupes fraîches arrivant de l’arrière ? Une nouvelle armée ? Ennemie ou alliée ? Elle continuait donc à se battre.

Vint alors un guerrier du Chaos plus haut que les autres d’une bonne tête. Il portait une armure couverte de crânes d’ennemis et de créatures tuées. Sa main droite tenait une large lame faite dans un métal noir totalement inconnu. Métal qu’elle avait déjà vu sur le vampire dans l’Empire. Il pouvait percer n’importe quelle armure. Soudain, la fatigue revint et elle rentra à l’abri du cercle, s’examinant. La faim, la soif, l’envie de se soulager revinrent à une vitesse incroyable. Mais elle devait prendre sur elle. Elle remarqua alors que son armure était rouge comme le sang, aussi bien la cotte de maille que les plaques en acier. Certaines de ces dernières, notamment ses jambières, étaient enfoncées mais tenaient encore en place. Elle ne savait juste pas pour combien de temps. Elle espérait qu’elles passeraient la bataille. Sur un côté, elle put voir le Héraut du Chaos approcher Kim Jiang. Ce dernier le défia de venir le rencontrer et l’ennemi n’eut d’autre choix que d’accepter.
Le combat fut inégal entre un vieil homme blessé et fatigué par les combats et une véritable machine à tuer, aidée directement par des divinités aimant se mêler des affaires des mortels. Cependant, le vieux guerrier parvint à tenir plus d’une minute complète. Le temps pour Astrid de se reprendre et de lancer une courte prière à la Dame du Lac avant de se diriger vers le combat. Elle allait contourner le duel quand le commandant s’effondra juste sous yeux, à sa plus grande horreur. Le champion ennemi s’approcha pour donner le coup fatal. Mais sa lame fut parée par celle d’Astrid. Dans ses yeux brillait la fureur et la colère sainte propre aux Champions de la Dame. Une vive lueur dorée l’entourait et elle bénit la Déesse Protectrice de la Bretonnie d’avoir entendu ses prières. Le guerrier massif tenta alors d’attaquer mais chacun de ses coups était dévié soit par la jeune femme, soit par les pouvoirs de la divinité. Astrid se décida alors à attaquer. Mettant en pratique tous les enseignements des Nains et des Epées Sacrées, elle parvint à toucher son ennemi à un point faible, sous l’aisselle. Des flots de sang s’écoulèrent de la blessure mais il semblait être prêt à continuer à se battre. Il titubait légèrement, prouvait qu’il n’était guère invincible.
Cependant, même affaibli, le Héraut restait un guerrier d’élite, que peu d’humains pouvaient battre dans un combat loyal. L’acier de son épée finit par mordre la chair du bras de la bretonnienne. Mais elle serra les dents et bougea un peu plus, pour espérer le fatiguer ou le faire trébucher. Ce qu’elle parvint à faire après deux minutes de harcèlement. Il fut forcé, en tombant de se rattraper en posant un genou à terre. Elle n’attendit pas une seconde de plus et se jeta contre lui avec toute l’énergie et toute la force dont elle pouvait disposer. Il fut alors jeté sur le dos et la jeune femme lui enfonça sa lame forgée par les Nains dans la tête, à travers son heaume.

Astrid se sentait vidée de toute énergie. Puis, elle remarqua autre chose. Des guerriers impériaux semblaient plus nombreux autour d’elle. Cela lui semblait étrange jusqu’à ce qu’elle remarquât qu’ils achevaient les ennemis blessés et tentaient d’abattre les derniers combattants. Mais ces derniers restaient très forts et pour en tuer un seul, une dizaine d’hommes tombaient, morts ou blessés grièvement. Mais elle voulait d’abord prendre des nouvelles de son commandant. Elle se releva péniblement et rentra dans les rangs des guerriers, vers là où avait été le centre du cercle. Elle repéra bien vite une assemblée de capitaines, agenouillés. Elle s’approcha doucement et enleva son heaume avant de le glisser à sa ceinture. Elle rejoignit le groupe qui la laissa passer. Elle remarqua bien vite les regards admiratifs et respectueux des chefs cathayens. La guerrière supposa donc avoir gagné leur respect par ses actes. Du moins l’espérait-elle. Cela accentuerait sensiblement son espérance de vie dans cet empire immense. Elle put finalement voir les blessures de Kim Jiang. Elles étaient horribles. Ses jambes n’étaient plus que des tas de chair sanguinolente et son torse était ouvert en deux. C’était presque un miracle qu’il eut survécu jusque là. Il tourna la tête et la vit. Il lui fit signe d’avancer.

A sa grande surprise, les capitaines s’écartèrent et l’un d’eux prenait des notes. Probablement les dernières volontés du mourant. La bretonnienne s’agenouilla face au commandant de son unité et lui demanda poliment :
« Que désirez-vous, Seigneur Kim ?
-Tu as bien combattu.
-J’ai été bien entraînée, mon Seigneur, répondit-elle sur le même ton courtois.
-Je vais mourir dans les prochaines minutes.
-… - Elle ne savait pas vraiment quoi répondre à une telle chose.
-Mon domaine… est entre de bonnes mains et ma succession est assurée… Quelqu’un de bien le reprendra. »
Il parlait avec difficultés et de temps en temps, un filet de sang coulait de sa bouche. Ses yeux étaient emplis de détermination. Son visage empreint de sérénité. Il ne semblait pas avoir peur de la mort. A ce moment, Astrid se prit à l’envier. Il semblait être en paix. Cependant, il continua à sa grande surprise.
« Mais il me reste une dernière chose à accomplir avant de rejoindre mes ancêtres.
-Parlez et je le ferrais, mon Seigneur. Car je suis sous vos ordres.
-Tu prendras le commandement des restes du régiment pour la fin de la campagne. Tels sont mes ordres. Tu es apte à me succéder et tous mes seconds sont morts. »
Il parlait toujours avec la même difficulté mais semblait impassible et semblait savoir qu’il aurait le temps de faire tout ce qu’il avait à faire. Astrid, elle, était sous le choc de l’ordre. Elle ne pouvait pas l’ignorer, et encore moins devant autant de témoins. Mais ce n’était toujours pas terminé. Il prit son épée dans sa main et la tendit à la bretonnienne :
« Je t’offres Crépuscule, l’épée ancestrale de la famille Kim... Ma famille s’éteignant avec moi, elle n’en aura plus l’usage… Tu seras désormais l’Epée du Soir… Comporte-toi comme telle sur le champ de bataille et en dehors…
-Je…
-Vous ne pouvez refuser une telle chose, ma Dame, intervint un capitaine. Seul l’Empereur ou un Prince le pourrait. C’est l’un des plus grands honneurs qui puisse vous être fait.
-Mais…
-Tout est noté et votre légitimité ne saurait être remise en doute après votre victoire contre celui qui a blessé mortellement notre Seigneur, continua le capitaine. L’histoire sera apportée aux quatre coins de l’Empire.
-Alors j’accepte, fit Astrid, résignée. »
Elle se saisit de l’arme enchantée et demanda ce qu’il y avait à savoir. Elle apprit de la bouche de Kim Jiang qu’elle avait été forgée il y a des millénaires dans le cœur d’une étoile. C’était une Grande Epée de Cathay, la même arme que celle portée par les Epées Saintes. Celle-ci était enchantée et donnait à son porteur une force aussi grande que celle d’un géant des montagnes. Mais il ne pouvait tenir éternellement et finit par pousser son dernier soupir, le visage en paix.

Astrid était complètement sonnée. Elle n’avait pratiquement jamais parlé au commandant Kim si ce n’était pour lui donner des informations demandées ou des renseignements sur ce qui se faisait en Bretonnie. Ils avaient combattu quelques dizaines de minutes côte à côte mais c’était tout. Elle n’était pas du tout certaine de mériter de recevoir de tels honneurs et une telle arme. Cependant, elle comprit bien vite, en captant les regards de ses nouveaux subordonnés, qu’elle n’aurait guère le choix. Elle devait s’imposer et vite. Alors elle prit Crépuscule et passa le fourreau à sa ceinture, changeant celui de son épée forgée par les Nains de côté. Puis, elle s’adressa au capitaine qui avait pris les notes :
« Je… Me suivrez-vous quoi que je puisse ordonner ?
-Naturellement, répondit-il fièrement. Vous êtes notre commandant.
-Je… Est-ce qu’il y a quelqu’un encore en vie de son unité de commandement ? Ou du moins en état de me seconder ? »
Ils se regardèrent avant de secouer la tête de droite à gauche. Elle inspira un grand coup et demanda :
« Qui a le plus d’expérience dans le commandement parmi vous ? »
Les regards reprirent et un capitaine semblant être dans la quarantaine se plaça face à la jeune femme et déclara :
« C’est moi, commandant.
-Quel est ton nom ?
-Xiang Feng, commandant.
-Bien, à partir de cet instant tu seras mon second. Faites en sortes que l’on s’occupe de la dépouille du défunt commandant comme elle mérite de l’être. Et je veux que vous, elle désigna un capitaine avec sa main, partiez immédiatement trouver Fu Chi ou celui en charge de la conduite de la bataille pour deux choses. La première est le prévenir de la mort de Kim Jiang et de ma prise de commandement. La seconde est de demander des instructions quant à la fourniture éventuelle de d’autres montures destinées à la guerre. Je veux que vous vous chargiez de coordonner les soins et le ramassage des blessés. Quand tout cela sera terminé, occupez-vous de rassembler tous les hommes en état de se battre du régiment. Groupez-les en deux catégories. Ceux avec des montures en état de se battre et ceux qui n’ont plus de montures. Je crois que le deuxième groupe sera majoritaire. Je m’adresserai à tous les hommes à ce moment. Ensuite nous monterons le campement comme d’habitude.
-Qu’allez-vous faire commandant, osa l’un des capitaines ?
-Mon second prend provisoirement le commandement des opérations. Je vais monter sur la colline à notre gauche pour voir comment se déroule la bataille et ce qu’il en est de cette dernière. »

Elle commença rapidement ce qu’elle avait décidé de faire. La montée s’avéra difficile puisqu’elle devait constamment éviter de nombreux cadavres de guerriers de la Ruine ou de Cathay. Elle remarqua des humains parmi les forces ennemies et n’en fut guère surprise. Les raids de guerriers des tribus de Norsca inféodées aux Quatre n’étaient pas rares en Bretonnie selon les saisons. Cependant, ceux-là ressemblaient plus aux Cathayens qu’aux Norses. Peut-être qu’ils venaient d’une région proche de l’Empire, se dit-elle. En arrivant au sommet de la colline, elle salua quelques arbalétriers et artilleurs avant de regarder le champ de bataille.
La bataille était terminée même si ci et là, des petites poches de résistance subsistaient. Elle repéra bien vite la nouvelle armée, aussi grande que celle à laquelle appartenait Astrid. Du moins avant la bataille. Car elle voyait bien les collines et vallées remplies des cadavres des monstres, montures, hommes, trolls, ogres et autres guerriers du Chaos. L’odeur était infecte, même si elle ne s’en rendait compte que maintenant. Elle eut un sourire désabusé en se rendant compte qu’elle avait réussi à traverser une bataille sans blessure majeure. C’était probablement la première fois. En effet, elle ne comptait guère les combats dans l’endroit où elle s’était échouée. Après avoir minutieusement mémorisé l’emplacement du campement par rapport à sa troupe, elle redescendit de la colline pour rejoindre les hommes qui étaient désormais sous son commandement. Ces derniers s’activaient sur les blessés et les morts. Rapidement, elle décida de les aider au mieux de ses capacités. Il était déjà quatre heures de l’après-midi et il y avait encore beaucoup à faire.
Une heure plus tard, le capitaine envoyé pour prendre des nouvelles revint. Il trouva rapidement son commandant et la salua avant qu’elle ne l’autorisât à prendre la parole. Il déclara alors :
« Le Seigneur Fu Chi vous confirme dans vos fonctions, commandant. De plus, il vous demande de le rejoindre aussi vite que possible au campement, qu’il a déjà rejoint avec sa garde. Il vous donnera personnellement ses ordres, commandant et les instructions pour les chevaux, commandant.
-Merci, capitaine. Vous pouvez disposer. Venez m’informer quand les hommes seront rassemblés. Vous savez où me trouver.
-A vos ordres, commandant. »
Il s’en retourna aider les blessés. Astrid se leva puis se dirigea alors vers un cavalier qui tenait sa monture par la bride. Il semblait sonné. Elle lui demanda directement :
« Première bataille ?
-Oui… Commandant. Que désirez-vous, commandant ? demanda-t-il en l’apercevant.
-Juste que vous me prêtiez votre monture. Je dois aller voir le Seigneur Fu Chi sur le champ. Je serais plus rapide avec un cheval.
-Bien, commandant. A vos ordres, commandant, fit-il en lui donnant la bride.
-Merci. Et n’oubliez jamais que la guerre n’est pas propre ni entièrement glorieuse.
-Bien, commandant. »

Sur ces paroles, Astrid partit au galop vers le campement. Elle passa ainsi aux côtés de nombreux cadavres, de son régiment ou d’autres. La bataille avait fait un réel carnage. Elle n’était pas sûre que la moitié de l’armée d’origine soit encore en état de se battre. Après plusieurs dizaines de minutes, elle arriva enfin au niveau des premières tentes dressées. Elle repéra bien vite celle du vampire. Elle y parvint rapidement et descendit de la monture empruntée, donnant la bride à un garde. Puis, elle se fit annoncer avant d’être autorisée à entrer. Elle était couverte de sang des pieds à la tête, en dehors de quelques endroits comme son dos. Heureusement, ce n’était guère son sang, se disait-elle. Sinon, elle serait déjà morte depuis longtemps.
La première chose qu’Astrid remarqua dans la tente était l’immense carte parsemée de nombreux pions de différentes couleurs. Puis, elle vit de nombreux commandants et stratèges autour de celle-ci. Ce ne fut qu’ensuite qu’elle remarqua le vampire. Ce dernier avait le visage grave et son armure, bien que rouge à l’origine, était couverte de sang. Il souhaita alors la bienvenue à la jeune femme avant de lui demander :
« Avez-vous une idée de vos effectifs actuels prêts à se battre, commandant ?
-Non point, mon Seigneur. Quand je suis partie, nous étions en train de nous occuper de récupérer les blessés.
-Au moins une estimation, fit-il en soupirant ?
-J’ai supposé moins de la moitié des hommes de mon régiment prêts à se battre dès demain matin. En revanche, de ce que j’ai pu voir, nous n’avons plus beaucoup de montures. Deux centaines tout au plus.
-D’autres chevaux vous seront fournis demain. Quand aurez-vous le compte de vos pertes ?
-D’ici ce soir au maximum.
-Merci. Voilà les instructions pour tous les commandants. Ce soir, nous montons le camp. Je me coordonnerai avec l’armée envoyée par l’Empereur pour la poursuite de la campagne. Nous devrions repartir dans les jours suivants. Probablement après-demain ou dans trois jours, le temps de récupérer des forces. Quelqu’un a-t-il aperçu le dragon ? »
Personne ne répondit, signe qu’ils ne l’avaient pas vu. Le guerrier immortel reprit alors :
« Bien, vous pouvez disposer. Commandant De Lyonesse, je vous prierais de rester quelques instants supplémentaires, je vous prie. »
Elle hocha la tête et les autres commandants et généraux sortirent un à un de la tente, les traits tirés par la fatigue des combats. Fu Chi se tourna alors vers elle et déclara fermement :
« Tu t’es bien battue aujourd’hui.
-Je n’avais guère le choix, répondit la jeune femme. Je ne suis pas pressée de mourir.
-J’ai entendu dire que tu avais vaincu un Héraut à toi toute seule.
-J’ai eu beaucoup de chance, fit-elle, modeste. Elle le pensait sincèrement.
-Quand tout sera terminé, je t’entrainerai personnellement. Si tu es en vie, naturellement.
-Je… C’est un immense honneur que vous me faites là, Seigneur.
-Je ne l’accorde qu’à ceux qui le méritent. Or là, c’est le cas. Maintenant va. Tes hommes t’attendent. Je t’enverrai un messager demain pour déterminer l’heure de la réunion. J’attends ton rapport des pertes et récompenses à attribuer avant minuit.
-A vos ordres, Seigneur. »
La jeune femme sortit aussitôt de la tente et reprit rapidement sa monture. Elle souriait car c’était une véritable chance ce qu’elle venait d’avoir. Elle serait entraînée par l’un des meilleurs guerriers de l’Empire de Cathay. L’avenir s’annonçait bien, en dehors de la prochaine campagne.

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Von Essen
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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Sam 21 Oct 2017 - 13:11

Hm... Les événements s'enchainent, l'héroïne progresse, l'ensemble suit une trame logique. Cependant !

Puis-je te proposer de reprendre le dernier chapitre, de le prendre à part, et de le subdiviser en parties plus petites ?
Une fois cela fait, tu prendrais chacune des petites parties, et l'étofferais avec plus de détails : détails descriptifs, détails émotionnels, éléments d'ambiance. Plus exactement, tu pourrais t'intéresser aux émotions qui règnent sur ce champ de bataille : que pensent tel et tel guerrier impérial ? Que pensent tel et tel guerrier chaotique ? Que pensent les généraux des deux armées ? Que pense le héraut qui affronte Astrid, avant, pendant et à la fin du combat ? Que pense le général vampire à la fin de la bataille ?

Il est possible qu'une telle aventure dans le point de vue interne rentre en contradiction avec ton style habituel, mais je te conseille tout de même l'expérience, que tu pourrais ensuite partager avec nous, ou garder pour soi, comme tu veux Smile

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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Mar 24 Oct 2017 - 0:08

J'en prends note. Peut-être le ferais-je plus tard. Mais pour le moment, j'ai un peu arrêté l'écriture dans le monde de Warhammer, pour me changer les idées. Je suis aussi un peu en panne d'inspiration Smile

En tout cas, IT IS THE END. Bah oui. Ceci est le dernier chapitre de Une Histoire Pas Comme Les Autres. Il y aura une suite, nommée Un Vampire Pas Comme Les Autres. Elle est déjà terminée mais verra son premier chapitre publié dans environ deux semaines.



Chapitre 17 : Campagne militaire et surprises


Astrid arriva rapidement à l’endroit où son régiment s’était rassemblé. Son second lui tendit alors un papier. Elle le regarda avec étonnement et lui dit :
« Je sais parler le cathayen, mais pas le lire.
-Pardon, commandant. Il indique l’état des pertes. Sur les mille deux cent soixante-treize hommes avant la bataille, six cent vingt-sept sont morts ou blessés graves. Le reste peut reprendre le combat d’ici après-demain avec du repos. Il ne reste en revanche que deux centaines de chevaux en état de porter un homme au combat, y compris ceux blessés légèrement et pouvant se remettre dans le même temps que les hommes.
-J’ai donc de disponibles deux cents montures et six cent quarante six hommes en état de se battre sous deux jours. Moi comprise ?
-Oui, commandant.
-Merci des informations. Tout le monde est-il rassemblé pour que je leur parle ?
-Oui, commandant.
-Merci, capitaine Xiang. Je vais le faire sur le champ puis apporter le papier au Seigneur Fu. Des informations complémentaires avant le discours sur l’état des troupes ?
-Tout le monde a besoin de repos, commandant. Vous n’avez pas semblé être fatiguée après une journée à cheval, mais pour nous, cela est rare. Les batailles ne sont pas fréquentes et nous ne sommes pas nés sur un cheval.
-C’est vrai que mon peuple d’origine combat majoritairement à cheval et j’y ai été entraînée. Merci pour la nuance. Je demanderai du repos pour les hommes.
-Merci, commandant. Avant que je n’oublie, les hommes savent que vous avez pris le commandement du régiment. »
Astrid et Xiang Feng se séparèrent sur ces paroles et cette dernière rejoignit le gros de son régiment. Ils avaient l’air réellement épuisés. Elle se dit alors qu’ils n’auraient jamais tenus face à des Bretonniens. Ils se seraient faits pulvérisés en cas de combat cavalerie contre chevalerie. Mais ils avaient tout de même bien figuré et fait le travail demandé sans faillir. De cela, elle en était impressionnée. Maintenant, nombreux étaient les morts et les blessés graves dans leurs rangs et probablement leurs amis. Machinalement, elle attacha ses cheveux derrière sa tête en une queue de cheval avec une petite corde, comme beaucoup des hommes de ce pays. Cela l’avait surprise. Elle se décida finalement à parler, même si elle angoissait un peu.

Pour son discours, elle prit une voix forte et s’adressa à tous ses hommes.
« Pour ceux qui ne me reconnaitraient pas, je suis le nouveau commandant du régiment. Je suis Astrid De Lyonesse, d’une lointaine contrée dont vous n’avez probablement jamais entendu parler. Le commandant Kim Jiang, que son âme rejoigne celle de ses ancêtres, m’a donné le commandement de ce régiment alors qu’il allait mourir. Vos différents capitaine, du moins un certain nombre d’entre eux, peuvent en témoigner. J’attends donc de vous le plus parfait esprit d’obéissance à mes ordres et commandements, sauf s’ils sont contraires aux lois de l’Empire. Mon second sera Xiang Feng. Si je ne suis pas disponible, adressez-vous à lui.
Je partage avec vous la peine que vous devez ressentir pour tous les morts de notre régiment. Certains étaient peut-être vos amis, vos frères même. Mais nous ne devons pas oublier pourquoi ils sont morts. Ils sont morts pour défendre l’Empire et leurs familles. Pour vous sauver, indirectement, la vie. Vous ne devez jamais oublier leur sacrifice. »
Elle prit alors une décision qui pourrait être lourde de conséquences. Mais elle voulait être certaine que son régiment serait soudé et tendrait vers un même but.
« Alors je vais être honnête avec vous. Dans la campagne à venir, car l’ennemi n’est pas définitivement vaincu, nombre d’entre vous mourront. Peut-être que je mourrai moi aussi. En l’espace de quatre ans, je suis passée trop souvent près de la mort pour qu’elle ne finisse pas par venir me prendre, que ce soit contre de simples bandits ou des démons venant du Nord. Je veux qui vous soyez honnête avec vous-mêmes et avec moi. Ceux qui veulent continuer la guerre avec moi font un pas en avant. Les autres seront démobilisés avec les honneurs. Vous vous êtes bien battus et vous n’aurez aucune honte à avoir de vouloir profiter de vos familles. »
Immédiatement, tous les capitaines s’avancèrent, rapidement suivis par de nombreux soldats. Seuls quelques-uns restèrent en arrière une bonne minute de plus avant de suivre le reste des troupes. Elle sourit et reprit son discours :
« Je vous remercie de votre confiance. Et je tâcherai de m’en montrer digne. A partir de demain, nous recevrons de nouvelles montures. Je vais également demander la fabrication de lances et boucliers spécifiques que je vous apprendrai à utiliser. Pour la cavalerie lourde, ils seront bien plus efficaces. Maintenant, vous pouvez disposer et moi je vais aller boire, les discours donnent soif. »
Les hommes rirent un peu à sa plaisanterie, qui n’en était pas totalement une. L’un d’eux lui tendit une gourde et elle le remercia avant d’y boire goulûment. Puis, elle reprit la monture empruntée après avoir donné quelques instructions à son second et reparti vers la tente de Fu Chi.

Ce dernier semblait presque l’attendre. Elle lui donna le papier et transmit les informations sur l’état physique de ses troupes. A son soupir, elle devina qu’elle n’était pas la seule à lui avoir rapporté une fatigue mentale de son régiment. Et cela semblait le contrarier. Puis, elle formula ses demandes concernant les montures, les lances et les boucliers. Il promit de lui envoyer quelqu’un dans la matinée du lendemain et soupira à nouveau. Elle vit bien qu’il était ennuyé. Elle osa alors lui demander humblement :
« Quelque chose vous contrarie, Seigneur Fu ? »
Il mit plusieurs secondes à lui répondre :
« En effet. Mais peut-être pourriez-vous m’aider à répondre à mon interrogation. Venez-vous bien d’une contrée appelée Bretonnie dont le gros des forces est composé de chevaliers en armure ?
-En effet. Du moins les forces militaires capables. Nous avons nombre de paysans et hommes d’armes dont le niveau est négligeable et qui servent surtout pour défendre des points particuliers.
-Serait-il possible qu’un chevalier rejoigne les Forces des Ténèbres ?
-C’est plus qu’extrêmement rare. Et ces derniers sont souvent impitoyablement traqués et tués par les Chevaliers du Graal ou de la Quête pour avoir trahi leur serment.
-Alors comment expliquez-vous ceci, demanda-t-il en montrant un écu ? »
Le bouclier était bleu horizon avec un lion rampant dessus. Elle le connaissait parfaitement. Elle l’avait vu depuis toute petite jusqu’à son départ de Bordeleaux. Elle demanda aussitôt, la gorge nouée :
« Etait-il porté par un guerrier du Chaos ?
-Non. Si ce n’était en trophée. Il semblait y tenir.
-Je… Sois son porteur est mort, soit il est prisonnier.
-Le guerrier le portant était originaire du Nord. Pas de vos régions. Un homme de votre pays est venu jusqu’à proximité de Cathay d’une manière ou d’une autre. Je veux savoir pourquoi.
-Je crois que je sais, fit-elle en déglutissant.
-Ah oui ? Son ton était devenu soupçonneux et il semblait à deux doigts de la tuer.
-Je… C’est le blason de mon père adoptif. Il est possible qu’il m’ait cherchée.
-Merci de votre franchise. Vous pouvez disposer. Et gardez le bouclier. Il est en bon état.
-Merci, Seigneur Fu. »
Elle prit l’écu de son père avec elle et quitta rapidement les lieux pour rejoindre son régiment.
Rapidement, la jeune femme vit que sa tente avait été montée. Elle n’avait pas faim mais but goulûment avant de se changer et de se coucher. Elle s’endormit bien vite, se jurant de s’entraîner à manier Crépuscule le lendemain.

Astrid se leva très tôt, peu après l’aurore. Elle se fit une toilette rapide avant de revêtir son armure. Elle grimaça en voyant l’état de cette dernière. Il était catastrophique. Si sa cuirasse tenait encore la route, elle ne tiendrait peut-être que jusqu’à la fin de la campagne, et ce n’était pas certain. Les jambières étaient fortement affaiblies, ce qui posait problème quand on était une cavalière. Il en allait de même pour les canons d’avant-bras. Elle se jura donc d’aller voir un forgeron pour qu’elle puisse recevoir de nouvelles pièces. Elle enfila ensuite sa ceinture avec ses deux armes, prit son heaume et sortit dehors. Un vent frais balayait le campement et la rosée était déjà là. Elle prit dans un coffre de quoi se nourrir et mangea rapidement en cherchant un forgeron. Elle avait rendu sa monture à son propriétaire et se retrouvait donc à pieds.
Après plus d’une heure de marche, la bretonnienne parvint enfin au campement de la logistique. Ce dernier était déjà en pleine ébullition. Elle avait son papier avec les indications sur elle, ce qui était pratique. Elle trouva bien vite un forgeron et lui ordonna de lui faire rapidement les pièces demandées, ce qu’il accepta. Elle se jura ensuite, avec sa paye, de faire une excellente armure une fois la campagne terminée. Cela lui serait nécessaire. Puis, elle rentra rapidement à sa tente.
Vers dix heures du matin, l’envoyé de Fu Chi arriva enfin. Il prit minutieusement des croquis de ce que lui décrivait la jeune femme ainsi que du bouclier de son père adoptif. Elle savait qu’il n’en avait pas qu’un, mais était tout de même inquiète. Elle lui dessina également des lances de cavalerie, lui expliquant comment elles étaient fabriquées. Il lui promit de faire aussi vite que cela lui serait possible. Elle lui demanda alors que les boucliers fussent prioritaires, pour plus facilement sauver des vies. Puis, un messager du vampire lui apprit que les montures étaient arrivées. Elle sortit immédiatement l’annoncé à ses troupes. Ces dernières se relevèrent et crièrent de joie. Puis, il fallut répartir tous les chevaux aux soldats en état de se battre. Elle avait ordonné une journée de repos pour tout le monde. Le but était de reposer ses hommes et de leur faire reprendre l’entraînement le lendemain.

A midi, elle mangea avec une section, faisant ainsi connaissance de quelques soldats et de la vie de jeunes gens plus ou moins riches. Elle raconta également une part de ses aventures. La plupart d’entre eux n’avaient pas connu autant de combats, même si elle jugeait ne pas en avoir eu beaucoup. C’était surtout qu’ils avaient été intenses. Puis, dans l’après-midi, elle s’isola pour s’entraîner à manier Crépuscule. Elle commença par soupeser l’arme. Cette dernière était lourde, mais pas trop. Elle n’avait pas le poids d’une épée à deux mains de Chevalier de la Quête, loin de là. De plus, elle s’était renforcée musculairement depuis le temps et les choses étaient moins difficiles à porter. Elle commença ensuite à faire quelques mouvements pour s’habituer à l’équilibre, parfait, de la lame. Puis, elle fit des parades et des ripostes dans le vide. Au fil des heures, ses gestes devinrent de plus en plus rapides, bien qu’ils étaient relativement lents par rapport à ceux du vampire ou des Epées Saintes quand ils maniaient pratiquement le même type de lame. Elle savait qu’il lui faudrait plus d’entraînement et se l’avouait facilement. Elle finit ensuite par retourner au campement où elle eut à s’occuper de toute la logistique et à tout prévoir pour la campagne à venir. Kim Jiang avait bien fait son travail mais cela allait plus long que prévu. Les ordres laissaient quatre jours de repos complet, y compris celui-ci. Elle devait donc prévoir tout ce qu’il faudrait pour deux mois de campagne. Le point critique était l’armement et les protections. Finalement, après un copieux dîner, elle s’entraîna à nouveau avec Crépuscule, monta quelques minutes son nouveau cheval et se coucha avant de s’endormir bien vite.

La seconde journée débuta comme la précédente. Cependant, elle commença à s’entraîner de bon matin. L’après-midi verrait l’entraînement du régiment de manière générale avec les nouveaux chevaux. Au moins étaient-ils éduqués pour la guerre. Cela compliquerait moins les choses le moment venu. L’entraînement se passa sans problèmes. Dans l’après-midi, elle fut convoquée pour un conseil de guerre où diverses stratégies furent débattues. Les deux jours suivants se passèrent de la même manière. Elle passait beaucoup de temps parmi ses troupes pour déterminer s’il leur manquait quelque chose. Finalement, le soir du dernier jour, les ordres de marche furent donnés avec la place dans la colonne de l’armée. Heureusement, elle avait pu récupérer une centaine d’hommes qui resteraient en arrière avec le train pendant quelques jours de plus, le temps d’être pleinement prêts au combat. Cependant, ils pouvaient monter à cheval sans problèmes.
Le jour dit, l’armée se mit en branle. Les boucliers n’étaient pas tous prêts et elle en dota certains, surtout ceux étant dans les premières lignes. C’était la priorité puisqu’ils se retrouveraient directement en contact avec les forces du Chaos. Elle avait reçu ses nouvelles pièces d’armure le dernier jour et était satisfaite du travail. Elle porta donc son nouvel attirail lors du départ.

Il fallut plusieurs jours avant d’avoir quelque chose sortant de l’ordinaire. Son régiment servait de force lourde rapide principale de l’avant-garde. Ainsi, il resta longtemps à l’avant, prêt à combattre en permanence. A mesure qu’ils s’enfonçaient dans les collines à l’ouest, Astrid craignait une embuscade. Car les collines étaient hautes et il était facile de dissimuler des forces importantes derrière et de pouvoir agir rapidement. Une semaine après le départ du champ de bataille, alors que son régiment bivouaquait pour la pause de la mi-journée, un messager du commandant de l’avant-garde arriva à toute vitesse. Il s’arrêta devant la jeune femme qu’il salua avant de dire à toute vitesse :
« Commandant De Lyonesse. Le Général Kim Sang vous demande en personne sur le champ. Il dit que c’est urgent, commandant. »
Elle soupira profondément et fit un signe de tête à Xiang Feng, lui faisant ainsi comprendre qu’elle partait et qu’il prenait provisoirement le commandement du régiment. Elle ne pouvait ignorer un tel ordre de la part de son supérieur direct. Elle finit par répondre :
« Va lui dire que je viens aussi vite que possible. »
Elle se dit mentalement qu’elle aurait aimé finir son repas mais finit juste de boire gobelet d’eau avant de prendre ses armes et d’équiper son cheval. Si elle ne se trompait pas, elle serait de retour au moins au moment du départ. Et elle ne voulait pas faire perdre de temps. Ce fut donc toute équipé qu’elle partit rejoindre son supérieur. Ce dernier l’attendait au milieu de guerriers d’élite qui semblaient sur leurs gardes. Elle fronça les sourcils et se demanda ce qu’il pouvait bien se passer. Puis, elle remarqua un destrier bretonnien. Elle en aurait reconnu un au premier coup d’œil. Ce qui la surprit le plus fut d’en voir un deuxième juste derrière. Cela l’intriguait car de telles montures n’avaient aucune raison de se retrouver de ce côté de Cathay. Tout au plus être du côté de la route de la Soie serait normal. Ou alors près d’un port de la côte, si un navire était arrivé là-bas. Mais pas aussi loin au sud-ouest. Elle attacha ses cheveux et s’approcha, curieuse. Aussitôt, un des guerriers s’approcha d’elle et prit la bride de son cheval. Elle descendit prestement et alla saluer le général Kim. Ce dernier était dans la cinquantaine mais encore très énergique. Comme Astrid, il maniait une Longue Epée Cathayenne. Il l’avait d’ailleurs régulièrement entraînée.
« Général, je suis venue comme vous me l’avez ordonné.
-Parfait. Vous allez donc pouvoir m’éclairer sur ce que disent ces deux guerriers. »
En disant cela, il montra de la main des soldats derrière lui. Ces derniers s’écartèrent et révélèrent deux Bretonniens qui laissèrent la jeune femme bouche bée quand elle les reconnut.

Pour Astrid, cela était impossible. Ils n’avaient pas pu la retrouver par hasard après autant de temps. Cela faisait plus de quatre ans qu’elle ne l’avait plus vu. Et pourtant, son père se trouvait devant elle. Un peu plus vieux, certes. Mais bel et bien vivant et semblait juste fatigué. A ses côtés, un chevalier qu’elle ne connaissait pas du tout. Ils étaient à genoux, les mains attachées dans le dos. Ils la regardaient, tout aussi choqués qu’elle. Elle demanda alors au général de les libérer, qu’ils n’avaient rien à craindre d’eux. Une fois cela fait, elle se jeta dans les bras de son père adoptif. Ce dernier la serra fortement. Elle adorait quand il la tenait ainsi. Elle se sentait en sécurité. Il l’avait reconnue au premier coup d’œil. Il l’avait élevée pendant seize ans et ses cheveux étaient caractéristiques, bien qu’ils aient foncés avec le temps.
Elle finit par parler en bretonnien :
« Je… Mais… Qu’est-ce que vous faites ici ?
-Nous sommes venus te retrouver et te chercher.
-Qui êtes-vous, demanda-t-elle à l’autre chevalier ?
-Je suis Rodrick d’Anguilert, ma Dame. C’est un honneur pour moi que de vous revoir après tant d’années. »
La jeune femme regarda son père avec curiosité. Aussi, il ajouta :
« J’ai fait partie des chevaliers vous ayant croisé quand vous aviez huit ans et que vous vous étiez enfuie. Nous vous avons beaucoup cherchée. »
La bretonnienne rougit quelque peu et remarqua alors les regards surpris des soldats et officiers impériaux. Aussi, elle s’adressa au général :
« Ils sont fiables. Celui-ci, elle désigna son père, est Gontran De Lyonesse, mon père adoptif. Celui-là, elle montra Rodrick, est Rodrick d’Anguilert, son compagnon d’armes. Je suis prête à me porter garante d’eux.
-Bien. Rendez leur leurs armes, fit-il à ses soldats qui obéirent sur le champ. Ils resteront avec vous, ordonna-t-il à la jeune femme. »
Cette dernière acquiesça et s’apprêta à repartir mais son père l’arrêta.
« Astrid, il nous faut vous prévenir. Une armée du Chaos arrive droit devant.
-As-tu la moindre preuve ? Notre parole ne suffira pas.
-Dans ma sacoche arrière droite. »
La concernée soupira et alla à la monture de son père et fouilla dans la sacoche correspondante. Elle y trouva une main de guerrier du chaos. Coupée récemment. Elle remarqua que tous s’étaient tournés vers elle. Le général vint immédiatement et l’examina quelques secondes avant de lancer une série d’ordres. Astrid ordonna alors à son père et son frère d’armes de venir avec elle. Dans le même temps, de nombreux messagers partaient dans plusieurs directions pour prévenir le gros des troupes. Elle rejoignit bien vite son régiment et leur expliqua la situation. Ces derniers acceptèrent sans broncher et se préparèrent au combat. De leur côté, Gontran et Rodrick étaient déjà prêts.

L’ennemi arriva bien vite. Ils étaient nombreux, mais beaucoup moins que l’avant-garde. Il s’agissait surtout de chevaliers montés sur des montures semblant sorties des Enfers. Astrid comprit sur le champ que ce serait son régiment qui devrait charger. Elle avait la force montée la plus lourde immédiatement disponible et le gros de la cavalerie n’arriverait que plus tard. Elle vit Gontran repérer le commandant de la troupe ennemie et se placer dans sa direction. En bon paladin du Graal, il allait défier les chefs pour leur donner la justice de la Dame. Elle murmura une prière à cette dernière avant d’ordonner la charge. Poussant un grand cri de guerre, les sept centaines d’hommes chargèrent une centaine de Chevaliers du Chaos. La distance entre les deux unités diminua rapidement et l’impact arriva. Aussitôt, la jeune femme se préoccupa surtout de savoir ce qu’il se passait à son niveau. Elle ne pouvait pas tout faire. Elle vit, de loin, son père affronter un champion ennemi. Il lui tenait tête. Elle se désintéressa bien vite du combat pour s’occuper de ceux qui l’attaquaient. Elle ne maniait pas Crépuscule mais la lame forgée par les nains. Ses coups étaient moins puissants mais elle était plus à l’aise.
Si les Chevaliers du Chaos étaient les meilleurs cavaliers de la région, ils étaient bien trop peu nombreux et ils finirent par être submergés par le nombre. Astrid finit par démonter et tira Crépuscule de son fourreau. Les derniers ennemis étaient à pied et elle ne voulait pas risquer sa monture dans ce combat. Elle remarqua Rodrick faire de même. Puis, un cavalier plus grand que les autres lança un défi. Par réflexe, elle le releva, sous les regards ahuris de ses soldats. Elle déglutit en le voyant arriver. Son armure évoquait des plaisirs immenses et la luxure. Elle avait envie de s’y abandonner. Ses réflexes la sauvèrent alors que la lame ennemie s’abattait sur elle. Le choc de l’obsidienne contre le métal originaire d’un météore lui fit reprendre ses esprits et elle riposta violemment, acculant le guerrier. Puis, avec un coup chanceux, elle parvint à le décapiter, Crépuscule traversant son armure comme du papier.

La guerrière souffla quelques instants et regarda autour d’elle. Le combat était terminé et ils n’avaient eu que des pertes minimes. Son père adoptif et son compagnon d’armes étaient en vie et n’avaient que des blessures sans importance. Soudain, alors que ses hommes et elle repartaient vers leurs montures pour rejoindre l’avant-garde, des cors et tambours se firent entendre de là où les chevaliers du Chaos étaient venus. Astrid se retourna sur le champ et aperçu au loin une énorme armée arriver. Elle envoya aussitôt un messager et donna l’ordre de se replier en vitesse pour éviter l’annihilation. Il y avait tellement de fantassins en face qu’ils se seraient fait massacrés dans une charge, glorieuse certes, mais totalement inutile. La jeune femme fermait la marche tandis que Xiang Feng l’ouvrait. Elle avait à ses côtés Rodrick et Gontran, prêts à en découdre à la moindre occasion.
Alors qu’ils se repliaient en très bon ordre, un rugissement terrible emplit l’air et le soleil fut brièvement masqué. Puis, des flammes noires engloutirent une partie de ses hommes. Elle comprit aussitôt. Le dragon était de retour. Elle tenta de rallier ses troupes mais ses hommes s’éparpillaient dans tous les sens. Cela donna la place au monstre pour atterrir, écrasant plusieurs cavaliers au passage. Il était noir comme la nuit et doté de deux têtes, chacune plus terrifiante que l’autre. Dans une vision d’horreur, elle vit son père adoptif charger la bête. Avec une lenteur insoutenable, elle vit un guerrier descendre du monstre. Il était immense et son épée était mortelle. A nouveau, elle tenta de récupérer autant d’hommes que possibles, parfois en essayant de contourner le dragon. Mais ce dernier faisait place nette autour de lui et elle n’arrivait plus à motiver ses troupes. Elles étaient complètement pétrifiées. Elle regarda à nouveau le duel opposant Gontran au guerrier en armure noire. Ce dernier avait clairement le dessus et avait déjà tué la monture du chevalier. Quelques secondes plus tard, il le coupa littéralement en deux. Astrid écarquilla les yeux d’horreur. Sur le champ, Rodrick chargea mais il fut catapulté à une importante distance par une tête du dragon avant qu’il n’ait eu le temps de faire quoi que ce soit. Comprenant qu’elle devait montrer l’exemple, la bretonnienne saisit une lance dans les mains d’un soldat figé par la peur et la plaça sous son bras avant de charger.

Faisant attention aux deux têtes du dragon et parvenant à guider son cheval pour les esquiver, la jeune femme parvint pratiquement à atteindre le champion du Chaos. Mais ce dernier se retourna au dernier moment. Il saisit la lance avant qu’elle n’ait pu l’atteindre et souleva la bretonnienne de sa selle avant de l’envoyer voler sur plusieurs pieds. Elle avait mal mais se releva rapidement en voyant de lourds pieds métalliques arriver vers elle. Astrid dégaina Crépuscule et se mit immédiatement en garde. Il était beaucoup plus grand qu’elle et faisait plus de sept pieds de haut. Il était plus large et plus grand que celui qui avait tué son ancien commandant. Une aura de terreur pure l’entourait. Mais cette fois, elle ne se laissa pas prendre à cela et se prépara à vendre chèrement sa peau. La jeune femme savait qu’elle ne survivrait probablement pas. Si Gontran n’avait pu le tuer, ce n’était pas elle qui le ferait. Sauf avec beaucoup de chance.
Le guerrier lança en premier les hostilités avec un coup surpuissant. Elle l’esquiva habilement. Mais plus rapidement encore, il détourna son bras pour effectuer un coup de taille, forçant Astrid à le parer. Il était aussi fort qu’un ours en colère. Mais elle parvint à se reculer prestement. Miraculeusement, cela continua pendant plusieurs minutes. Elle tenait bon mais fatiguait rapidement. La jeune femme comprit qu’elle ne pourrait jamais en sortir gagnante indemne. Elle y laisserait sa peau, peu importe ce qu’il devrait arriver. Autour d’elle, des bruits de combats avaient surgi et des sons de tambours et cors devenaient de plus en plus puissants.
Puis, elle baissa sa garde volontairement, voulant attirer le champion dans un piège. Aussitôt, il s’y engouffra. Il lui visa le ventre avec une telle force que la lame perça l’armure et traversa Astrid de part en part. Elle hoqueta, du sang remonta à travers sa trachée et coula de sa bouche. Cependant, elle ne perdit pas ses moyens et s’agrippa au bras de l’ennemi qui tenait la lame alors qu’il essayait de la dégager. Cela le força à l’attirer vers lui. Quand elle fut très proche de lui, elle parvint à prendre Crépuscule avec ses deux mains et l’enfonça de toutes ses forces dans son heaume, perforant la tête du guerrier de part en part. Lentement mais sûrement, il s’effondra. La jeune femme avait glissé de la lame et chuta au sol, sur le côté. Elle se tourna sur le dos et saisit l’épée enchantée avant de la tenir très fort contre elle. Au loin, elle voyait le ciel bleu rempli de nuages parsemés de traits et de traînées indiquant les roquettes. C’était un beau jour pour mourir. Elle vit le visage du Seigneur Fu Chi dans son champ de vision et sombra dans l’inconscience.
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Hjalmar Oksilden
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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Mar 24 Oct 2017 - 17:23

Eh bien,c'est une sacré œuvre qui se termine. Et je tiens à faire remarquer que malgré sa longueur, la chose s'est écrite en un temps record Blink

Beaucoup de choses ont déjà été dites et je ne vois pas forcément quoi y rajouter si ce n'est peut-être une critique finale : pense à équilibrer le développement de certains passages. On alterne parfois entre des descriptions assez longues d'actions simples pour enchaîner avec des grands voyages ou des passages psychologiquement important pour Astrid qui eux tiennent en un paragraphe.

Tu as beaucoup à raconter et, sincèrement, j'admire le fait que tu ai réussi à caser autant en un seul ouvrage, mais si le ton plus détaché marchait avec Gilgalad (après tout c'est un haut-elfe), ici il a parfois tendance à faire sortir de l'action. Tout est une question de dosage. Quand à savoir comment doser, eh bien, cela vient avec l'expérience, mais je suis plutôt confiant pour la suite puisque ton style s'améliore tout en restant bien à toi.

J'attends donc "Un Vampire Pas Comme Les Autres" de pied ferme. Après tout, c'est que j'ai envie de savoir ce qu'elle devient la petite. Cool
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Une histoire pas comme les autres   Mer 15 Nov 2017 - 8:28

Notre héroïne est morte comme elle a vécu : au combat, épée en mains. Elle rejoindra sans peine le hall de ses ancêtres au Valhalla...

Comment ça, elle n'ira pas au Valhalla ? *voit le titre de la suite* Ah. Bon. Eh bien, elle n'est pas au bout de ses peines, la pauvre Astrid. Au vu du personnage, je me demande sérieusement comment elle va appréhender sa 'vie' après sa mort. La transition sera sans doute cruciale.

La suite Happy

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Une histoire pas comme les autres
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