Armées Comtes Vampires et mort-vivants


 
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 Textes du Concours de Récits 2015

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Thomov Le Poussiéreux
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Expérience de jeu (CV) : Ancien Vampire, vieux Chef de Guerre Orque, Favori de Slaanesh depuis peu, nouveau chef de Clan Elfe Sylvain, jeune Poil-au-Menton Nain, vénérable Connétable Bretonnien et très ancien Kuraq Saurus
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MessageSujet: Textes du Concours de Récits 2015   Mar 15 Sep 2015 - 11:07

Bonjour à toutes et à tous et soyez les bienvenus dans ce sujet destiné à recevoir les œuvres des auteurs inscrits pour cette édition 2015 du Concours de Récits de la Crypte de la Plume Noire.

Une fois encore des candidats de tous les horizons ont répondus présents à l'appel en plus des membres du forum (nouvelles têtes comme vieux de la vieille). Votre enthousiasme année après année fait toujours chaud au cœur  Happy

Voici à présent le classique rappel des règles et des dates de l'événement:

-Les textes devront se situer dans l'univers de Warhammer et tourner autour du thème de cette année qui est "Un autre monde".

-La longueur maximale des textes est fixée à deux pages word en police 11; cependant et pour ceux qui apprécieraient un texte bien aéré, il est possible de substituer à cette limite celle de 8000 caractères (espaces compris).

-Le présent sujet sera ouvert à dater d'aujourd'hui jusqu'au 30 septembre (aux alentours de 23h59  Tongue ).

-Un second sujet sera ouvert dans la foulée afin d'accueillir les votes des membres; selon le nombre final d'auteurs participants nous adapterons la durée de la période de récolte des votes.

-Le nouveau (ou la nouvelle) Comte (Comtesse) de la Crypte entrera en fonction dès que les votes auront été dûment recomptés

-Je rappelle que le présent sujet sert exclusivement à accueillir les textes des auteurs participants. Si vous désirez émettre un commentaire ou une question quelconque en rapport de près ou de loin avec ce Concours, je vous invite à vous exprimer dans le sujet prévu à cet effet.



Je vous laisse à présent et que le plus inspiré l'emporte! Rock & Roll

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Braxx
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Sam 19 Sep 2015 - 15:13

Bonjour/soir,


Bien, il semble que j'ai l'honneur d'ouvrir le bal (des vampires... ok je sors, mais je vous lâche ce court parchemin en espérant plaire aux lectrices et lecteurs...)

Bonne chance à toutes et tous, hâte de vous lire !


Braxx


X X X X X


Un Autre Monde


Le tumulte de la bataille me vrilla les tympans. J’ouvris les yeux. Indemne. Tout autour de moi les lames rencontraient les boucliers dans un fracas métallique ou dans un bruit écœurant lorsque l’acier perçait la chair. L’odeur entêtante du sang planait sur le champ de bataille, contrepoint cuivré aux effluves nauséabonds et doucereux des non-morts.

Sous l’impulsion de notre seigneur, le baron de Pourpressence, la levée avait été ordonnée et en quelques jours, nous avions été jetés sur les routes vers le sud de la Bretonnie ; la rumeur parlait d’une cité oubliée qui avait reparue. Et quelle cité ! Deux jours avant d’atteindre le littoral, nous apercevions déjà ses tours effilées, nacrées aux reflets bleus et verts. Puis ses remparts réfléchissant la lumière du soleil comme celle des lunes s’étaient offerts à nous… à plusieurs coudées de distance sur l’océan. La cité semblait flotter sur les eaux tumultueuses. Rallier ses abords avait été une gageure mais nous avions finalement mit le pied sur la roche couverte d’algues et de coquillages. Nulle garnison. Nulle vie. Et des promesses de richesses sans limite derrière ses hautes murailles.

Cela ne faisait pas une journée que nous déambulions dans cette cité d’un autre temps quand il apparut. Juché sur un monstre mort-vivant, un dragon pourrissant, le guerrier arborait une armure antique, poussiéreuse, semblable à de la roche taillée. Ses yeux n’étaient que deux gouffres incandescents de haine. L’apparition hurla en ancien bretonni une série de malédictions. Et le vent tourna. Le parfum iodé fut remplacé par celui de la pourriture. Les non-morts étaient sur nous. Jaillissant des bâtiments, du sol, des statues, couverts de coquillages et vomissant de la vase, les monstres bouffis, la peau bleuté de ceux qui sont morts par noyade, se jetèrent sur les vivants.

La surprise passée, nous prîmes l’avantage. Car si les morts étaient nombreux, nous étions parés à affronter d’éventuels ennemis, armés et protégés. De plus, la Dame veillait sur nous, ses filles marchant parmi nous. La magie noire fut repoussée et nous avançâmes au cœur de la cité, détruisant chaque poche de morts-vivants que nous débusquions. Le baron en personne mit à terre la bête qui portait le général ennemi, faisant honneur à ses ancêtres. Finalement, la dernière bataille allait se jouer dans ce qui s’avéra être le cimetière de la cité engloutie, étrangement située en son centre.

La résistance se fit plus véhémente. Jaillissant de caveaux richement décorés, des guerriers squelettiques en armure lourde se placèrent devant leur roi déchu. Comme un seul homme, ils entreprirent de faucher nos rangs avec une redoutable efficacité. Les sorcières tentèrent de dissiper la sombre magie qui les maintenait debout mais en vain. Armé d’une simple épée, je chargeai en hurlant, échappant à l’étreinte de la peur. Un zombie s’interposa. Je dressai ma lame. Mais une hache décapita le monstre pourrissant. Je me tournai vers le paysan apeuré pour le remercier, mais déjà une lance rouillée le transperçait. Le squelette arracha son arme de son carcan de chair et d’os, un flot rouge jaillissant de la poitrine perforée et filtrant entre les dents serrées du jeune homme.

Ivre de colère, j’abattais mon arme sur le combattant mais le manquais de peu. Une voix murmura à mon oreille, et je me retournai vivement, laissant mon adversaire être emporté par le flot du combat. Personne. Le murmure se fit plus intense. Je ne comprenais pas les mots, ni même le sens de la phrase. Pourtant, je me sentis attiré sans raison vers une lumière bleue, vive. Dans le halo azuré, le baron affrontait le roi déchu en duel. L’épée d’acier frappée de la fleur de lys teintait contre l’armure du mort-vivant sans parvenir à trouver de faille. Une tâche pourpre assombrissait le tabard du noble. Téméraire, je me dirigeai vers mon suzerain, persuadé de pouvoir lui venir en aide. Les combattants passèrent devant moi sans me voir. J’agitais mon épée sans blesser quiconque.

Je repris mon souffle derrière une stèle brisée. Le combat sembla se calmer tout autour de moi, comme assourdi par un voile et mon attention tout entière se dirigea vers le duel au moment où le roi déchu parait une audacieuse attaque du baron. Puis d’un revers, le monstre trancha le bras de son adversaire. De sa main libre, gantée de métal, il saisit le noble agonisant par la gorge et le souleva comme s’il ne pesait pas plus qu’une plume. La lumière de ses yeux s’intensifia à mesure qu’il aspirait son âme, son être. Comment pouvais-je savoir cela ? Moi qui n’étais qu’un simple homme d’arme. Pourtant je savais. Je savais que le baron allait mourir mais, plus encore, que son âme allait disparaître. Et avec elle, jusqu’à son souvenir, le condamnant à l’oubli éternel. Déjà son nom devait déserter la mémoire de ses soldats, de ses proches. Mais comment pouvais-je alors m’en souvenir ?

Chassant ces questions, je me redressai et couru vers le baron, bien décidé à sauvegarder son souvenir. Le roi déchu ne pouvait me voir. Je visais la base de son heaume. Mon épée s’élança. Plus rapide qu’un elfe, il se retourna et me toisa de ses yeux infernaux. Mon arme se baissa, mes jambes ralentirent. Je hurlai de frustration, mais aucun son ne franchit mes lèvres. Finalement je mis un genou à terre devant le souverain non-mort. Quelle magie était-ce cela ?

L’abomination me regarda, aspirant doucement l’essence du baron qui déjà arborait une teinte grisâtre. Le plaisir du roi déchu était quasi palpable, émanant de lui par vagues écœurantes. Finalement, il relâcha son étreinte et le cadavre desséché tomba dans un bruit mat sur la roche couverte d’algues brunes, avant de s’effriter en un tas de cendres qu’une brise emporta. Derrière le roi, j’aperçus une immense double-porte de barreaux d’acier, ouverte sur un gouffre de ténèbres insondables.

- Esclave, siffla le roi d’une voix d’outre-tombe, tu oses lever ton arme sur ton suzerain !
- Je… je ne suis pas… ton serviteur
, réussis-je à dire malgré ma mâchoire figée, monstre…
- Monstre ?
ricana la créature en se penchant vers moi… de quelle monstruosité parles-tu ?
- De ta nature… par la Dame tu ne devrais pas fouler cette terre ! Ni aucune autre !


Le rire sépulcral résonna dans tout mon être, se répercuta douloureusement dans chacun de mes os, agressa ma raison, me portant si proche du gouffre de la folie que je craignis d'y sombrer. Le temps parut s’arrêter alors que son rire continuait son office. Puis le silence revint. Un silence total. Recouvrant le contrôle de mon corps, je me retournais. Lentement. Mes yeux se posèrent sur un charnier. Pas un seul survivant. Les morts-vivants retournaient à leurs tombeaux. Les spectres se retiraient dans des statues desquelles ils arboraient les traits, tantôt celui d’un guerrier armée d’un trident, tantôt celui d’un mage au grimoire ouvert. J’aperçus les corps déchiquetés des servantes de la Dame, leurs entrailles fumantes dans l’air soudain froid du cimetière.

- Pourquoi… comment…
- Tu ne comprends toujours pas ? susurra le roi. Vois…

Une lueur bleutée apparut de l’autre côté du cimetière, près de l’entrée. Je regardai le monstre de magie noire et, derrière lui, l’énigmatique crypte. Puis, mu par je ne sais quel instinct ou envie, je me dirigeais vers la lueur. Les corps jonchaient le sol, rendu glissant par le sang accumulé. Déjà, dans le ciel bleu, les oiseaux marins tournoyaient, attirés par le festin que le combat leur offrait. Chevaliers et roturiers, hommes et animaux, tous réunis dans la mort. La lueur baissa à mesure que je m’approchai de la grille principale ; celle par laquelle j’étais passé avec mes camarades. Réduit à un halo, la lueur entourait le corps d’un jeune homme, maigrelet, aux cheveux bruns et aux yeux verts olive grands ouverts. Sa peau particulièrement pâle était figée par la mort. Une large entaille d’un rouge intense ouvrait sa gorge. Son tabard élimé arborait une fleur de lys pourpre. Son épée gisait près de sa main tendue. Je savais qu’un couteau était dissimulé dans sa botte gauche. Un cadeau de son père. Mon cœur rata un battement… du moins-je imaginais-je ce battement raté. Le murmure retentit de nouveau. Non pas le roi, mais la crypte, les ténèbres, m’appelaient.

Les yeux emplis de larmes, je me détournais de mon cadavre qui jamais n’avait franchi les premières grilles du cimetière. Mes pas me portèrent malgré moi, rejoint par les esprits de ceux qui furent mes amis, mes camarades, mes maîtres, égaux désormais dans la mort. Vers la porte ouverte. Vers un nouveau monde.


FIN
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Dim 20 Sep 2015 - 16:55

Haha l'honneur est tout à toi Braxx ^^


Le Voyageur

Les abysses faisaient partie des régions du monde les plus paisibles. Peu de créatures survivaient dans ces conditions extrêmes où les ténèbres, le froid et la pression règnent en maître. Il arrivait cependant que ce havre de paix soit troublé.

Un remous déforma soudain les profondeurs et la température s’envola. Les rares autochtones détalèrent aussitôt alors qu’une lumière venait dissiper les ombres, aveuglant quiconque à des lieues à la ronde. Et, aussi brusquement que la manifestation était apparue, le calme revint. Cependant les profondeurs accueillaient un nouveau résident.

Évoluant avec lenteur dans l’obscurité, l’être sentait des griffes acérées, glacées, se resserrer tout autour. Cependant il ne s’en alarma pas : la nature reprenait ses droits suite à son arrivée peu discrète. En revanche il était surpris de trouver tant de vide. Et déjà cet endroit attisait sa curiosité. Il s’élança vers les hauteurs en faisant preuve d’une puissance évidente. Il laissa dans son sillage un tourbillon de poussière, seule preuve de sa présence quelques instants plus tôt. Toutefois il stoppa son escalade lorsqu’un mouvement capta son attention. Comment avait-il pu ne pas le remarquer plus tôt ? Tout près déambulait un véritable béhémot qui, apparemment tout aussi intrigué, vint à sa rencontre. La créature tout bonnement énorme frôla le nouveau venu. Empli de joie, celui-ci étendit doucement un membre vers le majestueux résident des lieux. Avec tendresse il pût caresser son épiderme. Quelle sensation étrange, semblable à aucune autre : il n’aurait su qualifier son cuir de doux ou rêche. Et en réponse le colosse poussa un hululement aigu qui fit reculer le visiteur. Mais après quelques secondes il identifia ce cri non pas comme un avertissement, mais comme un chant : son compagnon lui témoignait le plaisir partagé de cette rencontre.

Plus enthousiaste que jamais, il reprit sa progression vers les hauteurs. Et petit à petit la fraîcheur se dissipa. Une lumière au loin se précisa lentement. Avec prudence il approcha. Ce genre de lueurs était rarement bon signe : il s’agissait souvent de l’instrument de quelques prédateurs plus subtils que les autres. Néanmoins, en approchant, il réalisa que la vérité était tout autre. Il n’y avait là nulle autre créature que lui. Il était seul. Seul face à une immense étendue mouvante, diffusant cette lumière partout à la ronde. Quelle était cette manifestation ? D’où provenait cet incroyable maléfice ? Téméraire, le voyageur toucha l’onde et se rétracta aussitôt. Aucune réaction.  Quelle que soit cette chose, elle réagissait à d’autres énergies que la sienne. D’une certaine façon, cela ressemblait au passage qu’il avait emprunté pour arriver là. Seulement jamais auparavant il n’en avait contemplé de si vaste. Il ne poussa pas ses réflexions bien longtemps. Un passage était fait pour être utilisé et c’est ce qu’il fit.

Il passa à travers l’onde et émergea de l’autre côté dans de grandes éclaboussures cristallines. Aussitôt il fut ébloui par la lumière et protégea son regard habitué aux ténèbres. Se faisant il ressentit une agression soudaine sur son corps. Il fut balayé, sans être blessé. Et recraché à travers le voile. Quelques instants furent nécessaires pour qu’il retrouve ses esprits. Que venait-il de se passer ? Quelles étaient ces sensations nouvelles ?

Tout le poussait à retourner de l’autre côté, à comprendre ce qu’il venait de se passer. Sans attendre il passa à nouveau le portail et à nouveau il fut rejeté. La troisième tentative fut plus fructueuse. Plutôt que s’y jeter à corps perdu, il s’y glissa doucement. Quelle fut sa surprise de se tenir ainsi entre les mondes sans traverser complètement le voile. Motivé par cette découverte, il balaya les lieux. Ici aussi le passage s’étendait dans toutes les directions. Au loin toutefois, dans une direction bien précise, il semblait prendre fin. Une vérification rapide lui fit réaliser que c’était également le cas dans l’univers précédent. Chose qu’il n’avait pas remarquée auparavant en raison du manque de lumière. Celle-ci flottait d’ailleurs loin au-delà de sa portée. Elle brillait au point de lui faire mal s’il la contemplait et éclairait jusqu’à l’horizon. Rapidement il comprit qu’il était, d’une certaine façon, rejeté : il lui était impossible, quels que soient ses efforts, de traverser plus qu’à moitié le portail. De plus un courant irrégulier soufflait en permanence, chahutant l’onde et bousculant le voyageur.

Deux mondes jumeaux, reliés par un passage démesuré. Qui l’eut cru. Il se déplaça rapidement vers les limites de celui-ci. Et se retrouva bloqué, incapable d’avancer plus loin sans sortir du premier univers, l’encourageant lui-même à poursuivre son voyage. Il voyait clairement le flux et le reflux du portail au niveau de la limite entre les deux mondes. Et il n’était plus seul. Plus loin de nombreuses créatures s’agitaient et soulevaient des nuages de poussières. Créatures qui se tenaient au-delà et ne semblaient pas être affectées par le passage. S’il passait à travers et se tenait au-delà de celui-ci, pourrait-il s’y dresser, tout comme eux ?
D’un bond puissant il s’extirpa et retomba sur ses membres postérieurs. L’intrus se redressa et chercha son équilibre alors que le sable glissait sous son poids. Mais il ne fut pas rejeté à travers le portail. Derrière lui, il continuait de lécher ses limites par vagues successives.

Le calme revenait progressivement parmi les résidents. Son arrivée soudaine avait visiblement calmé leurs ardeurs. Pourtant, tout autour, des spécimens gisaient dans le sable et se vidaient de leurs fluides. Cet endroit était un champ de bataille réalisa-t-il. Et les deux camps avaient cessé leurs luttes primitives pour venir l’étudier. Les belligérants étaient forts semblables : quatre membres, symétriques, portaient des coquilles artificielles et maniaient des outils à l’utilité évidente. Seulement certains arboraient un cuir verdâtre tandis que d’autres présentaient un épiderme rose pâle. La raison de leur étreinte fratricide sautait aux yeux. Une lutte raciale, brutale et primitive, basée sur l’apparence physique.

Brusquement l’un des combattants vert beugla quelque chose dans un dialecte étrange avant d’accourir. Il brandissait un ustensile tranchant qu’il menaçait d’employer sur le nouveau venu. Il n’en eu pas le temps, sectionné en deux d’un revers négligeant. Un déluge d’organes vitaux et de fluides se répandit sur le sable et dissuada quiconque de l’imiter. Du moins c’est ce qu’il crût, car l’ensemble des individus présents  se jeta sur lui, toutes querelles raciales oubliées.

Quelle calamité que ces peuples barbares ne puissent s’entendre que face à un ennemi commun. Quand bien même celui-ci ne leur est pas hostile. Simplement le fait d’être plus différent justifiait-il le besoin d’être éliminé ? Et s’ils y parvenaient, continueraient-ils à s’entendre ou bien reprendraient-ils leurs disputes puériles ? Il en doutait sincèrement.

Il se posait ces questions, fauchant un à un ses assaillants avec facilité. Bientôt il ne resta plus qu’un seul indigène, tremblant devant les corps de ses congénères. Celui-ci ne semblait pas farouche, aussi l’être des profondeurs s’approcha. Doucement afin de ne pas l’effrayer davantage, il se pencha afin de pouvoir examiner plus en détail un spécimen encore en vie. C’était visiblement un jeune, sa carrure bien moins développée que celles des autres. Cela expliquait son manque d’agressivité. A la place il poussait de petits glapissements en le dévisageant, un fluide incolore coulant de plusieurs cavités sur visage. Chose étrange, car qu’ils soient verts ou blancs, ses prédécesseurs n’avaient répandus que de l’écarlate sur le sable. Aussi, d’un membre encore non souillé d’humeur, il récolta délicatement quelques gouttes de ce liquide.

Ces mondes avaient encore tant à lui apprendre songea-t-il en se redressant lentement. Il se tourna et étudia le portail, immense, qui se tenait au-delà du charnier. Aussi lui-vint-il une idée. Lentement, il se tourna vers le survivant qui ne cessait de trembler. Et sans avertissement s’en empara et l’avala. Il le sentit se débattre quelques instants avant qu’il ne sombre progressivement dans l’oubli.

Sa mort était peut-être cruelle mais elle ne serait pas inutile. Immobile dans les courants invisibles, l’être digéra le corps, assimila ses propriétés comme ses souvenirs. Tant de choses défilèrent dans son esprit, expliquant ce qu’il voyait et soulevant plus de questions encore. Jamais il n’avait visité d’endroits comme celui-ci auparavant.

Désormais plus conscient de son environnement, il reconnut ce qui l’entourait et les sons  attribués par le spécimen qu’il avait absorbé. Des « Noms », comme il les appelait. Lui-même était un Enfant Humain jusqu’à ce moment et vivait non loin de cette Plage. Plage qui marquait non pas les limites d’un passage entre les mondes mais celles entre deux lieux distincts : la Terre et l’Océan, sous la lumière aveuglante du Soleil et le souffle capricieux du Vent. Si l’enfant ne connaissait pas le nom de la créature rencontrée sous la Surface de l’Eau, en revanche un nom bien précis lui venait pour se nommer lui-même. L’être était un Monstre. Et la signification qui allait avec ce nom le troubla. Lui qui n’aspirait qu’à voyager en paix, méritait-il d’être haï et chassé par les habitants de ce monde ? Il trouverait la réponse à cette question un autre Jour. Déjà il devinait que la Nuit approchait et que l’astre lumineux serait remplacé par les Etoiles.

Qu’il soit ou pas un monstre au final importait peu. Il parcourrait la terre ferme comme les fonds marins, découvrant ce que ce monde avait à offrir. Puis lorsqu’il s’en serait lassé il quitterait celui-ci pour le suivant.

A moins d’emprunter un autre genre de portail. Et sur ces pensées, son regard se tourna vers les premières étoiles, là-haut dans le Ciel.  

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ethgri wyrda
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Lun 21 Sep 2015 - 0:11

Cette lettre est surement tout ce qu'il reste de la plus grande période de gloire que le monde ait connu. l'auteur est aujourd'hui fou, celle à qui le message était est destiné n'est plus. Mais souvenez-vous qu'un jour, la lance n'était pas scindée, la hache n'était pas en ruine, et le pire semblait passé.Parmi tout ceux cités, une seule est en vie. Aujourd'hui elle est reine de la seule terre de féerie qu'il reste en ce monde.voyez-vous qui?

Souvenir d'un âge de paix

"Ma chère Allisara, Déesse de mon cœur
Je t’écris cette lettre, la tienne fit mon bonheur
Je prends soin de la mettre colée contre ma peau
Même si la mort m’appelle je garderais tes mots.

Tous les jours, chaque soir, j’ai envoyé l’oiseau,
Le porteur de nouvelles vers les étendues d’eau
Mais cette fois mon encre salue un autre jour
À l’aller au revoir, car voilà le retour

J’ai traversé des plages, des montagnes et des prés,
Des forets et des landes, des fleuves et des vallées
J’y ai croisé des bandes, cuir vert mais noirs âmes
Des dragons sans langage, moins d’esprit que de flammes

J’y ais vu des humains, quel bravoure ! Quel courage !
Leurs beaux et lourds chevaux font pour eux des carnages,
Mais hélas, il le faut, et ils sont les premiers
À subir les gobelins et cent calamités

Comment ? J’ai dis premiers ? C’était là une erreur
Comment ne pas parler des nains sous les montagnes
Pour un combat perdu, c’est plus de cent qu’ils gagnent
Ceux qui ne l’on pas cru viennent et croient ou bien meurent.
Le nom de leur Haut-roi est Snorri Barbeblanche
Il est tout à la fois un très grand souverain
Un Bon chef de guerre, souvent l’arme à la main
Et il est pour la bière prompte à vider boutanches

Mais Snorri est aussi, et je pense surtout
Un excellent ami qui croit tout comme moi
Que les fils de Grungni et les enfants d’Isha
En unissant leurs vies s’apporteraient beaucoup

Nous avons des navires qui sillonnent les mers
Désormais notre empire a découvert ce monde
Où depuis des années partout je vagabonde
Mais j’estime ignorer presque tout de la terre.
À l’inverse des nains pour qui les minéraux
De l’argent à l’étain en passant par les pierres
Précieuses et même l’or ne sont que livres ouverts
Mais au delà des forts, «inconnu » est seul mot.

Je parle sans arrêt, et je dois te lasser
Je suis intarissable sur les maitres-à-piocher
Mais il est indéniable que mes tribulations
Doivent être résumées sans tergiversation

Nous partîmes un matin, à quarante compagnons
Quittant nos routes pavées pour d’autres à l’abandon
Et nous avons longé les cotes des jours durant
Nos cartes de marins serviront surement
Les baies de sable fin des rivages de l’ouest
Cédèrent bientôt la place à des plages modestes
Mais cernées par la masse de calcaire gris et blanc
Que sculptent l’air de rien et la mer, et le vent.

Le roulement des flots
Arrivant sur les rives
Raisonne jusqu’en haut
De ces parois massives

Puis rentrant dans les terres, nous revîmes la lumière
Que nous avait caché un ciel gris et austère
Nous marchâmes étonnés, car la lande était vide
Et seul poussait le lierre sur quelques troncs livides.
C’est là que par hasard nous avons rencontré
Une troupe d’hommes en arme transportant des blessés
Nous tarîmes quelques larmes en soignant quelques mots
Mais malgré tout notre art, d’autres allèrent au caveau.
C’est auprès de ces gens que nous avons appris
L’existence des nains, et ce qu’ils nous ont dit
En intrigua plus d’un. Quelques jours plus tard,
Deux humains nous guidant, nous pûmes enfin voir
Le bon peuple trapu. Leurs grandes forteresses
Semblaient nous écraser. Tout, des armes à leurs pièces
Paraissaient nous peser. Et réciproquement
Nos lames et nos tissus leurs semblaient plumes, ou vent.

Oui, ils lèvent le regard pour pouvoir nous toiser
Mais ici chaque pierre m’apprend l’humilité.
C’est à bien des égards ce qu’il manque le plus
A nos cœurs austères, je l’ai malgré moi vu.

Nous ne nous présentâmes pas comme ambassadeurs
Mais plutôt comme alliés, et comme explorateurs.
Leur langue est fort hachée, et pour nos discutions
Tous nous utilisâmes l’humain que nous savions.

On nous fit visiter leur empire souterrain
Et j’ignore trop comment ces êtres aux lourdes mains
Façonnent les éléments et érigent la matière
Pour la faire briller d’aussi belle manière.

Le marteau frappe le fer,
Le fer rouge de la forge.
Le feu brule mon air
Et assèche ma gorge.

Depuis près de trois mois, j’arpente ce royaume
Je découvre des sons, des saveurs, des aromes
Dont j’ignore les noms, mais qui assurément
Avec ceux de chez nous ont tout de différent.
Mais ma plus grande joie, je te l’ai déjà dis
Mais je le dis encore, ce fut quand je revis
L’oiseau qui porte plus qu’or, mais ta missive dorée
Qui pour la première fois avait su me trouver
Mais c’est ma faute hélas, car durant mon voyage
C’est je crois la seule fois où je n’ai pas changé
A tout moment de place. Qu’il y ait vent ou l’orage
Je ne m’arrête pas de marcher, d’explorer.

Mais désormais la vie chez nous à nagarythe
Me manque chaque soir un tout petit peu plus.
Le confort d’un bon lit ou les sons de la rue
Les coutumes, les histoires, les habitudes, les rites
Même les puissants cris que poussent les vendeurs
Même quand le matin, il faut respecter l’heure
Même quand ta petite sœur fait ses viennoiseries
Même quand, fatigué, il faut voir un ami
Même les réunions à la cour du roi
Et même je crois bien le son dur de sa voix

Oui pour te retrouver, je parts dès demain
Je prendrais le chemin qui mène à l’ocean
Notre chez-nous est loin, mais rien n’est assez grand
Pour pouvoir m’empêcher de te revoir enfin

Magnifique mésange,
Messagère des amants
Tu mèneras à l’ange
Ton chant mélodieux

Malekith qui revient."
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Mar 22 Sep 2015 - 19:53

« Regarde le ciel, tu verras un autre monde. »

                                   Naïr de Saphery, archimage

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Nyklaus von Carstein
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Jeu 24 Sep 2015 - 20:12

@ Von Essen : Tu es démasqué Naïr Le Tisseur de nuages !


Certains secrets en ces temps sombres doivent être révélés, en voici un de la part d'un être quelque peu spécial :

Avant de commencer, deux haïkus (poème japonais) :
« Un nouveau monde,
Symbole d’émerveillement,
De nouvelles découvertes »
Et
« Un nouveau Monde,
Synonyme de Changements,
De Nouvelles périodes »

Je considère que ce sont des éléments importants dans un nouveau  monde !

"Je suis né de la dernière couvaison ayant été gouverné par les Drākons. Je me nomme Drogvulqo ou "Seigneur de la Sombre Fureur" en Draconique. Je suis ce que vous considérez comme étant le premier des Dragons des Ombres, enfant de Kalaganos le Noir, le Père des Dragons et Roi parmi les miens. Cependant, la vérité est tout autre : il faisait parti de la race des Drākons, créatures ayant gouverné la terre avant la venue des Anciens et le rapprochement de notre planète vers le Soleil. Cet afflux de lumière à provoquer leur sommeil. Ces créatures bien plus grandes que les plus anciens d'entre nous sont d'ailleurs encore endormies à ce jour. Sa puissance et ses membres sont tombés dans l'oubli le plus profond mais le jour où ils se réveilleront sonnera la trépanation de toutes autres espèces qui tenteraient de leur résister !

   L'arrivée des Elfes sonna une période où le dernier et plus petits des Drākons, Kalaganos, fut tué par le plus grand tueur nain, Grungni. Nos pouvoirs et notre race est actuellement considérés comme la plus puissante sur cette terre mais l'étreinte de la mort arrive sur nous et nous courrons désormais à une lente mais certaine extinction ! Beaucoup d'entre nous craignent de ne pas avoir le plaisir de retrouver nos seigneurs et maîtres véritables qui nous ont conduits à la domination de ce monde. Mon camarade "dragonnier" et frère d'arme, Nyklaus Von Abyss est déjà au courant de cette véritable histoire et sera prêt à leur promettre fidélité s'ils se réveillent ! Désormais, les plus "magiciens" d'entre nous tentent d' hâter leur retour afin d'exterminer le Chaos de la surface de cette planète pour enfin vivre en paix. Il existe cependant de nombreuses complications car leur retour signifierait également le réveil d'anciennes créatures datant également de la naissance de notre monde à tous et de créatures crées par les dieux pour le défendre : les Gardiens. Personne ne sait leur nombre mais certains d'entre eux se sont manifestés à certaines périodes de l'histoire. Les seuls que nous connaissons sont au nombre de quatre : Nagga, Jörmundgand, Rockh et enfin, selon nos légendes, le premier des Drākons et notre plus grand roi : Balerion la Terreur. "


   Selon certaines sources venant des dragons prêts à parler de leur passé de l'âge d'or des Reptiliens, notre monde était composé d'un seul et gigantesque continent, nommé la Grande Terre. Il comprenait de gigantesques étendues planes comme des chaînes de montagnes atteignant au minimum les plus hauts nuages. Les arbres faisaient la taille des arches noirs des sombres cousins des hauts elfes. Ce continent était le siège de combats titanesques entre des monstres atteignant des tailles disproportionnées. On connaît certaines races : les dragons ogres, maintenant sous la volonté des Dieux Sombres, les Dragons...



J'ai choisi un monde de l'aube du temps où la nature possédait tous les droits.


Mots utilisés : Dragon, Lumière, Plaisir, Étreinte, Oubli, Trépanation.

Voilà mon texte, j'espère qu'il vous a plu !


Dernière édition par Nyklaus von Carstein le Sam 26 Sep 2015 - 18:06, édité 1 fois
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Hjalmar Oksilden
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Jeu 24 Sep 2015 - 22:17

Le dernier voyage :







Quand on s’ennuie ferme sur un bateau en pleine mer, on se met à réfléchir pour passer le temps. C’est un réflexe plutôt humain. Et en même temps, quand votre seule lecture possible est le fabuleux « grimoire traitant de la trépanation à l’aide de viennoiserie pour recouvrer son honneur après une calamité diplomatique », on préfèrera se mettre à la philosophie.

Mais dans notre cas, cet ouvrage enfermé dans un coffre provenant d’une frégate impériale ne sera probablement jamais lu. Non pas à cause de son contenu, mais parce que les possibles lecteurs font deux mètres de haut, sont barbus et passablement alcoolisés. Des Norses donc, qui montrent autant d’intérêt pour la lecture que les orcs pour le point de croix. Les nordiques avaient regroupés les navires de leur flotte avec des cordes pour créer une plateforme maritime temporaire sur laquelle ils festoyaient. S’accordant ainsi un peu de repos et d’amusement après une traque et le long voyage qui va avec. Les températures hivernales rappelaient aux guerriers leurs terres natales. Cela décuplait leur joie et remplissait d’autant plus leurs cornes à boire.


Mais assez divagué, revenons à notre penseur du jour. Bjarn Slottetaska, donc, s’ennuyait quelque peu. Navigateur chevronné, il préférait affronter les vagues plutôt que de flâner au milieu. Et les raids n’étant pas vraiment sa tasse d’hydromel, il ne participait pas aux réjouissances collectives. Il était actuellement sur l’avant d’un navire un peu éloigné des festivités. Sa barbe grisonnante craquela quand il se débarrassa comme il put du givre qui s’était formé. Emmitouflé dans sa fourrure, Bjarn baladait son regard sur le banquet, un sourire en coin.  Il poussa un léger soupir, leva brièvement les yeux au ciel et s’allongea contre le bastingage. Lentement, il se laissa alors dériver sur le fleuve du sommeil.

Et il se remémora ce qu’il avait vu.




Il y a plusieurs mois déjà, le départ de l’expédition avait été ordonné en hâte après la demande expresse d’un seigneur de guerre local. Ce dernier voulait vérifier si une voix navale vers des terres étrangères était possible. Il prévoyait probablement une invasion en bonne et due forme. Ses guerriers du chaos furent plus que persuasif et leurs arguments percutants eurent tôt fait de réprimer les plaintes. Le jarl n’avait pas d’autre choix que d’accepter. Bjarn fut immédiatement recruté comme navigateur et la flotte prit la mer rapidement...

Le voyage se passa relativement sans encombre, quelques monstres des profondeurs coulèrent un navire ou deux… Rien de vraiment problématique, mais Bjarn considérait que ces monstres étaient envoyés par la déesse de la mer pour tester la bravoure des marins... *Dans les faits, même si la déesse de la mer est une entité puissante, elle possède un esprit aussi pénétrant qu’une meringue. Elle a probablement fait ça pour s’amuser. Mais je divague encore… Reprenons.*

Bjarn avait appris aussi à se méfier des guerriers en armure qui les accompagnaient. Ils restaient seuls sur un navire, à part des autres nordiques. Le navigateur ne savait pas si la présence d’adeptes de Khorne à leurs côtés était une bonne nouvelle ou non. Dans tous les cas, faire demi-tour était impensable...

Les jours passaient et toujours pas de terre en vue. Les hommes commençaient à désespérer de ne rien trouver d’autre qu’une étendue toujours plus infinie d’eau. Et comme aucun autre esquif n’apparaissait, les norses n’avaient rien pour se passer les nerfs. Faisant fi du bon sens, un groupe finit par se rebeller contre cette "expédition suicide" et tenta de rebrousser chemin. Evidemment, ils se firent aborder par les guerriers de Khorne. La suite, Bjarn préférait l’oublier...

Contre toute attente, un beau jour, la terre apparut enfin. Il fallut plusieurs minutes pour que les hommes du nord arrivent à croire ce qu’ils voyaient. La surprise passée, les nordiques ramèrent d’une ardeur renouvelée par cette nouvelle. Plus ils s‘approchaient, plus la jungle luxuriante qui bordait la côte se détaillait devant les yeux de Bjarn. Tant de choses nouvelles à découvrir, cela lui mettait presque la larme à l’œil. A peine les bateaux s’étaient-ils échoués sur la plage, que les nordiques sautaient des bateaux pour courir vers la terre. Certains embrassaient le sol de joie. L’ambiance retomba quelque peu une fois les guerriers de Khorne à terre. Leur chef discuta avec le huscarl qui dirigeait l’expédition et il ordonna immédiatement une expédition dans la jungle pour voir ce qu’ils pourraient y découvrir. L’ordre donné, les norses s’équipèrent pour explorer ce monde inconnu. L’un d’entre eux s’approcha de Bjarn, qui était resté sur son bateau. Il tendit le bras pour mettre sa main sur l’épaule du navigateur :

« Alors Bjarn… Tu te réveilles ? »

Bjarn se réveilla brusquement sur le bastingage du bateau. La chaleur doucereuse du rivage fit place au froid mordant. Le nordique en face de lui était celui de la plage.

« Je préfère ça ! s’égayait le nordique. Ça aurait été dommage que tu ne puisses pas boire un coup en cette nuit de fête ! »

Alors qu’il lui disait cela, le nordique lui tendit une corne à boire remplie à ras bords. Bjarn la prit entre ces mains, l’air hagard de celui qui vient de se faire réveiller.

« Profite-en bien ! Tu n’en auras peut-être pas d’autre avant un moment. » Le nordique se releva et s’éloigna de Bjarn, le regard bienveillant.

Bjarn se releva un peu en grimaçant. Il souleva sa fourrure pour regarder les bandages à son flanc, rouges. C’est drôle quand on y pense. Il était le plus à l’arrière de tous les attaquants et une balle impériale à tout de même réussi à le blesser. Même s’il n’aimait pas les raids, cela ne l’a pas empêché de le leur rendre au centuple…
Il reposa la couverture, sirota un peu de la bière et soupira à nouveau. Il n’était pas si mal ce rêve finalement. Au moins dans celui-là, ils avaient trouvé une terre, un monde inconnu. Et dans celui-là, il ne se faisait pas tuer par des guerriers de Khorne au fur et à mesure que les équipages abandonnaient. La frégate impériale avait été une aubaine. Les nordiques utilisaient cette victoire et la fête qui en résultait comme prétexte pour oublier dans l’alcool qu’ils étaient probablement perdus. Mais c’est ainsi que sont les hommes du nord : bornés et prêt à aller jusqu’au bout.


Bjarn finit sa corne à boire, la posa à côté de lui et s’adossa à nouveau au bastingage. Au moins maintenant, la douleur était atténuée.
Lentement mais sûrement, Bjarn replongea dans ses rêves. Il avait un monde inconnu à explorer après tout. Et qui sait, peut-être y restera-t-il cette fois.


Dernière édition par Hjalmar Oksilden le Dim 27 Sep 2015 - 20:57, édité 3 fois
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Valerian
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Dim 27 Sep 2015 - 14:06

Perdu soi-même



Avancer…avancer…avancer…
Tout droit, toujours sur le même chemin. Jusqu’à sortir enfin d’ici.

Avancer…
« Aucune province n’est infinie, tout royaume a une frontière », m’a-t-on dit un jour. Où, qui et pourquoi, je ne saurais le dire. Quelques mots provenant d’un passé lointain, d’une autre époque, d’une autre vie. Mes pieds durcis par ma longue marche ne me font plus souffrir depuis longtemps, et mes habits inchangés depuis des lustres sont si collés à ma peau qu'ils sont devenus comme une partie de moi-même. Je me suis habitué à la graisse dans mes cheveux et à la puanteur qui exhale de moi-même, mélange de sueur et d'urine qui m'emplit les narines sans que j'en soit gêné.

Avancer…
… sous un ciel toujours changeant, parfois d’un bleu brillant, d’un vert pâle ou d’un rose lumineux. Parfois les trois en même temps, jamais noir et jamais blanc, toujours clair et toujours sombre, sans étoiles ni soleil, sans obscurité ni lumière. Mes yeux voient clair pourtant, quoique les couleurs semblent atténuées. Mais peut-être qu'elles le sont bel et bien.

Avancer…
… en ignorant les formes étranges qui se meuvent dans les fourrés aux couleurs fades et détrempées qui bordent le chemin. Je les vois du coin de l’œil, furtives et malsaines, pleines d'intentions meurtrières. Parfois, l’une d’entre elle, plus téméraire que les autres, sort de la pénombre pour s’en prendre à moi. Alors je la tue. Si ça arrive souvent ou non, je ne saurais le dire. En tout cas, ça arrive.

Avancer…
J’ignore même quand je suis entré ici exactement. Ça s’est fait progressivement, je crois. Au début, les arbres n’étaient pas d’un blanc osseux, et c’étaient des feuilles vertes comme le printemps que le vent faisait frémir : à présent, elles sont noires et sales comme la suie d’une cheminée. Au début, les bêtes et les plantes étaient celles de mon ancien monde, des cerfs, des biches, des rongeurs et une multitude d’oiseaux à plumes. A présent, toute chose est hostile, des arbres immobiles aux ombres mouvantes cachées dans les broussailles. On ne trouve rien de comestible ici, puisque les animaux habituels ont fui ces lieux, et que je n’ose pas quitter le chemin pour cueillir des baies et des racines. On ne trouve rien de comestible… sauf les monstres. Eux peuvent être mangés, comme les biches, les rongeurs et les oiseaux dont ils ont pris la place. Le goût est exécrable, mais qu’importe. On ne trouve décidément rien de comestible ici.

Avancer… Avancer… Avancer…
C’est le seul recours que j’ai, mon seul espoir de sortir d’ici, ma seule chance de trouver une frontière à cet endroit. « Perdu en forêt, marche tout droit », m’a-t-on dit un jour. « Marche tout droit, où trouve un ruisseau ». Mais les seuls ruisseaux qui passent assez près du chemin ont la couleur du lait, et le goût de la poussière. Je dois avancer, ou mourir ici, de vieillesse, de faim, ou déchiré par les monstres qui m’entourent. Les dieux ne m’aideront pas, j’ai oublié leurs noms. Ils ne me serviraient à rien de toute façon. Dans un monde où l’herbe est rousse, où il ne fait ni chaud, ni froid, où le jour et la nuit n’existent pas, pourquoi aurait-on besoin de prier ? Pour sortir.

Avancer… Avancer… Avan…
Une créature, de forme indescriptible, vient de sortir des fourrés, grognant et crachant, imposante et terrifiante. Cette calamité se tient sur ses deux pattes, et elle est de la couleur de la nuit, difforme et bossue, pourvue de deux bras trop longs pour elle, comme une grotesque caricature d'un être humain. Mais, si je la tue, je pourrais la manger. Elle aura un goût exécrable, dure et filandreuse, mais on ne trouve vraiment rien de comestible ici. Je vais la tuer, ce ne sera pas simple, comme à chaque fois, mais par un incroyable paradoxe, cette chose qui veut ma mort me permettra de survivre encore un peu plus.

Attaquer…
Alors que mon épée vole à la rencontre de sa nuque, la chose recule, et darde vers moi ses appendices répugnants. Elle n’attaque pas, mais recule, se déplace de côté, grogne… Elle attend que je fasse une erreur. Ça n’arrivera pas. Alors qu’elle tourne la tête vers les fourrés, son attention distraite par quelque chose , je bondis sur elle et nous roulons tout deux à terre, mais elle se débat. Elle finit par me repousser en arrière, se libérant de mon étreinte. Mais elle est à terre et mon épée, les dieux que j’ai oubliés soient loués,  est toujours dans mes mains … ma vieille épée, un peu rouillée, émoussée par le temps… elle aurait bien besoin d’être changée, mais je ne crois pas que je trouverais de forgeron ici, alors je fais av…
Une détonation vient troubler ma victoire. Je n’avais pas entendu de son si clairement depuis mon arrivée ici, où chaque bruit est distant et étouffé. Mais celui-ci perce le silence une seconde, une précieuse seconde qui me semble être la plus belle de ma vie, tant la note me parait merveilleuse. Puis vient la douleur. La douleur qui entre dans ma poitrine comme un poignard, et me jette à genoux, lâchant mon épée à mes côtés. Je n’avais pas eu de sensation si nette depuis mon arrivée ici, où mes sens sont comme couverts d’un voile de feutre. Cette fois, le voile est déchiré, est le sang chaud qui coule de mon torse entre mes mains est un plaisir qui compense ben assez la douleur. Exultant presque, je ferme mes yeux, et meurt.



***



« -Relevez-vous, Wilhelm, nous avons perdu assez de temps avec ça ! » tonna la voix du répurgateur Middelhorf, tandis qu’il rangeait son pistolet à la ceinture. Alors que son jeune novice se relevait péniblement, encore sous le choc de l’agression, Middelhorf se rapprocha du corps sans vie de l’homme, portant cotte de maille sur cuir bouilli. Il le retourna du pied pour découvrir un visage aux traits communs, bien que tirés par la fatigue et la colère.
« -C’est... c'est un mutant, maître ? demanda ingénument Wilhelm.
-Bien sûr que nom, imbécile. Les villageois ont dû exagérer le trait par leur bêtise.
-Il m’a attaqué pourtant ! Pour le simple motif que je voulais le questionner !
-Ça m’étonnerait qu’il ait compris un traitre mot de ce que tu lui as bredouillé. Ce n’est qu’un pauvre fou, rescapé sans doute d’une bataille un peu sanglante qui lui aura fait perdre la raison. Les routes sont pleines d’hommes brisés ces temps-ci, mais ils meurent vite en général, et tombent dans l’oubli.
-Il m’aurait tué…
-Et il est mort. Vous rencontrerez de vrais mutants qui vous feront oublier ce dément, Wilhelm. Venez, maintenant, nous avons des villageois à châtier. »





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Arken
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Dim 27 Sep 2015 - 15:50

Un dernier espoir


Le grand jour. Enfin. Le mage contempla ce qui lui avait servi de laboratoire pendant ces dernières années. Il s'était enfermé dans le caveau d'un cimetière abandonné, suite à la destruction du village après l'un de ces cataclysmes dont le Vieux Monde avait le secret. Au fur et à mesure des années, il avait habillé l'endroit. Un lit de camp et une commode contenant ses seuls effets personnels dans une alcôve creusée tout au fond, baignée dans les ténèbres. Le long du mur, obstruant les anciennes tombes d'une famille perdue dans l'oubli, plusieurs tables alignées servant de plan de travail pour ses recherches alchimiques. Au centre de la pièce, à même la terre battue, un pentacle dessiné avec précision, entouré d'une dizaine de bougies dont la lumière se reflétait sur les murs, prêtant aux pierres effritées des ombres mouvantes, rehaussant ainsi l'aspect lugubre du lieu. Mais le plus important était juste à côté, trônant sur un piédestal. Un autel surmonté d'un cercueil de bois, ciselé d'arabesques. Et à ses pieds, divers cadavres d'animaux, qui laissaient une traînée rouge du pentacle jusqu'à la tombe. Des sacrifices nécessaires s'il voulait que son corps reste viable dans l'attente de sa résurrection. Sa résurrection. Il pouvait enfin la pressentir. Sa peau en frémissait dès qu'il y pensait. Il avait dû supporter des années de souffrance et de chagrin, même après la vengeance. Il avait travaillé tout ce temps à côté de sa dépouille, se donnant du courage quand ses recherches piétinaient. Aujourd'hui, son corps était corrompu par la magie malsaine qu'il se devait d'utiliser. Il avait le dos voûté de s'être trop penché sur des grimoires une plume à la main, les mains noircies par le contact fréquent de produits alchimiques sur sa peau, les cheveux ternes et filasses à force de rester enfermé, et ses yeux autrefois si brillants s'étaient éteints. Mais quand elle reviendrait, elle le reconnaîtrait. Et quand elle comprendrait pourquoi il avait ainsi sacrifier sa vie et son apparence extérieure, elle ne pourrait que le remercier et l'enlacer dans une étreinte emprunte d'un amour depuis trop longtemps laissé pour mort. Ils pourraient enfin vivre rien que tous les deux, dédaignant ce monde qui les avait tant fait souffrir, et rester main dans la main pour l'éternité…
Alors qu'il s'occupait des derniers préparatifs, des souvenirs refirent surface. La dernière nuit qu'il avait passé à ses côtés, à caresser la douceur de sa peau, à contempler avec quiétude les dernières traces de plaisir passer fugacement dans ses yeux verts, à enfuir sa tête dans ses longs cheveux noirs pour en inspirer le doux parfum… Il l'avait regarder partir sur la route, avec la certitude de pouvoir à nouveau la prendre dans ses bras le soir venu. Il avait travaillé toute l'après-midi, à soigner les habitants et à créer ses onguents, attendant son retour de la ville. Son inquiétude s'accroissait au fur et à mesure que le soleil déclinait. Abandonnant son laboratoire, il partit à sa recherche. Ce fut au détour d'un virage, dans un bosquet, que l'horreur lui sauta aux yeux et comprima son cœur. Sa femme, sa douce et belle femme, gisait à terre, les habits déchirés et ensanglantés. Il découvrit avec effroi que des hommes, sans doute des bandits de grand chemin, avaient souillé son honneur, s'étaient enfuit avec les provisions et l'avaient laissée pour morte. Le visage dévasté par les larmes, il s'était empressé de la conduire chez eux, priant Sigmar avec ferveur pour que sa faible respiration tienne jusqu'au dispensaire.
Après des heures de travail acharné, il réussit à la stabiliser. Mais au bout d'une semaine, pour une raison inconnue, elle ne s'était toujours pas réveillée. Un sentiment amer d'impuissance l'avait assailli, et il s'était alors mis en tête de traquer ces animaux, même s'il ne savait pas se battre, mais s'il devait en mourir. Des mois s'en suivirent, des années, où il parcourut la région, puis l'Empire, à la recherche de ces monstres. Sa tendre femme était toujours dans une sorte de coma profond quand il trouva enfin leur repère. Mais alors qu'il était sur le point de les confronter, il se rendit compte qu'il n'avait aucune chance. Il n'avait même pas d'épée pour les menacer. Pendant des heures, il contempla son épouse, cherchant une solution. Il fouilla son laboratoire de fond en comble, sans succès. Son métier était dédié au bien être de la population, et les herbes qu'il possédait n'avaient que des vertus curatives. Dans un accès de rage, il avait renversé la commode contenant tous ses onguents. Et alors que le meuble se fracassait sur le sol, il révéla un livre caché dans un compartiment. Surpris, il l'avait ramassé, se souvenant des mises en garde des habitants quand il avait fait de cette vieille maison en ruine son nouveau laboratoire. La demeure serait soi-disant maudite, suite à son dernier propriétaire qui avait défier les lois de la nature en usant de magie impie. Il comprit que toute rumeur avait un fond de vérité, car en feuilletant le livre, il découvrit nombre de rituels et incantations blasphématoires. Du peu qu'il su déchiffrer, il trouva le moyen de se venger. Il hésita qu'un instant avant de se plonger dans le voyage sans retour de la magie noire. Habitué aux mélanges alchimiques et aux effets ésotériques, il apprit beaucoup de l'ouvrage. Et un matin, il embrassa le front de sa femme, et partit.
Il finissait de placer le corps de sa femme au centre du pentacle pendant que des images de haine, de mort et de sang repassaient dans son esprit. Il n'avait laissé aucune chance aux bandits, au nombre de trois. Ses émotions négatives de vengeance avait nourri ce que le livre appelait la Dhar, l'énergie qui lui avait permis d’occire les malfrats. Il se dirigea vers le fond du tombeau, pour chercher le dernier ingrédient nécessaire au rituel. Les souvenirs continuaient de défiler dans son esprit, bien trop présents à son goût.
Sa besogne accomplie, il s'était empressé de rentrer chez lui pour l'annoncer à sa femme. Elle ne pouvait pas parler, mais il avait l'intime conviction qu'elle pouvait l'entendre. Mais alors qu'il passait le seuil de sa maison, il sentit que quelque chose n'allait pas. Le vent nécrotique qu'il avait découvert récemment semblait s'agiter. Il se précipita dans la chambre où était alitée sa bien aimée. Il ne trouva que son corps sans vie. Elle avait poussé son dernier souffle alors qu'il était loin d'elle, alors même qu'il se vengeait. Il la secoua pour la réveiller. En vain. Il la prit contre lui en pleurant, sentant sa peau déjà froide. Il cria, sanglota, s'effondra. Il passa la nuit et le jour suivant ainsi, recroquevillé dans un coin de la pièce, n'osant regarder la dépouille qui gisait sur le lit. Mais alors que le soleil se couchait, une nouvelle résolution était née en lui, dans son cœur et dans sa tête. Il avait un dernier espoir de pouvoir à nouveau serrer sa femme contre lui, voir son sourire et l'éclat de ses yeux verts. Il comprit très vite qu'il fallait préserver son corps. Et par le biais de sacrifices, il lui donnait l'occasion de s'abreuver de la vitalité de petits animaux comme des lapins, des renards et des martres. Puis il commença un travail acharné, de recherches et d'études, pour trouver le moyen de la ressusciter. Et après tant d'années, il touchait au but.
L'ancien apothicaire revint des ombres du mausolée, traînant derrière lui le dernier ingrédient nécessaire. Une jeune femme. L'âme de son épouse était dans le monde de Morr, et le dieu des défunts avait des règles très claires. Une âme arrivée dans son royaume ne pouvait pas en ressortir. Mais il avait trouvé la faille. Pour que l'âme de sa femme puisse revenir dans le monde des vivants, il suffisait de la remplacer par une autre. Les seules vies qu'il avait ôté jusqu'à présent étaient celles des bandits. Mais il n'avait pas le choix. Pour sauver son aimée, un ultime sacrifice était nécessaire.
La victime gémit quand il la plaça à l'intérieur du pentacle, mais elle était trop faible pour se débattre. Cela faisait bientôt un mois qu'elle était enfermée, et tout espoir avait abandonné son cœur. Seule la peur restait. Car quand elle vit que le vieil homme n'avait pas l'intention de la souiller, elle comprit qu'un sort plus funeste l'attendait. Elle avait alors regretté de n'avoir pas prêter assez attention aux histoires de mages noirs qui circulaient dans la région. Pour l'heure, elle observait en silence son tortionnaire s'activer d'un bout à l'autre de la pièce, et son cœur rata un battement quand elle le vit avec un long poignard effilé. Mais celui qu'elle considérait comme fou semblait lui laisser encore quelques minutes de répit, car il se mit à ses côtés, à l'intérieur du pentacle, pour commencer à psalmodier. Elle sentit alors une énergie malsaine envahir la pièce, à prendre de la puissance au point de faire tomber divers objets dans des rafales de vent. Un halo ténébreux apparaissait peu à peu au dessus du cadavre de la femme gisant devant elle. La lumière se transforma bientôt en une silhouette diffuse, parfaite reproduction de la dépouille. Le sorcier s'était tu, et observait l'apparition avec des yeux émus.
- Carla, oh Carla… Ça fait si longtemps que j'attends ce moment…
L'ectoplasme, déboussolé, essayait de comprendre quel phénomène l'avait sorti de son repos éternel. Elle parla d'une voix lointaine, et un léger écho se répercuta sur les murs.
- Klaus, est-ce bien toi ? Que se passe-t-il ? Viens-tu me rejoindre ? Es-tu toi aussi arrivé dans le royaume de Morr ?
- Non, ma douce, je suis encore dans le monde des vivants. J'ai œuvré pendant des années, guidé par mon amour, pour te faire revenir parmi nous.
- Que veux-tu dire ?
Il s'approcha de la jeune femme, qui paraissait plus terrorisée que jamais. A genoux, les mains liées dans le dos et bâillonnée, elle regardait la scène avec de grands yeux épouvantés, qui s'écarquillèrent un peu plus quand elle vit qu'il avait le poignard en main.
- Ma douce, nous allons pouvoir vivre à nouveau heureux, tous les deux. Il me faut juste donner cette pauvre âme à Morr, et tu pourras réintégrer ton corps, dont j'ai pris soin toutes ces années…
Il se pencha, mis le couteau sous la gorge de sa prisonnière qui gémit d'horreur…
- Non ! Arrête !
Il suspendit son geste et fixa le fantôme de sa femme.
- Il faut que tu fasses ton deuil, Klaus. Je suis très bien là où je suis, et un jour tu me rejoindras. Mais je ne veux pas que tu commettes un meurtre en mon nom !
La revenante se concentra, la main tendue vers la demoiselle, et ses liens se détendirent. Abasourdi, l'homme ne su quoi répondre, les yeux toujours rivés sur son épouse. La jeune femme en profita. Elle mordit le poignet du sorcier, qui poussa un cri de douleur tout en lâchant son arme. Elle la récupéra, et dans un accès de panique, le poignarda en pleine poitrine. Puis elle abandonna la lame qui tomba au sol, et s'enfuit à toutes jambes. Dans le caveau, Klaus, le vieil apothicaire, s'effondra, le sang coulant abondamment de son abdomen. La vie s'échappa de son corps et ses yeux devinrent vitreux. Une petite boule de lumière sortit de son corps et s'éleva dans les airs. Le fantôme de Carla se transforma à son tour. Les deux sphères se rejoignirent, se blottirent l'une contre l'autre, et disparurent dans une explosion d'étincelles. Les deux amants avaient rejoint le monde des défunts, et la paix de Morr pu à nouveau régner sur le caveau, pour l'éternité.

_________________
Les mots sont un don. Les mots sont une arme. Les mots ne se gaspillent pas. P.B.
"Despierta y ponte a soñar"
Ceux qui ne croient pas en la magie ne la trouveront jamais.
Spoiler:
 


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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Lun 28 Sep 2015 - 14:26


La geste de Sire Gerald de Bastogne, dit le Décapiteur



Dans les nobles terres de Bretonnie, la tradition oblige les plus grands Seigneurs du royaume à prêter le serment du Graal pour régner sur leurs terres. Or en 1604 après Gilles le Breton*, Harald le valeureux, grand seigneur du duché de Bastogne, vint à mourir après avoir vaillamment combattu les forces du chaos qui pillaient Artenois.
Son fils Gerald de Bastogne, devait hériter du domaine de son père, mais il devait d'abord prêter le serment du Graal pour obtenir le prestigieux titre de Duc. Il dû donc partir en quête du Saint Graal sans plus tarder.
Il ne parti pas seul, en effet, le Royaume avait perdu bon nombre de ses nobles au cours de cette bataille et la Bretonnie était en manque de braves chevaliers pour reprendre les rênes du pays. Une grande quête du Graal fut organisée par la fée enchanteresse afin de désigner les nouveaux seigneurs. Des chevaliers de tout le pays se rassemblèrent à Couronne pour prêter le serment de la quête, bénir leurs épées par la fée et s'organiser pour leur périple. Plusieurs groupes de chevaliers furent formés, celui de Gerald de Bastogne prit la direction de l'ouest sur le chemin de l'Anguille. C'est ainsi que commença la quête de Gerald. Il chevauchait à la tête du groupe de ses compagnons qui étaient au nombre de trente.

Après une journée à cheval, le groupe s'arrêta en pleine nuit dans un village de la campagne de Couronne.  En interrogeant un des habitants, Gerald apprit qu'il arpentait les terres de la baronnie de Viennoise gouvernée par Hardberg, roturier de naissance qui prit l'apparence d'un chevalier pour s'accorder les privilèges des nobles. Gerald et ses compagnons virent dans cette situation une occasion de faire régner la justice, nul paysan ne devait prétendre au rang de chevalier de son plein gré. Les chevaliers de la quête se redirent au manoir fortifié en bordure du village, Hardberg devait y résider. Après avoir appeler de vive voix le contrevenant, sans réponse, ils forcèrent le portail de la demeure. Dans la cour des hommes d'arme s'interposèrent aux chevaliers et une bataille s'ensuivit. Vingt gueux furent abattus alors que seulement un compagnon fut blessé, Sire Lemborn le maladroit qui trébucha sur un champignon à l'entrée de la cour. Gerald entra dans le bâtiment et y trouva Hardberg assis à une table accompagné d'un sombre chevalier. Les deux hommes invitèrent le groupe à parlementer et à déguster quelques Viennoiseries avec eux, une spécialité de Viennoise paraît-il. Gerald reconnu sur l'armure du chevalier noir le symbole du Chaos. Gerald, de sa lame déjà ensanglantée du sang de paysans, décapita le guerrier du chaos par surprise. A ce moment Hardberg se mit à genoux et raconta son histoire. Ce héraut des dieux sombres vint le voir il y a trois mois et l’obligea à porter les effectifs d'un chevalier et de lever une armée pour semer le chaos dans la région. Gerald dans son infinie bonté était prêt à pardonner Hardberg si ce dernier l'accompagnait en tant qu'écuyer. Hardberg demanda s'il pouvait avoir droit à une « Chevalerisation » après cela, mais Gerald ne comprit pas ce terme, sûrement issu du dialecte local. Il lui répondit qu'il verrait ça plus tard pour ne pas paraître ignorant, en espérant qu'avec le temps la demande du roturier tombe dans l'oubli.

Le lendemain, les compagnons de Gerald se remirent en route vers L'Anguille à la recherche du Saint Graal. Là bas ils reçurent du duc de la ville une frégate étrangement nommée Plume de Requin. Ils mirent le cap vers l'ouest. Il y avait là bas, dit-on, une île légendaire elfique à moitié engloutie dans l'océan cachant bon nombre de trésors. Après avoir perdu de vue les côtes bretonniennes, les marins prièrent le dieu des océans, Mannan ainsi que la Dame pour qu'ils leur accordent la chance de revoir leur patrie. Mais après trois jours de voyage, l’écuyer Hardberg mourut dû au mal de mer, les compagnons jetèrent son corps en décomposition par dessus bord pour qu'il ne répande point de maladies.

Après des semaines de voyage, une île apparue à l'horizon. Mais les marins n'eurent pas le temps de se réjouir de cette découverte, en effet un terrifiant hurlement se fit entendre au loin et un monstre vola dans la direction du navire. C'était un dragon !  Gerald prit le commandement, il ordonna aux artilleurs de préparer les bombardes. Les canons firent feu, mais les boulets n'atteignirent pas la cible. Le dragon se posa sur le navire, son poids manqua de faire chavirer la Frégate. Le dragon semblait être venu se nourrir, il commença par déguster Sire Tortuant, qui était bien gras, puis il continua son repas avec une dizaine de marins. Les chevaliers cherchaient un moyen de pourfendre le dragon. Sire Londuc, Sire Darland et Sire Berdère positionnèrent une bombarde sur le pont et ciblèrent la créature, mais l'engin était mal réglé et la bombarde explosa, tuant les trois chevaliers et perça le fond de la frégate. Les chevaliers les plus téméraires se jetèrent les uns après les autres sur le dragon, mais ses écailles étaient trop dures et les épées se brisèrent sur sa peau. Le monstre énervé fit quelques bouchés de chevaliers avant de cracher un souffle ardent mettant le feu aux voiles et aux mâts. Le navire était en train de sombrer et les marins bricolèrent rapidement un radeau. Sire Gerald lança un ultime assaut sur la créature, et d'une dextérité inégalée, il le décapita par surprise. Quatorze chevaliers moururent lors de cet incident. Les seize chevaliers survivants montèrent sur le radeau, malheureusement il ne resta plus de place pour accueillir une personne supplémentaire et les marins eurent l'honneur de quitter ce monde en même temps leur fière frégate.

Les chevaliers accostèrent sur une plage de l'île. Arrivés en haut d'une colline, ils purent observer le nouveau continent. L'île était plus grande que prévue et la terre se prolongeait jusqu'à l'horizon. On pouvait apercevoir des ruines d'une ancienne civilisation elfique disséminées un peu partout ainsi qu'une grande forêt se trouvant un peu plus loin. L'herbe avait d'étonnantes couleurs vives et la pierre des falaises était blanche comme la neige. Les chevaliers suivirent Gerald dans le premier bâtiment en ruine car la nuit commençait à tomber. Les compagnons firent un feu de camps puis s'endormirent tout en prenant soin d'organiser des tours de garde. Vers minuit, le chevalier qui montait la garde, Sire Frontard, tomba à terre dans un cri d'agonie. Une flèche lui avait percé le cœur. Les chevaliers prirent armes et boucliers, sortirent des ruines et chargèrent dans la direction où la flèche avait été tirée. D'autres projectiles plurent sur les compagnons et plusieurs tombèrent. Guidé par la Dame, Sire Gerald atteignit ses adversaire, il en décapita quelques uns par surprise ce qui eu pour effet de faire fuir les autres. Le chevalier de la quête examina les têtes de ses ennemis abattus et vit que ces derniers étaient des elfes.
Les chevaliers firent l'appel, seul douze chevaliers furent présents, quatre autres avaient été refroidis.

Après avoir enlevé les flèches de leur bouclier et pansé leurs plaies, les chevaliers partirent à l'aube tentant de quitter rapidement les lieux. Suivant une vielle route pavée, le groupe arriva devant un fort en ruine. Cette place forte dégageait un bruit étrange de matériaux s'entrechoquant. Les chevaliers pénétrèrent dans le fort avec discrétion, ils virent une quarantaine de gobelins amassés autour d'une étrange machine crachant de la fumée. Cet engin portait des symboles nains. Gerald comprit que cet appareil servait à voler, il proposa à ses compagnons de s'emparer de la machine et ainsi avoir un moyen de transport pour rentrer en Bretonnie. Les chevaliers attaquèrent par surprise le groupe de gobelin et Gerald en décapita plusieurs. Après un combat acharné, les chevaliers prirent le contrôle de aéronef. Ils se rendirent compte qu'ils auraient dû garder un gobelin en vie pour l'interroger concernant le mode d’emploi de l'appareil. Sire Emmanuel se mit en tête de découvrir tout seul le fonctionnement de la machine, il réussi finalement à la faire décoller, il monta dans les airs, mais après cela, plus personne ne le vit redescendre. Le petit groupe de compagnon n'était plus que sept.

Ils atteignirent finalement la forêt, au loin à travers les arbres, un cavalier se dressait impassible au milieu de la route. C'était le chevalier de sinople, l'ultime épreuve des chevaliers de la quête. Le chevalier fantôme, connu comme étant l'esprit de Gilles le Breton, vient en personne sur terre pour défier les chevaliers désireux d'atteindre le Graal, prouvant ainsi leur mérite à obtenir l'ultime récompense s'ils l'emportent. Sire Hastum s'avança en premier, le chevalier de sinople mit pied à terre pour que le combat soit plus équitable. Le défi de Sire Hastum contre Gilles dura cinq secondes, Hastum fut traversé de part en part par la lame de son adversaire. Sire Arnold s'avança à son tour, mais il fut éventré par la pointe du bouclier du chevalier vert. Sire Rudolf ne perdit pas son sang froid et défia à son tour le fantôme, sans grand succès. Sire Orland ne fit guère mieux et Sire Théodore encore moins. Ce fut finalement le tour de Gerald. Le combat fut aussi de courte durée, mais contrairement à ses prédécesseurs, Gerald remporta le duel après avoir décapité par surprise le chevalier de sinople. Ce dernier ramassa sa tête et la reposa sur ses épaules avant de disparaître comme par magie.

Il ne restait plus que deux chevaliers dans la quête du Graal. Après quelques minutes de marche, les chevaliers trouvèrent un lac au milieu de la forêt. Une lumière surnaturelle apparue au milieu de l'eau et la Dame du Lac en personne se présenta devant les deux chevaliers. La Dame appela solennellement Sire Lemborn le maladroit. Lemborn s'avança mais il trébucha sur une pâquerette et vint plonger dans une partie profonde du lac. Le poids de son armure ne lui permit pas de remonter à la surface... Au final seul le chevalier Gerald se tenait en face de la Dame. La déesse l'appela en lui présentant le saint calice. Le Graal était à porté de mains. Seul un obstacle empêchait Gerald de s'en emparer. Il s'approcha de la Dame et la décapita par surprise. Puis il s'empara du Graal. A ce moment les traits de son visage devinrent sombres et malsains.

C'est ainsi que Sire Gerald le Décapiteur devint le premier chevalier du Graal de Khorne...
*i. e. 2582 après Sigmar
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Mar 29 Sep 2015 - 7:30

La colonie

Lorsque les dirigeants des provinces impériales du Nordland, du Ostland, du Hochland et de la cité-état de Marienburg décidèrent de s’associer pour implanter une colonie dans le nouveau-monde, leur première difficulté fut de trouver des volontaires désireux de tout abandonner pour partir au loin avec peu d’espoir de retour. S’il y eu bien l’un ou l’autre téméraire n’ayant rien à perdre pour se proposer volontaire, il fallut, pour remplir les navires, chasser les pauvres, les déshérités, les repris de justice et les prostituées qui constituaient autant de bouches inutiles à nourrir et d’indésirables à surveiller. La Compagnie pour la Colonisation de la Lustrie (compagnie semi-privée réunissant plusieurs grands hommes d’affaire) chargea un condottiere sans honneur, un certain Marcellino della Ciana, de diriger l’opération. S’il survivait à la traversée et à son établissement en Terre inconnue, il se verrait octroyer le titre de vice-roi par la compagnie et deviendrait le chef légal de cet établissement. Après une ultime étreinte à leurs proches restés sur place, les colons (environ un millier) partirent du port de Marienburg par une belle matinée de printemps pour un voyage de trois mois à travers les eaux hostiles du grand océan.

Durant environ deux ans les rapports se succédèrent, à mesure que les convois de ravitaillement et les navires marchands partaient et revenaient du nouveau monde. Les premières nouvelles étaient encourageantes. La traversée s’était effectuée sans encombre. Quelques colons étaient morts de maladie ou victimes d’animaux exotiques, mais cela ne nuirait pas au développement de la colonie, baptisée Cianadorp, qui devait recevoir ses premiers renforts d’ici quelques mois. Toutefois, au-delà de ces deux années, les nouvelles se raréfièrent car la compagnie connut des difficultés financières, ce qui ralentit le trafic maritime dans la région. C’est à cette époque que les nouvelles se firent plus pressantes. La dernière lettre de della Ciana, rapportée par une frégate corsaire de passage, faisait allusion à de mystérieuses créatures errant aux abords de la colonie, sans en préciser la nature. Plusieurs colons auraient disparu et le condottiere avait ordonné le repli dans les fortifications et avait demandé du renfort armé. Heureusement, les terres étaient fertiles et la colonie était autonome du point de vue du ravitaillement. Cependant les troubles financiers de la compagnie étaient devenus tels qu’elle fut dissoute, et les renforts ne furent envoyés par Marienburg que des mois plus tard. Le capitaine dirigeant l’opération, un certain Hugo van Naaldwijk, appareilla avec deux puissants vaisseaux et un important corps expéditionnaire pour porter secours aux colons. À leur arrivée, ils ne purent que constater que la colonie de Cianadorp avait été vidée de ses habitants

Van Naaldwijk fit jeter l’ancre et partit à terre avec une vingtaine d’hommes fidèles. Aucun signe ne demeurait des mille colons partis quelques trois ans plus tôt, outre les maisons désertées et les palissades abattues à plusieurs endroits. Constatant que le village était désert, les hommes se dirigèrent vers le bâtiment central, qui était encore surmonté d’une pancarte « Hôtel de ville ». Cet édifice servait en réalité de palais à della Ciana, qui y avait établi ses quartiers et son administration. Son passé trouble de condottiere l’avait discrédité, mais l’homme avait démontré ses qualités de gestionnaire. En fouillant le bâtiment, l’un des soldats avait trouvé un grimoire, caché sous un meuble. Il s’agissait du journal du vice-roi, où étaient compilées ses observations sur la colonie et les terres avoisinante. Van Naaldwijk prit le journal et ordonna que l’on explore les environs. La journée s’avança sans que l’on ne trouve rien et les soldats retournèrent à bord de leurs navires à la tombée de la nuit.
Dans sa cabine, le capitaine se pencha sur le journal. La majorité du temps, les entrées consistaient en une série de rapports peu passionnants sur la vie de la colonie, la production, les naissances, les décès. Les derniers articles lui permirent cependant d’y voir plus clair, et il fut progressivement pris par l’inquiétude, puis par la peur. Les derniers articles, écrits de la plume de della Ciana, racontaient en substance ceci :

24 avril : Martin et Hans ont disparu. Les recherches pour les trouver se sont avérées vaines. On ne leur avait pas ménagé les avertissements : « la forêt est maudite, n’y aller pas! ». Les imbéciles voulaient comprendre la cause de la calamité qui s’était abattue sur le village. Qu’espéraient-ils trouer en courant les obscures forêts de Lustrie? Je ne le saurai jamais exactement.  On a incinéré le corps de la veuve Gerart, morte de terreur alors qu’elle revenait d’aller cueillir des légumes. Si les renforts n’arrivent pas rapidement je crains le pire... Qu’a-t-elle pu voir? Que Myrmidia nous aide.

30 avril : D’autres colons ont disparu, directement enlevés de chez eux. Ils n’avaient pas quitté le village. On a retrouvé plusieurs maisons vides au petit matin. Grands dieux, c’est impossible.

2 mai : Avec quelques hommes, j’ai tenté une recherche. Après plusieurs heures à fouiller les bois, nous avons retrouvé les disparus. Ce qu’il en restait pourrissait sur une sorte d’autel qui doit remonter à bien avant Sigmar. Il semblerait qu’ils aient été livrés à un sacrifice à un quelconque dieu barbare. Il faut retourner à la colonie, mais la nuit nous guette. Passerons-nous la nuit? Peut-être qu’en se regroupant autour d’un grand feu?

3 mai : Nous avons passé la nuit sans être attaqués. À notre retour nous avons compris pourquoi. La colonie a été attaquée. Tout le monde a disparu. IL N’Y A PLUS ÂME QUI VIVE DANS CETTE COLONIE. Je suis devenu le chef d’une ville fantôme. Mes hommes survivants ont sombré dans la léthargie. Ils ont perdu le peu qui leur était encore cher dans cette chienne de vie qui est la leur. Sur le sol, près d’une maison, quelqu’un avait gravé un mot : « BEEST ». À la sortie du village, les palissades avaient été enfoncées et de larges empruntes s’éloignaient vers les bois.

4 mai : Après en avoir délibéré avec les hommes, nous tenterons une ultime expédition de sauvetage pour tenter de sauver ceux qui peuvent l’être. Je laisserai mon journ… J’entends un bruit.

Cette entrée était la dernière du journal. Par la fenêtre de sa cabine, Van Naaldwijk entendit un son sourd venant de la terre. Ce qu’il vit le pétrifia sur place. Car dans la pénombre des sous-bois, il vit une énorme forme se déplacer rapidement, avec une discrétion surnaturelle. Une ombre mêlant à la fois des formes reptiliennes et de rongeur. La créature s’éloignait vers l’intérieur des terres, où au loin résonnaient des cors et des tambours et que l’on entendait des couinements et des rires démoniaques.


Dernière édition par Le (sale)Nick le Mer 30 Sep 2015 - 5:32, édité 2 fois
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Chevalier Rouergue
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Mar 29 Sep 2015 - 9:21

Au plus profond de soit

En pleine nuit le chevalier Dondedame entendait tapis dans l’ombre des pierres tombales.
Il observait dans un silence total les brumes qui serpentaient entre les gisants. Quand une silhouette se présenta dans la nécropole il embrassa son pendentif du graal, pris son épée déjà dégainée et se déplaça de cachette en cachette. S’avançant en parallèle il finit par se rapprocher d’elle.

Au niveau du caveau de la Demoiselle il lui sauta dessus ! Dans un réflexe foudroyant, la femme esquiva le coup facilement et se jeta sur son assaillant immédiatement. Les griffes saillant elle planta brutalement ses serres dans le flanc du chevalier mais elle tomba sur un métal solide ! Voulant profiter de son étreinte au corps, ce dernier tenta de déséquilibrer la combattante mais malgré la différence de poids  il n’y parvint pas… Elle tenta de se défaire de son emprise grâce à son agilité supérieure mais à sa grande stupéfaction le guerrier ne lâchait rien ! Profitant d’un instant de latence il arriva enfin à se basculer avec elle pour la mettre à terre ! La masse des deux ennemis plus celui de l’armure fit céder le sol sous leur corps !...

Sans rien comprendre les deux antagonistes se retrouvèrent dans ce qui semble être un antique tombeau dont le plafond, à même le niveau du sol ne tenait plus à cause de l’âge… La chute avait été rude, et les deux se retrouvèrent face à face dans une pièce de seulement quelques coudées, un cercueil de marbre et autour des murs en pierres de tailles. Aucune ouverture autour d’eux à part le plafond crevé à plusieurs pieds de haut…

La lune juste à leur zénith laissait entrevoir la denture étonnante de la Vampiresse, alors que ses yeux rouges n’avaient besoin d’aucun éclairage pour apparaitre au centre de ses sombres orbites. Le chevalier n’avait plus son épée, tout juste une dague qu’il portait déjà en garde !

Alors qu’il s’attendait à un assaut à tout instant la femme sauta avec le plus de détente possible ! Prenant appuis sur la tombe massive elle s’envola littéralement dans une ascension qui ne semblait jamais se terminer… Mais à plusieurs pouces du rebord elle ralentit soudain, arrivant à la fin de son élan, elle ressorti ses griffes et tenta de les planter dans le mur lice pour garder sa hauteur mais rien n’y faisait ! Quelle calamité ! Ses ongles ripèrent et elle retomba difficilement au fond…
Dondedame n’attendit pas pour lui sauter à la gorge ! Dans un nouveau corps à corps étroit il était au-dessus d’elle la pointe du couteau au plus près du cœur forçant de tous son poids alors qu’elle résistait du mieux qu’elle pouvait… Parmi tous les efforts qu’elle produisait elle parvint à glisser un pied sous le ventre du chevalier, rassemblant ses dernières forces elle propulsa l’homme en hauteur ! Il s’envola alors subitement encore plus haut qu’elle ! Cependant il n’arriva à s’accrocher à rien et retomba encore plus lourdement au fond du trou. La tête ayant cognée quelque chose il tombait évanouis…

Combien de temps avait-il passé dans les vapes… ? Mais d’un coup il se souvint de tout et repensa à la Vampiresse enfermée avec lui ! Il se réveilla et se redressa brusquement pour la voir assise dans l’autre coin de la crypte. En premier lieux il se toucha le cou pour trouver des traces de morsures… Mais rien.
« _On ne se bat plus alors ? Le chevalier se rassit en se tenant les côtes.
_Non… Le cadavre de la demoiselle me prive de mes pouvoirs… Si je te tue, je meurs enfermé ici…
_C’est sensé me faire pleurer ? Le ton désabusé, il crachait un peu de sang dus à chute.
_Tu pourrais… Il n’y a pas si longtemps j’étais encore comme toi… Elle semblait très calme.
_Peut-être mais entretemps tu es devenue un monstre…
_Je dirais plutôt que j’ai changeais de monde… Tu t’appel comment ?
_Sérieux ? Tu espères vraiment qu’on discute ? Alors qu’il tentait de se lever, un pique de douleur le lui interdisait.
_Moi c’est Sifrya, c’est un plaisir ! J’étais Bretonnienne et j’ai été extirpée de mon château à la limite de Moussillon. Le vampire qui m’a transformé voulait s’amuser un peu avec moi… Mais je me suis enfuit… Tu le croirais si je te disais que je suis traqué de tous les côtés ? Elle lui parlait comme s’il s’agissait d’un vieil ami…
_Vas-y discute encore, demain au zénith le soleil te brulera ! Lui, refusait de franchir la frontière qui les séparait.
_Chevalier, la donnée est simple. Soit on meurt tous les deux dans ce troue, soit tu m’aide à remonter et je t’extirpe de là.
_Je préfère encore que tu partes en poussière ! Après tous, mourir auprès du tombeau d’une demoiselle est un honneur.
_Tu as bu au graal ? Parque tu ne portes aucun symbole ni même aucun livrée… On pourrait même se demandait si tu es vraiment chevalier !
_JE SUIS CHEVALIER ET J’AI BU DANS LE GRAAL ! Et la dame qui me le tendait était mille fois plus envoutante de toi…
_Décidément nous sommes vraiment de deux mondes différents…
_C’est toi qui est partie, moi je suis resté normal. Il n’y avait que du mépris dans la voie de Dondedame
_Mais je t’ai dit que je n’ai pas eu le choix ! Sifrya prenait la voix d’une gamine qui s’apitoyait.
_Si sa t’intéresse, je veux bien te tuer pour que tu n’aies pas à souffrir de la lumière du soleil. Qui sait ? Si tu regrettes véritablement tes actions peut-être que la dame te pardonnera… Le paradis ne t’intéresse pas ? Le chevalier blessé n’arrivait toujours pas faire quoi que ce soit.
_Qu’est-ce que tu peux être exaspérant… Tous n’est pas que noir ou blanc dans la vie…
_Tu n’es qu’on démon et sur ce sujet il n’y a aucun équivoque ! »…

Sifrya se sentait exaspéré, finalement se « Graaleux » n’avait aucun côté sympathique… Dans un dernier effort elle sauta sur lui à une vitesse fulgurante. Les crocs plantés dans son cou il n’y put rien faire à cause de ses blessures. Quand elle eut enfin tous bu elle fut surprise de sentir une nouvelle force se répandre dans ses veines. Elle regarda le corps blafard du chevalier mort pour lui dire :
« _Tu sais je t’aurais vraiment sorti de là… »
Elle Haussa les épaules et sans élan elle s’extirpa enfin du caveau bénis pour disparaitre dans l’oubli de la nuit.


Dernière édition par Chevalier Rouergue le Jeu 1 Oct 2015 - 22:52, édité 1 fois
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Thomov Le Poussiéreux
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Vainqueur de concours : Concours de texte

MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Mer 30 Sep 2015 - 23:14

Sous les frondaisons

Il fallait être fou pour tenter une expédition au-delà des Vielles Pierres. Tout le monde savait cela, les vieux du villages le répétaient souvent. Mais le noble n'était pas d'ici; et puis ceux qui le lui avaient fait remarquer se balançaient à présent au bout d'une corde. Avis aux amateurs.
Célestin et son demi-frère, Justin, furent enrôlés de force avec les autres villageois pour se rendre dans la Forêt à la recherche d'un enfant volé par les Fées. Rien ne pourrait raisonner le Seigneur dans l'état de rage où il était entré depuis la disparition de son fils. Les Fées enlevaient souvent des enfants pour les former à servir La Dame. Les filles revenaient des années plus tard en tant que Demoiselles du Graal; quant aux garçons, on en entendait plus jamais parler.
Les Bretonniens acceptaient en général que leur déesse leur impose ce sacrifice; mais pas tous...
Un long frisson parcouru l'échine de Célestin quand il franchit pour la première fois de sa vie la ligne invisible qui marquait l'entrée d'Athel Loren. Il fit une courte prière à La Dame et jeta un dernier coup d'œil à son village qui était déjà à plusieurs centaines de pas.

Célestin était abasourdi, le sous-bois était un véritable enchantement: toute chose semblait s'accorder à la perfection à son environnement. Comme si chaque cailloux, chaque feuille, chaque brindille était à une place particulière pour une raison précise. Il n'en ressortait pas une impression d'ordre rigide, mais plutôt une sensation de paix étrange, de bien-être apaisant et toute inquiétude l'avait aussitôt quitté.
La compagnie serpentait au gré d'un semblant de sentier qui s'entortillait en tous sens; les chutes étaient fréquentes entre les racines et les pierres qui affleuraient un peu partout et des jurons les accompagnaient peu après. Mais Célestin prêtait à ses compagnons bien moins d'attention qu'au moindre détail du paysage. C'est à peine s'il se rendit compte que certains de ses amis manquaient déjà. Il ne comprenait pas très bien ce que disaient ceux qui restaient, mais peu lui importait en vérité. Il avait aperçu une ombre fugace, passant de tronc en tronc dans les feuillages des arbres et tenter d'apercevoir quelle créature merveilleuse cela pouvait bien être accaparait toute son attention.
Justin lui agrippa brusquement le bras, ce qui le fit revenir un peu à lui. Son demi-frère avait les traits tirés par la peur. Célestin mit un certain temps à comprendre de quoi il parlait.

-...dré et le jeune Daniel on déjà disparu, sans qu'on voie quoi que ce soit. C'est un coup des Fées, ou pire! On f'rait mieux de rebrousser ch'min mais l'seigneur veut rien entendre.

Il jetait des regards inquiets tout autour de lui en parlant tant ses nerfs semblaient sur le point de lâcher. Célestin lui posa une main sur la joue pour le rassurer.

-Allons, pas de quoi s'inquiéter. Regarde autour de toi comme tout est beau ici! J'me demande si nous verrons une Licorne, j'ai toujours rêver d'en approcher une.

Justin regardait son demi-frère comme s'il était devenu fou.

-De quoi est-ce que tu parles, enfin? Nous tiendrons pas deux jours dans ces bois maudits, et tout c'qui t'intéresse c'est d'voir une foutue Licorne?!

Un ordre impérieux du noble les fit se remettre en marche, malgré les marmonnements lugubres des paysans.


La troupe faisait une courte halte pour se reposer. Malgré la fraîcheur de l'air, personne n'avait proposé d'allumer un feu... Célestin regardait fixement dans les fourré. Ce buisson avait décidément quelque chose de bizarre, sans qu'il puisse mettre le doigt dessus. Puis il le vit enfin. Il avait toujours été là, mais avant qu'il n'ouvre ses yeux en amande il était pratiquement invisible avec sa drôle de vêture toute tissée de feuilles et le foulard terne qui lui couvrait le bas du visage. Justin se perdit dans ce regard jusqu'à ce que l'être lève simplement un bras avec une grâce si irréelle que le jeune Bretonnien sut qu'il était en présence d'une Fée. Aucun humain ne pouvait être d'une telle beauté ni d'une telle élégance. Des cris s'élevèrent, très loin lui semblait-il, mais il ne pouvait pas détourner les yeux d'un être aussi parfait. Nul ne pouvait douter en le voyant que les Fées étaient les Enfants de La Dame. Il voulu s'approcher un peu après être resté immobile pendant un long moment, mais quelque chose le tira en arrière. Il tourna lentement la tête et vit Justin, le visage en partie couvert de sang et qui hurlait quelque chose que Célestin ne parvenait pas à comprendre. Une flèche était plantée dans son flanc et il compressait la plaie d'une main tout en tirant son demi-frère de toutes ses forces et Célestin fut finalement bien obligé de le suivre. De toutes manières, la Fée avait profité de son inattention pour disparaître...
Après avoir progressé sur une centaine de mètres, mi-courant, mi-trébuchant dans les futaies, Justin s'arrêta enfin pour reprendre son souffle et lâcha le bras de son demi-frère. Célestin dit alors avec un grand sourire:

-J'crois bien que j'ai aperçu une Fée tout à l'heure! T'aurais dû voir ça, Justin, j'ai jamais rien vu de plus magnifique de toute ma vie.

Justin se redressa brusquement et empoigna Célestin par le col de sa tunique.

-Tes foutues Fées ont tué nos camarades comme on abat des chiens galeux et nous sommes perdus dans cette satanée Forêt où l'danger nous guette de partout alors tais-toi Célestin! Tais-toi pour l'Amour de La Dame!

Il le secouait de plus en plus fort et ses mains lâchèrent le tissus pour se refermer sur le cou de Célestin. Il se mit à serrer tout en continuant de lui hurler de se taire. Le jeune homme commençait à voir des taches sombres lui obscurcir la vue, puis Justin le lâcha d'un seul coup et tomba au sol où il se mit à glisser en criant toujours, mais de terreur cette fois. De longues tiges de bois sortaient des fourrés et s'étaient enroulées autour de sa cheville. D'autres arrivaient déjà pour affermir la prise. Les racines se nouaient inexorablement autour des membres de Justin et le trainaient vers les fourrés. Sa poitrine était comprimée par la force surnaturelle de la flore et il ne pouvait plus parler qu'avec peine, cherchant désespérément son air.

-Aide... Moi... Je t'en prie... Célestin...

Mais Célestin ne le regardait déjà plus. Il n'était pas réel. Rien n'était réel à l'ombre des Arbres des Fées. La vie et la mort n'avaient plus aucun sens.
Il n'avait pas peur, il était émerveillé au contraire; fasciné de tous les prodiges qui se produisaient devant ses yeux. Une pensée vagabonde le ramena au reste de sa famille et il voulu un instant rentrer chez lui. Il grimpa alors laborieusement au faîte de l'un des plus hauts arbres et contempla le paysage partout aux alentours. La troupe n'était partie que depuis le matin même, mais aussi loin que portait son regard et dans quelque direction qu'il scrute, l'horizon ne présentait à sa vue qu'un océan de feuillage à l'ondoiement magnifique et entêtant. Il abandonna tout espoir de sortir jamais de la Forêt, mais cela n'avait plus la moindre importance. Célestin ramassa un joli bâton torsadé pour l'aider dans sa marche et entrepris de découvrir ce que ce monde nouveau avait à lui offrir.

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Keraad de Gespenst
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Jeu 1 Oct 2015 - 0:01

Autres mondes

Père,
Pardonnez ma lenteur à vous donner de mes nouvelles, la vie d'une grande cité est si trépidante que je n'avais jusqu'à présent jamais eu le temps de vous écrire. J'ai déjà vu et vécu tant de choses merveilleuses, je ne sais par où commencer.


Pietr s'arrêta un instant, la plume suspendue au-dessus de sa missive. Que dire? Comment raconter la ville à sa famille de paysans? Lui-même n'avait quitté son village que quelques semaines plus tôt, mais il se sentait déjà un autre homme. Ayant appris auprès de l'Ancien à lire et à écrire, il s'était rendu à Talabheim pour fuir la vie si ennuyeuse qui se présentait à lui dans les champs. En franchissant les portes de la cité, il s'était crû arrivé dans un pays étranger. Habitué aux arbres, aux collines verdoyantes et au chant des oiseaux, il se retrouvait propulsé dans un monde d'où tout ceci était exclu.


Comment décrire à ses parents les maisons grossières de bois, d'argile ou de boue, et les ruelles étroites qui rivalisaient de saleté, sentiers anarchiques reliant tant bien que mal les axes principaux de la cité? Comment décrire les habitants, cette foule sans cesse en mouvement, comme une horde de fourmis qui se croisent, se cognent, se faufilent, s'évitent, virevoltent et piétinent? Il aurait été si facile pour un paysan illettré de se perdre dans ce dédale de masures et d'allées encombrées. Et l'odeur, l'odeur! Tout s'y mêlait, les senteurs du cuir, de la sueur, de l'abattoir, de la pourriture, c'était la vie autant que la mort qu'on sentait ici. Les oreilles n'étaient pas plus épargnées dans cet étrange univers: les cloches carillonnaient, les prédicateurs vociféraient, les forgerons martelaient, les gardes hurlaient, et toute la foule participait au brouhaha ambiant.

Il y avait tout simplement trop à dire sur la ville, tout ici était trop grand, trop incroyable pour de simples paysans. Il fallait commencer autrement. Raconter ce qu'il avait vécu peut-être? Le quartier le plus pauvre de la ville où il s'était rendu, faute de moyens. L'auberge, lieu de débauche et de misère que choisissaient uniquement ceux qui n'avaient pas l'argent pour se loger ailleurs. Pietr pourrait décrire les petits travaux qu'il avait faits pour gagner sa subsistance, mais il ne voulait pas désoler les siens. Il avait dû se contenter de basses besognes, tantôt coursier, tantôt crieur de rue, avant de pouvoir trouver un travail correct. Savoir écrire ne nourrit son homme que s'il trouve le bon employeur. Mais le destin favorise toujours les êtres promis à un grand avenir, et la chance avait souri à Pietr. Une noble, une de ces créatures dont la peau d'albâtre n'avait pas subi le soleil des champs et dont les mains délicates n'avaient jamais manié la bêche. Une de ces splendeurs qui ne remarquent habituellement pas les vulgaires roturiers, lui avait fait l'honneur de l'engager pour écrire sa correspondance. Il était assez vite devenu évident qu'elle n'accordait pas de grande importance à ces missives. Et c'est ainsi que, sans même s'en rendre compte, il était devenu son protégé autant que son esclave. Le jeune homme s'arracha brusquement à sa rêverie. La lumière du jour allait faiblissant, et il était temps de partir ou il serait en retard.


Pietr sortit de l'auberge, et se dirigea à grands pas vers la porte ouest qui menait à la haute-ville. De l'autre côté de l'arche monumentale, la cité était si différente qu'on aurait aussi bien pu se trouver dans un autre pays. Des bâtiments de pierre, chefs-d'œuvre architecturaux, présentaient leur fronton richement orné aux passants. Des allées larges et régulièrement pavées délimitaient précisément les chemins et les quartiers. A cela s'ajoutait le spectacle permanent des résidents de la haute-ville, festival de tenues colorées de mille teintes et d'habits ostentatoires. Un simple citadin aurait pu se perdre en déambulations, tant chaque passage, chaque demeure, chaque habillement révélait des merveilles dignes de l'œil d'un prince. Les narines étaient flattées par les parfums délicats des dames, tandis que les oreilles ne percevaient que les froufrous des robes, le doux murmure des fontaines ou le pas assuré de nobles aux riches souliers.

Pietr marchait en direction du manoir, écartant sans ménagement un vulgaire vendeur de nouvelles. Il progressait sans hésiter dans ce monde, son nouveau monde. Il s'y sentait chez lui. Il avait certes encore des progrès à faire en matière d'étiquette, mais il était depuis le début formé par la meilleure enseignante qui soit. Il connaissait la saveur du luxe et la caresse du satin, il avait appris la langue des natifs et à leurs yeux, il était à présent presque considéré comme l'un des leurs. Il était reconnu à sa juste valeur, grâce à une seule personne, une femme qui était devenue la maîtresse de chaque fibre de son être. Cette femme, qu'il venait voir ce soir, lui avait ouvert les portes d'un univers qui lui avait d'abord semblé intriguant avant de lui révéler toute sa splendeur. Pietr pénétra dans la luxueuse demeure, monta le grand escalier de pierre sans faire attention au tapis qui en recouvrait les marches, et traversa prestement le couloir de l'étage. La porte de la chambre était entrouverte et Pietr songea alors que sa Dame ne lui avait pas seulement fait découvrir un nouvel univers, mais qu'elle lui en avait aussi montré le paradis. Le destin devait avoir des plans pour lui, il devait mériter de devenir plus que le paysan, l'homme misérable que sa mère avait enfanté. Laissant là ses pensées, le jeune homme pénétra dans la chambre et, après l'avoir saluée avec déférence, alla rejoindre sa maîtresse.


Lorsqu'il s'éveilla, il était étendu sur un sol froid. L'odeur était nauséabonde, la lumière mouvante, les sons dissonants. Il était déjà venu ici, alors qu'il travaillait comme aide du fossoyeur. Lorsque ses yeux se furent habitués à l'obscurité, il découvrit une scène surnaturelle. Tout autour de lui, lovés contre les caveaux, des êtres décharnés et voûtés poussaient des cris repoussants en mâchonnant des bouts de cadavres. Installés en cercle comme des spectateurs, les goules avaient les yeux fixés sur le cercle suivant, une troupe de jeunes gens des deux sexes qui dansaient nus. Ils étaient effrayants. Leurs mouvements saccadés et leur regard vide les faisant ressembler à des marionnettes. Au centre de cette ronde de sabbat, un groupe de jeunes femmes virevoltaient avec grâce, enfermant de temps à autre l'un des danseurs dans une terrifiante étreinte et le mordant au cou sans lui arracher un cri. Elles étaient belles malgré le sang qui couvrait leur figure et le rictus carnassier qui déformait leur visage. Enfin, au centre de ce dernier cercle, dirigeant la cérémonie, il y avait une femme. Sa peau plus blanche que la lune était tachée de sang, et elle portait une robe telle qu'il aurait semblé plus décent qu'elle soit nue. Son visage magnifique était tourné vers lui, son regard hypnotique le paralysait alors que son sourire révélait deux longues canines.
"- Venez, mon ami. Vous serez bientôt prêt. Dites adieu à la laideur et à la souffrance. Venez et vous serez noble, venez et vous serez beau, venez et vous connaîtrez un plaisir sans égal!"
Elle s'avança dans sa direction, se colla à lui sans qu'il puisse bouger un muscle, et lui susurra quelques mots.
"- Bienvenue dans mon monde!"

Et si mes chères sœurs cherchent encore quelque travail, n'hésitez pas à me les envoyer. Ma nouvelle position me permettra de leur trouver de quoi pourvoir à leurs besoins. Je connais une noble dame qui recherche activement de jeunes servantes dévouées, et je suis sûr que mes sœurs lui conviendront à merveille.
Votre dévoué,
Pietr.
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Arcanide valtek
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Jeu 1 Oct 2015 - 22:56

Les naufragés

Jour 1 :
Je commence ce journal à la suite du crash de notre vaisseau sur une planète inconnue. La valkyrie est complètement détruite, et seule une dizaine d’entre nous a survécu, dont le sergent Stroud. À première vue, la planète sur laquelle nous nous trouvons est vivable, mais peu agréable, l’étoile semblant en permanence cachée par d’épais nuages, et la flore ressemblant à première vue aux bourbiers de Bulrodis III, mais avec les fleurs carnivores en moins, ce qui est déjà positif.
Le sergent a rapidement ordonné de trouver un endroit où établir un campement de fortune, et m’a demandé de faire marcher le communicateur afin de nous faire rapatrier le plus vite possible. Il a été un peu dur avec certains, mais je sais que la perte de la moitié de son régiment en quelques secondes l’a affecté beaucoup plus que ce qu’il laisse paraître.

Jour 2 :
Le communicateur semble hors de service, le condensateur n’ayant pas survécu à l’impact et les circuits primaires ayant grillé. Si j’avais les bonnes pièces, je pourrais le réparer, mais dans ce marécage c’est peine perdue.
Le sergent a donc ordonné de lever le camp. Ça ne fait plaisir à personne de marcher dans cette fange, mais rester sur le lieu du crash ne servirait à rien. En passant devant les débris de la valkyrie, on vit que seuls quelques morceaux émergeaient encore de la vase, le reste ayant sombré dans les marécages. D’ici un ou deux jours il ne restera certainement aucune trace de sa présence, et cette idée me donne froid dans le dos.
Au bout de plusieurs heures de marches, le paysage ne changeait que peu, et la différence entre le jour et la nuit n’est pas flagrante à cause des nuages. On a établi un nouveau campement sur un carré de terre sèche, mais le sergent ne veut pas qu’on s’attarde. Je crois que personne ne le veut.

Jours 3 :
Nous avons été attaqués ! Alors que nous semblions quitter ce marécage, un grognement a retentit dans les fourrés, et une seconde plus tard un immense loup s’est jeté sur nous. Avant que nous n’ayons le temps de dégainer, la créature a sauté sur Vince, les crocs autours de sa gorge, et le malheureux n’a pu que hurler pendant que le loup lui arrachait la tête. Aussitôt, nous avons riposté à coups de fusils laser, et une seconde plus tard le loup s’effondrait, percé de nombreux trous. Des bruissements autour de nous nous firent braquer nos armes en direction des fourrés, mais rien n’en émergea pendant de longues minutes d’attente.
Enfin, le sergent nous a fait reprendre la marche, mais pas sans avoir enterré le corps de Vince et récupéré son équipement. Quant au loup, il bougeait encore, comme agité de soubresauts. Il semblait ne pas vouloir mourir, alors le sergent lui a tranché la tête d’un coup de couteaux, mais cela ne sembla pas l’affecter. Désireux de quitter les lieux au plus vite, il laissa le loup dans cet état. Cette nuit, les tours de garde seront faits à deux.

Jour 6 :
Enfin, notre escouade a retrouvé la civilisation. Après plusieurs jours de marche où chacun tendait l’oreille et scrutait la moindre zone d’ombre, nous sommes arrivé dans un village peuplé d’humains. Mais alors que nous nous attendions à un accueil chaleureux et à obtenir des indications sur le moyen de contacter l’imperium, nous n’avons été reçu que par des regards méfiants, des gens qui nous évitent et un silence pesant. Le niveau d’évolution de cette civilisation parait faible, et bien qu’ils sachent apparemment tisser des vêtements, construire des demeures rudimentaires et même semble-t-il distiller de l’alcool, la technologie de mon communicateur, pourtant simple, leur passait complètement au-dessus de la tête. Lorsque je leur ai parlé de condensateur ou de circuit primaire, j’ai vu leurs yeux s’arrondir d’étonnement ou se plisser de méfiance, et rapidement ils s’éloignaient sans avoir prononcé un mot.
Finalement, le sergent a réussi à obtenir des indications de la part d’un villageois, après lui avoir fait gouter un peu du contenu de la flasque qu’il porte dans la doublure de son uniforme. Sous les effets de l’hydromel de Fenris l’homme se montra un peu plus loquace, et nous indiqua qu’un seigneur régnait sur cette portion de terre, depuis une demeure située plus loin sur la « route » (qui était en fait un chemin vaguement tracé). S’il y avait une chance de regagner l’imperium, elle se trouvait certainement là.
Nous passons la nuit aux abords du village, le sergent n’ayant aucune confiance dans les gens du coin. Brin et Varl sont venu me parler, et nous avons discuté jusqu’à tard dans la nuit de notre situation. Le pessimisme semble s’installer sur notre escouade, et je commence à douter de revoir un jour ma Laura.

Jours 8 :
C’est une calamité. Après avoir plusieurs fois tenté de remettre en marche le communicateur, j’ai essayé de me servir de pièces issues de mon fusil laser. Devant l’inefficacité de cette tentative, j’ai demandé au sergent Stroud de pouvoir utiliser tous les fusils de l’escouade. C’était un peu téméraire, je l’admets, mais je ne voyais pas d’autre solution. Il a accepté, et je les ai démantelés pour récupérer leurs circuits et leurs générateurs. Mais j’ai dû faire une fausse manipulation quelque part, ou alors c’est à cause de l’humidité ambiante, mais toujours est-¬il qu’au moment du test un crépitement violent est venu des appareils. Une seconde plus tard, une fumée noire s’éleva du communicateur et des circuits. L’un après l’autre les générateurs firent entendre un bruit d’éclatement, et en peu de temps après tout fut fini. Un rapide constat nous apprit que tous les circuits avaient fondu et que les générateurs avaient grillé. Par ma faute, nous sommes des étrangers perdus et maintenant désarmés sur un monde hostile.
Désormais, c’est le désespoir qui nous enserre peu à peu dans son étreinte, et le reste de la journée s’est passé dans la morosité. La bonne nouvelle, c’est qu’un château est en vue, et d’après nos indications il s’agit certainement de la demeure du seigneur de cette terre. Tant mieux, car nos provisions de secours commençaient à s’épuiser.

Jour 9 :
Notre situation semble s’améliorer. Ce soir, nous avons atteint le château juste au crépuscule, et avons été chaleureusement accueillis par le seigneur des lieux, un dénommé von Carstein. Celui-ci s’étonna d’abord de notre arrivé, mais en voyant que nous étions des étrangers perdus il nous offrit immédiatement l’hospitalité et commença par nous proposer un bon repas chaud. La nourriture était bonne, bien que fort différente de ce à quoi nous étions habitués. Le seigneur (ou comte, comme apparemment tel est son titre) s’est contenté de nous regarder manger, arguant qu’il s’était déjà « copieusement restauré » selon ses dires. Mais je pense personnellement qu’il avait l’estomac noué par quelque maladie, son teint très pale n’étant pas révélateur d’une santé de fer. Durant le repas, il a écouté notre récit, et s’est excusé du comportement des villageois, victime d’après lui d’antiques superstitions.
Une fois le repas terminé, il demanda à un de ses serviteurs de transmettre immédiatement un message à l’imperium, en lui précisant d’indiquer notre position et le matricule de notre régiment. En prenant en compte les délais de traitement de l’information, j’estimais à trois mois le temps qu’il faudrait pour voir arriver une frégate de la garde impériale. Lorsque je lui dit cela, le sourire du comte s’élargit et il nous proposa instamment l’hospitalité pour cette période, et ordonna à ses serviteurs de nous mener à nos chambres.
Je dors cette nuit dans la même chambre que Varl et Harlon, et pour la première fois depuis des jours je peux écrire cette note sur un support plat dans un environnement sec. La chambre est assez spacieuse, les lits confortables, et j’écris sur un bureau sur lequel sont posés un grimoire, un encrier et des plume. Il semble que le comte aime les vieilles choses.

……………………………………………………

Dernière note :

Je n’ai que peu de temps avant qu’ils ne me retrouvent, et beaucoup de choses à témoigner. Le comte nous a piégés, tous ses beaux discours et ses promesses d’aide, tout était du vent. Dans la nuit, alors que nous dormions, un bruit de combat nous a tirés, Varl, Harlon et moi de notre sommeil. Empoignant nos armes, nous nous sommes précipités dehors, et là nous avons vu le comte, une épée ruisselante de sang à la main, les yeux rouges luisants et un sourire sadique aux lèvres alors qu’il affrontait le sergent Stroud, armé de son seul couteau. Autour d’eux gisaient les corps de Lars, John et Mark, immobiles dans une mare de sang.
Varl et Harlon se sont rués au secours du sergent qui reculait sous les assauts du comte, mais avant d’avoir pu l’atteindre ils furent interceptés par une forme qui surgit d’une chambre voisine, et qui portait l’uniforme de la garde impériale.
Sauf que la créature n’avait plus de tête.
Varl sembla tétanisé sur place, mais Harlon reprit rapidement ses esprits et d’un aller-retour de crosse de son fusil dans les jambes il envoya la créature par terre. À ce moment, un éclair verdâtre les frappa tous les deux, l’intensité de la lumière me forçant à reculer. Lorsque la vue me revint, à leur place ne se trouvait qu’un tas de cendres. C’est là que le sergent m’a hurlé : « Fuis soldat ! C’est un ordre ! », avant de se retourner vers le comte, qui riait à gorge déployée. Et j’ai obéi, j’ai fui sans me retourner, le rire du comte retentissant dans mes oreilles.
Je me suis réfugié dans un fourré, dans les bois entourant le château. Un loup m’a rattrapé et m’a blessé à la jambe, mais j’ai pu le décapiter avant qu’il ne me dévore complètement. Cependant, d’autres vont arriver. Je les entends. Je les sens. Je ne sais quels maléfices règnent sur ce monde, mais ce comte n’a rien d’humain. Si vous trouvez ce journal, que je cache à présent dans le creux d’un arbre, qui que vous soyez, révélez notre histoire et notre fin. Nous n’étions que de pauvres âmes perdues qui cherchaient à rentrer chez elles.

Laura, je t’aime.

Soldat de première classe Dany Streal du 482ème régiment Cadien.
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Gilgalad
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MessageSujet: Re: Textes du Concours de Récits 2015   Ven 2 Oct 2015 - 6:55

Un autre monde :

Ils étaient au milieu d’un caveau sombre. Leur torche projetait une lumière blafarde sur les murs humides. Ils cherchaient des trésors enfouis. Günter dit alors à son compagnon :
« J’ai entendu parlé de nouvelles terres pleines de trésors et où on peut se faire plein d’argent. Et elles sont moins dangereuses que ces tombes et leurs goules.
-Et qui te l’as dit ?
-Marco. Apparemment il y a est déjà allé. Il aurait même vu des créatures fantastiques.
-Et notre honneur de pilleur de tombes ? Tu en fais quoi ?
-Plus besoin de nous enfouir sous terre. On pourra vivre au grand air. »
Ils n’étaient pas fous. Ils s’étaient aventurés très loin et n’avaient rien trouvé. Ils revinrent sur leurs pas et sortir. Dehors, il faisait encore nuit mais le soleil n’allait pas tarder à se lever. Ils rentrèrent dans ce qui leur servait de maison. C’était une cabane entourée d’une palissade en bois. Il y avait plusieurs trésors à l’intérieur mais aucun n’avait beaucoup de valeur.

Les jours passèrent et leurs pensées sur ce fameux voyage se précisèrent. Rester dans la Bretonnie ne servirait à rien. La chevaliérisation était le but de tout le monde mais seuls les nobles pouvaient y avoir droit. Il fallait partir. Ce qui tombait bien puisque dans le bourg non loin, un marchand cherchait des gardes pour l’escorter jusque dans ces terres lointaines. Günter et Marc étaient de vieux amis d’enfance et des frères d’armes. Ils avaient été de bons guerriers. Ils postulèrent et furent très rapidement sélectionnés. L’aventure les appelait. Ils aiguisèrent leurs lames et polirent leurs armures. Deux semaines plus tard, ils quittèrent Long-Eau pour L’Anguille. Là, ils montèrent sur un bateau rempli de marchandises diverses et variées. Le voyage allait durer trois mois. D’après le marchand, les dangers étaient nombreux. Pirates humains, pirates du Nord, pirates elfes, monstres marins. Mais le danger le plus redouté, et qui était en même temps une véritable légende marine, les forteresses flottantes. Des forteresses noires, montées sur des monstres immenses. Elles faisaient la taille d’une ville. Il ne servirait à rien de lutter contre elle. Et nul ne pouvait leur échapper si elle avait décidé de les choisir comme proie.

Les semaines passèrent les unes après les autres. Presque tous les jours, ils devaient se battre. Mais souvent c’était contre un petit bateau de pirates du Nord. Sur la trentaine de gardes embauchés, ils n’étaient plus que vingt. Les autres étaient morts. Leurs corps avaient été jetés par-dessus le bord du navire. Cela faisait un mois et demi qu’ils étaient partis quand la vigie signala au matin un radeau droit devant. Ils se dirigeaient droit dessus. Ils y arrivèrent alors que le soleil avait dépassé son zénith depuis quelques heures. Une chaloupe fut mise à la mer pour aller les recueillir. Günter dut aller dessus. Ils trouvèrent un homme et une femme enlacés l’un à l’autre. Dans une étreinte mortelle car ils étaient morts tous les deux. Leur navire avait dû faire naufrage. Ils ramenèrent les corps sur le navire. Un journal de bord fut trouvé sur eux. Il était arrêté trois jours avant qu’ils ne soient trouvés. Leur bateau avait été coulé par des pirates elfes aux couleurs sombres. Et tous les membres d’équipages, sauf eux, sacrifiés.

Trois jours plus tard, ils tombèrent sur un navire haut elfe. Le capitaine poussa un soupir de soulagement. Ils ne risqueraient pas de se perdre dans les brumes entourant leur pays. L’un d’eux monta à bord, vérifia les papiers et ordonna au capitaine de ne pas perdre le navire de vue.
Le voyage se déroula sans encombres à partir de là. Leur première vision d’Ulthuan fut un immense phare-forteresse. Il était hérissé de nombreuses balistes. Il était à la fois rassurant et inquiétant. Puis ce fut une immense porte. Ils virent de nombreux gardes avec des capes bleues. Ils déchargèrent la marchandise. Puis, Günter et Marc se baladèrent dans la zone réservée aux étrangers. Les maisons étaient magnifiques. Beaucoup d’entre elles étaient en marbre blanc. Ou dans un bois parfaitement taillé. Tout était décoré avec richesse mais sans mauvais goût. Il y avait là de nombreux étrangers, venus des quatre coins du monde. Mais aucun nain. Cela les surprit beaucoup. Dans une taverne, ils demandèrent à un impérial. Il leur avoua que la haine était tenace entre les deux races. Il leur déconseilla d’en parler en présence d’un haut elfe. Le soleil se couchait et les deux compagnons de route retournèrent vers l’auberge où une chambre leur avait été réservée. Ils n’avaient vu qu’une infime partie de la ville, ou plutôt de la partie réservée aux non-elfes, mais il leur tardait de découvrir les autres richesses et beautés qu’elle cachait. C’est alors qu’ils entendirent des grondements sourds. Par réflexe, ils sortirent leurs lames. De nombreux humains de toutes les races commencèrent à s’affoler. Mais aucun elfe ne sourcilla. Seuls quelques-uns parurent surpris. Tout-à-coup, le soleil fut caché. Une ombre passa. Marc regarda en haut et eut une vision qui lui inspira à la fois du courage et de l’émerveillement. Un dragon. Un elfe avec une cuirasse gravée le leur apprit. Ses yeux étaient emplis de fierté et d’orgueil. Il leur expliqua par le menu, tout en les accompagnant leur histoire. Les deux humains en furent étonnés. Il n’y en avait plus dans le Vieux Monde. A part dans les Montagnes du Bord du Monde. Mais ils ne sortaient jamais de leurs cavernes remplies de trésors.

La visite continua le lendemain. Il leur fut proposé de servir les elfes. Emerveillés par leur richesse, leur honneur et leurs connaissances (ainsi que leur vin), ils acceptèrent. Chaque heure, ils découvraient de nouvelles merveilles. Chaque maison, chaque immeuble était plus beau que les précédents. Mais il y avait toujours cette omniprésence des gardes. Ils n’étaient guère commodes ne parlaient pas la langue humaine pour la majorité d’entre eux. Ce n’était pas simple de trouver son chemin. Les deux amis regrettèrent d’être passés à côté de tout cela pendant des années. Ils ne s’étaient occupés que des tombes, oubliant le monde à l’extérieur. Tout était bien fait, bien proportionné ici. Et rares étaient les elfes moches. Tout était parfait ou presque.
Ils rencontrèrent dans les jours qui suivirent leur correspondant en Bretonnie. Il était aimable. Il avait de multiples talents. Malgré ses efforts, ils « sentirent » qu’il n’était pas qu’un simple marchand. Ils eurent raison.
En effet, alors qu’ils marchaient tous les trois pour faire connaissance et se jauger, Marc fut poignardé. A une vitesse surhumaine, l’elfe se retourna et une silhouette noire encapuchonnée s’embrasa. Elle se tordit de douleur pendant de longues minutes. Les gardes l’entourèrent mais ne firent rien pour l’aider. L’elfe s’inquiéta de la santé de Marc mais il s’avéra que sa cotte de maille portée sous la veste l’avait protégé.

Ce ne fut que leur premier voyage à Lothern. De nombreux autres suivirent celui-ci. A l’âge, respectable de 50 ans, ils s’y établirent définitivement avec leurs épouses rencontrées une vingtaine d’année avant. Le plaisir qu’ils éprouvaient à voir cette magnifique cité était sans pareil. Altdorf ressemblait à une cabane au fond des bois. Ils prirent la plume pour raconter leurs nombreuses aventures. Elles devinrent célèbres dans les terres des hommes. Car c’était ainsi qu’ils les appelaient désormais. Leurs enfants, ayant été élevés ensemble, se marièrent entre eux.
Marc fut le premier à partir avec sa femme. Günter et la sienne, déprimés, les suivirent à peine quelques jours plus tard.




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