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 Textes du Concours de Récits 2016

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Keraad de Gespenst
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Vainqueur de concours : Concour de texte

MessageSujet: Textes du Concours de Récits 2016   Dim 18 Sep 2016 - 10:36

Bonsoir à tous et à toutes.

A nouveau les plus grandes plumes du Vieux Monde sont réunies pour nous éblouir de leur talent, il est plus que temps de vous laisser nous régaler avec vos textes.


Voici auparavant le classique rappel des règles:

-Les textes devront se situer dans l'univers de Warhammer et tourner autour du thème de cette année qui est l'élément déclencheur "Un elfe entre dans l'auberge". Pour l'intégralité des règles (notamment les mots à placer), je vous invite à vous rendre dans le sujet approprié.

-La longueur maximale des textes est fixée à deux pages word en police 11 ou 8000 caractères (espaces compris) afin de vous laisser plus de choix pour la mise en page.

-Le présent sujet sera ouvert à dater d'aujourd'hui jusqu'au 30 septembre pour accueillir l'ensemble des textes, et uniquement ces derniers. Pour tous les commentaires, les questions et autres présentations, merci d'utiliser le sujet prévu à cette fin.

-Un second sujet sera ouvert entre le 1e et le 31 octobre pour accueillir les votes.

-Le nouveau (ou la nouvelle) Comte (Comtesse) de la Crypte entrera en fonction dès que les votes auront été dûment comptés et recomptés.


A présent c'est à vous de jouer! Place aux Récits! Musicien squelette
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Gilgalad
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Dim 18 Sep 2016 - 10:58

Un elfe dans une auberge :


Dehors, la tempête battait son plein. L'auberge était très animée, tout le monde voulant un plat chaud et les célèbres pâtisseries qu’on y trouvait. Même si les lits n'étaient pas les plus confortables. La nourriture était exquise. Les conversations tournaient toutes autour du même sujet : la guerre. L’Empereur, que Sigmar le protège, prévoyait de partir en guerre contre les suppôts du Chaos. Soudain, la porte s’ouvrit à la volée. Un être longiligne, plus grand qu’un homme entra. Il enleva sa grande capuche, révélant de longs cheveux sombres d’où fusaient deux oreilles pointues.
Un elfe entre dans l'auberge. Une auberge avec des nains. Voilà qui était fort de nos jours dans l’Empire des Hommes. Il partit s’asseoir dans un coin, le dernier où il pouvait être tranquille. Une servante vint vers lui et lui donna la carte, sur une plaquette de terre cuite. Il y avait là quelques plats normaux. Mais surtout de nombreuses pâtisseries. Après tout, c’était pour cela qu’elle lui avait été recommandée. Il y avait de quoi faire entre les tartes, millefeuilles et autres. Finalement, l’elfe commanda une entrecôte, un pichet de vin et une tarte à la fraise. Il les appréciait particulièrement quand il était chez lui, de l’autre côté du Grand Océan. Il savoura le repas en pensant à ce qu’il pouvait faire après. Il se tâtait entre plusieurs options. Mais une d’elle le satisfaisait particulièrement. Alors qu’il venait d’attaquer son dessert, il entendit une dispute éclater à l’autre bout. Un nain et un humain :
« Tu me dois une chouquette, juste une, espèce d’incapable de forger une arme correcte ! – C’était le nain.
-Mais depuis quand espèce de demi-portion incapable de s’asseoir sur une chaise ! – C’était l’homme, qui devait être forgeron étant donné l’insulte du nain.
-Parce que ton arrière grand-oncle en doit une à mon grand-père abruti de forgeron ! Et comme tu es le seul héritier de ta famille, c’est à toi de payer la dette ! Et je n’accepterais pas des armes ou autres « trucs » de pacotille venant d’un forgeron humain.
-Mais c’était il y a un siècle et demi. Il y a prescription pour ça, non ?
-Non. Pas pour les nains. Alors maintenant, tu payes ma chouquette avec les intérêts ou je te tue !
-Essaye toujours, tu n’arriveras pas à m’atteindre avec ta petite taille. »
La dispute continuait ainsi alors que l’elfe mangeait sa tarte à la fraise. Tous les clients regardaient le nain et le forgeron. L'aubergiste tentait bien de les calmer. Mais rien n’y faisait. Ils semblaient sourds à ses demandes.

L’elfe voulait manger son dessert tranquillement, sans être importuné. Il se leva et partit dans l’arrière-salle discrètement. Il ferma toutes les issues à double tour et les bloqua. Il fit de même avec la réserve. Personne ne pouvait le voir, puisque tous les clients et serveurs étaient accaparés par la dispute. Il revint dans la salle principale et fit de même avec la porte d’entrée. Il dit alors d’une voix calme mais forte :
« Maintenant, tout le monde se tait. »
Tout le monde se tourna vers lui et commença à l’invectiver. Il tira alors une lame de sous son manteau. Il continua :
« Taisez-vous ou je vous tue. Je désire manger mon dessert en paix. »
La seule réponse fut un flan qui lui fut envoyé au visage. Seul un réflexe surhumain lui fit éviter l’assiette et le dessert posé dessus. Il alla s’écraser contre la porte. Pour lui, c’en était trop. Surtout quand d’autres aliments lui furent lancés dessus. Il tua la première personne devant lui. Puis la seconde et ainsi de suite. Les chaises commencèrent à voler vers lui mais aucune ne parvint à l’atteindre. Il se riait d’eux. Ceux qui tentaient de l’affronter mourraient en quelques secondes. Finalement, il resta que les femmes, les enfants, l'aubergiste, le nain et le forgeron. Le nain se précipita vers lui en hurlant des insultes dans sa langue. Il voulait probablement venger des millénaires de rancunes. Mais il était loin d’être un grand guerrier. L’elfe évita majestueusement sa hache et le frappa à la gorge, sous la barbe. Le nain, très résistant se retourna. Mais l’elfe était à nouveau derrière lui. Il lui trancha la nuque et brisa sa colonne vertébrale. Le nain était mort.
« Merci beaucoup noble elfe de nous avoir débarrassé d’un gêneur. »
C’était l'aubergiste. Il tentait de sûrement rattraper les choses et sauver le peu qui pouvait l’être. Mais c’était bel et bien trop tard. L’elfe lui répondit :
« Il fallait trouver une solution avant. Maintenant, vos vies sont à moi. Et rien de ce que vous ferrez ne m’amadouera. C’est ainsi que cela se passe chez moi. A Naggaroth. »
Devant ces mots, les yeux du maître des lieux s’agrandirent de terreur. Ceux des autres clients suivirent peu après. Ils comprirent qu’ils avaient face à eux un des pires fléaux de l’humanité. Les Elfes Noirs. Quelques secondes plus tard, le premier s’effondrait, mort. Le forgeron fut le suivant. Il ne restait que les femmes et les enfants. Ces derniers pleuraient de terreur. Les mères tentaient bien de les calmer. Mais rien n’y faisait. Ils pleuraient. Malgré la résistance, l’elfe s’empara des enfants un à un et les tua tous. Puis, il s’occupa des femmes. Il prit une qui était jeune et belle femme. Puis lui lia les pieds et les mains avec une corde avant de la bâillonner. Sa maîtresse serait contente d’avoir une vierge pour son service personnel plutôt particulier. Ensuite, il partit se rasseoir à sa place. Là, il finit sa tarte aux fraises.
Elle n’était pas mauvaise. Mais il préférait définitivement les pâtes à la sauce carbonara de Tilée. Elle était plus prisée à Naggaroth. Surtout comme dessert.


Les mots utilisés sont les suivants : flan, tarte, millefeuilles. Le mot bonus "chouquettes" a été utilisé
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Arken
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Dim 18 Sep 2016 - 13:09

Le regard brillant de Torv fit le tour de la table et passa sur chacun de ses comparses. D’abord Finn, le jeunot de la bande, mais dont le visage était déjà marqué par une longue cicatrice sur la joue. Son sourire tordu lui fit comprendre qu’il avait toute son attention. A ses côtés se tenait Al’. Il n’avait jamais voulu dire de quel nom venait ce diminutif. Il avait la quarantaine, mais son travail fastidieux lui laissait l’apparence d’un vieillard. Il croisa ses yeux noisette remplis de malice. Malgré ses rides, il restait toujours aussi dynamique. Son troisième ami, Georges, dit le Gros au vu de la part de tarte à moitié engloutie juste devant lui et lorgnée par ses pupilles dilatées par le plaisir, était le plus riche du groupe. D’où son embonpoint, ses vêtements plus finement tissés, et surtout sa chevelure propre. Torv, lui, jouait le rôle du quatrième compagnon de table, ainsi que celui de conteur. Il parcourait toute la région durant l’année, mais l’Auberge du Croissant Estalien restait son lieu favori et il y passait au moins une fois par mois. Et ces trois-là, malgré leurs origines bien distinctes, étaient de grands habitués de ses histoires, et s’étaient accommodés à se côtoyer quotidiennement. Avec le recul, Torv avait même l’impression qu’ils développaient une sorte d’amitié. Des liens pas si difficiles que ça à créer, surtout que le bourgeois faisait preuve d’une étonnante générosité en payant les consommations de ses camarades.
Finn, le plus jeune et donc le plus impatient, se tortilla sur sa chaise.
- Alors Torv, t’as des nouvelles histoires, des rumeurs ? Et ne nous parle pas de la femme du bourgmestre… Sa frivolité et ses cris suggestifs ont déjà fait le tour de la ville !
Les rires gras de ses compagnons arrachèrent un sourire au conteur. Il les laissa se calmer puis les observa tour à tour, les yeux mystérieux. Il prit la parole, la voix soudainement plus intense :
- En premier lieu, chers amis, votre humeur hilare me donne envie de vous partager une blague des plus plaisantes.
Ils hochèrent la tête avec intérêt. Il continua.
- C’est un elfe qui rentre dans l’auberge et…
- ‘scusez-moi les gars, ai pas pu v’nir avant.
L’homme qui l’avait interrompu était Riv. On lui fit une place autour de la table et il s’affala sur une chaise, essoufflé. Le pauvre mendiant avait encore dû se faire courser par la garde avant d’arriver ici. Torv lui laissa quelques instants pour reprendre ses esprits et saluer tout le monde avant de recommencer :
- C’est un elfe qui rentre dans l’auberge…
- Attends, ami conteur ! Riv m’a l’air assoiffé, laisse-moi lui commander une bière !
Georges fixa ensuite son assiette vide, sans même une miette. Il releva la tête et héla la tenancière qui essuyait un verre derrière le comptoir et dont le regard se tinta d’intérêt quand elle le vit.
- Chouquette ! Apporte-nous une autre pinte, et un feuilleté au fromage pour moi !
Le message transmis, les yeux du bourgeois revinrent sur Torv et il hocha la tête, lui demandant de continuer. Le conteur ne se fit pas prier :
- C’est un elfe qui rentre dans l’auberge, et…
Un brouhaha aussi soudain qu’intense lui coupa la parole. Au fond de la salle, autour d’une grande table en chêne, une quinzaine de bonhommes gueulaient à tue-tête. Il s’agissait des bûcherons de la ville, qui aimaient bien se détendre après leur journée en buvant une bière. Mais ce soir-là était spécial pour l’un d’entre eux…
- ZUM GEBURTSTAG VIEL GLÜCK HANS !
Ils explosèrent en cris de hourra et de rire à la fin de la chanson. Le calme revint peu à peu, dans la pièce et dans l’esprit de Torv. Il souffla lentement pour évacuer la frustration de se faire interrompre à chaque fois. Il faillit recommencer, mais il eut la présence d’esprit d’attendre que la serveuse vienne les servir. Une fois la demoiselle partie, il vérifia que les quatre hommes étaient à nouveau attentifs, et il put reprendre :
- C’est un elfe qui rentre dans l’auberge.
Il fit une infime pause, dans la crainte d’un nouvel évènement. Les discussions normales avaient repris dans l’auberge, laissant une ambiance feutrée propice aux histoires. Satisfait, il continua :
- Et alors que…
Un ivrogne atterrit sur la chaise vide juste à côté du conteur dans un fracas assourdissant. Il se releva tant bien que mal sous les yeux ahuris des cinq compagnons. Puis il invectiva le coupable de cette chute monumentale.
- Boursemolle ! Jamais tu l’auras !
Puis il se précipita sur l’homme qui riait hautainement au fond de la salle, renversant tout sur son passage. Chouquette, la tenancière, avait l’habitude de ce genre de frasques, et savait tout aussi bien les gérer. Elle fut donc surprise quand quelqu’un d’autre la devança.
- CA SUFFIT !
Son cri avait été si soudain et si puissant que toute l’assemblée se figea, y compris les deux bagarreurs. Torv s’était levé, et les regardait d’un œil noir, le visage rouge pivoine.
- J’ai une histoire à raconter, alors soit vous vous calmez, soit vous sortez !
Les deux hommes s’observèrent en chien de faïence encore quelques secondes. L’ivrogne finit par cracher par terre avant de prendre la porte. L’autre se rassit lentement à sa place et fit un geste d’apaisement envers le conteur. Ce dernier contempla toute la salle d’un air inquisiteur avant de se rassoir. Les discussions reprirent à nouveau, mais encore plus basses qu’avant. On pouvait entendre l’aubergiste poser les chopes sur le comptoir et la porte s’ouvrir quand un nouveau client entra. Certain d’avoir toute l’attention de son public, il reprit :
- C’est un elfe qui rentre dans l’auberge…
- Euh… Torv…
- Quoi ?! Tu ne veux pas entendre ma blague ?
Finn sentait la rage contenue dans la voix de son ami. Il préféra se taire. Le conteur le regarda d’un œil méfiant, et recommença une énième fois.
- C’est un elfe qui rentre dans l’auberge…
- Torv.
C’était Al’ cette fois. Il avait regardé par-dessus l’épaule du conteur avant de l’interrompre en posant sa main sur son bras. Il observa les autres. Ils avaient tous ce même regard de crainte. Intrigué, Torv fronça les sourcils, sa rage soudain évaporée. Que diable se passait-il pour que ses compagnons lui demandent d’arrêter ? Il se tourna lentement sur sa chaise.
Un homme s’approchait d’eux. Grand, svelte, le port altier, de longs cheveux lisses et blonds, qui laissaient apparaitre entre leurs mèches deux fines oreilles pointues. Il prit une chaise à proximité et se rajouta à la table. Il posa sa coupe, un sourire narquois aux lèvres.
- Alors, conteur, cette blague ?

_________________
Les mots sont un don. Les mots sont une arme. Les mots ne se gaspillent pas. P.B.
"Despierta y ponte a soñar"
Ceux qui ne croient pas en la magie ne la trouveront jamais.
Spoiler:
 


Dernière édition par Arken le Dim 18 Sep 2016 - 21:36, édité 1 fois
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Nannerl
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Dim 18 Sep 2016 - 16:28

Par un soir d'un temps misérable et pluvieux quelque part dans les environs de Nuln, une petite silhouette se déplace avec vélocité dans l'ombre de la nuit, les bruits des chiens suivit de pas de courses soutenus par des multiples coups de fouets et le cliquetis d'armes en métal de ces poursuivants étouffés par intermittence d'un coup de tonnerre dont l'éclair déchire le ciel sombre illuminant sa présence dans un bruit épouvantable qui fournissait comme des ailes à cette dernière. Au bord d'un croisement la route dessine une fourche auquel un panneau indiquant "Auberge de Bob le Gros" épuisée et blessée, elle s'y dirige avec ses dernières forces, elle n'eut pas l'énergie suffisante pour frapper la lourde porte en bois, elle s'effondre dessus et s'évanouit...

Au réveil, elle se trouve dans un lit sous diverses couvertures, elle sent que son corps ne répond pas aussitôt surement à cause de son épuisement, elle sursaute par le bruit d'un claquement de porte suivit d'une voix d'enfant.
- Mamannn!!....la dame aux grandes oreilles est réveillée prononce cette voix suivit aussitôt de bruit de pas dans l'escalier.

La porte s'ouvrir d'un coup, une femme rentre dans la chambre, elle esquisse un sourire amical puis dépose des vêtements propres sur le bord du lit. Elle invitait son hôte de s'en vêtir et de la rejoindre dans le hall. L'elfe s'exécute et descend quelques minutes plus tard dans la descente de l'escalier, une odeur nouvelle la percute de plein fouet, une odeur agréable comme du pain frais mais elle déduit plutôt à une tarte aux cerises. Comme attirée elle se dirige vers la source, elle y découvre une pièce inconnue dont la femme lui fait signe de s'approcher sans autre. Un homme musclé et gras en même temps et d'une pilosité prononcée au torse portant un tablier débarque juste derrière l'elfe qui sursaute.
- Tiens la chouquette est réveillée, plaisante ce dernier sous les yeux sévères de sa femme.
- Au lieu de faire ce genre de propos ,mon gros, va donc sortir les croissants et la tarte du four avant qu'ils ne durcissent trop, s'exprime la femme dont le ton de la voix n'avait rien d'une frêle religieuse de village.

Suite à cette interaction rustique et habituelle poursuivit d'une présentation générale, l'homme se nomme Bob le gros pour son ventre de bon-vivant et dirige l'auberge, sa femme plus terre à terre, Géraldine dirige l'endroit que les humains appellent une boulangerie cela n'existe pas sous cette forme en Athel Loren. Intriguée par l'odeur enivrant mais aussi de la pure gentillesse de ces humains envers elle. Elle se dit que pas tous les humains sont stupides, violent et cruels car pas une fois, ils n'ont remit en question ma race ni me craint ou me rejette comme si ce détail n'est qu'insignifiant, cela lui réchauffe le cœur.  

Géraldine invite l'elfe à une table, elle y déposes diverses plats, dont un qui ne tiens pas en place. La femme fit une remarque sur Bob comme quoi il faut pas faire attention à ce gros dadet dont le cerveau est replacé par ça (elle désigne le flan sur la table). L'homme entendit du fond de la pièce et s'exprime avec répartie "Moi aussi je t'aime ma Géraldine" cela fit sourire l'elfe et introduit une ambiance joyeuse et bon enfant. La femme fait la remarque à l'elfe de reprendre des forces suite à son aventure d'hier

L'elfe se concentre sur le premier plat et déguste avec saveurs la fameuse odeur, une tranche de tarte aux cerises. Ses longues oreilles commencent à s'exprimer sous le regard interrogé de l'enfant derrière les barreaux de l'escalier. elle termine le plat avec passion puis Bob dépose une gros bière sur la table juste devant elle.
-C'est pas trop sec demande-t-il (l'elfe fit un signe de non de la tête) tiens prend une bière, chouquette je te l'offre puis repart vers le four.

L'elfe fut vite indisposée devant la bière, elle n'y touche pas mais cela lui rappel une certaine taverne qu'elle avait côtoyée il y a peu, mais suite à un événement, elle à dut s'enfuir en vitesse, trop de précipitation l'a conduite dans un bosquet aux abords de Nuln, dans l'Empire. Prise pour une sorcière à son arrivée par un paysan elle fut chassée comme du bétails par les humains.

Une fois les plats savoureux engloutit, elle se tourne vers les propriétaires et leur demande comment elle pouvait les dédommagés pour leurs efforts. Bob sort la tête de la cuisine et d'un sourire aussi profond et s'exprime avec sagesse.
- Nous ne voulons pas d'or, juste que tu retrouve le sourire qui rend ton visage si magnifique dit-il, ces mots me firent rougir car cela m'avait atteint mon cœur, gênée.

En voyant la simplicité et l'amitié dans leurs yeux et l'amour qu'ils possèdent pour la pâtisserie et puis surtout les remercier de m'avoir secourue. Relativement bonne pâtissière elle propose à Géraldine de lui faire découvrir un plat encore inconnu en cette contrée. Géraldine étonnée accepte avec plaisir.  
L'elfe confie la liste des ingrédients à Bob qui s'empresse d'aller les chercher. Elle reste avec la femme pour façonner la pâte nécessaire à la fabrication, les ustensiles sont rustique mais cela n'est qu'un détail parmi tant d'autres. Au retour de l'homme, ils terminent toutes les étapes qu'elle expliquait en détail, Géraldine un bloc de feuille à la main munie d'un crayon imprime la recette elfique. La dernière étape fut le four, à peine après dix minutes, une odeur s'échappe de la porte, une odeur de pomme de pain, de cannelle et diverses épices.
Intriguée par la préparation, Géraldine interpelle l'elfe.
- J'en ai jamais vu telle pâtisserie, dit-elle, même dans les buffets royaux...qu'es donc?

L'elfe lui raconte son histoire, un plat se dégustant principalement aux premières tombées des feuilles de la forêt qui produisent un dense tapis de multiples couches, cette pâtisserie s'inspire à cette apparence feuilletée et symbolise l'automne chez mon peuple.

Géraldine écoute avec passion, mais s'interroge elle demande comment s'appelle cette sorte de millefeuille. L'elfe lui traduit de l'elfique "Tapis d'automne". La femme affirme que cela est un nom bien trouvé mais esquisse un sourire.
-Comment t'appelles-tu, jeune elfe des bois, dit-elle (l'elfe fut étonnée sur le coup, cette femme avait donc deviné).
-Nannerl , répondit l'elfe
- Cela est un très joli nom, je vais appeler ta pâtisserie "MilleNannerl" s'exclame la patronne, qu'en penses-tu Bob? .
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Dim 18 Sep 2016 - 17:33

Dans une quiétude religieuse


     Dans une quiétude religieuse, un croissant d’argent amorçait une lente ascension sur le ciel nocturne, éclairant peu à peu la surface d’un vaste lac aux eaux noires. L’étendue d’eau était amoureusement enserrée par des champs de blé, et un unique chemin de terre conduisait à un petit quai aménagé sur la rive. Là, trois solides barques attendaient paresseusement leurs propriétaires, qui arriveraient au petit matin avec leurs paniers et leurs filets tressés.
     Le chemin, bordé de fleurs de coquelicot, conduisait à travers champs, droit vers un petit village fortifié : sur le bleu tendre du ciel nocturne se dessinaient les pointes d’une palissade en bois. Les portes étaient fermées depuis longtemps, et sur les deux tours de garde jumelles les sentinelles somnolaient paisiblement.
     Au-delà, les rayons de lune diffusaient leur douce lueur sur les toits d’une petite dizaine de chaumières. Toutes semblables dans leur construction, simple et efficace, elles s’effaçaient toutefois à côté d’un édifice un peu plus imposant, qui comptait un étage entre le rez-de-chaussée et le grenier. Une petite enseigne à l’entrée ôtait les derniers doutes que l’on pouvait avoir quant au rôle de la bâtisse : quelque artiste inconnu y avait adroitement dessiné une chope rehaussée d’un nuage de mousse. Tous les feux y avaient été éteints, les villageois ayant finalement rejoint leurs femmes et leurs enfants dans leurs demeures respectives.

     Un elfe entra dans l’auberge silencieuse. Haute et fine silhouette dont l’ombre dissimulait les traits, l’être féérique glissa tel un chat à travers la salle des convives. Tâtonnant dans le noir, il trouva sans mal l’escalier conduisant à l’étage, et l’emprunta sans un bruit, ses pieds nus effleurant à peine les planches habituellement grinçantes. Parvenu à un long couloir, il fut confronté à un choix entre plusieurs portes similaires. Hésitant, il demeura immobile pendant quelques instants. Alors, il fut interpellé par un petit bruit dans sa sacoche, étrange mélange entre le gazouillis des oiseaux et le piaillement discret des moustiques. Lorsqu’il ouvrit la sacoche, deux minuscules créatures scintillantes en surgirent, laissant une trainée de lumière éphémère derrière eux. Volant de leurs petites ailes colorées, ils eurent tôt fait de se placer devant la toute première porte, celle qui se trouvait en face des escaliers. L’elfe hocha la tête, et les deux farfadets retrouvèrent docilement le refuge de sa poche de cuir. Il ne lui restait plus grand-chose à faire.      

     Lorsqu’il entra dans la chambre, une vision de danger lui glaça le sang dans les veines. Un grand lit conjugal s’effaçait dans la pénombre. A travers la fenêtre, un rai argenté éclairait un large pan du plancher rugueux. A l’opposé du grand lit, un objet volumineux accroché au plafond : un berceau. Mais l’elfe n’était pas seul.
     Autour du berceau ils se tenaient en silence, ignorant le paisible repos des deux parents qui dormaient sur le grand lit ; à l’évidence, seul leur enfant les intéressait. Pourtant convaincu de n’avoir fait aucun bruit, l’elfe vit deux d’entre eux se tourner vers lui. Il fut abasourdi lorsqu’ils l’invitèrent d’un geste à les rejoindre.
     Ils étaient cinq, il était le sixième. Il se savait capable de tirer trois flèches à la fois, mais ne pouvait se résoudre à agir sans connaître ses ennemis. Il s’approcha donc, prêt à dégainer une dague à tout instant.

     Un jeune homme au crâne rasé, il portait une longue robe, un pendentif doré et une épée à sa ceinture. Un individu de noir vêtu, encapuchonné et masqué, le peu que l’on voyait de sa peau révélait une certaine pâleur. Une jeune femme d’une beauté quasiment elfique, ses atours masculins la rendraient suspecte aux yeux de n’importe qui. Un vieillard solidement bâti, avec une longue robe de voyage pourpre et un corbeau juché sur son épaule gauche. Un être humain à la peau desséchée, il n’avait de vivant que la capacité à se mouvoir.
     Tous, ils se dévisagèrent et hochèrent la tête. L’elfe sylvain, ahuri, les entendit tour à tour s’adresser à lui :
     - Cette enfant sauvera l’Empire.
     - Cette enfant terrassera le Roi-Sorcier.
     - Cette enfant apaisera le Prince des Plaisirs.
     - Cette enfant amènera la Mort à tous les vivants.
     - Cette enfant ramènera le Maître des Morts à la Vie.

     L’elfe cligna des yeux, accablé par l’absurde qu’il venait d’entendre. Cela ne se pouvait, tant de destinées possibles. Cela ne se pouvait. Elle avait le Don pour apprendre auprès de la Forêt. Elle avait le Don pour revenir un jour parmi les siens, et guider son peuple au nom de la vertu bretonnienne. L’elfe eut la quasi-certitude qu’il rêvait, car tout ce qu’il voyait le dépassait.
     - Et vous ? – interrogea laconiquement le vieillard.
     En guise de réponse, presque inconsciemment, l’elfe libéra ses petits amis forestiers de sa sacoche. Les farfadets surgirent telles deux étoiles filantes et la vision de leur mouvement échappa même à l’assassin druchii. En un éclair ils décrivirent un rapide cercle au dessus du berceau et, dans un bruit semblable à un tintement de clochettes, l’enfant disparut avec eux…
 
     Les rivaux de l’elfe entrèrent dans une rage folle.
     Éveilles par les cris et le vacarme soudains, les parents affolés moururent dans l’échauffourée sanglante.
     Lorsque quelques villageois paniqués firent irruption dans la chambre du jeune couple, une voix terrible et grinçante les figea sur place :
     « SOYEZ MAUDITS !!! »
     Dans un dernier râle, le serviteur de Nagash s’effondra au milieu de sept corps.

_________________
L'eau, ça mouille. Et ça fait des vagues puis ça devient plat. Et on voit dedans comme dans une vitre. Et ça fait froid quand ça mouille.

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Hjalmar Oksilden
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Lun 19 Sep 2016 - 22:24

Erreur de jeunesse :


     A la lueur des lunes, un elfe entra dans l’auberge… pour en ressortir quelques secondes après. Si cette histoire commence comme une mauvaise blague, l’elfe, lui ne rigolait pas. Après tout, il venait de réceptionner un tabouret avec son front.

     Elithriel, haut-elfe de son état, se retrouva donc sur le dos tout en étant gratifié d’un magnifique mal de crâne offert par la maison. Il se releva tant bien que mal en grognant, épousseta sa cote de maille -qui avait perdue de sa superbe avec la poussière et la neige qu’il venait de rencontrer - et lança un regard moribond à la porte de l’auberge. Cette dernière ne s’en offusqua pas et battait encore sur ses gonds. D’ailleurs, entre deux battements, Elithriel pouvait apercevoir subrepticement l’intérieur de l’édifice qui venait de le recracher. Et après un rapide examen, l’elfe se demanda si cela était une bonne idée d’essayer d’y rentrer finalement…
     Il va sans dire que les tabourets volants sont une catégorie de mobilier que l’on trouve fréquemment dans les auberges norses lors d’évènements particuliers. Ces évènements, les locaux les appellaient « de bonnes tranches de rigolades entre deux choppes », mais Elithriel aurait plutôt tendance à les décrire comme « des champs de batailles bordéliques dignes de l’invasion de Praag ». Dans les faits, une bataille de bar dans une auberge norse vire très vite de l’habituel échange d’insultes à une mêlée générale qui ferait pâlir de honte une horde de peaux-vertes chargé aux champignons. Mais les norses étant de nature solide, les décès entres deux tartes dans l’occiput étaient plutôt rares… Généralement.
     De son côté, Elithriel était surtout ahuri par le changement de tempérament des norses. Quand ce matin les navires marchands elfes avaient accostés avec la troupe de garde maritimes dont il faisait partie, les locaux avaient été d’humeur taciturne voire morose. Les échanges commerciaux s’étaient fait dans le calme et chacun était reparti de son côté. Mais là, c’était un tout autre monde ! Les nordiques faisaient maintenant preuve d’un déferlement d’émotions d’une violence inouïe. C’était à se demander s’ils s’agissaient des mêmes personnes que tout à l’heure !
     Le jeune elfe vit sa curiosité fondre comme neige au soleil pour se changer en une mer d’inquiétude. Et dire que quelques instants plus tôt il ne rêvait que de pouvoir s’immerger dans cette culture étrange et rustique… Il faut croire qu’elle l’était un peu trop pour lui.

     Elithriel resta donc devant la taverne avec un air de dégout clairement visible sur son visage. Mais un bruit de pas à sa gauche le fit se tourner vers le nouveau venu. Il s’agissait d’un haut-elfe plus âgé portant un heaume ouvragé en plus de son armure de garde maritime. Tenant ses mains derrière son dos, il affichait un petit sourire malicieux.
     « Je te croyais plus alerte Elithriel, gloussa-t-il. »
     L’intéressé pesta silencieusement et sentit ses joues s’empourprer de honte alors qu’il levait sa main pour masser son crâne meurtri.
     « Alors…. Vous me suiviez depuis le début capitaine ?
     -Ce ne fut pas bien compliqué, le village est petit et ta cotte de maille est assez bruyante en ces heures nocturnes, dit le capitaine elfe avec un sourire aux lèvres. Mais je ne t’en veux point d’avoir quitté le campement à vrai dire.
     -Ah… Ah bon ?
     -Je t’en veux parce que tu as quitté le campement sans prévenir tes camarades, gronda subitement le capitaine. Ecoute, je sais que ce voyage est ton premier et tu es curieux, comme tant d’autres avant toi. Mais je préfèrerais qu’à l’avenir tu évites de confondre curiosité et impétuosité. Tu avais des ordres et tu te dois de les respecter si tu souhaites intégrer nos rangs. De plus, rentrer dans une auberge norse en soirée sans rien connaître des coutumes locales ? Ne tiens-tu donc point à la vie ? »
     Les reproches du capitaine firent grimacer Elithriel qui se sentit profondément blessé dans son orgueil, mais il devait admettre qu’il avait eu tort. L’apprenti garde maritime releva la tête et regarda son supérieur droit dans les yeux avant de s’incliner.
     « Je vous demande pardon… J’ai fait preuve...
     -D’un manque de discernement évident, oui je sais, le coupa le capitaine. Mais il est inutile de dramatiser plus que nécessaire cette situation. Je suppose que tu as compris la leçon ?
     -Oui… murmura Elithriel.
     - Bien. Dans ce cas, allons-y. »
     Elithriel soupira et se dirigea vers la côte et le campement elfique qui s’y trouvait. Mais il fut stoppé dans son mouvement par le bras de son capitaine.
     « Où vas-tu soldat ?
     -Eh bien au campement, pourquoi ?
     -Je ne t’ai jamais dit d’y retourner, gloussa le capitaine. »
     Le visage d’Elithriel se fendit d’un sourire alors qu’il comprenait le sous-entendu de son supérieur.
     « Vous êtes sûr ?
     -Je préfère que tu étanches ta curiosité sous bonne garde. Au moins cela t’évitera d’en garder un mauvais souvenir. »
     Les deux elfes se dirigèrent donc à nouveau vers l’entrée mais le brouhaha de l’échauffourée rappela à Elithriel ses doutes. Le capitaine le remarqua et se retourna à demi vers le jeune elfe.
     « Évite de les provoquer, bois avec eux et surtout n’insulte pas leurs ancêtres. Si tu suis ces règles-là, tu devrais survivre à cette soirée.
     -Mais la bataille…
     -Oh ça ? »
     Sans plus de cérémonie, le capitaine rentra dans l’auberge. Il se campa tranquillement dans l’entrée, l’air de chercher quelque chose. Il n’eut pas à attendre longtemps pour qu’un norse passablement alcoolisé ne lui saute dessus. Utilisant ses réflexes surhumains, vif comme l’éclair, l’elfe esquiva les poings massifs du nordique et entreprit de lui asséner une série de frappe rapides dans l’estomac et les tempes. Quatre coups plus tard, le norse s’effondra dans un fracas terrible. Subitement, la totalité de la salle s’arrêta dans son combat et se retourna d’un bloc vers le capitaine souriant et un Elithriel progressivement terrifié. Le regard des nordiques se durcit et des poings se serrèrent dans l’assemblée.
     « Pourquoi se retourne-t-il tous ? balbutia Elithriel.
     -Ils détestent que l’on intervienne dans leurs coutumes. » - lui répondit nonchalamment le capitaine qui se retourna vers les nordiques éméchés. – « Tournée générale !! »
     Il y eu un instant de flottement et tous les norses se mirent à rire de bon cœur en criant des hourras joyeux. Alors que ces derniers se dirigeaient vers le comptoir en relevant leurs ennemis d’il y à un instant en rigolant, Elithriel regardait la scène d’un air hébété. Son capitaine se rapprocha de lui et lui tapota l’épaule.
     « L’expérience mon garçon. L’expérience. Tu finiras par t’y faire. Allez, maintenant allons les rejoindre. Par contre je te préviens, cette soirée va être un enfer pour toi.
     -P…pourquoi ?
     -Ça, ça veut dire que tu n’as jamais gouté d’alcool norse…  Ce maudit liquide te met un coup de fouet… Allez viens. »

     A la lueur des lunes, deux elfes entrèrent dans l’auberge.
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ethgri wyrda
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Dim 25 Sep 2016 - 10:12

De passage
Acte unique, scène solitaire


         La grande salle d’une auberge, modeste établissement d’un bourg où tout le monde se connait. Les tables de tailles et de formes diverses ne sont qu’en parti occupées par des clients, buveurs. Si certains semblent être du pays, et conversent volontiers d’un bout à l’autre de la pièce, d’autres paraissent plutôt être des voyageurs, leur barda au pied et de la boue sous les chausses. Ceux-là, plus taciturnes, boivent en silence, ou bien tout au contraire racontent les nouvelles du monde à un trio de buveurs. La salle est aussi ponctuée par la présence de quelques femmes, d’un cercle de jeunes filles qui cousent dans un coin, d’un ou deux cuveurs de vin, du même nombre de soldats tout juste payés et d’un petit vieux assis à coté du comptoir.


Soldat :
Eh patron ! Nos cervoises ?

Le Patron : portant un plateau chargé :          
--------------------------------Les voilà qui arrivent !

Un premier habitué :
Cet établissement s’en va à la dérive !

Un second habitué :
Ton père courait plus vite malgré ses cinquante ans

Le vieux :
Quelqu’un parle de moi ?

Le Patron :
----------------------------Papé! Tu les entends !
Tu m’as passé la main, il était plus que temps !

La patronne:
La jambe de ton père ne portait plus assez
Et même qu’une fois j’ai du le ramasser !

Le vieux :
Bah ! Racontars de femme ! Je suis encore vaillant !

Le premier habitué :
Tu es sourd comme un pot !

Un autre client :
---------------------------------Par ici on veut boire !

Le Patron : courant vers lui, à l’autre bout de la pièce :
J’arrive ! Voilà voilà !

Le second habitué :
---------------------------------Dépêche-toi tir au flan !

Le patron : au client, ignorant l’habitué:
Excusez ces buveurs, ils ne sont pas méchants.
Nous avons de la bière, et pour diner du lard

Le client :
On va tous prendre ça.

Un buveur :
---------------------------------Je regrette ton ancien!

Un autre client :
Il oubliait ta note et tu ne payais rien !

Le patron :
Eh ! ça fait moins d’un mois que j’ai repris les rênes
Mon gars ton ancien temps date de quelques semaines !

Le vieux :
Qui est un ancien ?

La patronne:
-----------------------Personne, beau-papa, personne.

Le patron :
Papé ! ça t’ennuierais d’aller coucher le p’tit

Le vieux : grommelant
Pour faire ces choses là, mes jambes sont encore bonne…

La patronne lui donne le bébé qu’elle tenait sur les genoux et il sort par la porte du fond.


Le premier client :
Et bien ! C’est pour aujourd’hui ce repas?

Le patron :
-------------------------------------------Oui oui !

Un habitué:
Il fait trop froid ici, je mets une buche au feu !

À ce moment, un elfe rentre dans l‘auberge, souriant et fredonnant. Pendant un moment, personne ne bouge, tous les occupants fixant l’elfe.

L’elfe : faisant le tour de la salle pour saluer une jolie fille :
Je reviens de très loin, et si j’en crois ma vue
Les belles de ce pays n’ont changé que pour mieux !

Une femme : à voix basse :
Un elfe ? Que fait-il là ?

Le patron : hésitant :
------------------------------Je…Vous…

Un buveur : ébahi :
-----------------------------------------Si j’avais su !

L’elfe :
J’aimerais une chambre, la route était jolie,
Mais le croissant de lune m’apprit qu’il faisait nuit

Le patron : tentant de prendre de l’assurance :
Il doit rester un lit dans une chambre à l’étage

L’elfe :
C’est parfait ! Le souper peut-il m’être monté ?

La jeune fille :
Je m’en occuperais !

Un client : ricanant
-------------------------Voyez ça !

Un soldat: à son voisin, en pouffant
------------------------------------Attrapée !
Quelle pudeur religieuse !

Le deuxième soldat : de même
---------------------------------N’est-ce pas qu’elle est sage !

Une femme : à la jeune fille, à voix basse :
Si ton père était là…

Le premier habitué :
----------------------------Laisse-la s’amuser !

Le patron :
Et pour demain matin, vous pensez déjeuner ?

L’elfe : pensif, semblant ne plus écouter:
Coiffée sans macarons, elle perdrait de son charme…

Le patron :
Monsieur l’elfe ?

L’elfe : revenant à lui :
------------------------Désolé, je prendrais une larme
De lait froid et de miel. Et quelques sucreries.

La patronne :
Des chouquettes vous iraient ?

L’elfe :
---------------------------------Oui, je vous remercie.
Maintenant mes excuses, je vais rejoindre un lit

Un autre habitué : à l’oreille du patron :
Tu devrais te méfier ! Les elfes sont voleurs…

Le patron : immédiatement à l’elfe:
Excusez-moi, monsieur ! Quand allez-vous payer ?

L’elfe : interloqué :
Et bien… comme d’habitude, je payerai une autre heure !

Le patron : soudainement plus sombre :
Je ne fais plus crédit qu’aux clients réguliers…

L’elfe :
Et bien tant mieux alors ! Plus régulier que moi
Il n’y a pas ici ! Je règlerais ma dette
À mon prochain passage, je le jure sur ma tête !

L’elfe sort de la pièce par l’escalier qui monte à l’étage.


Le second habitué :
Il est déjà venu ? Je ne m’en souviens pas

Le premier habitué :
S’il venait si souvent, on l’aurait vu, pas vrai ?

Un client étranger :
Ce n’est même pas certain, ils peuvent être discrets
Et rudement malins.

Le patron :
---------------------------------Je vais voir dans les fiches…

Le patron ouvre un meuble derrière le comptoir et en sort des feuilles classées, pleines de chiffres, qu’il pose devant lui. Puis il se lance dans la lecture des en-têtes de celles-ci.


Un buveur : à son voisin :
Regarde-moi cet avare !

La patronne :
---------------------------------Nous serions des gens riches
S’ils payaient leurs ardoises. Lis-nous un peu tout ça !

Le patron :
…Derek, deux pièces d’argent, plus une pour les repas
Edouard, trois pièces de cuivre, Edgard, nuit et souper…
Oh ! Une fiche pour un « elfe»  

Le premier habitué
-------------------------------Montre ça !

Un soldat :
----------------------------------------Faites passer!

Une femme :
Comment, sans qu’on le voit a-t-il bien pu venir ?

Un buveur:
Moi c’est la première fois que je vois sa figure !

La jeune fille :
Je n’avais jamais vu une aussi belle allure !

Le soldat : à la fille :
Si tu voyais tes joues!

Le patron :
---------------------------------Taisez-vous ! Je vais lire
Il a déjà dormi ici plus de vingt fois au moins
Et les dix-huit premières semblent déjà payées

La patronne :
De qui est l’écriture ? Ce n’est pas de ta main !

Le patron :
Non, mais à l’évidence, c’est celle du vieux Papé !

Le second habitué :
Mais qu’on le fasse venir !

La patronne :
---------------------------------Je vais voir ce qu’il fait…

Elle sort. Tous les clients se groupent en petits cercles qui discutent à voix basse, le patron range ses fiches en marmonnant. Le vieux entre.

Le vieux : boitillant légèrement :
Me voilà ! Me voilà ! Plus rapide que l’éclair !

Le premier habitué :
Il y a là une histoire qu’il  faut que tu éclaires.

Le patron :
Cette ardoise, est-ce toi qui nous l’a griffonnée ?

Le vieux : sortant de sa poche une paire de lorgnions :
C’est bien mon écriture… sur le bas de la page…

Un buveur :
Comment ça, « sur le bas » ?

Un client :
---------------------------------Mais de qui est le reste ?

Le patron :
Dit moi que tu connais l’auteur du palimpseste !

Le vieux : posant ses verres, et souriant, l’air amusé :
C’est ton arrière grand-père, quand il avait ton âge !

Une femme :
Comment est-ce possible ?

Le second habitué :
---------------------------------Le vieux boit en cachette !

Un client:
Mais lui seul parmi nous a déjà vu la dette !

Le patron :
Il me faut vérifier avec ses autres écrits !

Il ressort quelques vielles fiches et compare avec d’autres reconnaissances de dettes. La patronne rentre avec un repas sur un plateau.

La jeune fille :
Je crois bien qu’il est l’heure de monter son assiette.

Elle monte à l’étage. Les soldats la regardent en ricanant.


Un soldat :
Je pense que notre ami va avoir une bonne nuit.

Le patron : levant un vieux papier :
Regardez ! Là enfin ! L’une des pages est datée
Du temps du  trisaïeul !  Et j’ai beau comparer
Impossible de douter, c’est bien le même auteur !

Le premier habitué: au patron :
Il t’a bien attrapé en payant « une autre heure »

Le patron : serrant les poings et devenant rouge:
On tente de me voler !

Le vieux :
---------------------------------Calme donc ta colère !
Ces drôles de créatures tuent en un tour de main !

Un client :
Ils arrachent les yeux comme je respire de l’air !

Une femme :
Ils font de la magie !

Un buveur :
---------------------------------Ils mangent des humains !

Le vieux :
Ils sont vifs et perfides !

Un habitué :
---------------------------------Il te tuerait d’un coup !

Une femme :
Et après ! Par les dieux !

Un habitué :
---------------------------------Il voudra se venger !
Il sortira sa lame pour tous nous achever !

Le vieux :
Protège le village, en perdant quelques sous !

Le patron : tremblant :
Et bien… si c’est le mieux… évitons le conflit !

Un homme rentre, souriant, la hache sur l'épaule :

Le bucherons du village :
On m’a dit que ma fille était passée ici ?
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Lun 26 Sep 2016 - 22:17

Comme le parfum d'une Brioche au four


Un elfe entra dans l'auberge d’en face. A moins que ce soit une elfe. Ni-bel avait des difficultés à faire la différence entre les deux.

- ‘peuvent pas rester dans leur foutues iles, murmura-t-elle du bout des lèvres.

Elle savait toutefois qu’un représentant d’Ulthuan était à Nuln depuis quelques jours. Son mari en avait entendu parler aux forges, à l’autre bout du quartier. Quels problèmes pouvaient avoir les humains qui requièrent la présence de ce trouble-fête ?

Comme il fallait s’y attendre, les deux soldats qui accompagnaient l’elfe furent rapidement débordés par les curieux. Il était si rare d’en voir dans ces contrées qu’une bonne vingtaine de badauds se rassembla rapidement autour de la bâtisse. Et bien entendu, pas un n’était intéressé par les tartes et macarons de son étal.

- Elles sont belles mes pâtisseries, s’époumona-t-elle en tentant malgré tout de profiter de cette agitation. ‘sortent juste du four et croustillent sous la dent ! Venez sentir cette bonne odeur de brioche !

Hélas. Si quelques ahuris jetèrent bien un œil à ses produits, pas un ne s’y intéressa. Tous n’avaient d’yeux que pour le voisin d’en face et son visiteur aux oreilles pointues. Même lorsqu’elle leva un croissant à bout de bras en annonçant des prix dérisoires, tous l’ignorèrent. Et ce malgré la délicieuse effluve de pain doré qu’il laissait dans l’air. Ni-bel elle-même en subissait le supplice à longueur de journée : ne pas dévorer ses propres créations sous peine de finir la journée sans un sous…

- Et allez, soupira finalement la naine en posant les coudes sur le comptoir. Comme si j’avais besoin qu’on me chourave mes clients…

La mine boudeuse elle surveilla l’attroupement. Ces idiots avaient-ils la moindre idée des obstacles à surmonter pour ouvrir une boulangerie dans leur ville ? Si son époux avait été accueilli à bras ouvert aux forges, ses fourneaux à elle avaient mis bien plus longtemps à s’échauffer. Et nul citoyen pour venir mettre la main à la pâte. Ouvrir cette boutique avait été suffisamment compliqué. Si l’on venait distraire ses clients elle mettrait la clé sous la porte.

Ni-bel allait protester de plus belle lorsque le fauteur de trouble reparu au grand jour. Aussitôt le silence se fit. Les hurluberlus du premier rang reculèrent instinctivement. En quelques secondes plus un n’était à portée des lances des gardes, pris de cours. L’elfe leva le bras en signe d’apaisement avant de prendre la parole.

Mais Ni-bel ne l’écoutait pas. Croquant vigoureusement dans une religieuse à la crème, elle se contenta de lui jeter un regard noir. Sa voix collait parfaitement à son apparence : hautaine, irritante et ridiculement fluette. Pour un elfe. Son jugement était posé à présent. Néanmoins, lorsqu’elle commença à se lécher les doigts elle réalisa ce qu’elle venait de faire. La naine poussa un juron et s’empressa de s’essuyer les mains sur son tablier.

L’auditoire en revanche était captivé. Quelques soient les inepties qu’il déblatérait, les humains buvaient ses paroles… A tel point qu’aucun d’entre eux ne remarqua l’ombre furtive. Ni-bel fronça les sourcils en lâchant le torchon sur lequel elle s’était rapatriée. Se penchant sur son comptoir, elle renversa une part de flan sans s’y attarder. Elle ne rêvait pas et plissa le regard. Il y avait bien du mouvement sur le toit d’en face.

- Que…

Elle s’interrompit lorsqu’une bouteille de verre se fracassa par terre. Aussitôt l’elfe cessa son discours et chercha l’origine de ce bruit soudain. Les passants échangèrent des regards surpris. Quelqu’un venait-il d’agresser l’elfe ? Soudainement plus nerveux, les deux soldats levèrent leurs lances face à la foule. Seule Ni-bel semblait avoir compris que l’auteur ne se trouvait pas parmi eux. Et avant qu’elle ne puisse les avertir une autre bouteille éclata d’un côté. Puis une troisième sur le crâne clairsemé d’un homme.

Un cri de stupeur déchira le silence. Quelqu’un avait un malaise dans la masse attroupée, hoquetant de façon clairement audible. Avec une sorte de sifflement, comme un coq que l’on étrangle.  Aussitôt une autre personne poussa un hurlement épouvanté. Et se fut la panique.

- Faites places ! s’écria l’un des gardes en s’avançant d’un air menaçant.

Mais il était déjà trop tard. Les gens accumulés dans cette ruelle se bousculaient en voyant leurs voisins s’écrouler, pris de convulsions. Au centre de ce chaos, seul l’elfe semblait garder son calme. Il continuait à sonder la cohue, cherchant un coupable invisible, la main sur le pommeau d’une dague à sa ceinture. Et une autre bouteille éclata. Puis une nouvelle de l’autre côté de la rue.

Une femme s’affala de tout son long sur le présentoir de Ni-bel, envoyant voler ses délicats feuilletés. Hébété, la naine vit la pauvre demoiselle étouffer, les mains à la gorge et les yeux injectés d’humeurs jaunâtres.

- Du poison, murmura-t-elle en reculant d’un pas incertain. Du poison…

Puis elle leva les yeux sur l’elfe, à présent désemparé par la bousculade. L’un de ses gardes s’appuya un instant contre le chambranle de l’auberge avant de mordre la poussière à son tour. Quelqu’un était en train de massacrer ces villageois à l’aide de gaz empoisonné ! Son sang ne fit qu’un tour. Elle devait mettre les voiles au plus vite. Quitter cet endroit avant de subir le même sort. Mais sa boutique ne comportait qu’une issue : la porte d’entrée.

Aussi inspira-t-elle à plein poumons l’air chargé d’odeurs familières. Tant qu’elle retiendrait sa respiration elle serait en sécurité. Et, renversant le sac de chouquettes qu’elle conservait à l’abri des regards, Ni-bel s’élança dans la rue.

Aussitôt son regard se posa sur l’elfe. Il était à genoux, lui aussi terrassé par la toxine insidieuse. Ses lèvres semblaient avoir triplé de volume comme il cherchait en vain à aspirer une bouffée d’air. Plus d’une dizaine de malheureux comme lui gisaient déjà, victimes du gaz invisible. Ne perdant pas un instant, Ni-bel les abandonna à leur sort et pris ses jambes à son cou. Mais l’un d’eux se retourna comme elle s’efforçait de bondir dans sa course. La naine se prit les pieds dans ses jambes.

- Par Grungni, jura-t-elle en s’effondrant.

Elle roula au sol en maudissant sa bêtise. Grognant dans sa barbe, Ni-bel s’empressa de se relever et repris sa course. Elle n’était pas humaine pensa-t-elle avec conviction. Et elle était bien plus robuste que ce gringalet d’elfe. Elle… elle avait brusquement les genoux flageolants.

Titubant et soudainement prise de vertiges, elle fit quelques pas de plus. Puis sa tête heurta un pavé. Sa vision se brouillait déjà alors qu’un coassement s’échappait de sa gorge serrée. Elle inspira à pleins poumons mais seul un mince filet d’air parvint à passer.

Force de caractère, elle parvint à rouler sur le ventre et se mit à quatre pattes, toussant pour évacuer la glaire, mais rien n’y fit. La naine avait la langue en carton des sueurs froides. Elle s’étrangla de plus belle avec un sifflet pitoyable, les tempes battantes.

La chaussée. A nouveau. Tétanisée et la poitrine comprimée par le manque d’air, elle vit de petites lueurs danser dans son champ de vision. Jusqu’à ce qu’une ombre se redresse parmi les corps. Elle plissa les yeux, emplis de larmes. La silhouette était trop floue. Impossible à discerner. Puis tout fut noir.

Il ne restait que son pouls, tambour acharné à ses oreilles. Et la voix qui glissa parmi les hoquets et râles d’agonie. Ses mots lui parvinrent comme l’inconscience lui ouvrait les bras :

- Tremblez choses-hommes… votre temps touche-touche à sa fin.


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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Mar 27 Sep 2016 - 19:36

Le Banni

L’elfe entra dans l’auberge. C’était un établissement miteux, sentant si fort l’urine et la mauvaise bière qu’il était impossible de dire ce qu’on avait dans son verre. Le patron, un bossu à la moustache épaisse, releva la tête avec lenteur pour jeter, comme à son habitude, un regard méfiant au nouvel arrivant. L’elfe était vêtu d’un grand manteau de marche gris recouvrant une armure de cuir noir, et il portait à la hanche une épée à lame courbe. Mais le plus frappant chez cet individu était sa figure. L’harmonie délicate de son visage effilé était brisée par de multiples cicatrices, stigmates d’innombrables combats. Ses traits étaient tirés, ses cheveux jadis blonds étaient presque aussi gris que son manteau, jamais le tavernier n’aurait imaginé qu’un Asur puisse paraitre aussi vieux et fatigué. Nul n’aurait songé à s’en moquer cependant. Car on lisait dans son regard sévère une colère contenue et une immense détermination. Un elfe normal vous toisait de haut, lui vous faisait baisser la tête. Notant que le patron l’observait, l’elfe le fixa quelques secondes et le bossu détourna les yeux.

Une fois passée la surprise initiale, les gueux reprirent leurs activités habituelles : divers concours de boisson, des jeux de cartes malhonnêtes, ainsi que de multiples échanges de jurons, de coups ou d’autres civilités. Le voyageur avança vers l’arrière-salle sans leur accorder un regard. Rapidement, il repéra une table dont les autres clients se tenaient à une distance respectable. Choix qui apparaissait fort judicieux lorsqu’on observait les mines patibulaires de ses occupants. Trois nains en armure complète, deux surineurs dont les yeux de fouine ne restaient jamais immobiles, deux montagnes de muscles armées d’épées bâtardes. Et, pour compléter le tableau, un épais bourgeois dégoulinant de sueur dont les bajoues ondulaient comme deux gros flans au moindre mouvement. L’elfe s’assit sans hésiter. Ils se connaissaient tous, cela faisait déjà trois mois que les mercenaires avaient été réunis par le baron de Letztetod pour effectuer divers… travaux. Leur employeur prit aussitôt la parole :

« -Ah, Elthaniel, nous vous attendions ! Toujours aussi bavard à ce que je vois ? Bien, commençons. Tout d’abord je dois vous féliciter, la dernière opération s’est déroulée à merveille. Vous travaillez ensemble comme si vous aviez été élevés par la même mère.
- Si ça avait été le cas, ricana le nain Spietz, ç’aurait été une sacrée ordure pour donner naissance à une telle bande de fumiers ! »
Cette démonstration d’humour douteux déclencha une volée de rires gras de la part des nains et des barbares humains. L’elfe et les assassins restèrent silencieux.
« - Allons mes amis, repris le baron, du sérieux je vous prie ! Ce qui suit est très important. La prochaine mission sera très délicate, mais aussi exceptionnellement rentable. Vous aurez affaire à…
-Excusez-moi, voulez-vous un gâteau ? »

Tous tournèrent leur tête en direction de la voix haut perchée qui venait de les interrompre. Une fillette se tenait à côté d’eux, un plateau chargé de pâtisseries de piètre qualité entre les mains. Elle les regardait sans sembler comprendre le danger dans lequel elle se trouvait. Les nains secouèrent la tête en la fixant l’air sévère, la main sur leur hache. Le barbare Hans la regarda avec une certaine tendresse, ce qui lui valut un reniflement méprisant de son voisin Zimher, qui ne supportait pas ce type de faiblesse. Comme à leur habitude, l’elfe comme les deux assassins restèrent impassibles. Le baron, rouge comme une pomme, avait du mal à parler tant il étouffait de rage.

« - Du vent… misérable… petite…
- Pas même une petite chouquette ? Je vous en prie, je ne pourrais jamais nourrir mes frères si…
- NON ! »

La gamine déguerpit sans demander son reste.

« - Satané vermine, commenta Letztetod, toujours tremblant de fureur. Bon, venons-en au fait! Dans trois jours, une espèce de chevalier bretonnien fanatique va partir en quête. Il emporte dans son convoi une relique de grande valeur. Nous allons nous en emparer.
- Comment ? demanda Spietz.
- Très simplement. Le chevalier mène une croisade religieuse contre les non-morts qui offensent la Dame. Inutile de chercher à comprendre. Toujours est-il que si nous parvenons à attirer une troupe de morts-vivants sur sa route, il chargera sans réfléchir et sans laisser plus de quelques hommes pour garder la relique.
- Excellent ça, intervint le nain Formund, utiliser l’ennemi juré de la cible pour faire diversion.
- Comme à Prael ? demanda Elthaniel d’un ton neutre.
-Ouais, exactement, comme à Prael. Mais comment tu connais cette histoire mon gars ? Personne est au courant, à part nous trois et… »

Le nain se tut, pétrifié. Il venait de comprendre, mais n’eut pas le temps de réagir. La lame de l’elfe jaillit de son fourreau plus vite que l’œil ne pouvait le percevoir, et les mercenaires n’eurent que le temps d’entrevoir un croissant argenté avant que la tête du nain ne se détache de son corps.

« -Vous autres nains n’avez pas le monopole de la vengeance, déclara froidement l’elfe. »

Les mercenaires hésitèrent un instant, mais il leur suffit de croiser le regard empli de haine de leur compagnon pour comprendre qu’il serait impossible de le raisonner. Les surineurs furent les premiers à réagir, mais le temps qu’ils sortent leurs poignards Elthaniel les avait déjà abattus. Leurs yeux lançant des éclairs, les nains survivants tirèrent leur hache en poussant un cri de guerre. L’elfe para coup sur coup avant de reprendre vivement l’initiative. Sa lame courbe fendait l’air avec une élégance mortelle. Deux autres têtes barbues roulèrent sous la table. Les derniers mercenaires lancèrent une série d’assauts redoutables, leur technique élaborée jurant avec leur apparence de brutes. Cela ne suffit pas. Plus rapide, plus agile, plus âgé, l’elfe ne pouvait pas perdre. Lorsque les corps pesants de ses adversaires fracassèrent la table, il se tourna vers l’unique survivant, dont les bajoues remuaient fébrilement.

« - Qu’est-ce qui vous arrive ? Pitié, reprenez-vous ! Je n’y suis pour rien !
- C’est mon épouse que ces bâtards ont enlevée à Prael, expliqua l’elfe sans prêter attention aux gémissements du tas de graisse à ses pieds. J’ai traqué les commanditaires. Lorsque j’ai vu ce qu’ils lui avaient fait, je les ai massacrés. Je les ai fait crier. »

Tout en parlant, Elthaniel enfonçait son épée dans le ventre du baron. Lentement. Son visage n’exprimait toujours aucune émotion.

« - J’ai été banni. Ma conduite était indigne d’un elfe. Je suis revenu dans l’Empire, et j’ai cherché les autres responsables de l’embuscade de Prael. Après quelques années, je n'avais plus de cibles, plus de coupables sur qui passer ma colère. Alors j’ai continué à descendre toujours plus bas. Je suis devenu aussi méprisable que le pire des humains. J’ai tué, volé, torturé. Je me dégoutais moi-même, et lorsque je me suis rendu compte à quel point j’étais misérable, je n’avais plus assez d’honneur pour me donner la mort. Tuer est devenu mon échappatoire. D’aucun s’abrutissent dans l’alcool, pour moi c’était le sang. »

Le ton de l’elfe se durcit, ses traits étaient à présent déformés par la rage.

« - Et même ainsi je n’ai pas pu oublier ! Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que ces nains croisent mon chemin ? Pourquoi fallait-il qu’ils me rappellent ce passé maudit ? Quel dieu cruel se moque de moi ? J’en ai assez ! Assez ! »

Letztetod cracha une giclée de sang, puis cessa de se débattre. Haletant, son cœur battant au rythme de sa colère, Elthaniel rengaina son arme, et se dirigea vers la sortie. Il retraversa la salle principale, vide. De dehors lui parvenait une rumeur. La porte s’ouvrit à la volée, laissant passer une dizaine de gardes qui le sommèrent de se rendre s’il voulait rester en vie.

Elthaniel regarda les lames feuilletées des soldats. Promesse de mort. Promesse de sang. Un sourire cruel déforma son visage. Il dégaina.
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Thomov Le Poussiéreux
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Jeu 29 Sep 2016 - 22:19

Ingérences

La nuit était froide et pluvieuse. Au loin, un éclair zébrait périodiquement le ciel avant que, après une assez longue attente, le tonnerre ne parvienne enfin au sommet de sa colline ; roulant puissamment sur la lande ou claquant sèchement comme un fouet. L’expérience était nouvelle pour Fiarel qui n’avait jusqu’alors pratiquement jamais mis les pieds hors du sanctuaire de la Forêt ; rien n’entravait sa vision elfique et son regard portait en ces contrées jusqu’à des distances impressionnantes. La tête lui en tournait par moment et cela lui faisait regretter plus encore la présence rassurante des arbres séculaires.
Cessant là ses rêveries, il glissa un mot à l’oreille de sa monture qui repartit d’un trot rapide vers la bourgade humaine en contrebas. L’Elfe avait entendu parler des cités des humains, mais il ne comprenait pas pourquoi ces derniers s’obstinaient à vivre amassés de la sorte alors qu’autant d’espace s’offrait à eux dans toutes les directions.
A bonne distance, Fiarel descendit avec souplesse du dos d’Aduriel, son destrier, et lui demanda de l’attendre là jusqu’au lever du soleil. S’il n’était pas revenu alors, c’est qu’il ne reviendrait plus du tout.
L’Elfe poursuivi sa route aussi discrètement qu’il put malgré l’absence de couvert. Le mince croissant de lune dans le ciel nocturne ne prodiguait qu’une très faible lumière et l’obscurité serait son alliée. Il évita les portes de la ville et préféra se risquer à escalader la modeste muraille malgré la pluie battante. Les pierres étaient lisses et bien ajustées, mais Fiarel avait l’habitude d’escalades plus difficiles. Après s’être assuré que personne ne l’avait aperçu, il descendit du chemin de ronde et se fondit dans les ombres d’une ruelle.
Il progressa au hasard pendant un moment, passant de portes-cochères et venelles sombres en prenant bien garde de ne pas attirer l’attention.
Pour ce qu’il en savait, il ne s’agissait que d’une bourgade de moindre importance, de nuit qui plus est ; il lui semblait pourtant voir partout grouiller des humains. Quelques gardes en patrouille, des mendiants qui se chamaillaient pour la meilleure place où passer la nuit, quelques couples qui faisaient une promenade tardive, des marchands occupés à fermer leurs échoppes,… Leur nombre était tel qu’il dépassait largement celui de l’ensemble du Clan de la Mousse. D'innombrables autres villes et des cités bien plus grandes encore existaient ailleurs, au Nord, au Sud, à l’Est comme à l’Ouest… Le jeune Asraï comprit alors pourquoi la Prophétesse usait de moyens détournés et de ruses pour que leurs ennemis s’entre-tuent sans cesse : toute la magie et toutes les flèches d’Athel Loren n’auraient pas pu repousser une invasion coordonnée. Seule la division des humains permettait aux Asraïs et aux Esprits de la Forêt de survivre.
Fiarel n’avait que peu de repères pour se diriger, mais il voyait dans les ombres du soir comme en pleine lumière et ce qu’il cherchait devait se trouver vers le centre de la bourgade. Il déambula presque une heure avant de trouver l’auberge.

Souriant tout en essayant d’empêcher les précédentes gorgées de jaillir de ses entrailles, Ser Auvain de Bois-Murmures leva haut sa coupe pour les deux jeunes mariés. Les libations n’en finissaient plus depuis l’avant-veille quand sa propre sœur s’était unie à Ser Jehan de Creuse-Coline. La cérémonie avait été belle malgré certaines tensions et les convives étaient venus en nombre pour assister à l’événement. Auvain était heureux pour sa sœur cadette, bien qu’il eut préféré pour elle un tout autre parti. Les Bois-Murmures étaient en conflit avec les Creuse-Coline depuis plusieurs générations et si le jeune homme admettait que la paix profiterait à tous, il déplorait que sa sœur se retrouve de ce fait avec un si piètre mari…
Ils s’étaient mis en route la veille vers la grande ville de Parravon pour leur lune de miel, Auvain les accompagnants selon la tradition pour assurer non pas tant leur sécurité que leur honneur; il n’était pas convenable pour un noble de se battre si peu de temps après son mariage, mais le vin et l’enthousiasme avaient tôt fait de provoquer rixes et duels. Leur première escale était dans une luxueuse auberge nommée « La Fée Enchanteresse ».
Il vida sa coupe d’une seule traite et cru bien que la dernière gorgée allait le faire vomir à même la table. Il retint le liquide avec peine et parvint à articuler qu’il lui fallait sortir un moment avant de tourner les talons et de se précipiter vers le balcon. Là, l’air vivifiant du soir lui fit l’effet d’une gifle ; il l’aspira pourtant à grandes goulées tout en sentant avec soulagement le vin reprendre son chemin vers ses tripes.
Une ombre passa près de lui sans qu’il en eut conscience.

Fiarel était sur le point d’entrer dans la bâtisse. L’homme qui avait surgis de l’intérieur était passé à moins d’un mètre de lui sans même le voir. Un pas de plus, et il serait trop tard pour faire demi-tour. Ce qu’il s’apprêtait à faire le révulsait et savoir que La Prophétesse en personne le lui avait ordonné n’arrangeait rien à l’affaire. Était-ce donc cela, la grande noblesse dont son peuple s’enorgueillissait ? Un moment passa sans qu’il ne parvienne à prendre sa décision, puis, avec un léger soupir, l’Elfe entra dans l’auberge.

Ser Jehan de Creuse-Coline, ivre comme il l’avait rarement été jusqu’alors, emplissait une énième fois sa coupe du fort vin rouge de l’auberge. Son échanson dormait à poings fermés depuis un bon moment et même sa jeune épouse venait de quitter la table pour se mettre au lit. Auvain, son imbécile de frère devait déverser le contenu de ses tripes un peu partout aux alentours et il ne restait pour boire avec lui que son cousin Ambert, guère plus vaillant. Il but le vin à grandes gorgées, comme à son habitude, et se leva en tanguant dangereusement. Pensant fugacement à sa femme étendue nue dans leur couche, il prit la direction de sa chambre. Mais à peine eut-il fait cinq ou six pas qu’il s’effondra au sol où il s’endormit promptement.
Un inconnu sortit des ombres plus silencieusement qu’un chat, tira l’humain dans un coin et lui ôta sa chevalière.

Dame Elaine de Creuse-Colline, née Bois-Murmures, repoussa son pot de chambre dans un soupir d'aise. Son récent mari était trop occupé à se saouler dans la salle d’à côté pour ce soucier d’elle ce soir et elle-même avait bu plus que de raison. La fin de toute cette haine, l’avènement de la paix entre les deux maisons. Les mots de son père résonnaient encore à ses oreilles alors qu’elle se dévêtissait. Ensemble, ils seraient les nobles les plus puissants du Duché de Parravon après le Duc en personne. Ensemble… Bien que cela dusse signifier subir ce lourdaud jusqu’à ce que le vin finisse par le tuer pour elle. Cela prendrait certainement des années.
Toute à ses pensées, à moitié nue, elle reçut un violent coup de poing sur la tempe qui la fit s’effondrer brusquement. Un second suivi rapidement, puis un autre et un autre encore ; la main qui s’abattait sur elle portait une bague massive dont le motif s’imprégnait à même sa chair à chaque nouvel impact. Un ultime coup l’atteignit et sa dernière sensation fut celle de son crâne qui semblait se fendre en deux.

Un cri sauvage retenti dans la nuit ; l’homme malade devait avoir trouvé le corps sans vie de la jeune femme, le crâne en sang, pendant que le gros homme ronflait paisiblement à ses côtés, là où il l’avait déposé. La chevalière revenue à son doigt l’accuserait du forfait et la preuve suffirait pour relancer les luttes et les tueries.
Dégoûté par son acte, Fiarel se détourna et reparti en silence jusqu’au rempart qu’il franchit avec l’aisance des seuls Elfes. Il retrouva Aduriel, sauta sur son dos et sans un mot il reprit la route de sa Forêt bien aimée dont il se jura de ne plus jamais s’éloigner d’un seul pas.

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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Ven 30 Sep 2016 - 21:17

Courgettola, courgettola, c'est bon pour toi, c'est bon pour moi...

Le jour tombait et le concert allait commencer.

Kurtis « méditait » attablé au comptoir de la miteuse auberge dans laquelle il donnerait représentation ce soir. Il observait d’un œil distrait son frère Dynath installer sa batterie tandis que le bassiste réglait sa basse – il était temps, depuis le dernier concert, il avait toujours les tympans qui le vrillaient avec les réglages calamiteux de cet andouille !

Le bassiste frappa violemment une corde et le houm assourdissant qui en sorti couvrit presque absolument le grincement d’une lourde porte pivotant sur ses gonds fatigués. Son qu’une oreille elfe affutée ne pouvait ignorer.

Curieux, Kurtis se retourna pour envisager les nouveaux arrivants. Certes pas des amateurs de son style de musique, pfu, que viennent donc faire des sylvains dans une auberge ?!

Les nouveaux arrivants s’approchèrent du comptoir pour passer commande – des jus de framboise, originalité quand tu nous tiens… Kurtis les entendait palabrer courgettes et chocolat, quelle horreur ! Horrifié, il ne put s’empêcher de se joindre à la conversation : « Mélanger de la courgette et du chocolat ? Quelle nouvelle ignominie est-ce là, pourquoi pas mixer du chocolat avec des crevettes tant qu’on y est ? »

L’elfette remarqua le guitariste et répondit : « Mais au contraire, c’est succulent. La courgette n’a pas un goût prononcé, ce qui fait que seul le chocolat transparait tout en permettant d’user moins de farine et de supprimer l’œuf. Certes, la courgette demande un bon coup de fouet pour bien se mélanger avec le reste des ingrédients, mais l’on peut également procéder en millefeuille pour un dessert sur le pouce. »

Son camarade de rajouter : « c’est aussi excellent en flanc avec de la crème de marron, on évite ainsi toute ingestion de produit animal. »

Kurtis se mordit la lèvre, il n’était pas là pour parler boustifaille vegan avec ses cousins en collants et cherchait une solution pour se sortir de ce mauvais pas…

« L’idée est pour le moins originale, j’en parlerai à mes amis musiciens, je ne sais pas si vous connaissez le groupe « Rise Against » ? »

Les deux Asraï opinèrent par la négative.

« C’est bien dommage, il s’agit d’un groupe très tourné vers l’éco-responsabilité, la protection des animaux et eux aussi évitent l’ingestion d’aliments animaux. Si vous le permettez, je vais vous laisser continuer votre conversation, je dois accorder mon instrument avant le concert, bonne soirée… »

« Bonne soirée et bon concert ! »

Le Druchii vida sa pinte à leur santé, attrapa sa guitare et se dirigea vers la scène.

« De la courgette, ridicule ! Pourquoi se refuser une bonne pièce de viande ou un œuf alors que c’est si bon ? M’enfin, il faudra que je goutte, on ne sait jamais, le résultat pourrait être surprenant puis la courgette est loin d’être le pire légume… »
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Arcanide valtek
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Ven 30 Sep 2016 - 22:38

Sublime cauchemar

À vous qui lisez ces lignes, à l’heure qu’il est je suis probablement mort. Ce récit ne sera certainement jamais lu par qui que ce soit mais peu importe, je dois l’écrire, je dois coucher ces évènements sur le papier, quitte à ce que personne ne me croit. Ils m’observent, je le sais, je le sens, et je ne peux les en empêcher.

Mais commençons par le début. C’est un soir il y a quelques jours que tout a commencé, ça j’en suis encore certain. J’étais alors assis à une table de l’auberge du Poisson Joyeux, à boire quelques bières pour me remettre d’une harassante journée passée sur les quais à enregistrer des arrivées et des départs de marchandises. L’auberge était bien remplie, mais j’avais réussi à me trouver une table en-dehors de la zone d’ombre derrière la cheminée et ça me rendait presque joyeux, l’alcool faisant lentement son plaisant effet sur moi. Je m’étais appuyé sur mon dossier tout en dégustant le contenu de ma choppe, trouvant que c’était décidément une bonne soirée qui commençait. Mais c’est à ce moment-là que l’elfe est rentré dans l’auberge.
Après tout ce n’était pas si étrange au premier abord, vu que Marienburg abrite une grande communauté d’elfes et que les humains ont appris à vivre avec eux. Mais cet elfe-là était différent, et ça tout le monde le sentit, car l’ambiance est retombée d’un seul coup à son entrée. À la place des conversations et des rires s’est lentement installée une sorte d’atmosphère tendue, comme si soudainement plus personne n’avait de pensée agréable à partager. Les gens commencèrent à se lancer des regards étranges, plein de sous-entendus, alors que tranquillement l’elfe s’était accoudé au bar. Physiquement il était entièrement vêtu de noir, ses vêtements étant de bonne qualité, mais cela ne m’étonnait guère pour un elfe, et ses cheveux blancs paraissaient jeter des reflets dorés tout autour de lui. Lorsqu’il croisa mon regard alors qu’il observait la pièce je pu voir dans ses yeux une joie malsaine se dessiner, et ses lèvres se fermaient en un fin rictus de satisfaction.

Tout cela m’avait intrigué, je n’avais jamais vu d’elfe dans ce genre là et l’effet qu’il a eu sur la clientèle de l’auberge habituellement si chaleureuse me troublait beaucoup. Il n’avait pourtant rien fait de particulier, et sirotait tranquillement un verre d’alcool fort tandis que ses yeux parcouraient la pièce comme s’il était fasciné par chaque détail. Mais même si mes sens étaient encore quelque peu engourdis pas la bière je sentais qu’une anomalie s’était introduite en même temps que lui. Qu’est ce qui avait pu causer cela de la part de cet elfe, race d’ordinaire si tranquille que cela pouvait en être irritant ? J’ai alors décidé de tirer tout cela au clair, ayant pris la décision de suivre cet elfe dans la ville et de voir si je pouvais en apprendre plus. Je sais à présent que j’aurais dû m’intéresser à ma chope sans chercher plus loin, mais la curiosité a toujours été mon principal défaut.

Le temps avançait et rien n’annonçait un changement dans l’ambiance, les conversations s’étant peu à peu totalement tues pour laisser place à un silence pesant, troublé uniquement par le bruit des chopes sur le bois des tables. L’elfe continuait de sourire au bar, dégustant lentement son verre alors que les minutes passaient. Puis, sans aucune raison apparente, son visage prit une expression de profonde lassitude mêlée à une moue de mépris, plus proche de ce que je voyais habituellement chez les membres de cette race. D’un mouvement fluide, il posa son verre à moitié plein sur le comptoir et sortit de l’auberge à grandes enjambées mais presque sans aucun bruit. La tension ambiante sembla alors refluer d’un coup, et les langues se délièrent en même temps que l’atmosphère se faisait plus respirable. Mais je n’étais plus d’humeur à écouter les conversations chaleureuses des clients. Je laissais à l’elfe quelques instants d’avance puis je sorti à sa suite.

L’heure était tardive, et les rues peu encombrées. Je captais le mouvement de l’elfe sur ma gauche, et entrepris de le suivre tout en me faisant le plus discret possible. Il marchait à pas rapides mais était facile à repérer dans la nuit grâce à sa longue chevelure blanche sur laquelle se reflétait la pâle lumière du croissant de lune. Ma filature m’entraîna d’abord dans une rue large et plutôt passante faisant partie d’un réseau d’avenues parallèles au port. Les quelques badauds ne s’occupaient pas de nous et je faisais de mon mieux pour ne pas me faire remarquer. J’étais alors plus intrigué qu’intimidé, car il n’allait pas dans la direction de l’enclave elfique, suggérant une destination plus mystérieuse.
L’elfe finit toutefois par bifurquer dans une artère plus étroite, où cette fois personne ne passait, et je tâchais de me faire le plus silencieux possible dans ce nouveau décor. Il avançait toujours d’un pas décidé, ses bottes effleurant à peine la chaussée alors qu’il s’enfonçait dans la ruelle. Venant à sa suite je commençais petit à petit à me sentir oppressé par le décor, l’éclairage venant uniquement du ciel et les bâtiments sombres tout autour de moi renforçaient cette sensation. Il tourna encore et encore, m’entraînant dans un dédale de petites rues de plus en plus étroites et sinueuses, m’obligeant à presser le pas. Les murs étaient des fois presque au niveau de mes épaules et j’avais l’impression que des fenêtres venaient de multiples regards malsains posés sur moi. Les ténèbres s’épaississaient au fur et à mesure que nous avancions et il était de plus en plus difficile de distinguer où je marchais. L’architecture devenait plus décrépite, m’indiquant que l’on s’enfonçait dans les bas quartiers de la ville. C’était mon seul repère car j’avais depuis longtemps perdu toute orientation dans l’enchevêtrement obscur de ruelles que j’avais traversé. Devant moi l’elfe avançait toujours aussi vite, sachant très bien là où il allait, et il me paraissait inconcevable désormais qu’il ne m’ait pas repéré. Des fois, alors que j’arrivais à un embranchement sans savoir où il avait tourné il y avait toujours un petit détail qui me faisait aller dans la bonne direction : un bruissement de tissus, un éclat de sa chevelure ou un bruit de pas, et ma filature continuait. J’avais bien envisagé de faire demi-tour, mais me sachant perdu je me disais que continuer était désormais ma seule option. De plus, je n’avais pas envie d’avoir fait tout cela en vain, même si ma résolution était depuis longtemps écrasée par l’angoisse que me faisait ressentir les bâtiments et l’obscurité qui m’entouraient. Personne ne paraissait habiter ici, mais les portes et les fenêtres que je pouvais voir étaient fermement bloquées par d’épaisses planches de bois. Etait-ce pour éviter aux gens d’entrer, ou pour empêcher quelqu’un de sortir ? Cette question apparut soudainement dans mon esprit et me fit froid dans le dos.

J’avais perdu toute notion de temps lorsque je débouchai sur une petite jetée de bois plongée dans l’ombre. La lueur blafarde de la lune éclairait quelques rafiots pathétiques amarrées à la rive, et cherchant l’elfe des yeux je le vis marchant sur la passerelle menant à un bateau plus imposant que les autres. C’était un vaisseau de bois faisant bien dix mètres de long, qui projetait sa longue ombre sur les autres et qui eut sur moi un effet de répulsion immédiat. Pourtant l’elfe s’y était rendu, et de ce que je pouvais voir il était rentré à l’intérieur, car les reflets d’or de ses cheveux avaient disparus de mon champs de vision. Je pris donc mon courage à deux mains en considérant l’embarcation, et je constatais rapidement qu’il n’y avait aucune sentinelle. J’avais encore l’intention de savoir qui était cet elfe, et ma filature, au-delà du profond malaise qu’elle avait entraîné chez moi, avait également renforcé ma curiosité. C’est donc l’œil aux aguets et le pas précautionneux que je m’avançais sur la passerelle, qui n’émit aucun craquement malgré son antique apparence, puis sur le pont du bateau. L’impression de dégout était plus forte encore en ce lieu, et je dus faire un grand effort de volonté pour ne pas tourner les talons. L’endroit était manifestement très mal entretenu, les voiles étant entassées dans un coin, l’ancre prenant la poussière dans un autre. Mais ce qui m’intriguait le plus était l’absence totale d’odeur, ou plutôt de l’odeur que l’on se serait attendu à avoir sur un bateau de ce genre. Aucune odeur d’huile de poisson pourri, de bois vermoulu ou de vermine. Rien.

Je m’avançais alors silencieusement jusqu’à la porte menant vers l’intérieur, espérant qu’elle ne serait pas surveillée, et malgré l’angoisse qui me vrillait les entrailles je poussais presque un soupir de soulagement en l’ouvrant légèrement sans voir personne derrière. Au-delà un petit escalier descendait en tournant vers une autre porte, au-dessous de laquelle un trait de lumière se dessinait. Je repérais mon chemin à tâtons, l’obscurité étant presque totale dans cet endroit, mais au fur et à mesure que je m’approchais de la porte je commençais à entendre d’étranges sons. Une sorte de mélopée, prononcée de façon presque religieuse, mais dont les vers réveillaient chez moi une indescriptible sensation de terreur. Cependant je me sentais aussi comme attirée par elle, irrésistiblement, même si elle était entrecoupée de cris et de hurlements. Il fallait que j’y aille, que j’ouvre cette porte, et en même temps un instinct ancestral me hurlait de quitter l’endroit au plus vite. Et c’est alors que j’étais au cœur de cette lutte intérieure, entre mon instinct et cette sorte de magnétisme maléfique, que j’atteignis la porte et que je l’entrouvrais.

Ce que j’ai vu derrière, les mots seuls ne pourraient l’exprimer. Le vocabulaire humain est un million de fois trop faible et trop restreint pour décrire les horreurs indicibles qui se trouvaient dans les entrailles de ce bateau. Comment, par des phrases, pourrai-je traduire les centaines de sensations différentes qui me traversèrent en un éclair à cet instant à la vue de ce spectacle situé au-delà du champ de compréhension de l’homme ? Il est des choses qui existent, quelque part au-delà de cet univers, et qui tentent de rejoindre le nôtre, mais ces entités ne sont en rien semblables à ce que nous connaissons. Il y avait là des hommes, des femmes, elfes ou humains, qui s’adonnaient à une orgie d’un genre effroyable, vêtus de lanières de cuir, et dont les visages arboraient des expressions que je n’avais jamais vu, situées entre la démence et l’extase. Certains portaient des fouets qu’ils faisaient claquer sur leurs voisins alors que ceux-ci se retournaient pour en lécher la lanière. D’autres s’enlaçaient dans des positions qui me semblèrent tout sauf naturelles. Mais le pire c’était les créatures qui partageaient leurs ébats. Des êtres étranges, à la fois horriblement repoussants et terriblement attirants, sensuels et exécrables. Leurs corps fins semblaient s’entortiller continuellement dans la masse que constituait cette orgie, et leurs membres, tantôt tentaculaire tantôt en pointe, se mêlaient aux corps pour les stimuler d’une odieuse façon.

Je ne me rappelle plus de la suite, mais j’ai de vagues réminiscences d’avoir fui en poussant des hurlements. C’est un miracle que je m’en sois tiré vivant, mais je sais à présent que je ne m’en suis pas sorti intact. Je me suis réveillé le matin suivant dans une ruelle proche du centre-ville, l’esprit embrouillé et tremblant de tous mes membres. Depuis, je me retourne sans cesses dans la rue, j’ai barricadé mes fenêtres et je sors le moins possible. Je pensais les avoir semés, mais je sens que l’on m’observe, qu’ils m’observent, à travers les fines limites entre notre univers et le leur. Mes rêves sont de plus en plus peuplés de créatures lascives, aux multiples entortillements et dont les membres viennent m’entourer, me caresser, et dans ces rêves j’ai terriblement envie de me joindre à eux, d’embrasser leur corps et leur visage si soyeux, leurs lèvres si pulpeuses…
Mais ils ne m’auront pas. Je sens que ma volonté faiblit, mais je ne me laisserai pas avoir. Mon cadavre sera certainement retrouvé par ma logeuse, lorsqu’elle viendra récupérer mon loyer. Je pense que je sais encore faire le nœud, et je me suis procuré une corde de chanvre de bonne qualité.

Qui que vous soyez rappelez-vous : la curiosité est un vilain défaut.
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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2016   Ven 30 Sep 2016 - 23:48

Carnage à Krakostok


« On rigolait bien avec Yorrik et Roskov, la dernière chasse au caribou était excellente. On aurait pu continuer à chanter et à boire, mais cet intrus avait tout gâché. Quand il entra dans la taverne, tout devint subitement calme. Étrangement, plus personne n'avait envie de rire. Le vent froid du nord accompagnait ce type et nous gela tous à l’intérieur. Il ne prit même pas la peine de fermer la porte. L'aubergiste aurait pu lui demander de fermer l'entrée mais... il était comme nous, complètement désemparé. Quand l'encapuchonné leva le visage pour inspecter la pièce, je vis qu'il avait un masque d'or, il devait être assez riche le bougre. Grand et riche, nul doute que c'était une personne importante. On espérait tous qu'il quitte rapidement les lieux, ça devrait être interdit de plomber l'ambiance dans une taverne le soir après la journée de travail. Ces riches ne se rendent pas compte de la dureté de nos vies.
Pourtant, cet enfoiré restait planté là. Il vit qu'il avait attiré l'attention et en profita pour demander ce qu'il cherchait. Il avait un drôle d'accent, ce n'était pas l'accent impérial, c'était beaucoup plus exotique que ça... Malgré ça il parlait bien le kislevite et le parla d'une façon à la fois morne et mélodieuse. C'était étrange.

Il voulait savoir où se cachait un humain accompagné d'un nain. Bien sûr, personne ne pouvait lui répondre, c'est pas comme s'il y avait des centaines d'humains et de nains par chez nous, il aurait pu au moins préciser. Je ne sais pas si c'est par peur ou par surprise, mais l'aubergiste lâcha un verre de ses mains et il se fracassa sur le sol. Malheureusement pour le pauvre Vlad, l'étranger ne semblait pas apprécier ce concert de verre brisée et il s'approcha de lui. C'est là que j'ai eu un mauvais pressentiment, les gars de la salle aussi d’ailleurs, on avait tous la main sur nos armes prêt à dégainer. Le casseur d'ambiance reformula sa demande, mais voyant qu'il n'avait toujours pas de réponse, il étrangla Vlad d'une seule main. C'est là que l'enfer commença.

On en avait assez de ce type, il venait d'agresser notre tavernier. Comme un seul ours on se jeta tous sur lui, mais ce gars n'était pas humain... Il para chacun de nos coups et chacune de ses attaques faisait tomber un de nos camarades, il eu même le temps de tirer un coup d'arbalète de poing dans la mêlée. Yorrik perdit ses bras et Roskov se prit un carreau d'arbalète entre ses deux yeux. On était bien vingt contre un, mais entre les gars bourrés et nos armes de bûcherons on avait aucune chance face à ce fou. Les plus sains d'esprit se replièrent dans le fond de la salle, je les suivis et me cacha derrière une table. Le psychopathe n'était pas rancunier en tout cas, il nous quitta calmement après le combat comme si de rien n'était. On était soulagé qu'il soit partit et on pensait qu'on pouvait de nouveau respirer. Le première réflexe que j'ai eu fut d'alerter la garde de la ville. Je ne me suis même pas arrêté pour chercher Yorrik et Roskov, le plus important était de mettre la main sur ce fils de démon. Je pensais qu'après avoir alerter la garde je retournerai à l'auberge pour m’apitoyer sur le sort de mes camarades, mais je n'eus pas l'occasion de faire le deuil. Je n'ai même pas pu alerter les gardes en vérité.

Pendant que je courrais dans les rues de la ville, un incendie se décala dans le quartier, puis un deuxième, puis un troisième. Puis j'entendis des cris et des appels à l'aide tout autour de moi. Je ne savais pas ce qui se passait. Pendant que j'évitais les flammes, je déboucha dans une ruelle jonchée de cadavres. Le sang ruisselait sur les trottoirs et je pouvais voir l'expression apeurée des visages sans vie. Quand j'atteignis la grande rue, je tombai sur un groupe de guerriers en armure noire qui se tournèrent vers moi. Ils ressemblaient au fou de l'auberge, mais ils ne portaient pas de masque ni de capuche. Je pu voir leur visage allongé et leurs longues oreilles pointues, non, ils n'étaient vraiment pas humains... Je cherchai donc à quitter cet enfer le plus vite possible et je me mis à courir vers la sortie de la ville. Ranald était heureusement avec moi car les pillards ne m'ont pas suivi longtemps. En fuyant l'endroit, je vis l'enfer défiler autour de moi; les flammes léchaient avec animosité les murs des maisons, éclairant les cadavres des civils dont le sang tapissait les rues en rouge écarlate, le tout était dominé par une nuit noire faiblement éclairée par un croissant de lune où la fumée des incendies s'élevait rejoignant les ténèbres. Sans me retourner, je continuais donc ma course et, sorti de la ville, je courus dans les bois jusqu’à Krovas, le village le plus proche. C’est moi qui a alerté la patrouille, mais je n'osais pas les accompagner au début. Quand ils sont revenus ils m’ont dit qu’ils n’ont trouvé personne de vivant là bas et que le village était en cendre. Le lendemain je suis retourné avec les gardes pour aider à nettoyer et enterrer les corps. Le paysage n’étais pas beau à voir. Il y avait plein de paysans crucifiés sur les arbres en bordure de route et, au centre-ville, c’était encore pire. Je n’ose même pas imaginer les tortures qui ont produit leurs blessures… Enfin, grâce à Ranald je peux me vanter d’être un des rares survivants de cet enfer... 
»

Le kislevite reprit une gorgée de vodka. Quand il eut fini le nain lui demanda :

« Passionnant ton récit l’humain ! Et c’était il y a combien de temps ?
- C’était il y a trois mois, mais pour moi c’était comme si c’était y hier.
- Ah ! ah ! Dans ce cas il s’pourrait bien qu’j’ai vengé tes camarades gamin. On a croisé un elfe et sa bande à peu prêt d’le même temps qu’t’on histoire.
- Un elfe ?
- Ouais, il était habillé en noir, et il s’la pétait avec son sourire moqueur. Tu dis qu’il avait une arbalète de poing ?
- Oui c’est ça.
- Il lançait des éclairs ?
- Des éclairs ? Je… Pas que je sache…
- Il avait un fouet rouge et or à sa ceinture ?
- Heu... oui, je m’en souviens !
- Alors c’était lui ! »


Le tueur se mit à rire, avala une pinte de bière d’un trait et poursuivit :

« Si tu savais c’que j’lui ai mis. J’l’ai tellement tranché avec ma hache qu’on pourrait même pas se servir de ces morceaux pour en faire des chouquettes ! »

L’homme blond qui était assis à côté du nain intervint :

« Vous pouvez être rassuré maintenant, ce pirate elfe noir ne pillera plus jamais la région. »

Le kislevite termina son verre. Fronça les sourcils et regarda un instant le plafond. Il dit :

« J’ai du mal à vous croire. Racontez moi ça.
- Alors, tout a commencé au Nordland…
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