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 Chroniques des Von Bluthimmel

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Sangran
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Mer 10 Aoû 2011 - 17:03

Moi j'adore le passage où le gros, nonchalemment, balance: il paraît qu’un de vos novices a perturbé la trajectoire d’une comète qui risquerait de s’écraser si je n’y vais pas de suite.

Oh ben zut alors, ce serait balot quand même ^^ Moi je veux le voir ce novice qui dévie les comètes !!
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Blood-Dwarf
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Ven 12 Aoû 2011 - 12:05

Bien, merci à tous d'avoir lu et commenté ce chapitre !

Citation :
un puissant sorcier de l'élément air(ce collège existe dans Warhammer?)

Ce n'est pas le Collège de l'Air proprement dit (qui n'existe pas), mais le Collège des Cieux, comme susdit à la fin du texte d'ailleurs !

Citation :
Juste une petite faute repérée

Ah oui, je devais être fatigué... Innocent En tout cas c'est corrigé !

Citation :
j'aurais aimé description plus détaillée du Collège des Cieux.
Citation :
Ha et j'aurais vu les sorciers plus mystérieux aussi.

A la base, je pensais faire une longue description, mais devant le manque de détails abordés dans le LA correspondant, j'ai abandonné cette idée... Et, pareil, je voulais faire une scène très mystérieuse, mais vu que ce n'est que le début de l'histoire de mon héros, je voulais un peu précipiter les choses pour arriver plus vite au passage adéquat : le passage à la Non-Vie ! Vampire

Mais bon, je vais prendre mon temps, sinon mes textes risquent de devenir des déchets... Beurgl

Citation :
Moi je veux le voir ce novice qui dévie les comètes !!

En terme de jeu, je rappelle qu'un sorcier de niveau 1 peut très bien lancer une comète de Casandora ! Mais, en fait, mon intention était de faire mentir ce personnage, et de le faire par un gros mensonge, pour harmoniser avec sa physionomie ! Mr. Green

Et, pour l'info, je pense poster le prochain chapitre vers mercredi, il promet d'être plus long et plus... intéressant ! Enfin j'espère ! Innocent


EDIT : Voici donc le chapitre 4 des pérégrinations de mon jeune héros, j'espère qu'il vous plaira ! Avec un petite description du lieu au passage, pour combler les lacunes remarquées au chapitre précédent ! Whistling
Voilà, je vous laisse apprécier !
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Blood-Dwarf
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Jeu 18 Aoû 2011 - 15:57

Chapitre 4 : Admission


Je m’étais levé le lendemain avec l’égoïste idée d’avoir été insolemment chanceux. La salle où j’avais dormi était assez recroquevillée sur elle-même, quoique très ensoleillée, car elle était surplombée d’un dôme de verre. La pièce était en outre emplie de lits, même si j’étais actuellement le seul à en profiter, l’astre céleste flamboyant haut dans l’azur lointain. Un jeune garçon en livrée cramoisie se présenta à moi, portant devant lui quelques habits soigneusement pliés, dont le contact soyeux exalta mes sens. Après que j’eusse compris qu’il me fallait retirer mes chausses nauséabondes afin de me vêtir de ces riches vêtements, le serviteur tourna pudiquement le dos et patienta à la porte. Je n’avais pas eu le temps de m’étonner, aussi j’obtempérais, troublé. Après m’être habillé, je suivis le garçon dans les couloirs sinueux du Collège de Magie.

La sombre forteresse de ma veille se révélait la journée en un élégant palais, qui ouvrait ses grandes ailes de papillon à la lumière diurne ; et plus d’une fois mon œil se perdit dans l’exotique dédale d’arabesques murales. La lumière entrait par d’éclatants vitraux, et dansait avec l’ombre dans une harmonie telle que le non-initié prônait la confusion et s’engluait dans les méandres de la pénombre changeante. De somptueux jardins floraux s’abandonnaient sur les hautes terrasses, à un tel point qu’autant de jardiniers que de sorciers se promenaient dans ce paradis végétal. L’ombre nocturne des tours menaçantes s’était dissipée dans un nuage de rosée matinale, et l’on ne voyait désormais plus que le reflet du soleil venu se réfléchir sur la nacre étincelante des hautes constructions, dont les sommets se perdaient dans l’océan astral, édifiés dans un vain essai de décrocher les étoiles. Les arches fleuries étaient parcourues par des mages attendris pas tant de grâces, et nombre d’entre eux déambulaient dans le seul but de profiter pleinement de ce lieu incroyable, au cœur même d’Altdorf.

Malgré mon envie d’admirer la sublime fertilité des allées estivales, j’arrivais bien vite devant une énorme porte dorée, dont les bas-reliefs retinrent mon attention durant que le serviteur s’éclipsait dans l’obscurité. Après avoir pu – par une étonnante puissance de volonté – décrocher mon regard de l’épaisse porte, je m’aperçus que j’étais de nouveau seul. Je ne savais que faire, mais il devait y avoir une raison à me planter devant cet huis, ainsi je me raisonnais à entrer. Je poussai la porte dans un nuage de poussière, et entrai dans le sombre cabinet. Je ne savais si c’était une pièce à l’abandon ou bien le lieu de travail de quelque désordonné magicien, mais le lieu empestait le moisi, et était recouvert de toutes parts de toiles d’araignées, de telle sorte que certains murs en étaient noircis. Le lieu était inquiétant, car la lumière avait eu la décence de le délaisser, et je ne voyais pas la vermine qui grouillait dans les recoins ténébreux. Un frisson me parcourut, la porte se referma derrière moi, dans un claquement sourd. Soudain, une voix s’éleva de l’obscurité…

Elle était en provenance du plus sombre côté de la pièce, et, même si elle était douce voire mielleuse, je ne pus m’empêcher de reculer d’un pas en clopinant. Elle était faible, je ne comprenais rien à l’élocution inaudible de mon interlocuteur. Dans un élan de bravade insensée à la peur que m’inspirais ce lieu, j’avançai à tâtons pour m’approcher de la personne qui se tapissait au fond du cabinet. Soudain, je perçus distinctement ce qu’elle me disait, dans un murmure poussiéreux, elle m’appelait :

« _ Bien… Approche encore un peu, que tu m’entendes, jeune voleur. Voilà, arrête-toi ici, ce sera suffisant. »

Le personnage marqua là une pause, et je scrutai l’obscurité dans le but de découvrir l’origine de la voix, avant d’abandonner, frustré, et de laisser mes yeux s’accoutumer aux ténèbres d’encre. La voix reprit au bout de quelques secondes, visiblement fatiguée, aspirant à un repos silencieux, dans le bruissement de la langue qui roule sur le palais, des mâchoires qui se délivrent de leur étau, d’un son grave qui émerge des profondeurs fanées de la cage thoracique :

« _ Vois-tu, tu n’es pas le premier à pénétrer dans ce bureau exsangue, même si de nombreux voleurs en herbe pénétrèrent de nuit dans la vénérable enceinte de mon Collège de Magie. Je suis, tu l’auras deviné, l’un des doyens de cet antique lieu, et j’ai pour charge de recruter de nouveaux apprentis... »

Prudent, je ne répondis pas, attendant de voir où voulait exactement en venir l’homme, même si ces phrases étaient on ne peut plus explicites. Il reprit rapidement :

« _ L’un de mes illustres prédécesseurs tissa un jour un enchantement puissant qui recouvrit entièrement le Collège de Magie, de telle sorte qu’une personne qui ne présentait aucun don pour la magie ne pouvait voir le bâtiment tel quel, mais une vision altérée d’un vieux manoir décrépi. Seule une personne possédant quelques prédilections pour l’art de manipuler l’éther peut entrer en cette vénérable place… De surcroît, tu as réussi à déjouer la tempête de notre gardien, Hyacinthe, déjà vétéran et reconnu au sein de notre Collège. Tu ne le savais peut-être pas, mais tu possèdes un grand potentiel, et c’est ici qu’il fleurira, et qu’il te sera utile. Qu’en dis-tu ? Acceptes-tu de te joindre à nous, ou souhaites-tu retourner à ta vie de fouineur, à vivre dans la boue et à te mordre le ventre de faim ? Tu as le choix, à toi de faire le bon… »

J’étais resté éberlué durant tout le discours de l’inconnu, tant ce qu’il disait me semblait lointain, mensonger et impossible. Cependant, une idée avait germé dans ma tête, et, telle une maladie incurable, commençait à se répandre dans mon esprit : et si cet homme disait la vérité ? Maladroitement, je balbutiai quelques mots, pour retarder cet instant fatidique, car je ne voulais pas me tromper, pas cette fois, alors que toute ma vie il m’avait fallu plier sous le colérique destin :

« _ Je… Je n’aspire qu’à vous croire mais… Comment serais-je sûr de… De ce que vous avancez ? Vous dites que, que je suis un sorcier, mais comment pouvez-vous me le prouver ?

_ Bien sûr, je n’attendais que cette question… Ferme donc les yeux, et imagine une salle lumineuse, dont les grandes baies vitrées éclaireraient les précieux traversins. Une salle, dans laquelle tu apercevrais une somptueuse table, couverte de vivres en tous genre, car tu as faim, et déjà ton ventre gronde. Une salle remplie de bibliothèques, où d’antiques volumes siègeraient, tous recouverts d’une couverture soyeuse, dont le seul nom ferait frémir tout ton corps d’un rêve cristallin. Une salle, où je trônerais en maître, sur un riche fauteuil azuréen, éclairé par les rayons déclinants du lointain soleil. A présent ouvre les yeux, car la salle poussiéreuse n’est bientôt plus qu’un souvenir, un charme robuste éclipsé par ta puissante quoique brute magie. »

Alors qu’il parlait d’une voix joyeuse, ravie par tant de simplicité, j’ouvrais les yeux et s’offrait à moi la salle qu’il m’avait décrite, comme il l’avait promis. Il était assis derrière un épais bureau, une paire de verres étranges sur son nez aquilin, posés devant ses yeux de jais. Il souriait, visiblement ravi par mon visage ébahi, et m’invita rapidement à m’attabler. Cependant je m’extasiais encore devant le miracle qui s’était accompli sous mes yeux. Je le regardais finalement dans les yeux, une vague expression de joie aux lèvres, et lui annonçai sans hésitation :

« _ Vous m’avez convaincu, qui que vous soyez. Je souhaite adhérer de tout mon cœur à votre Collège ! »
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Vladimir
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Ven 19 Aoû 2011 - 11:38

Excellent chapitre!la description est vraiment très poussée,on imagine très bien les lieux enchanteurs dont tu nous décris.J'attend avec impatience le prochains chapitre,qui à mon avis se révélera très intéressant sur la façon d'enseigner la magie.
Félicitation pour ta cadence de parution!
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Ven 19 Aoû 2011 - 12:13

Ouaouh!Sa ma mis tu temps à touts lire mais c'est vraiment bien !Bonne description et un fil narrateur trés interresant!Chapeau l'artiste. Clap
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Thomov Le Poussiéreux
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Ven 19 Aoû 2011 - 13:43

Yep, une suite tout à fait appréciable!
Voici donc l'un des Maîtres du Collège des Cieux; j'espère que nous le côtoierons encore un moment et que son domaine de magie transparaitra clairement dans son caractère (orageux?).

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Blood-Dwarf
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Dim 21 Aoû 2011 - 15:16

Merci à vous ! Happy

Citation :
j'espère que nous le côtoierons encore un moment

A vrai dire, ce personnage n'a pour l'instant pas de réelle importance, mais il est possible que je lui trouve une place dans mon historique. J'ai même déjà quelques petites idées, mais il faudra sûrement être patient... Shifty

J'imagine que vous savez de quoi je parlerais dans mon prochain chapitre; mais je vous réserve une petite surprise... Enfin, la suite de mes chroniques arrivera sûrement vers mardi, voire mercredi ! Smile
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Keraad de Gespenst
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Lun 22 Aoû 2011 - 12:03

Je viens de tout lire d'une traite, et je ne peut qu'applaudir (des deux mains): c'est effectivement superbe! Les descriptions sont longues, mais tu réussis malgré cela à les rendre prenantes, ce qui mérite déjà des félicitations. La vie du petit voleur abandonné est très réaliste, surtout qu'on ne connait pas son nom! Le collège de magie a un aspect céleste parfaitement rendu qui correspond tout à fait à sa fonction. C'est vraiment excellent, bravo.

La seule chose qui m'ait un peu surprise c'est que les sorciers semblent aussi émerveillés par les jardins que le garçon. Pourtant ce sont des sorciers (donc moins frappés que de simples hommes par une décoration magique), célestes (qui s'intéressent plus au ciel qu'aux plantes) qui passent leur vie ici et devraient être habitués au décor.

Ça reste un détail mineur, j'ai lu les 4 chapitres d'une traite, et c'est vraiment super toll et wunderschön.
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Blood-Dwarf
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Mer 24 Aoû 2011 - 20:05

Citation :
La seule chose qui m'ait un peu surprise c'est que les sorciers semblent aussi émerveillés par les jardins que le garçon. Pourtant ce sont des sorciers (donc moins frappés que de simples hommes par une décoration magique), célestes (qui s'intéressent plus au ciel qu'aux plantes) qui passent leur vie ici et devraient être habitués au décor.
Il est vrai que j'avais oublié ce petit détail, et j'ai légèrement accentué sur l’inaccessibilité des sorciers, même s'il est possible que de jeunes sorciers puissent s'émouvoir des massifs de fleurs que recèlent les jardins. Smile

Citation :
c'est vraiment super toll et wunderschön.
Ah, un lecteur germanophone ! Toll ! Very Happy

Je poste ci-dessous le chapitre 5, j'espère qu'il vous plaira ! Bonne lecture ! Wink
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Blood-Dwarf
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Mer 24 Aoû 2011 - 20:06

Chapitre 5 : Etudes


Oh, comme cette décennie fut douce pour l’infortuné que j’avais été ! Après une jeunesse hasardeuse, j’aspirais à embrasser de tout mon être la joie de vivre, à ne oublier les promesses de nuit qui m’avaient bercées, et ainsi ai-je vécu durant ces années. Le Collège m’offrait en plus de mes enseignements le gîte et le couvert. Une bourse était occasionnellement offerte aux plus méritants des élèves et, dans mon entêtement à vivre du plaisir, j’appris à me dépasser lors des cours de sorcellerie afin d’obtenir les piécettes espérées, et de dilapider cette récompense en chopines de bière dans les faubourgs impériaux. Oh, bien sûr, il fut tout d’abord difficile de m’intégrer dans l’établissement car la plupart de ses occupants avaient été élevés dans le frottement des robes de mage sur le mollet. Ainsi, la plupart de mes compagnons de chambre parlaient peu et arboraient de jour comme de nuit un regard éteint, une moue décourageante, et ne portaient d’intérêt qu’à ce qui se rapportait à leurs cours. Un marasme croulant hantait les visages hautains, et je m’évadais de ces hommes inhumains en descendant le soir dans les quartiers pauvres de la capitale, m’abreuvant de liqueurs insolites et grognant bruyamment en une abjecte cacophonie avec la foule d’ivrognes au crépuscule.

Mes leçons d’astromancie en furent un temps perturbées par ces débauches nocturnes, mais j’appris bien vite à ne plus souffrir des effets secondaires de l’alcool. Avec un conclave de jeunes nobliaux et un professeur exigeant, j’acquérais bientôt les compétences nécessaires pour interpréter le futur à travers les étoiles, ou encore à frapper le sol d’un éclair rageur. J’avais appris à invoquer de puissants vents, presque des tempêtes, à lier et à défaire les courants d’éther qui soufflaient avec force sur le Vieux Monde. Je m’escrimai à déchiffrer les arcanes éthérées que portaient ces puissants vents tant que le soleil éclairait la haute tour de divination, et je m’écroulai le soir, meurtri et harassé, aspirant à un sommeil régénérateur. Mais je sortais tout de même le soir, prêt à me décrasser l’estomac de toute la poussière des vieux parchemins que j’avais ingurgité en toussotant la journée, prêt à oublier l’espace d’un soir jusqu’à mon propre prénom… C’est d’ailleurs en ces circonstances que je rencontrai Wilhelm, qui devint à partir d’une de ces veillées mon compagnon de beuverie.

Je l’avais rencontré lors d’un soir automnal, alors que la lune éclairait la ville de ses rayons cristallins. La taverne du Troll Puant, c’était là qu’avait commencé la rixe. Il avait renversé accidentellement ma chope en s’écroulant sur ma table. Mon visage que l’alcool rendait déjà écarlate devint d’un rouge flamboyant, et nous avions commencé à nous insulter, prêts à en venir aux mains. Quelques clients commençaient à prendre des paris dans un coin obscur qui sentait l’urine, tandis que d’autres nous encourageaient à nous frapper violemment. La tension grimpa d’un cran lorsque je lui déchirai maladroitement sa chemise sale d’un mouvement vengeur de la main. Nous nous regardions dans les yeux qui bientôt devenaient rouge sang, expulsant de l’air bruyant de nos narines tels deux taureaux, frappant nos torses respectifs à la recherche d’une suprématie morale.

Alors que l’orage de coups allait éclater, le tavernier affolé – et un peu saoul, il faut bien le dire – sonna dans un accès de lucidité une petite cloche, ameutant de ce faire tous ceux qui ne s’étaient pas encore endormis sur leur gobelet vide : c’était l’heure de la tournée générale. Nous nous sommes regardés stupidement un instant, regrettant ce que nous avions déjà oubliés, puis nous avons courus en clopinant jusqu’au comptoir, qui était déjà pris d’assaut. Nous avons discuté le reste de la soirée, une chopine à la main, et j’appris là qu’il était ingénieur et qu’il avait étudié la matière à Nuln, et même architecte à ses heures perdues. Nous nous sommes retrouvés le lendemain l’un aux bras de l’autre, allongés dans l’immonde fange qui rampait dans les rues altdorfiennes. Nous nous sommes souvent revus par la suite, et la dernière fois que je l’ai vu dans cette vie fut lors de cette sinistre soirée qui scella mon destin. Une bien triste soirée…

Ce soir-là, j’étais descendu comme à mon habitude me saouler au Troll Puant. Ma vigilance s’assoupissant devant le nombre croissant de chopes vides qui s’amassaient sur ma table, un homme étrange se décida à m’aborder. Son visage était recouvert d’un capuchon sombre, mais on devinait sans peine la détermination que peignait son regard obscurci. Ses bras noueux jaillissaient de ses épaules carrées, et de nombreuses cicatrices les ornaient ostentatoirement. Il ne se présenta même pas, s’arrêtant face à moi, et me lança un défi au bras de fer à brûle-pourpoint, d’une voix ténébreuse. Des cris de joie fusèrent, et, accepté d’emblée par ma stupide communauté d’ivrognes, je commandai une bière pour celui que j’appelais déjà « mon ami ». Alors qu’il approchait son visage de la table et qu’il relevait son capuchon, il m’annonça l’enjeu du bras de fer : je jouais pour dix ans de service dans l’armée…

Dix ans de service, dix longues années à guerroyer… Je lui avais fait promettre en échange que s’il perdait, il devait danser nu sur le comptoir. Oui, j’avais l’esprit tellement imbibé de ces substances douteuses qu’ils nomment alcool que mes pensées se brouillaient et devenaient simplistes au possible. J’en oubliais presque que l’eau boueuse était l’un des principaux ingrédients de ces liqueurs. Enfin, passons. Il approchait déjà son bras droit de la table, balayant d’un revers nonchalant les chopes vides étalées lamentablement devant moi. Sur un ton qui n’admettait aucune échappatoire, il m’ordonna de poser mon bras sur la table, et nous commençâmes.

Alors que d’illégaux paris étaient lancés par-dessus mon épaule, je regardai fixement mon adversaire – ou du plus fixe regard dont j’étais capable dans mon état -. Son visage était couvert de balafres violacées, et son regard impénétrable surplombaient un nez cassé lors de bagarres précédentes. Il me parla alors d’une voix froide, qui n’attendait nulle réponse :

« _ Jeune inconscient, sais-tu comment me surnomme-t-on dans les tavernes impériales ? J’imagine que ma réputation ne m’aura pas précédé si tu as accepté… Je suis, tu t’en souviendras, appelé « Poigne d’Acier ». Tu vas passer les dix prochaines années de ta misérable vie dans mon régiment, stupide jeune homme ! »

Et avant que j’eus pu ne serait-ce que comprendre ce qu’il venait de m’annoncer, il m’écrasa l’avant-bras contre la table rugueuse. Le temps s’arrêta alors, car, dans un éclair, je compris que je venais de vendre ma vie – ou presque – à cet homme. J’allais passer dix ans de ma vie dans ce régiment, devoir quitter le Collège, car cet homme était sans aucun doute puissant et respecté au sein de l’aristocratie impériale, comme l’indiquait la bague seigneuriale qu’il portait à l’annulaire. Cependant, il avait tort, et je n’ai passé en réalité que deux mois dans ce bataillon. Deux des plus longs mois de ma vie…
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Jeu 25 Aoû 2011 - 9:20

Hum... C'est bien beau de nous dire qu'il va n'y passer que deux mois... C'est frustrant de pas savoir pourquoi!



Suite!

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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Jeu 25 Aoû 2011 - 9:36

Super chapitre!(comme d'habitude Wink )Par contre,étant donné qu'il y a peut de mage dans l'empire,ils sont précieux.Je vois donc mal un mage être engagé comme simple soldat.
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Thomov Le Poussiéreux
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Jeu 25 Aoû 2011 - 10:47

Du tout bon mais j'aurais apprécié que tu nous parles plus longuement du personnage de Poigne d'Acier; un recruteur peu scrupuleux est une riche idée!

Cela dit, si la suite se passe dans son régiment, il est probable que tu nous en dévoiles d'avantage sur lui un peu plus tard.

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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Jeu 25 Aoû 2011 - 11:29

Je plussoie Vladimir, si un mage est engagé dans l'armée, ce ne sera pas en tant que troufion de base, mais comme mage de bataille. Ceci dit, je me doute bien qu'il ne va pas simplement combattre à l'épée dans le texte suivant...que je t'encourage vivement à poster dès que possible, parce que si le niveau reste le même, je vais très vite être en manque...La suite!!!!
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Blood-Dwarf
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Mar 30 Aoû 2011 - 16:11

Merci pour ces encouragements !

Alors, pour vous répondre...
Citation :
Par contre,étant donné qu'il y a peut de mage dans l'empire,ils sont précieux.Je vois donc mal un mage être engagé comme simple soldat.

Bien entendu, le personnage de "Poigne d'Acier" ignore dans la taverne que mon héros est un sorcier. Il l'apprendra ultérieurement, chaque chose en son temps ! Very Happy
Citation :
j'aurais apprécié que tu nous parles plus longuement du personnage de Poigne d'Acier

Comme suggéré dans la suite de ton message, "Poigne d'Acier" sera plus longuement décrit dans le chapitre suivant, et dans d'autres, plus tard.

Bien, je pense poster mon prochain chapitre très prochainement. Il servira de transition vers de plus importants évènements, donc ne vous inquiétez pas si la longueur du texte est plus courte que celle des précédents ! Cool

EDIT : Voici le sixième chapitre, postez vos commentaires, et, surtout, appréciez votre lecture ! Wink


Dernière édition par Blood-Dwarf le Mar 30 Aoû 2011 - 17:27, édité 1 fois
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Blood-Dwarf
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Mar 30 Aoû 2011 - 17:26

Chapitre 6 : Adieux


Je me réveillai le lendemain avec une foudroyante gueule de bois. J’avalais de suite une pâte gluante achetée à prix d’or chez un marchand douteux, sensée « me prémunir des effets secondaires délétères des boissons fortement alcoolisées ». Le plus étonnant était qu’une sensation de bien-être s’emparait de moi et chassait mes douleurs crâniennes après la consommation de cette drogue. J’avais complètement oublié les évènements de la veille, et j’en étais à me demander pourquoi mon avant-bras droit était-il si meurtri, et pourquoi y avait-il une grenouille sous mon lit ? Je n’éclaircirai malheureusement jamais ce point, mais je m’engageai après m’être vêtu dans l’allée principale, afin de sortir en ville, car mon professeur venait de faire une chute malencontreuse dans les escaliers, et les cours ne pouvaient pas avoir lieu. Arrivé au portail, je me présentai au portier, Hyacinthe, de telle sorte qu’il ouvre les lourds battants dorés. Il me dévisagea, consulta une note posée sur un bureau, fit une cruelle grimace, et me cracha à la figure de dégout avant de me jeter dans la rue.

Abasourdi, le visage dégoulinant de bave, ma robe souillée par la boue croupissante des rues impériales, je clamai au scandale, me rebellant contre ce gras homme qui m’avait jeté à terre ! Cependant, dans un éclair de sagacité, je me souvins des beuveries de la veille, et, dépité, je partis vers les quartiers malfamés de la ville qu’on appelait noblement « les casernes ». Interpellé à chaque coin de rue tantôt par des mendiants, tantôt par de laides prostituées déflorées avant l’âge, je reculai toujours devant ces gens qui après dix ans de vie luxueuse me dégoûtaient, les fuyant presque, alors que j’avais grandi dans la même odeur de misère qu’eux. Les maisons ici étaient trapues, sordides, s’élevant sinistrement d’une nappe misérable puant l’urine et l’alcool. J’arrivai bientôt devant la tente de celui qu’on surnommait la « Poigne d’Acier », après m’être fait renseigner – moyennant quelques piécettes – par des soldats à moitié ivres.

La tente n’étant pas gardée par quelque abrupt vétéran, j’entrais en poussant le rideau épais qui obscurcissait le pavillon. « Poigne d’Acier » était affairé devant une table sur laquelle trônait une carte usée qui – je l’appris plus tard – représentait les contrées impériales. Son visage couvert de cicatrices était tordu d’une étrange expression, comme s’il réfléchissait ardemment, et il semblait réellement tourmenté par quelque invisible malheur. A mon entrée, son visage sombre se releva, me regarda de ses yeux froids, et m’invita abruptement à approcher. Il était visiblement embarrassé, et, après s’être bruyamment raclé la gorge, il prit la parole :

« _ Bienvenue à vous dans l’armée, insouciant ivrogne. J’ai appris récemment que vous logiez et étudiiez au Collège des Cieux, et je vous annonce dès lors que vos enseignements là-bas prennent fin. Je suis heureux d’abriter un sorcier dans mon contingent, ainsi vous rejoindrez un régiment de lanciers, et recevez mes condoléances pour l’interruption de vos cours de sorcellerie. Voyez-vous, j’ai un grand respect pour les mages et pour le soutien appréciable qu’ils m’apportent, et je vous traiterai honorablement. Très peu de mages se vouent actuellement à servir l’armée, et je dois souvent user de moyens de recrutement peu conventionnels, mais l’intérêt est que vous soyez là au moment où il le faudra. C’est-à-dire maintenant. »

Je le dévisageai calmement, l’insultant mentalement de tous les noms qui me passaient par la tête, crachant insolemment sur son nom, car je détestais cet homme. Il continua, hésitant légèrement devant mon sage mutisme :

« _ En tout cas, bienvenue ! Vous pourrez récupérer vos affaires au Collège de Magie, et vous contacterez ensuite Borald, le capitaine des lanciers. Il vous enseignera rapidement les quelques rudiments tactiques qui vous font défaut. Nous partons en campagne demain à l’aube !

_ Mais, on ne lève une armée qu’en temps de guerre, alors pourquoi partir en campagne si le territoire n’est pas directement menacé, répondis-je calmement, ouvrant pour la première fois la bouche depuis mon entrée dans la tente.

_ Et bien… Le territoire n’est pas directement menacé, si vous voulez tout savoir. Nos citoyens ont remarqué que d’inexplicables faits se déroulaient à l’est du Stirland, au cœur de la terre maudite qu’on nomme la Sylvanie. Nous ne ferons que patrouiller et noter tout ce qui nous paraît surnaturel. Eventuellement éradiquer quelques hérétiques dangereux à la cohésion de notre nation. Rien de plus. Maintenant, sortez, il me faut réfléchir ! »

Je prenais congé, sortais hors de sa tente. Il pleuvait, d’une pluie glacée qui transperçait aisément les plus épais vêtements. Je retournais au Collège ; emportais avec moi mes maigres affaires, et prenais contact avec ce Borald. Il me désigna un emplacement spongieux et me donna une toile de tente et quelques morceaux de bois. Toujours sous la pluie battante, je dus installer du mieux que je pouvais ce qui allait me servir d’habitat pendant de longs mois. Le crépuscule naissant dans la voûte céleste, la pluie continuant de tremper quiconque s’aventurait dehors, je regardais vaguement les gouttes qui s’écoulaient par les multiples trous qui constellaient ma toile de tente. Je m’endormis difficilement cette nuit, et ce fut d’un sommeil confus. Car cette nuit, je fis un rêve :

Wilhelm. Il faisait nuit, il se tenait devant moi. Son visage était creusé par de profondes rides, et ses cheveux grisonnaient sous la lune blafarde. Il me pointait du doigt, moi, qui étais au fond de la ruelle, et me fixait de deux yeux déments, rendus fous par la terreur. Des gardes arrivent. Ils se précipitent sur moi, suivant le doigt de Wilhelm. Je saute, essaie désespérément d’agripper les tuiles moussues d’un toit. Les tuiles se décrochent, je tombe, me fends le crâne. Ma vision devient cotonneuse. Tout devient cotonneux… Les gardes m’agrippent… Mon sang s’écoule longuement sur le pavé froid… Ils parlent… Ils crient… Ils se tiennent à distance, comme si j’étais encore dangereux… Mais je n’entends déjà plus rien… Je pense à la mort… Je ris dans un dernier soubresaut de fatalité… Je ferme les yeux…


Dernière édition par Blood-Dwarf le Mer 7 Sep 2011 - 15:26, édité 1 fois
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Thomov Le Poussiéreux
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Mer 31 Aoû 2011 - 13:24

Que voilà un épisode dynamique! Il s'en passe des choses; plus d'études de magie, une affectation militaire, une campagne aux abords de la Sylvanie, un campement crasseux et un cauchemar par dessus le marché!
La destination de l'armée nous donne quelques indices sur les évènements futurs...

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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Jeu 1 Sep 2011 - 11:00

Ça y est, la partie vampirique de l'histoire se rapproche!

Très bon passage transitoire, digne suite du précédent texte.

Citation :
tout ce qui nous paraît surnaturel

Ah, il s'est trahi! Il sait que ces "évènements" sont dus à quelque chose de magique. Heureusement qu'il a un sorcier dans ses rangs...ou peut-être malheureusement Vampire

Juste une petite correction à apporter:
Citation :
à l’ouest du Stirland

La Sylvanie est à l'est en fait.
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Dim 4 Sep 2011 - 18:14

Poing d'Acier doit soit être inconscient, soit il est trèèès sûr de lui pour aller en sylvanie PENDANT des phénomènes étranges...

+1 pour Keraad, la sylvanie est a l'est.

la suite!!!


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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Lun 5 Sep 2011 - 15:01

Alors, pour répondre aux commentaires :
Citation :
Il sait que ces "évènements" sont dus à quelque chose de magique.
En effet, "Poigne d'Acier" connaît la nature de ces évènements, et essaie de ne pas trop effrayer la soldatesque, tout en les préparant au combat. Pour indication, ce passage se passe en été 1932, juste avant la 3ème Guerre Vampirique... Devil
Citation :
La Sylvanie est à l'est en fait.
Ah la la, si je commence à me tromper entre ma gauche et ma droite, je vais vite devoir partir en retraite anticipée... Fou

J'ai dû vouloir dire que le Stirland était à l'ouest de la Sylvanie, et inverser ma phrase au dernier moment, sans faire les corrections nécessaires ! Ça m'apprendra à ne pas me relire ! Happy
Citation :
Poing d'Acier doit soit être inconscient, soit il est trèèès sûr de lui pour aller en sylvanie PENDANT des phénomènes étranges...
A vrai dire, "Poigne d'Acier" (et non pas Poing d'Acier Smile ) est un personnage très sûr de lui, et également très téméraire ! Et puis, comment puis-je écrire mon histoire si tous les généraux sont couards et fuient le combat ! lol

A propos, cette page va passer avec ce message à environ 581 vues (un chiffre très rond, il faut bien l'admettre Mr. Green ), et j'en remercie tous ceux qui lisent depuis ses balbutiements mes jeunes chroniques ! Je remercie également tous ceux qui postent leurs commentaires, qu'ils soient bons ou mauvais, car c'est bien grâce à eux que ce sujet peut vivre et que j'aie envie d'écrire la suite ! Ainsi, j'incite tous ceux qui ne se sont pas encore manifestés à le faire, et, au passage, sans aucune transition, je vous annonce que je vais ouvrir le sujet que je vous avais promis il y a quelques semaines dans la section créations !

A propos, je pense poster le prochain chapitre dans quelques temps, le concours de récits et la rentrée scolaire m'empêchant de bien me concentrer sur mes chroniques... Cependant, il devrait être écrit vers la fin de la semaine ! Smile
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Thomov Le Poussiéreux
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Lun 5 Sep 2011 - 15:08

Ha! Les 500 premières visites... Un sacré cap à passer!
Content d'avoir contribué à cette belle réalisation.
Je t'invite dès à présent à célébrer avec Moi et tous les autres lecteurs des Errances mes 5000 visites qui seront atteintes prochainement (à moins d'un revers de popularité aussi soudain qu'absolu...). Happy

Bonne continuation donc: ton sujet est tout bonnement génial!

PS: la troisième guerre vampirique annonce du lourd! Ca va être sombre, ça va être sanglant; tout ce que l'on adore!

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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Lun 5 Sep 2011 - 18:33

Je n'ai que peu commenté, mais je lis assidument tous tes textes. Je n'ai qu'une chose à dire : continue sur cette belle lancée.

Citation :

Je t'invite dès à présent à célébrer avec Moi et tous les autres lecteurs des Errances mes 5000 visites qui seront atteintes prochainement (à moins d'un revers de popularité aussi soudain qu'absolu...). Happy
Avis à tout le monde : boycottez le sujet des errances Devil !!

Désolé Thomov, j'ai pas pu résister Mr. Green
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Lun 5 Sep 2011 - 18:51

Le message sera passé, Arca.
Tu n'imagines même pas le nombre de clients qui viennent chercher des fouets durant la nuit

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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Mar 6 Sep 2011 - 15:44

Citation :
Ah la la, si je commence à me tromper entre ma gauche et ma droite, je vais vite devoir partir en retraite anticipée

Moi je dis, faut arrêter toutes ces co....... d'est et d'ouest, de toute manière suivant comment on est tourné, ça change tout Very Happy
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Blood-Dwarf
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Mar 1 Nov 2011 - 8:38

La semaine prévue fut... très longue ! Gniié !

Cependant, profitant du répit apporté par les vacances, j'ai enfin pu terminer mon chapitre sept, sensiblement plus long que les précédents et d'une qualité se rapprochant plus du prologue que des derniers textes.

Bien, je ne peux plus vous souhaiter qu'une bonne lecture (et vous recommander de poster vos commentaires ? Non... C'est du surfait... Whistling ) !
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Mar 1 Nov 2011 - 8:40

Chapitre 7 : Waldenburg

Un clair rayon se dessina sur l’horizon bleuté, et le cor sonna par trois fois dans la vallée tout endormie, m’extirpant des nappes brumeuses de cauchemars qui m’enlaçaient d’une insoutenable douceur. Je me levai, saisi, avant de sortir au-dehors. La pluie avait strié les nues de longues traînées humides qui couvraient désormais les toiles de tente de fraîches gouttelettes. Un glaçant aquilon avait balayé la plaine au plus sombre de la nuit et des répliques glacées faisaient encore frissonner la soldatesque par instants, parcourant de son souffle assourdi le vallon. Le soleil dispersait aux cieux les restes épars d’un brouillard impénétrable et les joncs verdoyants scintillaient de rosée. Le cor sonna un ultime clairon, achevant de réveiller les guerriers et annonçant le rassemblement. Un astre rassurant s’embrasait au firmament, éclairant de ses halos d’ors et d’azurs les collines alentours. Nous partions en campagne !

J’appris donc durant de longues semaines à côtoyer la rude vie des soldats. Mes camarades n’avaient été au début que réticents à la présence d’un sorcier dans leur régiment, mais apprécièrent bientôt la sûreté météorologique que je leur apportais. Oh, bien entendu, ces semaines ne furent qu’éreintantes, mais une félicité gagnait tout-un-chacun ; et par le service d’un idéal nous devînmes « les Gardiens de l’Empire », « le Fléau de Sigmar », ou toute autre dénomination ronflante que s’attribuaient les soldats médiocres, préférant l’apparence du preux à la prouesse elle-même. Ils devinrent mes amis, malgré leur peu de valeurs : ils n’étaient après tout qu’une dangereuse bande d’ivrognes ; ils le savaient et le proclamaient au vu et au su de tous, déshonorant l’idéal impérial et s’en moquant éperdument. C’était le régiment de Poigne d’Acier, celui qu’il avait formé dans les tavernes malfamées d’Altdorf, de Nuln, de Middenheim ou bien de Marienburg, par de peu scrupuleux moyens. Il y avait donc dans notre petit détachement une quarantaine de lanciers –dont Borald-, une dizaine de joueurs d’épées commandés par « Poigne d’Acier », et une quinzaine d’arquebusiers qui nous avaient rejoints de Nuln ; et cela fit bientôt deux mois que nous longions le Reik puis le Stir.

Nous pénétrâmes en Sylvanie en même temps que l’automne, évoluant dans la Drakwald qui se teintait de rouille et de boue, arpentant ce paysage crépusculaire qui agonisait dans un profond silence. Les hauts arbres se coiffaient de cuivres ardents, et s’embrasaient dans la pénombre planante de sanglants haillons. Nos pieds se perdaient souvent dans un flot roux de pommes de pin et les branches dénudées nous lacéraient par endroits le visage. La terre brune amortissait nos pas dans un sourd bruit de succion tandis que de pâles lambeaux de brumes s’éparpillaient au vent en de froides vapeurs. Le gibier était rare, aussi nous nous ravitaillions souvent dans les bourgs et autres villages qui bordaient les sentiers boueux que nous empruntions. C’est ainsi que nous arrivâmes dans le hameau de Waldenburg.

Waldenburg était un petit village sans prétention, établi au fond d’une vaste clairière qui fatiguait en son sein le cours d’un ruisseau tranquille. Le vent d’automne chantait sous les cimes des saules, et dansait en de grises volutes au son de cette vague musique. Nous sortîmes des sous-bois avec délice, car la journée s’achevait calmement, le soleil jetant aux souffles gémissants ses dernières auréoles dorées. Les cieux déjà s’empourpraient à l’horizon, et nous fûmes accueillis harassés par deux jeunes enfants courant dans les prés, rapidement suivis par une demi-douzaine de miliciens méfiants. Ils semblèrent soulagés à la vue de l’étendard impérial que brandissait avec panache le héraut des joueurs d’épées. Un bref dialogue s’ensuivit entre « Poigne d’Acier » et le chef des miliciens, puis ce dernier finit par nous guider jusqu’au village, sous la plainte criarde des corbeaux.

Nous entrâmes donc dans Waldenburg, et « Poigne d’Acier » congédia les soldats devant la taverne, avant de m’intimer de le suivre. Je lui demandai :
« _ Pourquoi dois-je vous accompagner ? »
Il ralentit ses pas pressés, et me dit avec résignation :
« _ Le secret est au sorcier ce que la détermination est au soldat, mais seul le sorcier se trempe un jour dans le vague blasphème de la dissimulation. »
M’interrogeant sur la signification de ses paroles et le lien qu’il en avait établi avec la nécessité de mon escorte, « Poigne d’Acier » me mena devant le temple sigmarite du hameau, puis m’expliqua :
« _ Je connais bien le prêtre de ce village, et il a à me transmettre de précieuses informations quant à la nature du fléau qui sévit sur ces terres, mais… La corruption est souvent un bien plus grand mal que la mort… Aussi, garde toi de juger sur les apparences, et ne te fie à personne d’autre qu’à moi ! »
Il s’assura d’un regard soutenu de ma compréhension puis, satisfait, pénétra dans la chapelle.

Je ne distinguai d’abord rien, les ténèbres m’aveuglant, me poussant peut-être à quelque faux pas ; aussi je m’arrêtai, laissant mon regard essayer de percer les ombres en de vains essais. Cependant, l’obscurité n’entravant nullement le son, j’entendis bientôt un chant – un cantique ?-ou quelque litanie sourde et enivrante, rauque et néanmoins d’une indéniable douceur, qui bientôt s’engouffra dans mon corps et s’abîma dans mon âme béante, répandant quelque néfaste énergie dans mes membres qui palpitaient au rythme de la musique qui s’emportait, et la voix caressante devint violente ; mais, emportée dans une passion voluptueuse, elle roulait les mots d’une langue perdue et s’oubliait dans les échos riants que me renvoyaient les murs.

Je frissonnai malgré moi, sentant s’accrocher à cette voix le plus sombre des vents de magie et, au prix d’un incommensurable effort, je m’arrachai au charme qui m’avait subjugué et faillis m’écrouler, tout chancelant encore. « Poigne d’Acier », inébranlable, demeurait de marbre, les yeux fichés dans le recoin le plus obscur de l’édifice. M’efforçant d’outrepasser le rideau de ténèbres, je suivis son regard et retins un cri de stupeur : le prêtre était allongé au fond sur un paillasse vétuste ; et s’exaltait à ses côtés une pâle silhouette agenouillée, psalmodiant quelque obscur blasphème.

L’homme –si c’en était un !- semblait captivé par sa terrible incantation, et sa voix se brisant sur un dernier « Mortem », il fit s’affaisser ses épaules puis sentis tout à coup notre présence. Il se releva, se tourna vers nous, ouvrant de grands yeux noirs ébahis, resta quelques secondes ainsi, avant de dire enfin :
« _ Il est mort. »
« Poigne d’Acier » mit la main au fourreau, mais l’homme fit une moue surprise et demanda :
« _ Qui êtes-vous, et que voulez-vous ? »
« Poigne d’Acier » répondit difficilement, la tension modulant avec fureur son timbre grave, prêt à se jeter sur l’homme qu’il avait en face de lui :
« _ Je suis Guilhelm Schwarzstern, capitaine de l’Empire, et tu viens de tuer mon frère ! Que je sois damné si l’un de nous deux ne laisse pas sa vie dans ce temple ! »
_Vous… Vous vous méprenez ! Je… Je ne suis que l’apprenti du prêtre, de Ludwig !
_Vous l’avez tué ! Vous damniez son âme à notre arrivée !
_ Je vous en prie, je ne faisais que la recommander gracieusement à Sigmar !
_ Vous l’avez tué ! Vos yeux ont la couleur du péché que vous venez de commettre !
_ Pitié, la nature ne peut doter tous ses fruits d’aussi clairs attributs que les vôtres !
_ Vous l’avez tué ! Je vous tuerais en ce lieu que votre présence souille ! Vos paroles ne sont que de pauvres mensonges, et j’arracherai votre aveu à votre dépouille ! » scanda « Poigne d’Acier », hors de lui.

L’homme – et à ma grande horreur – se mit alors à sourire, puis s’esclaffa frénétiquement, et ouvrit lestement la cape grise qu’il avait jusque-là gardée contre son torse, dévoilant des vêtements tâchés de sang et une longue rapière écarlate. Il fit un ironique pas de danse dans une ultime bravade, et figea son regard amusé dans celui sévère du capitaine, annonçant :

« _ Alors c’est ainsi que tout doit se terminer… Sang contre sang, lame contre lame, le pied chassant l’autre et l’œil empli de feu ! Car déjà la haine t’aveugle et car déjà ton bras faiblit ! Si pauvres sont les souffrances de ta trivialité… T’es-tu déjà remis en question, Guilhelm Schwarzstern, toi que seul le laurier de la victoire facile portât un jour au-dessus de la simple foule ?

J’ai toujours vécu dans la misère et, originaires tous deux du même sol que nous foulons aujourd’hui, j’ai longtemps admiré l’ascension d’un simple soldat dans l’échelle sociale impériale. Mais tout a une fin, et c’est la dorure de ton idole brisée qui noircit désormais mes mains ! J’ai dépassé les simples aspirations de ton frère et l’ai tué de sang-froid. Et pourquoi dis-tu ? Pour mon honneur pardi ! Et votre existence avilissante d’une génération dépravée prend fin dès ce jour. Je savais ta venue et je sais ma victoire : demain seront enterrés et mon père et mon oncle ! Oui, oncle contre neveu ! Car ton frère fut tout autant homme que toi, grouillant de passions et de vils désirs ! Sang contre sang, et nous jouons aujourd’hui le destin de notre famille ! Allons, point de tergiversions et viens te battre, ou peut-être le démon de la lâcheté te prend-t-il tout à coup ? »

Durant cet effroyable discours, l’âme de « Poigne d’Acier » fut ébranlée par les brasiers réunis de l’incompréhension et de la colère, de la tristesse et du désir de vengeance ; et, sous cet excès d’avides corruptions, le soldat inclina son crâne et laissa scintiller à sa joue une goutte de diamant qui glissa sur sa peau rêche et alla se perdre à terre, perle de feu parmi les ombres. Il se redressa dignement, et répondit alors à son neveu par un regard soutenu. Son œil tantôt embrasé de sombres vices, il avait éteint cet incendie qui le secouait, et s’était relevé des cendres un parangon phénix de justice et d’honneur familial. La paix l’habitant, il dégaina enfin sa large épée et se coiffa d’un heaume argenté, avant de s’élancer rayonnant de pureté sur son adversaire.

Ses lourds souliers martelant le sol en de sourdes détonations, il fit voltiger son arme dans le nuage de ténèbres et la fit étinceler au contact de son adversaire. Bientôt, le temple ne fut plus empli que d’une sourde clameur et que de chocs de fers, les pieds du capitaine rythmant tels deux puissants tambours de guerre cet assourdissant concert. Une douce musique me parcourut tout entier, et je sentis en cette ardente mélopée les prémices d’un affreux évènement à venir. Quelque chose de beau, de terrible ! Un plein calice de sang et de larmes renversé sur notre Vieux Monde… La cape immaculée de « Poigne d’Acier » déchirant les ombres, le soldat n’en était plus à son premier duel et, trouvant enfin son aise dans le féroce fracas des espadons, il tournoyait avec légèreté, sa lame traçant de sanglantes arabesques, et ses talons frappant implacablement le dallage grossier du sanctuaire : il dansait quelque terrible valse. Il accompagnait d’une main son épée et de l’autre son impalpable cavalière. Il avait toujours vécu ainsi, et cela faisait longtemps qu’il se jouait du courroux de son impitoyable compagne et que, l’invitant dans sa frénésie avec passion et lui promettant carnages et cadavres, il s’abandonnait dans un ardent tourbillon d’acier. Emporté dans son noble élan, sa lame brisa bientôt celle malhabile de son neveu et, posant son casque à terre, il abaissa son épée à la gorge du vaincu, adressant une discrète révérence à sa mortelle danseuse.

Godric Schwarzstern – car tel était son nom – avait longtemps caché sa véritable nature à « Poigne d’Acier » et à moi, mais enfin allongé, la nuque blessée sur le pavé froid, ses yeux déjà sombres devinrent tout entiers d’un jais qui semblait aspirer avec lui toute clarté, et sa bouche fulminait d’une fange noirâtre. D’une voix sifflante qui venait d’insoupçonnées profondeurs, il fut pris d’un atroce rire qui l’ébranla en de multiples convulsions. « Poigne d’Acier » se tourna alors vers moi et me fit comprendre d’un bref regard ce que je devais faire. Je m’approchai précipitamment du possédé et, posant ma main sur son front comme me l’apprirent mes précepteurs elfes, je me concentrai et approchai spirituellement la noire souillure qui l’avait dominé et corrompu : il n’était pas maître de lui, et une extrêmement puissante entité le guidait. Insufflant dans cette marionnette toute ma puissance magique, je m’efforçai de dissiper le morbide envoûtement.

Bientôt un vaporeux fluide noir remonta de la tête du malheureux et se mit à bourdonner autour de mes avant-bras, incarnation laiteuse de la sorcellerie qui le dévastait. Pris de peur, je projetai au loin cette vapeur d’obsidienne et, dans mon empressement de m’en débarrasser, je la repoussai sur le casque scintillant de « Poigne d’Acier ». Le heaume tantôt d’une pâlissante candeur s’imbiba de ce sordide maléfice ; tantôt incendié des derniers brûlants rayons de soleil, la lumière semblait maintenant vouloir le fuir, et il attirait à lui les ombres rampantes du temple. Le jeune homme s’était vaguement redressé, son visage expiant tous ses vices passés, et ses yeux humides suppliaient d’une douce plainte quelque clémence de la part de son oncle. « Poigne d’Acier » bomba son puissant torse, tint son épée apaisée d’une main et posa sa seconde sur sa taille. Ses yeux clairs brillaient dans la pénombre et, dans un élan de digne noblesse, il scanda :

« _ Que je sois damné, O Sigmar, toi à qui je promis la mort de mon neveu, car je n’aurai pas la bassesse d’assassiner mon Sang dans ta riche demeure ! Mais qu’il pleure sa vie épargnée, et que de ses larmes germent la vigoureuse pousse de l’Honneur ! Godric Schwarzstern, tel fut ton nom, en tout neveu que tu me fus ; mais je te déchus aujourd’hui de la gloire de ce nom qui n’est le fruit que de ma sueur ! Emporte ce damné casque, change de nom, et pars loin. Très loin ! Je te renie, Godric, et que Sigmar en soit témoin ! »

Godric, tétanisé devant la lame de son oncle, rampa jusqu’au casque maudit, puis se retira larmoyant, pitoyable, les yeux pleins de regrets et de reconnaissance.
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Mar 1 Nov 2011 - 12:14

Eh bien, une suite inattendue mais très intéressante! Ton texte est toujours écrit avec style et subtilité... Mmm... Subtilité. Ce mot convient parfaitement

Je n'ai qu'une chose à dire : Vive les vacances!

Edit (un jour je l'attraperai celle-là) : tu me donnes envie de poster ma suite... J'y vais de ce pas

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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Sam 12 Nov 2011 - 19:04

Bon, j'espère que cet épisode (un peu lourd, il faut l'avouer) vous aura plu ! Very Happy
Citation :
Mmm... Subtilité. Ce mot convient parfaitement
Heu... J'ai pas complètement compris pourquoi subtilité définissait particulièrement ce passage (puisque je l'aurais défini par le contraire Fou ) mais j'imagine que c'est un compliment ! Huh

Sinon, je pense poster la suite dans deux semaines minimum car, même si une partie du prochain chapitre est déjà écrite, je suis actuellement submergé de.. tout (!) et il m'est souvent difficile de me poser pour écrire la suite de mes jeunes chroniques ! Gniié !
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ThéoVonBlood
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Dim 13 Nov 2011 - 14:17

Texte long à lire mais ça vaut la peine Very Happy

Super et bonne continuation Cool
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Blood-Dwarf
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MessageSujet: Re: Chroniques des Von Bluthimmel    Mar 22 Nov 2011 - 20:03

Bien, j'ai finalement décidé de diviser le chapitre suivant en deux plus légers, afin de ne pas trop laisser végéter le sujet !
Voici donc le chapitre 8 ! Bonne lecture, et postez vos commentaires, qu'ils soient bons ou mauvais ! Cool
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