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 Les lames du comte Von Heimwald

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MessageSujet: Les lames du comte Von Heimwald   Jeu 18 Déc 2008 - 23:40

Bonsoir, c'est encore moi.
Comme j'ai pas mal d'idées pour mes histoires, je pense que le plus simple c'est de regrouper tout sous un seul topic. Je vais remettre mes deux histoires précédentes et ajouter une autre nouvelle.
Bonne lecture, n'hésitez pas à laisser des commentaires, ça fait toujours plaisir.

IX : L’Hermite

"Le Fléau", c'est son nom.

Oh, il avait bien eu un autre nom avant...mais ses souvenirs de cette période étaient flous, tout se dont il se remémorait c'était les épuisants travaux des champs, son père, si prompt à donner des coups, et cette jolie rousse qui lui avait, un soir d'été, offert sa virginité dans un grenier crasseux.
Non, définitivement, le premier élément le plus net dans son esprit était cette nuit là, dans les bois de l'Ostrenwald. Pourquoi errait-il dans la forêt en cette heure tardive, il ne s'en souvenait plus, peut-être braconnait-il... Quoiqu'il en soit, il vit, dans une clairière une apparition qui le marqua à jamais.
Une femme, de port altier, assise sur une souche à coté d'un fier destrier, semblant l'attendre. Elle était belle, portait une robe pourpre somptueuse, et l'éclat de ses bijoux d'argent réhaussait son teint d'albâtre. Elle s'appelait Katia et lui proposa de passer l'éternité à ses cotés pour assouvir ses moindres désirs et caprices. C'était une vampyr!
Il n'hésita même pas, les légendes et contes des veillées ne l'avaient jamais effrayé, et puis quoi! Qui dirait non?! Echanger une vie de misère contre une vie de plaisirs... à jamais qui plus est... non décidément ça ne se refuse pas!
Elle l'avait remarqué depuis plusieurs semaines, son corps viril et musclé par les travaux du quotidien. Elle avait "besoin" de lui, dit-elle, et il accepta.

Le pacte était scellé, le baiser fût donné, et il suivit la Lahmiane dans ses moindres déplacements. Il s'avéra qu'elle disposait d'une cour de fidèle, mais il n'en avait cure. Il remplit son rôle de manière exemplaire, et leur relation fusionnelle dura des décennies...
Mais les Lahmianes sont versatiles... Petit à petit Katia le délaissa, pour d'autres mâles, pour du "sang frais". Puis un jour ce fut l'abandon pur et simple. de cela aussi il se souvenait fort bien...
C'était une nuit de chasse, comme tant d'autres, tous les deux sur leur destrier au coeur de l'Ostrenwald, où tout avait commencé. Elle le laissa là, coi, avec cette seule phrase lapidaire: "Va t'en maintenant, tu m'es devenu inutile!" puis elle était parti, sans même se retourner...

Il avait attendu son retour... des nuits... des semaines... Combien d'années était il resté dans ces bois, se nourissant des chasseurs, des braconneurs, des imprudents et même, à quelques reprises de soldats envoyés par un comte quelconque pour se débarasser de celui que le peuple nommait "Le Fléau de l'Ostrenwald"... Lui!
Durant cette période, son corps avait changé, il était devenu plus fort, plus brutal, des ailes s'étaient développées lui permettant de fondre sur ses proies. Il vivait nu, comme une bête, en proie à une soif inextanguible, une soif qui dépassait tout et dont l'assouvissement lui procurait quelques secondes d'un plaisir intense, avant qu'elle ne revienne plus forte encore.

Et c'était sa vie... "Le Fléau" jusqu'à il y a une dizaine d'années et une nouvelle rencontre avec celui qui serait dorénavant son maître: le comte Otto Von Heimwald, un vampyr lui aussi.
Il avait senti les vents magiques se modifier, il avait senti sa présence dans cette même clairière ou tout avait commencé.
"Viens à moi ami, n'ait pas peur".
Le comte cherchait des recrues pour sa campagne, levait une force vampirique telle que le Vieux Monde n'en avait pas connu depuis longtemps.
"Ainsi c'est toi Le Fléau"
Il ne put répondre, des années de mutisme et ses métamorphoses avaient altéré son larynx, jamais plus il ne parlerait.
"Suis moi, sers moi!!"
Un but à sa vie, c'était tout ce qu'il attendait.

Il apprit à manier les armes, il apprit à tuer de moultes manières, il apprit à décimer des villages entiers, tuant même les nourrissons, il apprit aussi à épargner les vies que son maître jugeait bon de conserver.
Son ambition est celle de son maître, il le sert aveuglément, et le comte Von Heimwald sait qu'il a trouvé en lui un garde du corps et un serviteur dévoué jusqu'à la mort.

"Le Fléau", c'est son nom...
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Jeu 18 Déc 2008 - 23:41

II : La Papesse

Marina Ducastel était assise dans la pénombre, le coin le plus reculé de la taverne. Elle patientait. Devant elle un verre de vin rouge qu’elle ne boirait pas mais dont elle appréciait l’odeur. Un homme viendrait l’accoster, elle en était sur, il en venait toujours un, il suffisait d’être patiente.
Elle était jolie, elle l’avait toujours été : « regardez ce divin visage ! », « quel minois angélique ! »… que n’avait-elle entendu ces phrases mille et une fois dans son enfance. Quelle ironie…
De plus, elle était présentement habillée de façon à ce que les mâles de la pièce ne puissent faire autre chose que de la regarder… Son décolleté, a peine plus prononcé que ce que la morale approuve, était à lui seul une invitation.
En attendant Marina s’occupait en faisant tanguer le vin dans son verre et en ressassant son passé, chose qu’elle évitait de faire habituellement, remuer la fange n’est jamais agréable… Surtout quand il s’agit de la sienne.

Sa jeunesse avait été heureuse, Marina était née dans la haute bourgeoisie dans une petite ville du duché de Brionne. En plus d’être belle, elle avait des capacités d’apprentissage qui subjuguaient ses professeurs, ceux-ci ne tarissant pas d’éloges sur la petite. Elle écumait les bibliothèques, toujours avide de savoirs.
A l’âge de 16 ans elle rencontra l’amour en la personne de Guillaume de Kerville, issu de la noblesse locale. Il avait 18 ans, était beau comme un dieu, et leurs parents respectifs avaient donné leur accord pour le mariage, la famille de Guillaume amenant le titre et les terres, celle de Marina la richesse.
Mais Sigmar est cruel, et trois jours avant le mariage, Guillaume mourut le plus bêtement du monde ; alors qu’il vaquait dans la cour de son château, une tuile s’était détachée du toit et l’avait percuté en pleine tête… Il était mort sur le coup.
Marina se souvenait avoir hurlé… puis pleuré…puis hurlé de nouveau pendant deux jours entiers. Au matin du troisième jour, celui qui devait être son mariage, une idée vint s’imposer à elle. Elle se souvint avoir feuilleté un livre « Des Arts Noirs selon Heinrich Kelm », qui bien que n’étant pas un livre de nécromancie à proprement parler, car ils sont interdits, n’en était pas moins un descriptif sommaire de ce que permettait cette forme de magie. Une sombre idée prenait naissance… Guillaume était mort, mais le corps de son aimé était là lui, peut-être qu’une sorte d’amour était possible avec ce reliquat terrestre de celui qui avait promis de rester avec elle pour l’éternité… Il le lui avait juré sous un chêne, le soir où ils avaient fait l’amour pour la première fois.

Marina passa les quatre jours suivants à la préparation de son sombre dessein, elle retrouva le livre, mais ce dernier s’avéra très décevant. De dépit elle le jeta au feu, les éléments qu’il contenait s’avérant un verbiage inutile. C’est alors qu’au lieu de brûler, une fumée rouge s’éleva du recueil, elle le sortit de l’âtre et quand elle l’ouvrit à nouveau, sont contenu était tout autre… Oh oui, tout autre.
Désormais les pages étaient couvertes d’une écriture rouge écarlate avec des dessins, des schémas, des formules, et tout cela concernait la nécromancie… Il lui fallu peu de temps pour déchiffrer ce qu’elle avait entre les mains ; un peu plus pour trouver les composants nécessaires à ce qu’elle prévoyait.
Autant les herbes et autres épices furent facilement acheté, autant elle dut mettre les bijoux que Guillaume lui avait offert en gage, afin de pouvoir payer à une pauvre femme le droit de garder son nourrisson.

Le rituel semblait simplissime, mais apparemment il requérait une force morale intense. Marina se rendit une nuit, sept jours après le décès de son fiancé, dans le caveau des De Kerville, déterra le cadavre péniblement et entama le cérémoniel à même la terre de la crypte, à l’abri des regards. Personne ne viendrait plus en ce lieu, la période de deuil familial étant finie.
Elle traça un pentacle, y allongea son aimé, et après avoir répandu une décoction préalablement préparée, elle égorgea le nouveau-né en psalmodiant une mélopée rituelle, baptisant ainsi par le sang d’un pur innocent la renaissance de Guillaume.
Et cela marchait, oui, cela marchait. Le cadavre ouvrit des yeux vitreux, la bouche béante d’où s’écoulait un filet de bave n’émettant que quelques borborygmes, mais aucuns son distinct. Mais qu’importe Marina était folle de joie, Guillaume était de retour.
Plusieurs jours passèrent avant que Marina ne déchante, des jours presque heureux ou elle pouvait s’étendre nue, sur le sol du tombeau, serrant dans ses bras un corps froid dont la chaire allait en verdissant. Mais autant réveiller un mort peut paraître aisé, autant le maintenir en l’état était quelque chose qu’elle ne pouvait accomplir à cause de ses connaissances limitées. Et quand un matin elle s’éveilla et qu’elle comprit que le dernier simulacre de vie avait définitivement quitté ce corps, Marina devint comme folle.
Folle… c’était bien le mot en y repensant, le cours de sa vie allait changer à nouveau de cap, mais à l’époque elle l’ignorait, bien sûr.

Un toussotement vint interrompre ses rêveries, un nobliau courtaud et rougeaud se tenait devant elle, de l’autre coté de sa table. Il semblait attendre qu’elle l’invite, ce qu’elle fit avec plaisir. Cet homme n’avait absolument aucun charme, mais qu’importe, un mâle reste un mâle, et a vrai dire Marina n’avait jamais vraiment fait la difficile pour atteindre ses buts.
Il tenta gauchement d’entamer la conversation, monnaya ses faveurs. Une catin ! Marina fut effarée, ce goujat la prenait pour une prostituée de luxe. On l’avait déjà confondue avec une duchesse ou une aristocrate quelconque, mais bien rarement avec une catin. Qu’importe, loin de chagriner Marina, au contraire, cela ne fit que renforcer son amusement.
La conversation avec cet homme était pénible, et Marina abrégea rapidement son supplice en le prenant par la main et en l’amenant à l’étage.
Nu, il avait encore plus piètre allure, autant que cela soit possible. Il entreprit de la monter, mais elle n’était pas femme à se faire dominer, elle le renversa et se jeta sur lui, remontant son manteau qu’elle portait à même la peau, elle lui découvrit son corps nu splendide et immaculé, et c’est elle qui le chevaucha. Et tandis qu’elle menait le rythme du va et vient, de nouveau son passé lui revint en mémoire. Pourquoi diable aujourd’hui était-elle si nostalgique ? Qu’importe, elle préférait penser plutôt que de regarder le faciès de l’homme entre ses bras. Le temps passerait ainsi plus vite jusqu’au dénouement…

La folie… Oui, ça Marina avait donné… combien de jours avait-elle errée à demi nue dans les rues de la ville, comme une mendiante, vendant son corps pour manger ou dormir au chaud. Elle aurait pu rentrer chez elle, mais à cette époque elle était au-delà de toute logique, elle ne savait plus que pleurer et crier à chaque fois qu’elle pensait apercevoir Guillaume à un coin de rue.
Son premier souvenir postérieur à cette période, ce fut son réveil, un soir, contuse, couverte d’ecchymoses et nue attachée à un mur. Elle n’était pas seule dans cette cave, trois autres jeunes filles, battues et dévêtues comme elle étaient aussi rivées au mur par des chaînes. Toutes avaient été enlevées de chez elles ou agressées dans la rue.
Des hommes vêtus de bandes de cuir noir et encagoulés venaient régulièrement leur porter à manger, ils ne les touchaient jamais. De ses connaissances livresques, Marina reconnut un symbole de Slaanesh décorant les cagoules et supposa rapidement qu’elle et ses voisines seraient probablement livrées au dieu des plaisirs bientôt. Mais si les cultistes s’attendaient à sacrifier une vierge, eût égard à son visage d’ange, ils risquaient d’être bien déçus songea t’elle cyniquement.
Le jour redouté arriva bien assez rapidement, Marina ignorait le déroulement de la cérémonie, mais avait ébauché un plan d’évasion qui, une fois enchaînée en file indienne, nue, derrière les autres détenues, lui apparaissait bien inutile.
Elle était la dernière du troupeau, et c’est ce qui la sauva. Les jeunes filles devant elle, à peine pubères, furent, l’une après l’autre violées sur un autel en marbre, puis égorgées comme des brebis. Mais quand vint le tour de Marina, cette dernière entama une mélopée lancinante. Les cultistes s’arrêtèrent, reconnaissant la Langue Noire et comprenant les implications que cela avait. Ils ne pouvaient bouger, tétanisés par l’effroi.
Marina sentait affluer en elle les vents magiques, et plus la mélopée se répétait, plus sa puissance s’amplifiait. Elle avait modifié les paroles d’instinct, sans même savoir trop pourquoi, mais à présent qu’elle avait le résultat sous ses yeux, elle se sentait empli d’une puissance incommensurable.
En effet, des cadavres des trois vierges s’élevèrent trois spectres éthérés hurlant leurs malédictions à la face des cagoulés. Des banshees !! Elle avait réussit à invoquer des banshees. Cela dépassait toutes ses espérances.
Puis le massacre commença, et il dura longtemps, très longtemps, la dizaine de cultistes fut très lentement massacré par les spectres, sous le commandement de Marina, et cette dernière avait même dans l’idée que leur fameux Slaanesh appréciait plus sa séance à elle que le simulacre de cérémonie que ces paysans incultes pouvait bien lui offrir. Car des idées de souffrance, elle en avait à revendre…
Ce qu’elle ne vit pas de prime abord, c’était l’homme en noir, camouflé dans un coin. Il était arrivé juste après l’invocation des banshees et resta jusqu’à la fin du supplice.

C’était Adrien de Montjoie, un puissant nécromancien dont la réputation d’invocateur n’était plus à faire dans le cercle très fermé de cet Art Noir. Il avait été attiré en ces lieux par la puissance des vents magiques en émanant. Cette gamine était extraordinaire : la beauté du diable, et une puissance inimaginable, au même âge, il aurait été bien incapable d’invoquer trois banshees, encore moins de les maîtriser, et surtout, surtout pas aussi longtemps. Elle avait une puissance brute à même de l’aider dans ses projets, sous réserve qu’il l’élimine avant qu’elle ne devienne son égal.

Adrien…Adrien… Marina se rappelait cet homme mûr qui fut son mentor, lui, si intelligent lui monnayant ses cours en couchant avec elle… C’était tellement trivial. Il était sec, arrogant, la traitait la plupart du temps comme une simple servante, mais les quelques années qu’elle passa à ses coté lui apprirent tellement en contrepartie.
Tout en continuant à chevaucher l’inconnu, elle se rendit compte à quel point Adrien lui manquait désormais, mais sa mort avait été nécessaire.

Il était prudent, très prudent, ne relâchait jamais son attention et ce d’autant moins qu’elle-même devenait de plus en plus puissante. Elle savait qu’un jour ou l’autre il la tuerait…Ca n’était qu’une question de temps.
Alors c’est elle qui pris l’initiative, elle l’attaqua alors qu’il était le plus vulnérable : les moments ou elle payait ses cours. Alors qu’elle le montait, elle sentit que le plaisir venait en lui, elle lui enserra le cou. Le pauvre innocent cru tout d’abord à une nouvelle perversion, un nouveau jeu sexuel, malheureusement pour lui, quand l’air vint à manquer il était trop tard. Une mort bien délicieuse du point de vue de Marina.

L’année suivante fut consacrée au plus grand projet que Marina eût conçu. Elle avait déjà les éléments les plus rares : une main et un cœur d’un nécromancien puissant, qu’elle avait pris soins « d’emprunter » à Adrien avant d’incinérer son corps.
Marina ambitionnait de réveiller le Roi Korskar, puissant seigneur des temps anciens dont ils avaient retrouvés les ossements complets avec son mentor quelques mois auparavant.
Pour sa cérémonie, elle attendit que Morrslieb soit pleine, et ce soir là installa tous ses préparatifs. Mais rien ne se déroula comme prévu.

Quelques minutes avant l’invocation, alors que les vents sombres de la magie noire affluaient dans sa cave, Marina sentit imperceptiblement un changement, une modification subtile, et le temps d’un claquement de doigt, l’homme était devant elle.
Une carrure impressionnante, un charisme bestial, c’était un vampyr. Elle le sut d’emblé. Il s’appelait Otto von Heimwald et lui proposait le baiser du sang en échange de ses services.
Marina tremblait de frayeur et de bonheur à la fois.
Rares sont les nécromanciens abordés par les vampires, la plupart restent leur vie entière en attendant cette opportunité. Mais encore plus rare sont ceux qui bénéficient du baiser du sang, dans la majorité des cas, le vampire fait miroiter cette récompense sans jamais la donner…

Habituellement sûre d’elle et altière, elle ne put, ce jour là que bégayer son assentiment. L’offre du comte était loin d’être innocente, car il savait très bien combien ce don décuplerait ses pouvoirs. Elle deviendrait une alliée bien plus puissante morte que vive.
Et en effet, dans les heures qui suivirent Marina sentit que désormais les choses seraient bien différentes. Les sorts qui réclamaient auparavant toute sa concentration semblaient enfantins, les rituels qu’elle devait préparer soigneusement devenaient inutiles…

Elle apprit aussi à vivre avec « la soif », et au cours des décennies qui suivirent développa une technique de chasse bien à elle, profitant de ses atours pour attirer ses proies, des hommes le plus souvent, mais parfois des femmes, et surtout elle avait appris à mordre les chairs et à se nourrir provoquant la mort au moment même de son orgasme, multipliant ainsi les sensations.

Et alors qu’elle sentait, après de longues minutes, le plaisir monter en elle en chevauchant ce pourceau, elle ne put réprimer un sourire révélant deux canines bien pointues et de se dire que le dîner était enfin servi.
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Jeu 18 Déc 2008 - 23:42

XIII : L’Arcane sans nom

« Jonas, le sanguinaire »

Le troubadour se racla une dernière fois la gorge après avoir déclamé le titre de cette œuvre qui était sa spécialité. En effet, nul autre dans tout le vieux monde ne connaissait l’histoire de Jonas comme William.
Ce conte était une transmission orale de père en fils depuis moult générations, et ce soir il était fier de le présenter devant une si noble assistance. Bien que le lieu de la représentation soit original : en effet pour un caveau perdu à une heure de cheval de la bourgade la plus proche le terme d’original s’appliquait bien.
Mais qu’importe, le comte payait fort bien et son public semblait composé de lettrés et de sages tous assis en demi-cercle sur des sièges à grand dossier, le comte trônant en leur milieu. Un auditoire cultivé, voilà qui le changeait des paysans et autres rustauds des tavernes habituelles. Le soir était tombé et les torches éclairaient la crypte abandonnée d’une manière solennelle tout à fait en adéquation avec son récit.
William pinça quelques cordes de sa petite harpe qui l’accompagnerait en fond sonore et permettrai d’intensifier les moments de la narration les plus dramatiques. Il sentit que le public s’impatientait, il était temps de commencer.

« Quand Jonas était jeune, l’Empire de Sigmar n’existait pas encore. Les royaumes de ces temps troublé se faisaient et se défaisaient au gré des guerres et des successions. Mais le roi Midas, père de Jonas régnait sur le plus grand, le plus prospère et le plus stable de ceux-ci.
Jonas, aîné de sa fratrie, aimé de son père, combattant hors pair et homme d’état accompli était prédestiné à réaliser de grandes œuvres.
Malheureusement, le destin des hommes est le jouet des dieux. Jonas était un fougueux combattant, peu de choses, une fois le combat commencé, pouvait le persuader de battre en retraite. Cette année là, le roi Midas menait campagne avec ses trois fils Jonas, Achille et Enée pour reprendre un territoire montagneux annexé l’été précédent par une tribu voisine: les Ashimis.
Les chevaux étaient rares et seuls le roi et ses fils chevauchaient à la tête d’une armée de piquiers. La traversée du défilé de Zhang était toujours délicate, mais la perfidie sans borne de leurs ennemis allait la rendre plus périlleuse encore.
En effet, alors que plus de la moitié de l’armée s’était engagée, les pierres se mirent à pleuvoir du haut des parois entourant le chemin. Midas avait pêché par orgueil pensant que l’ennemi ne s’avancerait pas autant dans leur royaume, et il allait regretter amèrement de ne pas avoir envoyé d’éclaireurs.
Le piège tua Achille, Enée et une partie des fantassins fut tout simplement écrasée. Jonas et son père ne durent leur salut qu’à la diligence de leurs fiers destriers.

Alors que Jonas tenait à tout pris à continuer la campagne coûte que coûte, son père, brisé par le chagrin ne pouvait s’y résoudre. Il retourna donc à son château, laissant aux soins seuls de Jonas la suite de la guerre.
Jonas fit même mieux que reprendre les territoires. En deux ans il décima presque entièrement le peuple voisin, massacrant chaque villageois, faisant payer le prix fort pour la perte de ses frère et acquérrant par là une réputation de sanguinaire.
Alors qu’il revenait vers son fief, il eût écho de nouvelles intrigantes : son père se serait remarié, lui qui était veuf depuis plus de dix ans, et même plus, il aurait un demi-frère de six mois : Jason.
Au château les choses avaient changé, son père malade ne sortait plus de sa chambre, tandis que Mélissandre, sa nouvelle femme menait d’une main de fer les affaires de l’état. Jonas ne pouvait supporter ce qu’il pensait être de l’ingérence, et devint de plus en plus autoritaire et agressif vis-à-vis de se belle-mère.
Les choses dégénéraient lentement, et c’est la mort de Midas qui plongea le royaume dans le chaos. Craignant que Mélissandre et ses partisans ne le tuent pour avoir la régence, Jonas prit les devant, et c’est lui-même qui égorgea sa belle-mère et son demi-frère. Puis, encore couvert de leur sang s’installa sur le trône.
Son règne sanglant dura vingt ans, sa raison avait définitivement quitté son corps le jour de la mort de ses frères, et le seul langage que comprenait désormais Jonas était celui de la violence. Le goût amer de la vengeance n’était jamais parti, car tant qu’un seul membre de la tribu voisine serait encore en vie, il ne trouverait aucun repos.

Et l’on raconte que sur son lit de mort, alors qu’il avait été touché par la flèche d’un archer adverse, Jonas jura qu’il reviendrait terminer sa vengeance tant que vivrait le sang des Ashimis… »


Le silence était complet, William était satisfait de son effet. Cette histoire était peu contée car amorale et sans romance. Mais le comte avait insisté pour que ça soit celle-là.
Alors qu’il commençait à s’impatienter, eh quoi ! Pas un applaudissement ? William vit le sol de la crypte remuer, une main squelettique émergea de terre pour son plus grand effroi. Personne dans l’assistance ne bougeait, hormis le comte qui se leva et avança vers lui. Le prenant par les épaules, il luis murmura à l’oreille :
« Troubadour, tu as été le meilleur de ceux que nous ayons entendu. Aucun ne connaissait réellement l’histoire de Jonas comme toi. Aucun n’a su comme toi le ramener. J’ai désormais l’incarnation de ma treizième lame.
Mais maintenant que tes paroles l’ont éveillé, j’ai le regret de t’annoncer que c’est ton sang qui va le maintenir parmi nous… »
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Ven 19 Déc 2008 - 0:04

Super! J'apprécie énormément l'idée de ton récit. Le fil directeur me plait et même si certaines choses sont aisément devinables on accepte de se laisser conduire par ton récit.

Faudra juste corriger quelques petites fautes. Devil
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Bodvar Bjarki
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Ven 19 Déc 2008 - 8:57

Encore un récit original et bien ficelé. Clap

J'apprécie beaucoup, merci. Cool
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Ven 19 Déc 2008 - 9:05

Salut à tous.
Un trés bon récit!
Narration correcte... On est amusé par le final qui est original.
On en redemande.
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Ven 19 Déc 2008 - 15:24

Merci beaucoup pour vos encouragements. C'est toujours plaisant d'avoir des retours.
Je sais que des fautes parviennent à s'imiscer dans mes récit malgré une vigilance accrue et une garde trés stricte montée par "la Compagnie du Correcteur d'Orthographe de la république de Word"...
Je travaille à une nouvelle nouvelle (oui ben trouver des synonymes c'est pas toujours évident alors "nouvelle nouvelle" ça passera bien pour cette fois) que je vous soumettrai bientôt.
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Ven 19 Déc 2008 - 22:35

Oui! Oui!!
Soumets nous toutes tes nouvelles!!
Mais attention!!! J'ai l'ermite et la papesse... Il en manque un paquet des lames dis!!!
La suite! Et on traîne pas ok?
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Ven 26 Déc 2008 - 0:02

En voici encore une petite

VII : Le Chariot

Le capitaine Vittorio Sciotti haranguait ses hommes de son destrier avant la bataille. Et comme d’habitude, il sut trouver les mots pour les galvaniser. Sa stature très impressionnante était à elle seule un élément d’exaltation. En effet, le fringuant quadragénaire mesurait prés de deux mètres de haut, et si cette taille n’est pas forcément inhabituelle chez les norscs, en revanche pour un tiléen c’était quelque chose d’exceptionnel.
Sa carrure l’avait orienté naturellement vers le métier des armes, pour lesquelles il avait montré de bonnes aptitudes. Mais il n’était pas tant bon combattant que bon stratège. Dans un duel à la loyal, nombre de guerriers auraient pu prétendre à le battre. Il était puissant, très puissant pour un homme, mais relativement lent, et ce d’autant qu’il maniait une hache à deux mains, récupérée sur le cadavre d’un minotaure, et peu d’hommes aurait pu la soulever. Mais il était rusé et fin stratège, et c’est aux commandes d’une compagnie qu’il exploitait son plein potentiel.

« Mi amicos !! En ce jour de pluie, nous marchons vers la gloire ! Pas d’hésitations, pas de faux-semblants, cette bataille est celle de notre maître, donc c’est la notre ! Il nous paie suffisamment bien pour cela ! »
Quelques rires et acquiescements silencieux vinrent ponctuer cette dernière phrase. En effet, le comte Von Heimwald rémunérait fort bien ses mercenaires. A eux de prouver leur valeur.
Tous avaient en tête le sort de la compagnie précédemment engagée par le comte et qui l’avait déçu au combat. Ces hommes le servaient toujours, oui, mais sous forme de cadavres putréfiés et sans âmes.
« Nous savons très bien ce qu’il est ! Mais les « Lions de Remas » s’engagent quelque soit l’employeur, la seule chose qui compte c’est notre réussite, et comme le dit haut et fort notre devise :
« Au profit des Lions rien n’est opposable »
Ce cri de guerre avait été scandé par tous les hommes de la compagnie.
Et c’était la vérité, aucune cause n’était plus importante que la leur, aucune morale ne les empêcherait jamais de prendre un contrat.

Vittorio se rappelait parfaitement bien ce soir d’hiver quatre ans auparavant… Sa première rencontre avec le comte…
Il attendait dans cette taverne depuis plusieurs heures. Un contact lui avait indiqué que quelqu’un cherchait à employer des mercenaires ; et ça tombait bien, le dernier contrat des Lions s’était terminé la semaine précédent, quand Hanz Heinrisch, magicien impérial avait enfin découvert l’artefact qu’il cherchait depuis tant d’années. L’extraire de cette tanière de goules n’avait pas été une mince affaire, mais les mercenaires de Remas honoraient toujours leurs contrats de manière exemplaire.
Ils étaient donc là, au beau milieu de l’Empire, prenant du bon temps en attendant le prochain travail… qui était en retard de plus de trois heures maintenant.
L’homme qui pénétra dans la taverne imposa le silence par sa seule présence. Un guerrier à l’armure écarlate et au charisme incroyable qui se dirigea vers lui sans hésiter. Il émanait de lui comme une aura de malaise quasi palpable. Vittorio ignorait ce dont il retournait, mais il avait deviné avant même que l’homme n’ouvre la bouche qu’il était sûrement plus qu’humain. Ses mots étaient précis, ses phrases concises, rien d’inutile dans ses propos.
Il s’appelait le Comte Otto Von Heimwald et requérait ses services pour du maintient de l’ordre et comme garde rapprochée. Vittorio comprenait mal ce que sa compagnie pouvait offrir de plus à cet homme qui disposait sûrement de soldats d’élites. Mais quand le comte lui eût dévoilé sa vraie nature, le plus simplement du monde, comme si cette donnée n’avait guère plus d’importance qu’une autre, alors Vittorio compris. Seuls des mercenaires tiléens accepteraient d’effectuer la garde diurne d’un vampyr.
Von Heimwald avait besoin d’eux, en effet, se déplacer précédé d’une horde de squelette est le plus sûr moyen de se faire harceler de toute part. Un comte dans son carrosse escorté par sa compagnie personnelle, en revanche, ça n’éveillait guère de soupçons.
Vittorio n’avait quasiment pas hésité… Un fond de morale religieuse vint tout de même le tourmenter quelques minutes : « eh quoi ! Tu t’imagines faire équipe avec une bande de goules identiques à celles que tu as décimé la semaine dernière ». Mais la somme proposée par le comte était tout simplement mirobolante, en prime un équipement neuf, frappé aux armes des Von Heimwald leur serait fourni. Il faut dire que depuis plusieurs années, la succession des employeurs et des livrées avait fini par donner à la compagnie un aspect pour le moins hétéroclite.
L’affaire était entendue, Vittorio scella le destin des Lions de Remas en une vigoureuse poignée de main avec cet « homme » au regard si sombre.

Les missions s’étaient succédées : escorte du comte à la recherche d’artefacts, défense du camp ce matin là de printemps quand une patrouille de l’empire menée par un preux abruti avait entrepris de chasser du vampire, bataille rangée en compagnie d’une armée de spectres silencieux contre des elfes sylvains barrant l’accès d’une forêt où le comte avait entrepris d’effectuer des fouilles…Et tant d’autres.
En quatre ans, Vittorio ne pensait pas avoir jamais déçu le comte, et celui-ci le leur rendait bien : ils avaient une paye princière, et surtout, aucun des nombreux vampires accompagnant Von Heimwald ne tenta jamais de toucher à l’un des Lions. Pas même ce vampire muet d’une sauvagerie bestiale que ses hommes appelaient « le Fléau » et qui pourtant semblait sentir l’air en leur présence comme on hume en entrant dans une cuisine où un plat délicieux est en préparation.

Le capitaine continuait son discours sous une pluie battante :
« Comme à chaque combat, nous devrons encore prouver notre valeur. Une seule défaite ternirait notre réputation à jamais ! »
« Ce soir nous sommes seuls. Le gros des troupes est en train d’être levé pour la bataille rangée. Notre rôle en ce jour est celui de faire taire ce canon qui pilonne nos positions depuis le haut de cette colline derrière moi. »
« J’entends déjà geindre Tonio que les archers nous auront décorés de leurs flèches avant même que nous ayons fait la moitié de la distance, mais qu’importe ! Quelques fanfreluches sur toi Tonio attireront peut-être plus les jeunes pucelles ! »
A cette boutade, l’intéressé cru bon de faire mine de protester sous les cris hilares de ses compagnons. Oui songea Vittorio, chacun avait vraiment son rôle dans cette compagnie. Tonio le boute-en-train, Enzo le doyen, la sagesse même, Armando le cadet dont tout le monde prenait soin…
Le pilonnage du canon s’était tu pour l’instant : les loups funestes avaient sûrement effectués leur travail en trucidant les servants. Mais l’armée d’en face savait à quelle force ils avaient à faire, et de nouvelles recrues accompagnées d’archers étaient déjà certainement en route pour que le canon recrache encore son feu de mort. Leur but était là, reprendre cette pièce d’artillerie et la retourner contre ses propriétaire, ou au pire la détruire. Les Lions de Remas seraient l’élément de surprise que le général adverse n’aurait pas anticipé.

Nombres de mercenaires auraient refusé l’idée même de travailler pour un mort-vivant, par principes religieux ou moraux… Et à vrai dire, Vittorio avait même songé à se désengager plus d’une fois après une victoire chèrement acquise, alors que les goules dévoraient les cadavres éparpillés sur le champ de bataille… Il était tout de même très déstabilisant de guerroyer aux cotés de squelettes, et certains rites franchement malsains des vampires associés au comte avaient un jour poussé Vittorio à vouloir résilier son contrat… Mais il n’est pas si simple d’annuler un pacte passé avec la mort…
En entrant sous la tente de campagne du comte, Vittorio ressentit une bouffée d’angoisse qu’il s’efforça de canaliser. Von Heimwald trônait dans la pénombre semblant l’attendre sans un mouvement. Il avait revêtu des habits civils mais dégageait tout de même une aura de commandement puissante.
« Capitaine Sciotti… Vous souhaitiez me rencontrer… » Sa voix était calme, et pourtant Vittorio ne put s’empêcher de transpirer alors qu’il demandait au comte la résiliation du contrat des Lions.
Un long silence suivi. Si long que Vittorio cru un instant que le comte s’était assoupi, si tant est que ce fût possible. Quand enfin Von Heimwald parla, ce fut de ce même ton posé, mais le capitaine sentit clairement la menace qui perçait derrière cette façade.
« Capitaine… Je ne puis malheureusement vous accorder le retrait de vos troupes. J’ai bien compris l’embarras dans lequel vous vous trouviez. Mais un engagement est un engagement…aucune durée n’est stipulée sur le contrat. Et pour un vampire, comme moi, l’éternité est quelque chose de tout à fait envisageable.
De plus, je vais vous avouer un secret… Vous êtes l’incarnation de l’une de mes lames Sciotti, et en tant que tel je me dois de vous garder au sein de mon ost… Que ce soit vivant… Ou non… »
Le capitaine était sorti grelottant de la tente de son général. Il n’était pas sur d’avoir compris tout les tenants et aboutissants de ce qui venait de se passer, mais ce qui était certain, c’est que les Lions allaient travailler pour le comte un long moment.

Alors qu’il descendait de son cheval, trempé jusqu’aux os, afin de mener l’assaut à pied, comme à son habitude, auprès de sa compagnie, Vittorio ne pût s’empêcher de soupirer en repensant à cet entretien.
Il avait probablement gagé les âmes de ses soldats contre des espèces sonnantes et trébuchantes.
Mais alors qu’il levait sa hache, signal de l’assaut sous une pluie redoublée, alors que l’adrénaline et la tension du combat coulaient dans ses veines, il se dit qu’il n’échangerait sa vie pour rien au monde.
Et finalement, l’adage de sa compagnie était bien vrai : « Au profit des Lions rien n’est opposable », pas même la damnation éternelle.
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Ven 26 Déc 2008 - 0:49

Mais quel talent Clap

Plus que 9 ...

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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Ven 26 Déc 2008 - 8:14

Vraiment très bon.

J'apprécie tout autant le style que les idées développées.

Il te faut continuer sur cette lancée. Encore stp!
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Ven 26 Déc 2008 - 11:02

Salut à tous!
Oui, vraiment on adore! Le style et les idées ne faiblissent pas, c'est trés bon. Continues, tu es assuré d'avoir des lecteurs.
Bravo encore.
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Ven 9 Jan 2009 - 12:40

Bonjour. Voici une nouvelle fournée. J'espère que cela vous plaira.


X : La Roue de fortune

« Zohra bint Shayla Al Ahmendi », son nom roulait sur la langue telle l’eau sur les galets secs du désert après une averse inespérée. Mais en Reikspiel standard, il était très difficile de le prononcer correctement. Et d’ailleurs, rares étaient ceux à réussir.
« Djemina », c’était aussi son nom. « La furie » en arabéen, sa langue natale. C’était un jeu de mot, car selon le contexte cela pouvait aussi signifier « la vierge ». Ce surnom lui avait été donné par les autres gamins de la cité de Teshert. Elle avait vécu dans la rue dés l’âge de quatre ans, à la mort de ses parents, et petit à petit, son talent naturel pour la cambriole, le vol, et le chapardage lui avait permis de prendre la tête d’un groupe de jeunes mendiants.
Le premier homme qui avait tenté de la toucher, alors qu’elle n’avait que douze ans, avait eu deux doigts sectionnés à la main droite. Le deuxième s’était retrouvé agonisant sur les pavés avec une dague plantée dans l’abdomen… Il n’y avait jamais eu de troisième tentative, et elle avait acquis cette réputation lui valant ce sobriquet qui lui allait parfaitement bien.
« La roue de fortune ». C’était encore son nom. Beaucoup plus récent celui là, puisque c’est le Comte, son nouvel employeur, qui le lui avait donné. Comme une sorte de code, mais elle ignorait pourquoi.

Elle ne l’avait jamais rencontré personnellement, mais seulement un subalterne ; un sombre personnage, vêtu d’une robe noire et se faisant appeler Viktor. Il l’avait abordé un soir, alors qu’elle se divertissait en pariant sur des combats de chiens dans l’arrière salle d’une taverne de Nuln où elle vivait depuis qu’elle avait quitté l’Arabie suite à un malencontreux malentendu. Il l’avait accosté par son nom complet, le prononçant d’une manière parfaite. Il lui avait donné une lettre, écrite de la main du comte Von Heimvald… En arabéen… Zohra était soufflée. Peu de gens à l’extérieur du pays savaient le parler, et seuls quelques rares lettrés connaissaient l’alphabet spécifique à cette langue.
La lettre lui proposait une mission de cambriolage très simple en échange d’une rémunération conséquente. Et tout au long de la missive, le comte l’appelait « roue de fortune ». Mais cette excentricité ne gênait aucunement Zohra. Qu’il l’appelle comme il le voulait, il payait suffisamment bien. Zohra s’acquitta parfaitement de cette mission, et de plusieurs autres ensuite, recevant à chaque fois une somme d’argent croissante… Tout comme la difficulté des vols demandés par le comte.

En ce jour ensoleillé mais frais à Middenheim, Zohra n’avait pas du tout l’esprit à son passé. Elle rentrait à l’auberge d’un pas furieux. Elle en avait connu des situations embarrassantes, mais jamais elle ne s’était sentie humiliée comme ce jour.
Sa nouvelle mission, qu’elle avait reçu quelques nuits auparavant, apportée grâce à une chauve souris (comment diable ces bestioles parvenaient à la retrouver quelque soit l’endroit ou elle dormait resterait pour elle un mystère), était à priori simple : il suffisait d’effectuer une copie de la clé du caveau de la famille des Burgsmann. Clé rangée dans un tiroir de la demeure familiale toujours bien fournie en gardes.
Pourquoi faire un double d’une clé alors qu’il suffisait de forcer la porte de la crypte, elle l’ignorait. Mais après tout, elle était payée pour faire exactement ce qu’on lui disait.
Pour y accéder, Zohra avait un plan tout simple : séduire le cadet de la maison Burgsmann, Gunthar, pour s’y faire inviter. Le titiller un peu puis l’endormir subtilement avant qu’il ne puisse tenter quoique ça soit. Copier la clé grâce à un morceau d’argile, puis retourner auprès du jeune homme jusqu’au matin ou elle vanterait ses exploits sexuels dont il ne se souviendrait plus… Et pour cause… Ni vue, ni connue… Simplissime…

Elle avait revêtu sa robe de soie la plus sensuelle, celle qui découvrait son ventre plat et sa taille ornée d’une chaîne dorée. Elle s’était surlignée ses yeux sombres au khôl. Elle avait embelli ses mains avec des tatouages au henné. Ses cheveux de jais ondulés, parfumés, tombaient délicatement sur ses épaules… Elle était sublime et elle le savait.
Gunthar Burgsmann ne lui adressa même pas un regard lors de cette entrevue qu’elle avait sollicité pour un prétexte fallacieux. Il travaillait à l’Hôtel de ville, à la répartition des commerces pour la foire d’été. Elle s’était faite passer pour une diseuse de bonne aventure arabéenne en quête d’un emplacement privilégié et prête « à tout » pour l’obtenir. Elle l’avait aguiché d’une manière quasi indécente à la fin, mais il n’avait pas réagit.
Elle sortit de l’Hôtel de ville dans une rage folle. Humiliée. Ses talons claquaient sur les pavés de Middenheim.
Ce n’est qu’une semaine plus tard, alors qu’elle organisait son entrée par effraction qu’elle comprit, à son grand soulagement, les raisons de son échec. Un de ses indicateurs lui signifia que Gunthar était plus volontiers attiré par les jeunes éphèbes que par les demoiselles. Cette information était confidentielle, car la réputation des Burgsmann, famille influente, se devait d’être préservée.
Mais en attendant, cet imbécile allait l’obliger à tenter une approche beaucoup moins subtile et surtout beaucoup plus risquée.

Ses pieds nus semblaient survoler le sol tellement son pas était silencieux. Zohra, habillée de cuir noir, le visage enduit de charbon et ses cheveux relevés en un chignon plus pratique, arpentait la demeure endormie des Burgsmann. Pour l’instant tout se déroulait pour le mieux : les gardes respectaient leur ronde et les chiens dormaient d’un sommeil de plomb grâce aux somnifères versés le soir même dans leur gamelle par un complice, le jeune page Vigo qui travaillait chez les Burgsmann depuis quelques mois déjà…
Furtivement, Zohra accéda au salon et s’arrêta devant un meuble bas à coté de la cheminée dans laquelle le feu finissait de se consumer. La clé était là, Vigo le lui avait certifié.
Bien qu’occupée à effectuer le moulage de la clé, Zohra ne comprit jamais comment elle avait pu ne pas entendre arriver la personne qui se tenait devant elle lorsqu’elle se retourna sa besogne finit.
Elle sursauta et son cœur s’emballa d’autant plus que l’homme avait vraiment un aspect inquiétant. C’était un guerrier, revêtu de cuir et tenant à la main une rapière couverte de sang séché. Il était d’une pâleur cadavérique et ses veines apparaissaient par transparence. Mais le plus effrayant c’était la tête de Vigo qui ballottait contre sa cuisse, attachée par les cheveux à son ceinturon.
Il prit la parole avant qu’elle puisse faire quoique ça soit :
« Tu diras à ton maître le Comte que la Confrérie Noire en a plus qu’assez qu’il s’immisce dans ses affaires. Il a des ambitions démesurées et en complet désaccord avec les nôtres »
Tandis qu’il parlait, l’affolement croissait en Zohra. Un vampyr… Elle en était sûre, ses canines l’avaient trahi. Mais qu’avait donc fait son employeur pour s’attirer l’inimité de tels adversaires !
« Je pense que pour que le message soit plus clair, c’est ta tête que je vais envoyer directement au Comte ! »
Alors même qu’il terminait sa phrase, s’avançant vers elle plein d’intentions belliqueuses, un réflexe quasi surhumain sauva la jeune femme : elle se précipita dans l’âtre de la cheminée commençant à escalader le conduit. Le vampire, bien que plus rapide qu’elle en temps normal fût néanmoins surpris de cette esquive et ne pût la rattraper avant qu’elle ne commence son ascension. Le conduit se rétrécissant rapidement il ne pouvait prétendre à la suivre, et le temps de monter sur le toit, elle serait partie. Furieux il donna plusieurs coups de rapière dans sa direction, et l’une de ses attaque parvint à percer le flanc de Zohra.

Meurtrie par cette escalade rapide, se tenant le côté pour retenir un filet sanglant peu abondant mais continu, Zohra trouva tout de même les ressources pour s’enfuir le plus rapidement possible de cette maison maudite.
Ce n’est qu’au bout de quelques jours qu’elle retrouva une paix d’esprit, commençant à se dire que finalement le vampire ne la retrouverait pas. Curieusement, l’histoire n’avait fait aucun bruit, pas une rumeur, rien…
Elle était allongée, dans sa chambre, dans une nouvelle auberge, en convalescence. Le médecin avait dit qu’elle avait eu de la chance : la plaie punctiforme était profonde, mais aucun organe vital n’avait été touché.

Viktor se présenta un soir, frappant selon un code établi à se porte. Il ne sembla pas s’émouvoir outre mesure de la blessure de Zohra, mais sembla toutefois satisfait du moulage effectué. Il la paya puis s’apprêta à sortir. Zohra interrompit son élan :
« Je dois vous avertir que la Confrérie Noire est après le Comte »
Viktor se retourna lentement, semblant un peu surpris
« Vous avez rencontré un membre de la Confrérie Noire et survécu… Vous avez plus de ressources que je ne le pensais.
Ne vous inquiétez pas pour le Comte, nous savons pour eux »
« Je crois que ce sont des vampires »
Le fait d’exprimer à haute voix ce qu’elle pensait lui fit paraître cette idée des plus ridicules. Mais Viktor ne rît pas, pire, il confirma même ses craintes.
« De cela aussi nous sommes au courant. Mais si quelqu’un doit se faire du souci dans cette affaire, ce sont eux. Ils ne savent pas ce dont mon Maître est capable ».
Puis il referma la porte derrière lui laissant Zohra seule avec ses frissons : qui était cet employeur qui ne craignait pas même les morts-vivants les plus puissants ?…
Elle craignait de l’apprendre un jour.


Dernière édition par Nephilim le Ven 9 Jan 2009 - 17:47, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les lames du comte Von Heimwald   Ven 9 Jan 2009 - 13:26

Pas mal du tout. De très bonnes idées, quelques mots bien choisis. Encore une fois, j'adhère. C'est un réel plaisir de te lire et encore une fois: vivement la suite.
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