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 Pérégrinations et autres curiosités

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Arken
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MessageSujet: Pérégrinations et autres curiosités   Lun 31 Mar 2014 - 16:18

Ayant été entrainée dans un nouveau voyage rocambolesque, je poste un nouveau sujet, qui verra évoluer mon personnage-pseudo ainsi que celui de Von Essen. Il s'agit d'une mission délicate confiée à Arken par Neferata. Voici déjà un premier morceau de récit relatant notre départ.
Bonne lecture  Smile 



Les trois lahmianes, accompagnées du jeune vampire, sortirent de la taverne après s’être changées. Un zombie vint apporter les montures. Les deux suivantes enfourchèrent sans un mot. Arken fit une dernière vérification de ses bagages et monta à son tour. Elle tourna le regard vers le seul homme de la troupe. Il acquiesça d’un signe de tête.  Elle se retourna pour observer la taverne. Elle n’avait rien oublié. Les zombies, le revenant et Gilgalad sauraient s’occuper des quelques grains de poussière qui occupaient son établissement. Elle donna un léger coup sur ses rênes et les chevaux se mirent en route.
Ils ne tardèrent pas à sortir de la zone neutre, les seules terres où tout vampire pouvait se reposer en paix, sans crainte d’attaque d’autres confrères. Après le Pinacle d’Argent, ce territoire, situé au plus profond de la Sylvanie, était le plus grand refuge de sa race. Un lieu très important aux yeux de la Grande Reine, qui considérait tous les avantages de cette situation. Une contrée qu’il ne fallait surtout pas perdre. Qui ne devait surtout pas devenir l’ennemi du Pinacle. C’était pour cela qu’elle y avait envoyé une de ses meilleures diplomates. Mais il n’était pas envisageable de la laisser à ce poste pour l’éternité. D’autres affaires encore plus importantes nécessitaient les compétences de la Comtesse d’Argent. Et la mission qu’elle venait de lui confier faisait partie de ce genre d’affaires.
Elle se redressa sur sa selle et observa le ciel étoilé. Elle avait certainement le meilleur rôle possible. Une place dans la sororité lui conférant un titre élevé, une haute considération de la part de la Reine, et un certain pouvoir. Et un travail directement sur le terrain qui lui permettait de diriger sa vie et sa mission comme bon lui semblait. Un brin de liberté qu’elle savourait chaque jour. La Reine l’avait elle-même bien compris. Laisser quelque liberté à ses sujets lui permettait d’en tirer le meilleur de leurs capacités, ainsi que de se faire obéir sans discussion aux quelques ordres directs qu’elle donnait. Et cette situation permettait à la diplomate de vivre comme elle l’entendait. C’est-à-dire au plus près de la population, à écouter des ragots peut-être intéressants, à continuer l’aspect social de son travail auprès de ses confrères pour la plupart sympathiques, et enfin à se perfectionner dans son art de la manipulation.
Elle tourna la tête vers son compagnon de voyage. Ce style de vie lui avait même permis d’ouvrir son esprit vers des concepts étrangers à sa façon de penser. Autoriser un homme à la suivre en mission. Idée inconcevable pour elle il y avait encore quelques décennies. Mais vivre quotidiennement dans une société mixte lui avait fait réviser son jugement. Certains mâles semblaient avoir quelques capacités. Elle avait même perçu un certain potentiel dans la personne du jeune chroniqueur. Elle rigola intérieurement. Si cette nouvelle parvenait jusqu’aux oreilles du Pinacle d’Argent, elle savait déjà qui allait jaser sur les vieux principes. Des vieilles mégères n’étant plus sorties de leur trou depuis très longtemps, voir depuis la chute de Sigmar. Heureusement que ses suivantes avaient l’esprit aussi ouvert qu’elle…
Les quatre cavaliers quittèrent les territoires neutres pour s’enfoncer dans la sombre forêt sylvanienne.



A toi mon cher  Tongue

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Ceux qui ne croient pas en la magie ne la trouveront jamais.
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Dernière édition par Arken le Lun 6 Avr 2015 - 21:48, édité 1 fois
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Lun 31 Mar 2014 - 16:58

A moi, tout à fait   Happy 

Cher journal,

Voici le début de cette longue traversée pour laquelle je me suis porté volontaire : assister notre chère tenancière dans une mission confiée par la Reine du Pinacle d’Argent.
Comme je sais pertinemment que le précieux manuscrit enchanté que j’utilise a été trafiqué de sorte à transmettre ces écrits à tout le monde, dame Arken inclus, je me garderai bien de divulguer tout contenu confidentiel, sous peine de connaître un funeste destin de la part de ses lahmianes. Déjà que mes relations avec ces charmantes demoiselles ont quelque peu refroidi depuis ma mésaventure au manoir d’Essen, je m’en voudrais au-delà de ma destruction de forcer mes sauveuses à m’achever.
Ah, douce compagnie que celle des plus ravissantes vampiresses que le Vieux Monde ait connues ! Ne nous méprenons pas toutefois, la galanterie n’est jamais le but premier de ma présence à leurs côtés, bien que dans les déserts du Sud on me connaît maintenant sous le grotesque surnom de « vampire séducteur ». Non, je me déplace avec elles car tel est mon bon plaisir, et aussi parce que là où elles vont, elles risquent d’avoir besoin de mon expérience si chèrement acquise au cours de ma trépidante existence. Je me languis par ailleurs de pouvoir enfin visiter certaines contrées que je n’avais jamais exploré jusque là, mais je n’oserai jamais dévoiler quoi que ce soit de notre itinéraire, par crainte de dévoiler quelque information top secrète.
Nous voilà donc à cheval, et je me félicite d’avoir enfin la parfaite maîtrise de l’écriture au galop, chose que je m’étais bien souvent refusé dans mes précédents voyages. Maintenant, mon niveau d’équitation est tel que Fleur de lys, ma jument mort-vivante, me porte librement et sans la moindre secousse qui ferait raturer ma plume. Oui, Fleur de lys peut paraître un nom incongru pour un cauchemar, mais il s’agit d’un memento en l’honneur du blason du preux chevalier à qui j’avais alors… emprunté sa monture, il faudra naturellement que je pense à la lui rendre, dès que je trouve sa tombe. Pour le moment, je dois avouer que notre prochaine destination m’est inconnue, car je ne fais que suivre dame Arken, qui semble parfaitement connaître le chemin. Je pourrais tenter de m’orienter d’après les étoiles, mais il faut attendre la nuit pour cela, et quant au soleil, cela tiendrait de la mauvaise plaisanterie que de prier pour que les nuages se dégagent et que l’astre du jour m’indique le Nord.
Le paysage est en ce moment peu intéressant, c’est celui que l’on voit par les fenêtres de la taverne quand les rideaux ne sont pas tirés, aussi je me passerai de toute description excessive et dirai juste qu’il s’agit de forêts, de forêts, de forêts.
Vivement la civilisation, car l’absence de la cave sanglante commence à se faire ressentir, et je commence à éprouver une petite soif, qui, je l’espère, ne durera pas trop longtemps.
Fin du journal pour aujourd’hui, en l’attente d’événements plus intéressants.    

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Arken
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Mar 1 Avr 2014 - 12:24

Gilgalad, si tu nous lis, sache que tu as le droit d'y mettre des commentaires...  Very Happy Les autres aussi bien sûr, si ça vous tente...  Camouflé Ninja 


Le petit groupe continuait son chemin dans la forêt. Ils avaient emprunté un sentier se dirigeant droit vers les montagnes, mais ils ne les atteindraient pas avant quelques jours. Les derniers jours de tranquillité. Ces bois étaient truffés d’hommes-bête et de brigands, mais l’aura sombre des vampires suffisait généralement à écarter tout danger. Ce serait dès le passage des montagnes que le périple deviendrait plus périlleux. La main de la Comtesse glissa machinalement vers la garde de son épée. Son poids la réconfortait. Cela faisait trop longtemps qu’elle se languissait à la taverne et dans la crypte adjacente. L’adrénaline du combat lui manquait. Et la sensation de son armure de cuir contre sa peau confirmait son envie d’en découdre.
Elle tourna la tête vers le chroniqueur qui s’empressa de retourner la sienne vers la route avec un air gêné. Elle sourit. Elle avait enlevé sa pèlerine peu de temps auparavant pour profiter des rayons de la lune. Et depuis ce moment, le jeune vampire ne pouvait s’empêcher de jeter des coups d’œil peu discrets vers le fouet enroulé et accroché à sa hanche droite. Cela l’amusait au plus au point. Etait-il naïf au point de croire que sa réputation de maîtresse des fouets venait de ses combats épiques avec une hallebarde ? Elle avait acquis sa notoriété et son surnom en défaisant de nombreux adversaires d’un seul claquement de fouet. Et elle ne partait jamais en mission sans son arme de prédilection.
Elle croisa le regard de ses deux suivantes, Salira et Massa. Elles aussi avaient remarqué le comportement du mâle et ne pouvaient retenir un sourire en coin. Elles ne lui avaient plus adressé la parole depuis la cérémonie de résurrection, mais elles n’avaient gardé aucune rancune. Elles attendaient juste avec amusement que le jeune homme ait la délicatesse de venir s’excuser de son attitude, et au mieux de les remercier de l’avoir fait revenir à la vie. Ils voyagèrent ainsi toute la nuit, accompagnés de quelques grillons assez courageux pour perturber le calme ambiant.


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Von Essen
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Mar 1 Avr 2014 - 16:32

Oh par les enfers ! Une première rencontre ! Je me demande qui ça peut bien être...  Vampire 

Jour 2

Cher journal,

Cela fait bien plusieurs heures que je souffre de ne pas planter mes dents dans quelque carotide appétissante, et je commence à trouver l’itinéraire de ce voyage bien pénible. Il n’y a eu bien entendu aucun bivouac, aucun détour par quelque village que ce soit, et je ne me tromperais pas en affirmant que tout ce qui vit dans ces forêts a préféré éviter de croiser notre chemin. Tristesse et amertume, voila ce qui attend un amateur de boissons loin de sa taverne.
Mes compagnes ont quant à elles l’air totalement ailleurs, contemplant la lune et les étoiles, certainement y voyant une quelconque signification qui m’échappe. Personnellement, je préfère de loin la lueur de Morrslieb, tellement propice à la pratique de la nécromancie ! Enfin, ces dames me semblent tout à fait au dessus de cela et chevauchent sans jamais souffler mot, ce qui me surprit quelque peu, la gent féminine étant habituellement d’un naturel bavard. En tout gentlevampire que je suis, je n’ai naturellement pas eu l’impolitesse de briser leur méditation, et attends de pouvoir peut-être engager la conversation une fois nos papilles assouvies par le goût du sang.
Si je ne me trompe pas, malgré toute la ruine qui règne en Sylvanie, nous devrions bientôt sortir de la forêt et arriver à quelque hameau de paysans locaux, pitance providentielle pour mes jeunes canines, comme les anciens aiment s’exprimer sur les vampires ne comptant pas encore un siècle d’existence à leur actif. Quel monde de complaisance et de condescendance ! Quelle infamie que de ne compter que sur la longueur de l’existence, alors que le plus important est la manière dont on dépense son éternité ! Cela dit, il a bien un d’entre eux qui retient mon attention : le baron von Sangster, dont la rumeur prétend qu’il aurait passé cinq-cents ans de sa non-vie dans sa somptueuse bibliothèque sans jamais avoir à en ressortir ! Ah, si seulement notre bibliothèque à la taverne était plus volumineuse, il y manque notamment des recettes de cuisine et des recueils d’indications sur le jardinage. Si quelqu’un à la taverne lit ces lignes et dispose de la recette de la légendaire soupe de griffedémon, ainsi que de celle de l’onctueuse sauce à la tubéreuse des cimetières, qu’il me la fasse parvenir dans les plus brefs délais en nommant son prix au préalable.
Alors que je réfléchis à d’éventuelles insertions poétiques ou autres fariboles de ce genre à faire passer le temps, j’aperçois enfin l’horizon se profiler à travers les arbres… Par le sang, nous quittons la forêt, enfin !
Tiens, j’entends un bruit feutré derrière nous, à environ trois cents pas du lieu ou nous sommes. Ces dames ont l’air de l’avoir aussi remarqué, enfin je pourrai peut-être voir ce fameux fouet à l’œuvre ! D’après l’odeur, il s’agit d’un humain. Splendide ; c’est peu, mais ça suffira pour un amuse-bouche. Je range donc mon journal en attendant de passer à table.    

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Gilgalad
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Mar 1 Avr 2014 - 19:13

*Rentre dans la taverne pour aller récupérer des affaires dans sa crypte et passe devant le journal où les aventures de Von Essen et d'Arken sont écrites*
Bah mince alors. Je comprends maintenant pourquoi il n'y avait personne. Tant pis, je passerai tous les deux ou trois jours pour voir si tout va bien. J'espère juste qu'ils iront bien et qu'il n'y aura pas trop de soucis. Mais je dois quand même leur dire que je sais qu'ils sont partis.

*prend du papier et prépare un corbeau*

Mes chers Arken et Von Essen,
mon cœur pleure de vous voir partir au loin. Mais j'espère que tout se passera bien pour vous et que Dame Arken pourra mener sa mission à bien. Von Essen, je n'ai pas trouver les recettes que tu demandes, mais si je les trouve dans la bibliothèque de ma tour qui est plutôt imposante, je fais ces plats avec l'aide d'Aryana avant de te les envoyer.
Si jamais vous avez besoin d'aide, envoyez-moi un corbeau avec le message. Il me trouvera soit à la taverne, soit dans ma tour. Dans le doute, envoyez-en deux. Mais j'espère que vous ne devrez pas le faire et je pense que ce ne sera pas le cas.
Bon voyage à vous deux.

Gilgalad


*attache le message à la patte du corbeau avant de sortir et de le faire s'envoler puis monte sur sa monture ailée avant de repartir pour sa tour*
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Arken
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Jeu 3 Avr 2014 - 12:34

Tout simplement Smile

Le jeune vampire continuait de regarder les lahmianes par intermittence, mais plus pour les mêmes raisons. L’air inquiet, il jetait de temps en temps un coup d’œil derrière lui. Au bout de quelques minutes, il ne tint plus et demanda :
- Avez-vous repéré l’humain qui nous suit ?
- Bien sûr. Nous avons toutes l’odorat aussi développé que vous, mon cher.
- Alors pourquoi ne faites-vous rien ?
- Parce qu’il ne représente pas de danger. S’il prend peur, il partira déjà de lui-même. Et s’il a l’audace de nous aborder, un simple envoutement en viendra à bout. En attendant, je ne vois pas l’intérêt de ralentir notre voyage pour de telles niaiseries mortelles.
Il hocha doucement la tête et le silence reprit ses droits. Mais quelques instants plus tard, ils arrêtèrent leurs destriers. Devant eux, deux cadavres. Deux soldats aux couleurs du comté. L’un était exsangue, l’autre tué par une flèche dans la gorge. La Comtesse observa la scène. Une flèche d’ébène ornée d’une plume noire. Elle sourit. Et d’un signe de tête, elle fit comprendre aux autres de continuer leur route. Les deux suivantes obéirent, mais le chroniqueur hésita.
- Dame, ne devrions-nous pas faire attention ? La créature qui a fait ça pourrait aussi s’en prendre à nous.
- Vos intentions sont bonnes, mais nous ne risquons rien. La personne qui a fait ceci a laissé sa marque, et je puis vous assurer qu’elle ne tentera rien contre nous.
Toujours plus dubitatif, il consentit à continuer. Il remit sa monture à la hauteur des lahmianes. Il ouvrit la bouche pour parler, mais Salira lui coupa la parole.
- Dame, un corbeau arrive.
Les quatre cavaliers levèrent la tête alors qu’un volatile noir descendait lentement vers eux.


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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Jeu 3 Avr 2014 - 22:15

Je m'attendais à un développement plus enrichi de ta part, mais bon  Rolleyes 

Jour 3

Cher journal,

Visiblement, je suis peu écouté au sein de cette sororité restreinte, et c’est sur ces écrits qu’il ma faut alors rédiger mon lot d’inquiétudes.
Nous avions à peine quitté les frondaisons des arbres, et je commençais à questionner ces dames si nous allions enfin faire attention à l’encas qui court toujours dans les environs, quand peu de temps après nous sommes tombés sur une découverte qui, autrement, m’aurait laissé de marbre, mais qui a cette fois-ci éveillé ma plus vive curiosité : deux cadavres, dont l’un a du servir de pitance à un vampire, alors que l’autre avait été tué par une flèche faite de bois noir, appelé ébène, et décorée d’une plume de corbeau.
Ces dames n’en furent nullement affectées, mais d’après leurs paroles en apparence nonchalantes je déduis qu’elles conçoivent le risque que nous prenons en continuant notre route ; or, l’ébène est un type de bois qui ne se trouve que dans les lointaines jungles du Sud, au-delà du désert de Nehekhara.

La personne, ou plus probablement, le vampire qui a envoyé cette flèche ne peut provenir que de là-bas, la simple coïncidence serait un peu trop tirée par les cheveux. Si je devine juste, Elle sait déjà que nous partons à sa recherche, et Elle a envoyé quelqu’un pour nous donner ce premier avertissement. Les deux cadavres suivants peuvent très bien être les nôtres. De plus, la rapidité avec laquelle Elle a su que nous étions sur le chemin, et l’exactitude de notre positionnement… Sa sorcellerie correspond donc bien aux informations collectées dans mes archives. Un simple envoûtement ne pourra pas en venir à bout, c’est certain, et une fois arrivés, nous serons sur Son territoire, là où il sera encore moins aisé de sortir.
L’avertissement ne se répétera donc pas, car soit nous périrons en cours de route, ce qui est fort peu probable, soit nous arrivons finalement à destination, et là, il faudra plus compter sur la chance que sur autre chose. Si jamais nous venions à provoquer sa fureur…
Enfin, mon encas se balade toujours impunément derrière nous, quoiqu’à présent j’ai de plus en plus l’intuition que l’on cherche à bercer notre vigilance, et qu’il s’agisse non pas d’un simple mortel, mais d’un vampire en chair et en os qui diffuse habilement son odeur… Je sens des pulsations de battement de cœur humain, mais sont elles vraiment les siennes ? S’il s’agit d’un de Ses sbires, on peut s’attendre à toutes sortes de fourberies, telles qu’on n’en a jamais vues dans cette partie du continent.
Il est vrai que mes craintes peuvent s’avérer totalement injustifiées en la présence de celle qui aurait la confiance de la Reine Neferata elle-même, mais comme je l’ai lu quelque part dans un grimoire : « Vigilance constante ! »
Cette citation ne m’a jamais quitté l’esprit depuis que j’ai eu l’imprudence de provoquer le courroux du seigneur Ashur. Ah, quand je revois ses traits déformés par la rage, sa malice et sa cruauté dans ses yeux rouges, son sabre affuté et son armure totalement impénétrable… Mauvais souvenir. Revenons à notre mission, et essayons enfin de trouver de quoi assouvir la soif d’un modeste chroniqueur.
Fin du journal pour ce soir.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Sam 5 Avr 2014 - 21:08

Ce coup-ci je préfère des petits textes, afin de laisser plus de place à la collaboration entre nos deux imaginations  Wink 

Au bout d’une semaine de voyage, la comtesse réalisa enfin le vœu du jeune chroniqueur. Le groupe s’arrêta à la lisière de la forêt. Devant eux, un petit village du bout de l’empire, abandonné de toute juridiction. L’humain qui les suivait avait fini par disparaitre. Sans doute était-il retourné dans sa bourgade. Les vampires descendirent de leur monture. Il valait mieux les laisser loin de toute présence humaine. Les quelques maisons présentes avaient dû faire la douloureuse expérience de l’agitation des montagnes. Au vue de l’état de la région, bon nombre de gobelins devaient passer dans les parages pour aller attaquer les Hommes et les Nains. Les petites gens avaient donc construit une palissade de rondins tout autour de leurs quelques chaumières. Rien d’assez imposant. Sûrement très facile à escalader. Plus pour rassurer la population que pour arrêter une éventuelle whag.
Les lahmianes avaient remis leur pèlerine pour cacher leur personne dans l’obscurité de la nuit. Le groupe avança vers sa future proie. Mais ils s’arrêtèrent à une dizaine de pieds du petit rempart. Une silhouette venait d’apparaitre en haut des rondins. D’une allure féminine, elle portait également une pèlerine. Les rayons des deux lunes permettaient d’apercevoir un carquois dans son dos et un arc long dans la main droite. Elle se figea, les observa et leva son bras gauche. Elle leur fit un grand salut avant de disparaitre de l’autre côté de la barrière. Surpris, le seul homme de la troupe se tourna vers ses consœurs.
- Vous connaissez cette personne ?
- Oui. C’est elle qui s’est occupée des deux gardes qu’on a trouvé il y a quelques jours.
- Mais pourquoi tant de manigances ? J’ai l’impression d’être votre prisonnier, à jamais m’informer des détails de la mission, à voyager à l’aveugle ainsi, sans savoir dans quel pétrin je m’engage. Vous êtes aussi sibylline qu’une prophétie farfelue découverte deux mille ans après son écriture !
- Dois-je vous rappeler que c’est vous qui avez insisté pour m’accompagner ? Je ne vous oblige à rien, cher Von Essen. Et même si vos envolées lyriques peuvent parfois être tout à fait charmantes, je vous demanderai d’être un peu plus terre-à-terre face aux évènements qui vous font face. Et au lieu d’énumérer des élucubrations sans queue ni tête, commencez à faire fonctionner vos neurones. Cette demoiselle vient de nous informer que la voie est libre.
Quelques mots furent encore échangés, mais le silence de la nuit retomba bien vite dans le groupe. Ils entrèrent dans le hameau et des heures sanglantes s’en suivirent.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Mer 9 Avr 2014 - 10:14

Jour… je ne sais plus lequel.

Cher journal,

Le régime sec auquel je me vois contraint rend mes pensées confuses, et mes paroles – étranges. Nos pauses sont très rares, pour ne pas dire quasi-inexistantes, et je peux difficilement me permettre de m’éloigner du groupe, sous peine de risquer de ne plus jamais les retrouver. Ah, si seulement mon ptérodactyle avait survécu à mon voyage précédent ! Cette brave bête avait jadis pour fonction de me ramener les repas sans que j’aie à me déplacer de mon lieu d’escale ! Maintenant, mon gosier est régulièrement asséché, et mes forces vampiriques descendent un peu trop souvent en dessous de la norme.
Les paysages sans aussi mornes qu’au début de la traversée, nous devons être encore quelque part dans les derniers champs sylvaniens au Sud, et traverserons bientôt la frontière vers l’Averland, où là j’espère que nous ne manquerons pas de pique-niques sur les routes. Dans l’absolu, ce voyage avec la tenancière et ses consœurs n’est pas désagréable, mais il manque un peu de ce confort duquel je ne me prive jamais, mais que dame Arken semble totalement laisser de côté au profit de sa fameuse mission. Quant à la relation que je partage avec ses deux demoiselles de chambre, disons qu’elle n’a pas changé. Intuitivement j’ai l’impression qu’elles attendent quelque chose de ma part, mais que l’on me pende haut et court si j’arrive à deviner de quoi il s’agit exactement. Toujours est-il que je me divertis en composant des mots croisés que je leur offrirai en cadeau le jour où nous serons enfin réconciliés : à la verticale 1) ce que dame Arken aime le plus (fouet) ; à l’horizontale 1) ce que dame Arken aime le plus quand elle est saoule (brûler) ; à l’horizontale 2) ce que dame Arken va faire de moi quand vous lui montrerez ces mots croisés (fouetter) ; à la verticale 3) ce que j’éprouverai à ce moment (plaisir douleur)…
Chers confrères, si vous avez encore des idées de mots que je pourrais insérer dans les mots croisés que je destine à nos ravissantes lahmianes, n’hésitez pas à me les envoyer par corbeau ou par chauve-souris !

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Ven 11 Avr 2014 - 11:26

Je tiens mon rôle d’éclaireur depuis deux semaines maintenant. Hormis les deux soldats de l’Empire, je trouve notre voyage assez calme. Et pour ma plus grande joie, nous avançons vite. Arken m’a bien précisé de ne pas m’arrêter tant que je n’en avais pas besoin. J’ai hâte de découvrir des contrées que je n’ai pas encore exploré. Mais je plains notre confrère qui a eu la mauvaise fortune de vouloir nous accompagner. Il m’a l’air si misérable vu de loin, la faim brillant dans ses yeux… Si le prochain dîner tarde de trop, je crois qu’il ne pourra plus voir la Comtesse en peinture. D’ailleurs, c’est étrange. Arken préfère que je ne me joigne pas au groupe, et que j’évite de me montrer. Est-ce parce qu’elle ne veut pas dévoiler toutes ses cartes à Von Essen, ou est-ce une stratégie beaucoup plus développée en prévision de notre mission ?
En attendant, je continue ma surveillance. Sous ma forme de loup, je peux sentir la moindre odeur inhabituelle milieu de la forêt, tout en gardant mon pouvoir actif pour détecter une quelconque présence. Comme de jeunes brigands en train d’attendre les quatre pauvres bourges qui se sont perdus en forêt. Accroupis, dans une posture peu confortable. L’un d’eux dégage une odeur de transpiration. La peur de la première embuscade. Mélangée d’un brin d’excitation. Mais qui n’aura pas l’occasion de se changer en adrénaline. Je leur saute dessus. J’ai une courte pensée pour mon confrère qui se languit sur sa monture. Désolée, mais le repas est pour moi ce soir. Et malheureusement pour lui, ces nouvelles forces me permettront de continuer le voyage encore une semaine sans m’arrêter, et donc sans que le groupe ne s’arrête. J’espère que sa raison saura tenir son estomac...

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Ven 11 Avr 2014 - 12:07

Cher journal,

Pour commencer, je suis content. Mais alors vraiment très content, car je suis enfin repu pour, je pense, un mois, si le voyage est aussi tranquille qu’à l’habitude.
Dame Arken, ses compagnes et moi-même étions en train de continuer notre chemin, quand je ressentis non loin le doux fumet du sang versé, encore chaud. Mon sang à moi n’a fait qu’un tour, et j’ai dès lors éperonné ma monture, sans réfléchir à rien d’autre que ma pitance, me prenant quelques branches basses en pleine tête, mais sinon totalement transporté par les promesses que me faisait mon appétit.
Sur le coup, j’ai donc déboulé sur un tournant du chemin que nous empruntions, et j’ai découvert une scène des plus pittoresques : quatre mortels pétrifiés de terreur, tous regards pointés vers une espèce de gros loup qui semblait faire ripaille derrière quelques minces fourrés. Profitant qu’ils ne m’aient pas remarqué, j’ai glissé de ma monture, approché les mortels... Et je vous épargne les détails. Toujours est-il que tous leurs beaux vêtements étaient désormais inutilisables, et leurs forces vitales – destinées à de plus hautes destinées que de circuler dans leurs corps. Tiens, je me souviens que dans la main ouverte de l’un d’eux, il y avait une petite amulette à l’effigie de la comète à deux queues, mais je ne saurais plus dire si les trois autres avaient les mêmes. Il se trouve que quand je me suis mis à observer les autres restes de mon repas, dame Arken est arrivée avec ses servantes, et elles m’ont toutes regardé bizarrement. Et pour le comble, le loup était sorti de ses fourrés, la gueule rouge de sang, et lui aussi a semblé me regarder bizarrement ! Enfin, la seconde d’après il a bondi dans les sous-bois, et je ne l’ai plus revu depuis.
Ce qui est fâcheux, c’est que depuis ce petit incident (qui n’en est même pas un, c’est un dîner de vampire, je ne vois pas ce qu’il y a d’anormal) dame Arken a rejoint ses servantes dans leur mutisme, et ne veut plus m’adresser la parole. Je me retrouve donc, malgré le plaisir que j’ai constaté au début de cet écrit, dans une situation bien désagréable, car si la maîtresse des lahmianes me tourne le dos, conquérir à nouveau l’affection de ces dernières devient un rêve quasiment inaccessible…
Chers lecteurs, si vous comprenez quelques chose dans la manière de penser de ces dames, soyez aimables de m’envoyer vos conseils par corbeau ou par chauve-souris, parce que moi-même, je n’y comprends plus rien !

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Mer 16 Avr 2014 - 11:53

Depuis leur départ, la Comtesse trouvait le comportement du jeune chroniqueur plein de fantaisie. Etait-ce une attitude propre à sa personne, ou faisait-elle partie d’une façon de vivre commune à tous les hommes ? Elle s’était mise en tête il y avait quelques années de comprendre le genre masculin, mais elle devait s’avouer que ce n’était pas si simple. Il y avait encore quelques instants, elle avait aperçu le drôle de jeu auquel il se prêtait. Des mots croisés. En pleine mission. Quelle idée farfelue. Surtout quand elle remarqua un des mots écrits. Brouette. Le vampire n’avait rien de mieux à faire que d’écrire le mot brouette. A croire qu’il n’avait cure de l’aspect diplomatique de leur mission.
Elle secoua la tête. Après tout, elle n’avait aucune autorité sur lui. Il pouvait faire ce qu’il voulait, peu importait. L’essentiel était de rentrer en un seul morceau. Ils s’étaient engagés dans les montagnes depuis deux jours et une nouvelle tension s’était installée au sein du groupe. Un groupe de gobelins pouvait les repérer à tout moment. Ils pouvaient aussi tomber sur une patrouille de nains voulant nettoyer le secteur de toute vermine. Que ce soit de la peau verte ou des morts-vivants. Mais une voix dans sa tête interrompit le cours de ses pensées.
«Dame, j’ai trouvé deux grottes non loin. Vide de toute présence. Cela pourrait nous permettre d’éviter toute une journée sous le soleil des montagnes ainsi que d’éventuelles rencontres avec des créatures diurnes.
- Bien. Nous allons nous arrêter pour la journée. Prends la deuxième grotte pour toi. Et ne viens pas à notre rencontre, sauf en cas de danger.»
Le contact télépathique se rompit. La Comtesse se tourna vers ses deux suivantes puis vers le chroniqueur. Le soulagement apparut dans le regard de ce dernier quand elle annonça la nouvelle de leur bivouac.


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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Jeu 24 Avr 2014 - 12:26

Cher journal,

Nous n’en sommes plus à notre première semaine de voyage, mais notre longue traversée le long des Montagnes arrive enfin à un tournant décisif où il faudra faire des choix. En consultant mes cartes, en effet, je constate que nous ne sommes plus loin du tout du Col du Feu Noir, lieu historique de la bataille qui unifia les douze tribus humaines et les nains face à une énorme WAAAGH de peaux-vertes, suite à quoi l’Empire de Sigmar fut crée. Toutefois, mis à part l’aspect symbolique de l’endroit, c’est également la meilleure route praticable qui nous conduira plein Sud, vers notre destination. Or, c’est également le moment de penser à long terme : mon affection porterait plus à la voie maritime, certes beaucoup plus longue, mais qui nous éviterait bien des mauvaises rencontres et autres contretemps. Si nous faisons un détour par le sud-ouest, nous arriverons en Tilée, de préférence à Lucchini, grande ville portuaire que je n’ai jamais eu à visiter, mais que l’on m’a souvent vanté comme l’un des joyaux de l’architecture humaine, ainsi qu’un centre des arts et berceau de la navigation. Nous pourrions donc y embarquer sur un navire qui nous mènerait le long des côtes, jusqu’à notre objectif, sans autre risque que de tomber dans une tempête ou rencontrer quelque créature sous-marine. Si, en revanche, nous empruntons le Col du Feu Noir, nous nous retrouverons dans des contrées hostiles, non-accueillantes, que ce soit venant du Nord de la part des nains de la part des nains de Karaz-a-Karak, ou du Sud, venant des nains de Barak Varr, au bord du golfe Noir. Ah, par contre… Oh ! Si nous passons inaperçus près de Karaz-a-Karak, une route nous conduira tout droit au Pinacle d’Argent, chez la Reine de dame Arken ! Ah, si seulement nous pouvions emprunter leur dirigeable et aller plein Sud par la voie des airs… Le voyage serait le plus court que possible, et personnellement je saurais enfin à quoi ressemble la forteresse des lahmianes, et je pourrais enquêter à l’occasion sur le complot des chats-familiers de Neferata.
Oui-da, je ne nous vois pas du tout traverser à cheval les Terres arides, aussi je ferai part de ces réflexions à dame Arken à la première occasion. Ah, ce serait en plus le moment où je pourrais enfin engager la conversation avec ses deux suivantes, Salira et Massa ; Sigmar Nagash sait que leur bouderie tout au long du voyage est comme une punition pour moi !
Ah, dernière révélation de ce jour : apparemment une autre copine de dame Arken mène l’avant-garde de notre traversée. Elle a beau dissimuler sa présence, mais quand ta méditation est quotidiennement interrompue par des croassements d’un corbeau, il y a des indices qui ne trompent pas ! Non pas que sa compagnie me déplaise, bien au contraire, mais si elle m’avait prévenu, j’aurais appelé Manon d’Essen à nous rejoindre également. C’est que ces deux demoiselles ont l’air d’avoir tellement de choses en commun…

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Dim 20 Juil 2014 - 21:47

Enfin ! Eh oui, j'ai enfin écrit la suite ^^ Avec une petite ellipse, qui nous amène dans une ville naine, dernière cité avant le désert de Nehekara. Bonne lecture Razz

Le Dragon Vert. Drôle de nom pour une auberge située en pleine ville naine. Mais cela devait sans doute faire partie de l’excentricité de la cité. Une des seules appartenant aux nains et étant à ciel ouvert. A ciel ouvert, et au bord de la mer. Une véritable singularité pour ce peuple. Les trois femmes entrèrent suivies par le chroniqueur. Ce fut seulement une fois dans leur chambre que l’homme osa poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis leur arrivée.
- Pourquoi loger dans une taverne et se mélanger parmi les mortels ?
- Pour rester invisibles. Outre les humains venant faire du commerce, cette ville accueille bon nombre de nains, voire quelques elfes. Nous nous devons de rester discrets, surtout si des magiciens se promènent dans les parages.
- Alors pourquoi la cinquième personne du voyage ne prend pas de chambre ?
- Car elle part en reconnaissance pour nous trouver un navire assez fou pour accepter notre destination, et ses siècles d’errance lui sont forts utiles pour réussir cette mission.
Sa curiosité satisfaite (ou presque… la curiosité d’un chroniqueur ne pourra jamais être comblée), il passa à un autre sujet plus délicat.
- Dame Arken… Pourquoi partageons-nous la même chambre ?
- Toujours par souci de discrétion. Officiellement, nous sommes une famille. Salira et Massa sont nos filles, comme Rubis lorsqu’elle nous rejoindra.
- Je le conçois… Mais ceci pose le problème de la literie…
- En tant que gentilhomme, je suis sûre que vous ne laisserez pas une dame se reposer à même le sol, n’est-ce pas très cher ?
Il opina avec confusion. Mais il eut la désagréable sensation de s’être fait berné quand il prit ses quartiers sur le plancher.

La vampire avait réussi à trouver un navire de mercenaires, toujours partants pour n’importe quel voyage, tant que la paye suivait. La Jacinthe avait donc un équipage assez composite. Les matelots comprenaient trois nains, un demi-elfe, deux bretonniens et quatre hommes de l’Empire. Le capitaine, quant à lui, était humain de haute stature et de forte carrure, comme la plupart des Kislévites. Il regardait ses hommes s’affairer d’un œil taciturne et sévère. Mais son regard pétilla légèrement quand il vit arriver ses clients. A la vue de leurs habits, il comprit qu’il n’y aurait pas de problème sur la solde. Mais le meilleur, c’était les quatre magnifiques créatures qui embarquaient sur son rafio. Quatre femmes pour cinq passagers. Il commençait à percevoir comme un vent agréable qui les suivrait tout au long du voyage. Il décida de ressortir ses vieilles bonnes manières, ou ce qu’il en restait.
- Bienvenue à bord, Mesdames… Er monsieur. J’espère que vous ferez bon voyage en notre compagnie. Vous nous excuserez du confort, mais mon navire n’est pas le plus grand du port, et malheureusement, je n’ai qu’une cabine de quatre couchages à votre disposition. Mais ne vous inquiétez pas. J’ai expressément mandé un lit que nous avons installé dans ma cabine.
Il se tourna vers la mère et s’inclina légèrement en déclarant :
- J’espère que Madame me fera l’honneur d’inaugurer cette nouvelle couche, digne d’une auberge des hauts quartiers d’Altdorf.
- Cela est très aimable à vous, capitaine, mais je préfère rester avec mes filles. J’espère que vous n’y verrez pas d’inconvénient à ce que mon mari occupe votre cabine ?
- Certes non, Madame. Si vous voulez bien me suivre…
Von Essen remarqua la frustration du capitaine. Il était bien placé pour le savoir. Voilà des semaines qu’il voyageait avec elles sans pouvoir profiter réellement de la compagnie de ses dames. Mais cette fois-ci, le caractère mesquin de la matriarche tournait en sa faveur. Il enferma le plancher de la nuit dernière au fin fond de sa mémoire et un sourire se dessina sur ses lèvres. A lui le lit de luxe, et certainement pour tout le voyage en mer, c’est-à-dire plusieurs semaines…

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Jeu 24 Juil 2014 - 10:31

Cher journal,

Il est fort tard, et cela fait plusieurs jours que le ciel au-dessus de la mer est teinté de gris. Ou de noir, quand la nuit tombe. Le moral sur notre navire est au plus bas, et je soupçonne que ce n’est point le temps maussade qui est en cause, mais la froideur avec laquelle ces dames traitent les pauvres matelots qui espèrent nuit et jour en coincer une toute seule sur le pont. Peine perdue, car elles se baladent toujours ensemble, et il y en a toujours une pour être tellement désagréable que les meilleurs beaux parleurs de l’équipage ont renoncé à les séduire par la coquetterie. Enfin, si « coquetterie » peut désigner quelques vers mal faits, chansons de marins, et promesses infondées.  
Notre traversée s’éternise, et la faim commence à nouveau à me torturer les entrailles. Vu le besoin que nous avons d’entretenir l’équipage en bonne santé, il est hors de question de s’y attaquer, même sans faire de victimes. Non pas que cela me fasse rager, mais bien des nuits je me retrouve obligé de plonger dans les flots et montrer aux requins qui est le plus grand prédateur de nous deux. Leur sang est, dirait-on, imparfait, mais je me console en me disant qu’il ne s’agit que d’un met exotique à titre provisoire.
Vu que je l’entends croasser même au moment où je rédige ces lignes, je rajoute à mes impressions que le corbeau qui suit la demoiselle de confiance de dame Arken semble avoir le don de m’exaspérer à chaque fois que je le croise, et sur un étroit navire, pensez-vous, cela arrive fort souvent. S’il y a bien un souhait que je souhaite formuler à Manaan, le dieu des mers, c’est qu’un beau jour de tempête cet infâme volatile puisse être englouti par l’écume, cela lui ferait le plus grand bien !
Je me dois toutefois de concéder, pour la vérité de la chose, que la faim et le piaf constituent les seuls inconforts de ce voyage. Le mal de mer ? Aux mortels ! Une couchette de matelot ? Que nenni, à moi la cabine du capitaine ! Et j’ai tant su y faire que le bougre s’en est allé déménager dans les quartiers de l’équipage ! Ah, il en faut peu pour être heureux quand l’on est vampire, oui ma bonne dame !
Parlant de dame, ma compagne de voyage a bien fini par rentrer complètement dans son rôle de noble excentrique en quête de sensations fortes. Je me pensais prêt à ne point en faire mention dans ces écrits, mais l’impression qu’elle et ses servantes font sur les pauvres mortels est bien trop cocasse pour ne pas la mentionner : la première semaine, ils espéraient tous avoir droit à un petit baiser, voire à beaucoup plus pour les plus hardis d’entre eux ; la deuxième semaine, seuls les plus hardis ou les plus fous ne lâchèrent point l’affaire, mais furent au final tout aussi honteusement éconduits ! Et je ne compte pas le nombre de fois où j’ai du me retenir de pouffer de rire quand l’un d’eux, voire plusieurs m’approchaient discrètement pour m’interroger sur les moyens de briser les coquilles de ces dames. Le meilleur, je crois, fut ce jeune matelot qui me crut quand je lui dis qu’offrir un panier de poissons volants fraichement attrapés lui ouvrirait le cœur de Salira, l’une des servantes de dame Arken.
Toujours est-il que, la troisième semaine, tous les marins décidèrent à l’unanimité de ficher la paix à leurs passagères, et d’attendre seulement d’obtenir leur salaire une fois arrivés à bon port. Je finis par leur conseiller chaleureusement d’aller chercher leur bonheur dans la boisson arabéenne, que l’on dit fort goûteuse par ailleurs.
Je termine ainsi mes observations de notre traversée, et espère bien attraper un plus gros gibier dans la nuit, car l’on dit que des bestioles de légende s’attaquent aux navires dans les environs.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Dim 24 Aoû 2014 - 9:45

*Rentre dans la taverne, vois le message de dame Arken*
"Où sont-ils ?" Avec un procédé que je connaissais depuis longtemps mais que je ne citerai pas, je les détecta en pleine mer et perçu la présence de von Essen sur le pont du navire. Ne pouvant résister à rassasier sa soif de sang, je lui envoya l'une de mes créatures qui lui servirait à le nourrir pendant toute la traversée. Je lui envoya un mot afin qu'il ne mange pas cette créature noble, un kraken.
J'ai aussi envoyé un message à dame Arken vu son absence à la taverne avec le diamant, je revois le message qui étais avec ce dernier par précaution:
"Chère Arken,
Afin de m'excuser de mon manque de politesse en entrant dans cette taverne, je vous offre ce diamant que j'ai trouvé dans un trésor sous les océans. Vous pourrez en obtenir d'autres si la pêche au Merwyrm tient toujours.
À tous les autres, ce diamant est entouré d'une protection magique qui permet que seul Arken puisse le prendre. N'essayez pas de vous en emparer à moins de vous recevoir la foudre.
Bonne journée,
Nyklaus von Carstein"
Le deuxième message étant : "Chère Comtesse d'argent,
Ayant remarquer votre absence prolongée à la taverne, je me suis permi de vous envoyer ce diamant avant qu'il n'y ai trop de mort à la taverne.
PS: J'ai tout nettoyé"
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Dim 24 Aoû 2014 - 13:17

Hors RP : j'ai déjà répondu à la taverne avant de lire ce topic... Et vu que notre histoire prend plus de temps que prévu, on a fait en sorte que nos persos soient déjà de retour à la taverne, et que l'histoire racontée ici est en fait racontée à la taverne  Wink 

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Dim 24 Aoû 2014 - 17:36

Souviens-toi : nous voguions vers de folles aventures
Vers la terre sacrée, que les dieux ont bénie,
Puis damnée par les soins d’un funeste et honni
Nécromant dont les plaies ne connaitront suture.

Je croquais à pleines dents l’existence maudite
Que le baiser de sang m’eut un jour accordé.
Un vampire j’étais, puissant et redouté,
Héraut du mal, souillure, nature contredite.

Chère absence de vie, douce mort qui nous observe,
Elle contemplait ma joie de vivre à ses côtés.
Elle contemplait ma peine : ma raison d’exister.
Pour seule raison de vivre, il faut que je la serve.

Créature infernale, revenant fait pour tuer,
Je jetais mon regard vers l’abîme, et les vagues.
Considérant mes crocs, acérés tels des dagues,
Me demandai-je alors : puis-je m’y habituer ?

Je vis alors sur l’eau : un signe des abysses,
Une forme gigantesque émergea de l’écume.
Je distinguai à peine la forme d’un tentacule,
D’une bête sans pareille monstrueux appendice.

Elle me dit : « Tu n’es pas
Le seul dans les ténèbres.
Je hante les abysses
Aussi noirs que ton âme.
Tu ne sais pas ce qu’est
Le cimetière des épaves.
Tu ne sais pas le sens,
L’essence du mot "funèbre". »

Elle disparut ensuite, et je me demandai
S’il n’y avait pas du vrai
Dans ce que disait la bête.
La lune se voila, et sur ces entrefaites,
Je quittai le navire, et le requin chassai.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Sam 30 Aoû 2014 - 21:48

A toi mon cher ! Very Happy

Arken s’était laissée aller à la rêverie, les bras posés sur le bastingage. Le vent marin de la nuit était tout à fait reposant, surtout quand tout l’équipage dormait au fond des calles, laissant le pont dans un silence paisible. Mais cette nuit là, un bruit vint la déranger. Un battement de cœur. Le capitaine s’approcha tranquillement et se posa à côté d’elle. De tous les marins du rafiot, il était le seul encore à essayer désespérément de faire la cour à qui le supportait.
- Belle nuit, n’est-ce pas, madame ?
- Charmante, oui.
- Le ciel est dégagé, et Morrslieb est loin. C’est une nuit idéale pour observer les étoiles.
- Libre à vous, capitaine. Personnellement, je ne tenterai pas un torticolis.
- Un simple massage permettrait de le faire disparaitre.
- Vous êtes pugnace, capitaine. Dois-je vous rappeler que mon mari est à quelques pas, en train de dormir dans votre cabine ?
- Laissons-le dormir et rêver, madame. Un marin de ma trempe serait plus à même de vous satisfaire qu’un gringalet dans son genre… Certes, il doit être meilleur poète que moi, mais si la force physique ne suit pas… J’en crains pour la chétivité de votre éventuelle descendance…
- Il semble mince, en effet. Mais ne vous en faites pas pour lui. Il serait à même de grimper au beffroi d’Altdorf, si l’envie l’en prenait.
- Laissons de côté les paroles, madame. Vous voulez partir à l’aventure. Alors vivez là au mieux, sous tous ses aspects…
Alors qu’il s’approchait, la noble l’écarta violemment, au point de le faire tomber sur le pont. Il entendit un crissement de métal et vit un éclat d’acier. Il ferma les yeux et protégea son visage de ses mains, croyant sa dernière heure arrivée. Mais il n’entendit qu’un bruit de succion et d’un objet tombant lourdement au sol. Il rouvrit les yeux. La noble avait un pied sur le pont, l’autre appuyé sur le bastingage, un poignard à la main. Elle regardait au-delà du navire d’un air inquiétant. Ses cheveux s’étaient détachés et flottaient doucement au vent.
- D’où sortez-vous…
- Une femme à plus d’un tour dans sa manche, capitaine.
- Vous savez que l’air sauvage met en valeur votre beauté, madame ?
- Au lieu d’essayer de faire votre poète, allez réveiller vos hommes. Nous sommes attaqués.
D’un geste, elle montra le pont, sur lequel gisait un bout de tentacule encore frétillant. Le capitaine ouvrit de gros yeux et se précipita vers les calles.
- Alerte ! Nous sommes attaqués ! UN KRAKEN !

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Dim 31 Aoû 2014 - 0:39


     Cher journal,

     Il faut que je replonge (c’est le cas de le dire) dans les souvenirs d’une terrible nuit qui fait à présent partie du passé, heureusement.
     Pour commencer, j’étais en train de poursuivre ma chasse aux requins devenue habituelle, convaincu que l’énorme forme que j’avais vue naguère émerger de l’océan n’était que le fruit de ma rêverie nocturne. Pris par la sensation du carnage et du sang versé (qui, mélangé à l’eau de mer, possède alors un goût singulier), je ne remarquai pas que le fond marin devenait de plus en plus sombre, non seulement en dessous de moi, mais aussi sur le côté opposé à celui du navire… Ce n’est que quand il était un peu tard que j’ai compris que le « BOUM BOUM » dans l’eau n’était pas le bruit de mon crochet du gauche sur la gueule des requins, mais un cœur bien vivant qui battait.

     Une gueule. Plus, plus grande que celle d’un requin, et ronde avec ça. Parfaitement circulaire, sa circonférence est deux fois plus grande que celle de la plus grande cloche du beffroi d’Altdorf. Avec entre cinq et quinze rangées de dents, je ne sais plus exactement le nombre. Pas eu le temps de compter.

     Alors que ma tombe allait refermer son couvercle sur moi, j’ai eu le bon sens d’envoyer LE sort à envoyer dans pareilles circonstances : le regard de Nagash. Je ne saurais dire pour quelle raison, mais les flammes noires du Grand Nécromancien ont du porter le triple de leur dommage habituel, à croire que leur auteur est de retour parmi nous !
     Toujours est-il que la bête (peut-on appeler « bête » une énormité pareille ?) fut stoppée net, et provoqua un milliers de courants contraires avec… ses tentacules, maintenant je le sais. J’ai du me débattre comme un beau diable afin de lutter contre la pression engendrée, et remonter à la surface dans le plus pur style du prédateur maritime. Je sentais toujours une présence oppressante derrière moi.
     Pour gagner du temps, je dus incanter : « OODAMA NEHEK NO JUTSU ! » - hurlai-je alors à la lune qui brillait haut dans le ciel. Le vent impie de la Dhar tourbillonna autour de moi et alla s’insuffler dans tous les cadavres des requins que j’avais occis, mettant leurs carcasses sous mes ordres. Juste à temps ! La chose approchait, et les requins-zombies me gagnèrent quelques précieux instants à mordre dans chaque membre vivant de la créature. Ils ne l’ont certainement pas blessée, loin de là, mais ils l’ont ralentie, quoiqu’aussi au passage un peu mis en rogne.

     J’étais donc émergé des eaux, en train de nager comme jamais vers le refuge plus qu’incertain du navire, mais qui me semblait alors la seule issue de secours. J’ai du gagner tellement de vitesse qu’il me fut difficile de ralentir, et je me cognais contre la coque en bois la tête la première. Plus paniqué qu’endolori, j’eus vite fait de sortir mes griffes afin de m’accrocher à la paroi poisseuse et grimper à bord, convaincu alors d’être désormais en parfaite sécurité.

     C’est un peu à ce moment-là que je compris que ce n’était pas le cas. A peine quelques instants pris pour retrouver mes repères, j’entendais déjà des voix animées d’inquiétude un peu plus loin devant moi, puis des ordres hurlés à la va-vite. Je reconnus de suite la voix du capitaine. L’alerte étant levée, je vis en même temps dame Arken courir avertir ses servantes et son amie, qui de fait devaient avoir déjà pressenti le danger et sortaient de la cale pour voir précisément ce qui se passait.
     Je les entendis parler entre elles, murmurer quelque chose à propos de « Ghur » et de « impossible à contrôler », « trop sauvage », etc. Je compris toutefois qu’elles eurent finalement un plan en tête, étant donné qu’elles coururent toutes vers là où notre assaillant commençait déjà à se manifester de tout son poids.

     Pensez-donc ! Une dizaine de tentacules aussi gros qu’un tonneau de sang, et chacune menaçant de faire chavirer le navire à tout moment ! On ne voyait pas encore sa gueule, mais je me doutais qu’elle se montrerait tôt où tard… Toutefois, je vis aves stupeur les servantes dégainer leurs épées et trancher dans le vif de la créature, chacun de leurs coups combinés entamant gravement les chairs flasques mais massives des tentacules. A notre horreur commune, ceux-ci commencèrent à régénérer quelques instants après.
     Dame Arken et son amie étaient séparées des deux autres, la première couvrant la seconde d’éventuels assauts alors que notre compagne que je ne connaissais pas continuait de murmurer des paroles qui ne m’atteignaient pas. Tout autour de moi, c’était la pagaille ; le capitaine avait beau aboyer des ordres à ses marins, la moitié était déjà à genoux en train de prier leurs dieux alors que l’autre se demandait s’il ne fallait pas mieux sauter par-dessus bord. Seuls quelques braves chargeaient leurs arquebuses à grand peine, alors que moi… eh bien … J’étais occupé à griffonner quelques notes sans lesquelles je ne pourrais vous retranscrire maintenant ce combat dans autant de détails ! Que voulez-vous, on est chroniqueur en toutes circonstances ou bien on ne l’est pas du tout !
     Pour ma défense, je me ressaisis bien rapidement, examinant encore une fois la situation qui se déroulait devant mes yeux : la comtesse d’Argent et ses servantes bataillaient bravement contre la folle créature, alors que leur amie continuait de murmurer… Je crus discerner alors quelque vent occulte que je ne connaissais pas, du moins que je ne reconnus pas sur le coup. Je rangeai alors mes notes, et courus prêter main forte à ces dames. N’ayant point mon épée sur moi, je me servis de mes griffes et de mes crocs, comme il y a bien longtemps… Il y avait des tentacules aussi… Mais je m’égare, le combat faisait rage, et la bête ne semblait aucunement disposée à lâcher l’affaire, surtout quand sa proie lui infligeait autant de souffrances à la fois.

     On la vit alors émerger au dessus du bord… La gueule large comme la taverne de la non-vie, avec trente-six mille dents prêtes à nous avaler tous autant que nous étions… Un second regard de notre bienfaiteur à tous s’imposait, ce que je fis sans attendre.
Le sort me sembla toujours aussi monstrueusement plus puissant qu’à l’accoutumée, et passa du rouge au noir quelques rangées de dents verdies par les algues. A côté de moi, j’entendis des arquebuses faire claquer leurs munitions, qui allèrent également s’écraser contre le palais de la bête. Je crois que ce fut alors que je faillis perdre espoir.
     Les crocs se rapprochèrent à une vitesse fulgurante de la coque, prêts à se refermer et à absorber un bon tiers de l’embarcation, nous y compris. C’est alors que la créature se figea soudainement, et seule son impulsion primaire fit tanguer dangereusement le pont de notre navire. Tous furent aussi stupéfaits que moi. Tous, mais pas toutes. Je lus alors une expression de soulagement sur le visage de dame Arken et de ses suivantes, qui se retournèrent vers leur compagne qu’elles avaient laissée derrière. Je me retournai aussi, et je la vis alors, debout, les mains tendues droit vers la bête, les yeux clos, les traits tirés, elle était toute comme plongée dans une intense bataille interne, ce que je sus par la suite être un effroyable affrontement de mentalités : celle de Rubis la vampiresse, et celle du légendaire Kraken.

     Alors qu’un des marins courageux s’apprêta à tirer encore un coup d’arquebuse, je fus encore plus abasourdi en voyant Salira, je crois, projeter sa lame sur lui, rentrant net en plein dans sa tête. « Le premier qui bouge connaitra le même sort ! » - résonna alors la voix impérieuse de dame Arken. «  Si vous voulez vivre, ne faites plus un geste ! »
     Les matelots restèrent ainsi immobiles, ne sachant probablement de quoi avoir plus peur : de l’abomination marine, ou des femmes qui se révélaient être aussi courageuses et impitoyables que des corsaires elfes noirs. Cependant, la concentration de la compagne de dame Arken ne cessait pas, au contraire, je croyais parfois qu’elle s’intensifiait. Par la suite, je sus que dompter la bête qu’était le monstrueux Kraken tenait de l’exploit le plus phénoménal, aussi je réalise à présent l’étendue des pouvoirs qu’a du accumuler Rubis au cours de sa longue vie. Cela dit, j’atténue en cela mes propos que le machin ne fut nullement asservi, mais uniquement persuadé qu’il lui valait mieux d’aller voir ailleurs. Je ne saurais dire comment elle a su y faire pour le convaincre : il lui suffisait de croquer d’abord notre navire pour ensuite nous croquer tout crus une fois dans l’eau. Toutefois, les détails d’un tel combat de titans restèrent entre femmes, et ne parvinrent jamais à ma plume, à mon modeste regret.
     Nous observâmes donc alors la bête d’arrêter dans son élan, puis rester ainsi pendant un bon bout de temps, ses tentacules suspendus toujours prêts à nous fracasser le pont en deux. Au bout d’un instant qui nous parut une éternité d’attente, on vit soudainement la gueule descendre lentement, retirant ses membres d’en dessus de nos têtes, et s’immerger petit à petit dans les flots, tout en s’éloignant.

     Comme pouvez vous en douter, nous fumes longtemps ressemblants à un champ de statues, hypnotisés par l’interminable retraite du Léviathan qui juste avant avait nos existences à portée de gueule. Puis, quand je crus que nous étions enfin tirés d’affaire, je me retournai pour voir l’étendue des dégâts. Je dis naturellement que la vision ne fut guère plaisante. Je ne parle même pas du mât que nous mimes une journée à remettre en place par la suite, et encore, nous avions eu de la chance. J’omets aussi les nombreuses fuites que j’eus à colmater avec les matelots : j’étais bien le seul capable de me servir longuement d’un marteau et de clous sans respirer. Non, je souhaite quand-même m’interroger sur les relations humaines que nous avons entretenues depuis à bord. Nous avons désormais accès à un traitement assez singulier, mêlé de crainte et de respect forcé, à noter que LA personne à congratuler pour notre salut a tous fut celle qui resta le plus en retrait par la suite. Il y eut quelques mots échangés depuis avec le capitaine, effectues par dame Arken et moi-même, mais lui aussi ne savait plus trop s’il devait nous traiter comme de simples passagers, ou comme des dieux marins prêts à déchainer la tempête sur lui. Tout ce qui en fut retenu, c’est que depuis plus aucun marin n’a voulu dormir ne serait-ce que dans la même partie du navire que ces dames, aussi je cédai de bonne grâce la cabine du capitaine à nos sauveuses. Assez curieusement, les hommes ne se sont pas trop embarrassés de ma présence à leurs côtés, certainement parce que je fus bien le dernier à rejoindre la mêlée, et que je ne diffuse pas cette aura de crainte qui s’est fermement établie auprès d’elles depuis l’estocade de Salira sur l’un des leurs. Ainsi je ne saurais dire si notre incognito est maintenu, ou si les marins ne cherchent tout simplement plus a savoir quoi que ce soit, et rêvent désormais autant que nous à une fin prochaine de notre périple. Dame Arken, à ce propos, a l’air de s’accommoder à merveille de ce changement d’attitude à notre égard, et n’a pas manqué de m’en faire part dans une conversation que je vais vous citer dès lors :
« - Eh bien, voila qui est satisfaisant, vous ne trouvez pas, Von Essen ?
- Assurément, dame, - lui répondis-je, - vous voila maintenant élevée au rang de déesse par ces gens qui nous entourent.
- Un titre que je puis affirmer d’avoir mérité, ce qui est loin d’avoir été votre cas, vous ne trouvez pas ?
- Je me gausse de vos railleries, comtesse. J’ai pris autant part aux affrontements que vous.
- Allons donc ! Attendre dans votre coin pour vérifier que tout se passait bien avant de venir nous aider était très viril de votre part, je confirme !
- Je puis vous retourner le compliment, dame. Votre conduite ainsi que celle de vos suivantes n’ont pas été très… féminines.
- Ne changez pas le sujet quand ça vous arrange.
- Je mets du sucre là où le gout me semble trop amer, voila tout. Dame, je suis homme à tout faire, mais pas pourfendeur de légende. J’ai bien cru que votre amie allait finalement céder à la volonté de la bête, et elle a quel âge, vous m’avez dit ?
- Malpoli ! On ne demande pas son âge à une dame, surtout quand elle vous sauve la vie !
- Toutes mes excuses. Pour ma défense, ce n’est que grâce à moi que nous revoilà à flots en si peu de temps.
- C’est ça, tressez-vous des louanges tant que vous y êtes. On n’aura pas fini de discuter.
- Les hommes ne sont pas très bavards en ce moment. N’est-ce pas aimable de ma part de vous mener la conversation ?
- J’ai eu assez de galanteries au cours de ce voyage, je vous remercie, - dit-elle d’un ton assez acerbe.
- Pas très serrées dans la cabine du capitaine ? Tout va pour le mieux ?
- Vous voulez vraiment que je me fâche ?
- Soit, soit, je vois que ma présence vous a suffi, dame. Je vais donc de ce pas me retirer.
- Faites, mon cher, faites. »  

     Et c’est à peu près sur ces entrefaites que nous nous sommes séparés et n'avons plus parlé ensemble depuis la nuit dernière. A l’heure actuelle le ciel étoilé est limpide, la mer est très calme, et nous attendons que le vent vienne enfin gonfler nos voiles. N’ayant plus de bureau à ma disposition, je rédige ces lignes allongé sur un hamac sentant la poiscaille et la sueur, beaucoup sont restés vacants depuis l’attaque du kraken. J’ose seulement espérer que nos péripéties maritimes s’arrêteront là. Tiens, encore un piaf que je vois là. Encore ce corbeau de malheur ?... Oh ! Mais c’est qu’il a des ailes blanches cet oiseau-là ! Une mouette ! Serions-nous aussi proches de la terre ? Je finis sur ce point mes notes, et monte sur le pont voir sur le champ.

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Arken
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Jeu 25 Sep 2014 - 18:12

- Eh, l’elfe, viens par ici.
L’équipage hétéroclite du navire était presque au complet. Le demi-elfe, qui avait l’habitude de se faire appeler de la sorte, rejoignit les trois nains et les cinq humains, dont deux venaient de Bretonnie. Seul manquait un homme de l’Empire qui avait fait les frais de la mauvaise humeur de Salira lors de l’attaque.
- Qu’est-ce que vous mijotez ?
- Le cap’taine veut qu’on finisse le voyage. Sauf que lui y voit qu’l’argent qu’y va s’ramasser. Nous on préfère sauver not’ peau plutôt que de s’faire enterrer avec de l’or.
Un hochement de tête collectif souligna les paroles du nain. Le demi-elfe répondit avec scepticisme.
- Qu’est-ce que vous voulez y faire ?
- On va s’occuper nous même des passagers. J’suis peut-être pas magicien, mais par ma barbe, mes ancêtres me soufflent que ceux-là doivent pas être humains. Contrôler c’te bestiole par la pensée, moi j’dis c’est de la magie noire. Et z’avez vu l’attaque magique du gars… J’vous parie ma vie que ce sortilège ne vient pas d’un domaine recommandable…
- Justement, ‘sont dangereux. C’est pas plus simple de les laisser débarquer ? Tu veux faire comment ?
- Faut commencer par le type. Mon avis, c’est lui l’plus dangereux. Si on l’capture, les mam’zelles elles se soumettront direct. En plus, il dort avec nous maint’nant. Suffit d’le choper durant son sommeil…

La porte de la cabine s’ouvrit avec fracas. Tout l’équipage y entra sans autre forme de procès. Deux nains tenaient fermement Von Essen tandis que le troisième se fit porte parole du groupe.
- On a capturé vot’ chef ! On veut plus de vous sur l’navire ! Vous êtes de ces gens qu’attirent le mauvais œil. Une fois par-dessus bord, vous pourrez rejoindre vot’ pote le Kraken, et nous on pourra rentrer tranquillement.
L’étonnement des lahmianes passa bien vite. Les trois suivantes reprirent leurs occupations comme si de rien n’était, dont l’une était de caresser son chat. La comtesse s’adressa directement à Von Essen, ignorant totalement ses geôliers. Ce dernier semblait d’ailleurs très serein, voire même amusé.
- Pourquoi vous ne vous êtes pas libéré avant ?
- Un chroniqueur est là pour suivre l’action jusqu’au bout. J’avorterais ma propre carrière si je la tuais dans l’œuf.
- Savez-vous où ils ont mis le capitaine ?
- Ah ! Oui. Je l’ai vu en arrivant. Ils l’ont ligoté au mât. Il n’avait pas l’air content. Il gesticulait comme un crabe.
- Bien. Finissons-en.
Le nain voulut reprendre le pouvoir en même temps que la parole. La comtesse ne lui en laissa pas le temps. Une incantation faite de sifflements sortit de ses lèvres. Tout l’équipage se retrouva projeté et agglutiné sur le même mur, les mains en l’air, comme attachées par des fers invisibles. Leurs cris d’étonnement et de peur restèrent muets, comme si leurs cordes vocales avaient été coupées.
- Comme je me réserve la possession du capitaine, je n’en prendrai qu’un. Ainsi, vous en avez deux chacun. Mon cher, je vous laisse commencer. Je sais à quel point vous tenez à votre repas quotidien…


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Von Essen
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Mar 30 Sep 2014 - 11:46

Cher journal,

     Je pense que je puis affirmer sans erreur aucune : nous avons été un peu emportés par les événements.
     Tout d’abord, notre situation présente n’est pas, disons, précaire au sens que l’on pourrait l’entendre pour des mortels, mais elle n’est manifestement au goût de personne. Je n’aurais jamais imaginé en effet que nous nous retrouvions… échoués sur la côte nehekharienne.
     Nos vêtements sont trempés, et je suis déjà assez heureux de toujours garder sur moi mes affaires de scribe, à savoir mon étui à parchemin, mon pot d’encre et mes plumes d’oie. Quant à ses dames, je suppose qu’elles sont elles aussi en train de faire l’inventaire de ce qu’elles ont pu garder de la catastrophe, et elles m’en feront part si elles en auront l’envie.
     Pourquoi en sommes-nous là ? Eh bien c’est très simple : ce n’était pas une très bonne idée de saigner à blanc tout l’équipage, alors que nous n’étions pas certains d’être arrivés à bon port ! Il aurait simplement suffi d’hypnotiser ces gredins, et de les punir une fois l’ancre jetée pour de bon ! Mais voila, comme nous n’étions au final plus que cinq à bord, et que personne ne savait comment manœuvrer un navire… Il a fallu que deux heures après, nous tombions dans la tempête la plus malvenue de toutes celles qui existent, et qu’évidemment, nous soyons assez près de la côté pour tomber sur des récifs !

     Je vois un peu plus loin quelques débris flottants de notre embarcation, et cette vision me remplit de mauvaise humeur, qui ne s’arrange pas alors que j’anticipe le lever de soleil prochain. Il faut que dans quelques heures, nous trouvions un quelconque refuge à l’ombre, ou de quoi nous couvrir, car sinon je ne donne pas cher de ma peau, et de celle de ces dames.

     Tiens, je vois du monde qui nous observe au loin. Des mortels. Avec d’amples vêtements locaux, assez pouilleux par ailleurs, manifestement de la classe la plus pauvre. Manifestement éberlués également par notre apparition. Oh ! Mais que vois-je ? Des dagues et des épées recourbées ! Par le sang, ils ressemblent fort à des brigands. Et c’est vrai qu’à leur place, je me verrais bien de capturer les quatre naufragées que voici devant moi, et de les vendre à prix d’or au marché des esclaves. Les pauvres, paix à leurs âmes…                                          

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siegfried der blutdurstig
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Mer 1 Oct 2014 - 19:05

Un nouveau venu entre dans la taverne pour la premiere fois, il scrute la salle attentivement.
"Personne... ca doit pourtant bien etre la taverne... on m'a parlé d'une tenancière, mais vu que la piece est vide  elle doit etre absente "

Le vampire fit le tour de la salle et regarda le comptoir ou se trouvait le journal de von essen.

" ...Je comprends mieux l'absence d animation en ce lieu... la tenanciere et le poète à la bonne descente que l'on m'a décrit à mon arrivée sont en mission... Bien, la moindre des politesses serait d ecrire une petite missive de presentation si je compte m instaler dans une chambre et venir me servir en boisson... " *sors une plume*


Missive à l'intention de madame Arken de Lahmia et de sieur Essen

Chers camarades vampires, apres une longue route je viens d'arriver dans votre taverne, ayant décidé de laisser mon Castel au calme quelques temps au profit d'une compagnie vampirique bien plus plaisante. Je pensais trouver dans la taverne sa tenancière, mais j'ai apris qu elle avait fort a faire en d'autres lieux. Je vous fais donc parvenir ce parchemin par MMS ( Moineau Mort à Supervitesse ) afin d'informer la propriétaire des lieux de ma présence, et de mon instalation dans une chambre mortuaire le temps de trouver une crypte confortable et bien située. Je payerais bien entendu régulièrement mon du en le laissant juste sous le comptoir, il en ira de même pour le prix de mes consommations qui seront plus que régulières.
En ce qui concerne sieur Von essen, que l'on m'a decrit comme fine plume mais gros buveur, je me ferais un plaisir de faire sa connaissance autours d'un tonnelet du meilleur cru que je lui offrirais a mon retour, aimant moi meme prendre la plume a mes heures perdues.
En esperant bientot faire votre connaissance et vous souhaitant une prompte reussite a votre mission, je vous adresse mes vampiriques salutation.

Siegfried "der blutdurstig "
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Arken
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Mar 7 Oct 2014 - 12:29

Arken regarda l’horizon en faisant la moue. Elle avait confondu les capacités de Salira et Massa avec d’autres suivantes. Elle pensait qu’elles savaient naviguer. Malheureusement, s’en étaient d’autres qui étaient restées à la taverne. Elles deux savaient juste piloter le dirigeable du Pinacle. Et à cause de cette confusion, le groupe s’était vu prendre un bain forcé. Elle soupira et décida de passer à autre chose. Ce n’était pas en se lamentant sur les évènements passés qu’ils allaient avancer. Elle observa les alentours en silence et réussi enfin à se repérer. Leur position ne l’enchantait guère. Ils avaient encore une petite partie du désert à traverser. Une partie peuplée par d’anciens royaumes nehekhariens. Ce n’était pas Khemri, mais ils ne passeraient sans doute pas sans dommages. Von Essen la sortit de sa réflexion.
- Madame, je crois que nous avons des invités pour le dîner de ce soir…
Elle se tourna et aperçut un groupe de brigands non loin, qui eux étaient bien mortels. Elle sourit. Voilà déjà deux problèmes de réglés… Chacun sortit son arme. Von Essen se lécha les lèvres. Arken leva les yeux au ciel. Quel éternel gourmand… Il leva son épée en criant et tout le monde chargea. Les brigands firent de même. S’en suivit un combat sanglant et très bref. Quand tous les humains étaient morts ou ligotés pour servir de futur repas, Arken remarqua qu’elles n’étaient que trois à avoir participé au combat. Elle se retourna. Von Essen était au sol, inconscient. Rubis se tenait debout à côté de lui, un sourire moqueur sur les lèvres et un moineau sur l’épaule. Elle la questionna du regard.
- Vous venez de recevoir un message… Que ce cher gentilhomme a réceptionné d’une très belle façon.
- Un simple moineau a réussi à faire perdre conscience à un vampire ?
- Vous savez, il est très courant de se faire malmener par des MMS… Ils font preuve de beaucoup de zèle et leur vitesse est telle qu’ils assomment quiconque se trouve sur leur chemin.
Arken soupira et prit connaissance du message. Tiens, encore un nouveau buveur à la taverne… Cela ressemblait de plus en plus à une invasion… Sans doute due à la période du concours. Bref. Elle réglerait ça en rentrant.
- Réveille-le s’il te plait. Renvoie le moineau aussi, je n’ai pas besoin de répondre.
Une fois tout le monde sur pied, ils entreprirent de revêtir les habits des brigands, à la fois pour se débarrasser de leurs habits trempés, pour se cacher du soleil, ainsi que pour passer le plus inaperçu possible. Bien sûr, Von Essen bouda quand il dut se retourner sous la surveillance de Rubis pour éviter tout voyeurisme…

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Dernière édition par Arken le Mar 11 Nov 2014 - 12:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Dim 12 Oct 2014 - 20:21

Cher journal,

     J’écris ces lignes dans le noir le plus complet, donc que l’on ne s’étonne pas si mes lettres soient quelque peu moins intelligibles qu’à l’habitude. Il se trouve en effet que ma position n’est de nouveau pas des plus enviables : je me retrouve momentanément emmuré… mort-vivant, disons le tel quel, dans une sinistre crypte aux allures de tombeau nehekharien. Tout autour de moi flotte l’esprit vengeur du souverain du désert qui fut embaumé ici jadis, et qui désormais tente de me terroriser à mort par sa présence… Je lui souhaite bien du courage ! Bon, par contre, ses murmures incessants vont finir par user ma patience, et la seule chose qui m’empêche de lui sauter dessus et de l’éclater du regard de notre grand patron Nagash, ce sont les symboles protecteurs qui parsèment ce lieu, et qui… neutralisent les sombres pouvoirs des arcanes vampiriques. Le vénérable spectre n’arrête pas de radoter : « Ah, ils sont fumés, ces vampires ! Des lances gratuites, non mais vous avez vu ça, vous ? De mon temps, on payant un point en plus par lance de guerrier squelette, oui ma bonne dame ! Et puis ce domaine de magie ? Vous avez vu les valeurs de lancement complètement disproportionnées ? La relance pour toucher en zone sur 12+ ? Ah, par Ptra le tout-puissant, nous, nos sorts ont des portées débiles, et des effets que tout le monde laisse passer ! Nous, chez les rois des tombes, on n’a pas de Nehek qui peut se lancer à n’importe quelle valeur, non monsieur ! Et les vents de Khsar alors ? Pourquoi l’attribut de domaine ne marche pas quand l’unité elle est au cac, hein ? Je vous le demande ! Et le vortex, alors, il vaut mieux pas en parler ! Ça te pète à la gueule plus souvent que ça tue des ennemis ! Et puis ces stats de vampire fumées, là ! Force 5, CC6, 4 attaques ! Non mais vous avez-vu ça, vous ? C’t’une armée immonde, et pis c’que d’la triche moi je dis ! Oui m’bonne dame !.. »
     Oh par le sang, je vais finir par moi-même devenir fou et me suicider s’il continue.

     Bon, essayons de faire abstraction de ces infâmes bougonneries et récapitulons ma situation : j’ai été emmuré dans ce mausolée, ayant été auparavant embaumé minutieusement par une espèce de liche fou-furieuse, alors que des squelettes me retenaient de toutes parts.
     …
     C’est parfaitement inacceptable, mais c’est bien ce qui s’est passé. Pas plus tard que ce matin, ces dames et moi-même nous étions installés dans l’ombre de la tombe, alors manifestement profanée, probablement par les brigands que nous avions naguère rencontrés, je ne peux qu’essayer de deviner.
     En effet, nous avions convenu de limiter nos déplacements diurnes dans la mesure du possible, étant donné que c’est durant la nuit que nos pouvoirs sont à leur sommet, et que nous pouvons mieux résister à quelque embuscade dans le désert. Ainsi donc, le mausolée était apparu alors comme un point de bivouac convenable, malgré les imprécations harassantes du spectre du roi des tombes qui nous traitait de pique-assiettes, de parasites, et d’autres noms un peu trop grossiers pour que je daigne les noter.
     Ce qui a été par contre notable, c’est que pour passer le temps, je m’étais mis à explorer l’endroit, et j’eus découvert alors un second passage qui menait dans une curieuse chambre funéraire… remplie de trésors de toutes sortes ! Des armes en or et en bronze, des armures ornementées, quelques coffrets remplis de bijoux… Ce qui eut attiré mon attention toutefois, ce fut une stèle en or pur, gravée d’étranges symboles et parée de mosaïques, que je me mis dès lors à déchiffrer avec tout l’entrain d’une personne lettrée et avide de savoirs.
     J’en étais arrivé à la moitié quand dame Arken m’appela d’en haut pour m’affirmer qu’il fallait partir, et vite. Certes, j’aurais du l’écouter, mais à ce moment-là, le déchiffrage ne me semblait pas être une épreuve insurmontable, et je voulus rester sourd à ses appels de plus en plus insistants afin de terminer mon ouvrage d’explorateur.
     C’est en arrivant au bout des écritures (qui narraient en fait les circonstances exactes du retour de Nagash) que je réalisai que les avertissements s’étaient tus, et que les présences aethyriques de ces dames ne se faisaient plus ressentir au sein de la tombe.
     Légèrement décontenancé, je bondis au niveau supérieur, hors de la salle du trésor, et réalisai dès cet instant que je n’étais pas seul. A l’extérieur, je ressentais de monstrueuses présences aethyriques des deux côtés. Ce fut alors que je compris les raisons qui justifiaient le départ de ces dames : ça sentait le roussi.

     Je sortis donc en courant, mais ne pus aller bien loin : le soleil commençait à se lever, m’obligeant à me protéger du mieux que je pouvais de ses rayons meurtriers, et, comble du malheur, je ne savais plus où fuir !
     A ma gauche, je vis de terrifiantes créatures rugissantes, d’énormes lézards des contrées du sud que je n’avais vu jusque là qu’en lointaine Lustrie, lors de mon séjour chez Luthor Harkon. Qui aurait pu me prévenir qu’il y avait des peuplades d’hommes-lézards dans les jungles bordant Nehekhara !
     A ma droite, je vis par contre une vision connue, mais que je n’espérais pas pouvoir admirer de si près : une armée de morts vivants du désert, en plein attirail de guerre, de gigantesques statues en pierre noire dominant ce qui allait devenir d’un instant à l’autre un sanglant champ de bataille.
     Dès lors, ma folle course pour la survie commença : des créatures à grandes ailes, de fait ressemblant fortement à feu mon ptérodactyle zombie, atterrirent devant moi, leurs cavaliers skinks brandissant des espèces de frondes contenant des pierres incandescentes. Naturellement, je courus à l’opposé de la menace, déjà malmené par le soleil et non désireux de connaitre les effets de leurs armes…

     Je vis alors au loin une immense créature innommable sur laquelle était juchée une momie royalement parée, visiblement aussi horrible et aussi enragée qu’un stryge.
     Je courus donc hors de vue de cette abomination… Mais trop tard, je fus évidemment repéré. Il n’y a pas besoin d’être un grand savant pour comprendre même dans une langue étrangère quand on hurle « Capturez-le ! »
     J’effectuai donc une course désespérée… pour me retrouver face-à-face avec des guerriers saurus montés sur des lézards faisant deux fois la taille d’une jument, claquant leurs gueules à mon nez. Et ce fut là que les squelettes d’en-face me tombèrent dessus par dizaines.

     Je ne me souviens plus très bien, ce fut le chaos le plus total. En effet, les chevaucheurs de sang-froids engagèrent de suite mes ravisseurs, et une terrible lutte s’engagea, au cours de la laquelle je me débattis comme un beau diable, mais le sort s’acharna contre moi : une horrible liche se mit en tête de m’ouvrir le ventre afin de récupérer mes organes, ce que je l’empêchais de faire avec toute ma puissance impie, et probablement elle décida alors que je serais très bien embaumé même avec mon corps en entier, et commença de m’enrouler dans des bandelettes de lin, qu’elle tissait autour de moi telle une araignée, alors qu’une dizaine de squelettes m’empêchaient de lui bondir dessus et de lui faire bouffer ses vases canopes. Je me rappelle même qu’on eut tenté de me verser quelque huile sainte dans le gosier, infecte, elle me brûla la langue et le palais, et je parvins malgré tout à ne pas en ingérer une seule goutte.
     Au final, je fus totalement enrubanné, tel un cadeau à offrir, et seule mon ouïe permettait d’entendre que la bataille faisait rage tout autour. De terribles moments s’écoulèrent, qui me parurent une éternité. Puis, quand la clameur se calma je réalisai que les souverains du désert l’avaient emporté sur les créatures de la jungle. Rien d’encourageant, même si je ne saurais dire quel traitement m’aurait été infligé si c’étaient les saurus qui m’auraient capturé.

     Je fus donc transporté dans le mausolée, enfermé dans un somptueux sarcophage de la salle du trésor, et laissé ainsi, tel un trophée de guerre.
     Disons qu’ils n’ont été prudents qu’à moitié. Il ne me fallut pas longtemps pour me défaire de mon cocon de lin, et je défonçai sans peine le couvercle de mon prétendu cercueil. Cela dit, ce fut alors que je découvris que le passage qui reliait la salle à la surface eut été condamné et protégé par de puissants enchantements, ce qui exclut toute tentative de fuite rapide. Que l’on ne s’inquiète pas pour moi, j’écris ces lignes juste avant de me mettre à la tâche ardue de creuser à même le mur de la salle du trésor, dès que j’aurai fragilisé la maçonnerie grâce à ma force impie, indiscutable gage de survie de tout bon vampire. Je compte m’échapper par un tunnel, et, si la chance continue à pencher en ma faveur, retrouver ces dames dont je ne saurais dire si elles sont à ma recherche ou si elles continuent le voyage sans moi, me considérant comme un mort-vivant mort…   Et ça y est, il recommence… avec des blagues obscènes cette fois-ci. AH ! Dès que je retrouve l’usage de ma magie, je fais brûler ce spectre à petit feu, espérant que ma vengeance sera assez féroce ! Au travail !      
...
     Ah, c'est mon millième post. Buffle. Lapin. Sanglier. Jutsu !

     Je me retrouve donc en face de ces dames, ma foi, fort surprises de me voir apparaître de nulle part. Le voyage peut donc continuer sans accroc, et sur ce, je range mes notes !

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Arken
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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Lun 13 Oct 2014 - 11:46

Emmitouflées dans leurs habits, quatre silhouettes observaient le combat qui se déroulait en contrebas. Elles attendaient patiemment que la région retrouve son calme. Les habitants du désert finirent par repousser les envahisseurs. Arken croisa les bras.
- Nous allons devoir perdre du temps à le retrouver maintenant.
- Cela va être plus facile que vous le pensez. Je sens sa présence dans le temple. Mais il tourne en rond, comme s’il ne pouvait pas sortir.
L’ambassadrice fit apparaitre son bâton de magie et dit d’un ton carnassier :
- Je vais m’occuper de ce petit problème…
Un coup de tonnerre la stoppa dans son élan. Le ciel s’obscurcit et les nuages semblaient s’agglutiner autour du temple. Le bâton redisparut.
- Ah, il semblerait qu’il se débrouille tout seul…
Un bruit de chute. Les lahmianes se retournèrent et virent Von Essen à leurs côtés, les fesses dans le sable. Il se releva et se dépoussiéra avec la plus de dignité possible avant de s’expliquer :
- J’étais en train d’écrire nos péripéties… Et j’ai eu un renvoi magique de mes parchemins, à cause du lien d’ubiquité qu’ils ont avec ceux de la taverne. J’ai donc eu assez de puissance pour vous rejoindre…
- Bien. Nous pouvons donc continuer notre route.
Arken se retourna et partit en direction de la jungle qu’ils voyaient au loin. Les lahmianes la suivirent, précédant le sieur Von Essen. Salira ralentit pour arriver à sa hauteur.
- Ne prenez pas ombrage du comportement de dame Arken. Elle semble sévère et non concernée par votre situation, mais sachez qu’elle aurait fait en sorte de vous sauver. Mais nous arriverons bientôt au bout de notre voyage, et elle craint de voir notre mission péricliter face au caractère peu enclin de notre future hôte.
- J’en prends note. Mais une question me brûle les lèvres depuis, en fait, le début de notre voyage. Pourquoi dame Rubis nous accompagne-t-elle ?
- Nous savions que notre voyage finirait dans la jungle. Et qui dit jungle, dit animaux. Et elle est la vampire la plus douée dans ce domaine. Vous avez bien vu son pouvoir face au mastodonte qui nous avait attaqués sans sommation. Elle s’ennuyait un peu, alors elle a décidé de venir nous aider. Mais je vous avouerai que finalement, je ne la connais pas très bien, et Massa non plus. Nous savons juste qu’elle est une magicienne exemplaire de la Bête. Si vous voulez plus d’informations, demandez à Dame Arken, ou parlez directement avec elle.
- Merci pour votre réponse, chère Salira. Mais ma curiosité est assez satisfaite pour l’instant pour éviter d’attirer le courroux de ses dames qui paraissent effectivement être de plus en plus nerveuses…
Le groupe passa près du champ de bataille. Rubis changea soudainement de direction et les autres se stoppèrent. Elle s’accroupit près d’un corps de saurus, qui en réalité était encore vivant. Elle se mit à lui parler dans un langage étrange entrecoupé de claquements de langue. Le reptile lui répondit. Elle rajouta un commentaire avant de l’achever. Puis elle revint vers ses compagnons.
- Ce n’est pas exactement le même dialecte que la Lustrie, mais j’ai pu comprendre l’essentiel. Il semblerait que cette jungle abrite une cité d’Hommes Lézards, dirigée par un Slann de cinquième génération. Ce ne n’est un danger très élevé, mais nous devrons quand même faire preuve de précautions.
Von Essen avait ressorti sa plume et hochait la tête distraitement. Arken opina d’un air grave. Le groupe s’engagea dans la forêt alors que le soleil se couchait.


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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Mer 15 Oct 2014 - 19:28

Cher journal,

     J’avais oublié à quel point j’ai détesté la jungle lors de mon séjour chez Luthor Harkon… Il fait chaud, mes bottes sont couvertes de boue, et j’en ai marre de cette végétation tellement dépaysante ! Rien ne vaut un bon sapin du Nordland, ou un pommier du Wissenland, mais pas cet enchevêtrement de feuilles et de racines traitresses, dissimulant quelque fosse naturelle ou ravine creusée par un cours d’eau millénaire… Je dois admettre que nous en sortons plutôt à bon compte : la totalité des fauves préfèrent nous éviter, les créatures rampantes apprennent à nous connaitre à leurs dépens, et seuls les insectes sont tellement nombreux et insouciants qu’il y en toujours un pour venir vriller devant l’œil. Mis à part cela, nous profitons quotidiennement du vacarme de la Nature épanouie, mêlant cris d’oiseaux divers, rires de singes, parfois un rugissement éloigné… En résumé, une partie de plaisir, la portée de mon ironie dépendant de quel point de vue on se place… Je dois avouer que, maintenant que j’écris ces lignes, je pense entrevoir la raison cachée de ma mauvaise humeur : ma soif de sang est exacerbée, et il n’y a pas âme d’un être humain à des lieues à la ronde… Et comme dit plus haut, la simple rencontre avec une créature à sang chaud me semble peu probable vu l’impression que nous causons en ces lieux. Heureux soit l’animal qui nous a vu et qui a survécu : il ne verra probablement pas une apparition pareille deux fois dans une même existence !
     Il doit être minuit passée, et la lune à bien du mal à percer à travers la dense canopée de cette forêt gigantesque dans laquelle nous progressons pour le moment sans obstacle majeur. Je me demande d’où pouvait bien venir cette armée d’hommes-lézards que nous avions, disons, rencontré sur notre route, car pour le moment, il n’y a pas la moindre trace de leur présence dans les environs. De toute manière, je ne me fais pas bien de soucis : tant que notre charmante guide ne ressent pas de danger sur le chemin, cela veut dire que nous sommes sur la bonne voie, à la fois sûre et efficace. Cela dit, j’en reviens continuellement sur cette faim qui me cause bien des tourments que je m’efforce de dissimuler à ces dames, bien déterminé à ne pas passer pour un fardeau dans notre voyage. Si je me doute que rien n’a pu être dissimulé à la vue perçante de certaines, j’en tire au moins la satisfaction de faire montre de stoïcisme par rapport à mon cas peu enviable. Lorsqu’une nuit, il m’est arrivé de goûter du sang de serpent géant qui s’était mis en tête de m’étouffer dans ces anneaux meurtriers, je fus de suite dégoûté par l’âpreté de la substance, et me dis qu’il faudra encore bien du temps avant que je ne me décide de me rabaisser à pareil menu. Temps qui continue de s’écouler, je le crains, et qui finira par avoir raison de moi si l’on ne trouve pas rapidement du gibier comestible…
     Que dire d’autre ? Si je suis en train de rédiger ces lignes, c’est grâce à une des quelques rares occasions où notre charmante guide décide soudain de nous laisser seuls afin de partir en éclaireur pendant un temps indéfini, très certainement afin de s’assurer que nous n’allons pas tomber au mauvais endroit et que nous puissions ensuite contourner les lieux à éviter, ce qui rallonge considérablement notre progression. Je conçois qu’il s’agit de veiller au succès définitif de cette mission, mais il faut croire que la soif exacerbe mon impatience, au point que lors de ces escapades solitaires, je retrouve souvent à griffonner pêle-mêle de désagréables simagrées, gribouillages, malédictions et autres choses charmantes sur un même carré de parchemin, afin de noyer ma sombre humeur dans l’encre qui me reste… Les dames restent alors entre elles, pas vraiment désireuses de s’intéresser à mon mutisme affairé, et c’est très bien comme ça. Quand il n’y aura plus d’encre, je me dis que j’écrirai avec du sang d’animal, ou avec le mien, histoire de crever l’abcès de la monotonie de nos déplacements…
     Je ne sais plus quoi écrire, aussi j’arrête dès maintenant ; si, je sais : j’espère ardemment que nous touchons au but, et que bientôt nous pourrons enfin rentrer chez nous.                                    

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Lun 10 Nov 2014 - 21:40

Cela faisait des heures que Rubis avait disparu dans la densité de la forêt. Le chroniqueur commençait à s’agiter, impatient. Elle-même sentait venir l’inquiétude. Mais elle était la chef d’expédition. Elle se devait de montrer l’exemple, même face à un évènement malencontreux. Salira se leva d’un coup. Elle possédait la meilleure ouïe du groupe. Elle tourna la tête dans la direction que la suivante indiquait, la main sur son poignard. Elles n’eurent pas longtemps à attendre. Leur camarade sortit des fourrées en compagnie d’un Saurus. Tout le groupe se prépara à l’attaque imminente. Mais le seul mouvement agressif du lézard fut un mouvement de tête méprisant.
- Le clan sait que nous sommes ici depuis que nous avons franchi la lisière. Mais ils ont vu que nous partions dans la direction opposée de leur ville. Ils ont envoyé un éclaireur pour savoir ce que des abominations font par ici si ce n’est pour exterminer leur race.
- Comment se fait-il qu’ils nous ont épargnés ?
- Car je leur ai promis de les débarrasser du mal qui corrompt une partie de la forêt, et qu’ils pourraient dominer toute la sylve une fois le problème résolu.
- Accepter que le mal prolifère pour qu’il se détruise tout seul ?
- C’est l’idée. Plutôt que de se dresser contre nous et perdre du temps à nous chasser, nous chassons à leur place ce qui les dérange depuis des siècles.
- Et pourquoi le Saurus est avec nous ?
- Pour s’assurer que nous partions une fois la mission accomplie…
Sa dernière phrase était lourde de sens. Une fois le problème réglé, il essaierait certainement de les tuer. Toujours est-il qu’ils devaient s’accommoder de cette nouvelle présence.
- Et quelle est cette créature à chasser ?
- La même avec qui nous allons négocier.
Arken comprit le tour de force qu’avait réussi son amie. Elle avait assuré leur survie jusqu’à la fin de leur propre mission. Et une fois terminée, elles seraient hors d’atteinte des Hommes Lézards…

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Lun 10 Nov 2014 - 23:51

Cher journal,

     J’écris avec cette prégnante et désagréable impression d’avoir été laissé derrière, mais plus détestable encore est la conviction que cela s’est fait pour une bonne raison.
     Il y a quelques heures en effet, nous avons constaté un changement dans la forêt. D’abord à peine perceptible, même pour nous autres détenteurs des arcanes, il devint peu à peu tellement évident que le gros lézard qui s’était joint à notre compagnie commença à remuer sa queue en signe d’appréhension. Lui aussi sentit le pouvoir qui était à l’œuvre dans cette partie-là de la jungle, une étrange vibration, tel un cœur immense qui remuait de manière désordonnée… Je le ressens encore en ce moment : cette puissance recouvre tout le territoire qui nous avions pénétré, et je devine que curieusement, son invocateur semble vouloir tout faire pour qu’elle ne se fasse pas remarquer le plus de temps possible, sauf si l’intrus se rapproche beaucoup trop près de son repère. C’est Shyish, le vent de la mort, qui caresse chaque feuille de chaque arbre tout autour, s’immisce dans la moindre faille, le moindre interstice, s’imbibe dans l’écorce des arbres, les racines, les fleurs, les lianes et les mousses. Tantôt il vient, tantôt il repart, ne laissant aux plantes qu’une infime parcelle de la Vie qui les habite, à peine assez pour continuer à vivre et donner naissance au pollen.
     Il n’est pas sorcier de comprendre que tous les êtres vivants qui l’ont pu ont déserté ce territoire meurtrier. Nous autres vampires, nous ignorons les effets latents de ce vent de magie, sinon même nous accueillons sa présence avec une certaine complaisance, comme si nous observions un vieil ennemi s’efforcer encore et toujours de nous atteindre, en vain.
     Complaisance mise à part, ce vent est vicieux. Je ne doute aucunement que notre présence est depuis longtemps connue à l’invocateur, ou invocatrice, comme je le présume, et que ce n’est que par précaution et curiosité qu’elle attend de découvrir si nous sommes des ennemis à éliminer ou pas.
     En vérité, même pour moi, qui me pensais pourtant hors d’atteinte de pareille impression depuis mes nombreuses expériences, ce lieu, cette partie de la jungle inspire une indicible crainte, ou, si je voulais m’épargner des mots durs, un intolérable inconfort. A la conscience de baigner dans un vent qui peut aspirer mon esprit à tout moment se rajoute la conviction d’être constamment observé, étudié sous tous les angles, pour ainsi dire mis à nu pour la personne qui souhaite tout savoir sur les intrus qui osent délibérément approcher de son repère. Toutefois, l’incident qui me fit involontairement faire paraitre mon malaise fut la mort du guerrier saurus.

     Nous avancions en effet à travers les broussailles, plutôt habitués à ce genre de progression hasardeuse, quand, de manière totalement inattendue, cet abruti à sang froid poussa son dernier râle… Pour ma grande honte, j’avouerai que sur le moment, je n’y tins plus : sourd et aveugle à tout le reste, je me jetai à son cou recouvert d’écailles et déchiquetai son cuir à coup de crocs, jusqu’au sang. Lorsque j’en eus enfin fini, j’étais partiellement marqué des fluides vitaux du défunt saurus, mais avant tout sujet de tous les regards, à savoir ceux des quatre dames, exprimant une désapprobation unanime.
     A moi et à ceux qui liront ces pages de mon journal, j’épargnerai les quelques très sèches remontrances qui s’ensuivirent. Je m’empressai alors de changer de sujet, et d’attirer leur attention sur ce qui, de fait, constituait tout de même une étrangeté notable : le saurus avait péri sans coup férir. Ma remarque fut toutefois rapidement repoussée par le constat évident de Shyish qui planait partout autour, par la nécessité de continuer sans le défunt, même par l’aubaine de s’être si facilement débarrassé de ce qui au final devait être un encombrement plus qu’autre chose. Ceci dit, ce fut alors que dame Arken me fit la très insistante proposition de rester en retrait de ce qui allait suivre, argumentant notamment que mon état ne me rendait guère présentable sur une table de négociations, sans parler de mon état mental déplorable. Malgré tous mes contre-arguments, la comtesse d’Argent demeura étonnamment intraitable, et je dus me résoudre à la voir s’en aller en compagnie des trois autres dames, me laissant seul avec le macchabée du gros lézard exsangue.
     Plus j’y réfléchis, encore et encore, plus je me dis que je n’aurais jamais du finir par céder et les autoriser à partir sans moi. Tout ce chemin parcouru ensemble, pour se séparer si soudainement, et ce pour des raisons de bonne mœurs diplomatiques ? Par mon sang, j’imagine qu’il y a d’autres raisons protocolaires derrière un acte si impromptu. Si je devais exprimer ma pensée précise, j’irais jusqu’à affirmer que l’absence de ma présence lors des discussions est nécessaire afin de préserver les secrets de la Reine du Pinacle d’Argent des oreilles d’un von Carstein potentiellement peu discret.

     Certes, je peux me tromper, et il est vrai que mon hypothèse de complots et d’intérêts dissimulés m’agrée plus par son aspect romanesque que par sa relative vraisemblance. Toutefois, je ne peux cesser de me demander si ces dames n’ont pas commis une erreur en décidant au dernier moment de m’isoler de leurs affaires privées. Ma principale crainte est que les choses tournent au vinaigre sans que je puisse intervenir de quelque manière que ce soit, et qu’au final nous soyons tous à la merci de l’occupante de ces lieux, Maatmeses.
     Par le sang, cette torpeur est intenable ! Je vacille entre la poignante envie de me remettre en mouvement en espérant les rejoindre à notre destination, et l’intuition que, quelque part, je pourrais au contraire nuire à leur progression et leur contact avec notre cible, si jamais il m’arrive de bouger et d’attirer trop l’attention.
     Foutre le feu à toute cette maudite forêt, voila ce qu’il faudrait ! Et ce n’est pas toi, le cadavre sur lequel je suis assis, qui pourrais me contredire ! Enfin, triste constat que de terminer mes notes sur une menace creuse : un incendie engloutirait non seulement notre cible, mais aussi ces dames et moi-même. Il me peine d’écrire cela, mais il me faudra m’armer de patience et attendre le retour de dame Arken, ses deux servantes et sa compagne, espérant plus que tout le succès de leur mission.                                                

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MessageSujet: Re: Pérégrinations et autres curiosités   Lun 17 Nov 2014 - 9:37

Il attendit pendants des heures interminables. Tantôt il faisait les cents pas, tantôt il restait assis, immobile, tantôt il se prit à parler avec le cadavre qui lui servait de siège. C’était insupportable… Un chroniqueur privé de la partie la plus intéressante de l’histoire… Il sentit le jour s’éteindre au-delà de la canopée. Voilà presque une journée qu’elles avaient disparu, le laissant là comme un orphelin abandonné. Ça n’allait pas se passer comme ça. Au retour, elles entendront parler du pays. Mais… Et si elles ne revenaient pas ? S’il attendait bêtement, les fesses sur le dos d’un Saurus exsangue, alors qu’elles avaient besoin d’aide ? Il se releva d’un coup. S’arrêta. Comment les retrouver ? Un bruit incongru le sortit de ses pensées. Un croassement. Il leva les yeux. Ce corbeau de malheur était tranquillement posé sur une branche et l’épiait. Mais pour une fois, sa présence le rassura. S’il semblait aussi calme, c’était que dame Rubis était toujours bien portante. Il fallut peu de temps pour confirmer ses pensées. La demoiselle sortit des fourrés, un sourire sarcastique sur le visage.
- Avec toutes ces péripéties, je dois avouer que j’ai failli vous oublier. Mais je suis là. Nous pouvons y aller.
A ces mots, elle se retourna et partit dans une autre direction. Le corbeau descendit pour se poser sur son épaule. Une fois la stupeur passée, Von Essen lui enjamba le pas. Et après quelques instants, il posa la question qui lui brûlait les lèvres :
- Dame, pourquoi avez-vous une égratignure sur la joue ?
- Ah ! Ce n’est rien. Maatmeses a pris sous son aile quelques créatures la jungle qui ont été corrompues par Shyish. Et elle a la fâcheuse habitude de les envoyer sur tout voyageur de passage pour le massacrer avant même de savoir de qui il s’agit. Mais vous savez comment sont les animaux. Ils attaquent, mais se soumettent directement après quand ils comprennent que la proie est plus puissante. Bref. Au lieu de jacasser, dépêchons-nous. Elles nous attendent au point de rendez-vous.
Il fronça les sourcils mais garda le silence. Au bout d’une nouvelle éternité, ils arrivèrent à la lisière de la jungle. Il s’immobilisa quand il sentit la puissance ambiante augmenter et crépiter dans l’air. Devant lui se tenait la légendaire Maatmeses, vampire première née. Il sentit sa prestance grignoter peu à peu sa propre dignité. Il osa à peine s’approcher et la salua d’une légère courbette. Les trois autres lahmianes se tenaient non loin. Même si leur attitude était devenue sérieuse, elles ne pouvaient empêcher un sourire en coin face à la réaction du chroniqueur. La vampire lui rendit son salut d’un sec mouvement de tête avant de se retourner vers l’ambassadrice.
- Quand arrive-t-il ?
- Rubis ?
- Il ne devrait pas tarder. Rabe l’a déjà rejoint.
Arken hocha la tête et échangea quelques mots avec l’ancienne juge suprême de Lahmia. Le jeune vampire, ne voyant que dame Rubis de disponible pour répondre à ses questions, se pencha vers elle.
-Euh… On attend quoi en fait ?
Pour toute réponse, elle leva la tête, un grand sourire sur les lèvres. Il suivit son regard et découvrit un énorme ballon. Il flottait doucement dans les cieux, sans se rendre compte de son incongruité. La désillusion de Von Essen se désagrégea peu à peu. Il s’était résigné à ne jamais emprunter, même voir, le dirigeable du Pinacle. Et il était désormais là, devant lui, en train d’amorcer son atterrissage en douceur. Le même sourire que dame Rubis apparut sur son visage.

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