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 Le prix de la liberté

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Nyklaus von Carstein
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 11 Aoû 2014 - 9:57

Il y a un truc qui me titille depuis pas mal de temps. Pour Saphir, t'es-tu inspiré d'une lahmiane kislevite qui a essayé de se rebeller contre Néférata?

PS: Page 15!!!!Yes
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Arken
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 11 Aoû 2014 - 12:58

Non, au départ, je voulais juste représenter de façon idéologique chaque famille de vampires, Saphir étant apparentée aux dragons de sang. Après, son origine kislévite est venue naturellement en fouillant un peu son passé. Et pour l'instant, elle ne m'a pas dévoilé grand chose d'autre. Je sais juste qu'elle ne vient pas de Lahmia, et qu'elle n'a aucun rapport avec Neferata  Happy 

MOUAHAHAHA ! J'ai battu Thomov en nombre de pages... Plus que les vues, et ma victoire sera complète !  Devil cheers 

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Nyklaus von Carstein
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 12 Aoû 2014 - 10:31

Bonne chance Arken tu y arriveras !!!
J'attends la suite avec impatience (j'ai aussi commencé à écrire mais j'attends un peu avant de publier)!!!
JE VEUX SAVOIR CE QUI SE PASSE !! ;-)
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alexy999
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 8 Sep 2014 - 0:53

Il semblerait que j'ai enfin rattrapé plusieurs mois de retard, mais hélas, il n'existe aucun mot dans notre langue mortelle pour désigner avec précision des félicitations étalées sur tout autant de textes. Alors ...

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siegfried der blutdurstig
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Dim 28 Sep 2014 - 12:29

Ma chere Arken, ne pense pas avoir deja exprimmé a quel point j adore ce recit, je vais donc le faire de facon courte et banale mais qui resume bien a mon avis : BRAVO !! Very Happy
J avais deja lu ton histoire en grande partie du temps ou je ne faisait que lire et observer sur ce forum ( c etait avec que je debarque a la taverne il y a deux semaines ca... Shifty ).
Je viens donc de combler le petit retard que j avais ( juste 4 pages rien que ca Innocent ) et je ne peux que te feliciter ! C est toujours aussi bien raconte et aussi prenant, un enorme plus pour l apparition de thomov !

Aussi restons traditionels... LA SUITE !!! Mrgreen
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Arken
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Dim 28 Sep 2014 - 16:48

Je vais aller de ce pas quérir Thomov... Qui me fait attendre tout autant que vous depuis deux mois Fou

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siegfried der blutdurstig
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Dim 28 Sep 2014 - 17:34

Fais donc ! Mrgreen on reclame une suite ! Very Happy
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Dravil
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 7 Oct 2014 - 18:42

Waouh ! Superbe ! j'ai enfin lu les 15 pages. Félicitations ! Vivement la suite. Je vais aller lire les œuvres du comte maintenant. Very Happy
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Teotiqax
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Sam 25 Oct 2014 - 17:40

J’ai hésité pendant un moment, mais au vu du temps que j’avais avec le concours de récits en plus durant la semaine j’ai pris le temps de lire ce que tu écrit. Et pour tout te dire, en dehors de légères fautes gâchant le plaisir dans certains chapitres je n’ai pas grand chose à relever.

Et en plus tu me donnerais même envie de faire une armée CV (mais j’attends un peu avant de me décider définitivement). Quand je pense que sans le concours je serait passé à coté de ça. Un texte qui se lit tout seul, fluide… Bref, vraiment génial!


P.S: j’ai aussi lu Origines et je vais sans doute m’attaquer à Pérégrinations donc un lecteur en plus, et insatiable en plus.
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Arken
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 28 Oct 2014 - 16:20

Pour les fautes, j'ai un peu la flemme de relire 15 pages...
Comme tu dois le savoir, j'attends toujours la suite de ce cher Thomov... Que je vais harceler de ce pas

Edit : VOILA LA SUITE ! Wow



Pénombre, Blick et Rabe étaient de retour dans la clairière. Les deux hommes semblaient étonnés de voir autant de compagnons animaliers pour une personne, mais ils ne firent aucun commentaire. Nous rangions nos quelques affaires. Thomov avait prévu de rejoindre la prochaine ville afin de mettre Emmanuelle en sécurité. Saphir, Firmin et moi avions décidé de les suivre, en attendant de savoir ce que nous allions faire. La mortelle était en voie de guérison, mais elle était encore fragile. Je voulais m’assurer de son état jusqu’à qu’elle puisse obtenir une couche décente.
Kriestov finit par ranger la couverture. Nous étions fin prêts. Son cousin se tourna vers moi, l’air hésitant.
- Nous irions plus vite à cheval. Mais malheureusement, même avec notre monture qui sert de mule et votre jument, il nous manque toujours un destrier.
- Saphir prendra Pénombre et Firmin votre cheval.
- Et vous ? Je ne vais tout de même pas vous faire courir à côté.
- Ne vous inquiétez pas pour moi. Je saurai tenir la cadence.
Je me métamorphosai alors en loup. Le noble eut un hoquet de surprise et Kriestov avança d’un pas, ahuri.
- Vous ne cesserez point de me surprendre. Je pense que nous pouvons partir.
J’opinai de la tête, une sorte de sourire ironique se dessinant sur mes babines.

- Cette sale peste, catin, traitresse...

- Suffit Topaze, nous avons mieux à faire que de penser à elle.
La cadette s’arrêta et regarda l’aînée avec étonnement. Mais Emeraude continua son chemin sans plus de commentaire. Elle la rattrapa et demanda :
- Pourquoi faisons-nous demi-tour ? Le but n’était pas de s’éloigner d’Altdorf ?
- Je suis sûre que Diamant voudra se venger tout autant que nous.
- Mais elle est morte !
Un sourire sadique étira ses lèvres. Elle resta muette tout le reste du voyage. Arrivées devant l’ancien temple qui leur avait servi d’abri, elle ralentit et en fit le tour. De l’autre côté, elle découvrit un monticule d’habits de femme et de morceaux d’armure. Et en dessous, un cadavre momifié par le soleil. Juste à côté était posée une tête d’où quelques cheveux blancs étaient encore accrochés. Elle s’accroupit et fouilla le corps. Elle trouva une petite chainette à son poignet. Une perle rouge y était accrochée. Un rubis. Tout en l’observant, elle demanda à sa sœur :
- As-tu encore le collier qu’elle t’a confié ?
La vampire redevint matérielle et ôta de son cou une parure faite de topazes et d’émeraudes.
- Que vas-tu en faire ?
La magicienne ôta de son propre poignet un bracelet fait de diamants et de saphirs. Elle réunit les trois bijoux.
- Mets son corps à l’intérieur du tertre. Nous y attendrons la prochaine nuit. Puis nous retournerons dans la clairière.
Dans sa main, les pierres s’étaient mises à luire faiblement.

Le groupe se mit en route et mit plusieurs heures pour seulement sortir des bois et il fit bientôt jour. La magie générée par le groupe ainsi que par les innombrables troupes en fuite des von Carstein maintenait une grisaille tenace que le soleil ne trouait qu'en de rares percées. Une fois qu'ils eurent rejoint une voie pavée de quelque importance, ils la suivirent en direction de l'Est et de la Sylvanie.
Thomov profita d'une courte halte pour s'entretenir avec son cousin.
- Avez-vous aperçu la jeune louve depuis que nous avons quitté les bois ?
Comme Kriestov secouait la tête, le vampire soupira.
- Espérons qu'elle soit aussi rapide et endurante qu'elle le prétend, je ne ferais pas demi-tour pour lui porter secours avec Emmanuelle dans cet état. La ville ne doit plus être fort éloignée à présent et j'ai bon espoir de l'atteindre au point du jour. Par les temps qui courent depuis la chute du Comte, nous éveillerons moins de soupçons en arrivant avant la nuit.
Il retourna vers les autres qui discutaient eux aussi à voix basse. Pris par une pernicieuse habitude de ses semblables, Thomov se demanda un instant s'ils ne complotaient pas dans son dos et s'il ne serait plus sage de les éliminer à leur tour...
Puis il se ressaisit et songea avec amertume que sa nature le poussait contre sa volonté aux pires bassesses pour assurer sa propre survie.
L'existence des immortels s'étirait en une longue et vaste routine faite tout à la fois d'une puissance extrême et d'une menace latente de dégénérescence, avant de brutalement se contracter en quelques instants à peine et ainsi pouvait changer les choses à tout jamais.
Après des décennies de patience et de planification minutieuse, une seule erreur pouvait souffler vos projets comme autant de cartes à jouer et vous mettre aux prises avec un répurgateur bien décidé.
Peu d'âmes étaient taillées pour supporter la langueur insipide du temps qui s'allonge à l'infini et tout à la fois rester capables de réagir avec la promptitude et la brutalité nécessaire pour assurer sa sauvegarde quand le danger menaçait.
Fort peu d'âmes...
Et jamais il n'infligerait un tel état à sa bien aimée. Quelques fois il sentait en lui le désir poignant qu'elle le rejoigne dans les ténèbres ; mais son amour finissait toujours par l'emporter et il l'épargnait.
Un jour, que sa résolution faiblisse ou qu'Emmanuelle ne finisse par vieillir et mourir, tout cela se terminerait. D'une façon ou d'une autre. Il se torturait souvent en s'imaginant face à l'éternité de son existence, avec ses regrets pour seule compagnie.
Laissant pour plus tard ses sombres pensées, il adressa un signe à Kriestov qui se prépara au départ. Après quoi, il s'adressa à Saphir et Firmin :
- Allons, en selle, nous ne devons pas perdre de temps. Emmanuelle est toujours inconsciente et par ces temps troublés nous ne devons pas attirer sur nous la méfiance des mortels.
Les autres, soudain silencieux, hochèrent la tête et remontèrent en selle.

Elles étaient arrivées sur les lieux du charnier. Toute une compagnie d’hommes éventrés, égorgés, massacrés. La magicienne prononça une courte formule et frappa son bâton sur le sol. Une onde sembla se propager dans toute la forêt. Les premiers guerriers se relevèrent, l’air hébété. Ils se réunirent en quelques grognements et attendirent, immobiles. Topaze regarda la magie opérer. Elle patienta. Rien ne se passa. Elle se tourna vers sa sœur. Celle-ci le désigna quelque chose au loin, derrière les arbres. D’autres zombies arrivaient. Ceux que le Warghulf avait tués sans manger leur corps. Ils rejoignirent le groupe et firent silence. Emeraude sortit les bijoux. Leur lumière s’intensifia.

- Reste matérielle et accroche-toi à mon bâton. Sinon ta substance fantomatique disparaitrait avec les autres.
Topaze déglutit et obéit sans attendre. La thaumaturge plaça les bijoux sur son orbe canalisatrice. Le collier, le bracelet, puis la chainette. Elle ferma les yeux et leva son autre main. Le vent se mit à souffler entre les arbres, composant une symphonie de sifflements macabres. Les zombies s’agitèrent alors que la Dhar s’agglutinait dans la clairière. Elle créa peu à peu un tourbillon dont le centre était le bâton. Les trois bijoux frémirent. Ils lévitèrent au-dessus de l’orbe et se mirent à tourner sur eux-mêmes. Les cheveux des deux vampires étaient pris dans le vent violent engendré par la puissance qui s’accumulait. Topaze referma sa deuxième main sur le manche. On n’était jamais trop prudent devant ce genre de phénomène. La magicienne rouvrit les yeux, leva sa tête vers le ciel d’un mouvement vif et scanda :
- Que la mort appelle les esprits, que les esprits s’éveillent ! Quittez les limbes, vos dépouilles vous appellent !
Un éclat de lumière. Le tonnerre gronda. Le vent gagna de la vitesse. Elles étaient au cœur du cyclone, coupées du monde par l’amoncellement de feuilles et de branches qui tournaient autour d’elles au rythme des rafales. Emeraude réitéra sa formule plusieurs fois, de plus en plus fort. La vitesse à laquelle tournoyaient les bijoux les rendait flous et la Dhar s’y mêlait dans un bourdonnement de magie pure. Des cris déchirants retentirent. Les esprits des soldats étaient revenus des limbes pour habiter leur ancien corps. Des ectoplasmes volaient dans toute la clairière. La magicienne commença une longue litanie dans une langue dont sa sœur en ignorait jusqu’à l’existence. Des cris de souffrance résonnèrent quand les spectres rentrèrent dans leur corps. L’enveloppe charnelle n’était plus viable et leur causait d’atroces douleurs. Les pierres étincelèrent d’un coup. Leur lueur se transformait en véritable rayon de lumière qui illumina la nuit. Le corps et l’esprit se séparèrent à nouveau dans un monde de tourmente et de désespoir, et les fantômes furent absorbés par les pierres. Emeraude finit son incantation. Les pierres éblouirent une dernière fois la clairière d’un éclat aveuglant avant de s’éteindre et de retomber sur l’orbe. Le calme et le silence s’abattirent aussi soudainement que le vent disparut. Les zombies étaient redevenus de simples cadavres dont une fumée grisâtre s’en échappait. Elle regarda son œuvre d’un air satisfait avant de se tourner vers sa sœur d’un air surpris quand elle lui demanda :
- Euh… Je peux lâcher le bâton maintenant ?

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 28 Oct 2014 - 17:04

Magnifique Arken !!!!!...
A quand la suite ? Fou
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siegfried der blutdurstig
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 28 Oct 2014 - 17:14

C'est beauuuu ! Love
J'avoue avoir un gros faible pour les descriptions des sorts et aux effets macabres, et la je suis comblé ! Fou
Un bien beau post qui ne nous laisse comme seul choix l'attente de la suite ! Very Happy
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Teotiqax
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 28 Oct 2014 - 18:17

Et bien, je crois que ça vaut le coups d’être patient avec toi! Sublime, grande leçon.

Quand je vois ce que j’écris moi Ermm
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Arken
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 28 Oct 2014 - 18:20

Teotiqax, tu auras remarqué le nombre de suites que j'ai postées pour arriver à ce niveau... J'attends de voir tes textes pour te dire que tu écris pas si mal que ça Tongue

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 28 Oct 2014 - 18:23

bah disons que oui j’ai bien vu le nombre de suite, mais j’ai un truc de soixante pages que j’ai paumé. et un autre de cinquante que j’ai mais qui est moyen (et un peu pompé de warhammer sur certain truc).


Mais là je commence un truc avec des vampires donc je pense que ça ira mais il va me falloir du temps. Le scénario est en cours de rédaction alors peut-être bientôt avec ça.
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 28 Oct 2014 - 18:52

On me fait souvent ce reproche, alors je ne vois pas pourquoi je m'en priverais : c'est trop court ! Pour de la si bonne qualité, c'est beaucoup trop court Tongue
Franchement, je conseillerais d'instaurer un minimum de cinq pages par suite, sinon ça ne devient plus tenable, à moins d'attendre que plusieurs suites soient publiées et lire alors tout d'un coup Fou

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 28 Oct 2014 - 19:03

Je trouve qu'elle est déjà plus longue que la précédente... Innocent
Mais comme Thomov m'a filé son passage, je l'ai directement posté, car je préfère vous donner un bout légèrement plus petit que rien du tout Happy
Mais je pense qu'une fois le cross over fini, ça ira mieux Tongue

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Thomov Le Poussiéreux
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mer 29 Oct 2014 - 21:06

Désolé d'être si pénible, chers lecteurs lol

Courage, nous sommes pratiquement au bout Innocent

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 8 Déc 2014 - 21:09

Qui a dit que mes suites étaient trop courtes ? Vampire
Après un week-end commun et trois heures de travail partagé...
IMAGINATION POWAAAA !!! Wow
Bonne lecture !! Very Happy


Le soleil se couchait dans leur dos quand ils aperçurent de timides fortifications. Enfin un village. Les quatre cavaliers reprirent leur route. Le noble chuchota à l’oreille de sa dulcinée, heureux de voir enfin la fin du calvaire. Mais au bout de quelques pas, l’un d’eux s’arrêta. Saphir fronça les sourcils. Thomov l’interpella :
- Pourquoi vous arrêtez-vous, madame ?
- Ce n’est pas moi, c’est Pénombre.
Ce fut au tour de Firmin de s’arrêter. Il avait levé la tête, d’un air attentif. Les deux cousins se mirent sur leurs gardes, croyant avoir raté les indices d’une présence dangereuse. Mais le chevalier les rassura.
- Rubis m’ordonne de faire descendre Saphir de cheval. Si tu veux bien, s’il te plait, je n’ai pas envie d’avoir mal au crâne…
Elle démonta et regarda le groupe d’un air interrogateur. Firmin mit le pied au sol à son tour. Il s’approcha de Pénombre, prit les sacoches de la jument et les ficela sur la mule des nobles. Pénombre renâcla comme pour dire au revoir avant de partir au galop.
- Mais que se passe-t-il enfin ? s’écria Kriestov, la main sur son épée.
- Je crois comprendre, répondit Saphir. Pénombre n’étant plus vivante, elle fuit les villes comme la peste. Et Rubis nous l’a rappelé par l’intermédiaire d’ordres donnés à son infant, Firmin.
Les deux hommes se rassérénèrent. Ils reprirent la route, au pas cette fois-ci. Au bout de quelques minutes et après quelques échanges de regards intrigués, Thomov reprit la parole :
- Dites-moi, Firmin, pourquoi restez-vous à terre à guider la mule ?
- Je ne sais pas. Il faudra le demander à Rubis.
Cette situation devenait de plus en plus étrange. Le noble espérait fortement la retrouver bientôt pour enfin éclaircir cette histoire… Il l’aperçut à l’entrée du petit fort. Elle vint à leur rencontre.
- Je vous pensais derrière nous.
- J’ai pris de l’avance pour organiser notre arrivée. J’ai trouvé une auberge bien tenue et y ai pris des chambres. Je suis officiellement la suivante de madame, ce qui m’aidera à veiller sur elle. Firmin et Saphir sont des mercenaires engagés pour vous protéger en ces temps de trouble…
- Nous voilà bien organisés. Je vous remercie pour cette attention. Entrons donc, et mélangeons-nous aux mortels…
 
Cher collègue,
Je vous écris pour vous annoncer une triste nouvelle, malgré la victoire de l’Empire. Karl Von Kiel n’est plus. Nous l’avons retrouvé à la lisière de la forêt d’Altdorf. Son corps a subi de nombreuses blessures dues à des animaux. Sans doute a-t-il trouvé la vagabonde, et a-t-il succombé en la combattant. Je présente donc mes condoléances au mentor que vous étiez. Mais un autre problème doit attirer notre attention. Le journal n’a pas été retrouvé. Ni dans ses appartements au temple, ni sur son corps. Je ne peux que prévoir la pire des hypothèses, et imaginer que l’abomination l’a désormais en sa possession. Je vous demanderai donc d’utiliser les forces qu’il vous reste pour veiller sur son frère et lui assurer une descendance digne de sa lignée. Quant à moi, la vieillesse m’envahissant peu à peu, je ferai en sorte de trouver un juste héritier à mon poste de Maître et de guetteur.
Puisse Sigmar nous éclairer de sa bienveillance.
 
Hans Von Epstein, Maître Théogoniste d’Altdorf.
 
Les vieux os d’Ernin grincèrent quand il s’assit dans son fauteuil. Les quelques villageois quittaient le temple et il fut bientôt seul. Il soupira. Il avait accepté de devenir le prêtre de la bourgade pour apporter du réconfort et de l’espoir aux autres. Mais Sigmar jouait un jeu qu’il ne comprenait pas. Le petit avait un tel potentiel… Et le voilà déjà dans le royaume de Morr.  
- Quelque chose ne va pas mon Père ?
Il leva les yeux et sursauta. Non. Ce n’était pas Karl devant lui. C’était juste Erik, son jumeau. Il était resté dans le temple en compagnie de sa jeune fiancée, Hélène. Il soufflait et hocha lentement la tête.
- Malheureusement, je viens de recevoir une mauvaise nouvelle, que hélas, il me faut vous transmettre.
- Mon Père, osa la jeune femme, avant de nous parler de choses négatives… Si nous sommes restés, c’était pour vous annoncer une bonne nouvelle. Erik et moi allons nous marier. Nous avons la bénédiction de mon père et la guerre est enfin finie. Nous pensons que c’est le bon moment.
- Vous avez bien raison. Nous avons tous besoin d’espoir et de bonheur en ce moment… C’est avec joie que je vous unirai.
- Je vois que cette nouvelle n’arrive pas à effacer la tristesse de votre visage, continua Erik. Qu’arrive-t-il ?
- Je suis navré, mon enfant… Ton frère est mort sur le champ de bataille.
Le jeune homme ouvrit la bouche et la referma. Hélène lui prit les mains avec compassion. Ernin les observa d’un air absent. Désormais, l’avenir reposait sur ces deux âmes, pourtant si innocentes…
 
Elle ouvrit les yeux. Elle découvrit un vieux plafond de bois. Elle entendait une rumeur dans une pièce annexe, et un léger fumet de potage arrivait à ses narines. Elle essaya de retrouver ses souvenirs. Elle se souvenait d’une auberge relais, et du regard soucieux de son bien-aimé et de son cousin. Elle savait qu’elle était tombée malade et qu’ils avaient dû quitter l’auberge. Puis, sa mémoire devenait confuse et les quelques images qu’elle avait semblaient être des hallucinations.  Elle avait l’image d’une clairière et d’une femme. Comme une présence bienveillante. La fraicheur d’un linge sur son front, et la saveur de la viande de lapin. Et la voilà à nouveau à l’intérieur. Mais de quoi ? Elle tourna la tête et découvrit une petite chambre. Une jeune femme aux cheveux noirs était assise de l’autre côté, occupée à nettoyer un poignard.
- Qui êtes-vous ?
- Oh, vous êtes réveillée.
L’inconnue se leva et s’approcha. Emmanuelle eut un sursaut de peur et se blottit contre le mur.
- Vos yeux…
- Ah, ça. Ne vous inquiétez pas, c’est normal. C’est l’effet secondaire de ma magie.
Elle se rasséréna réellement quand la femme rangea le poignard dans son fourreau et déclara :
- Je vais prévenir sire Thomov de votre réveil. Si vous avez soif, il y a de l’eau sur la commode.
Elle hocha la tête, encore perturbée. Elle attendit sa sortie pour se précipiter sur la carafe.
 
Firmin et Saphir levèrent les yeux quand je poussai la porte.
- La jeune mortelle semble enfin guérie. Nous allons bientôt pouvoir prendre congé de nos compagnons.
Le regard de Firmin s’était illuminé et il demanda avec une curiosité non feinte :
- Où allons-nous aller ?
J’ouvrai la bouche et la refermai. Je n’y avais pas encore songé, et aucune destination particulière ne me venait à l’esprit. Saphir répondit à ma place sur un ton plus sérieux qu’à l’accoutumée. Notre lien fut soudain entaché d’une certaine anxiété.
- Je crois malheureusement que tu auras fort à faire les prochains temps.
Elle dévoila un petit livre quelle posa soigneusement sur la table. Il semblait patiné par le temps et de vieilles taches de sang avaient maculé sa couverture. Je le pris alors qu’elle m’expliquait l’avoir trouvé près de moi après l’attaque du prêtre, abandonné dans l’herbe. Gardant son air grave, elle fit signe à Firmin de sortir de la pièce pour me laisser seule. Je passai lentement ma main sur le dessus avant de l’ouvrir.
 
Thomov entra dans la chambre et trouva Emmanuelle assise sur le lit. Elle semblait un peu pâle mais de meilleur forme malgré tout.
- Content de vous voir éveillée, Emmanuelle.
Elle lui sourit faiblement et il la rejoignit près du lit.
- Je me sens bien mieux que depuis fort longtemps, rassurez-vous. Cette femme que j'ai vue tout à l'heure, qui est-elle ?
Thomov répondit sans attendre.
- Elle est une thaumaturge, issue de l'un des Collèges de Magie Impériaux. Nous avons eu beaucoup de chance de la trouver sur notre route avec tous ces troubles depuis la chute du Comte. Sans elle, je ne sais pas comment aurait tourné votre convalescence ; elle a toute ma gratitude pour vous avoir rendu la santé. Nous sommes contraints de voyager pour regagner au plus tôt la sécurité de nos terres en Sylvanie et y imposer l'ordre. La mort de notre seigneur va entraîner une grave crise politique...
Emmanuelle l'interrompit.
- Allons mon ami, ne vous tourmentez pas tant. Je vais mieux et je suis sûre que vous parviendrez à maintenir la paix sur nos terres. Nous n'étions pas parmi les proches du Comte et je sais que vous avez toujours eu à cœur de vous tenir à l'écart des intrigues de sa cour.
Elle eut soudain une idée et son visage s'éclaira un instant. Elle s'accrocha à son bras avant d'ajouter avec un sourire.
- Nous devrions donner un bal à notre retour ! Les temps troublés sont toujours propices à ces célébrations ; les petits nobles ont besoin d'êtres rassurés, les grands de se souvenir que vous êtes leur allié et tous seront ravis d'avoir une bonne occasion de ripailler. Et puis, vous savez comme j'aime à danser. Me ferez-vous tournoyer comme lors du jour de nos noces ?
Thomov la serra doucement contre lui.
- Je vous le promets, ma mie. L'idée est excellente. Mais il faut vous reposer pour le moment, je vais veiller sur votre sommeil.

 
An de grâce 2051. Je l’ai trouvée. Elle est dans la ville même. Sous notre nez depuis sans doute des années. Elle loge avec un véritable nid de vampires au cœur même du haut quartier. Et dire qu’elles ont tué le frère du Maître. Je vais la surveiller, et dès qu’elle sera seule, je lui ferai payer amèrement sa mort et toutes celles de ma famille…
 
Je refermai le journal. J’étais seule dans la pièce. Silencieuse. Vide. Oppressante. J’entendais des bribes de paroles dans la chambre d’à côté. Thomov discutait encore avec sa dulcinée. Je n’avais pas dû prendre longtemps à le lire. Assise sur la chaise, l’ouvrage sur les genoux et les mains étendues dessus, je restais immobile. Seule ma main droite se leva pour se poser sur ma poitrine. Pulsations. Des légers soubresauts venaient compresser mon cœur, dans une douleur infime, subtile, mais dérangeante. Mon esprit partit instinctivement dans le monde de Ghur, comme pour oublier la réalité. Je voguais au-dessus des étincelles, emportée par les courants du vent de la Bête. J’aperçus la présence de Werden dans la forêt plus loin. Un Warghulf… Le vent joua avec mes cheveux et me susurra de douces paroles. La petite parcelle au fond de moi, celle éprise de liberté, celle qui m’avait guidé depuis tant d’années, se réveilla. Une solution se dessina dans mon esprit. Simple. Efficace. Empreinte de liberté et de bonheur. Un cocon de Ghur se forma peu à peu autour de mon corps et de mon esprit. Je fermai les yeux et me laissai emporter.
«Tilla.»
Pulsation. Je revenais brusquement dans le monde réel. Je me retrouvai debout, la main sur la clenche de la petite fenêtre, et Blick de l’autre côté de la vitre avec un regard sévère. Incrédule, je lui ouvris et il entra. Je remarquai le journal laissé sur le plancher. Je le ramassai.
«Ce genre de révélation n’est pas une excuse pour tout laisser tomber.
- Mais… Je…
- Devenir un Warghulf n’est pas une solution ! Reprends-toi, par Morrslieb !»
Je haussai les sourcils. Un chat qui se mettait à jurer. On aura tout vu.
«Je viens d’apprendre que toute une famille me chasse depuis plus de cinquante ans à cause d’une soi-disante prophétie qui me concernerait, et en plus de cela il paraitrait que je me balade avec un morceau de malpierre fiché dans ma poitrine ! Et tu viens me dire que je n’ai même pas le droit à un moment d’absence ?
- Bien sûr que si. Mais le but est d’éviter le point de non retour.»
Je soupirai, posai l’ouvrage sur la table et me laissai tomber sur un lit. Les voix d’à côté se turent et le calme revint. Je laissai le temps à mon esprit d’ingurgiter toutes les informations que je venais de recevoir, et qui pour la plupart me dévoilaient des aspects de moi-même. Blick avait compris que je m’étais apaisée et il avait fini par se coucher sur la chaise. Une idée émergea. J’activai ma magie. Les vents apparurent, flottant dans la pièce. La goutte de magie était toujours là, blottie contre mon cœur. Un mélange de Dhar, de Shyish et de Ghur. Petite perle au grand potentiel. Je l’attirai dans ma main. Elle opposa une certaine résistance, mais finit par tomber sous mon contrôle. Ma poitrine pulsa, et je remarquai que la boule de magie y réagissait. Je fermai les yeux et me concentrai. Je demandai à la pierre de s’activer. Elle palpita et la sensation se répandit dans tout mon corps. Je souris. Il ne me restait plus qu’à la maitriser… et à découvrir sa puissance.
Je fus interrompue dans mes pensées par le fracas de la porte. Je me relevai vivement, la main sur mon poignard, et découvrit Firmin sur le seuil. Son visage reflétait une profonde amertume teintée de colère. Juste derrière lui, Saphir semblait simplement attendre avec ennui que la tempête éclate pour plus vite retrouver une certaine tranquillité. Mon infant avança lentement, tourna la tête en direction du journal intime, le prit d’un geste sec et me le désigna avec détermination.
- Saphir m’a tout expliqué. Il faut qu’on parle.
 
Thomov soupira profondément et goûta un instant la quiétude de la chambre. Emmanuelle était assoupie et semblait recouvrer rapidement ses forces.
Mais la sérénité de la pièce fut bientôt interrompue par des éclats de voix provenant de la chambre voisine où logeaient ses nouveaux compagnons. Il tendit l'oreille et les quelques paroles qu'il put entendre lui apprirent qu'une âpre dispute se jouait entre Tilla et son jeune infant Firmin. Emmanuelle s'agita dans son sommeil et Thomov prit peur que le bruit finisse par la réveiller. Les épaisses cloisons qui séparaient les chambres retenaient l'essentiel du bruit et même si son épouse s'éveillait elle ne pourrait saisir l'exacte teneur des propos qui étaient échangés ; lesquels ne faisaient pas grand mystère de la nature très particulière de leur groupe. Comment pouvait-on manquer à ce point de la plus élémentaire prudence ?
Thomov se leva finalement et quitta la chambre sans un bruit. Il toqua doucement à la porte de Kriestov qui donnait juste en face de la sienne. Le visage de son cousin ne tarda pas à apparaître par l'embrasure.
- Un problème, seigneur ?
- N'entendez-vous donc pas le raffut dont nous gratifie ce jeune imbécile de Firmin ? Allez veiller votre cousine pendant que j'y mets bon ordre.
Sur quoi il tourna les talons, sûr d'être parfaitement obéi, et franchit de son pas énergique les quelques mètres qui le séparaient encore de la source du bruit importun. Une fois face à l'huis, il entra sans cérémonie.
A l'intérieur, il trouva un Firmin visiblement hors de lui alors que Tilla était assise à l'autre bout de la pièce ; calme en apparence mais dont le visage affichait un air de ferme résolution qui lui rappela fugacement sa propre rigidité d'humeur coutumière. Saphir enfin, parée comme de coutume de sa pesante armure, se tenait coite entre les deux, un peu en retrait comme si elle ne souhaitait pas paraître arbitrer leurs échanges en aucune façon.
En deux enjambées il fut sur le jeune inconscient et lui saisit l'épaule d'une poigne de fer, l'obligeant à se tourner pour lui faire face. Il laissa un instant s'écouler avant de prendre finalement la parole de la voix froide et basse qu'il employait quand il voulait marquer son interlocuteur et lui faire clairement savoir que sa patience arrivait à épuisement.
- Quel est cet insupportable tintamarre ? Je vous invite à plus de mesure, autant en ce qui concerne la teneur de vos propos qu'au volume où vous les exprimez. Je ne tolérerai pas d'avantage de perturbation à un moment où Emmanuelle a tant besoin de se reposer. Tenez-le vous pour dit.
Firmin tenta de se dégager de la prise de son aîné et commença une phrase d'explications indignées que Thomov interrompit aussitôt. Il raffermit sa poigne sur l'épaule du jeune homme jusqu'à être sûr de lui faire mal. Sa voix siffla de colère et ses yeux se tintèrent d'une lueur verdâtre malsaine qui était le plus clair des avertissements pour qui le connaissait tant soi peu.
- En voilà assez ! La seule chose qui m'empêche de vous réduire au silence de manière plus radicale est le respect que j'ai de votre Parente. Si vous ne pouvez régler cette affaire avec plus de discrétion, je vous enjoins vivement à trouver un lieu plus approprié pour en discourir. A présent soit vous vous expliquez séance tenante, soit je m'en retourne à mes appartements où j'espère bien n'être plus dérangé par vos frasques. Bonsoir.
Il desserra finalement son étreinte et se détourna lentement quand il fut sûr que son vis-à-vis ne répliquerait pas. Celui-ci se massait le bras en grimaçant mais ne semblait visiblement pas près à s'exposer d'avantage aux rudes manières de Thomov.
Au moment où il allait quitter la pièce, il sentit une main se poser sur son épaule. A sa surprise, ce n'était pas Firmin qui revenait à la charge mais Saphir qui posait sur lui un regard emprunt d'une gravité extrême. Quelque chose n'allait vraiment pas, bien au delà de la simple révolte d'un infant trop turbulent. Ce geste lui demandait clairement de demeurer là et de participer à ce qui allait suivre.
Il dirigea son regard sur Tilla et lui trouva l'air aussi solennel et soucieux que sa consœur. Elle soutenait son regard sans prononcer une parole et Thomov se décida à partager leur secret, quel qu'il puisse être.

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Dernière édition par Arken le Lun 8 Déc 2014 - 22:25, édité 3 fois
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Teotiqax
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 8 Déc 2014 - 22:01

Une suite longue! Bon malheureusement je suis fatigué (lycée et compagnie oblige) donc je lis ça demain mais une suite longue ça fait plaisir, j’espère plus de descriptions. Very Happy
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Gilgalad
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 8 Déc 2014 - 22:17

C'est une suite très longue (en même temps depuis le temps qu'on l'attendait...) mais elle valait largement le coup.
Il me semble avoir relevé une petite faute à un endroit mais je n'en suis plus sûr. Et je ne me souviens plus de où exactement. Mais c'est vraiment la seule chose car c'est vraiment très bien.
En effet, on s'immerge très rapidement dans l'histoire et quand c'est terminé, on est triste d'en sortir.

Bref, vivement la suite.
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 8 Déc 2014 - 22:22

Comme toujours, rien à redire sur la forme et la fluidité de la narration, tout comme le suspense qui reste à la fin sur le fameux "secret" que l'on se prépare à nous révéler... à moins que la conversation ne soit soudainement interrompue par le tueur justicier de Sigmar ! Devil  
Juste une coquille : la signature de la lettre.
Citation :
Maître Théogoniste l’Altdorf

Sur la fond, par contre, je ne doute pas que d'autres aimeront plus que moi... Plus l'histoire avance, plus on se retrouve avec des vampires... gentils. En tout cas, la narration est faite de sorte à ce qu'ils aient cet air noble et généreux, qu'ils soient solidaires et s'écoutent les uns les autres. C'est un concept défendable, souvent apprécié, certes, mais qui pour ma part ne tient pas la route, surtout sur la longueur.
Du coup, je suis toujours impatient de découvrir où va nous conduire le fil conducteur de l'histoire, à savoir cette fameuse prophétie, et de quelle manière les mortels vont misérablement faillir à tuer leur cible. J'espère en revanche que la prochaine suite nous réserve plus d'action et de tueries impitoyables, et moins de chats familiers Tongue Mrgreen

La suite ! Clap

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Thomov Le Poussiéreux
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 9 Déc 2014 - 10:00

Von Essen a écrit:
J'espère en revanche que la prochaine suite nous réserve plus d'action et de tueries impitoyables, et moins de chats familiers Tongue Mrgreen

On sent tout de suite l'amateur de poésie et de tendresse lol

Rien n'indique à ce stade que la lignée des prêtres ne finisse par réussir à vaincre Tilla... Voilà qui ferait une fin tout à fait remarquable d'ailleurs Shifty

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Von Essen
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 9 Déc 2014 - 11:48

Thomov Le Poussiéreux a écrit:
On sent tout de suite l'amateur de poésie et de tendresse lol
C'est purement subjectif, mais je considère que la poésie et la tendresse ont une place plus appropriée dans un récit parlant d'elfes, ou d'humains, à la rigueur Rolleyes
Quant à la fin de cette histoire, m'est avis que l'écrivaine elle-même n'est pas encore pressée de la connaître Camouflé Ninja

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vg11k
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 16 Déc 2014 - 11:52

Personnellement je n'ai rien contre des vampires "gentils". Tant que nous restons loin du cliché moderne à la Twilight&cie... Et de mon avis, si tout les vampires devaient être considéré méchant cela serait un peu grisant.

Von Essen a écrit:
plus d'action et de tueries impitoyables, et moins de chats familiers
tu n'est pas le seul a être friant de récits subtils. Toutefois j'ai remarqué qu'il fallait doser ces scènes avec parcimonies : lorsque l'intégralité du récit n'est que désossage celui-ci perd de sa saveur. Ces périodes de calme intermédiaire son les bienvenues

Vraiment c'est du beau travail que vous faites avec ce cross-over. Le récit à quatre mains est quelque chose de particulièrement difficile et vous vous en sortez avec brio.

Continuez comme ça !
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Von Essen
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 16 Déc 2014 - 13:57

vg11k a écrit:
Von Essen a écrit:
plus d'action et de tueries impitoyables, et moins de chats familiers
tu n'est pas le seul a être friant de récits subtils. Toutefois j'ai remarqué qu'il fallait doser ces scènes avec parcimonies : lorsque l'intégralité du récit n'est que désossage celui-ci perd de sa saveur. Ces périodes de calme intermédiaire son les bienvenues
Tout à fait d'accord avec toi. La référence aux chats familiers est un trait d'humour sous-entendu pour Arken, elle sait que je suis allergique aux poils de Blick quand il apparaît lol
Pour le concept du vampire, par contre... il faut croire que nous divergeons là-dessus Camouflé Ninja

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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Mar 16 Déc 2014 - 17:20

Chacun a son avis tranché sur la question
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 12 Jan 2015 - 13:16

Tatatam ! Voilà la première suite de l'année ! Longue comme vous les aimez Very Happy
La prochaine est déjà en construction, et promis, l'action va revenir peu à peu Innocent
Citation :
Quant à la fin de cette histoire, m'est avis que l'écrivaine elle-même n'est pas encore pressée de la connaître
Vois-tu mon cher, je connais le fin mot de l'histoire depuis son commencement Tongue Devil
Sur ce, bonne lecture ! Smile



Nous chevauchions au pas vers l’est. Les deux nobles étaient sur leurs destriers, Firmin sur la mule et Saphir sur un cheval qu’elle avait acheté dans la petite bourgade. J’avais moi-même retrouvé ma vieille amie, et Pénombre avait accepté une deuxième cavalière en la personne d’Emmanuelle. Cette dernière était la seule à parler avec enthousiasme. Elle avait totalement récupéré de sa maladie et avait retrouvé le dynamisme dont son époux avait venté les louanges. Malheureusement, le reste du groupe n’était pas dans le même état d’esprit. Un froid s’était installé entre Firmin et moi depuis la nuit dernière, Saphir prononçait à peine trois mots par jour, Thomov s’était muré dans le silence depuis les révélations du livre et enfin, Kriestov, dubitatif, ne faisait que respecter le mutisme de ses compagnons. Dans la petite chambre que nous avions occupée, Thomov s’était vu malgré lui prendre connaissance de la menace qui planait sur ma tête tandis qu’une discussion houleuse avec Firmin, mais plus discrète, m’avait mis les nerfs à fleur de peau.
Nous avancions donc dans un silence pesant que seule Dame Emmanuelle ne semblait pas percevoir. Elle ne cessait de vouloir engager la conversation avec les nouveaux serviteurs de son époux, mais ni Saphir ni Firmin ne lui répondaient avec plus de deux mots. Elle s’était donc rabattue sur moi, qui me sentais obligée de préserver sa bonne humeur, et ne pouvais contenir sa curiosité naturelle.
- Comment vous a-t-il rencontré ? Qu’est-ce qui dirige vos pas vers notre comté ? Resterez-vous au castel en notre compagnie ? A quel collège de magie appartenez-vous ?
Je répondais au mieux à toutes ses questions sous l’œil inquisiteur de son mari. Je me voyais affublée du rôle de prêtresse de Rya, déesse de la nature, voyageant en Sylvanie en compagnie de mon escorte pour aller m’occuper d’une jument d’un haut connétable. Je la remerciai également pour son invitation à venir résider dans leur domaine, mais lui précisais que j’avais fort à faire en ce moment, et que les bals n’étaient pas mon domaine de prédilection. Elle fut quelque peu déçue par mon refus, mais ne perdit pas de sa repartie. Elle changea de sujet et me demanda de quelle nature étaient mes pouvoirs. Son regard pétillant montrait en réalité une grande intelligence, malgré son comportement candide. Elle venait d’ouvrir une brèche dans ma réticence à lui parler en abordant mon sujet préféré. Un léger sourire complice apparut sur mes lèvres. Je soulevai le bras et ses yeux suivirent le mouvement. D’abord intriguée par le fait qu’il ne se passait rien, ses prunelles s’éclairèrent quand elle vit un corbeau planer dans notre direction pour se poser sur mon poignet. Un léger soupir d’admiration s’échappa de sa bouche. Elle leva la main vers lui et la retira aussitôt quand le volatile tourna la tête vers elle.
- Vous n’avez aucune crainte à avoir. Il ne pince pas.
Emerveillée, elle se rapprocha doucement. Un rire cristallin résonna quand elle fit glisser ses doigts sur les plumes de l’oiseau. Thomov tourna la tête de notre côté, le regard rempli d’amour pour sa dulcinée. Je sortis un morceau de viande séchée et il le goba d’un seul coup de bec.
- Vous devez avoir terminé votre apprentissage pour être en mission, non ?
- Euh, oui, c’est exact.
- Oh ! Alors vous devez être très douée pour être maître du savoir à votre âge.
- Hum… Certes…
Le regard du noble s’assombrit légèrement. Difficile de lui révéler mon véritable âge si elle ne savait rien de notre nature. Je me contentai d’observer Rabe et de lui prodiguer quelques caresses.
- J’ai également été très étonnée et découvrant votre jument, Dame Rubis. Elle ne possède pas de mord. La contrôlez-vous aussi à l’aide de vos pouvoirs ?
- Ma mie, cessez donc d’importuner cette chère demoiselle. Pensez plutôt à la remercier pour votre rétablissement.
- Mon aimé, sachez qu’elle peut voir en mes sentiments toute la gratitude dont je peux faire preuve. Mais cela n’empêche pas de faire plus ample connaissance.
Elle vit son mari se renfrogner. Ignorant la raison, elle haussa les épaules. Le silence revint peu à peu sur le groupe, et le voyage continua dans cette ambiance festive…
 
Sa tâche n’était pas simple. Mais elle devait y arriver. Sa sœur comptait sur elle. Et sa mère aussi. Elle entra dans l’atelier de l’ébéniste. Le peu de lumière que diffusaient les étoiles lui permettait de voir ce qui l’entourait. Des dizaines de bois différents, dont les morceaux étaient rangés du plus clair au plus foncé. En dessous des étagères, diverses chutes qui servaient de prototypes. En face d’elle, d’innombrables objets s’entassaient, en attendant de quelconques finissions ou ponçage. Mais ce qui l’intéressait, c’était les casiers à sa droite. Divers cercueils y étaient entreposés. Des simples planches de bois côtoyaient de magnifiques bières que seul l’empereur pourrait s’offrir. Elle les observa une par une, et trouva celui qui ferait l’affaire. Le plus discrètement possible, elle attrapa un cercueil fait entièrement d’ébène, strié par de délicates arabesques. Un léger sourire apparut sur ses lèvres avant de disparaitre. Impossible de dématérialiser l’objet. Elle allait devoir sortir par la porte. Elle empoigna une prise de cuir du cercueil et le cala contre son épaule. Elle se dirigea vers l’autre côté de la pièce, passa le seuil et se retrouva dans la boutique. L’odeur de bois était tout aussi présente ici, et cela commençait à l’irriter. Elle se dirigea vers la sortie et posa la main sur la clenche. Elle s’immobilisa et leva les yeux. Pendue au bout d’un fil, une petite clochette la narguait. Le regard toujours braqué sur l’instrument, elle ouvrit délicatement la porte. Le battant toucha le fer, si lentement que le carillon se posa contre son rebord sans plus de bruit qu’un simple « toc ». Elle fit passer son butin en premier avant de se glisser avec soin dans l’entrebâillement. Elle souffla enfin quand la porte se referma derrière elle dans un bruit feutré.
 
Un soupir de soulagement s’échappa de ses lèvres. Elle apercevait enfin l’écurie de l’autre côté de la rue. Avoir un corps physique posait bien des problèmes. Elle devait faire attention au moindre bruit que pouvait causer son corps ou l’objet qu’elle transportait. Elle avait dû sans cesse se dissimuler des patrouilles de nuit que la garde avait mis en place depuis la fin du siège. Elle fit la moue. En plus elle allait devoir se salir. Dans une dernière prouesse acrobatique, elle franchit le mur qui la séparait des stalles. Elle s’épousseta les mains avant de continuer. Les chevaux s’ébrouèrent à son approche, mais elle n’y prêta pas attention. Elle traversa plusieurs couloirs avant de trouver les box privés, loués aux plus grands seigneurs de la ville. Un jeune palefrenier, assis sur un tabouret, s’était endormi contre le mur. Une bougie à moitié consumée brûlait sur la petite table d’à côté. Topaze s’appliqua à mettre tout son mépris dans un subtil raclement de gorge. L’humain sursauta, la vit, paniqua, et finit par lui faire une révérence maladroite.
- Que puis-je pour vous, votre seigneurie ?
- Prépare le carrosse de Dame Von Grabstein. Tout de suite.
- Mais c’est le milieu de la nuit, les portes sont fermées…
- On ne te paye pas pour geindre ! Obéis !
- Bien madame…
Elle le suivit à travers le labyrinthe des écuries pour arriver enfin devant le carrosse du clan. Oui, le cercueil irait très bien avec la voiture. Le même noir d’encre, la même allure majestueuse. Elle ouvrit le portillon et posa son fardeau sur une des banquettes. Elle houspilla le servant sur sa lenteur, pour le simple plaisir de le voir courir. Les bras croisés, elle attendait à côté du marchepied qu’il termine les préparatifs. Il finit par s’arrêter devant elle, essoufflé.
- Les chevaux sont attelés. Dois-je vous chercher un cocher ?
Un fin sourire sur les lèvres, elle rapprocha son visage du sien. Elle souleva le menton du jeune homme par son index et captiva son regard.
- Je n’en aurais pas besoin…
Des yeux bleus, aux infimes pépites rouges. Aussi fascinants que le fond de l’océan… Un léger éclat vert et…
- Selon votre bon plaisir, demoiselle Von Grabstein.
Il fit une révérence maitrisée à la perfection et monta d’un geste sur le banc extérieur. Topaze monta dans la cabine et s’installa sur la banquette restée libre. Elle ouvrit la lucarne et lui souffla des ordres. Le palefrenier attrapa les rênes et donna un coup sec. L’attelage s’ébranla. La vampire observa son butin qui bougeait au rythme des cahots. Son visage s’éclaira. Elle avait réussi.
 
Thomov Le Poussiéreux enfilait d'un pas vif une ruelle sinueuse et humide des bas-quartiers. Il fronçait le nez, les narines sans cesse assaillies par des remugles d'urines et de vomis. Toute cette partie de la ville vivait dans la crasse et la puanteur, mais cette ruelle en particulier semblait encore plus immonde que le reste; comme si, par quelque mauvais sort, toutes les évacuations et tous les écoulements des rues avoisinantes terminaient ici leur course en un rendez-vous nauséabond.
Il parvint jusqu'à une porte grossière au dessus de laquelle se balançait mollement une enseigne fatiguée dont le motif était déjà indiscernable bien des années plus tôt. Il poussa le lourd battant de l'entrée du "Sabot Fendu". L'endroit n'était pas des plus recommandables de la ville ; le genre d'établissement que la milice locale aimait à visiter énergiquement plusieurs fois par semaine.
Thomov méprisait l'engeance vile qui se vautrait ici dans les pires vices qui se puissent imaginer, mais les circonstances lui forçaient parfois la main et certains des habitués pouvaient rendre des services bien utiles.
Depuis la chute du Comte qui menait jusqu'alors ses armées de victoires en victoires, les temps avaient brutalement changés... De proies résignées face à l'avancée implacable des forces de la Non-Vie, les mortels étaient devenus des chasseurs tenaces et retors pleins d'une fureur vengeresse et animés par une foi fanatique. La plupart de leurs attaques étaient vaines et dérisoires, mais un Vampire accablé par une traque de longue haleine finissait immanquablement par relâcher sa vigilance. Un seul pieu bénit pouvait mettre un terme à l'existence séculaire de ses semblables...
Voyager ouvertement à destination de la Sylvanie avait de tout temps éveillé les soupçons, mais c'était devenu à présent un moyen parfaitement sûr d'être pris pour cible par tous les répurgateurs sur plusieurs lieues à la ronde.
Voilà pourquoi Thomov Le Poussiéreux était ici ce soir, voilà pourquoi il frayait avec ces êtres repoussants qui méritaient à peine qu'on les appelle des hommes. Préserver son épouse et prolonger sa propre existence ; continuer pas à pas à défier le temps et à se jouer du trépas.
Le Vampire pris place au bar où il s'obligea à commander une pinte de bière, songeant avec soulagement qu'il était depuis fort longtemps hors d'atteinte de toutes les maladies qui devaient peupler abondamment le broc crasseux que le tavernier posa devant lui.
Il laissa passer quelques instants puis posa le regard sur un groupe de joueurs de cartes dans une alcôve. Des mises de toutes natures jonchaient la table, allant de simples pièces de monnaie rognées aux plus improbables produits des larcins de la journée.
Thomov s'approcha silencieusement et toisa l'un des hommes assis là jusqu'à ce qu'il parvienne à capter son regard. Il sonda son esprit et éveilla en lui une peur ancienne, primale, qui n'était suscitée par rien de clairement défini mais contre laquelle le malheureux ne pouvait pas lutter.
L'instant d'après, le gaillard se leva maladroitement et bafouilla quelques mots avant de quitter l'établissement d'un pas chancelant sous les moqueries et les quolibets de ses adversaires de jeu.
Le Vampire s'avança alors et posa la main sur le dossier de la chaise nouvellement inoccupée.
- Je vois qu'il vous manque un homme pour poursuivre votre partie, je me permets donc de me joindre à vous.
Sur quoi il s'assit gracieusement sans laisser aux autres le temps de rétorquer quoi que ce fut.
- Bien, où en sont les mises je vous prie ?
Les trois hommes qui lui faisaient à présent face formaient une belle brochette de gibiers de potence ; rien qu'à les regarder on ne pouvait s'empêcher de vérifier discrètement que les cordons de sa bourse étaient toujours en place.
Ils échangèrent un bref regard avant que le plus costaud des trois ne prenne la parole. De longs cheveux filasses encadraient son visage malhonnête qu'il avait abondamment poudré de blanc avec deux ronds d'un rouge criard aux joues, en une pittoresque imitation de certains nobles fardés ; l'effort était louable, bien que le résultat final le fasse d'avantage passer pour une prostituée à deux sous que pour un véritable marquis.
Il portait ce qui semblait être de riches atours au premier coup d'œil et à la faveur de la pénombre de la salle, mais le tissu en était élimé jusqu'à la trame et reprisé en tant d'endroits qu'il ne faisait pas illusion plus d'une poignée de secondes.
L'homme renifla bruyamment puis cracha à même la table.
- Qu'est-ce qui vous fait penser qu'vous êtes l'joueur qui nous manque ? C'est pas tous les soirs qu'un minet dans vot'genre vient se j'ter dans la gueule du loup...
Le second homme intervint alors. Il portait un bandeau sur l'œil masquant en partie une vilaine balafre, ainsi qu'un chapeau en feutre à larges bords piqué d'une plume défraîchie.
- Laisse, Thibald. Peut-être que sa seigneurie est pas v'nue les mains vides ? J'vois pas d'mal à gagner quelques pièces en jouant à la régulière contre un rupin qu'à pas froid aux yeux.
Sur quoi le dénommé Thibald se saisit d'un poignard à demi-rouillé qu'il portait à la ceinture et le planta vigoureusement dans le bois de la table.
- J'vois pas bien c'qui m'empêcherait d'les prendre de toute façon ! J'pourrais vous saigner avant qu'vous ayez l'vé le p'tit doigt, vot'seigneurie !
Il toisait Thomov d'un regard fiévreux et le Vampire ne douta pas que le drôle s'adonnait de temps à autres au meurtre pour arranger ses finances. Il haussa un sourcil et répondit calmement :
- Ho, vraiment ? Voilà qui m'incommoderait fort, c'est certain...
La brute fut debout en un éclair et arracha son couteau de la table dans le même mouvement. Il s'apprêtait à en donner un coup quand le troisième larron entra dans la danse.
- Assez, Thibald ! Tu sais quels ennuis on récolte quand on touche à un noble ? Ouvre donc un peu les yeux avant de nous mettre tous dans le pétrin. N'importe comment, il nous manque un joueur ; il sera toujours temps que tu fasses l'imbécile quand on aura terminé.
Il se tourna vers Thomov qui n'avait pas bougé un muscle de tout l'échange, les yeux toujours braqués sur ceux de l'homme debout à moins d'un mètre de lui.
- Si vous avez de quoi payer vous pouvez rejoindre la partie, l'ami. La mise est à un pistole, payable en or ou en mettant un objet en gage, bien que je doute que ce soit là vos manières.
Thibald reprit en maugréant lace sur sa chaise pendant que le borgne distribuait à chacun deux cartes. Thomov saisit les siennes qui étaient usées et grasses au toucher. Il regarda sa main pendant que le donneur retournait d'autres cartes au centre de la table. Le dessin des cartes était grossier mais il reconnu les symboles de l'Empereur et de la Comète Bifide. Sur la table étaient révélés le Croc Runique, le Loup Blanc et le Théogoniste ; en les combinant aux siennes, le Vampire était sûr de gagner. Le coup était classique : trois tricheurs, un jeu marqué et un pigeon mis en confiance par quelques mains heureuses en début de partie...
Thomov n'avait rien contre le jeu, mais il ne goûtait pas franchement la compagnie de ses partenaires du jour aussi décida-t-il de mettre sans attendre un terme à cette mascarade.
- Au risque de vous surprendre, messieurs, je désire bel et bien mettre un objet en gage.
Il tira alors de l'une de ses poches une chevalière frappée de ses armoiries personnelles et la posa devant lui.
- Je vous invite à considérer la finesse de la gravure avec le plus grand intérêt ; une telle qualité témoigne à mon sens du profond respect de l'artisan pour son commanditaire, dont je suis le représentant. Je suis sûr que vous-mêmes éprouvez un respect similaire à l'égard d'un personnage aussi illustre et que vous ferez tout le nécessaire pour l'obliger...
Thomov avait mis des années à établir un réseau de contacts dans la plupart des villes de quelque importance autour de la Sylvanie et jusqu'assez loin dans l'Empire. C'était un travail incertain et onéreux et qui demandait beaucoup de temps ; l'argent, la peur, la brutalité, l'envoûtement étaient autant de moyens de lier les mortels à son service. Aucun ne connaissait sa nature véritable et seuls une poignée d'entre eux avait seulement vu son visage.
Le borgne prit la bague et l'examina longuement de son seul œil valide. Il la reposa ensuite délicatement sur la table.
- Je pense que nous devrions discuter vous et moi dans un endroit plus calme. Il y a une salle à l'arrière où nous seront tranquilles.
Thibald le regarda avec étonnement comme il se levait pour diriger ses pas vers une porte située derrière le comptoir.
Thomov se leva à son tour, dévoila ses cartes avec un fin sourire et dit en regardant la brute :
- Il semble que j'emporte cette manche... Messieurs, au plaisir.
Sur quoi il reprit son bien ainsi que les mises des autres et emboîta le pas de son contact.
- Il y a...  si longtemps que j'ai accepté ce marché. Je pensais que ce jour n'arriverait jamais.
L'homme était visiblement perdu dans de lointains souvenirs ; souvenirs que Thomov Le Poussiéreux en personne partageait avec lui.
Le bougre n'était alors qu'un jouvenceau avenant ; aucun bandeau crasseux ne masquait son orbite vide, ses deux yeux encore valides faisaient se pâmer bien des pucelles.
Puis un combat dans une venelle sordide, une blessure cuisante au visage et un homme sombre qui volait à son secours. Beaucoup de sang autour de lui, la moitié de son regard arrachée à jamais. Enfin une promesse : la vie et la vengeance contre un simple service un jour, peut-être dans très longtemps.
Thomov l'avait secouru et avait traqué pour lui les malandrins avant de les tuer devant lui d'une horrible façon. Il venait aujourd'hui réclamer son paiement, sa part du marché.
- Vous avez engagé votre parole jadis ; honorerez-vous aujourd'hui votre serment ?
Son œil valide était toujours perdu dans les brumes d'un passé trouble et une larme solitaire roula sur sa joue mal rasée.
- "La vie et la vengeance"... J'ai tout perdu ce jour-là. Plus personne ne m'a jamais trouvé beau, on se détourne de moi. Estropié, défiguré. La vengeance fut accomplie, mais le supplice de ces hommes hante toujours mon sommeil. Quant à ma vie, elle est triste et misérable. Ce marché à condamné mon âme ; je n'aspire plus qu'au repos aujourd'hui, un repos que je ne parviens pas à trouver.
- Et vous n'y parviendrez pas tant que vous n'aurez pas respecté notre pacte.
L'homme porta alors le visage sur le Vampire qu'il scruta un long moment.
- C'était vous, n'est-ce pas ? Ce soir-là dans cette ruelle, c'était déjà vous... Tant d'années ont passé pourtant, mais vous êtes toujours le même.
Thomov soutint son regard sans sourciller et répondit simplement :
- C'était moi.
L'homme tressailli à cette annonce et le silence s'installa qu'il finit par briser après quelques instants.
- Je vous aiderai, bien que je sache désormais ce que vous êtes en vérité. Que voulez-vous de moi ?
Thomov posa une main apaisante sur l'épaule de l'homme effondré.
- Je veux juste rentrer chez moi...

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Dernière édition par Arken le Dim 18 Jan 2015 - 12:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 12 Jan 2015 - 19:10

Un bien bon chapitre, ça faisait longtemps un texte de cette qualité Very Happy (et un texte tout court Tongue )

Et je n’ai pas grand chose à dire cette fois, il y a plus de description ce qui facilite l’immersion (qui est déjà bien rapide chez moi) et ça ne peut que faire du bien à mon avis.


Bon ce n’est pas le tout mais j’ai décidé de faire un texte sur ce forum cette année, il va falloir que je trouve des idées maintenant. Je ne passe pas plus de temps à commenter, de toute façon il y a pas grand chose à dire de plus
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Nyklaus von Carstein
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MessageSujet: Re: Le prix de la liberté   Lun 12 Jan 2015 - 20:54

Bon, pour les autres je ne sais pas, mais moi j'ai lu ton texte vers 16h en plein cours de Sciences de l'Ingénieur.
Honnêtement, (je me répète pour chaque texte, et je le pense sincèrement), toujours aussi génial !!!!
Le retour des rivales, le mal du pays de Thomov, tout ceci m'a comblé et j'étais dès le début dans l'histoire, continuez comme ça vous deux !!!
... À quand la suite ?
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