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 Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début

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Von Essen
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MessageSujet: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Sam 12 Mar 2016 - 13:23

Ma foi... Tout est dans le titre  Mr. Green
Une légère nuance se situe dans le fait que (comme ailleurs) je ne sais si je suivrai les mêmes personnages sur une seule histoire, ou s'il s'agira d'une compilation d'envies soudaines.
J'espère toujours autant que la lecture vous sera agréable  Happy


Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début



71ème partie


     De lourds nuages gris écrasaient la terre, une pluie torrentielle la liquéfiait, mais nul vent ne venait remuer les trombes d’eau. Là où auparavant, il n’y avait que des flaques, la terre était dissimulée sous une épaisse couche d’eau opaque, et celle-ci semblait bouillir sous les milliers de gouttes que déversaient les cieux.
     La pierre, cependant, tenait bon, tant qu’elle était assemblée par du bon mortier, ou qu’il s’agissait de blocs tellement massifs qu’ils auraient supporté un ouragan. Les structures s’élevaient, formes sombres dans la grisaille, tantôt droites et intactes, tantôt difformes et délabrées. Des ponts, toutefois, seulement deux étaient encore utilisables. Les autres gisaient au fond du fleuve, dont les eaux vagabondaient librement sur les quais aménagés, tellement la pluie les alimentait. Parfois, des branches mortes et des bouts de bois surgissaient sur les flots, et sombraient à nouveau peu après.
     Deux cavaliers avaient prudemment approché les quais. Bien que lent, le fleuve boursouflé n’en demeurait pas moins dangereux. Et bien que les cavaliers se tinssent à quelques dix bons pas de la rive de pierre taillée, l’eau atteignait les genoux de leurs montures.
     Tous deux étaient inlassablement martelés par la pluie, et pourtant, se tenaient droits en selle, comme en défi aux éléments naturels. Tous deux portaient d’immenses capes rehaussées de capuchons, et tous deux avaient depuis longtemps senti l’eau de pluie imbiber le tissu, puis infiltrer leurs habits, jusqu’à atteindre leur peau. Toutefois, aucun d’entre eux ne semblait grelotter ou montrer quelque signe de déplaisir.
     Au loin, ils pouvaient voir les contours indistincts d’une ville silencieuse ; ils n’avaient pas rencontré âme qui vive en arrivant. Ils avaient chevauché à travers des rues désertes, observé des fenêtres aveugles. Les tuiles pourtant rouges des toits semblaient avoir absorbé la teinte grise des murs, morne. En arrivant enfin sur les quais, où leur champ de vision s’ouvrait sur l’immensité du fleuve et le cœur de la cité, les deux cavaliers s’étaient sentis plus légers, plus heureux, et les dernières traces de regrets pour un voyage si long s’étaient finalement dissipées.
     Ils voyaient le fleuve charrier ses eaux tumultueuses vers l’horizon, là où ciel et terre se confondaient dans la brume, à l’infini. Les formes dentelées des constructions apparaissaient alors étonnamment nettes, malgré l’intempérie. Les toits pointus se succédaient. Parmi eux, un toit en coupole paraissait incongru, mais il était là pourtant, plus haut et plus large que les maisons. Il dissimulait derrière lui un autre édifice, vraisemblablement de même hauteur, mais à l’architecture nettement plus anguleuse : de nombreuses tourelles surmontaient l’énorme bâtiment.
     Sur l’autre rive, un seul immeuble était plus haut que les autres, et disposait, semblait-il d’autant d’angles que de formes arrondies, du peu que l’on pouvait voir à travers la pluie.
     Décidément, il était plus intéressant d’essayer de suivre les eaux du fleuve, vers l’infini et au-delà.
     La pluie s’adoucit légèrement. Au loin, juste au dessus de la coupole, une brèche se fit subitement dans le manteau nuageux ; une lame dorée, rayon de soleil inattendu, vint se poser sur l’édifice, rendant subitement à la dorure tout son éclat d’antan. Tout autour, les ombres reculèrent, les contours furent moins flous. Surpris par ce subtil changement, les cavaliers frémirent, et se regardèrent. Quelques instants après, l’un d’eux fut pris d’un franc fou-rire.
     Son éclat fut rapidement étouffé par la pluie et bourdonnement du courant, mais sa voix retentit à nouveau tout de suite après :
     - Même après tout ce temps…
     Ce fut autour de l’autre cavalier de s’esclaffer brièvement. Nul doute n’était permis, désormais, que celui qui venait de parler était un homme, alors que celui qui l’avait entendu était une femme.
     - Et si, - dit-elle, - ce n’était qu’un simple rayon de soleil ?
     L’autre lui répondit sans attendre :
     - Rien n’est laissé au hasard en ce monde… A moins que tu n’aies raison, ma chère.
     Il approcha sa monture de la sienne, posa sa main sur celle de sa compagne. D’un commun accord, les deux joignirent leurs lèvres. Cette union leur parut tant délicieuse qu’ils en allongèrent la durée. Du coin de l’œil, cependant, ils remarquèrent que l’éclaircie était en train de s’agrandir, timidement. Ils s’éloignèrent d’un pouce, et observèrent attentivement ce curieux phénomène.
     - C’est beau, n’est-ce pas ?
     - J’ai préféré la percée, juste ce moment où le soleil a pénétré les nuages.
     - Oui, j’ai pareillement adoré ce moment.
     - Nous devrions continuer, ce soleil est mauvais pour ton teint.
     - Mais que veux-tu encore me montrer ? Je t’avouerai que je suis charmée par cette vision que tu m’as offerte.
     Il songea immédiatement au palais, à la bibliothèque (ou ce qu’il en restait), à l’université, au temple… Il fut surpris que ces choses-là lui paraissent momentanément dérisoires. Son silence fit foi de son hésitation.
     - Dépêche-toi de réfléchir, mon amour, ce soleil est mauvais pour mon teint, - glissa-t-elle malicieusement.
     - C’est tout réfléchi ! Penses-tu que cette ville soit une meilleure résidence que celle de Drakenhof ?
     Elle fut étonnée par sa question, mais en voyant son air sérieux, préféra répondre directement :
     - Trop grand, trop vide. Je ne vois même pas l’ombre d’un serviteur. Plus j’y réfléchis, plus je suis étonnée par ta proposition.
     Alors, elle vit son compagnon lui adresser un sourire énigmatique.
     - Ils viendront eux-mêmes frapper à la porte ! – lança-t-il, puis indiqua de la main un point indéfini dans la cité. – Pour tout ça, et pour sa position sur le fleuve, et pour se sentir mieux, ils viendront, d’abord quelques uns, puis par dizaines, par centaines, par milliers !
     - Et ton idée serait de les accueillir en bons maîtres ?
     - Exactement.
     - Ma foi…
     - Oui ?
     - La Sylvanie me manque déjà.
     Son compagnon leva les yeux au ciel, pour constater avec effarement que la pluie avait cessé, et que les nuages se dissipaient dangereusement, laissant apparaître un ciel d’un bleu éclatant. En lui-même, il proféra un juron, mais l’envie d’ensorceler les cieux à nouveau n’y fut pas. En réalité, la Sylvanie lui manquait aussi, avec ses cryptes, ses châteaux, ses cieux si cléments…
     - Ma foi, partons, mon amie.
     Sa compagne chercha son regard.
     - Vlad, t’ai-je déçu ?
     Il la regarda alors, vit son air désolé et affectueux, sentit sa propre tendresse décupler sur le moment. Il l’embrassa.
     - Mais non, Isabella. Tu as raison. A moi aussi, elle me manque déjà.
     Les deux époux s’observèrent avec passion, puis commandèrent à leurs destriers squelettiques de faire demi-tour. Un long chemin les attendait, mais ils étaient deux, aussi cela ne serait que plus de moments sublimes.  

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Arken
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Sam 12 Mar 2016 - 14:19

Quel petit cachotier ! Un nouveau texte, que l'on attendait pas, accompagné de deux personnages emblématiques !
J'espère pour toi que la suite est déjà en préparation, sinon tu vas t'attirer le courroux de notre impatience... Mr. Green

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Von Essen
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Sam 12 Mar 2016 - 18:39

***

     - Seigneur...
     - Magnifique seigneur, soldat, ou je te tranche la gorge et je ramène ton sang à ta mère pour qu'elle le boive.
     Le tristelame dut retenir une envie meurtrière, repensant à sa chère famille, dont sa mère, par ailleurs, avait connu une mort paisible il y a quelques années. De fait, il ne savait guère ce qui lui était arrivé, ce pourquoi il pouvait tranquillement se dire que sa disparition s'était soldée par une mort tranquille. Toujours était-il avéré que le seigneur à qui il faisait face l'horripilait autant qu'il l'effrayait.
     - Magnifique seigneur, le seigneur Mran...
     - L'affligeant seigneur Mran. Oublie les bonnes manières encore une fois et je te jette aux furies.
     Le tristelame voulut autant égorger son interlocuteur qu'il sentit des sueurs froides surgir sur son front.
     - Magnifique seigneur, l'affligeant seigneur Mran, - le tristelame pria Slaanesh de ne pas se tromper sur les mots, - est triste de n'avoir pas entendu le doux rapport des ombres envoyées dans la laide cité des humains.
     L'elfe noir à qui il faisait face fit la moue, puis se massa le menton, songeur. Tout d'un coup, son geste et son changement d'expression indiquèrent qu'il venait de trouver une idée pour le moins plaisante.
     - S'il m'envoie sa meilleure courtisane sur le champ, dans une heure il aura ce qu'il désire. Me suis-je bien fait entendre, soldat ? - ajouta-t-il mielleusement.
     - Oh, - le tristelame faillit s'étrangler d'indignation, mais savait qu'il devait parler ainsi pour survivre, - oui, magnifique seigneur.
     Son interlocuteur le dévisagea avec amusement. Ne répondit pas, continua à le scruter attentivement, fit durer l'attente. Le tristelame luttait pour maintenir un visage impassible et priait pour la protection divine. Une légère brise agita les larges pans de l'entrée de la tente, derrière lui.
     - Tu n'as vraiment pas envie de voir mes furies ? - dit l'elfe noir haut gradé, sur un ton innocent, presque déçu.
     Le tristelame se demanda quoi répondre, conclut rapidement que la moindre réponse pouvait tourner en sa défaveur, maudit ciel et terre puis en choisit une au hasard.
     - Je n'ai pas encore tué assez d'ennemis pour être d'humeur, magnifique seigneur.
     - Ah bon ? - son supérieur haussa les sourcils, feignant l'incrédulité.
     - Oh oui, magnifique seigneur, - articula le soldat.
     - C'est bon alors. Va ! Va tuer des ennemis !
     Le tristelame salua muettement.
     - Je dirai à mes furies que tu seras prêt dans une semaine !
     - Oh oui, magnifique seigneur.
     Il finit par quitter la tente, marcha calmement à travers le campement, soutenant quelques regards fort étranges de la part des quelques elfes qui l'avaient vu entrer au lieu de repos du général suprême. Bien évidemment, - le tristelame le savait, - ils se demandaient ce qui a bien pu y être dit, et comment lui-même en était sorti sans égratignure visible. Lorsqu'il sentit enfin les regards de ces curieux loin derrière lui, il inspira à pleins poumons. Dans une semaine, le général suprême aura peut-être oublié cet entretien.

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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Sam 12 Mar 2016 - 18:45

Un couple de vampires bien connu, des elfes noirs au sommet de leurs coutumes...
Quand est-ce qu'on pourra lire le but de ces introductions ? Oui, je sais, deux textes en une journée... Ca ne m'empêche pas de demander la suite ! Innocent

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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Lun 14 Mar 2016 - 19:53

***

      Le seigneur Mran congédia le tristelame immédiatement après son rapport. Il ne donna guère de suite au marchandage du général suprême, favori de Slaanesh. Qu’ils perdent leur prochaine bataille à cause d’une stupide mésentente, peu lui importait. Ses courtisanes lui appartenaient, et représentaient une valeur inestimable. Le peuple elfique était moribond.
     Mran regarda sa carte, fit une mesure qu’il avait déjà faite la veille. Une journée de marche à pied, une demi-journée à cheval. Altdorf, la barbare cité des humains, devait être proche. Le peuple elfique avait besoin d’esclaves. Mais ils ne connaissaient guère la situation de la cité. Des éclaireurs avaient fait leur rapport au milieu de la nuit, sans que lui, le meilleur tacticien, en fût averti. Renvoyés immédiatement en mission, ainsi lui, le meilleur tacticien, ne pouvait les convoquer au rapport maintenant.
     Mran appela. Un garde se présenta et salua. Un coup d’œil suffit au seigneur pour voir que le garde était fort et apte au combat, mais qu’il ne suffirait pas. Mran songea à convoquer un autre garde, plus haut gradé, mais préféra tout de suite un autre combat. Il ordonna, et le garde sortit, puis revint avec un autre garde, qui salua. Mran leur ordonna de reculer la table de camp vers le fond de la tente, pendant qu’il faisait de même avec le siège. Il indiqua aux gardes de se mettre aux côtés opposés de la tente, se plaça au milieu, ordonna aux gardes de l’attaquer à son signal. Mran défit son ceinturon avec son épée, jeta l’ensemble sur la table de fond, inspira profondément, fit le signal.
     En trois battements de cœur exactement, deux hallebardes s’abattirent sur lui ; cou, genoux ; il dut se laisser tomber et bondir en même temps, atterrit sur ses mains, rétracta puis détendit violemment ses jambes dans un écart parfait. Soutenant l’impact de ses chevilles, les gardes reculèrent d’un pas, alors que le seigneur se relevait prestement.
     - Encore !
     Les deux pointes, flancs. Un pas en arrière suffit ; il faillit s’emparer des deux armes, constata leur retrait foudroyant pour revenir viser sa tête. Il esquiva en se penchant en arrière, frappa durement les hampes, appliqua un coup de pied sur l’abdomen d’un des gardes, qui perdit l’équilibre. L’autre subit le même sort en encaissant le poing du seigneur en plein nez.
     - Encore !
     Les hallebardes dardèrent leurs pointes, tels deux serpents prêts à mordre, chaque coup anticipant le suivant. Le seigneur dut faire preuve d’une rapidité prodigieuse et d’une remarquable souplesse, détournant parfois les coups par la force de ses poignets. Satisfait, il évita une énième estocade, fit deux pas décisifs pour abattre son bras sur la tête d’un des gardes. La parade de ce dernier fut trop lente, seul son casque l’empêcha d’être assommé, il tomba. Mran lui arracha son arme, frappa, arrêta la pointe à un souffle de l’œil de l’autre garde. Il avait vaincu.
     Le garde à terre se releva, reçut sobrement son arme. Tous deux saluèrent. Mran leur indiqua qu’il voulait encore vérifier quelque chose. Il alla récupérer son épée et son ceinturon, revint au centre, ordonna aux gardes d’aller déposer leurs hallebardes sur la table, puis de revenir.
     - Vous n’aurez pas droit à vos dagues.
     Ils acquiescèrent.
     - Attaquez.
     Tous deux coururent en biais ; le plus proche de l’épée encore rengainée bondit ; tête, abdomen, le second est une feinte ; Mran dégaina, sa main libre se dressa, poing serré. « L’abdomen » se retira, contre-feinté par l’épée ; « la tête » se prit son poing en plein menton. « L’abdomen » se pencha ; la lame du seigneur se planta devant lui, manquant de lui couper un doigt. Un seigneur de Naggarond ne saurait être surpris par un tapis dérobé.
     - Assez !
     Les deux gardes se relevèrent, saluèrent.
     - Reprenez vos armes, sortez, entrainez-vous l’un contre l’autre. La coordination, - il appuya ce mot, - ne doit pas limiter votre vision, - il appuya ce mot aussi. – Vos reflexes régimentaires sont l’apanage des races inférieures. Vous valez mieux que ça !
     - Oui, seigneur Mran !        

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Dernière édition par Von Essen le Lun 14 Mar 2016 - 20:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Lun 14 Mar 2016 - 20:13

Je me sens un peu seule à commenter chaque suite... Où êtes-vous passés messieurs ? Vous ratez un texte qui certes, n'est pas encore intéressant côté scénario, mais qui se trouve fort bien narré !

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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Lun 14 Mar 2016 - 21:42

mais, je suis là, je suis là!

Que dire… c'est surprenant de commencer Vampire at War sans les personnages de la dernière fois. Cependant, il est encore plus étonnant de rencontrer ainsi deux personnes qui devraient être mortes (enfin… vraiment quoi Blink ) et de tomber sur une bande d'elfes noirs de Slaanesh. Si ces cultes sont finalement autorisés, c'est qu'il y a eut des événements inconnus qu'il me tarde de connaitre!
D'autant que le personnage semble parler au nom "du peuple elfique", diantre… tout cela m'intrigue.

Cependant, je trouve ce format assez sympathique, le récit avance par touches, mais c'est clair, précis et les personnages ne manquent pas de caractère.

Je suis surpris que personne n'ait déjà lancé un "La suite!"
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Lun 14 Mar 2016 - 22:13

Bah c'est fort bien conté et fort intéressant mon cher.

C'est en effet une suite que nous n'attendions pas, que ce soit la suite en elle-même ou la présentation de cette dernière.

Mais elle est très bien. Et du coup, vive la suite Sourire
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Lun 14 Mar 2016 - 22:18

Youhou ! Bonsoir à vous, messeigneurs ! Vos commentaires sont entendus, la suite devrait être la cette semaine Sourire

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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Mar 15 Mar 2016 - 7:14

Et bah ! Déjà, je tenais à signaler que je lisais tout depuis le début mais restait en retrait. Cependant, dame Arken se sentant un peu seule, me voici !

De voir Vlad et Isabella me fait chaud au cœur ! Ces personnages existent depuis longtemps dans l'univers de Warhammer et les voir se faire démolir au niveau de l'histoire dans la Fin des Temps. La narration est claire, précise, on rentre dès le début facilement dans ton histoire !
D'avoir le point de vue d'elfes noirs, même si nous ne voyons pas encore le lien ni avec Vlad et Isabella, je trouve leurs points de vue très intéressant.
Comme l'a dit ethgri, cela change de d'habitude de ne pas voir les personnages du récit dès le début mais je te fais confiance de ce côté là !

Je ne peux qu'attendre... LA SUITE !!! En effet, ce sont des petits textes intéressants mais qui sont, pour l'instant, loin de satisfaire mon appétit de lecteur !!! Continue comme ça et merci à toi de nous régaler d'un autre récit magnifique !
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Mer 16 Mar 2016 - 22:16

***

    Il quitta ses quartiers en attirail de guerre quasi-complet. Son heaume et son bouclier furent laissés dans la tente.
    Un geste suffit pour que dix gardes marchent à sa suite. De part et d'autre de son chemin, les guerriers saluaient, avant de revenir à leurs devoirs. Au dessus de lui, le ciel dévoilait un bleu vif, éclatant. Seule l'herbe mouillée sous ses pieds témoignait encore d'une récente averse. Droit devant lui, au bout de l'avenue principale du camp, se dressait l'exacerbant pavillon du général suprême. De gré ou de force, Mran allait lui arracher les informations qu'ont pu rapporter les éclaireurs.
    Les gardes le laissèrent entrer seul, et se placèrent tout autour du pavillon, au grand déplaisir des affrelances qui assumaient déjà le même rôle. Curieusement, au lieu de surveiller l'extérieur, les gardes étaient tournés vers eux, et leurs visages placides exprimaient la neutralité de la mort.

    Allongé sur des coussins magnifiques, vêtu de ses meilleurs atours, c'est à dire de rien, le seigneur druchii semblait aussi proche de la fonction militaire que le soleil était proche de la lune. Il était la tendresse même, sa main maintenant délicatement le bout d'un fumoir doré ; reposait devant lui, sur des coussins légèrement moins surélevés, une elfe ; elle goûtait au fumoir qui lui était tendu, par petites bouffées, exhalant de légères vapeurs roses. Elles tardaient à se dissiper, ces vapeurs, elles fuyaient les hauteurs, elles préféraient de loin effleurer les corps affalés, telles des caresses.
    Le général suprême n'ignora pas la venue du terrifiant seigneur Mran. Il leva les yeux vers lui, et dit à voix basse :
    - Vous êtes sans doute la meilleure courtisane de mon ami ? Je vous supplie, allongez-vous.
    - Le traitement spécial de mon maître, je présume ? - la voix de Mran ne trahissait aucune glace.
    Le général suprême frémit légèrement, mais la main soutenant le fumoir ne trembla pas. L'elfe semblait indifférente à ce qui se passait autour d'elle. Quant à son maître, il fronça légèrement les sourcils.
    - Je sais pourquoi vous êtes là, mais vous supplie de ne pas interrompre ce moment. Au contraire, je vous propose de vous joindre à nous, et je vous parlerai de tout ce dont vous voudrez.
    Mran ne semblait nullement courroucé.
    - J'aurai besoin du nécessaire...
    A peine eut-il fini que deux serviteurs, habillés, se présentent à lui, et s'inclinèrent.
    - Alors nous pourrons discuter.
    Toujours sans glisser mot, les serviteurs s'agitèrent : l'un délestait habilement le seigneur de son armure, l'autre arrangeait une couche seigneuriale attenante à celle de l'elfe. Tous deux reçurent du seigneur ses vêtements, son armure, ses armes, puis se retirèrent derrière les multiples rideaux du pavillon.
    Mran s'allongea tranquillement sur sa couche, examina attentivement l'elfe, la trouva convenable.
    - Le rapport des ombres. J'écoute.
    Le général suprême ne répondit pas, mais retira doucement le fumoir de la bouche endormie de l'elfe, rapprocha le fumoir de ses propres lèvres, aspira. Le seigneur de Naggarond l'observa patiemment savourer son plaisir, expirant davantage d'arabesques rosées. Au bout d'un long silence, le favori de Slaanesh parla :
    - La cité est déserte, vide, abandonnée.
    Il marqua une pause, Mran attendit.
    - Les ombres n'ont détecté aucune présence ennemie, et sont retournés avec quelques objets... sans valeur.
    A chaque silence, il prenait le temps d'écouter. Il écoutait l'elfe respirer, son petit coeur palpiter.
    - Des objets des humains, en or, mais très laids. Je les ai renvoyés trouver mieux.
    Mran attendit encore.
    - Je pensais ordonner la levée du camp ce matin, mais cette pluie...
    Le seigneur de Naggarond n'insista point pour lui prendre la parole, le laissant savourer le moment encore un peu. Au bout d'un moment, cependant, il parut clair que le général suprême ne désirait plus rien rajouter.
    - Puis-je voir les objets ?
    - Au moment où vous nous laisserez, ils seront à vous.
    Mran regarda le général suprême, qui ne put rien déduire de son expression, si ce n'est qu'elle n'exprimait rien, ce qui, d'après ce qu'il savait, était bon signe.
    - Désirez-vous rester encore un peu ?
    - Pour elle, pas pour vous.
    Le visage du favori s'éclaircit.
    - Nous lui dirons que vous lui plaisez particulièrement. Elle s'appelle... Almis, Amlis... Am... Je ne sais plus.
    Le seigneur de Naggarond l'examina des pieds à la tête, encore une fois.
    - Ce n'est pas grave, il faudra lui demander.
    - Mon ami, - le général suprême était heureux, - je vous accorde le plaisir de la réveiller.  


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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Ven 25 Mar 2016 - 10:52

***

     Les deux cavaliers s’arrêtèrent. La fin de la ville était encore loin, cependant tous deux venaient d’entendre la même chose : des bruits de sabots derrière eux. Au-delà du fleuve. Leur ouïe vampirique avait suffi pour en déceler l’incongruité en dépit du bourdon des flots. Telle une magnifique fleur vivace, la curiosité éclot en eux. L’un des cavaliers s’éleva soudain au-dessus de sa selle, sa grande cape se souleva ; il rétrécit, rétrécit, se couvrit de poils noirs ; Isabella observa avec envie et affection la transformation de son époux. La chauve-souris vampire se dirigea en direction du bruit, prenant de l’altitude au-dessus des rues incolores.

     Lorsqu’une ombre fugace lui voila le soleil, le chef de bande leva instinctivement le regard, vit la silhouette d’une bête volante. Une chauve-souris en plein jour ? Non. Un ennemi ? Oui. Sans doute un éclaireur ennemi.
     Les druchii virent leur chef lever le poing et freinèrent violemment leurs montures, qui hennirent en protestation.
     Le chef indiqua un point au-dessus d’eux.
     - Tuez celui-là. Honte à ceux qui le ratent.
     « Honte » venant de la bouche du chef voulait dire « châtiment humiliant et douloureux ». Les ombres eurent besoin d’instant pour pointer leurs arbalètes chargées sur la créature qui les survolait.
      Lorsque les flèches fusèrent, toutefois, aucune ne trouva sa cible : la chauve-souris elle-même fondait droit sur eux. Le chef de bande tira à son tour, mais n’eut guère le temps d’être surpris : ses traits ricochèrent sur un être qui n’était guère une chauve-souris. L’instant suivant, Ereth Kial lui ouvrit ses bras.

     Vlad amortit son atterrissage sur le coursier noir qui ploya sous le choc. Stupéfaits, les druchii n’en demeurèrent pas moins rapides à dégainer de lourdes épées barbelées ; deux d’entre eux démontèrent.
     Le seigneur vampire n’eut qu’à murmurer quelques sinistres paroles pour que ses doigts furent sources de flammes noires aussi meurtrières que des vraies. Hennissements, cris d’horreur, cris d’incrédulité, voila le prix de ceux qui se laissaient surprendre trop souvent.
     A l’instant suivant, il regretta de ne point en avoir épargné un pour l’interroger. Cependant, alors que ses ennemis achevaient de se consumer dans un cauchemar de fumée noire et de chair calcinée, Vlad se dit que ce genre d’ennemis ne pouvaient être autre chose que des éclaireurs… C’est qu’il n’était pas le seul charognard à s’intéresser aux ruines impériales. C’est que décidément, les choses n’allaient guère changer sur le fond. C’est que des ennemis, de purs enfants, remplis de rêves, d’ambition et de joie de vivre, n’étaient pas très loin. Que leur bêtise était révigorante…
     Le comte leva ses mains au ciel. La fin de l’Empire n’était qu’un nouveau début. Le ciel, le ciel était un criminel qui n’éprouvait aucune passion, à observer tous ces petits êtres rampants s’entretuer, sans jamais réagir, demeurant éternellement et impitoyablement beau. Lui, Vlad, refusait au ciel le loisir d’observer ses actions, qui n’appartenaient qu’à lui, et qu’un être aussi viscéralement impassible n’avait guère le droit de juger. Que le ciel devienne aveugle aux faits de gloire des von Carstein ; que l’ignorance des mortels soit le mortier de leur gloire.

     Isabella observa avec étonnement les nuages revenir. Pourquoi revenaient-ils ? Sans doute allaient-ils s’attarder ici encore un petit moment. Déjà elle revoyait l’immense chauve-souris s’approcher d’elle, avec l’odeur du sang… Malgré elle, la vampiresse se pourlécha les babines.    

***

     Le vent qui soufflait sur le camp changea de direction ; les bannières s’agitèrent. Les sentinelles postées du côté est aperçurent les prémices d’un orage subit. Peu enchantés de devoir supporter une nouvelle averse, les druchii se renfrognèrent. Déjà ils pouvaient voir les oiseaux fuir l’intempérie, se levant par essaims entiers. Le vent se raffermit, devint étonnamment froid. Silencieux, les elfes supportèrent stoïquement cet inconfort. Au loin, les oiseaux approchaient.

     - Seigneur Mran…
     - Oui.
     Les gardes saluèrent en voyant les deux généraux quitter le pavillon ; ils étaient armés de pied en cap, seul le seigneur Mran n’avait pas de heaume ni de bouclier. Cependant, ses premiers ordres furent d’envoyer un garde les chercher dans sa tente. Son ordre suivant fut de lui amener un destrier. Lorsque cela fut fait, les deux seigneurs se saluèrent avant de se séparer : le général suprême restait, Mran s’en allait.
     Lorsque ce dernier fut à quelques cinq-cents pas de loin, le favori de Slaanesh rentra dans ses quartiers.

     Pas des oiseaux, des chauves-souris, très grandes, rien d’anodin. Une sentinelle plus prompte à réagir que les autres prit un petit cor qui pendait à sa ceinture et souffla ; la note cinglante fut immédiatement reprise par les autres sentinelles, désormais certaines que le gigantesque nuage vivant était signe de danger. Comme pour confirmer leur alerte, les créatures volantes fondirent sur eux.
     « A COUVERT ! »
     Ils n’étaient guère assez nombreux pour résister ; leur bon sens les sauva des premières attaques ennemies. Déjà les tentes les plus proches se vidaient de leurs occupants qui accourraient repousser l’assaut.

     En dépit du triple galop imposé à sa monture, Mran n’eut aucun mal à évaluer la situation. S’il ne s’agissait que d’un danger semblable à ces bêtes qu’il apercevait, alors ses troupes perdraient bientôt ses éléments les plus faibles et inutiles. Cependant, les notes et récits de guerre qu’il avait lus il y a longtemps laissaient présager une bien pire menace.

     Les affrelances refermèrent leurs boucliers et pointèrent leurs lances en direction des créatures ; leur nombre était impressionnant, mais les soldats tinrent bon. Bientôt, ils furent aspergés de sang noir. De part et d’autres, les officiers reformaient les rangs au fur et à mesure que le camp se vidait. L’agréable sifflement des arbalètes rajouta de l’assurance aux lanciers : le sort des créatures était scellé.

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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Lun 25 Avr 2016 - 20:03

Comme elles sont géniales ces deux suites Wow Wow

Plus sérieusement (encore que je l'étais au-dessus aussi), c'est aussi bien voire mieux qu'avant (les anciens textes). Même si je trouve qu'il manque un peu de descriptions, notamment de la forêt, elles sont très bien faites quand il y en a.

Bref, continue comme ça Sourire
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Lun 25 Avr 2016 - 23:53

Enfin !
Les deux histoires se rejoignent pour mon grand plaisir, rythmé par une bataille entre les seigneurs de la nuit et les elfes noirs ! Wink

J'adore ta mise en scène et tes descriptions. Elles sont vivantes et énergétiques !

Bref... La suite ?
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Mer 12 Oct 2016 - 15:52

82ème partie.

Le chapitre du changement


     « La Fin des temps n’est que la fin des temps pour l’humanité… »
     Ces paroles revinrent dans l’esprit embrumé d’un être affalé sur un bureau recouvert de papiers. L’homme au teint froid et pâle avait la joue contre ses bras croisés, et regardait, posé sur la surface du meuble, un crâne émettant de vives langues de flamme. Des feuillets traités à l’amiante étaient disposés autour, écartant pour le moment toute possibilité d’incendie. Le crâne étrange était un présent d’un seigneur vampire de grande renommée, ce qui lui valait la place d’honneur sur le lieu de travail du chroniqueur des von Carstein.
     Von Essen se lamentait des heures durant. Il s’ennuyait, il ne trouvait pas d’issue à sa nature instable et mort-vivante. Le tournoi du Fort de Sang s’était depuis longtemps achevé, il était revenu au service du seigneur Vlad et retrouvait sa bibliothèque et son bureau. Atroce. Il était à l’agonie car, quelques jours précédemment, le seigneur von Carstein lui avait confié la garde des lieux pour un temps indéfini. Toutes les troupes de la non-vie partaient quelque part, sauf lui.  

     Il s’approcha d’une fenêtre, évalua la vision qu’elle procurait : une exécrable brume opaque s’obstinait à dissimuler les environs. Souvent, des contours de crânes gigantesques semblaient surgir parmi les volutes indistinctes, signes évidents d’une saturation en magie noire.
     Quelque part en contrebas devait se situer le hameau de Drakenhof, inhabité comme tous les autres villages du pays. Cette dernière observation raviva le sourd ressentiment du chroniqueur : il n’y avait rien, RIEN qui aurait pu venir menacer le castel ces temps-ci. La province était morte, l’Empire n’était plus que ruines et les tribus du nord se remettaient à peine de la plus grande campagne de leur histoire, soldée en dépit de tout par un échec. Il n’y avait donc aucune utilité à sa présence au castel, sinon de brûler toutes les cartes des provinces sous Karl Franz, devenues obsolètes. Une bagatelle que Von Essen dédaigna, il la ferait plus tard.
     Il se remémora un choix qu’il avait fait il y a fort longtemps : le choix d’un maître. Il se remémora… Nagash, tout d’abord. D’une manière qu’il ignorait, le suprême seigneur des immortels ne revint pas de sa campagne en Nehekhara. Ensuite, très brièvement, Mannfred von Carstein. Malheureusement pour celui-là, un troisième « grand maître » de la non-vie se présenta, et…
     Jusque là simplement crispé, Von Essen se pétrifia soudain : un frémissement quasi-imperceptible dans les murs du château lui indiqua que quelqu’un venait de frapper aux grandes portes.  

     Le vampire dévala bon nombre d’escaliers et traversa plusieurs couloirs poussiéreux avant d’atteindre le gigantesque hall d’entrée. Il allait soit déchainer sa colère sur l’inopportun, soit jouir de sa présence qui briserait sa solitude. Avant de commander aux portes de s’ouvrir, il entreprit d’examiner les vents de magie qui pourraient lui livrer des indices sur ce qui l’attendait dehors.
     Un autre vampire, guère plus redoutable que lui.
     Voila qui laissait la voie ouverte à deux possibilités : duel verbal ou duel armé. Par un ordre informulé, les grandes portes s’ouvrirent.

     Tous deux se toisèrent et se reconnurent. Tous deux affichèrent un rictus sadique à l’idée d’un affrontement. Pour des raisons différentes, aucun des deux ne dégaina.
     - Je vous salue, sire d’Essen.
     - Votre nom ?
     - Kreuz von Karnstein.
     Le chroniqueur haussa un sourcil dubitatif. Avait-il bien entendu ?
     - Je suis un envoyé du comte Mannfred, - précisa Kreuz. – Puis-je entrer ?
     Tant pis pour le duel armé : son ennemi du passé n’affichait pour le moment que des intentions pacifiques. Aussi les deux vampires s’installèrent l’un en face de l’autre dans l’immense et miteuse salle des festins du castel, dont la table portait encore des traces de sang vieux de plusieurs décennies, voire de siècles.
     Von Essen se sentait profondément agacé par l’aura de mystère qui entourait l’aberration qu’était le nom « von Karnstein ».
     - J’écoute, - lança-t-il d’un ton peu aimable.
     - Mon maître cherche des alliés tels que vous, - répliqua Kreuz, - c’est aussi simple que cela.
     - Ah ? Des alliés ?
     Ils échangèrent des regards acides.
     Au regard des immortels, tout avait basculé en quelques instants : le retour de Nagash, le retour de Vlad et d’Isabella, la défaite inattendue de Nagash en Nehekhara… Ayant survécu, le comte Mannfred voulut à son retour reprendre le contrôle de la Sylvanie, mais il s’avéra incapable de défier ouvertement son père de sang : bien que fourbe et rusé, le comte ne disposait pas de la volonté suffisante pour briser le lien filial. Vlad ne le retint pas lorsque, rempli de rancœur et de haine, Mannfred von Carstein quitta la province maudite. Depuis, Von Essen n’avait entendu que des rumeurs à son sujet : il aurait conquis un nouveau fief dans les terres appelées jadis les Principautés Frontalières…

     - Oui, des alliés, - trancha Kreuz, avant de partir sur un ton plus vif : - sire d’Essen, quel avantage avez-vous pu trouver à rallier le camp de Vlad ?
     - Plus fort que Manny.
     L’émissaire retint une envie d’étriper le chroniqueur.
     - Seul son lien de sang lui octroie sa supériorité et vous le savez ! - vociféra-t-il.
     - Et alors ?
     - Alors mon maître pourrait abattre le votre à la première inattention de sa part !
     - Souhaitez-vous que je vous fasse sortir de la demeure du mien par la peau du cou ?
     Remarquablement dédié à Mannfred, Kreuz s’obligea à mettre son courroux de côté afin de mener sa mission à bien.
     - J’ai eu tort de m’emporter, sire d’Essen, pardonnez-moi. Je vous prie de me laisser poursuivre.
     Après un bref silence dédaigneux, le chroniqueur montra son accord, et l’émissaire poursuivit.
     Le comte Mannfred était devenu le maître incontesté (Von Essen en douta) des Principautés Frontalières et n’avait guère délaissé ses ambitions de conquête. Les royaumes du sud avaient survécu à la grande vague d’Archaon, l’Elu des Dieux. Des rumeurs couraient sur la reconstruction d’un nouvel empire, baptisé Sonnstahl...
     Autant de proies juteuses pour un conquérant déterminé.

     - Vous ne me ferez pas croire, sire d’Essen, que vous vous complaisez dans l’oisiveté ! Vous qui avez outrageusement volé la coupe d’Isabella von Carstein, vous qui vous nommez pompeusement « chroniqueur des von Carstein », vous ne sauriez rester ici à moisir en même temps que vos parchemins !
     Il se tut, certain d’avoir été convaincant, dissimulant mal son impatience par rapport à la réaction de Von Essen… Ce dernier fit mine de réfléchir avant de jeter brusquement :
     - Je n’ai plus la coupe.
     - QUOI ?! – Kreuz regretta immédiatement son excès d’émotion, mais il était trop tard pour le réparer.
     - Si, - appuya froidement le chroniqueur, - la coupe a été rendue à sa légitime propriétaire. Voulez-vous toujours faire de moi votre allié ?
     Mal en point, Kreuz se résigna à un silence embarrassant, alors qu’il pesait le pour et le contre de ce qu’il venait d’apprendre.
     - Oui, - articula-t-il enfin, - mon maître saura récompenser tous ceux qui le suivront. La Sylvanie est une région morte et sans la coupe, je doute que vous y soyez tout à votre aise…
     - Fort bien ! – le chroniqueur afficha soudainement une mine avenante. – J’accepte de vous suivre. Une dernière question cependant : « von Karnstein » ?
     - « von Karnstein », - expliqua Kreuz, - est le nom qu’a choisi mon maître pour lui-même, et pour tous ceux qu’il juge digne de prendre part à sa gloire.
     Von Essen grimaça discrètement. Ainsi le comte Mannfred croyait s’affranchir de son père en reniant ses origines ? Futile… Toutefois, - se dit-il, - Mannfred avait préservé ce que Vlad donnait l’impression d’avoir perdu : la soif de gloire et de conquête. Or, le chroniqueur se savait friand de rapports de batailles.
     - Je vois, - prononça-t-il lentement. – Avez-vous prévu une monture pour moi ?
     - Oui. Suivez-moi.

     Kreuz fulminait intérieurement : sa propre maladresse, la suffisance de Von Essen, deux raisons bien suffisantes pour le mettre d’humeur exécrable. Pour couronner le tout, la coupe était hors de portée !
     Alors que tous deux enfourchaient des destriers cadavériques, l’émissaire du comte von Karnstein fit le vœu que Von Essen ne trouve guère de grâce aux yeux de son maître. Les deux vampires mirent alors leurs montures au galop et, sans crier gare, Drakenhof disparut derrière eux dans la brume.


     Longtemps ils chevauchèrent en silence, chacun occupé à se croire plus malin que l’autre. Les harnais cliquetaient, les capes de voyage claquaient au vent, les doigts se resserraient sur les brides. Kreuz menait, Von Essen suivait ; leur route, sombre et monotone, traversait une vaste étendue terreuse parsemée de flaques noirâtres. En passant par des haies sans vie, les troncs des arbres morts surgissaient du brouillard tels des récifs marins, et les vampires n’évitaient ces obstacles que par une sorte de grâce surnaturelle.
     Ils quittèrent le brouillard pour déboucher une lande herbeuse ; les deux lunes ornaient le ciel noir tels deux pendules luminescents ; quelques battements d’ailes trahirent le passage d’une chauve-souris. Les vampires entendirent son petit cœur battre avec entrain.
     Peu de temps après, ils savaient que le comté morbide restait derrière eux. Ils traversaient à présent une contrée auparavant nommée Stirland. Au loin, des cris de loup retentirent.  


Loup Funeste  Loup Funeste  Loup Funeste
 
     
     

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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Mer 26 Oct 2016 - 21:08

haha! tu croyais qu'on allait laisser passer ça! mais non! haha! Shifty

Dejà, ça fait plaisir de se remettre du vampire at war sous la dent! bien que les événements aient changé le monde, on retrouve l'ambiance des récits, et l'elfe aime ça!
Des nouveaux personnages, ça nous avait tous surpris, tout autant que voire des elfes prendre une telle part dans l'histoire… Mais on retrouve enfin un personnage connu (deux fois connu^^), et ça, ça veut dire que tu nous pose le vrai début de l'histoire, et des explications plus complètes sur le post-fin des temps Clap

bref, content de retrouver des têtes familières, et d'avoir une suite bientôt Devil !
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Sam 5 Nov 2016 - 13:12

Expérimentation pour le plaisir Happy

___________________________________

      Les deux vampires étaient sur leurs montures au galop.
      La  vigilance constante du chroniqueur lui permit d'éviter un fulgurant coup de dague ; il s'empara du bras armé, lui-même figé dans une posture fort précaire.
      Crissement d'épée dégainée, bras armé tordu, lame d'épée enfonçant la chair, grognement, dague tombée à terre.
    Kreuz : « Victoire est m.. - »
    Bras tordu brisé au coude, cri, cri étouffé. La monture du chroniqueur est privée de dhar, son maître la fait s'effondrer.
    Lame d'épée extirpée, elle était dans la gorge.Gargouillis ; lame ennemie brandie ; démembrement de la monture adverse, qui tombe. Kreuz. Lame dans son cœur. Haine. Doute, colère, soulagement, hargne, cruauté -
    Curiosité : « P.our.quoi ? »
    Démembrement, bras et chevilles, lame retirée.
    « Po.ur.quoi ? »
    Sourire. « Le soleil va se lever. »
    Dédain. Regard vers les cieux, concentration. Vent violent, vent froid, feuilles provenant de loin.
    « Pourq.u.oi ?! »
    Dédain. Lèvres closes, closes.
    Colère et colère. Gorge déchirée, prendra des jours à se remettre. Non, dhar !
    Magie impie, régénération. Respiration. Haine.
    « Je vous laisse là alors ? Sac à viande, charogne ! »
    « Vous vouliez  voir le comte Mannfred. »
    « Plus envie, figurez-vous ! » Envie d'en finir.
    « Vous ne savez rien. »
    Grimace. Hésitation...
    « Mon maître doit avoir la coupe. »
    « Pas mon problème. »
    « Vlad von Carstein va mourir. »
    « Quoi ?! »
    « Quel jour sommes-nous ? »
    Doute, doute, doute !!
    « Neuvième jour après la saison des moissons. »
    Silence.
    « Alors ? »
    « Vlad mourra lors du solstice d'hiver. »
    Incrédulité, colère :
    « Comment ?! » Colère, frayeur, frayeur ! « Par quel moyen ?! »
    « Emmenez-moi à lui, je lui dirai. »
    « Quoi !! »
    « Je lui dirai en personne, en votre présence si tel est votre souhait. »
    Tractations, menaces, incrédulité, tractations, tractations. Cris. Empoignade, menaces, doute, doute, crainte, décision.Les deux montures cadavériques se relèvent. Pluie qui tombe du ciel gris et triste. Kreuz mis sur selle comme un sac. Von Essen garde ses membres tranchés dans un sac.
    Route vers l'Ouest. 


*
Vent fort. Arbres branlants, herbes agitées.
*


ZOG ! Grumf. WAAH ! WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAGH !
 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Eh ? VERDAMMT !
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ZOG ? WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAGH !
WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAGH !
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAGH !
. . .
Alors oui, mais non. Non.
. . .
WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAGH !
. .
Adieu !
. .
WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAGH ! Waaaaaaaaaaaagh....................... !
 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Lun 23 Jan 2017 - 1:40

Bonsoir chers amis !  

Je suis de plus en plus attiré par la contemplation, hélas quelque peu au détriment de l'intrigue...





***


     Longtemps, aussi longtemps que le lui permettait la lente progression de l’ennemi, le seigneur Mran envisagea la retraite. C’étaient des pantins, des pantins si nombreux qu’il en avait envie de rire.
     C’était une bataille qu’ils pouvaient éviter. Ils devraient l’éviter ! La victoire ne leur apporterait rien… Pourtant, Mran veilla personnellement à la formation de sa ligne de bataille avant de rejoindre sa Garde Noire. Il avait lu la détermination dans les yeux de ses hommes, cette détermination stupide qui rabaisse impitoyablement la raison.
     Une retraite conduirait à une baisse de moral, des désertions, des mutineries ! Ces elfes avaient voyagé pendant des semaines et voulaient se battre. Leur général n’allait pas leur refuser cela.

     Involontairement, Mran bailla. Il voyait les corps ambulants à quelques cent pas de lui ; ces derniers moments d’attente lui parurent longs. Il regretta de n’avoir pas emporté d’arbalète. Enfin, le seigneur druchii décida d’avancer seul. Ses mains le démangeaient et il souhaitait essayer le tranchant de sa lame. Il quitta le premier rang de sa garde, sous les regards approbateurs des vétérans : le premier sang devait appartenir au meilleur d’entre eux.

     Son armure était le fruit d’un dur labeur et d’un grand savoir. Il avait pris un immense plaisir à venir de temps en temps à la forge afin de voir la progression de sa confection. Il aurait pu passer des heures à observer le processus, poser des questions, demander à être initié à cet art ancestral. Hélas, il ne pouvait être partout à la fois, il devait entrainer ses troupes quotidiennement.
     Il en était de même avec son épée. D’ailleurs, Mran adorait visiter les forges en général. Epées, lances, haches, hallebardes, pointes de flèches, mais aussi chaines, entraves, pièces de navire de guerre, armatures de chars à sang-froids… L’artisanat du meurtre était naturellement fascinant.

     En ce jour où il faisait face à un nouvel ennemi, Mran prit le temps d’observer les pantins de près avant de les combattre. Son épée lui paraissait peu pertinente, une hallebarde eut été préférable…

     Il commença par quelques puissants coups de taille, grimaça : quatre décapitations, aucune véritablement décisive : les morts titubaient encore, mains tendues vers leur cible… Un ouragan de frappes précises plus tard, ils gisaient tous au sol, hors d’état de nuire.
     Mran tourna le dos à la horde cadavérique et revint promptement au premier rang de sa Garde Noire.
     « Evitez le tronc ! Démembrez-les ! »
     Ses instructions furent relayées sur toute la ligne de bataille.


***


      Aveugle est celui qui méprise les passions. Au cours de l’Histoire, cet aveuglement a trahi les elfes et causé la Déchirure.
     Mon dieu n’est pas celui des plaisirs. Il est le dieu des incompris, des réprouvés, des génies et des guerrières. Il est le rejeton de l’intolérance et de la peur, le refuge des malheureux. Et chaque condamnation qu’il subit n’est qu’une pierre supplémentaire à son temple. S’il n’avait pas été aussi craint et détesté, il n’aurait jamais existé.


     La furie s’effondra sur les tapis, haletante et heureuse. Le général suprême déposa un baiser sur sa hanche, avant de se tourner vers une autre furie. Impatiente, elle serrait fougueusement un coussin moelleux et se mordillait la lèvre inférieure. Le favori de Slaanesh lui retira le coussin, caressa doucement son ventre, puis remonta la ligne entre ses seins.
     A l’extérieur de son pavillon, le vent était froid, triste et pénétrant.



***


     Simples d’utilisation, les lances étaient redoutables dans les mains de troupes bien entrainées. Mran pouvait être fier de ses régiments d’affrelances.
     Grand fut son mécontentement lorsqu’il réalisa à quel point les coups d’estoc étaient inefficaces contre les morts. Abject, malheureux, contraignant obstacle ! Le seigneur druchii exhorta ses elfes à redoubler d’efforts. Leur entrainement et leur discipline leur permettaient de limiter les pertes au minimum, mais la fatigue était une menace que leur général prenait très au sérieux. Il était même probable que l’ennemi comptait là-dessus.
     Lorsque les mains tranchées de leurs ennemis se mirent elles-mêmes à se mouvoir, Mran en fut certain : l’ennemi cherchait à les épuiser.

     Il envoya un garde s’enquérir de la situation du général suprême ; le garde revint plus vite que Mran ne l’avait espéré. Le message qu’il portait était le suivant : dans quelques instants, les promises de Slaanesh arriveraient au combat.    




Oh oui, elles arrivent bientôt... :
 

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Dernière édition par Von Essen le Mar 24 Jan 2017 - 10:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Mar 24 Jan 2017 - 0:16

Bigre, que s'est-il passé ? Slaanesh a fait une OPA sur le culte de Khaine ? A combien de points se trouvent les actions du Dieu du Meurtre ? ^^ Quoiqu'il en soit, toujours sympa à lire !
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ethgri wyrda
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Sam 11 Fév 2017 - 12:13

Mais bon sang… je suis déjà aussi amnésique que ça? ça fait combien de fois que je suis sûr d'avoir posté moi...

pour le petit morceau plus haut, j'veux vampire/orques! veux baaaaastonnnnnn! Rolleyes

Von Essen se lance donc définitivement dans le Druchii! tant mieux!

je ne dirais pas que c'est une super longue suite, mais elle est sympathique, avec un joli passage sur tout plein d'unités et de… euh… divertissements des elfes noirs Clap J'attends que ça se dechaine complètement, parce que là les elfes sont un peu frustrés, et lance/zombis c'est moins sanglant et animé que épée/vampire, mais je sens que ça va venir avec ces gentilles furies de Slaanesh Devil

j'espère aussi qu'on aura tout plein de détails sur ce qui c'est passé, mais je patienterais Innocent
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Sam 25 Fév 2017 - 20:21

Dalamyre a écrit:
Bigre, que s'est-il passé ?
Beaucoup de choses  Sourire
Dalamyre a écrit:
Slaanesh a fait une OPA sur le culte de Khaine ? A combien de points se trouvent les actions du Dieu du Meurtre ? ^^
 
Je fais le choix de glisser les nouveautés au compte-goutte, sans balancer des pavés explicatifs  Happy
Dalamyre a écrit:
Quoiqu'il en soit, toujours sympa à lire !
Youpi ! banane  Je suis vrament désolé de ne pas avoir répondu avant, mais je tenais à répondre avec une suite sous la main Blushing

Ethgri Wyrda a écrit:
pour le petit morceau plus haut, j'veux vampire/orques! veux baaaaastonnnnnn!
Euh... Désolé, une autre fois  Blushing  
Ethgri Wyrda a écrit:
Von Essen se lance donc définitivement dans le Druchii! tant mieux!
Content de rencontrer un tel enthousiasme  lol
Ethgri Wyrda a écrit:
je ne dirais pas que c'est une super longue suite, mais elle est sympathique, avec un joli passage sur tout plein d'unités et de… euh… divertissements des elfes noirs Clap J'attends que ça se dechaine complètement, parce que là les elfes sont un peu frustrés, et lance/zombis c'est moins sanglant et animé que épée/vampire, mais je sens que ça va venir avec ces gentilles furies de Slaanesh
... ça vient, ça vient  Camouflé Ninja  Camouflé Ninja  Mr. Green
Ethgri Wyrda a écrit:
j'espère aussi qu'on aura tout plein de détails sur ce qui c'est passé, mais je patienterais
C'est en cours de rédaction Rock & Roll


Pour l'heure, petite suite que j'ai jugée fort divertissante à rédiger


_________________________________





83ème partie


C’étaient deux cavaliers qui n’étaient pas alliés,
C’étaient deux cavaliers tous les deux fous à lier,
L’un d’entre eux droit en selle, arrogant et altier,
L’autre était mutilé, pas de mains ni de pieds.

     Cette manière d’entraver son prisonnier, Von Essen la regretta à plusieurs reprises. Il traversait des territoires délaissés par les mortels, mais bien loin d’être moins dangereux, ceux-ci étaient depuis longtemps investis par d’autres créatures redoutables…
     « DAMNEEED !!! »
     Il altéra une énième fois la trajectoire des montures squelettes ; des flèches pleuvaient tout autour, des dizaines flèches grossières mais bien pointues, et non loin, un troupeau d’hommes-bêtes quittait le couvert des sous-bois en brayant leur cri de guerre.
     Les forêts pullulaient d’hommes-bêtes ! Et encore, il était chanceux de ne tomber que sur des bipèdes, qui étaient bien incapables de le rattraper. Si jamais il tombait sur des centigors…
     Et encore ces bruits de tambours !! Sans doute ils avertissaient déjà le bosquet suivant…
     Le chroniqueur grinçait des dents. Kreutz von Karnstein, lui, était muet. Il était bâillonné.

     Ils étaient quelque part dans l’ancien Averland. Les quelques villages qu’ils croisaient n’étaient plus que des ruines peu à peu envahies par les herbes grimpantes. Plus rien ne subsistait de la vie naguère fort animée de ces petits bourgs impériaux.

     Von Essen tirait pleinement parti de leurs montures infatigables et voyageait au triple-galop. Il s’efforçait de rester en dehors des forêts, tout en maintenant le cap vers l’ouest. Il avait perdu le compte des nuits, réprimait férocement sa soif de sang ; de toute manière, il abhorrait le sang des mutants cornus. Ceux-là étaient sans conteste les nouveaux maîtres de l’Empire, et chaque tribu tenait sans doute à occuper les meilleurs territoires… Le vampire entendait parfois des échos de batailles lointaines, tintements de métal et hurlements d’abattoir.

     Ce fut une nuit comme une autre où, arrivé au sommet d’un énième vallon, Von Essen entendit des bêlements. Pacifiques, ceux-là. Presque joyeux. Le vampire n’en crut pas ses oreilles.
     Il avait pris l’habitude de ne plus croiser âme qui vive à part les inqualifiables monstres des sous-bois. Entendre des cris caractéristiques de bêtes apprivoisées par l’homme lui parut alors semblable au clocher d’une église : il allait enfin pouvoir se repaître !  
 
     - Besoin de compagnie, mon cher ?
     Complètement pris de court, le vampire fit cabrer sa monture au point de s’effondrer avec elle ; la magie qui l’animait s’échappa aussi vite que le vent, et son cavalier dut se dégager péniblement de sous sa carcasse desséchée. Le grognement de son prisonnier confirma que la seconde monture squelette venait de connaître le même sort…
     - DAM-ned !
     Alors que les bêlements continuaient de résonner dans ses oreilles et promettaient de braves bergers à saigner, Von Essen parvint à grand peine à retenir un flot de méchancetés. Boudeur, il se releva (non sans un craquement dans le dos) et ne se tourna pas vers celle qui venait de causer sa chute. Cette personne inopportune se trouvait à l’endroit qu’il venait de franchir ; elle parvenait à peine à étouffer son rire.
     - Franchement… - le chroniqueur se sentait peu à peu contaminé par ce rire qu’il connaissait, - est-ce nécessaire de surgir ainsi dans mon dos, de me faire tomber, de…
     Sentant qu’il lui en voulait de moins en moins, dame Arken eut la délicatesse de cesser ses éclats.
     - Cela m’amuse, - répondit-elle. – Pas vous ?
     - Non, pas moi… - il sentait une sourde douleur aux tempes, sa langue lui paraissait asséchée et râpeuse.
     Sa soif de sang étouffait le plaisir de leurs retrouvailles.
     Elle surgit alors devant lui, à un pouce de lui, l’enlaça et l’embrassa avec fougue. Sa lèvre inférieure… Von Essen lui rendit son baiser en l’enserrant de toutes ses forces.
     La vampiresse s’était mordue la lèvre jusqu’au sang… Quelques gouttes suffirent pour enivrer son amant.
     - Très chère, pourriez-vous…
     - Oui, absolument…
     Leurs silhouettes entrelacées s’évanouirent dans la nuit sombre, laissant un Kreuz abasourdi, gisant immobile au milieu de nulle part.  


***

- Qui l’aurait cru… Nous nous trouvons parfois étonnamment géniaux, parfois tout simplement consternants.

***


     Une nouvelle ère…


***

     Leurs lourdes bottes bardées d’acier laissaient des traces profondes dans l’humus, traces aussi grandes que celles d’un ours, mais bien plus profondes. Un ours pesait moins que trois guerriers nordiques en attirail complet.
     - Nous tournons en rond.
     - Hm ? Impossible. On tombe chaque jour sur d’autres hommes-bêtes.
     - C’est bien ce que je dis, nous tournons en rond.
     - Hein ?!
     - A quand remonte la dernière fois qu’on a croisé autre chose que des hommes-bêtes ?
     - Euh…
     - La bataille contre les orques.
     - Ça remonte à plusieurs MOIS !
     - Hm, c’est juste.
     - Par le seigneur des crânes, ça fait longtemps.
     - La volonté des dieux ?
     - Sans doute…
     - Des dieux qui souhaitent que leurs élus vadrouillent en rase campagne ?
     - Euh…
     - Velkar, si tu as une idée…
     - Sortons de la forêt, voila déjà une idée.
     - Est ? Ouest ? Sud ?
     - Ouest. Vers la mer. Tout le monde finit par aller vers la mer.
     - Pourquoi pas le sud ?
     - Mouais. Sud-ouest ?
     - ‘Tendez, on voulait pas rentrer au pays ?
     - Euh…
     - Là, comme ça…
     - Oui, z’avez raison. Va pour l’sud-ouest.



***

     - La volonté des dieux !
     - La volonté des dieux !
     - Par le trône des crânes, enfin !

     Trois montagnes de muscles et d’acier surgirent à l’orée du bois vert, deux d’entre eux ayant encore des branches coincées dans leurs casques à cornes.
     - Et maintenant…
     Le guerrier du chaos s’interrompit brusquement, scrutant le terrain devant lui. Ses deux compagnons se figèrent également. Devant eux, une forme curieuse et rampante s’était arrêtée. Elle ressemblait à un homme sans mains et sans jambes, qui les regardait avec stupéfaction.
    - Euh…
     - Velkar ?
     - Agrax ?

     Ils se tournèrent tous les deux vers le troisième :
     - Lucius ?
     Ce dernier haussa les épaules, lui non plus ne comprenait pas la situation.
     Sans autre cérémonie, le dénommé Agrax se rapprocha de l’infirme et l’attrapa par le col de sa veste. Il le souleva de terre sans grand effort, ignorant les gigotements erratiques de son fardeau.
     - Ça pourrait être le travail de l’un des nôtres, - dit le guerrier, - mais d’habitude… C’t’un bâillon, ça ?
     Ses deux compères s’approchèrent un peu.
     - Sans le bâillon, qu’est-ce qu’il raconte ?
     De sa main libre, Agrax baissa le tissu enserrant la mâchoire de l’homme. Celui-ci recracha immédiatement une boule informe que contenait sa bouche et hurla :
     - VON ESSEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEN !!!
     Surpris, Agrax le relâcha puis le rattrapa in extremis. Il dévisagea ses compagnons, vit que Lucius était pris d’un léger éclat de rire.
     - Il a dit un truc drôle ?
     - Non, il est drôle, c’est tout. Qu’est-ce qu’on en fait ?

     - JE VAIS TE CREVEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEER !!!
    - Remets-lui le bâillon ? – suggéra Velkar.
     Agrax regarda autour de lui.
     - Il est tombé, je ne le vois plus. Remarque, le soleil ne devrait plus tarder.
     - ENFLUUUURE !
    - Il va rameuter du monde s’il continue.
     - Tant que ce ne sont pas ces foutus hommes-bêtes, aucun problème.
     - En tout cas, il insulte quelqu’un.
     - Lucius ?
     - Je ne suis pas né au Nord, je comprends ce qu’il dit.
     - Oh ? Ben…
     - Intéressant.
     - Il en veut vachement à quelqu’un.

     - Je te crèverai les yeux et je te ferai bouffer tes canines !!
     - A qui ? A qui en veut-il ?
     - Je vais lui demander…
A qui veux-tu les yeux crevés ?
     - A cette raclure de Von Essen !
    - Il veut crever les yeux à Vonessenne.
     - Qui ça ?
     - Qui est ce Vonessenne ?
     - Mon pire cauchemar, ma plaie, ma malédiction !
     Velkar et Agrax virent Lucius adopter un air interloqué :
     - C’est un démon ?
     - Pire qu’un démon. Pire que vous et vos dieux ! Pire que tout ce que je connais en ce monde ! PIIIRE !
    - Par le prince des aveugles, cet homme délire.
     - Serait-il possédé ?
     - Serait-il dément ?

     - Que vos dieux du chaos me terrassent si je mens !
     - Kekidit ?
     - Kilnement.
     - Mais que raconte-t-il ?
     - L’écouter n’est peut-être pas vachement utile…
     - Attendez…

     - Von Essen est l’ennemi de vos dieux, c’est un fait !
    - Quel bavard. Raccourcissons-le donc d’une tête.
     - Attendez !
     - Quoi, Lucius !
     - Mais laissez le parler !

     - Qu’on me rende mes mains, et le sang va couler !
     - Par le trône des crânes, mais qu’il est cocasse !
     - D’une tête il faudra pourtant qu’on l’amputasse.
     - Attendez ! Car je sais comment user de lui.
     - Ecorché, évidé, découpé et bien cuit ?
     - Certes non, je voudrais en faire un étendard.
     - Comme Vardek avait fait avec le vieux Volkmar ?
     - Oh lala…
     - Quoi, Velkar ?
     - Non, d’accord, pourquoi pas, mais c’est toi qui te chargeras de ses repas.
     - Entendu.
     - Et c’est toi qui le feras hurler de douleur pour que nos ennemis nous entendent et prennent peur.
     - Fort bien.
     - Et…
     - Velkar ! Je crois qu’il a compris.
     - Ah, le soleil se lève.

     - METTEZ-MOI A L’ABRI !
     - Kekidit ?
     - Pas compris.

     - La lumière me tue !
     Les guerriers piétinèrent encore un long moment devant leur victime, incapables de comprendre ce soudain accès de panique. Il gigotait comme un diable, mais Agrax le retenait solidement par le col. Peu à peu, le soleil dépassa les montagnes de l’est ; ses rayons tombèrent sur la peau du vampire.
     - Von Essen ! Sois maudit, toi, et ta descendance !
     - Excusez-moi…
     Celle qui prononça ces deux mots était une svelte silhouette surgie de nulle-part, elle s’empara d’un moignon du mutilé. A la stupéfaction des trois guerriers, un épais nuage noir enveloppa Kreuz et la silhouette importune. Agrax sentit sa poigne se resserrer sur du vide, le nuage noir se dissipa et, sur la colline resplendissante sous le soleil matinal, il ne restait plus que trois guerriers du chaos muets, incrédules et scandalisés.





_________________
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Dim 26 Fév 2017 - 14:22

Hahahahaha Sourire

C'est bien marrant comme suite Smile

Bon, sinon, RAS et du coup, à quand la suite ?
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Dim 26 Mar 2017 - 12:03

Voila la suite, je continue de faire joujou avec les dialogues et les sous-entendus ! banane

________________________________


***

     Un tableau. Grand, dans un cadre de luxe. Eclairé par un mince filament de lumière dorée, le seul qui passe par une fine fente entre les rideaux épais.
     Von Essen était assis au bord d’un lit à baldaquin, il tenait en mains sa chemise, le haut de son corps n’étant point couvert.
     Son amante réapparut au milieu de la chambre ; avec elle, une masse informe tomba lourdement au sol et poussa un grognement…
     - Je vous hais ! Je vous hais TOUS ! VON…
     La « chose » se tut brusquement, comme évanouie. Dame Arken se rapprocha du chroniqueur, se délestant de sa cape d’ombre, et ils échangèrent un baiser.
     - Tu vois ? – dit-elle à mi-voix. – Il n’y avait point de quoi s’affoler.
     Von Essen, qui s’était levé à sa rencontre, l’enserra affectueusement par la taille et l’embrassa. Il dut s’interrompre à contrecœur, se rappelant de la raison qui eut brièvement interrompu leurs retrouvailles.
     - Il est… endormi ? – s’enquit-il.
     - Mm… On peut le décrire ainsi, - lui répondit-elle. – « drainé de ses forces » serait plus juste.
     Le chroniqueur eut un léger frémissement : sa bien-aimée était bien dangereuse…
     - Cela ne t’arrivera pas si tu es sage, - glissa-t-elle malicieusement, comme devinant ses pensées.
     - Dame, la sagesse est sans doute ma seule vertu, - dit-il du tac-au-tac.
     Il ne manquait pas d’air, et elle non plus, quand elle le taquinait. Au fil du temps, ces échanges verbaux étaient devenus pour eux de véritables caresses. Une fois encore, cependant, les ennuis se rappelèrent aux vampires :
     - Je…
     - Oui, mon cher ?
     - Cet individu, je dois l’interroger.
     - L’interroger ?
     - En fait, je dois retrouver… Je dois ramener cet… ce… ce vampire à Vlad von Carstein.
     - Vlad von Carstein !
     Le ton curieux de la tenancière venait de se teinter d’avidité, mais elle n’avait pas à le dissimuler, pas devant son amant.
     Von Essen la fit s’asseoir sur le lit et s’assit lui-même devant elle. Il lui conta alors toute son affaire depuis Drakenhof, leur voyage malheureux avec Kreuz von Karnstein, jusqu’à l’arrivée inopinée de la lahmiane. Par enchantement elle l’eut alors emmené loin, vers cette douce chambre ; il en faillit oublier que Kreuz succomberait aux rayons du matin, et seule l’ubiquité de son amante put l’empêcher.
     - Et maintenant, - conclut-il, - je dois tirer cette affaire au clair, sinon… sinon Vlad mourra, et je n’en tirerai nulle gloire ni profit.
     Dame Arken l’observa un court instant, pensive.
     - Je peux t’envoyer à lui, si tu veux. Je peux t’envoyer à Vlad, - dit-elle enfin.
     L’intéressé ne réagit pas de suite. Vlad von Carstein était grand, puissant, il serait dommage qu’il lui arrive malheur si lui, le chroniqueur, pouvait y faire quelque chose. Cependant, pourquoi lui… Cette question lui était revenue mille fois au cours de son périple, et mille fois la même réponse s’imposait : il n’y avait personne d’autre.
     À présent, il y avait dame Arken, mais… Vlad et elle étaient-ils dans le même camp ?
     - Mon amour ?
     - Oui, oui. Absolument.
     - J’ai juste une condition…
    Hein ? Une condition ?
     - … Peux-tu me laisser ton prisonnier ? Je voudrais l’interroger personnellement. Je ne l’abimerai pas, promis.
     Von Essen eut un sourire amusé. Allons donc, son amante avait le chic de toujours tirer son épingle du jeu de toutes les machinations du chroniqueur. C’était dans sa nature et il n’allait pas s’en plaindre.
     - D’accord, j’aimerais dans ce cas assister à la chose, - lui dit-il d’un air bonhomme.
     Elle haussa les sourcils et sourit à son tour. Osée, cette demande l’était. Cela revenait à demander l’accès à des informations qui ne devraient être relayées à nulle autre qu’à la Reine elle-même. Il devait en être conscient. Il ne s’agissait même pas d’une question de confiance, mais de protocole sécuritaire. Il devait au moins s’en douter.
     - Tu sais… - elle hésita sur la suite de sa phrase.
     - Je sais, - fit en écho le chroniqueur.
     Ah, alors il comprenait.
     - Désolée…
     Il eut l’air déçu, mais n’insista pas, et elle ne céda pas non plus. Après tout, pour cela aussi, ils s’appréciaient : leur loyauté à leurs camps respectifs. Von Essen se leva pour aller s’installer sur un fauteuil.
     - J’ai oublié… - dit-il soudain. – Ce von Karnstein, - il prononça le nom étrange avec appui, - il m’a dit qu’il dévoilerait des informations devant le grand Vlad. Moi-même, d’ailleurs, je ne peux me présenter devant lui sans en savoir plus que j’en sais maintenant.
     - Attends que j’aie fini d’interroger ton prisonnier, - glissa-t-elle en se levant du lit à son tour. – Je t’apprendrai tout ce qu’il te faut.
     Elle était là, elle était debout derrière son fauteuil, les mains sur ses épaules, puis les bras autour de son cou, sa joue contre la sienne.
     - Je te sens triste, mon amour. Que se passe-t-il ?
     - J’ai… J’éprouve l’inconfort d’être rongé par le temps. Ce temps passé là-bas, à ne rien faire, puis à cavaler sans fin… Je déteste ça.
     - L’ennui… vous, les von Carstein, y êtes le plus vulnérables. Je le sais et toi aussi, tu le sais.
     Elle déposa un baiser sur sa joue et ajouta :
     - L’interrogatoire ne devrait pas durer longtemps. Alors, je t’enverrai auprès de Vlad !


***


     Quelque temps après, dame Arken réapparut dans la chambre, sans le prisonnier. Elle inspira un grand coup.
     - Mon amour, je suis navrée pour toi.
     - Hein ?
     - J’ai interrogé Kreuz von Karnstein. Ce fut beaucoup de bruit pour rien. Le grand Vlad n’est point en danger.
     - Quoi ?!
     - Veux-tu entendre tout jusqu’au bout ?
     - Oui…
     - Eh bien, il a tout inventé. Vlad n’est pas en danger, du moins, pas en danger dont ce vampire soit au courant. Tu l’as vaincu pendant votre route, n’est-ce pas ? Il a tout inventé pour sauver sa peau.
Assis sur son fauteuil, Von Essen se voila la face. Tant de chemin pour rien, pour rien…
     - Le solstice d’hiver ? Il a dit que Vlad allait mourir au solstice…
     - Enjolivement.
     - Bon, bon. Et le reste ? Mannfred ? « von Karnstein » ? Le retour de Mannfred au pouvoir ?
     - Cela, en revanche, est une vérité.
     - Bon.
     Au moins, ce Kreuz n’était pas un vampire sans nom, mais bien l’émissaire d’une puissance supérieure. Être trompé, soit, mais autant être trompé par un noble ! Cependant, ça n’allait pas, ça sonnait faux, faux, faux ! DAMNED !

     Il faisait nuit, mais des bruits mécaniques s’entendaient encore et encore, encore et encore. Des « boum », des crapotements, des grincements d’engrenages, des grincements d’engrenages, d’engrenages…
     - Dame, je voudrais sortir.
     Compatissante, elle lui serra tendrement la main en guise d’au revoir.
     - Ne fais pas trop de bêtises, mon amour…  


***


     Silhouettes que tout mâle humain convoiterait.
     Vêtues ainsi que tout clergé humain condamnerait.
     Dignes représentantes du peuple elfique, parfaites dans un monde imparfait, armées jusqu’aux dents. Etaient-elles heureuses ? Nul sage ne répondrait avec certitude, car nul sage ne prétendrait connaître le bonheur des autres.


     « Ah, qu’elles sont heureuses, » - songea le général suprême. Depuis un pan entrouvert de sa tente, il observait.
     « Elles sont parfaitement folles, » - songea à son tour le seigneur Mran, occupé à broyer l’ennemi.


***


     A l’approche du matin, Von Essen se réfugia au coin sombre d’une ruelle. Il avait passé quelques heures à marcher d’un bon pas dans la cité nocturne, cité bruyante, cité des ingénieurs et de la poudre, Nuln. Le ciel finit toutefois par s’éclaircir, et même les quartiers sales et honnis de la ville furent momentanément éblouis par les rayons du soleil. Le chroniqueur se tenait dans l’ombre, immobile, ignorant les bruits environnants.

     - Désœuvré ?
     Que…
     Tzeentch !
     - Salutations ! Une météorite semblable à celle de Mordheim va s’écraser sur Nuln. Que vas-tu faire ?
Hein ?

     - Abject. Enlève-moi ça tout de suite.
     - Non, la dernière ville impériale sera détruite !
     - Es-tu sérieusement déterminé à me faire bouger contre mon gré ? Juste ça ? Pour rien ?
     - Nous te mettons à l’épreuve ! Réponds à cette énigme !
     - Quoi ?
     - Alors ?
     - Par le sang, tu m’agaces. Pars.
     - « Pars ?! » La VILLE va être détruite !
     - Un type m’a déjà menti. On ne m’aura pas deux fois.
     - Je suis L’OMNIPOTENCE ! Je peux faire pleuvoir des météorites sur un PAYS !!
     - Et ?
     Pendant un instant, le dieu demeura coi. Von Essen trouva le silence agréable.
     - Je… Nous… Dame Arken te sera retirée !!
     - Retirée ? Dame Arken ne saurait être retirée à quiconque, elle est plus libre que le vent et plus forte que la tempête.
     Nouveau silence, un peu pesant cette fois-ci. Ce fut le chroniqueur qui lui mit un terme :
     - En fait, tu m’ennuies, là, vraiment. Tu me fatigues, tu me casses les pieds ! Laisse – moi  tran - quille !
     - Mais…
     - Allez ! Du balai ! Pssschit !
     - Nous…
     - Ne m’oblige pas à appeler un prêtre !
     - Non !
     - Alors va-t-en !
     - Nous…
     - OUSTE ! ET QUE JE NE T’ENTENDE PLUS ! OU C’EST LA PURIFICATION PAR LE CHANT RELIGIEUX !
     Mis face à une telle menace, le dieu avala sa langue et sa rancœur. Le règlement de comptes aurait lieu plus tard, comme ce fut le cas avec bien d’autres qui l’eurent défié.


***


     - Dame, comment dit-on « Pars ! » en ancien langage de Lahmia ?
     - Hm ? Veux-tu que je parte ?
     - Non, bien sûr que non. C’est juste au cas où, si jamais j’en ressens l’envie, pour d’autres gens que je rencontre…
     - … qui parlent cette langue ?
     - … Tu te doutes que je fréquente toutes sortes de gens peu recommandables.
     - Oui, mais ça m’intrigue.
     - Eh bien… As-tu déjà eu l’occasion de parler à un dieu ?
     Dame Arken soupira et leva les yeux au ciel. La peste soit des von Carstein ! La peste soit de leur insatiable soif du grandiose !


***
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Jeu 15 Juin 2017 - 16:04

Petit texte à découvrir si vous appréciez le quotidien des elfes noirs Happy   Le tournoi de la Reiksguard arrivant à son terme, l'envie d'explorer et de faire ressentir me revient. Enjoy ! Cool





Le repos du guerrier


     Mran était là, dans le noir. C’était la nouvelle lune. Il était rentré de campagne, dont le succès était mitigé.
     Mran était en position allongée. Il avait les yeux clos. Il était immobile. Quelqu’un entra, des lampes à huile s’allumèrent.
     Il voulut dire quelque chose, mais ne dit rien. Il respira simplement. Ensuite, il décida d’ouvrir les yeux. L’obscurité lui parut douce, mais, peu à peu, elle lui parut grossière. On lui noua un bandeau de tissu sur les yeux.
     Ce premier contact lui parut à peine assez court. Allait-on… Il ne termina pas sa pensée, on venait de planter une dague dans son oreiller, à côté de sa tête, très brièvement.
     Mran eut un rictus de dédain, quand soudainement ses membres furent tirés dans deux directions opposées, les mains jointes, les chevilles jointes. Immobilisé, il l’était. « Accélère », - pensa-t-il, et avant qu’il eût terminé cette pensée, les coups s’abattirent, secs et puissants. Mran sentit la douleur sur son torse, son visage, ses jambes, ses bras. C’était à peine assez rapide.
     La chaleur de son corps augmenta, à peine ce qui était escompté ; les coups continuèrent à pleuvoir, mais, quand le seigneur druchii pensa qu’il s’ennuyait, ils cessèrent. Ses membres furent lentement tirés davantage, exaltant les lacérations qu’il avait subies. Juste assez pour ne pas lui déboiter les épaules, mais… Tout d’un coup, il sentit un léger contact au bout de ses doigts et de ses orteils. Déjà ? Il prit une profonde inspiration, cela n’allait pas être long. Etant plus adroit de ses membres droits, il laissa faire son majeur droit et son gros orteil droit. Ses ongles étaient raccourcis, naturellement.
     A un certain moment, on lui monta dessus, mais il maintint un rythme harmonieux, démontrant une maitrise de soi dépassant les limites, même pour un elfe. Deux soupirs successifs récompensèrent sa patience et son adresse.  
     Il put dès lors entendre des soupirs réguliers au-dessus de lui. Il n’était guère simple de résister, normalement, mais c’était une question de maîtrise de soi. Il sentit une bouche se refermer sur son majeur droit, mais ignora la lente provocation. Il répliqua même, avec son bas-ventre, déclenchant au dessus de lui des gémissements contenus.
     Il fut alors immédiatement libéré, non pas de ses entraves, mais de toute présence autre que la sienne. C’était bien, elles reconnaissaient leur défaite. Ou se retiraient pour mieux réattaquer.
     Quelqu’un entra, une seule personne. Celle-ci se mit à entraver son corps davantage, bloquant son buste avec de solides lanières de cuir. Puis, cette personne s’en alla.
     La situation devenait plus simple. S’il était toujours attaché au moment où l’on devait se présenter devant la cour du Roi-Sorcier, alors il connaissait cette personne qui venait de sortir. S’il était libéré avant, il ne la connaissait pas, et la nuit était pour autant dire perdue.

***

     A l’autre bout de la cité, le général suprême prenait du bon temps avec ses furies. Il les observait envoyer des elfes (bons soldats) au septième ciel, avant de les saigner à blanc. A un moment, son serviteur lui rapporta ce qu’il savait des agissements du seigneur Mran ; les nouvelles firent sourire le favori de Slaanesh. Son général en second avait de la chance : il avait dégoté l’un des meilleures de sa génération.

***
***
***

     C’était elle.
     Peu importait si elle était auprès de lui ou des dizaines de lieues plus loin, c’était elle.
     Mran tira sur ses entraves, qui ne cédèrent pas. Son corps tout entier était envahi d’une douleur sourde, mais cela n’était qu’une chose accessoire, mineure. Mran tira encore sur ses entraves, sans plus de succès. Dehors, il le sentait, le soleil se levait lentement. Mran envisagea les possibles conséquences d’un manquement à la ponctualité devant le Roi : le mort, l’esclavage, la prison, la torture, le déshonneur, la ruine, l’appréciation. Cette dernière était la moins probable, aussi Mran tira une troisième fois sur ses entraves, tout son corps se révoltant contre un tel effort après tout ce qu’il avait subi. Il lutta pendant longtemps, en vain.
     Il la trouva superbe, mais est-ce que cela allait durer ?
     La surface en dessous de lui se déroba soudain, créant un courant d’air tout nouveau. Pratique et amusant. Il espéra que cela n’allait pas encore se terminer de sitôt. Les visages du Roi et de ses courtisans défilèrent dans sa mémoire. Le général suprême allait-il être présent pour faire le rapport à sa place ? Cela serait également amusant, et il ne pouvait deviner si cela allait se produire ou non. Le soleil continuait de monter, il le sentait à mesure que les rayons se déplaçaient sur sa peau meurtrie. Quelques moments au dessus du vide s’écoulèrent encore.
     Une flûte ? Une flûte ?! Des sons de flûtes, mélodieux et gracieux, parvinrent à son oreille. Une flûte. Vulgaire. Il n’eut toutefois guère le temps de poursuivre sa pensée, sentant un nouveau contact sur sa cheville puis sa jambe droite. Un serpent s’y déplaçait habilement en direction de son buste, s’arrêta son ventre. Un serpent. Il l’entendait siffler entre deux notes de musique. Le reptile froid et discret demeura un moment sur son ventre, avant de s’y rouler confortablement. Il était vrai que la flûte prenait des accents soporifiques. Elle continua à jouer, encore et encore, tantôt douce, tantôt mélancolique, tantôt inquiétante, marquant quelquefois des interruptions, mais sans arrêt véritablement prononcé.
     Tout d’abord distrait, le seigneur elfe noir finit par s’en lasser. Pour la première fois, il se sentit tirer sur ses entraves sans en avoir consciemment formulé la pensée. Intéressant. Il tira encore, encore, désireux de faire taire la flûte, sans aucun effet bénéfique. La musique finit par envahir peu à peu son esprit, et ce fut avec effort qu’il la refoula. Le serpent se réveilla à ce moment-là, et Mran l’entendit siffler de temps à autre sur son ventre. Incapable de faire taire la flûte, incapable de faire partir le serpent… Il constata avec un étonnement amusé qu’il en avait failli oublier son absence à la cour du Roi-Sorcier. Que…
     Une agitation inexplicable eut lieu sur son ventre, alors que la flûte se mettait à crier des notes avec une violence… Ou était-ce les cris d’un oiseau de proie qui venait de s’emparer du serpent avant de l’emporter avec soi ? Les deux se confondaient. Mran sentit de la reconnaissance pour ce rapace, mais… pouvait-on seulement faire taire cette flûte ? La musique semblait enjouée à présent, comme si… mais peu à peu, elle se mua à nouveau en sons lents, inexpressifs, incongrus… Nouveau contact, sans que la flûte ne cesse : quatre serpents remontaient simultanément ses membres vers son buste, quatre serpents, et la musique ne discontinuait pas, elle se rapprochait, la flûte se rapprochait de son oreille… Il endura la flûte et les quatre serpents pendant un moment qu’il eut du mal à estimer, avant qu’un serpent ne le morde brusquement dans l’avant-bras droit ; un autre dans le torse ; un autre dans la jambe droite, un autre dans la cuisse gauche… Sentant une douleur plus vive que tout ce qu’il avait déjà subi, Mran serra les dents, lutta de toutes ses forces, mais le poison fut assez puissant pour le plonger définitivement dans l’inconscience.

***

     « … et c’est ainsi que nous retournâmes à Naggaroth, victorieux. » - conclut le général suprême en s’adressant à toute une assemblée de puissants seigneurs druchii, lui-même se contentant de regarder les sublimes bottes renforcées du Roi-Sorcier.
     Ce dernier le gratifia d’un regard torve, avant de lui ordonner de se retirer. Si Slaanesh ne favorisait pas celui-là, il aurait été déchu depuis longtemps, nourrissant les hydres de Karond Kar. Ainsi, cependant, le soi-disant « Empire des humains » n’était plus qu’un vague souvenir…

***

     Mran se réveilla, sentant immédiatement un changement : surface moelleuse, lumière diffuse, et que… On lui retint sa bouche d’une main, tandis que l’autre se baladait ailleurs, refermée doucement, mais fermement sur lui.
     Libre de ses mouvements, il esquissa un geste, qui fut esquivé subtilement, la personne se retrouvant hors de sa portée et murmurant quelque chose… Le tissu sur lequel il gisait se referma sur lui, l’enrobant tel un cocon semi-opaque. Il résista de toute sa force, et un craquement lui indiqua qu’il réussissait. Quelque chose bascula alors sur le côté, mais le seigneur elfe noir bloqua la trappe alors qu’elle était à mi-chemin, mais dut rester ainsi, entre le lit renversé et le mur, pour ne pas tomber dans le noir. Il réagit trop tard alors que l’on lui nouait de nouveau les yeux…
     « Je me rends ! Je me rends ! Tu as gagné, tu as gagné… »
     Un silence lui répondit, suivi du sifflement inquiétant des serpents.
     « Tu as gagné ! »
     La pression de la trappe ne diminua guère, et il pouvait entendre les reptiles se rapprocher. La flûte recommença un passage lancinant…
     « Ça suffit, je te dis ! »
     Les serpents, il y en avait deux, non, trois, accédaient à son buste pour aller s’enrouler autour de ses bras tendus à l’extrême. La flûte se rapprochait, reprenant brusquement des accents joyeux, fêtards, incongrus…
     « Par pitié ! Cesse donc, je t’en supplie !! »
     La chansonnette s’arrêta net, surprenant presque le seigneur elfe noir. Une main gracile s’empara subitement d’un des serpents, qui fut pointé droit dans l’oreille de Mran. Ces sifflements…
     « Si tu ne me jures pas obéissance, il te mord.
     - Soit, je le jure ! »
     Cette voix féminine, voluptueuse et dure à la fois… Un curieux claquement de langue provoqua le départ des deux autres serpents.
     « Tu seras nourri. Reste ainsi pendant deux heures. »
     Les muscles de ses bras criant grâce, dévêtu et affaibli. Au dessus d’une trappe.
     « J’obéis.
     - Trois heures !
     - J’obéis.
     - Quatre heures !
     - J’obéis.
     - Cinq heures.
     - J’obéis !
     - Au son de ma flûte !
     - Grâce !!!
     Il l’avait presque deviné, cet instrument était terrifiant. La personne derrière lui s’en alla sans rajouter un mot, ses serpents disparaissant avec elle. Cinq heures à tenir… C’était le bon endroit, c’était la bonne personne. Qu’allait-il lui arriver s’il désobéissait ?






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Von Essen
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Ven 18 Aoû 2017 - 17:01

84ème partie :


Conte de la crypte



     Eclatant de lumière était le monde à l’extérieur. L’herbe recouvrant le tumulus était d’un vert tendre, et le ciel était d’un bleu enchanteur, envoûtant. Les bosquets environnants étaient peuplés d’oiseaux chanteurs, et une rivière s’écoulait non loin. Comme s’il s’agissait d’un autre univers.
     Trois individus surgirent à la surface du tumulus, furent éblouis ; face à la nature resplendissante, la terreur sur leurs visages s’effaça peu à peu. Ils eurent presque l’impression d’avoir rêvé… Ils tressaillirent en revanche lorsque leurs regards se croisèrent : à cet instant précis, n’importe quel visage leur paraissait hostile.
     Cet état de choc s’évanouit à son tour, laissant place à un épuisement impromptu, comme s’ils venaient de perdre un an de leurs vies en l’espace de quelques heures. Hors de question, toutefois, de rester près du tumulus maudit !!
     Livides, les bras ballants, légèrement titubants, les trois chasseurs de trésors repartirent en direction du village le plus proche.


     Un beau jour, vint un prince, jeune homme bien fait et bien vêtu, comme on n’en avait encore jamais vu dans ces contrées. On avait essayé de le dissuader d’y aller, mais aucun raisonnement n’y faisait, aussi avait-il fini par arriver devant la verte colline percée… On lui avait demandé : « Mais que cherchez-vous donc dans ce lieu abandonné par les dieux ? » Il avait répondu avec fermeté : « Un trésor. Il y en a un, non ? »
     Personne ne put lui apporter la preuve du contraire. Ce fut ainsi que vers midi, les arbres et les bêtes entourant le tumulus virent passer le prince courageux, qui pénétra dans l’antique tombeau sans regarder en arrière…


     Le couloir descendait profondément sous terre, et le prince n’aurait guère vu où il mettait les pieds, s’il ne portait un casque incrusté d’une gemme brillant comme une étoile dans la nuit noire. Les ténèbres reculaient devant lui, révélant toujours les mêmes parois terreuses du couloir pentu.
     Il arriva ainsi que…

     « AAAAAAAAAAAAH !!! »
     « AAAAAAAAAAAAH !!! »  
     Deux hurlements se fondirent en un : le prince eut l’impression de foncer à travers de l’eau glacée, avant de comprendre que quelque chose d’autre poussait un râle extrêmement sonore, avant de s’évanouir brusquement, sans laisser aucune trace.

     « Qui es-tu ?!! » - résonna une voix extrêmement courroucée.
     Le prince venait à peine de reprendre ses esprits ; son cri de guerre s’était un peu perdu dans les ténèbres, et il ne voyait nul être, ami ou ennemi, dans son champ de vision.
     « Qui es-tu ?! » - insista la voix.

     « Je suis Ivan Tsarevitch ! – finit-il par répondre. – A présent, votre nom !
     - Mon nom importe peu, car tu vas bientôt mourir !
     - Pourquoi alors me demander mon nom ?!
     - Parce que –
     La voix s’interrompit brutalement. Pendant un petit moment, le prince tendit l’oreille, en vain. Finalement, la voix lança sur un tout autre ton :
     - Damned et par les neuf… mortarchs de Nagash. Tu m’as bien eu.
     Ne sachant trop s’il devait s’en féliciter, le prince retenta :
     - Et votre nom, alors ?!
     La voix ricana d’un air suffisant.
     - Cela ne te conduira guère loin, mais pourquoi pas. Mon nom est Von Essen.
     Ce nom n’effraya guère le prince :
     - Von Essen. Es-tu le gardien du trésor de ce lieu ?
     - Trésor… Tu veux le trésor, n’est-ce pas ? Ivan Tsarevitch ?
     Le prince en avait besoin pour rebâtir son royaume, car le Kislev avait souffert mille défaites face aux armées démoniaques du Chaos. Il ne dissimula rien de cela au gardien du trésor, qui sembla l’écouter sans l’interrompre, et demeura muet quand le prince eut terminé son histoire.
     - Montre-toi, Gardien du Trésor ! Je n’ai pas peur de t’affronter.
     L’instant d’après, il entendit la voix éclater de rire. Il se mit en garde, paré à repousser les attaques du gardien et à frapper à son tour. Le rire dura encore un bon moment, avant que la voix ne reprenne soudain :
     - Désolé, mon brave, désolé. Moi, j’ai peur de me montrer face à toi. En effet, ton heaume diffuse une lumière si forte que je me consumerais si je restais longtemps exposé à ses rayons.
     - Alors soit ! Laisse-moi le temps d’aller chercher du feu à l’extérieur, et alors tu pourras m’affronter loyalement, sans craindre d’être consumé !
     La réponse fusa sans attendre : « QUOI ?! » Ensuite le silence, puis : « Es-tu un idiot ?! »
     Ce fut au tour du prince de rester interdit. Le gardien n’avait-il pas compris ?
     « Tu abandonnerais ton seul avantage, ton avantage ultime, ta possibilité de gagner le trésor sans aucun risque… Tu ferais tout cela… pour m’affronter à la loyale ?! Es-tu stupide ?!! »
     La voix paraissait courroucée à l’extrême. Cependant, le prince ne percevait toujours pas la raison d’un tel emportement. La voix, elle, déversait désormais un torrent de paroles remplies de fureur :
     « IMBECILE !! JE… JE HAIS CE GENRE DE BASSE MANŒUVRE !! Je hais cette… noblesse d’âme, comme vous osez l’appeler !! JAMAIS ! Tu m’entends ?! JAMAIS je ne te céderai le trésor ! JAMAIS ! Et… et… AH ! SOIS MAUDIT, MORTEL ! SOIS MAUDIT ! Toi et ta stupidité sont contagieuses, CONTAGIEUSES !! AH ! Ah ! Aaaaaaah !!! … Va, mortel, va-t-en ! Va-t-en si tu veux garder la vie sauve ! Va-t-en si tu veux revoir ton pays ! Va-t-en si tu veux revoir ton père et ta mère ! Va-t-en !!! »
     Il y avait de telles notes impérieuses, une telle menace non dissimulée dans ces paroles, que le prince sentit son sang-froid mis à rude épreuve. Il repensa alors à sa patrie, à ce pourquoi il était ici, et refoula sa peur qui avait failli le faire hésiter.
     « Désolé si je t’ai mis en colère, gardien ! Pardonne-moi, car telles n’étaient pas du tout mes intentions. Mais je ne peux simplement repartir les mains vides ! Alors je répète ma proposition –
     - TAIS-TOI !!! TAIS – TOI, INSIGNIFIANT INSECTE !! TU NE SAIS MÊME PAS QUI JE SUIS, NI L’ETENDUE DE MON POUVOIR !! MILLE ET UN DANGERS MORTELS TE GUETTENT DANS CES SOUTERRAINS, LES MURS EUX-MÊMES OBEISSENT Á MON MOINDRE DÉSIR ! ME CROIS-TU STUPIDE AU POINT D’ABANDONNER TOUS MES ATOUTS ? ET DE VENIR T’AFFRONTER FACE Á FACE, Á LA « LOYALE » ?!! CRÉTIN !! ABRUTI !!! MISÉRABLE VERMISSEAU !!! »
     Le prince commençait à comprendre que les intentions du gardien étaient de le mettre en colère. Du moins, il ne donnait aucun signe d’approbation vis-à-vis de sa proposition de se battre sans son heaume lumineux. Il allait réagir quand…
     « Attends ! Ha ! Attends un peu ! C’est pour ÇA que dame Arken t’a jugé éligible pour être ma prochaine victime. Hahaha ! Je viens de le réaliser, c’est amèrement drôle, amèrement drôle. Seul un imbécile de ta trempe pourrait recevoir les instructions pour localiser ce tumulus, et renoncer ensuite à l’usage de ton heaume enchanté ! Brillant, étonnamment, non, absolument brillant ! Je n’attendais pas moins de l’esprit pervers et manipulateur des lahmianes ! Vraiment, un tour de force, un exploit, une gemme de vivacité d’esprit ! Décidément, il n’y a qu’une seule raison qui explique pourquoi les lahmianes ne gouvernent toujours pas le Vieux Monde… - la voix marqua une pause avant d’annoncer la « raison » : - … votre stupidité, mortels, est exquise. »
     Le prince n’eut même pas le temps de comprendre tout ce que venait de dire le gardien, qu’il reprenait déjà son soliloque :
     « Soit ! Soit ! J’accepte ! Dépêche-toi, mortel, va chercher ta torche ! Va chercher ton briquet ! Tu m’affronteras ici-même, et j’apparaitrai devant toi avec ma propre épée. Va ! »

     Lorsque le prince revint dans le souterrain, délesté de son casque et armé d’une torche ainsi que d’un grand fagot de bois mort, il y trouva un coffre en bois renforcé de fer, rempli jusqu’aux bords de pièces d’or, d’argent et de parures précieuses. Il appela le gardien, n’eut aucune réponse. Il appela encore, mais seul le silence lui répondit. En s’aventurant un peu plus loin, il fut bloqué face à un mur en pierre massive, gris et nu, mais beaucoup trop bien taillé pour être un rocher naturel. Y avait-il quelque chose au-delà ?
     Le prince eut beau appeler jusqu’à la tombée du soir, aucun signe ne sembla trahir la présence du gardien du trésor. C’était comme s’il n’avait jamais existé, même si le prince se rappelait nettement de ses violentes paroles. Avait-il finalement fui cet endroit ? Avait-il pris peur ? Avait-il simplement jugé le prince digne d’emporter le trésor sans même dégainer son épée ? Les bribes de contes entendus dans sa jeunesse s’entremêlaient dans l’esprit du prince, mais aucun indice ne semblait apporter de réponse certaine. Le trésor était-il maudit ?? Cette dernière pensée effrayant le prince plus que n’importe quoi, il décida de passer la nuit dans le souterrain, et d’appeler le gardien au petit matin.

     Il rêva qu’il faisait face à un homme de taille moyenne, richement vêtu, et terriblement pâle. Celui-ci s’approcha de lui et lui dit :
     - Réveille-toi, imbécile.
     - Le trésor est-il maudit ??
     - Non. Tu l’as gagné loyalement. A présent, réveille-toi, et déguerpis de ma crypte !
     Le prince se réveilla en sursaut, et entrevit la lumière du jour naissant au bout du souterrain. Rempli d’une assurance qu’il ne s’expliquait pas, il s’empara du coffre bien pesant et regagna la surface. Eclatant de lumière était le monde à l’extérieur. L’herbe recouvrant le tumulus était d’un vert tendre, et le ciel était d’un bleu enchanteur, envoûtant. Les bosquets environnants étaient peuplés d’oiseaux chanteurs, et une rivière s’écoulait non loin. Comme s’il s’agissait d’un autre univers.



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Gilgalad
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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   Sam 19 Aoû 2017 - 22:24

C'est une suite fort drôle à plusieurs points de vue. Et sinon, rien à redire.

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MessageSujet: Re: Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début   

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Vampire at war : la Fin n’est qu’un nouveau début
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