Armées Comtes Vampires et mort-vivants

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 Mythe du VRAI Vampire.

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MessageSujet: Mythe du VRAI Vampire.   Ven 29 Oct 2004 - 6:01

Introduction – Avertissement.

« Rentre, c’est le moment où la Lune réveille
Le vampire blafard sur sa couche vermeille »

(Gautier, Comédie Maudite.)

Vampires ! Si ce mot n’évoque plus aujourd’hui que des terreurs de salles obscures, il n’en éveille pas moins en nous l’écho de peurs ancestrales toujours tapies au plus profond de notre être. C’est que le vampire incarne la mort hideuse qui nous guette sans relâche. Cette peur explique l’universalité du mythe des suceurs de sang de nos légendes.
Le thème des vampires est en effet connu partout dans le monde. Toutes les traditions populaires en font foi. Si ces revenants sanguinaires ne font pas la une des journaux, on les trouve, par contre, fréquemment en couverture de magazines et de livres, et en tête d’affiche au cinéma. A tout prendre, on a sans doute tant parlé des vampires qu’à notre époque où l’on n’y croit plus guère.
Mais le revenant suceur de sang, que l’on nous présente complaisamment, n’est en réalité qu’une caricature grotesque du vampire mythologique qui terrorisait les populations rurales il n’y a pas si longtemps encore.
Cet exposé se veut être, en quelque sorte, une réhabilitation du mythe face aux déformations que lui font subir non seulement la littérature et le cinéma, mais aussi quelques auteurs mal informés. Les créatures de la nuit évoquées dans cet exposé vous surprendront peut-être, car elles ne ressemblent pas beaucoup au comte Dracula, qui n’est lui-même qu’une copie ridicule, bien qu’il incarne aujourd’hui l’archétype du vampire aux yeux du public.
Il faudra vous rendre à l'évidence: le vampire qui vous semble si familier vous est en réalité pratiquement inconnu, tant les idées fausses et stéréotypes ont la vie dure.
C'est un vampire originel, revenu à sa forme brute et archaïque, que je vais le présenter. Ce vampire-là nous est devenu étranger: il ne se transforme pas en C-SV, ne suce pas toujours le sang des vivants, ou au contraire ne se contente pas de cela. Il n'est pas non plus un bel aristocrate au charme ténébreux, et n'est pas nécessairement mort, mais parfois bien vivant. Malgré une légende tenace inventée par l'écrivain Bram Stocker pour son Dracula, le vampire a une ombre et un reflet, il ne craint que très rarement les objets du culte chrétien, il n'a pas de pouvoir particulier sur les animaux, et peut parfaitement entrer dans une maison sans y avoir été invité.
Autant dire qu'il va vous falloir renoncer à cette image simpliste du cadavre sortant de sa tombe pour aller boire le sang des jeunes vierges.
Bien sur, le plus souvent, le vampire est un Mort Vivant, ou plus exactement, un "non-mort", mais son rapport à la mort est plus complexe qu'il n'y parait.
Il sera d'ailleurs question de Mort dans cet exposé, car toute la thématique du vampire s'articule autour de cet état particulier. Si vous êtes angoissé(e) à la seule idée de la Mort, alors allez faire un tour dans la section 'la vie est belle, et j'aime bambi', car la mort hideuse et dévorante rôde: c'est autour de cette idée maîtresse, et celle de la croyance en une vie posthume, que tout le mythe s'articule.
Voici donc le vrai visage du vampire, sans fard ni artifice.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Ven 29 Oct 2004 - 6:02

Les Vampires : une affaire sérieuse.

« Au commencement de septembre 1732, mourut dans le village de Kisilova, à trois lieu de Gradish, un vieillard âgé de 62ans. Trois jours après avoir été enterré, il apparut la nuit à son fils, et lui demanda à manger; celui ci lui en ayant servi, il mangea et disparut. Le lendemain, le fils raconta à ses voisins se qui lui était arrivé. Cette nuit, le père ne parut pas; mais la nuit suivante, il se fit voir et demanda à manger. On ne sait pas si le fils lui en donna ou non, mais on le trouva le lendemain mort dans son lit,; le même jour, 5 ou 6 personnes tombèrent malade dans le village, et moururent l'une après l'autre peu de jour après. L'officier, ou bailli du lieu, informé de ce qui était arrivé, envoya une relation au tribunal de Belgrade qui fit venir dans le village deux de ces officiers avec un bourreau pour examiner cette affaire... On ouvrit tout les tombeaux de ceux qui étaient morts depuis six semaines: quand on vit celui du vieillard, on le trouva les yeux ouverts, d'une couleur vermeille, ayant une expression naturelle, cependant immobile comme mort; d'où l'on conclu qu'il était un signalé vampire. Le bourreau lui enfonça un pieu dans le cœur. On fit un bûcher, et l'on réduisit en cendre le cadavre »

C’est la une histoire de vampire typique du XVIIIeme siècle, époque de la grande épidémie vampirique.
Le vampire, hôte privilégié des récits de terreur, qu’ils soient roman moderne ou légende populaire ancienne, suscite depuis longtemps une vive curiosité, tant chez les amateurs de mystère que chez les cartésiens incrédules. Rêverie macabre pour les uns, réalité ignorée ou occultée pour les autres, le vampire n’en pose pas moins une véritable problématique, car il évoque une angoisse aussi bien qu’un espoir séculaire ; la survivance post mortem qui est vécue ici comme une malédiction.
Thème cher aux courants littéraires de la fin du XVIIIème siècle (le Gothique, ou Roman Noir), et du XIXème siècle (le Romantisme Noir), le vampire hante toujours aujourd’hui nos imaginations et traîne sa carcasse décharnée dans les cimetières de nos cauchemars.
Au-delà de l’image du vampire fraîchement sorti de son sépulcre, glissant silencieusement entre les tombes nimbées de brumes opaques, à la recherche de jeunes vierges qui apaiseront son inextinguible soif ; au-delà de cette image, donc, se profilent les deux vieilles peurs de l’humanité : la Mort et le Temps.
Tout le mythe tourne autour de cette thématique primordiale.
Bien qu’élément prédominant du groupe des Morts Vivants, le Vampire s’en distingue toutefois par son appartenance au sous-groupe des non-morts. En effet, le vampire nous enseignent les traditions populaires, n’est en réalité ni mort ni vivant, il incarne un état intermédiaire de l’existence.
Le thème vampirique possède de nombreuses ramifications, qui l’apparentent aussi bien aux morts vivants qu’aux loups-garous, goules, démons, ou encore aux ogres. Bien qu’étant de la même parenté, il s’en différencie pourtant nettement ; ce qui permet au mythe, malgré son étroitesse, de transcender ses propres restrictions pour acquérir une richesse certaine.
D’essence païenne, il a trouvé son épanouissement dans le contexte chrétien. Le vampire, en effet, est un vecteur parfait de l’expression de la frustration sexuelle et de la culpabilité. Il est, pourrait-on dire, un tabou incarné, le péché manifesté (car il possède cette immortalité qui est un défi constant au dieu des juifs et des chrétiens). Dès lors, par cette bravade inacceptable, il ne pouvait en aucun cas se racheter aux yeux de la nouvelle religion (d’autant plus que, selon la foi chrétienne, l’âme ne peut renaître : soit elle est condamnée, soit elle retourne vers Dieu).
Si certains thèmes de la mythologie païenne se sont parfois recouverts d’un mince vernis chrétien, tel ne sera jamais le cas du vampire, irréductible comme tous les grands thèmes mythologiques.
S’il est resté profondément païen, son symbolisme, par contre, s’est inévitablement teinté de christianisme, notamment au cinéma.

"Une étude sommaire du mythe dénonce, tout d’abord, écrit Jean-Pierre Baptiste Bénichou (Horreur et épouvante, PAC éditions, 1977) , un manichéisme primaire, aussi peu évident que le concept de bien et de mal et que la frontière qui les délimite. Le Comte Dracula (le mal, la sexualité) est victime d’une malédiction (le désir) qui l’oblige à boire du sang frais (l’acte) le plus souvent de jeunes filles (hétérosexuel, le vampire le plus immonde est parfois, symboliquement, bisexuel) à sa source, c’est-à-dire la veine jugulaire (le baiser du vampire) pour survivre et rester immortel (angoisse métaphysique)."

Mais cette immortalité qui fait sa force est maudite. Il est ainsi condamné, sous peine de destruction, à ne plus voir la lumière du jour (émanation de Dieu). Il lui faut être un hôte des ténèbres (c’est-à-dire la mort, et en fait, l’Enfer) et dormir dans un cercueil (son immortalité devient ainsi une éternité dans la mort). Et cela va encore plus loin, car ses victimes deviennent vampires à leur. Elles sont donc considérées comme complices et, en punition de leur péché (le désir sexuel, désir d’immortalité, ou simplement complaisance et passivité), sont frappées de la même malédiction (« Tu seras puni par là où tu as péché »). Le rituel classique de destruction du vampire (car il ne peut s’agir que d’une destruction et non d’une délivrance) est d’ailleurs clair à ce sujet : un pieu est enfoncé dans le cœur (siège traditionnel des sentiments), ce qui est aussi une symbolique sexuelle.
Bien que le vampire soit teinté d’un symbolisme chrétien, le mythe est lui-même, comme dis précédemment, d’origine païenne.
Le mythe lui-même est répandu un peu partout dans le monde. On le retrouve bien sûr dans toute l’Europe, mais aussi en Orient, en Amérique du Sud et en Amérique Centrale. Vampires encore en Afrique, notamment chez les Loango, dont les traditions est une des très rares à lui reconnaître la possibilité de se transformer en chauve-souris (dans certaines traditions européennes, il a cependant le pouvoir de se changer en animal, notamment en loup, alors qu’en Asie, il peut se transformer en insecte). On trouve même chez les Amérindiens une sorte de vampire qui se nourrit de la cervelle de ses victimes en introduisant une « trompe » dans leur crâne.
Les vampires ont fait l’objet de très sérieuses études scientifiques, non seulement de la part des folkloristes et des ethnologues, mais aussi des archéologues (pour l’essentiel des savants Allemands et Russes).
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Ven 29 Oct 2004 - 6:03

L’étude des pratiques mortuaires des peuples d’Europe centrale et de l’Est a ainsi permis de mettre en évidence les rituels usités pour empêcher le mort de sortir de sa tombe et de devenir vampire.
Dans les années 1950, le professeur Rudolf Grenz (Découvertes archéologiques de vampires sur le territoire d’occupation des Slaves de l’Ouest) adressa une communication à l’Université de Leipzig, dans laquelle il confrontait les légendes locales et les traditions relatives aux vampires, avec les découvertes archéologiques effectuées sur les territoires des Slaves occidentaux. Il mettait en lumière certaines pratiques qui existaient dès l’époque païenne, ais qui avaient perduré durant le christianisme.
Pour empêcher le mort de se lever de sa tombe, les Slaves de l’Ouest usaient abondamment des « pierres de cadavre » ; pierres plates déposées sur la poitrine et les membres, afin d’immobiliser le mort et le maintenir à une place qu’il ne devait pas quitter.
A Platkow ; deux squelettes furent découverts, dont l’un présentait un trou occipital. Sur la poitrine du cadavre, inhumés dans un endroit écarté du cimetière, on trouva une grosse pierre. Découverte similaire dans une nécropole de Bartelsdorf, où de lourdes pierres avaient été déposées sur la poitrine des défunts, alors que d’autres pavés, de moindre taille, étaient placés sur les chevilles, la tête, voire parfois les mains. Certaine portaient des croix gravées à l’aide d’un instrument métallique.
En Poméranie, dans le cimetière de Rawisn, on trouva deux squelettes recouverts de la tête à l’abdomen d’une rangée continue de pierres plates.
Nombreuses sont les tombes Slaves, notamment celles du M-A, à témoigner de ce rituel de préservations contre les Vampires et autres revenants et esprits tourmenteurs.
E.Chmournov (Tombes et monuments de la région de Vorone, Moscou-Leningrad, A.N.,1961.) a estimé qu’environ 5.8% des tombes fouillées par ses soins présentaient la trace de semblables rituels de protections. Les tombes d’enfants, particulièrement (toujours isolées des autres), offraient le triste spectacle de petits cadavres entièrement écrasés sous les rochers. En effet, une légende (toujours vivace) des Slaves de l’Ouest voulait que les enfants morts en bas âge devinssent vampires. Ils revenaient alors dans le monde des vivants pour attirer leur mère au tombeau et réclamer d’elle la tendresse dont leur mort prématurée les avait privés. E.Chmournov a noté, par ailleurs, que tous les cadavres d’enfants de la nécropole de Lagov avaient été cloués par les mains au fond du cercueil. Il s’agit d’un rituel visant à empêcher la mastication.
Une ancienne croyance voulait en effet que certains morts dévorassent dans leur tombe tout ce qui leur tombait sous la dent, avant de sortir pour aller goûter quelque chose de plus nourrissant. Philip Rehrius et Michel Raufft (de masticatuorum mortuorum, et de masticatuorum mortuorum in tumulis) accréditèrent d’ailleurs cette croyance (qui peut s’expliquer par des cas de réveil de coma léthargique). Dom Calmet (Traité des apparitions… volume II, édition de 1751) écrivait : « C’est une opinion fort répandue en Allemagne que certains morts mâchent dans leurs tombeaux, et dévorent ce qui se trouve autour d’eux : qu’on les entend même manger comme des porcs, avec un cri sourd et comme grondant et mugissant. » Le docte bénédictin précise que la coutume voulait que l’on mît une motte de terre sous le menton du cadavre, ou qu’on lui serrât la gorge au moment de la mise en bière.
D’autre fois, on enterrait le cadavre en le plaçant sur le ventre de façon à ce que, en mangeant tout ce qui se trouvait à portée de bouche, il ne pût que s’enfoncer davantage dans la terre.
Cette croyance très répandue (en rapport avec la survivance post mortem) a été assimilée, dans les pays de l’Est au vampirisme. Dans le Glossarium de Bartal, on peut lire ; « Vampyrismus = masticatio mortuorum .»
De même, le caillou ou le morceau de métal déposé dans la bouche du mort était un moyen propre à immobiliser le vampire dans sa tombe et à empêcher la mastication post mortem. Grenz et Chmournov ont aussi remarqué que les Slaves plaçaient fréquemment une pièce de monnaie dans la main du cadavre. Cette coutume est à rapprocher de l’obole destinée à Charon, le passeur de l’Hadès, que les grecs mettaient dans la bouche du cadavre. S’il n’est pas certain que cette pratique ait eu un rapport avec la crainte des vampires ou autres revenants maléfiques, dans le cas slave, cette coutume est directement liée au vampirisme. En effet, Grenz a découvert sur plusieurs de ces pièces l’inscription « Zehrpfennig » dont la signification littérale est « viatique », mais qui contient l’idée de se nourrir (zehren) ; évoquant l’idée d’empêcher de mastiquer et de sortir de sa tombe pour se nourrir d’autre chose. (il faut toutefois également mentionner que certains métaux, le fer notamment, ont la réputation de dissoudre les Spectres et les Revenants).
D’autre découvertes, effectuées par l’archéologue Boehlich à Göda, montrent différents objets métalliques enfoncés dans la bouche des cadavres : couteau, clou, pointe… (Der Shädel von Dyhernfurth in Altschlesein I, 1926) Dans une optique similaire, Grenz a indiqué avoir trouvé sur un corps, un « morceau d’argent entre les deux incisives supérieures » (voir Die Slawishen Totenbestattungen aus der Mark Brandenburg, Berlin, 1958).
Rien n’était négligé pour empêcher le mort de sortir de sa tombe et d’aller se repaître du sang des vivants. Ces divers rîtes ne concernaient pas que les vampires, mais d’une façon plus générale toute une cohorte de monstres dévoreurs. Dans les temps anciens, en effet, les créatures de la nuit n’étaient pas toujours clairement distinguées les unes des autres. Définir strictement le vampire n’est pas ainsi très aisé, car il emprunte des formes différentes et d’apparente à d’autres revenants maléfiques. De même, le réduire à un cadavre ambulant qui erre à la recherche de sang frais n’est pas satisfaisant. Il faut donc brosser un portrait plus détaillé de cet être de la nuit, et définir plus précisément l’état vampirique et son contexte.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Ven 29 Oct 2004 - 6:03

L’état Vampirique et son Contexte.

Avant même de vouloir définir plus précisément l’état vampirique, il est nécessaire de déterminer le contexte dans lequel il évolue, afin de mieux comprendre l’essence du mythe. En effet, les circonstances socio-mythologiques ont leur importance. Les vampires ne sont pas nés d’une génération spontanée : ils sont le fruit des croyances et conceptions populaire concernant le monde et la nature. Plus exactement, ils sont, comme bon nombres d’autres créatures mythique, issus de la peur.
Le fait que beaucoup de vampires fuient la lumière du jour, et ne peuvent vivre que la nuit, est symptomatique de la terreur populaire à l’égard de la nuit. De tout temps, la nuit a en effet été associée au danger et à l’inconnu, et cette angoisse était plus accentuée encore pendant l’hiver. Il faut savoir que dans les traditions populaires, la nuit n’appartient pas aux vivants ; elle est le domaine privilégié, mieux, le royaume incontesté des esprits, revenants, des mauvaises fées (lavandières de nuit) et des monstres de tous poils.
Dès le coucher du soleil, et plus particulièrement lors de la saison froide, la campagne est envahie par tout un peuple d’esprits, que l’on appelle communément les « Esprits de la Nuit ».
Avec la disparition de l’astre du jour (et la peur inconsciente qu’il ne réapparaisse pas) qui symbolise la vie, la nuit (c’est à dire l’autre monde, avant goût de l’au-delà) règne en maîtresse absolue. Et, dès lors, tout devient possible. Les monstruosités les plus innombrables peuvent surgir, car le Soleil n’est plus là pour protéger le monde.
L’hiver accentuait encore cette angoisse immémoriale. La « saison morte » revêtait pour la société rurale un caractère ambigu et inquiétant. En cette saison où la puissance solaire est sur le déclin (l’astre chemine alors de son parcours « souterrain ») laisse une part de plus en plus belle aux ténèbres (Le Soleil d’hiver a d’ailleurs été très tôt confondu dans certaines traditions avec la divinité « infernale » Orcus, le Grand Dieu Noir de la Mort (l’Orgos des Celtes), modèle mythologique de l’ogre dans les contes), les morts prennent une place croissante dans la vie quotidienne. Dès que le rythme habituel de la vie est bouleversé par l’arrivée de l’hiver, le monde des défunts devenait de plus en plus omniprésent, tout particulièrement la nuit tombée. Comme la terre s’engourdit aux premières gelées, elle échappe chaque jour davantage, avec l’avancée de l’hiver, au contrôle humain. Car l’hiver est une saison d’inactivité (relative) pour la société paysanne traditionnelle, en regard du reste de l’année. En cette saison, la terre vit une vie souterraine de mystérieuses germinations, qui ne prendra fin qu’avec le retour du printemps.
Dès que les travaux des champs étaient terminés (donc bien avant le véritable début de l’hiver), le temps était venu pour les veillées, lieu privilégié de la transmission du savoir mythologique, mais aussi creuset de toutes les terreurs. On s’y réunissait au cœur de la nuit noire pour faire front aux maléfices du dehors. Les maisons devenaient les seuls lieux de vie, par opposition à l’extérieur, domaine des morts et des esprits (voir Colette Méchin : « Les veillées » (Le pays lorrain, n°4, 1977)). L’ambiance des veillées était tout imprégnée de cette grande peur de ce qui rôde dehors, dans la nuit ténébreuse, dont les légendes se font l’écho. On y parlait à voix basse de « ceux qui chuchotent la nuit », du Diable et des sorcières, du passage de l’Ouvrier de la Mort ou de la Chasse Sauvage, des mauvais lutins, des loups-garous, et bien sur des revenants, de vengeances d’outre-tombe, des goules et des vampires. L’histoire la plus fréquente avec de multiple variantes d’une région à l’autre, est celle de la jeune fille qui défie les Esprits de la Nuit en se rendant à un carrefour maudit ou dans un cimetière, et que l’on retrouve morte ou folle le lendemain… ou que l’on ne retrouve jamais.


Dans cette ambiance de mystère, on comprendra aisément que la peur réelle, somme toute assez réduite, ait pris des proportions considérables en étant amplifiée par les imaginations surchauffées.
Pour conjurer cette peur, les jeunes gens pratiquaient des jeux ridiculisant le surnaturel, car le meilleur remède contre la peur reste encore le rire. C’est ainsi que naquit la tradition des parodies macabre, dont le meilleur exemple reste sans doute la fête d’Halloween. Ce même principe de la parodie est appliqué aux vampires. Ainsi, A. Vesselovski (Recherche sur les croyances superstitieuses russes, 1865) a rapporté que, dans la région de Smolensk, les enfants entonnaient une ronde autour d’un de leurs camarades incarnant le vampire, en criant : « Vourdalak, Vourdalak ! Tu ne peux rien contre nous car le Soleil te tape la tête ! Vourdalak, Vourdalak ! Tu ne peux rien contre personne, car nous croisons les doigts ! » Un autre exemple, cité par Bouslaïev (Complaintes et chansons de la région de Tchernigov, 1892) , met en scène les jeunes filles russes qui, à la Saint-Jean, chantaient :
« Une étoile est tombée du ciel
Tout droit jusqu’à Saratov,
A danser nous allons forcer
Le Vourdalak aux jambres cagneuses
Car nous l’aurons pour cavalier.
Du ciel une étoile est tombée
Sur la Terre, elle a fondu
Et le Vourdalak s’est levé.
Secoue la terre de tes cheveux
Car nous t’aurons pour cavaliers. »

Bien sûr, les veillées n’étaient pas uniquement axées sur la peur et le mystère, loin s’en faut, mais on ne saurait négliger leur impact sur la création des légendes. Ce contexte éprouvant a permis une fermentation en vase clos du Mythe des Vampires.
Si le vampire est si redouté (comme le sont aussi tous les revenants et les esprits), c’est parce qu’il est le maître de la nuit, lui dont l’immortalité est une éternité dans la mort. Et cette nuit cauchemardesque prend vitre des proportions considérables.
Si la nuit, « lieu géométrique » de toutes les terreurs, a, de tout temps, été crainte, c’est que les ténèbres, non seulement nous laissent démunis en nous privant de nos repères habituels, mais encore évoquent l’inconnu, la mort, les puissances infernales et les revenants. Outre les dangereuses créatures censées la peupler, la nuit elle-même est devenue la personnification du mystère et du danger.
Dans le Perche, au commencement du XIXème siècle, les femmes n’osaient pas sortir la nuit sans être accompagnées. Vers la même époque, eux environs de Fougères, les femmes enceintes ne sortaient que entre l’Angélus du soir et celui du matin, de peur de rencontrer ou d’être foulées par de « grandes bêtes noires ». En Normandie, elles évitaient de sortir après le Crépuscule car elles craignaient que le Diable s’empare de l’âme de leur enfant à naître. En Haute-Bretagne, la nuit personnifiée est devenue une sorte de croquemitaine dont on menaçait les enfants. On leur disait alors : « La nuit va t’emporter ! » ou encore, « Le Bonhomme de la Nuit va venir te quérir. » Et en Bretagne, la nuit est la route de l’Ankou (la Mort). Dans les Côtes-du-Nord, et plus précisément à Matignon, elle devenait une gigantesque femme noire flottant dans les airs, appelée la Grande Nuit de Pléboulle. On prétendait qu’elle vivait quelque part vers le couchant. Dans le Morbihan, c’était Madame la Nuit ; et à Saint-Brieuc, la « Caverne de Madame la Nuit » était une grande excavation formée par les rochers, où les enfants jetaient des pierres, avant de s’enfuir avec effroi.
Ce type de croyance était répandu un peu partout. Ainsi, en Finlande, la nuit n’est autre que Louhi, la maléfique sorcière du Nord, qui s’attaque au Soleil et à la Lune et cherche à les emporter dans le « Pohjola », le royaume des ténèbres. Le folkloriste Paul Sébillot a collecté de nombreuses croyances à ce sujet. (Le Folklore de France)
Même si les adultes ne considéraient pas nécessairement la nuit comme une entité, ils la percevaient cependant comme le repaire des forces surnaturelles et, à ce titre, la craignaient. Partout, on évoque des êtres maléfiques qui errent à la recherche de victimes dès le crépuscule tombé. Si les Ténèbres peuvent receler des dangers réels, objectifs, il n’en demeure pas moins vrai que les dangers surnaturels, subjectifs, sont perçus par l’imagination et véhiculés par la superstition. La peur Dans l’obscurité devient alors la peur De l’obscurité.
« Ces peurs qui revenaient chaque soir, écrit J.Delumeau (La Peur en Occident, Fayard, 1978) , ont sans doute sensibilisé l’humanité et lui ont appris à redouter les pièges de la nuit. »
Cette peur de la nuit et de l’obscurité s’explique aisément par l’action conjuguée de deux facteurs. D’une part, l’être humain est très démuni avec sa vision nocturne très réduite, d’autre part, la Nature l’a généreusement pourvu d’une puissante imagination qui peut être une alliée comme une ennemie.
A la limite , écrit Pierre Mannoni, il n’est plus besoin d’un substrat perceptif quelconque, l’esprit trouve en lui-même des ressources suffisantes et les fictions qu’il enfante ne s’enracinent pas nécessairement dans le réel. Ainsi viennent à la vie toutes les créatures surnaturelles et fantastiques, rêvées par des êtres que la nuit égare […]. Relevons encore la curieuse élaboration qu’a suscitée le déclin du jour et que ni son caractère irrationnel ni l’expérience quotidienne n’ont réussi à totalement dissiper : la hantise que le Soleil ne réapparaisse pas, que l’obscurité qui tombe ne soit plus chassée par l’aurore. Cette peur superstitieuse a étreint des peuples entier (les Aztèques par exemples), et on est probablement en droit de voir là un témoignage des émois de l’âme devant ce qu’elle considère comme une anticipation de la mort » (La peur, 1982)
Cette peur de la nuit, assimilée à celle de la mort, étant établie, on comprend aisément la terreur que pouvaient inspirer les vampires, eux qui sont une personnification de la mort et maîtres de la nuit, et qui en vinrent à incarner la disparition tant redoutée du Soleil. Cette peur du surnaturel, symbolisée par la nuit, est restée vivace dans nos esprits, et rare sont ceux qui y échappent. Et derrière cette peur du surnaturel, c’est encore et toujours la crainte de la mort et de l’inconnu qui se profile. Car, comme l’a justement écrit G.Delpierre, « Au fond, il n’existe qu’une peur, celle de la mort ». (la Peur et l’être, Privat 1974.)
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Ven 29 Oct 2004 - 6:05

Ainsi que le rappelle J.-C. Barker (La peur et la mort) , « Personne n’est exempt de la peur de mourir car personne n’échappe à la mort. C’est une peur très particulière, totalement différente des autres […]. Elle est la peur d’un inconnu très spécial, particulièrement inexplicable, la peur de quelque chose qui ne sera jamais connu. »
Tout autant que la mort, les défunts sont craints, surtout quand ils se mêlent de revenir parmi les vivants, avec des intentions peu louables. Car s’il existe des trépassés bien intentionnés, qui jouent pour les vivants un rôle bénéfique, ils restent une minorité. La plupart des légendes de revenants mettent en scène des vengeances d’outre-tombe, ou les maléfices d’esprit damnés.
Si le cadavre inspire l’effroi, ce n’est pas seulement à cause des propriété physico-chimique de la décomposition, mais aussi parce que, comme l’a bien montré Lévy-Bruhl, la peur des morts est intimement liée à la croyance magique en la « contagiosité de la mort ». Mais, plus encore, c’est la crainte du retour des morts qui est mise en relief dans cette superstition tenace. Les défunts sont considérés comme des émissaires de la Mort toute-puissante. Mais pourquoi le retour des morts est-il le plus souvent perçu comme maléfique ?

La raison en est simple. Dans la pensée populaire, la mort est une « charnière » entre deux mondes distincts, mais pourtant en contact : celui des vivants et l’univers infiniment mystérieux de l’au-delà. Le franchissement de ce seuil est un interdit pour quiconque ne revêt pas au préalable la condition requise. En d’autres termes, seuls les vivants peuvent exister dans notre monde, et seuls les morts peuvent déambuler dans l’autre. Ce sont deux univers conjoints (et jumeaux) séparés par une frontière qui n’est, normalement, franchissable qu’une seule fois et dans un seul sens.
Le retour des morts est donc une violation blasphématoire en regard de cette loi naturelle. L’imagination a pourtant promulgué une dérogation à cette loi (par le formulaire E215 de la Mairie de Paris Sourire ), puisque, dans les traditions populaires, les morts conservent un droit de regard sur les affaires des vivants (autre exception reconnue, lors de certaines nuits, notamment celle d’Halloween (31Octobre) et celle de Walpurgis ((vous la connaissiez pas celle-là hein ? ) 30Avril), vivants et morts peuvent se mêler (à tous les sens du terme), car les portes des mondes sont alors ouvertes).
Les morts qui reviennent sont soit des défunts encore attachés à la terre, soit des âmes des âmes damnées inféodées aux puissances ténébreuses. Le cas des vampires est un peu particulier, car ils peuvent aussi bien entrer dans une catégorie que dans l’autre : maléfiques, ils sont des âmes damnées, mais leurs actions sur les vivants (et plus particulièrement le fait que leur morsure répand une mort-maladie contagieuse) en fait des morts encore attachés à la terre. Cette particularité de la morsure du vampire est d’ailleurs assez déroutante. Si le vampire s’abreuve du sang des vivants, ce n’est pas par méchanceté mais pour pouvoir survivre dans ce monde auquel il est enchaîné. Mais ne serait-ce pas aussi pour se venger des vivants qui, eux, pourront jouir de l’éternel repos qui lui est refusé ? Car l’immortalité du vampire, loin d’être perçue comme une bénédiction (ce qui pourtant serait logique, considérant la peur viscérale de la mort des humains), est bien au contraire considéré comme une malédiction : c’est que le prix à payer est trop élevé.
Comme on le voit, les choses ne sont pas aussi simples qu’il y paraît de prime d’abord. Les rapports entre les morts et les vivants sont complexes et ambigus.
De même, est-ce une erreur de croire que les histoires de revenants ont pour seul but de faire peur. Les contes populaires sont souvent initiatiques, ils véhiculent un savoir particulier, un enseignement destiné aux enfants, aux adolescents et aux adultes, selon la catégorie à laquelle ils appartiennent.
Voici deux exemples qui illustrent parfaitement les rapports des morts et des vivants, et leurs implications dans la perception populaire du monde.
Dans un conte Lorrain intitulé « Le Papillon Blanc », un homme ivre trébuche sur un crâne humain dans un cimetière (en même temps, on peut se demander ce qu’il fait là…). Irrité, l’ivrogne cria : « Tu n’es pas là pour tes mérites. » « Demain, répondit la tête de mort, tu y seras pour les tiens. » L’homme, tout à coup dégrisé (super la méthode de soin) et en proie à la plus vive terreur, rentra chez lui au plus vite, où il raconta toute l’histoire à son épouse. Celle-ci, très pieuse, demanda conseil au curé. Le prêtre lui dit que son mari devait aller sur la tombe de son filleul, et frapper sur la pierre tombale. Tôt le lendemain, l’homme se rendit donc au cimetière. Dès qu’il eut frappé sur la tombe de son filleul, un petit papillon blanc en sortit et combattit aussitôt la tête de mort, dont il vient à bout assez aisément. Puis le papillon dit à l’homme : « Mon cher parrain, je vous devais une place au Paradis et je vous la gardais ; maintenant, je suis quitte avec vous. »

On voit ici que la profanation du cimetière, domaine des morts encore attachés à la terre, ne saurait être sans conséquences : déranger les morts, c’est s’exposer à leur vengeance. Et celle-ci peut être terrible. Les deux âmes se combattant illustrent la double polarité de la mort. Si le papillon blanc est l’âme bénéfique d’un défunt devant s’acquitter d’une dette envers un vivant, la tête de mort est une âme errante, un corps privé de sépulture ou chassé de sa tombe ; elle incarne la mort maléfique et rancunière, la vengeance d’outre-tombe.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Ven 29 Oct 2004 - 6:05

Le second conte, lui aussi Lorrain, a des implications plus importantes car il permet de situer clairement les deux mondes l’un par rapport à l’autre, et définit les conditions de passage de l’un à l’autre. Il a pour titre ‘la salade blanche et la salade noire » (j’avoue que pour le titre, on repassera…)
Une femme avait deux enfants, un garçon est une fille. Un jour qu’elle cuisait du pain, elle donna à chacun d’eux de la michotte, puis demanda à la petite fille d’aller lui chercher de la salade. L’enfant mit sa michotte dans un petit panier d’osier et sortit. Cheminant, elle ne tarda pas à rencontrer la Sainte Vierge, qui lui demanda : « Bonjour, belle enfant, où vas-tu ainsi ? »
- Je vais cueillir de la salade pour maman, Madame.
- Et que portes-tu dans ton panier ?
- De la michotte que m’a donnée maman, en voulez-vous un morceua ?
- Non, chère enfant, garde-la. Je vais te donner une boite, que tu ne devras pas ouvrir avant d’être rentrée chez toi. Maintenant, va chercher ta salade, il y en a dans un champ un peu plus loin. Mais attention, dans ce champ, tu verras une porte blanche et une porte noire. Passe bien par la porte blanche, et non la noire.
La petite fille repartit, et, une fois dans le pré, franchit la porte blanche. Elle se retrouva aussitôt dans un endroit merveilleux où de magnifiques papillons aux ailes iridescentes voletaient dans l’air, nimbés d’une douce lumière dorée. La gamine découvrit bientôt de belles salades toutes blanches, qu’elle cueillit. Puis elle rentra chez elle. Lorsqu’elle revint à la maison, sa mère, inquiète, la gronda et lui demanda pourquoi elle avait été aussi longue. Au premier mot que voulut dire la petite fille, des perles et des pierres précieuses coulèrent de sa bouche. La boîte que lui avait donnée la Sainte Vierge en était également remplie.
Emerveillée, la mère envoya alors son petit garçon chercher de la salade à son tour, espérant secrètement qu’il lui arriverait pareille aventure. Elle mit un morceau de michotte dans son panier, et le garçon partit. Lui aussi ne tarda pas à rencontrer la Sainte Vierge.
- Où vas-tu, petit garçon ?
- Cela ne te regarde pas.
- Et que portes-tu dans ton panier ?
- De la michotte, mais elle n’est pas pour toi.
- Bien. Tiens, voilà une boîte pour toi, mais tu ne l’ouvriras qu’une fois rentré à la maison. Maintenant, va cueillir ta salade, mais passe bien par la porte noire.
Le garçon franchit donc la porte noire, et il déboucha dans un lieu horrible et ténébreux, où il trouva de la salade noire comme la nuit.
Une fois chez lui, sa mère s’étonna de cette vilaine salade, et lui demanda où il l’avait trouvée. Le garçon ouvrit la bouche, mais dès qu’il parle, des serpents venimeux sortirent d’entre ses lèvres. La boite aussi en était pleine.
A la nuit venue, on entendit les deux enfants qui chantaient.
La petite fille disait : « Fleurs et Roses ! »
Et le garçon répondait : « Couleuvres et Serpents ! »
Et, en disant ces mots, ils moururent tous els deux.
Ce beaux conte, très intrigant, met en relief l’ambivalence de la vie et de la mort, sœur jumelles. Sa signification pousse à la compréhension du rôle même de la vie et de la mort, ainsi que de leurs rapports réciproques. Il nous rappelle aussi que nous sommes toutes et tous des morts en sursis.

[edit] suite au prochain episode.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Mer 10 Nov 2004 - 14:39

Juste pour dire que cette histoire est tres connue moi ont me l'avit raconter aevc a la palce des salade et des porte avec le sel et une fée de l'eau
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Jeu 11 Nov 2004 - 9:32

Pas mal les histoires de croyance et tout ça. Vampire

Mais connaissez vous l'histoire des vampires qui ont vraiment exister? En transylvanie, berceau de la légende, sous le règne de Vlad (tout se recoupe) Vint à cause de ses exentricités de guerre une terrible famine. La population, affaiblie par le manque de nourriture se vit terasser par une terrible maladie proche de la rage dont les victimes furent bientôt appelés vampires. Les victimes déliraient et mordaient leur congénères. LEs personnes souffrant de rage, tout les médecins vous le diront, souffrent des luminosités et des odeurs trop fortes (d'où l'ail). Ces pauvres condamné se voyaient bientôt obligés de hérer la nuit et le manque de nourriture les rendaient encore plus fou. Mais ce n'est que lorsqu'ils venaient à mourrir que le pire se produisait car cette maladie provoquaient des absences et comas,et, à l'époque, on ne savait guère faire de différence entre les morts et les vivant. C'est ainsi que l'on voyait les "vampires" sortir de leurs tombent pour hanter les vivants.

Voilà Vampire
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Jeu 11 Nov 2004 - 15:18

Citation :
En transylvanie, berceau de la légende
N'importe quoi... N'importe quel passioné de vampire t'assasinerais pour cette remarque...

En même temps, ce que tu raconte, ce sont les légendes que tout le monde connais... Aucun 'vampirologue' n'y accorde la moindre importance.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Jeu 11 Nov 2004 - 15:20

Nous avons vu que la société rurale attribuait un rôle bien précis aux trépassés. Il va sans dire que, pour la société villageoise traditionnelle, la vie Post Mortem ne faisait aucun doute. Et les morts qui reviennent, d’une façon tangible ou non, sont intimement liés à la nuit et aux ténèbres : il s’agit presque toujours d’âmes en peine qui n’ont pas trouvés le repos.
Toutes sortes de rituels entouraient le décès : on arrêtait l’horloge, on voilait les miroirs d’un linge, généralement blanc, et on entrouvrait la porte de la chambre du défunt. En certains endroits, les cris et les pleurs bruyants étaient proscrits, car c’était l’heure du jugement : celui où le destin de l’âme se décidait. Ensuite, on ouvrait la fenêtre pour laisser l’âme sortir. En Moselle, on disait que l’envol de l’âme se manifestait sous la forme d’une petite lumière montant au ciel, comme une étoile filante à rebond (nous savons qu’un peu partout, l’apparition de ces météores était le signe d’une âme délivrée du purgatoire, ou quittant son enveloppe charnelle devenue inutile).
Les rituels mortuaires sont très anciens et n’ont pas pour but, comme on le croit trop souvent ,d’assurer la dignité à la dépouille, mais de lui procurer le repos Post Mortem , afin que le défunt ne revienne pas. Un exemple parmi de nombreux autres : dans l’Europe nordique, la tâche incombait à la famille d’édifier le tumulus funéraire ou de creuser la fosse qui serait le dernier lieu de repos, de garder la tombe bien entretenue et de faire en sorte que le défunt ne devienne pas un « fantôme qui ne peut quitter le monde des vivants ».
Les diverses traditions et coutumes associées au décès révèlent qu’au moment du trépas, le sort de l’âme n’est pas toujours fixé. En conséquence, il paraît clair que le sort de l’âme se joue avant la mort, durant la vie. Avec le conte de « la salade blanche et de la salade noire », c’est l’ambivalence de la vie et de la mort qui s’exprime par le biais du Paradis et de l’Enfer, symbolisés par les deux portes, qui ne sont autres que les Portes de l’Autre Monde des Anciens. Si l’attitude mentale de la petite fille la promet au Paradis (dans l’optique chrétienne bien entendu) ; le garçon, pour sa part, porte déjà en lui les germes de l’Enfer, auquel il se destine. Il ne faut cependant pas se tromper : il n’est pas question ici de destin inéluctable, ni de jugement, mais de montrer que le sort de l’être dans ce qu’il a de plus pur (ce qui deviendra l’âme après la mort) se règle de son vivant. Le conte enseigne que nous sommes toujours, pour une certaine part, les artisans de notre devenir spirituel. Les pressions extérieures qui influent sur le comportement ne peuvent à elles seules justifier ce comportement : nous sommes en définitive, responsables de nos actes et notre façon d’être.
Le conte nous invite a juger les êtres sur ce qu’ils sont, et non sur ce qu’ils paraissent être. La salade n’est ici qu’un simple prétexte a révéler la nature véritable des deux enfants. Elle est le reflet de l’ambivalence Vie-Mort, Paradis-Enfer. Car si le blanc peut être envisagé comme l’image lumineuse de la totalité et de la plénitude, le noir reflète avant tout le vide, l’absence et l’errance. Le monde gris de la mort se décompose ainsi en blanc lumineux et en noir profond.
Tel Janus, vie et mort sont les deux faces d’une unique réalité, c’est notre perception qui les dissocie. Sœurs jumelles, l’un est la conditions Sine qua non de l’existence de l’autre, et elles ne font en réalité qu’une. (Ca va ? j’ai encore tout le monde ou je dois expliquer ?)
Ce qui rend le vampire si particulier, c’est qu’il appartient aux deux mondes en même temps, et qu’il existe simultanément dans les deux. Son baiser donne la mort à coup sûr (alors que la morsure du Loup-Garou, par exemple, ne tue pas toujours sa victimes). Sa nature ambiguë le distingue de ses congénères morts vivants. Et si le vampire conserve sa structure biologique (alors que le fantôme est impalpable), c’est qu’il faut s’incarner dans un corps matériel pour vivre dans l’existence terrestre, comme il faut revêtir la condition de trépassé pour entrer dans l’au-delà.
Ainsi, la petite fille du conte ne peut entrer en Paradis pour cueillir sa salade que parce qu’elle revêt déjà la condition d’entrée en ce monde, et le garçon en Enfer parce qu’il porte en lui les germes de sa propre destruction spirituelle. En franchissant le seuil interdit de leur vivant, les deux enfants nous rappellent que nous sommes tous et toutes des morts en sursis (super comme définition de la vie…) et que la mort peut frapper n’importe quand. La Vierge est ici l’avatar des anciennes déesses psychopompes, conductrices des âmes (elle sert d’intermédiaire à la révélation du Destin de l’âme des enfants). Elle joue le même rôle que certaines fées dans d’autres contes.
Cette ambivalence de la vie et de la mort se retrouve dans les mythologies anciennes, et particulièrement dans la pensée celtique.
Ainsi est-il écrit dans le Mabinogi de Peredur (Perceval Arthurien ou Parsifal en Allemagne) : « Peredur se dirigea vers la vallée arrosée par une rivière. Les contours en étaient boisés : mais, des deux côtés de la rivière s’étendaient des prairies unies. Sur l’une des rives, il y avait un troupeau de moutons blancs et, sur l’autre, un troupeau de mouton noirs. A chaque fois que bêlait un mouton noir, un mouton blanc traversait l’eau et devenait noir. »
Le texte précise d’ailleurs, qu’au bord de la rivière s’élevait un grand arbre, dont la moitié brûlait tandis que l’autre montrait un feuillage luxuriant. Cela symbolise l’ambivalence de l’existence, qui procède aussi bien de la vie que de la mort (cet enseignement se retrouve dans la mythologie nordique avec le personnage de Hel dont la moitié du corps est vivante et l’autre morte).
Plus explicite encore est le passage suivant de l’ Immram Mailduin (la navigation de Mael Duin) : « ils aperçurent une nouvelle île avec une palissade hérissé qui partageait l’île en deux. Il y avait beaucoup de mouton, un troupeau noir d’un coté de la palissade et un troupeau blanc de l’autre. Et ils virent un gros homme qui séparait les moutons. Quand il jetait un mouton blanc par dessus la palissade, celui-ci devenait noir. De même quand il jetait un mouton noir par dessus la palissade, celui-ci devenait aussitôt blanc. »
Mael Duin jeta alors une branche noire du côté des moutons blanc, et celle-ci devint blanche. Une branche blanche jetée du coté des moutons noirs devient noire.
Ceci montre clairement que l’on ne peut passer d’un coté à l’autre de l’existence qu’en revêtant la condition nécessaire au passage. Et le symbolisme de notre conte est identique : La Vie y est symbolisée par le Paradis (la porte blanche) et la Mort par l’Enfer (la porte noire).
Considérant cette loi qui ne souffre – Théoriquement – aucune exception, on comprendra pourquoi les revenants, donc les vampires, inspirèrent une telle terreur aux paysans : par leur nature même, ils violent cette règle inaltérable. Non contents d’être des monstres avides de sang humain (et d’âme, nous le verrons plus tard), ils sont des êtres qui défient les lois primordiales de la Nature ; celles de la Mort et du Temps.
Cette terreur et cette haine féroce à leur égard expliquent les abus constatés dans les moyens de défense. Il n’est ainsi pas rare de voir les cadavres suspects déterrés et roués de coups. Pour en finir avec le « mal-mort », on lui coupe la tête, on le démembre, on le transperce d’un pieu ou on le cloue directement au fond du cercueil, on lui arrache le cœur pour l’incinérer, on brûle son corps sur un bûcher, ou encore on replace les parties dans la fosse et on les arrose de chaux vive.
Cette peur des morts qui reviennent est présente dans toutes les cultures, et les moyens pour s’assurer que les morts sont « bien morts » sont aussi diversifiés que nombreux.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Jeu 11 Nov 2004 - 15:39

Citation :
Citation:
En transylvanie, berceau de la légende

N'importe quoi... N'importe quel passioné de vampire t'assasinerais pour cette remarque...

Mais aucun homme ne peut me tuer Vampire (modification du profil pour que mon adresse n'y figure pas)

Sérieusement,
1)c'est un copain à moi qui a un esprit très cartésien et qui raconte rarement des bétises qui m'à dit ça.
2)cela m'a été confirmé par une visite en Transylvanie (Roumanie: le roumain est une langue latine et la 2ème langue la bas est le français) ou j'ai eu beaucoup de contact avec des brave paysan qui m'ont donné une version très semblable.
3)J'ai dit que la transylvanie est le berceau de la légende des vampires, la LEGENDE.
4)Il serait peut-être temps que tu entre dans le vif du suje t au lieu de déblatérer sur tes légendes chrétiennes
5)tes vampirologues ne m'inspire pas confiance. Happy lol
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Jeu 11 Nov 2004 - 18:24

Citation :
Mais aucun homme ne peut me tuer (modification du profil pour que mon adresse n'y figure pas)
Peur du harcèlement? Sourire

Citation :
2)cela m'a été confirmé par une visite en Transylvanie (Roumanie: le roumain est une langue latine et la 2ème langue la bas est le français) ou j'ai eu beaucoup de contact avec des brave paysan qui m'ont donné une version très semblable.
En même temps, on va la bas pour les vampires, alors ils vont ps te dire le con,traire...

Citation :
J'ai dit que la transylvanie est le berceau de la légende des vampires, la LEGENDE.
Ledenge... Synonyme=Mythe.

Citation :
4)Il serait peut-être temps que tu entre dans le vif du suje t au lieu de déblatérer sur tes légendes chrétiennes
Je tourne autour pour l'instant afin que vous puissiez suivre, car ça va se compliquer par la suite... Et puis, je suis déga dans le vif du sujet...

Citation :
5)tes vampirologues ne m'inspire pas confiance. lol
Je disais ça en rigolant, mais ce sont plus des archéologues, anthopologues, scientifique... Et moi même qui ai regroupé tout cela Smile
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Jeu 11 Nov 2004 - 18:25

« En Afrique […], pour inciter un certains défunts à ne plus revenir, on mutile leur cadavre avant l’inhumation, on leur rompt par exemple les fémurs, on leur arrache une oreille, on leur coupe une main : par honte, par impossibilité physique, ils seront bien forcés de rester où ils sont ; s’il s’agit de bons morts, il n’y à qu’un moyen : leur assurer des funérailles dignes d’eux. En Nouvelles-Guinée, les veufs ne sortaient que munis d’un solide casse tête pour se défendre contre l’ombre de la disparue… Au Queensland, on rompait les os des morts à coups de gourdins, puis on leur ramenait les genoux au niveau du menton ; pour finir, on leur remplissait l’estomac de cailloux. C’est toujours la même peur qui a incité certaines peuplades à placer de lourds blocs de pierre sur la poitrine des cadavres, à clore hermétiquement de dalles pesantes les caveaux, à clouer de même les urnes ou les bières » (L.V. Thomas, Anthropologie de la Mort, 1976)
De tous ces moyens de protections, il nous reste toujours quelque chose dans notre monde moderne, qui se veut pourtant rationaliste à l’excès. Si le couvercle de nos cercueils est solidement vissé, si nos fosses sont si profondes, si nos dalles de pierres tombales sont si lourdes, ce n’est pas tant pour empêcher les profanations de sépultures que pour conjurer cette peur inconsciente, de voir les morts sortir de leurs tombes. Et l’incinération, jugée plus digne, ne reste-t-elle pas en réalité l’ultime recours contre le retour des morts ?
Le décor étant planté et l’histoire prête à être racontée, voyons maintenant les acteurs, et tentons de définir plus précisément ce qu’est l’Etat Vampirique. En d’autres termes, il nous faut répondre à la question : Qu’est ce qu’un Vampire ?
S’en tenant strictement au folklore le plus commun, Littré le définit comme « Un être qui, suivant la superstition populaire, sort de son tombeau pour sucer le sang des vivants ».
Toutefois, les opinions varient sur sa nature véritable. Pour certains, il est un esprit maléfique qui s’empare du corps d’un mort de fraîche date ; pour d’autres, il est un cadavre animé par une âme originelle. « Les Vampires sortent de leur tombes, écrivait John Jeinrich Zopft en 1733, attaquent les gens qui dorment paisiblement dans leur lit, aspirent tout le sang de leur corps et les détruisent. » Il faudra attendre 1771 pour que le Dictionnaire de Trévoux (Tome VIII, p.285) donne une définition précise et circonstanciée du Vampire.
Le nom, l’apparence aussi bien que les mœurs des vampires varient d’une culture à l’autre. En Chine et Malaisie, ils sont réputés s’en prendre de préférences aux femmes et aux nouveaux-nés. En Birmanie, ils dévorent les âmes, de même qu’en Roumanie et dans les Balkans. Au Mexique, ils vivent dans les forêts et, dans leurs repaires, guettent leurs proies du haut des arbres.
En Roumanie, on les appelle des « Strigoïs », mot qui peut être prononcé « strigoïou », « strigoï », « siscoï », « strigon », « strigoana » ou encore « striga » (ce nom qui peut être rapproché de « Strige », viendrait du verbe « a striga »(crier), car au cours de la nuit de la Saint-André, pendant les combats de Strigoïs, ceux-ci hurlent sans cesse). A la différence du vampire « classique » , le Strigoï n’est pas nécessairement un mort revenu de son tombeau. En effet, si l’on peut devenir Strigoï à cause d’une malédiction, pour avoir commis des crimes ou avoir pratiqué la magie noire (ou encore que l’on se soit fait voler son ombre, ou qu’un chien ou un chat soit passé sur le cercueil avant l’enterrement), on peut aussi naître en tant que tel. Nous sommes en effet ici en présence d’un cas particulier, celui du chamanisme vampirique, dont nous reparlerons ultérieurement.
Le Strigoï vivant est un sorcier, pratiquant un culte spécifique, et il n’est pas nécessairement mauvais. Le Strigoï mort est beaucoup plus dangereux. Et s’il ne suce que rarement le sang des vivants, il n’en tente pas moins de les tuer. Sa nature est ambiguë, à la fois humaine et démoniaque.
La Roumanie connaît d’ailleurs d’autres formes de vampires. Citons les « moroïs »n nouveau-nés assassinés par leurs mères, les « pryccolitchs », qui ressemblent à nos Loups-Garous, les « vîrcolacs », vampires aériens qui provoquent les éclipses, ou encore les « nosférats » probable déformations du mot « nécurat » (le sale), surnom donné aux esprits maléfiques dont on craint de prononcer le nom véritable. Ce « nosférats » cumule d’ailleurs les caractéristiques d’autres vampires : comme le moroï, il est un enfant mort-né ; comme le pryccolitch, il peut se changer en animal ; et il possède le pouvoir de « pocitor » (enlaidissement) du Strigoï, qui provoque une sorte de maladie magique faisant abondamment saigner à distance sa victime. (Au sujet des vampires Roumains, on lira avec profit le livre d’Adrian Cremene : Mythologie du vampire en Roumanie, 1981)
A la différence du vampire tel qu’on l’imagine aujourd’hui (influencé par la littérature et le cinéma qui ont dénaturé le mythe), le Strigoï n’est pas un être froid et insensible, ou stupide comme les zombies du vaudou. Bien au contraire, il ne ressemble pas à un cadavre : son sang est chaud, son cœur bat, son cerveau est actif. C’est un être passionné, qui peut aimer (même si cette amour est souvent violent et destructeur) et éprouver des désirs charnels. (il existe même des Strigoï mariés) Le Strigoï reste sans doute le plus proche vampire originel : c’est un chaman, un prêtre païen, représentant des anciennes divinités. Et l’Eglise avait très bien perçu cet aspect du problème, qui s’en servit pour implanter sa religion en convainquant les paysans de l’importance de Dieu et des prières pour se protéger du vampire. Ainsi se créa une nouvelle mythologie opposant la crois aux divinités anciennes, par l’intermédiaire du vampire de plus en plus dénaturé.
On voit ici que la définition du vampire n’est pas simple à établir, car le thème recoupe des mythes plus anciens, bien antérieurs au christianisme. S’en tenir au cadavre sortant de sa tombe pour s’abreuver du sang des vivants est bien insuffisant et trop réductionniste.
Le mot lui même ne nous aide guère, puisque Buffon l’emprunta en 1746 à l’Allemande « Vampyr », emprunté pour sa part au Serbe. (aussi Upyr en Russe, Tchèque ou Polonais, d’où Oupire ou Upire en français du XVIIIème siècle.) « Vampirisme » apparaît lui aussi la même année, dû au bénédictin Dom Calmet. Ce n’est donc qu’au XVIIIème siècle, au cours de la grande épidémie, dont nous reparlerons, qu’un terme général voit le jour et s’impose pour désigner cette sorte de revenant sortis du tombeau pour tourmenter les vivants. En nos région, le concept est pourtant plus ancien, mais chaque zone linguistique possédait ses propres désignations.
La conception du vampire n’est pas non plus fixée définitivement. Nous avons vu plus haut que les opinions variaient quant à sa nature : revenant, sorcier, démon, émanation astrale (pour l’occultiste Papus, entre autres, le vampire est une émanation du corps astral d’un être se nourrissant ainsi de forces vitales de ceux qui se soumettent, consciemment ou non, à son emprise.), double maléfique…
Par extension, le concept de vampirisme s’applique aussi à ceux qui, comme le Roi David, profitent de la chaleur d’autrui pour se réchauffer (Selon le Premier Livre des Rois David s’étendait entre plusieurs jeunes filles nues, pour recouvrer sa chaleur naturelle défaillante.) ; ou aux bains de sang supposés rendre la jeunesse (Bouh Khaîne !), comme en usèrent Louis XI, le pape Innocent VIII, la comtesse Bathory, et bien avant, Médée (Dans ses Métamorphoses, Ovide rapporte que Médée rendit sa jeunesse au père de Jason en lui tranchant la gorge et en remplaçant le sang par des sucs qu’elle avait préparés. Notons d’ailleurs que, dans le monde antique, les mots « sanguis » (sang) , « vita » (vie) , et « anima » (âme) étaient synonymes). Le terme « vampire » est utilisé à toutes les sauces. Michelet, par exemple, traite Gille de Rais d’affreux vampire. Le sergent Bertrand, qui était nécrophile, s’est vu lui aussi affubler de ce qualificatif impropre. Les colonialistes sont dans le même cas, les banquiers, les agents du fisc, etc. Les « Vamps » du cinéma hollywoodien tirent leur nom du même vampire. Jusqu’à un aspirateur qui porte ce nom ! Charles Lancelin est même allé très loin en considérant le développement du fœtus et l’allaitement maternel comme des formes de vampirisme inconscient.
Le sujet qui nous occupe est bien sur le vampire en tant qu’être mythologique (et non en tant qu’aspirateur…) Nous le définirons donc d’une façon générale en disant qu’un vampire est un être, vivant ou mort, qui aspire la vie d’autres être vivants (qu’il s’agisse de vie biologique ou psychique, voir spirituelle) ; bien que certaines légendes le présentes comme anthropophages, à l’instar de ses cousines les goules ( « Enfin, le même nom était donné à certains être fantastiques, moitié humains moitié démoniaques, des légendes orientales et germaniques. Ces êtres émergent des ténèbres au milieu de la nuit, ils ouvrent les tombes nouvellement scellées, dévorent la chair des cadavres, et disparaissent quand ils sont repus de cet horrible régal. » (P.B. Randolph : Eulis , à propos des goules.)
Ceci étant précisé, voyons maintenant comment l’on devient vampire.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Sam 13 Nov 2004 - 12:13

Devenir Vampire.

Nous avons déjà remarqué qu’il existait dans le légendaire deux catégories générales de vampires : ceux qui le sont devenus après leurs morts (par malédictions, ou en étant mordu), et ceux qui sont nés ainsi ; le second groupe, moins répandu, étant souvent celui des sorciers adeptes du chamanisme vampirique (il existe un troisième groupe, infiniment plus rare, qui est celui de personnes devenant volontairement vampires).
Occupons nous tout d’abord des représentants de la première catégories.
Les croyances populaires européennes ont surtout désigné les suicidés et les excommuniés comme étant les candidats les plus sûrs à cette métamorphose d’outre-tombe. Dans un contexte chrétien, il ne pouvait en être autrement, puisque les premiers ont osé disposer librement d’un corps ne leur appartenant pas (puisque, dans la conception chrétienne, le corps de l’être humain ne lui appartient pas, il lui a, en quelque sorte, été prêté par Dieu : le suicide est donc une offense majeure) ; et les seconds, définitivement rejetés du sein protecteur de la « Sainte Eglise » sont ainsi voué, corps et âme, à Satan.
Ces malheureux sont donc destiné à revenir tourmenter les vivants, soit parce qu’ils sont inféodés au maître des Enfers, soit par simple désir de vengeance. Une exception à cette règle : les excommuniés et les suicidés pouvaient devenir des loups-garous. Mais comme de nombreuses traditions orales affirment qu’à leur mort naturelle, les loups garous ont de forte chance de devenir des vampires, cette exception n’en est pas vraiment une (d’autant plus d’autrefois, vampires et loups-garous n’étaient pas dissociés, et étaient souvent considérés comme une seule et même créature).
De telles croyances existaient d’ailleurs depuis longtemps. Déjà dans la Grèce antique, à Rome et en Sicile, les cadavres des suicidés avaient la tête tranchée, et on la brûlait afin que leur âme ne revînt pas tourmenter les vivants. Une croyance fort répandue voulait en effet que l’âme résidât dans la tête, c’est pourquoi la décapitation est un rituel ordinaire de destruction des revenants et vampires. Chez les Crétois, nous apprendre Pausanias, on brûlait les cadavres sortis du tombeau et on leur perçait le crâne à l’aide d’un clou (coutume que l’on retrouve aussi dans les traditions slaves).
Tous les moyens étaient bons pour empêcher le retour des morts maléfiques, auxquels on croyait fermement. Ainsi, Platon, Démocrite et Plutarque prétendaient que les Ombres apparaissaient parfois près des sépulcres, et Suétone n’hésite pas à mentionner une infestation de Spectres après les funérailles de Caligula.
Dom Calmet rapporte que les anciens peuple septentrionaux « étaient persuadés que les spectres qui apparaissent quelquefois, ne sont que les âmes des morts décédés depuis peu, et que dans leur pays, on ne connaissait point de remède propre à faire cesser ces sortes d’apparitions que de couper la tête du mort, de l’empaler, ou de lui percer le corps avec un pieu, ou de le brûler ; comme il se pratique aujourd’hui (vers 1751) dans la Hongrie, et dans la Moravie envers ces vampires ». (Traité sur les apparitions)
Les corps de ces suicidés et excommuniés étaient enterrés hors des lieux sacrés et loin des cimetières (ou dans un endroit à l’écart). Le cimetière est en effet un lieu saint donc sont inévitablement exclus ces sortes de morts, mais aussi les incroyants, les infidèles, les homosexuels, ou tout simplement les enfants décédés avant d’avoir reçu le baptême (c’est pourquoi on a vu fleurir un peu partout des chapelles où se pratiquait le miracle de la résurrection temporaire, juste le temps de baptiser l’enfant).


Les sépultures étaient parfois juste creusées au pied des gibets (où naissent les mandragores magiques, fruit du sperme des pendus), dans un champs à l’écart ou encore à une croisée des chemins.
Que l’on ne croit pourtant pas que de telles coutumes sont le fait des croyances superstitieuses d’un passé lointain. Ainsi, dans le Svod Zakanov édition de 1892, l’article 70 de l’ ustav (statut) destiné aux médecins, précise : « Le corps d’une personne qui se sera donné la mort volontairement devra être enterré par le boucher en un lieu écarté et infâme. » De même, la loi anglaise prévoyait une inhumation en dehors des cimetières pour les suicidés, et ordonnait de plus que l’on enfonça un pieu dans leur corps, pour les empêcher de revenir tourmenter les vivants. De nos jours encore, en Ecosse et dans certaines régions d’Irlande, les suicidés sont enterrés loin de toute habitation, à un carrefour, pour que le Diable, qui hante les croisées des chemins, vienne prendre leur âme. (Dans un ordre similaire d’idée, rappelons l’exemple des sirènes grecques (oiseaux a buste et tête de femme, et non femmes-poisson comme dans la version nordique et celtique) qui, sous l’influence égyptienne (où l’âme était représentée sous forme d’oiseau à tête humaine), ont été considérées comme l’âme du mort ayant raté sa destinée, et qui se transforme en vampire dévorant.) Un peu partout en Europe, une croyance très répandue voulait que le Diable empêchât le pourrissement de leur dépouille, ce qui leur permettait de ressortir de leur tombe (on les enterrait à la croisée des chemins aussi dans l’espoir qu’ils ne retrouveraient pas la route de leur village).
Dans ses Instituts de Théologie à l’usage des directeurs des âmes (Vienne, 1777), le Père Schram affirmait aussi la possibilité du retour des excommuniés. Pierre-Daniel Huet, évêque d’Avranches, écrivait à ce sujet : « Les Grecs d’aujourd’hui sont encore persuadés que les corps des excommuniés ne se corrompent point, mais s’enflent comme des tambour, et en exprimant le bruit quand on les frappe, ou qu’on les roule sur le pavé. Ce qui les fait appeler toupi ou tymanites. » (Pensées Diverses, Paris,1722.)
De telles croyances étaient encore bien ancrées dans les esprits à la fin du XIXème siècle. En 1897, un jurisconsute de Saint-Pétersbourg s’insurgeait contre les inhumations faites hors des cimetières orthodoxes, car « une telle ségrégation ne peut exercer sur le peuple qu’une néfaste influence. Elle excite son imagination et il pense que tous les suicidés, les excommuniés, les personnes mortes en état de péché mortel ne sauraient trouver le repos après leur mort… et deviennent des vampires ».
Ce texte parut à la suite d’une série d’exhumation de cadavres suspectés de vampirisme, qui étaient transpercés, décapités et brûlés. De mauvaises récoltes et la malnutritions avaient entraîné le développement d’épidémie… attribuées, comme de jute, aux vampires (d’ailleurs, l’ancien code Russe précise que « en temps de peste, on doit détruire par le feu, après l’avoir décapité, tout cadavre suspecté de remuer dans sa tombe » ).
Si les excommuniés et les suicidés deviennent fréquemment des vampires, une personne ne faisant pas partie de ces catégories particulière pouvait fort bien être frappé de cette étrange maladie. Les traditions orales rapportent en effet que la morsure du vampire est contagieuse. La victime mordue, si elle est sauvée à temps, devient à son tour, après la mort (qui survient souvent à brève échéance), une de ces créatures de la nuit.
Si le vampire mord et tue, ce n’est pas par cruauté, mais pour sa survie, et celle de sa race, car bien qu’ayant une activité sexuelle, le vampire ne peut pas, le plus souvent, se reproduire par des moyens naturels (la vie étant dans l’optique chrétienne un don de Dieu). Il en est donc réduit à une parodie amoureuse pour perpétuer l’espèce (les dents et la morsure ayant une symbolique sexuelle très claire). Ceci l’apparente d’ailleurs aux démons, qui ne peuvent se reproduire que par l’intermédiaire des humains (la succube, en ayant des rapports sexuelles avec les hommes, recueille leur semence, puis se transforme en Incube pour aller féconder les femmes). Notons toutefois que certaines traditions concèdent au vampire un pouvoir de régénération.
La transformation en vampire peut paraître simple, mais elle ne l’est pas tant que cela en réalité, car les conditions extérieures peuvent avoir leur influence.
La Lune, par exemple, joue un grand rôle dans cette métamorphose. Ainsi, selon les croyances des Grands-Russiens, seuls les excommuniés ensevelis à la croisée des chemins soumise à la lumière sélénite deviennent vampires.
Si l’on connaît l’influence lunaire sur les loups-garous, on sait moins que sa froide clarté est un stimulant pour les vampires. C’est ainsi que le nosferat roumain accroît sa vitalité pendant les nuits de pleine Lune. Lorsque les Chinois enterraient leurs morts, ils prenaient bien garde qu’il n’y ait pas la moindre fissure dans le cercueil, car si les rayons de l’astre de la nuit venaient à y pénétrer, le défunt se transformerait en « Kiang-si ».
Les Gitans, quand à eux, croyaient que la Lune est la véritable patrie des vampires : ils la quittent chaque nuit, lorsqu’elle est visible, pour venir sur Terre attaquer les vivants.
« La plupart des peuples écrit Collin de Plancy, ont cru que la lueur de la Lune était un signal mystérieux auquel les spectres sortaient de leur tombeau. Les Orientaux content que les lamies et les goules déterrent les morts dans les cimetières et font leur festin au clair de Lune. Dans certains cantons de l’Orient et de l’Allemagne, on prétendait que les vampires ne commençaient leurs infestations qu’au lever de la Lune, et qu’ils étaient obligés de rentrer en terre au chant du coq. L’idée la plus extraordinaire, adoptée dans quelques villages, c’est que la Lune ranimait les vampires. Lorsqu’un de ces spectres, poursuivi dans ses courses nocturnes, était frappé d’une balle ou d’un coup de lance, on pensait qu’il pouvait mourir une seconde fois, mais qu’exposé aux rayons de la Lune, il reprenait des forces et pouvait à nouveau sucer les vivants. » (Dictionnaire Infernale, Paris, 1863)
Venons-en maintenant au cas des vampires roumains, qui est particulier. Nous avons dit que les vampires de ce pays portaient généralement le nom de « Strigoïs », mais les Strigoïs possèdent aussi parfois des noms particuliers. Ainsi, peut-on parler de ‘Cel-rau’ (le mauvais), ‘nécuratul’ (le sale), ‘pocitor’ (enlaidisseur), ou encore ‘strigoaïca (Strigoïs féminin), ‘moroï’, (moracaïca au féminin), ‘pryccolitch’ (vampire ayant une nette ressemblance avec nos Loups-Garous), ou bien ‘vîrcolacs’ (vampires aériens qui provoquent les éclipses, que l’on appele aussi « chiens de Dieu », car ils mangent la partie de la Lune où la tradition populaire situe le refuge de Caïn).
Mais la distinction majeure réside dans le fait qu’il existe des Strigoïs devenus vampires après leur mort, et d’autres qui l’étaient durant leur première vie, voire dès leur naissance.
Certaines conditions président à la naissance du Strigoï. Il peut le devenir si la sage-femme l’ayant mis au monde l’a maudit pour qu’il devienne Strigoï de lait ou de blé. Le Strigoï naît toujours coiffé ou vêtu d’une chemise de peau. Une femme ayant bu de l’eau impure mêlé à de la salive démoniaque accouche d’un tel enfant (nous retrouvons ici une variante christianisée de la conception par ingestion, que l’on retrouve dans certaines mythologies). Autre cas : une femme enceinte qui est sortie, nu-tête, de nuit, et a rencontrer le diable qui a placé sur la tête une coiffe rouge pareille à la sienne.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Sam 13 Nov 2004 - 15:32

Peuvent naître également Strigoï le septième garçon ou la septième fille d’une famille, mais aussi ceux qui sont chauves, qui ont les cheveux roux et les yeux bleus (ces deux signes étaient aussi distinctifs des vampires dans la Grèce Antique), voire ceux ou celles qui ont les yeux noirs au regard pénétrant.
Il existe cependant des signes distinctifs plus précis. Adrien Cremene ( Mythologie du vampire en Roumanie , Le Rocher, 1981) rappelle que, très souvent, « ils ont la colonne vertébrales prolongée par une queue. Cette queue est couverte de poil et est, semble-t-il, assez courte. Toutefois, elle peut grandir à la chaleur. Cet appendice donne beaucoup de pouvoir au Strigoïs, car c’est lui qui leur donne la possibilité de survivre après leur mort ». Les personnes ayant un mamelon supplémentaire étaient également considérées comme des Strigoïs. Selon T.Pamfile ( Mitologie româneasca, Bucarest, 1916), il y a aussi des demi-strigoïs et surtout des demi-strigoaïcas, qui sont des apprentis de véritables Strigoï, et qui tuent les humains. Ils peuvent jeter des sorts et participent aux cérémonies des Strigoï, et surtout, à la grande bataille de la nuit de la Saint-André. Ils sont moins puissants que les vrais Strigoïs, et n’ont pas de pouvoirs sur les objets inanimés. Cet apprentissage leur donne cependant la possibilité de devenir à leur tour de véritables Strigoïs après leur mort.
Pour ce qui est des personnes devenant Strigoïs après leur mort, citons : les Maudits, les Excommuniés (Notons qu’en Roumanie, l’excommunication revêtait un caractère particulier. Le prêtre n’avait même pas à la prononcer. Toute personne ayant commis un péché grave était automatiquement considéré comme excommuniée, car seul Dieu pouvait absoudre un tel péché), les enfants morts avant d’avoir reçu le baptême, les personnes mortes subitement, les pendus, les noyés (particulièrement redoutés). Mentionnons encore les personne s’étant fait voler leur ombre, et les morts sur le cadavre desquels est passé un chat ou un chien.
Les pryccolitchs, quant à eux, peuvent naître ainsi ou le devenir. Ils ont la capacité de se transformer en animaux, notamment en chiens et surtout en loups, par l’accomplissement d’un acte magique consistant à tourner trois fois sur eux-mêmes, les mêmes tours inversés les faisant retrouver forme humaine.
Les vîrcolacs, ou vercolacs, qu’on accuse de dévorer la Lune (On croyait en Moldavie que l’astre des nuits est le repaire de deux vîrcolacs vivants, appelés Etienne et Paul) et le Soleil, et de dérober l’étoile du Berger (Astre très important dans les traditions et croyance Roumaines, car il est censé apporter la pluie. En cas de sécheresse, pour sauver l’étoile du Berger, c’est à dire la planète Venus, Dieu fait tomber la grêle contre les vîrcolacs voleurs.), naissent en tant que tels. Cette malédiction est souvent le fruit d’un inceste entre frère et sœur. Après leur mort, les vîrcolacs continuent leurs méfaits. Ils sont cependant les seuls Strigoïs à ne garder aucun lien avec leur tombe ou leur corps. Leur nature reste essentiellement ouranienne. La croyance en ces êtres (contre lesquels il ne peut exister d’exorcisme) est très ancienne, puisque Hérodote, dans ses Histoires mentionne des coutumes des Gètes (peuple d’origine thrace, ancêtre des Roumains actuels) les concernant.
Les moroïs sont, comme nous l’avons dit, des enfants illégitimes, non baptisés, et qui ont été assassinés par leur père ou leur mère. Si l’on pensait généralement en Occident que de tels enfants devenaient des Anges, en Roumanie, bien au contraire, ils étaient par leur nature et leur désir de vengeance dévolus au Diable, et devenaient des êtres maléfiques. Les Moroïs, comme les vîrcolacs, sont aériens. Le démon les charge de transporter et de jeter la grêle. C’est cependant sur Terre qu’ils vont chercher cette grêle, en un mystérieux endroit où le Soleil « ne brille jamais ».
Les Striges sont des sorcières devenues après leur mort des sorts de strigoaïcas. Elles communiquent la maladie et attaquent surtout les jeunes enfants pour leur voler leur cœur (notons toutefois que certaines indications, leur danse merveilleuse notamment, laissent à pense qu’elles étaient à l’origine des fées, devenue par la suite des « Diablesses »).
On les rapproche parfois des « Lamies », belles diablesses habitant les déserts, avides de sang, et qui déterrent parfois les cadavres pour les dévorer. Le terme Lamie (ou Lamia) désigne généralement soit un vampire nocturne, soit une hallucination de cauchemar (à rapprocher des hallucinations visuelles dont sont victimes, dit la tradition, les personnes mordues par un vampire, et qui leur font voir un grand spectre blanchâtre qui les poursuit). Le même terme désigne aussi à la fois la succube (démon femelle s’unissant charnellement aux hommes) et une sorcière. Dès l’an 1400, on parle de Lamiæ, démons déguisés en vieille femmes qui enlèvent les enfants pour les faire rôtir et les manger. Elles sont aussi parfois décrites comme des entités plus facétieuses que maléfiques. Ainsi, Gervais de Tilbury écrit : « Les Lamies sont, dit-on, des femmes qui font la nuit des intrusions très rapide, de maison en maison, vident les tonneaux, regardent dans les paniers, les pots et les marmites, sortent les nourrissons de leur berceaux, allument les lumières et parfois importunent les dormeurs » (Otia Impériala, 1210) .
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Mer 22 Déc 2004 - 21:56

Mœurs et Coutumes.

Comme nous l’avons déjà fait remarquer, le vampire est un cas à part dans la horde des revenants. Il s’apparente à la fois aux vivants et aux morts, aux démons et aux loups-garous.
« Ce mort-vivant, comme l’écrit si justement Montague Summers (The Vampire, his Kith and Kin, Kegan Paul, 1928.) , a un corps qui est son propre corps. Il n’est ni mort ni vivant, mais vivant dans la mort. Il est une anomalie ; un androgyne dans le monde spectrale, un parie parmi les monstres. »
Le vampire mythique n’a rien à voir avec le séduisant et racé Comte Dracula du cinéma, qui n’en est qu’une ridicule caricature. C’est bien au contraire une créature indicible, un être affreux à faire peur. Il est maigre et poilu, avec une tignasse rouge et hirsute, et, une fois repu, il devient gras à en éclater. Le sang alors lui coule de la bouche, du nez et des oreilles. C’est, souvent, ne l’oublions pas, un cadavre ambulant, avec tout ce que cela suppose d’abject et de répugnant.
Summers, qui a répertorié différentes variétés de vampires, nous dit qu’il a le corps mou, la peau molle à la pâleur morbide. Il est froid comme de la glace (exception faite du vampire Roumain), ses dents acérées brillent dans l’obscurité, entre ses lèvres rougeoyantes à la sensualité obscène, alors que sa peau est légèrement phosphorescente. Ses ongles sales et encroûtés de sang séché sont comme des serres, de véritables griffes. Son haleine est fétide et pestilentielle, elle exhale des relents de tombeau et de décomposition. Sa posture est à peine humaine, et il n’est pas rare de le voir se déplacer à quatre pattes comme un animal. Il grogne comme un porc, siffle comme un serpent, feule comme un chat furieux. Mais il peut aussi se donner des airs de vivants pour mieux tromper ses victimes et endormir leurs méfiances, notamment lorsqu’il se présente à sa famille.
« Ceux de Chine et de Malaisie qui s’en prennent aux femmes et tuent les nouveaux-nés, ont des ongles terribles, des yeux injectés de sang, des lèvres tuméfiées. Le vampire Birman, le vampire Japonais, dévorent les âmes, tandis que le Vétala indien se contente de fréquenter les aires de crémation à la recherche d’un corps qu’il pourrait posséder. Le « mangeur de défunts », les « maîtres des cimetières » du Tibet apparaissent avec des yeux sanguinolents et une bouche verdâtre. Chez les Ashantis, les suceurs de sang émettent la nit une lueur phosphorescente ; ils fréquentent les forets, tout comme leurs congénères du Mexique ancien, protégés par le dieu Tezcatlipocâ, qui, à l’occasion, empruntaient la forme lupine (Roland Villeune, Loups-garous et vampires, 1970). »
Bien que d’apparence souvent chétive et fragile, le vampire est doté d’une force extraordinaire qui lui permet de soulever aisément la lourde dalle de son tombeau (Dans la tradition Moldave, au cours de la nuit précédant la Saint-André, il est parfois contraint de poster sa tombe sur sa tête, comme il est rapporté dans le Moniteur Universel du 7avril 1868). Certains s’amusent à effrayer les paysans en venant frapper à leur porte la nuit (parfois facétieux, il lui arrive de jouer les fantômes). Du fond de sa tombe, on peut l’entendre pousser de sourds grognements. On dit que les chiens tombent en arrêt devant lui. Notons qu’il voit parfaitement dans l’obscurité la plus totale et qu’il se déplace à la vitesse du vent. Certains vampires peuvent en outre se transformer en animaux, particulièrement le chien ou le loup, parfois en insecte ; mais très rarement en chauve-souris, malgré une croyance tenace (la métamorphose en chauve souris, popularisé par le cinéma, est loin d’être universel, ni même répandue. Elle n’existe pratiquement que dans de rare traditions africaines). Si seuls certains peuvent voler ou changer de formes ; la plupart sont accusés d’attaquer les hommes aussi bien que les animaux, et de répandre des maladies, la peste notamment.
En certains endroits, le vampire n’est même plus qu’un fantôme sans corps. Parfois, les vampires sont invisibles et très agressifs : ils détruisent tout ce qu’ils peuvent et crachent le sang. Ils frappent leurs victimes et les projettent à toute force pour faire jaillir leur sang. Dans un autre ordre d’idée similaire, le vampire gitan abandonne son corps en quittant sa tombe. Chevauchant le bétail à une vitesse folle, il erre dans la nuit et fait un vacarme épouvantable, hurlant et brisant tout ce qui se trouve sur son chemin.
Comme on le voit, le vampire est polymorphe, et il peut se rapprocher ainsi des spectres et autres poltergeists, des Chasses sauvages, et des lutins (il existe d’ailleurs des lutins-vampires). En outre, certains sont anthropophage, à l’instar des loups-garous, et, nécrophages, ils dévorent des cadavres plus ou moins frais, comme leurs cousines les goules.
Nous avons dit que les vampires possèdent une force colossale leur permettant de soulever la dalle de leur tombeau. Certains, parfois, plus originaux (et plus rare, s’échappent de leur tombe soit en étirant leur corps jusqu’à ce qu’il puisse passer par un petit trou dans la terre, soit en revêtant une forma vaporeuse, ce qui leur permet, en outre, de pénétrer partout par la moindre fente (ils passent alors souvent par le trou de la serrure ou se glissent sous une porte).
Autre cas insolite, celui d’un vampire bulgare, qui possède deux formes. Pendant 40jours, il s’entraîne à devenir agressif, et durant cette période, son corps fragile émet des étincelles. Ensuite, il peut sortir de son tombeau en reprenant ancienne apparence, celle qu’il avait étant vivant, mais avec une seule narine et une longue langue pointue.
En Chine, certains morts-vivants étaient considérés comme des démons, mais d’autre étaient animés par l’âme elle-même du mort, le « P’o ». Elle restait sur terre quelque temps après le décès, pour tenter de transformer le corps en vampire. Certains vampires chinois sont couverts d’un hideux pelage vert, ils ont des croc et des griffes acérées, mais leur visage est celui d’un homme vivant (signalons au passage que les vampires chinois dévorent parfois d’autre corps).
Les vampire japonais, quant à eux, sont de très dangereux esprits sous une forme animale, comme le chat géant à deux queue.

(Les exemples abondent, mais il serait inutile et fastidieux d’en donner davantage).

Il nous faut toutefois dire un mot de la nourriture des vampires roumains, qui présentent quelques particularités.
Le Strigoï renaît à sa seconde vie après une période d’inhumation variable (selon les différentes croyances populaires, cette durée est de neufs jours, de quarante jours de six semaines ou de six mois, de trois ans ou encore de sept ans. Cette dernière période correspond au délais au bout duquel, selon la tradition roumaine, les cadavres doivent être exhumés pour pouvoir en purifier les os). Son corps s’étire et devient filiforme pour se glisser par un petit trou qu’il à creuser dans la terre. Cette émergence ne peut avoir lieu que la nuit, de préférence lorsque le ciel est très nuageux, ou à la nouvelle Lune. Bien qu’il puisse alors reprendre son ancienne forme, il affecte généralement l’aspect d’animaux, le plus souvent d’insecte nocturnes (par contre, la transformation en chauve-souris paraît inconnue en Roumanie). Seuls les pryccolitchs sont astreints à user de deux formes déterminées : loup et chien (ogar, le plus souvent).
T.Pamfile (Mitologie românesca) a ainsi décrit un Strigoï « pocitor » (enlaidisseur) : « Il avait des dents de cheval et, parmi ses gencives, on pouvait voir des restes de chair humaine ; ses ongles étaient de grandes griffes et ses mains et ses pieds étaient semblables à ceux d’un ours. Sa poitrine, couverte par sa barba, était velue comme une fourrure. »

Sa queue, qu’il possédait déjà avant sa mort, s’allonge et devient comme un fouet, dont il use parfois pour étrangler ses victimes.
Avant sa résurrection, le Strigoï est prisonnier d’une sorte d’univers intercalaire : il n’est ni mort, ni vivant. Pour qu’il puisse subsister en tant qu’être matériel et spirituel, rappelle Adrian Cremene (Mythologie du Mythe en Roumanie) il lui faut une nourriture physique autant qu’une nourriture métaphysique. D’où la nécessité de manger de la chair, mais aussi d’absorber l’âme de ses victimes.
Le Strigoï peut sucer le sang de sa victimes, ou manger son cœur (Dans la magie Roumaine, le cœur est le réceptacle où se déverse l’âme. Le sang est considéré comme le véhicule de l’âme, c’est par lui qu’elle circule dans tout le corps. Signalons que, traditionnellement, le vampire ne perce pas la peau avec ses canines, il aspire le sang directement par les pores, ou arrache la chair pour boire goulûment.), voire son foie. Il peut aussi absorber l’âme à distance en provoquant un « enlaidissement » (pocitor), maladie magique qui provoque des saignements de nez et de bouche.
Plus gourmand, le pryccolitch pratique fréquemment la dévoration (c’est pas très Français, mais l’idée est là…) intégrale ou partielle du corps de ses victimes (notons toutefois que tous les pryccolitchs ne se nourrissent pas de chair humaine).
Le moroï, pour sa part, a tendance à dédaigner la nourriture matérielle pour consommer presque exclusivement des âmes.
Ces manières de se nourrir ne concernent que la période succédant à la résurrection du Strigoï (dont la durée est variable). Une fois qu’il a acquis la « quantité » d’âme nécessaire à sa survie, il ne s’attaque plus qu’aux animaux. Dans un troisième temps, il retrouve une alimentation similaire à celles des humains normaux. Une fois parvenu à ce stade, il quitte son village (les Strigoïs restent en effet aux alentours de leur village très longtemps), et s’en va vivre une nouvelle vie où il se marie est assure sa descendance ; vie, qui, normalement, doit durer jusqu’à la fin des temps. Il passe ainsi d’une éternité dans la mort à une véritable immortalité.

Voyons pour finir un aspect peu évoqué des mœurs des vampires : leur sexualité.
Si le comte Dracula cinématographique envoûte ses victimes par son charme magnétique de « beau ténébreux », tel n’est pas le cas du vampire mythologique. Laid et repoussant, il n’est guère à son avantage dans le domaine de la séduction. S’il copule, ce n’est pas pour procréer, puisqu’il ne le peut généralement pas. Certaines traditions lui confèrent un pouvoir de génération, mais elles restent minoritaires. Le problème de la reproduction des vampires restent incertain. En effet, ils sont considérés comme des créatures infernales, et donc ne devraient pas se reproduire, puisque la vie est un apanage de Dieu. Cependant, les traditions populaires attribuent au Diable un pouvoir de génération, un pouvoir imparfait qui ne lui permet que de copier malhabilement les œuvres de Dieu. Ceci explique que, dans les pays chrétiens, certaines traditions accordent au vampire la capacité de se reproduire mutuellement, et d’autres non (la suivie de l’espèce se fait alors uniquement par contagion du mal, par morsure).
Dans un cas comme dans l’autre, cela n’empêche pourtant pas le vampire d’avoir une sexualité très forte, car il a des besoins érotiques intenses.
L’union est violente, parfois sauvage, le vampire n’ayant que mépris pour les sentiments humains. Il ne peut, le plus souvent, s’agir que d’un viol.




Les traditions des Amérindiens Chami de la cordillères des Andes (versant Pacifique) confère au vampire une sorte de pouvoir hypnotique. Selon un de leurs mythes, le Héros Aribada a tué la chauve-souris Inka (le vampire), afin de lui voler son pouvoir d’endormir ses victimes (on dit en effet que le vampire, lorsqu’il veut mordre un homme endormi, généralement entre les orteils, bat constamment des ailes pour pouvoir lui sucer le sang sans l’éveiller). Grâce à ce pouvoir, Aribada peut s’introduire de nuit auprès des femmes endormies et abuser d’elles à leurs insu, en agitant deux mouchoirs, l’un blanc et l’autre rouge.
Même si les textes ne le mentionnent que rarement, le vampire a une sexualité développée, et il possède une « charge érotique » certaine dans l’imaginaire humain.
La sexualité brutale du vampire se rapproche de celle de l’ogre des contes. Comme celui du vampire et du loup-garous, le symbolisme de l’ogre est lié à l’animalité et à la mort. L’ogre est l’image archétypale de l’Enfer et des ténèbres, la nuit hivernale qui dévore le Soleil (rappelons que le Soleil d’hiver a été confondu avec la divinité Orgos-Orcus, qui est le modèle mythologique de l’ogre). Il est aussi Chronos-Saturne, le Temps impitoyable qui dévore ses enfants. L’ogre est avant tout une gueule, il n’agit que par instinct ; sa faim insatiable et son animalité brutale font écho aux instinct primaires de l’être humain, liés intimement au besoin de nourriture. C’est cet ogre qui se réveille en nous lors des périodes de grandes famines. Or, le verbe manger, prend une nette acception sexuelle en rapport étroit avec l’instinct alimentaire. Les agressions alimentaires et sexuelles se rejoignent et se confondent. Dire d’une femme qu’elle est « belle à croquer » est bien davantage qu’une simple expression. Il en va de même avec les succions et mordillements des amants. Et c’est exactement la même chose que nous retrouvons avec le vampire et sa morsure.
Dans une optique similaire, la « vamp » du cinéma hollywoodien (dont le nom vient, bien sur, de « vampire ») ne porte pas ce nom pour rien : elle fascine l’homme et le prive de ses moyens, c’est à dire qu’elle le prive des fonctions supérieurs de son esprit conscient en l’incitant à laisser libre cours à ses instincts. Car elle est plus qu’une tentatrice, elle est un aspect profane de la Déesse-Mère terrible, la Grande Déesse Sauvage des Anciens. Elle est l’ennemie de la morale chrétienne et du mariage en tant qu’institution (elle est une « briseuse de ménage »). Symboliquement, elle est la digne héritière du vampire dévoreur, pour lequel alimentation et sexualité ne font qu’un, sous le règne des pulsions primitives venues des tréfonds de notre marécage intérieur.
A présent que nous avons fait connaissance avec le vampire et que nous savons à qui nous avons affaire, il est temps de nous préoccuper de son éventuelle destruction.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Lun 14 Fév 2005 - 20:43

Reconnaissance et Destruction du Vampire

Nous avons eu l’occasion de mentionner les différents signes distinctifs du vampire. Nous avons rappelé que les suicidés et les excommuniés avaient de fortes chances de rejoindre les cohortes des êtres de la nuit. Si les corps ne se putréfient pas, c’est, disait-on, un signe certain que le cadavre est un vampire. Mais son identification n’est pas toujours aisée, et tous les vampires ne sont pas des suicidés, des sorciers et des excommuniés. Comment donc être sur que l’on est en présence d’un vampire ? Après tout, une tombe peut receler aussi bien un de ces monstres qu’un honnête cadavre.
Certains indices permettaient d’en avoir le cœur net.
Tout d’abord, le vampire manifeste souvent sa présence par de sourds grognements au fond son tombeau. (pour éviter cette manifestations d’outre-tombe, les Vikings bouchaient les narines et la bouche des cadavres avec de la terre). On peut aussi entendre le bruit produit par son horrible mastication (nous avons déjà cité la croyance selon laquelle ils mâchent longuement leur propre chair, leur linceul ou la terre). Notons d’ailleurs que cette mastication a, selon certaines légendes rapportées par Michel Raufft ( De masticatione mortuorum in tumulis, 1728 )et Philip Rehrius ( De masticatione mortuorum ), la capacité magique de répandre la peste.
Autre signe qui ne trompe pas : s’ils voient ou sentent un vampire, les chiens tombent en arrêt et se mettent à hurler à la mort.
Selon une ancienne croyance hongroise, rapportée par Dom Calmet, si vous faites traverser un cimetière à un cheval noir qui ‘na jamais sailli, monté par un jeune garçon vierge, entièrement nu, et que le cheval refuse obstinément de passer devant une tombe, vous pouvez être sur qu’elle contient un vampire (c’est ici le symbole de la pureté qui démasque la corruption). Si le cadavre est bien un vampire, on le reconnaîtra en outre à ce qu’il paraît vivant, et surtout à ses lèvres très rouges, voire à sa bouche dégoulinante de sang s’il est repu.
Dans le cas du Strigoï, cependant, nul doute n’est permis : même après des années passées sous la terre, il a le visage et le corps très rouges. One le trouve parfois couché sur le coté, ou même carrément assis. Sa bouche est généralement barbouillé de sang s’il a tué, ou de farine s’il s’est contenté de voler la manne des champs. Il n’est pas rare que son corps est subi une véritable métamorphose : sa queue s’est agrandie et s’amincit telle un fouet, ses pieds ressemblent à des sabots de chèvre ou de cheval. Ses cheveux et ses dents se sont allongés, ou au contraire rétractés. Il est en outre très actif, et peut même se défendre contre ceux qui veulent le détruire, c’est pourquoi plusieurs personnes étaient toujours présentes lors du déterrement (notons que ce genre de cérémonie se pratique encore dans quelque coins reculés de la Roumanie, dans le plus grand secret, car c’est strictement interdit par la loi).
Comme on le voit, mis à part en ce qui concerne le cas très spécial du Strigoï, les moyens de reconnaissance du vampire dans sa tombe sont parfois assez approximatifs et forts sujets à caution.

Si, toutefois, vampire il y a, le temps est venu de l’empêcher de nuire.
Avant même de chercher à détruire cet hôte encombrant, il faut tout d’abord lui interdire l’accès aux espaces habités et l’en éloignant. En effet, chercher à l’égarer (en l’enterrant à l’écart ou à la croisée des chemins) ou à le retarder (en déposant des pétales de fleurs pour qu’il les compte) n’est pas toujours suffisant, loin de là. Il faut des moyens plus efficaces. La tradition Roumaine rapporte à cet effet que l’on construisait tout d’abord un « mur magique » destiné à délimiter matériellement le territoire du village, simple muret de pierres sur lequel le prêtre lançait une malédiction.
Cette barrière est cependant insuffisante car trop faible, il n’est pas rare de voir un Strigoï la franchir aisément (rappelons que les vampires craignant les pouvoirs des prêtres sont relativement peu nombreux). C’est pourquoi une deuxième barrière magique était crée dans la cour entourant chaque habitation, seconde barrière qui, elle, était directement issue des pratiques païennes ancestrales. Les cours étaient clôturés de façon à ce que tout être vivant ou non, visible ou invisible, soit forcé de passer par la porte (elle-même sculptée et comprenant des motifs décoratifs à valeurs magique de protection : le Soleil, la Lune, des étoiles, un arbre…).
Devant l’huis, des plantes et des arbres bénéfiques étaient plantés et constamment entretenus, afin de stopper le mal. Cette végétation devait toujours rester verdoyante (c’est à dire vivante et en pleine santé).
La troisième et la plus puissante des barrières était la maison elle-même, bâtie et agencée selon des règles strictes visant à lui conférer un pouvoir important de protection (dans les pays germaniques, les poutres apparentes formaient des runes de protections).
D’autres moyens étaient réputés contre les vampires : les roses sauvages, le feu, l’ail, l’aubépine blanche, la crois (notamment la crois de Thor, la crois en Tau et la crois de Lorraine).
Pour protéger son corps de l’infestation vampirique, pour l’empêcher de se transformer en vampire, ou encore pour surveiller le cadavre suspect, diverses précautions étaient prises lors de la veillée funèbre.
-Toutes les ouvertures de la pièce où reposait le cercueil étaient bouchées. La lumière de la Lune ou du Soleil était en effet considéré comme une puissance source d’énergie vitale, capable de ranimer un cadavre. La coutume, toujours vivace, de fermer les rideaux, vient de cette croyance.
-On éloignait les animaux, particulièrement les chiens et les chats, car leur passage sur la bière pouvait changer le mort en vampire.
-Les miroirs étaient voilés ou retournés contre le mur, car on croyait qu’ils réfléchissaient l’âme, et pouvaient ainsi l’absorber. On cherchait donc à les empêcher de réfléchir l’âme afin d’éviter que celle-ci retourne ensuite vers le corps pour la réanimer.
-Des torches ou des lampes étaient allumées à l’extérieur de la maison, et de nombreuses bougies ainsi qu’un grand feu illuminaient la pièce ; car les vampires, créatures de la nuit, craignent la lumière et le feu.
-Les portes et les fenêtre et parfois les animaux de la ferme étaient frottées avec de l’ail. On suspendait des fleurs d’ail tout autour de la pièce, car les vampires craignent cette plantes (notons d’ailleurs que toute personne ne mangeant pas d’ail était suspectée de vampirisme).
On croit souvent que l’utilisation de l’ail contre les vampires est une invention littéraire ou cinématographique, mais il n’en est rien. Déjà les Egyptiens antiques se protégeaient des esprits maléfique par une décoction d’ail mêlée à du miel. Au Moyen-Age en Europe, les paysans en usaient pour éloigner les spectres. Le Littré le mentionne d’ailleurs, citant Alebrant : « Li ails veut contre une morsure de bestes vénimeuses et pour chou (cela) l’appele-on triacle de vilains. »
Selon des traditions d’Europe centrale, un collier de fleurs d’ail éloigne les vampires, de même qu’un bouquet d’ail accroché à la tête d’un lit. Par contre, la guirlande de gousse d’ail est un apport purement littéraire et cinématographique.
D’autres moyens étaient aussi réputés garantir contre la contamination vampirique (même après la morsure) : manger du pain imbibé de sang humain (celui d’un mort suspecté d’être vampire, notamment), avaler un peu de terre qui couvrait le cadavre supposé vampire, ou encore se frotter avec son sang. Mannhardt écrivait ainsi, concernant la Prusse : « Les gens malades d’une blessure de vampire guérissent, quand on met dans une boisson un peu de sang putrescent, c’est à dire du produit caillebotté d’une tête décollée que le peuple désigne sous le nom de sang. Il y a quelques mois à peine (mars 1877), le corps d’un enfant nouvellement décédé a été mutilé dans sa tombe, et un morceau de chair du cadavre a été appliqué à un enfant malade comme remède. »
On voit donc que, curieusement, le sang d’un vampire, de même que la terre qui a été son premier contact, avait la réputation d’être un contre-poison.
Le rituel dit de « petite réparation » avait pour but d’empêcher le cadavre de devenir vampire, à la différence du rituel de « grande réparation », destiné à éliminer physiquement le vampire.
La destruction du vampire pouvant sauver ses victimes mordues mais non encore décédées, la plus grande célérité est requise (Mentionnons au passage les signes cliniques les plus fréquents de la morsure vampirique : grande sensation de langueur, fatigue excessive, affaiblissement général, manque d’appétit, inappétence sexuelle, pâleur livide et hallucinations visuelles).
La première chose à faire est de débusquer le monstre dans son repaire, généralement sa tombe. Il s’agit ensuite de l’immobiliser magiquement à l’aide de certains rîtes, et de le tuer une bonne fois pour toutes, de l’expédier dans l’au-delà sans espoir de retour.
Pour se faire, il y a des méthodes plus ou moins compliquées. La plus simple est celle qui était encore utilisée au début du XXème siècle : dans le village serbe de Sujos, le cadavre d’une vieille femme fut déterré, frappé à coups de fourche et dépecé, parce que les villageois craignaient de la voir revenir sous la forme d’un vampire (cf. « Le Matin » du 4 janvier 1910). Une méthode facile à mettre en œuvre, mais pas toujours suffisante aux yeux des populations véritablement terrifiées par les vampires, et qui élaborèrent aussi des techniques beaucoup plus complexes et plus sûres. Les découvertes archéologiques nous ont donné une idée précise des rituels de circonstance.
La section du cimetière de Dyhernfurth, en Silésie, destinée aux « infâmes » (entendez par là les suicidés, maudits, excommuniés, homosexuels…), a montré un squelette chargé de pierres et dont le crâne avait été transpercé entièrement par un long clou de fer. Une nécropole située près de Tavrov a livré des cas similaires, et E. Chmournov rapporte y avoir exhumé des squelettes dont la tempe avait été perforée par une pierre pointue, qui s’y trouvait encore lors de la découverte. K. Mossynski ( Kultura lodowa slawian ,Krakaü, 1938) a donné une reproduction photographique d’un de ces crânes percés d’un long clou.
Ce rite semble être un moyen répandu, du moins en Europe de l’Est, d’extermination des vampires. Pourtant, les traditions orales aussi bien qu’écrites ne paraissent guère y faire allusion.
Dans « Eulis » , P.B.Randolph donne le moyen suivant d’en finir avec les vampires et les goules : « La légende dit que les inhumations récentes ne suffisent pas à assouvir leur faim ; et cependant les goules doivent vivre, elles s’introduisent donc dans les maisons et sucent le sang de ceux qu’elles rencontrent. Ces harpies sont sujettes à la mort, mais si vous en tuez une, brûlez-là à cinq pieds sous terre, et passez-lui un pieu armé d’une croix à travers la poitrine ; et faites cela autant que possible à un carrefour de quatre routes. Si vous négligez ces précautions, la vie reviendra au vampire. » . Précisons toutefois que l’usage de la croix n’est pas aussi indispensable que semblent le croire certains auteurs, et les traditions populaires ne le préconisent qu’assez rarement.
Le moyen le plus efficace paraît encore de tuer deux fois le vampire : en lui enfonçant un pieu dans le cœur, et en le brûlant ensuite ou en le recouvrant de chaux vive. On peut aussi lui planter un long clou ou une aiguille dans la tête, pour détruire l’âme qui est supposée y résider. Cette méthode est d’ailleurs toujours pratiqué par les Dayaks et les Jivaros.
Le rituel complet, avec des variantes, est plus compliqué et plus long, mais aussi, dit-on, plus efficace.
On commençait par mettre dans le cercueil des fleurs rouges, pour entraver l’esprit (les fleurs rouges sont ici des substituts de sang qui était jadis offert au cadavre pour le nourrir). Le vampire présupposé était ensuite cloué au fond de son cercueil par de longues pointes de fer (parfois rougies au feu). Des clous étaient enfoncés dans ses yeux. Quelquefois, on lui brisait les membres, et l’intérieur du cercueil était peint en rouge (dans l’espoir que le vampire s’en contenterait et renoncerait au sang). Un pieu de bois (souvent durci au feu) était enfoncé dans sa poitrine, à l’endroit du cœur (ou directement dans sa tête, puisque la tête est le séjour de l’âme, le cœur en est le réceptacle). Le corps était souvent décapité et on replissait sa bouche d’ail, voire de terre ou de sable. Dans certaines régions, des croix de saule étaient calées sous ses bras. Parfois, le corps était allongé sur le ventre, et un long pieu enfoncé au niveau de la poitrine le clouait au fond du cercueil.
Dernières précautions : on pouvait arracher le cœur (ou ce qu’il en reste) du vampire et le brûler ou le faire frire dans l’huile, semer des graines dans le cercueil et dans le cimetière (car le vampire, croyait-on, ne pourrait s’empêcher de les compter, ce qui lui ferait perdre suffisamment de temps pour que le Soleil se lève avant qu’il ait trouvé une victime).
Enfin, le corps était souvent brûlé ou recouvert de chaux vive, et enterré à un carrefour, de façon à ce que le vampire, désorienté, ne sache quel chemin prendre pour aller attaquer sa famille ou ses amis (selon les traditions populaires, le vampire s’attaque en effet en priorité à ses proches). De lourdes pierres étaient parfois placées sur les restes du corps, ou sur la tombe, afin de l’empêcher de sortir. Dans le second cas, il pouvait aussi s’agie de d’un tas de pierre plus petites, et chaque voyageur qui venait à passer devait jeter un ou deux cailloux sur le monticule pour consolider davantage cette protection.
Comme on le voit, on prenait très au sérieux, et rien n’était négligé pour mettre le vampire hors d’état de nuire.

(Depuis le temps que j'étais pas à jour...)
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Mer 6 Avr 2005 - 22:08

En retard, en retard, je suis encore en retard...

Les Vampires dans l’Histoire.

La crainte des vampires, et plus généralement des revenants, semble aussi vieille que l’humanité. Elle est issue de la terreur éprouvée à l’égard de la mort et du mystère de l’au-delà. La peur du retour des morts assoiffés de vengeance explique les honneurs rendus aux défunts, de même que le cule des morts (ou des ancêtres), nourris de sang et de farine, ou sexuellement réconfortés par le dépôt de figurines erotico-magiques au fond de leur tombeau (pour empêcher la métamorphose d’un défunt ou d’une défunte célibataire en vampire, les traditions roumaines ont ainsi instauré des « mariages posthumes » ; la solitude affective et la frustration sexuelle pouvant en effet être des causes de transformation en strigoï ou en strigoaïca).
On a beau dire que le respect du mort et les honneurs qui lui sont rendus expriment une évolution à la fois sociale et spirituelle, il n’en demeure pas moins qu’à travers cela transpire en réalité la peur viscérale de son retour. Toutes les traditions populaires en font foi.
Le rôle du sang est primordial dans les sociétés primitives. Le vampirisme est lié à la fois au pouvoir magiques du sang et au culte des morts. Si l’Eglise interdit de nourrir les cadavres ou de leur offrir du sang, c’est parce que la croyance selon laquelle cela pouvait leurs en donner le goût et les pousser à devenir vampire était bien enracinée dans les esprits. Les personnes qui apportent des fleurs rouges (substituts du sang), particulièrement les roses, sur les tombes ne se doutent pas qu’elles perpétuent ainsi un rite immémorial qui remonte aux origines de l’humanité.
Il en faut pas se leurrer, tous les honneurs rendus aux défunts ne marquent pas tant les respect des morts que la peur de les voir revenir.

1) L’antiquité
Nous avons déjà noté que les loups-garous sont censés, après leur morts naturelle, devenir des vampires. Cette croyance est très ancienne, et la différenciation entre ces deux catégories de monstres mythiques ne s’est faite qu’à partir du XVIIème-XVIIIème siècle. Auparavant, et particulièrement dans l’Antiquité, ils étaient souvent confondus. L’un et l’autre étaient accusé de provoquer les orages, la grêle, la famine et les épidémies (par la suite, en Europe, les sorciers, appelés dans ce cas des « Tempestaires », seront accusés de répandre les mêmes maux). Dans certaines pays de l’Est et en Chine, les vampires se transforment en loups (les pryccolitchs roumains sont un parfait exemple de la fusion de ces deux êtres fantastiques). De plus, tous deux sont tués au moyen d‘un pieu, craignent le feu, et réagissent à la lumière lunaire. W.Herts ( « Der Werwolf » 1862, traduction de A.Stronck-Robert) écrivait ainsi : « le mélange le plus frappant des conceptions de loup-garou et de vampire se trouve dans les légendes de Dantzig qui se présentent ainsi : un Loup Garou ne doit pas être enterré mais brûlé, car il ne trouve pas le repos dans la terre et s’éveillera quelques jours après l’enterrement. Dans sa faim dévorante, il dévore alors la chair de ses propres mains et pieds et lorsqu’il ne trouve plus rien d’autre à manger dans son corps, il sort de son terrier à minuit, attaque les moutons et le bétail, ou pénètre même dans les maisons afin de s’étendre sur ceux qui sont endormis et les saigne à mort. Lorsqu’il est assouvi, il retourne dans sa tombe. Le lendemain, on retrouve sur leur lit le corps des gens mis à mort avec seulement une petite morsure sur le côté gauche de leur poitrine, qui indique la cause de la mort. »
Nous voyons donc que le vampire n’est pas clairement défini dans les temps anciens, et retrouver les premières du mythe n’est pas chose aisé, car il se mêle intimement avec d’autres croyances similaires.

Selon Balthasar Bekker ( Le Monde Enchanté tome I), Adam lui même serait le père des premiers vampires, qu’il aurait engendrés par ses fornications avec des succubes, des spectres et des fantômes.
La Bible a souvent fait allusion à des créatures malfaisantes, et Moïse à défendu l’évocation des morts et la fréquentation des Nécromanciens (voir le Deutéronome ).
L’Egypte antique connaissait une terrible déesse que l’on pourrait qualifier de vampire. Il s’agit de Sekhmet, aspect de la triade Hathor (la Vache-Céleste), Sekhmet, (La Lionne), Bastet la Chatte). Sekhmet avait un mufle de lionne. Elle était surtout adorée sous le nom de Déesse du Nord, car l’in de ses temples les plus célèbres se dressait tout au nord de l’éternelle Egypte. Elle pouvait devenir furieuse, et son souffle détruisait tout sur son passage. Elle était la déesse du Sang et présidait à la guerre et à la médecine (activité complémentaire). Sekhmet s’abattait sur les champs de bataille pour s’abreuver du sang des guerriers. Elle était tellement avide de sang qu’elle provoquait elle même toutes sortes d’affrontements guerriers pour assurer son ravitaillement. Régnant sur le sang humain, elle pouvait l’altérer à volonté, le faisant sur plusieurs générations d’une même famille quand elle voulait exercer une vengeance.
Elle était l’objet d’un culte particulier du sang, et avait des prêtres attitrés qui n’exerçaient pas leur art en dehors du temple de Memphis, auquel la déesse était identifiée, en étant la « réserve du sang de la vie ».
Calme, Sekhmet devenait alors la douce Bastet, déesse de l’amour. Mais en un instant, elle pouvait redevenir la terrible Sekhmet, dont les instincts sanguinaires en faisaient la Dame de la Guerre, libérant son cortège de fléaux et de maladies (chargée de châtier les hommes révoltés contre Amon-Rê, n’en avait t’elle pas fait un tel carnage qu’il fallût l’enivrer pour l’arrêter ?). Même en étant la douce et tendre Bastet, elle gardera toujours ce côté violent de sa personnalité qui est en fait la lionne assoiffée de sang (elle incarne aussi la dualité de l’amour, Eros-Thanathos).
L’ancienne Assyrie connaissait pour sa part les Ekimmou, spectres passe-murailles, fouisseurs d’entrailles et suceurs de sang, dont l’apparition signifiait une mort certaine. Le panthéon assyrien possédait aussi, dans les rangs des démons et des génies, la démone succube Lilitû, ancêtre des empouses, des goules et des vampires (Lillitû devint Lilith hébraïque, et les Romains en firent Lamia, goule nécrophage et reine des succubes).
Les Grecs évoquaient les Ombres, friandes, selon Homère, du sang des victimes ; sans parler des larves ( Esprits errants maléfiques d’hommes morts tragiquement ou de criminel. Le Moyen-Âge fit d’eux des esprits terribles apportant la tristesse et l’épilepsie), des spectres et autres lémures (Âmes des morts encore attachées à leurs corps et revenants chaque jours sur la terre. On tentait de les apaiser lors de curieuse cérémonies : les Lémuria qui avaient lieu les 9, 11 et 13mai. Elles sont à tort assimilées aux vampires). Platon, Aristée et Démocrite soutenaient que les âmes pouvaient demeurer auprès des trépassés privés de sépulture. Errantes et malheureuses, ces âmes se laissaient attirer par l’odeur de sang. Il était alors courant de couper et de brûler la tête des cadavres avant de les mettre en terre, pour empêcher de devenir des vampires.
Dans l’Inde ancienne, les vampires faisaient partie du cortège du dieu Shiva.
Partout, dans le monde antique, existaient des créatures proches des vampires et des goules. La plus remarquable d’entre elles, pour le sujet qui nous occupe, est dans doute le vrykolakas grec, dont le nom a été francisé en « broucolaque ». Vrykolakas est en fait un terme de la langue slavonne qui signifie « loup-garou » mais qui désigne aussi les morts préservés de toute corruption cadavérique et qui sortent de leur tombe. Comme nous l’avons déjà mentionné, loups-garous et vampires étaient souvent confondus, ce qui explique le double sens de ce mot.
Les âmes des morts de la Grèce antique, celles des héros et des brigands particulièrement étaient condamnées à revenir hanter le monde des vivants, sous la forme d’Ombres (de Spectres) maléfiques. Homère a précisé que les créatures de l’Hadès (l’Enfer) éprouvent le désir de revivre par le sang qu’elles boivent. Ainsi, Sophocle fait dire à Œdipe que « son corps froid reviendra sucer le sang chaud » des Thébains, après leur défaite.
Fruit de ces croyances, le vrykolakas est, selon Lawson ( Modern Greek Folklore and Ancient Greek Religion ) , « le résultat de la greffe des branches slaves sur le fond héllénique ». Le vrykolakas est difficile à définir, car il a subi de nombreuses influences. D’abord vampire diurne, il devient par la suite une créature de la nuit buvant systématiquement le sang des vivants. Il se rapproche du pryccolitch valaque, et par là même du loup-garou, en dévorant sa proie. Au départ, le vrykolakas n’était qu’un cadavre qui ne se décomposait pas et sortait de sa tombe pour se livrer à quelques facéties sans conséquences. Par la suite, l’Eglise se servit de cette croyance pour accroître sa puissance et son emprise sur le peuple. Elle menaçait les candidats potentiels à l’excommunication de voir leur corps ne pas retomber en poussière ( … et après la mort, ton corps restera éternellement incorruptible comme la pierre et le feu Christ Angelus, De statu hodiernum graecorum ) et donc de ne pas trouver le repos, et de devenir des vrykolakas. Cette peur, ajoutée à la croyance en la malveillance des Ombres, fit du vrykolakas un vampire, provoquant des cauchemars en s’asseyant sur la poitrine des dormeurs, et ne se contentant pas de sucer le sang de ses victimes, mais aussi les dévorant.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Lun 11 Avr 2005 - 19:46

2) Du Moyen Âge au XVIIIème siècle
Au Moyen Âge, la peur des vampires prend des proportions considérables. Pourtant les documents restent rares à leurs sujets. Si le capitulaire saxon de l’an 781 révèle l’existence de cultes « diaboliques » qui se sont développés parallèlement au christianisme, et interdit formellement les « festins de chair humaine et l’usage de rites magiques », il faudra toutefois attendre le XIème siècle pour entendre véritablement parler de cadavres sortis de leur tombe pour tourmenter les vivants, leur sucer le sang ou les dévorer. L’évêque de Cahors y fit clairement allusion lors du deuxième Concile de Limoges, en 1031. Au milieu du XIIème siècle, la chronique anglaise rapporte que « les vampires étaient devenus si nombreux en Angleterre qu’on dût les brûler par grappes entières ». Dans les pays slaves, dans de nombreuses tombes datant du Xième au XIIème siècle, les corps sont immobilisés par des pierres, attestant de l’ampleur de la crainte des revenants et vampires.
On commence à croire sérieusement que les suicidés, les excommuniés, les personnes non baptisées et les apostats se transforment en vampires après leurs morts. Pour cette raison, la coutume de les enterrer loin des endroits sacrés et à l’écart des cimetières et des habitation se généralise. Nous sommes à une époque où l’Eglise terrorise les populations avec ses visions infernales. La répression s’installe, les chasses aux sorcières s’organisent
C’est l’heure des premiers bûchers. Ils seront suivis de beaucoup d’autres. L’insécurité est partout, et le monde nocturne se peuple d’esprits maléfiques, de goules, de loups-garous, d’empouses et de vampires. On ne les distingue d’ailleurs pas encore très bien, ils sont souvent confondus et rejoignent la horde déjà nombreuses des démons de tous poils.
Et comme si les guerres , les famines et les terreurs mystiques et superstitions ne suffisaient pas, un autre spectre fait son apparition ; la terrible peste noire. Ce fantôme blafard parcourt les campagnes en semant la mort sur son passage. L’épidémie ravage l’Europe de 1346 à 1353, et fait quelque 25Millions de victimes (et environ autant en Asie). La terrible maladie est alors considérée soit comme un châtiment divin pour punir les hommes de leurs péchés, soit comme une manigances du Diable. Elle est alors propagée par les vampires.
On ne connaît nul remède contre cette maladie (on n’a même pas su comprendre qu’elle se propageait essentiellement par les puces des rats), et les moyens de lutte rudimentaires ne parviennent que très difficilement à enrayer sa progression.
On croyait alors que la peste flottait dans l’air comme une brume malsaine. Plusieurs chroniques rapportent ainsi l’apparition dans le ciel du spectre de la maladie comme une grande forme grossière et ricanante. Une telle croyance était encore vivace au XVIème siècle. Agrippa d’Aubigné rapporte dans son Histoire universelle (tome III, Livre IV, Chapitre III) l’étonnante vision du spectre de la peste en 1586 : « ils virent descendre sur la bourgade de Beauvais-sur-Martha une nuée ronde, d’une couleur horrible à regarder, pour la couleur de laquelle il me faut user du mot latin « subfusca ». Cette nuée semblait un chapeau qui avait au milieu de soi une oreille des couleurs d’une gorge d’un coq d’Inde, que leur spectateur jugea pareille en toute chose au flegmon qu’on lui avait arraché dans l’apostume de sa peste qu’il avait eu en Orléans. »
Cette apparition fantastique fondait près du clocher, et revint matin et soir pendant les dix mois que dura l’épidémie.
Pour tenter de dissoudre cette brume malsaine de la peste, on faisait sonner les cloches, le glas funèbre avait en effet la réputation d’effrayer les vampires et de dissiper les nuages (la sonnerie des cloches pour éloigner les orages est par ailleurs très répandue dans les campagnes). Des herbes étaient brûlées sur les corps pourrissants pour chasser la puanteur, la fumée était aussi censée dissoudre le nuage de peste et éloigner les vampires. Ceux-ci redoutait pareillement les « feux de misère », feux qui étaient allumés lors des catastrophes ou des épidémies, en frottant deux morceaux de bois ou en utilisant un rameux enflammé venant d’un autre feu, et au-dessus duquel on faisait passer les animaux (les Celtes utilisaient déjà une semblable méthode pour garantir le bétail contre les épizooties de l’été). Le feu a bien sûr ici une valeur purificatrice. Les cendres étaient ensuite dispersées dans les champs pour les protéger des vampires propagateurs de la peste.
Au Proche-Orient, ce sont surtout les goules qui ont la vedette, créatures hideuses venues sucer le sang des enfants, dévorer les cadavres ou épuiser les hommes les plus vigoureux par leurs sollicitations sensuelles.
Ces créatures, mâles ou femelles (mais les femelles sont les plus réputées) s’apparentent aux vampires et aux loups-garous. Le mot arabe « Ghul » a une racine identique au slave « ogoljen », signifiant littéralement « dénudé » ou « dépouillé ».
Ces termes trouvent une commune origine dans le sanskrit « g-iod-l », qui exprime l’idée d’une mise à nu pour un corps humain, mais aussi de dépouillement pour un animal ; de mue pour un reptile, de défoliation pour un arbre, etc.
D’elles, Victor Hugo a écrit :

« Les ghuls, démons orientaux,
Dont la lèvre
Jamais ne se sèvre
Du sang noir des morts »


Bien que « goule » soit le plus souvent entendu au sens nécrophage, la plupart des légendes mettent en scène de séduisantes « sorcières » aux nombreuses aventures amoureuses (dont le dénouement est rarement plaisant pour les malheureux tombés sous leur charme vénéneux), se nourrissant de sang frais et de chair vive, ou de lambeaux arrachés à des cadavres dont l’état de décomposition n’importe guère.

L’Europe médiévale a vu une incroyable prolifération de vampires de toutes sortes, qui continuera jusqu’au XVIIIème siècle.
L’histoire qui suit, tiré du second livre du « De causa Contempus Mortis » de Thomas Bartholin (Traduit par Collin de Plancy, Dictionnaire infernal édition de 1863, p322-323), est typique.
Un homme du Nord, qui se nommait Harppe, étant à l’article de la mort, ordonna à sa femme de le faire enterrer tout debout devant la porte de la cuisine, afin qu’il ne perdît pas tout à fait l’odeur des ragoûts qui lui étaient si chers et qu’il pût voir à son aise ce qui se passait dans la maison. La veuve exécuta docilement ce que son mari lui avait demandé. Quelques semaines après la mort de Harppe, on le vit souvent apparaître sous la forme d’un fantôme hideux, qui tuait les ouvriers et molestait tellement les voisins que personne n’osait plus demeurer dans le village. Un paysan, nommé Olaüs Pa fut assez hardi pour attaquer le vampire, car c’en était un ; il lui porta un grand coup de lance et laissa la lance dans la plaie. Le spectre disparut. Le lendemain, Olaüs fit ouvrir le tombeau du mort ; il trouva sa lance dans le corps de Harppe au même endroit qu’il avait frappé le fantôme. Le cadavre n’était pas corrompu ; on le tira de terre, on le brûla, on jeta ses cendres à la mer, et on fut délivré de ces funestes apparitions. »
L’histoire de Harppe est celle de tous les vampires qui, aux XVIIè et XVIIIè siècle, furent pourchassés et impitoyablement anéantis.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Mar 2 Aoû 2005 - 21:29

ARGH!!!! J'avais perdu l'adresse du Forum, donc j'avais pas remis à joue mes travaux, pour ceux que ça interesse. Je termine donc cela maintenant. par la suite devrait venir un travail sur les Films, la litterature, et les autres, genre musiques et BD.




3) La Grande Epidémie du XVIIIème siècle
« Après qu’en 1718, une partie de la Serbie et de la Valachie fut échue à l’Autriche, consigne Dom Calmet (Traité des apparitions…) , le gouvernement autrichien reçut plusieurs rapports qui lui étaient adressé par les commandants des troupes cantonnées dans le pays. On y disait que c’était une croyance générale parmi le peuple que des personnes mortes, mais vivant encore dans le tombeau, en sortaient en certaines circonstances pour aller sucer le sang des vivants et entretenir ainsi sous terre un reste de santé et de bien-être. »
Une incroyable épidémie de vampirisme se déclara vers 1730 en Hongrie, en Moravie, en Grèce et en Lorraine, pour disparaître vers 1741.
Au début de l’année 1732, la panique qui s’installa dans les environs de Meduagya, en Serbie, fut telle que le gouvernement envoya un détachement de soldats, dont trois médecins-majors, afin d’ouvrir les tombes de personnes récemment inhumées. On exhuma ainsi 13cadavres, dont trois seulement se décomposaient. Les 10autres, certains enterrés depuis plus longtemps que les premiers, montraient une chair encore ferme et des joues bien rosées. A la dissection, on put constater qu’ils contenaient du sang frais. Ces 10cadavres suspects furent décapités et brûlés jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que des cendres. La même années, lors d’un procès qui eut lieu à Vienne, 40cadavres furent déterrés, et 17 d’entre eux montrèrent des signes de vampirismes : ils furent décapités et incinérés.
« Quoi, c’est dans notre XVIIIème siècle qu’il y a eu de vampires ! » s’exclamait Voltaire dans son « Dictionnaire Philosophique », oubliant sans doute que seulement quelques dizaines d’années plus tôt avait eu lieu la grande épidémie de sorcellerie, bien plus importante que celle du Moyen-Âge. Et Jean-Jacques Rousseau de renchérir dans sa « Lettre à l’Archevêque de Paris » : S’il y a dans le monde une histoire attestée, c’est celle des vampires : Rien n’y manque : procès verbaux, certificats de notables, de chirurgiens, de curés, de magistrats : la preuve juridique est des plus complètes ; avec cela, qui est-ce qui croit aux vampires ? »

Le XVIIIème siècle va en quelque sorte consacrer le vampire et répandre son mythe. C’est dans un article du numéro du 3 mars 1732 de la revue franco-hollandaise Le Glaneur qu’apparaît pour la première fois le mot « vampire » en français. La même année, un article du London Journal du 11 mars fait entrer ce mot dans la langue anglaise. C’est aussi à cette époque qu’il se distingue et se différencie du loup-garou, et qu’il acquiert sa dénomination désormais universelle. Finis les oupires, striges, revenants en corps et autres empouses : seul reste le vampire (avec variations de l’orthographe en « vampyr », « vampyre », « wampire »…) ou son équivalent latin « vampirus ».
Bien que les Encyclopédies se soient fermement élevés contre cette croyance, le « siècle des Lumières » vit naître un florilège de traité sur le vampirisme en Occident, qui vont constituer, malgré leurs erreurs et leurs imprécisions, la première base sérieuse de travail pour les chercheurs de l’avenir. Ce succès soudain du vampire va aussi amener peu à peu la constitution d’une caricature de vampire, confirmée et amplifiée, à la fin du siècle suivant, par le roman de l’Irlandais Bram Stoker : Dracula . C’est malheureusement cette quasi-parodie qui sera reprise et consacrée ensuite par le cinéma.
Le Vampire Moderne était né.

4) Aujourd’hui
Il serait faux de croire que la croyance aux vampires est définitivement reléguée au rayon des superstitions passées. Tout comme se serait une erreur de penser qu’il ne survit que dans les pages des romans de terreur ou sur pellicule. Bien au contraire, le mythe des saigneurs de la nuit est toujours vivace. Il reste encore des histoires de vampire qui courent ça et là au gré des imaginations morbides. Si les apparitions de suceurs de sang relèvent maintenant du grotesque et font davantage hurler de rire que de peur, il n’en reste pas moins que les vampires continuent de hanter notre monde moderne. Rien d’étonnant à cela, d’ailleurs : la technologie et la science triomphantes de notre époque « raisonnable » (ou qui se voudrait l’être…) ne font qu’amplifier l’insatiable fringale d’imaginaire de l’être humain. Son besoin inné de rêve le pousse dans les rivages du fantastique, du merveilleux, ou de la science-fiction (genre où le vampire est aussi représenté)… voire de l’occultisme et du paranormal.
Le vampire fait toujours recette, son succès ne s’est pas démenti depuis la parution du Dracula de Bram Stoker. Romans, films et bandes dessinées ou jeux vidéos sortent régulièrement pour raviver la flamme du mythe… même si ce vampire-là n’a plus grand chose à voir avec le vampire mythique, dont il n’est qu’une ridicule caricature. On a même vu récemment des agences touristiques proposer des excursions en Transylvanie, avec initiations au monde « draculien » et « diplôme transylvain » à la clé. Au programme, animation diverses, dont le procès de la sorcière à Sighisoara, bal masqué à minuit en attendant Dracula, et balade dans les cimetières. L’idée n’est toutefois pas nouvelle, puisque dès 1966, une agence d’Atlanta, aux USA, spécialisée dans les voyages insolites, proposait un « Vampire Tour » en Transylvanie. Il existe même une société transylvanienne de Dracula, dont les membres portent le titre pompeux de « Maîtres de la Nuit ».
A en croire le « vampirologue » Stephen Kaplan, il y aurait actuellement plus d’une centaine de vampires vivants aux USA. Ceux-ci supporteraient désormais la lumière du jour en s’enduisant de crème solaire écran total. Kaplan ajoute qu’ils suceraient le sang de leurs victimes non en les mordant, mais en utilisant des cutters ! On se demande s’il faut en rire ou en pleurer…
Décidément, le vampire n’est plus ce qu’il était.

Je ne résiste pas au plaisir de vous donner quelques histoires de vampires modernes.

Le Mirror de Londres du 9 novembre 1967 rapportait qu’une étrange et séduisante vampiresse hantait une plage près de la ville brésilienne de Manaus, capitale de l’Etat d’Amazonas. Plusieurs personnes disaient avoir été attaquées par une « Femme blonde avec des dents longues et pointues, portant une minijupe et des bas noirs » Une jeune enfant mordue portait deux petites plaies rondes près de la veine jugulaire. La dépêche reçue de Manaus précisait en outre que sur les trente policier envoyés à la recherche de la mystérieuse vampiresse, dix-sept avait abandonné la chasse.

Le même journal, dans un article du numéro du 27 Février 1969, rapportait que les habitants du village de Korogwe, en Afrique orientale, croyaient qu’un vampire enlevait quelques-uns des leurs, la nuit. Ils décidèrent d’en venir à bout. Persuadés, on ne sait pourquoi, que le « vampire » était Européen, ils tuèrent le premier Blanc qui se présenta au lieu où ils avaient tendu une embuscade. C’est ainsi que Klaus Kaufmann, un directeur de plantation allemand de 41ans, fut tué à coups de couteaux et de lances. Mais de vampire, point.

Depuis qu’en 1972, Jan Perlpwski a publié un essai intitulé « Vampires, Dwarves and Witches among the Ontario Kashubs » affirmant que des vampires, des lutins (ou des nains, cela dépend de la traduction) et des sorcières hantaient fréquemment le village de Wilno, à une centaine de kilomètres d’Ottawa (Canada), dans les années 1860, de nombreux touristes viennent chaque été dans la région, qui est supposée être toujours hantée… et s’en retournent déçus de n’avoir pas vu le moindre vampire.

Cependant, la plus spectaculaire histoire de vampire eut lieu en mars 1970, à Londres, dans le cimetière de Highgate.

Dès 1967, deux jeunes filles avaient affirmé avoir vu des morts sortir de leur tombe. Plusieurs personnes ayant été attaquées par un supposé vampire (l’une d’elles, Elisabeth Wojdyla, portait même au cou des marques enflammées percées d’un petit trou du meilleur effet), Sean Manchester, membre de l’Eglise du Saint-Graal, décida d’en finir avec le mort-vivant. A la suite d’une interview où David Ferrant avait, lui aussi, annoncé son projet de tuer le « vampire » en transperçant son cœur d’une croix de bois, une foule importante se rassembla dans la nuit du 13 au 14 mars, pour assister à la chasse au vampire. Elle était si nombreuse que les policiers ne parvenaient plus à la contenir. On vit apparaître toutes sortes de « chasseurs de vampires » et, parmi eux, Alan Blood, au nom prédestiné ( Blood signifie « sang » en anglais), professeur d’histoire de Chelmsford Essex, et spécialiste des vampires de son état.
Malgré leurs recherches minutieuses, Manchester et Blood ne purent débusquer le monstre. « La diabolique créature morte vivante que la légende prétend cachée dans le cimetière où est enterré Karl Marx a échappé hier soir à une centaine de chasseurs de vampires » écrivit un journaliste. Pour justifier cet échec, Alan Blood déclara « Toute cette affaire a été mal calculée, il y avait trop de monde aux alentours, ce qui aurait inquiété n’importe quel mort vivant dans le cimetière ».
David Farrant, quand à lui, fut arrêté lors de son expédition par une patrouille de police, puis relâché (il écopa cependant d’une peine de prison par la suite, servant de bouc émissaire pour les déprédations commises par la foule dans le cimetière). Le magistrat qui s’occupa de son cas ne croyait manifestement pas aux vampires, et pria instamment Farrant de se faire vous par un psychiatre.
Au mois d’août suivant, Sean Manchester retourna à Highgate et reprit sa chasse. N’ayant toujours pas trouvé le « vampire, lui et ses amis descendirent dans le caveau où était supposer dormir le monstre. Ils trouvèrent un cercueil placé à part des autres, déposé à même le sol. Après l’avoir ouvert, ils y découvrirent, selon Manchester (Sean Manchester, The Highgate Vampire ) , « un corps qui ne paraissait ni mort ni vivant ». Manchester n’osa cependant pas perforer la poitrine du cadavre à l’aide d’un pieu en bois de peuplier qu’il avait apporter à cet usage. Renonçant à son acte sacrilège, il préféra se contenter d’un rituel d’exorcisme, aidé en cela par Lusia, l’une des « victimes » du prétendu vampire. Alors qu’il récitait la formule d’exorcisme, rapporta-t-il, un grondement sourd s’éleva parmi les tombes, répercutant de profondes vibrations. Paniquée, Lusia lâcha la Bible qu’elle tenait. « Brandissant le grand crucifix que j’étreignais dans la main droite, je m’écriai : ‘Va-t-en, hideux démon ! Retourne-t-en chez les tiens, et ne reviens plus jamais tourmenter le fils du Dieu tout-Puissant !’ Sur ce, de toutes mes forces, je jetai la crois dans les ténèbres du caveau. Seul le silence me répondit. Nous restâmes longtemps cernés par ce silence de marbre, sans oser remuer. Enfin, j’annonçai que tout était fini, et que nous pûmes partir ».
Que voilà un « vampire » bien accommodant et qui suit à la lettre les idioties colportées par les films d’horreurs ! Précisons toutefois que Manchester a donné une autre version des événements, selon laquelle il aurait tué le prétendu vampire : « En frappant de toutes me forces, j’enfonçai le pieu dans le cœur de la créature. Elle poussa un rugissement terrible, comme surgi des entrailles de l’Enfer. Sous nos yeux, l’enveloppe corporelle de la chose implosa et prit rapidement une couleur d’un brun répugnant. ».
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Mar 2 Aoû 2005 - 21:29

De la réalité au mythe : Vlad Dracula et les autres.

Plusieurs personnages, bien réels, ont été, par leurs actes sanguinaires, assimilés à des vampires. Quelques-uns sont connus, comme Gilles de Rais, ou Vlad Dracula, mais d’autres le sont moins…

Gilles de Rais (ou Retz) est bien connu. Ce baron pervers du XVème siècle, ancien compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, commit, dans ses châteaux, de Machecoul et de Tiffauges, d’innombrables meurtres d’enfants, accompagnés de rîtes magiques. Il fut exécuté à Nantes, à l’âge de 36ans, et son corps fut brûlé. C’est lui, sans doute, qui servit de modèle à Charles Perrault, pour son Barbe-Bleue (par contre, il est totalement faux de le considérer comme le modèle de l’ogre des contes, comme certains auteurs mal informés l’ont fait).
Après avoir vaillamment guerroyé avec la Pucelle d’Orléans, dont on dit qu’il était l’amant (on prétend aussi qu’après la mort de Jeanne, il aurait perdu l’esprit et devint le monstre que l’on sait), Gilles de Rais se retira dans ses terres. On le disait alchimiste et sorcier, et il aurait conclu un pacte avec le Diable. Un certain Prelati lui fournissait de jeunes enfants des deux sexes, qui étaient torturés et violés dans les caves du château, avant d’être sacrifié à Satan. Trahi par les siens, Gilles de Rais fut arrêté et pendu en 1440. Mais si Gilles de Rais était assurément un monstre sanguinaire, il n’était pas un vampire, bien que Michelet l’ait improprement qualifié de ce nom.

Le cas de la Comtesse Bathory est aussi frappant.
Au début du XVIIème siècle, un événement secoue l’opinion et glace d’horreur les imaginations à l’évocation des atrocités commises par Erzébet (Elisabeth) Bathory. Son procès à lieu en 1611. Elle est accusée d’avoir fait enlever et saigner comme des animaux de boucherie des jeunes filles des villages aux alentours de son château de Csejthe, proche des Carpates.
Si elle n’est pas un vampire au sens mythologique du terme, elle n’en buvait pas moins le sang de ses victimes, et s’y baignait.
Erzébet Bathory naquit en 1561, de l’une des familles les plus riches et les plus illustres d’Europe. Mariée à quinze ans au comte Ferencz Nadasdy, connu comme étant le Héros Noir de Hongrie pour ses prouesse guerrières, Erzébet ne tarda pas à s’ennuyer avec ce mari toujours parti guerroyer. Un jour, elle s’enfuit avec un jeune noble au visage livide que l’on disait vampire, mais ce ne fut qu’une passade. De retour au château, elle chercha vite d’autres amusements. Initiée à la magie noire par son serviteur Thorko, ses jeux prirent bientôt une tournure macabre. Après la mort de son époux en 1600, elle chassa sa belle-mère et envoya ses deux enfants chez ses parents. Elle pouvait désormais se livrer entièrement à ses amusements sanglants Un jour, une femme de chambre lui tira maladroitement les cheveux en la coiffant Erzébet la frappa si violemment que le sang jaillit du nez de la malheureuse, et retomba sur la main de la comtesse Erzébet se plut à croire que sa peau à l’endroit où le sang était tombé était plus fraîche et jeune Aussitôt, elle envoya chercher son majordome, Johannès Ujvary, et le sorcier Thorko, qui ouvrirent les veines de la jeune fille terrorisée, et la saignèrent à blanc dans une cuve, où Erzébet se baigna ensuite. Ce n’était que le commencement d’un massacre qui allait durer 10ans. Aidée par Thorko, Johannès Ujvary, ainsi que par sa nourrice Ilona Joo et une sorcière dénommé Darvula, elle attira au château des dizaines de jeunes filles avec la promesse d’un emploi. Les jeunes paysannes finirent torturées, voilées et saignées à mort. Les premiers cadavres étaient enterrés, mais au bout d’un certain temps, Erzébet se contenta de les faire jeter aux loups.
Une nuit d’hiver, pourtant, les loups ne durent pas au rendez-vous. Déjà des rumeurs circulaient dans les environs, mais la découvert d’un champ de quatre cadavre mutilés mit le feu aux poudres.
Dans le nuit du 30 décembre 1610, le comte Gyorgy Thurzo, l’un des propres cousins d’Erzébet, investit le château à la tête d’un détachement de soldats et de gendarmes. Dans la grande salle, ils découvrirent un spectacle d’horreur. Une jeune fille gisait à terre, exsangue. Une autre, encore vivante, portait la trace d’innombrables piqûres sur tout le corps. Une troisième, à demie-morte, avait été atrocement torturée. Dans les cachots souterrains, des prisonniers torturées et d’autres, non encore suppliciées, mais attendant leur tour.
Sous le château et aux alentours, les soldats déterrèrent plus de cinquante cadavres mutilés. On estime à environ trois cents le nombre de victimes de la comtesse sanglante.
Sauvée de la peine capitale grâce à sa parenté avec la famille royale, Erzébet Bathory fut emmurée dans sa chambre, où on ne laissa qu’une étroite fente pour lui passer sa nourriture. Elle y survécut quatre ans. Ses complices, seize membres de sa maison, furent pour la plupart décapités et incinérés, sauf deux, que l’on brûla vifs.
Après la mort de la comtesse, de sinistres légendes prirent corps, et on assure qu’elle devint vampire au sens propre du terme. Le château et ses environs restèrent longtemps maudits.

De telles monstruosités ont malheureusement toujours cours, à tel point que les vampires paraissent être de charmantes créatures en comparaison de certains humains
A commencer par Peter Plogojowitz, un vieil homme de 62ans qui résidait en 1725 dans le village de Kislova, en Slovénie. Il périt de mort naturelle, et c’est alors que tout commença. Le lendemain de sa mort, un de ses voisins fut retrouvé mort, vidé de son sang. Une trace de morsure marquait son cou. Les meurtres commencèrent à être régulier si bien que le capitaine du détachement ouvrit la tombe de Plogojowitz, suspectant ce dernier d’être un vampire. Il découvrit le corps du défunt ensanglanté, mais les yeux ouverts, comme s’il était encore vivant. Il lui planta un pieu dans le cœur et l’incinéra.
Un autre cas fut recensé en 1726, cas rapporté dans le « Visum et Repertum » de Johann Flückinger. Un dénommé Arnold Paole, dans la région de Medwegya, en Serbie, aurait été mordu plusieurs fois par un vampire. Lorsqu’il mourut, il revint hanter les vivants. Lorsque les villageois l’eurent reconnu, ils déterrèrent son corps cinq jours après sa mort et découvrirent avec stupeur qu’il était parfaitement conservé, les yeux, les oreilles et le nez injecté de sang. On comprit qu’il était vampire. On lui planta alors un pieu dans le cœur, et une grande quantité de sang jaillit pendant qu’il poussait un cri atroce. Comme il n’arrivait pas à mourir définitivement, on le brûla le jour même. On brûla également les corps des quatre victimes, de peur qu’elles devinrent à leur tour des vampires.
Plus récent et plus terrible. En 1913, l’histoire de Peter Kürten (dont s’est inspiré Fritz Lang pour son M. le Maudit). A vingt ans, il devint un serial killer mais finit par rencontrer l’amour et se ranger. Mais cela ne l’empêcha pas de mutiler de nombreuses victimes, de les violer, de les égorger et de se livrer à des rituels absolument atroces (nécrophilie…) Mais un jour, il laissa une de ses jeunes femmes en vie, laquelle, par un concours de circonstances, le dénonça à la police. Il fut arrêté en 1930 et guillotiné l’année suivante. On l’appela alors le vampire de Düsseldorf, pour sa violence et son goût pour le sang, ainsi que pour certains actes vampiriques (boire le sang, manger le foie de ses victimes…)
Autre fou, Kuno Hauffman, un nécrophile buveur de sang qui s’attaquait aux jeunes femmes récemment mortes, qu’il déterrait de leur tombe. Il leur ouvrait par la suite la gorge et buvait leur sang.
En 1924, par exemple, Fritz Haarman, le « vampire de Hanovre » tua 24 adolescentes, la plupart d’une morsure à la gorge.
En 1949, John George Haight fut pendu. Il avoua avoir tué 9 personnes, se défaisant des cadavres en les jetant dans des bains d’acide sulfurique. Il affirma qu’il avait tué pour boire le sang de ses victimes, ce qui lui valut le surnom de « Vampire de Londres »
Enfin, le cas le plus récent intervient avec Alexandre Cepesi, le gourou d’une secte démoniaque dans les années 70. Ce fou se prétendait descendant de Vlad IV. A noter qu’une banque de sang avait été spécialement créée pour assouvir ses besoins personnels d’hémoglobine, ainsi que ceux de ses adeptes. Il fut arrêté à Istanbul et exécuté pour le meurtre de nombreuses jeunes filles, retrouvées mutilées et vidées de leur sang.

Mais le plus connu de ces monstres est sans nul doute Vlad Dracula.

Vlad Basarab était né à Schâssburg, en Transylvanie, vers 1430. Son père, réputé pour sa cruauté, était surnommé le Prince Dracul, nom pouvant se traduire par « dragon » ou encore « démon », voir « diable », mais qui venait de l’ordre du Dragon, dont il fut décoré par Sigismond de Luxembourg. Mais si Vlad Dracul était sans pitié, ce n’était rien comparé à son fils Dracula (Dracula signifie « fils de Dracul »), que l’on ne tarda pas à surnommer Vlad Tepes (l’Empaleur). Dracula fut prince de Valachie (région dans le sud de l’actuelle Roumanie) en 1448, de 1456 à 1462, puis de nouveau en 1468. Il est une figure héroïque du nationalisme roumain, tant il s’illustra dans les batailles l’opposant aux Turcs et aux Hongroise qui menaçaient le pays.
Son surnom ne lui vient pas de son ardeur guerrière, mais de ses mœurs de sauvage, de tueur sadique. Son plaisir favori était en effet de faire empaler ses ennemis (le pal était un instrument de torture alors très répandu) et de se repaître de leurs souffrances. On l’accusa de faire cuire les têtes de ses victimes et de les faire manger à leur famille, ou encore d’avoir éventré une de ses maîtresses pour voir si elle était vraiment enceinte. Il semble que certains faits aient été inventés, d’autres sont véridiques.
En 1462, il battit une armée turque et fit empaler 30000 d’entre eux. L’année 1476 vit l’apogée et la fin de ce sinistre plaisir. Lors que la campagne contre la ville de Sabac (qui tomba le 16 février), il fit ériger une véritable forêt de pal pour les vaincus, comme il l’avait déjà fait à Tîrgoviste. Peu de temps après, Vlad Dracula fut assassiné, et sa tête fut envoyée à Constantinople comme trophée pour le sultan Mehmed II. Le reste de son corps fut inhumé dans le monastère de Snagov, où ses restes furent découverts par des archéologues en 1936.
Toutefois, dans son émission télévisée sur Dracula (diffusée sur Antenne 2, le 3 Juin 1988), Alain Decaux rapportait d’étranges choses. Ainsi, la tombe ouverte n’aurait pas contenu d’ossements humains, mais des os de bovidés. Toujours selon l’historien, les ruines du château de Dracula (qui ont été retrouvées en 1969) sont hantées par d’énormes chauves-souris qui, contrairement aux autres espèces européennes, s’attaquent à l’homme. Les victimes mordues deviennent folles et cherchent à mordre à leurs tour d’autres personnes. Ces personnes meurent au bout d’une semaine.
Bien qu’il ne fût pas vampire, Vlad Dracula fut le modèle qui servit à l’écrivain irlandais Bram Stoker pour son comte Dracula, se servant des légendes saxonnes et germaniques qui courraient sur le compte du prince de Valachie. Il y a toutefois une étrange coïncidence qui doit être mentionné. Bram Stoker ne souffrait d’aucune maladie particulière, mais sur son acte de décès, le médecin inscrivit la cause suivante : Mort d’épuisement… ce qui est exactement le sort des victimes des vampires…
Terminons par une notre tout aussi curieuse. Le comte Charles-Joseph de Batthyani, qui hérita du château de Longueval (Farciennes, dans le Hainaut, en Belgique) au XVIIIème siècle, descendait des princes de Valachie, et plus particulièrement de Vlad Dracula. Or, dans la démolition, en 1851, de la chapelle de Tergnée, où étaient inhumés les châtelains de Farciennes, on exhuma les cercueils des cinq comtes de Batthyani. On constata alors que chacun d’entre eux avait la poitrine percée par une longue tige de fer, sortes de clous longs de soixante-huit centimètres. Les objets macabres furent déposés et enregistrés au musée archéologique de Charleroi, d’où ils disparurent mystérieusement (rapporté par Paul de Saint-Hilaire : Atlas du mystère RTL Editions, 1985).
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Mar 2 Aoû 2005 - 21:30

Le Chamanisme Vampirique.

Les anciens chamans ont été à la fois prêtre itinérants, sorciers, magiciens, devins et guérisseurs. Ils étaient répandus un peu partout dans le monde et, pour l’Europe du moins, nous viennent en droite ligne des cultes néolithiques qui ont vu l’érection des imposants monuments mégalithiques.
Aujourd’hui, l’ethnologie définit le chaman comme un individu doué de pouvoir magico-religieux, et dont le caractère extatique lui confère un rôle premier dans les sociétés dites primitives.
Le chaman est un intermédiaire entre le monde des humains et celui des esprits (Au-Delà, Autre Monde, Grand Dehors…), avec lequel il communique grâce à la transe. Il peut aussi bien entrer en liaison avec les Esprits de la Nature qu’avec les morts, et peut parfois devenir l’instrument de leur volonté. C’est également lui qui accompagne et guide l’âme des défunts, il peut même éventuellement la ramener dans le corps ou aller la chercher en « Enfer », la racheter. Son pouvoir et son rôle sont donc considérables.
Si le chamanisme n’est plus pratiqué de nos jour que par les société dites primitives, il en reste toutefois trace dans nos traditions populaires.
Les chamans étaient encore très présents en Europe du Nord-Ouest et en Europe centrale au Moyen-Âge.
Pour curieux que cela puisse paraître, les vampires ne sont pas éloignés de ces prêtres-magiciens. Ils sont même intimement liés à certains cultes chamaniques.
C’est d’ailleurs aussi le cas du loup-garou (dont nous avons vu qu’il est un très proche parent du vampire), dont le mythe est, pour une part, la survivance d’ancienne confrérie initiatiques, où l’initiateur était représenté avec une peau et une tête de loup sur les épaules (c’est aussi une ancienne forme d’initiation guerrière, que l’on retrouve notamment avec les Berserkers, terribles guerriers-chamans du Dieu Odin dans la tradition magico-religieuse scandinave).
Chez les Celtes, c’est le dieu Lug (Dieu de la lumière astrale, multiartisan, mais aussi Dieu de la divination. Lug se prononce « Lou »), détenteur du pouvoir du loup, opposé à celui de la vouivre. Littéralement, « loup-garou » signifie loup-homme-loup (le mot « loup » y est présent deux fois, une fois en français et une fois en germanique). Nos lycanthropes mythologiques (car la lycanthropie est aussi une maladie où le malade se croit transformer en loup. Elle est à distinguer du garoudisme, transformation magico-religieuse en loup.) sont la survivance populaire des anciens chamans-loups (dont le double battait la compagne en forme lupine).
Les vampires sont un cas similaire.
Le mythe du vampire ne peut être isolé de son contexte, ce serait une grossière erreur de ne pas en tenir compte. Nous avons déjà dit qu’y voir un simple revenant en corps avide de protéines sous forme liquide serait une non moins grosse erreur. Le mythe christianisé est devenu est devenu une sorte de parodie macabre, un croquemitaine de pacotille pour effrayer les enfants. Mais il est bien plus que cela : il fait écho aux divinités du paganisme et à la magie naturelle des Anciens.
A l’origine, le vampire est un chaman aux pouvoirs ténébreux (notons que la magie des ténèbres n’a rien à voir avec la magie noire, elle tire simplement sa force du monde chthonien, à la différence de la magie ouranienne. C’est la magie de la Terre-Mère, de la Déesse-Mère des Anciens. Elle n’a donc rien à voir avec la goétie ou le satanisme). Ce chaman est un prêtre de la Divinité Première, incarnation naturelle des forces chtoniennes et obscures (dont le christianisme fera les Enfers et le Diable), mais qui n’a rien de diabolique en soi. Ce sont nos conceptions perverties qui nous font opposer lumière et ténèbres.
Comme nous l’avons déjà vu avec le cycle de la vie, vie et mort sont les deux faces inséparables, opposées et complémentaires à la fois, d’une même réalité. Il en est de même pour la lumière et les ténèbres, la matière et l’esprit : il s’agit de la même force double, comme la glace et le feu dans la cosmologie scandinave.
Le mythe du vampire prend ainsi une signification très différente de celle acceptée généralement. Il n’est plus un cadavre sorti de sa tombe pour sucer le sang des vivants, mais avant tout un prêtre des anciens cultes du paganisme, doté de pouvoirs particuliers.
Le vampire, à l’origine, n’est donc pas un être diabolique, mais un initiateur et un prêtre.

Il reste peu de trace de ce chamanisme vampirique, mais il est cependant demeuré vivace dans les traditions roumaines.
Le vampire roumain, le strigoï, est un des rares à posséder des pouvoirs magiques qui lui permettent de lancer des sortilèges et d’agir sur les éléments ou les objets inanimés. Il est même capable de voler la manne (l’essence) du blé ou du lait. Il faut à ce propos comprendre que les strigoïs volent uniquement cette essence, c’est un transfert direct de la substance du lait ou du blé. Ce vol de la manne est d’ailleurs l’occupation primordiale du strigoï durant sa première vie.
Le moyen utilisé est strictement magique. Par exemple, pour la manne du lait, en Valachie, le strigoï met du sel sur le chemin, de la même façon que la vache passe sur le sel, son lait passe dans les pis de la vache du strigoï. En Moldavie, les strigoïs prennent de la bouse de vache. Ils la brisent en deux et jettent un sort. Puis ils arrachent des éclats de la clôture où se trouve la vache, et vont ensuite dans le champ avec une rêne de cheval. Ayant mouillé leur rêne de rosée, il ne leur reste pus qu’à traire le lait de cette rêne. De semblables pouvoirs étaient attribués aux sorciers de toute l’Europe.
Pour le vol de la manne du blé, le procédé diffère guère. En Transylvanie, les strigoïs vont, le mercredi et le vendredi au matin, dans les champs où ils veulent transférer la manne. Ils se munissent d’une nappe, avec laquelle ils frappent le blé jusqu’à ce que le tissu soit humide de rosée. Ils essorent ensuite la nappe en récupérant la rosée dans un récipient. Chaque fois qu’ils veulent cuire du pain, ils n’ont plus qu’à mettre dans la pâte deux gouttes de rosée, et le pain voir sa quantité décuplée.
Cette conception de la manne correspond à d’anciens rites liés aux moissons, ceux de l’esprit du blé (ou de l’orge, du seigle…). L’essence du blé (esprit ou la manne), à été symbolisée par divers animaux. Le loup-esprit du blé et le chat-esprit du blé mentionnés par sir James Frazer (voir Le Rameau d’or tome III, Robert Laffont, collection « bouquins » 1983) ont survécu dans les fêtes des moissons e, Allemagne et en France. Dans l’île de Rügen, la femme qui lie la dernière gerbe est appelée « la louve », et elle doit mordre la maîtresse de maison, et l’intendante, qui l’apaise en lui donnant une tranche de viande. En Lorraine, lors de la fête de la Moissons, la coutume de « tuer le chien » a la même origine, l’esprit des moissons y est symbolisé par le « chien blanc », qui est aussi un aspect du Lutin Sotré. Le chien blanc en question, mythique, symbolise la fatigue (« être mordu par le chien blanc »), le tuer c’est donc en finir avec la fatigue (fin de l’éprouvant travail des moissons). Ces rites proviennent en droite ligne de l’ancien chamanisme agraire. Le chat et le loup, comme le chien, sont des animaux qui furent considérés comme sacrés et dédiés à la Déesse-Lune. Cette coutume répandue de la fin des moissons est un reliquat d’ancien rites de fertilité et de fécondité liés au culte de la Grande Déesse-Lune ; et notre strigoï voleur de la manne a toutes chances d’avoir été, comme le loup-garou, un de ses prêtres (d’autant que la lumière lunaire accroît la vitalité du strigoï, et des « nosférats » tout particulièrement).

Une autre tradition des strigoïs est à mentionner : c’est la grande bataille de la nuit de la Saint-André. Cette nuit a à peu près la même réputation que la nuit d’Halloween dans les pays anglo-saxons, et la nuit de Walpurgis en Allemagne et en France. Ces nuits sont sacrées, ce sont des moments où les portes entre les mondes sont grandes ouvertes. La nuit d’Halloween (Samain, Samonios, Soween) ouvre les portes de l’année (début du cycle d’hiver), et Walpurgis les ferme en débouchant sur la fête celtique de Beltaine (1er Mai). Ce sont des nuits de Terreur où les créatures du Grand Dehors envahissent notre monde. Ce cycle définit la lutte encore les puissances de la lumière et celle des ténèbres. Lors de la Baltaine, les forces lumineuses reprennent le dessus jusqu’au cycle suivant (les forces ténébreuses dominant durant la phase hivernale).
La nuit de St-André est pareillement une nuit d’épouvante. Personne ne sort, et les seules ombres qui parcourent le villages sont celle des sorciers et des strigoïs ; les premiers se rendant au sabbat, les seconds, armées et vêtus de rouge, allant vers le lieu (une mare boueuse, le plus souvent) où se déroulera la bataille annuelle opposant les strigoïs des deux sexes.
T.Pamfile rapporte que cette bataille se déroula sous les ordres de la reine des mauvais esprits, être particulièrement maléfique que l’on ne désigne que par des surnoms, comme « la vielle Coaja », « Samca », « Avestita » ou encore « l’Aile de la Diablesse ».
Le combat commence lorsqu’un strigoï crie : « Ail Rouge », et ne cesse que lorsqu’un autre se met à hurler « Ail Blanc » ( Notons d’ailleurs à ce propos que l’ail semble être le moyen le plus efficace pour se protéger des strigoïs durant cette nuit).
Il s’agit d’une bataille magique dont le but est de trouble l’ordre du monde. La mare qui définit le terrain de lutte est en fait un imago mundi une représentation du monde, et les strigoïs qui se rendront maîtres de telle ou telle partie de cette mare obtiendront du même coup la partie du monde correspondante. Le but de cette bataille est donc aussi un accroissement des richesses.
Certains strigoïs ne se rendent pas en propre à cette étrange cérémonie, mais y envoient leur âme (leur double donc), la majorité des strigoïs et des strigoaïcas doit assister à cette lutte ; même les strigoaïcas enceintes de neuf mois doivent s’y rendre si leur force le leur permet.
Selon certaines traditions, les pryccolitchs participent aussi au combat, mais uniquement sous leur forme animale.
Ce combat étrange, à la fois réel et symbolique, qui a pour but de troubler l’ordre cosmique et de concrétiser l’emprise des strigoïs sur le monde, fait écho aux anciennes batailles magiques, qu’en des temps reculés, druides et chamans se livrèrent pour régner sur l’Univers.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Mar 2 Aoû 2005 - 21:31

Symbolisme du Vampire.

Le symbolisme du vampire se rattache au culte du sang, force de la vie et véhicule de l’âme. Le vampire représente un appétit insatiable, même s’il incarne le plus souvent la mort pour ses victimes (mais aussi l’immortalité, puisque sa morsure communique cette étrange « maladie vampirique »).
Il est au sens commun un monstre, mais cette définition est réductionniste, et peut facilement s’inverser, comme l’a montré Richard Matheson. Dans son roman intitulé « Je suis une légende » , il met en scène un homme « normal » confronté à une horde de vampires, après un holocauste nucléaire. Le concept moral traditionnel est alors inversé : c’est lui qui est devenu un monstre pour les autres habitants de la Terre ravagée. Il cherche encore à lutter contre les vampires, alors qu’ils ont fait vœu de bonté et d’amour. Et ceux-ci n’éprouvent que de la haine pour cet homme « normal » qui incarne l’esprit de destruction et la folie guerrière de l’ancienne humanité qui a conduit le monde à sa perte.
S’il est un monstre, le vampire l’est au vrai sens du terme, il est différent, hors normes.
« Le vampire symbolise l’appétit de vivre, qui renaît chaque fois qu’on le croit apaisé et que l’on s’épuise à satisfaire en vain, tant qu’il n’est pas maîtrisé. En réalité, on transfère sur l’autre cette faim dévoratrice, alors qu’elle n’est qu’un phénomène d’autodestruction. L’être se tourmente et se dévore lui-même ; tant qu’il ne se reconnaît pas responsable de ses propres échecs […] Le Vampire symbolise une inversion des forces psychiques contre soi-même. » (Jean Chevalir et Alain Gheerbrandt, Dictionnaire des symboles )
Mais la symbolique du vampire ne se résume pas à cela. Au-delà de son symbolisme dans le contexte chrétien (que nous avons évoqué au premier chapitre de cet exposé), au delà de la signification érotico-magique de sa morsure et de son rapport au sang, il acquiert une dimension cosmique.
Il est en effet un être intermédiaire, entre vie et mort, entre réel et imaginaire, un habitant, comme les autres créatures mythologiques, de ce mystérieux univers intercalaire que les traditions appellent « Autre Monde », « Au Delà », « Dehors », « Grand Dehors »…
Tout pourrait d’ailleurs se résumer à sa tombe. Ce séjour des morts est pour lui synonyme de vie et de sécurité. Il ne s’agit pas uniquement d’une inversion des valeurs traditionnelles des vivants : il a connu la Mort et en est revenu ; mortel et immortel à la fois, il n’appartient en fait ni à la vie ni à la mort. Son univers est l’infiniment grand. Et cette tombe à un rôle magique fondamentale. Elle symbolise le monde nocturne et chthonien, soit, mais elle est aussi une imago mundi , une image du monde.
Par sa partie supérieure qui représente la voûte céleste, sa partie inférieure, la terre, et ses parois, l’horizon et les points cardinaux, elle est un tout.
Le vampire touche à la fois à l’infini du ciel et à l’essence même de la fertilité de la terre. Il participe ainsi au monde chrétien et à l’ouranien, à l’infiniment grand et à l’infiniment petit.
Par sa nature intermédiaire (chthonien et ouranien, ni mort ni vivant, mais mort et vivant à la fois…), il est l’expression de la complexité du monde, au sens mathématique du mot « complexe », où imaginaire et réalité ne font qu’un. Il incarne aussi la complexité de l’esprit humain et son infinité.
En bref, il est à l’image de l’Univers et personnalise le devenir spirituel humain, qui pousse l’être à se dépasser, à transcender la matière et le temps, pour dépasser les contingences matérielles et faire un avec l’Univers.
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Mar 2 Aoû 2005 - 21:32

Le Vampire est-il une réalité ?

Tout au long de cet exposé, nous avons effectué un tour d’horizon du vampirisme et des vampires. Nous n’avons toutefois pas abordé la possibilité que les vampires soient une réalité, et non un mythe.
Cette interrogation peut sembler étrange, mais chacun sait qu’une légende possède toujours un fond de vérité. Un mythe ne naît pas du néant ; dans ce domaine non plus, il n’y a pas de génération spontanée.

Il nous faut donc maintenant essayer de découvrir ce qui peut être à l’origine de cet être de cauchemar, au delà même de la simple idée de la peur de la mort.
S’il fallait rechercher une cause événementielle à la croyance des vampire, il est certain que notre meilleure candidate serait la résistance de certains corps à la corruption cadavérique. Cela permettrait d’expliquer aisément ces êtres sortis de leur tombe. Le goût du sang ne serait alors qu’une greffe symbolique marquant l’appétit de vivre, doublée d’une violation des règles naturelles les plus élémentaires. Cette explication, pour séduisant qu’elle soit, n’est pourtant pas satisfaisante, puisque l’incorruptibilité (relative) des corps a aussi servi d’argument décisif pour authentifier la sainteté de certains cadavres. On pourrait objecter que les vampires ne sont pas n’importe quels réfractaires au pourrissement : ce sont des maudits, des suicidés, des excommuniés. Fort bien, mais la valeur de cet argument est quasiment nulle. Ce sont là des conceptions morales chrétiennes qui n’ont de véritable valeur que dans le contexte chrétien. Il faudrait pour qu’il soit acceptable que les vampires fassent strictement partie de la mythologie chrétienne (ou christianisée). Et tel n’est pas le cas d’autant plus que la plupart des vampires ne paraissent pas craindre les objets du culte chrétien). Les notions morales chrétienne se sont greffées sur un mythe déjà existant.

Si explication il y a, elle se trouve nécessairement dans le monde naturel (qui est loin de nous être totalement connu).
L’être humain n’analyse pas objectivement son environnement, il le perçoit au contraire de façon subjective et déformée. Il cherche des causes aux phénomènes, et lorsque les causes ne sont pas apparentes, l’observation se double d’une observation imaginative. Ainsi naissent la religion et la superstition, sœurs jumelles, de même que la magie dans une certaine mesure. Mais que l’on ne s’y trompe pas, cette observation-réflexion, pour subjective qu’elle soit, n’est pas irrationnelle pour autant, mais au contraire rationnelle. Elle ne naît pas de l’imaginaire, mais de faits bien précis, concerts. C’est de cette insatiable soif de savoir, ce besoin irrépressible d’expliquer et de comprendre que surgit, par manque de repères objectifs, la tentation superstitieuse. Expliquer à tout prix pour comprendre et connaître, aussi bien que se rassurer en créant un environnement moins étrange (que de mystère dans la Nature !), voilà le véritable moteur des mythes et légendes, doublé de l’incroyable soif d’imaginaire de l’être humain.

Le vampire ne peut échapper à la règle. Il trouve nécessairement source dans une observation subjective d’évènements réels, objectifs, rationnels. Que l’imaginaire se soit mis de la partie et ait modifié encore cette observation en la parant d’une nuance fantastique de plus en plus prononcée ne change rien à cela.

Plusieurs explications « rationnelles » ont été avancées aux sujets des vampires.

On a voulu n’y voir que des histoires d’enterrés vivants. Ces malheureux, au sortir de leur coma léthargique, se débattant pour s’échapper de leur cercueil, se mordant eux même et hurlant jusqu’à plus souffle, voilà de quoi expliquer bien rationnellement le mythe. Et se des cadavres ont disparu, ce n’est pas parce qu’ils sont sortis à la recherche de sang frais, mais que le corps a tout bonnement été volé par les « Hommes de la Résurrection » (personnes dont l’activité consistait à dérober des cadavres ou des squelettes afin de les vendre à des médecins pour leurs recherches). Ou la disparition est mise sur le compte d’un nécrophile, voire d’un nécromancien.
Bien sur, cela pourrait expliquer certains cas isolés, mais on ne peut rendre compte de l’ampleur du phénomène.
Certains ont imaginé que les vampires étaient des mutants vivant en très petit nombre à l’écart des humains « normaux », constituant ainsi un peuple à part, pourchassés sans cesse et persécutés jusqu’à leur extinction ou jusqu’à ce qu’ils se soient enfuis dans quelque région inaccessible pour vivre en paix. Ou encore qu’il s’agissait d’extra-terrestres (idée reprise dans la bande dessinée « Vampirella »), de créatures inconnues ou de descendants « intra-terrestres » de civilisations disparues.
Les vampires humains, déviants psychopathes et autres maniaques ont aussi leur part dans le mythe, de même que la crainte de la mort et les croyances s’y rapportant.
Il est certain que les inhumations trop hâtives, les cas de catalepsie et l’in corruption de certains corps (qui rejoint l’hibernation et justifie la présence de sang liquide, trait distinctif des vampires) apportent une explication à de nombreux cas, mais pas à tous.
De la même façon, on peut expliquer le mode de nourriture du vampire, en dehors de toute considération sur la valeur magico-religieuse du sang, par l’observation de certains animaux.
On connaît en effet de nombreux suceurs de sang. Hormis les chauves-souris vampires sud-américaines, il y a les moustiques, les poux, les puces, les tiques, les fourmis et toutes sortes d’insectes parasites. En Amérique du Sud, la mouche vampire ( lucilie bouchère )profite des plaies du bétail pour y pondre ses œufs. Les vers se développent dans la chair de l’animal et progressent vers l’intérieur de l’organisme en se gorgeant de sang, pour ne sortir et tomber à terre qu’à maturité. Les animaux atteints n’y survivent généralement pas. Cette mouche s’attaque aussi aux humains, d’où son surnom de « mouche dévoreuse d’hommes ». Autre mouche vampire : la simulie africaine.
Dans les eaux tropicales vit la sangsue-vampire qui se nourrit, elle aussi, de sang (tout comme celles de nos régions), laissant ses victimes exsangues. Dans les jungles de la Malaisie, on trouve de superbes papillons ( Calyptra eustrigata ) dont la trompe sert à sucer le sang. Cette trompe en harpon leur permet de percer jusqu’à l’épaisse peau des buffles (elle peut s’enfoncer jusqu’à une profondeur de 7millimètres). Ils s’attaquent aussi à l’homme, à l’occasion. Les humains piqués disent « avoir eu l’impression d’être piqué avec une aiguille brûlante ».
Les vampires sud-américains s’en prennent rarement à l’homme. Il existe toutefois des exceptions. Un journal de Mexico rapportait, en janvier 1969, l’attaque d’une de ces chauves-souris, de grand taille (5 à 6kilos selon les témoins), contre un muletier de la région de Jupuy, en Argentine. Les experts zoologistes avaient alors confirmé l’apparition de vampires d’une taille alarmante, rappelant que, plusieurs années plus tôt, un homme et une femme avaient été tués pendant leur sommeil par deux vampires monstrueux.
Nul doute que l’observation de tels animaux inquiétants a pu susciter certaines légendes, et participer activement au mythe des vampires.
D’autres considérations sont pourtant à prendre en compte : ce sont les phénomènres naturels conséquent à l’inhumation des cadavres.
Tout d’abord, il faut savoir que l’incorruption du corps n’est pas aussi rare que l’on pourrait le croire. L’état du cadavre dépend pour beaucoup de la nature et du type de terrain que l’on rencontre à l’endroit de l’inhumation. Les terres sablonneuses filtrent l’eau et permettent une décomposition plus rapide de nature sèche, alors que les terres lus grasses et lourdes gardent l’eau (comme l’argile) font que le cercueil flotte dans l’eau et la conservation du cadavre s’en trouve accrue.
La décomposition complète d’un corps mort naturellement peut prendre plusieurs années, il n’est pas rare de voir certains cadavres presque intacts au bout de 4 ou 5ans. Même après plus de 10ans, lorsque les circonstances s’y prêtent, on retrouve encore des cadavres en bon état ; c’est chose assez courante dans les cimetières.
L’état du cadavre dépend également du type de décès. Un noyé, par exemple, ne se comporte pas de la même manière qu’une personne morte de maladie. Dans un cas de mort par jaunisse, le cadavre gonfle au point de devenir énorme, par un effet de fermentation et de décomposition, qui se termine par l’éclatement au bout de quelques jours. Un corps de noyé, quand à lui, se vide et libère une grande quantité d’organes et d’excréments, et pourrit très rapidement au point de vue des tissus.
Autre phénomène à prendre en compte ; les flammèches résultant de la combustion, à l’air libre, des gaz organiques provenant de la décomposition, que l’on appelle communément des feux follets, souvent assimilés à des lutions, des âmes errantes, des revenants, des sorciers ou des vampires. Il faut savoir en outre que lors d’une combustion lente des gaz organiques, ou quand une terre lourde et épaisse se concentre sous le cercueil, celui-ci s’écrase sur lui même, broyant le cadavre et provoquant un tassement et un effondrement du terrain d’inhumation (la combustion des gaz peut parfois consumer le bois du cercueil).
Voilà bien des causes de terreurs superstitieuse amenant de l’eau au moulin des vampires.
Venons-en à présent à une dernière considération, plus étonnante encore : une maladie des plus étranges.
A la fin du Moyen-Age, quand le phénomène du vampirisme commença à prendre de l’ampleur en Europe de l’Est, les mariages consanguins de la noblesse slave avaient amené certains troubles génétiques, dont une maladie très rare que l’on appelle la Protoporphyrie Erythopoïétique. Il s’agit d’une modification de la pigmentation de la peau se traduisant par un excès de Protoporphyrie, qui est une des substances de base des globules rouges. Le malade souffre de démangeaisons insoutenables, de rougeur et d’œdèmes. La peau se crevasse et éclate quand elle est exposée au Soleil. Les malheureux évitaient naturellement la lumière du jour et se voyaient contraints de vivre la nuit. De là à y avoir des vampire, le pas a dû être rapidement franchi. Cette maladie très rare ne peut toutefois à elle seule justifier le mythe du vampire. Même si elle est suffisamment frappante en soi, elle ne pouvait qu’attiser les légendes déjà répandues. Un événement ne peut en effet créer un mythe que s’il y avait déjà un contexte socio-mythologique qui s’y prête.

Il fallut attendre le XIXème siècle pour que cette terrible maladie soit identifiée.

Les travaux du biochimiste canadien David Dolphin (Professeur de Chimie à l’Université de Vancouver) sur la porphyrie lui ont permis de faire d’étranges constatations en rapport avec l’apparence traditionnelle des vampires, mais aussi des loups-garous, qui pourraient ainsi bien trouver, pour une part, leur origine dans cette maladie incurable. Le biochimiste travailla cinq année dans le laboratoire de l’Université de Harvard, et rendit public les premiers résultats de ses recherches en Juin 1985.
Il constata que l’exposition au Soleil provoquait de telles lésions qu’elles pouvaient défigurer le malade, détruire son nez, raidir ses lèvres et gencives au point de rendre les dents proéminentes, et écraser ses doigts qui apparaissent alors crochus, ou même les faire tomber. Les malades se voient aussi pourvus d’une abondante pilosité. La porphyrie provoque en outre souvent des crises de folie incontrôlables, qui ne se calment qu’à la vue du sang et à son absorption (David Dolphin avance que George III d’Angleterre était atteint de porphyrie et que c’est cette maladie qui le poussa à la guerre contre l’Amérique, qui déboucha sur l’indépendance de l’ancienne colonie). L’un des traitements pouvant les soulager est une injection de pigments rouges du sang. On obtient le même résultat en absorbant de grande quantité de sang. La mort d’un patient permit une autopsie qui mit en évidence le dysfonctionnement du foie, cet organe étant alors incapable de produire la substance qui donne au sang sa couleur rouge et contribue au transport de l’oxygène par l’hémoglobine. Et ce dysfonctionnement entraîne chez le malade des comportements évoquant tout à fait ceux des vampires et des loups-garous des légendes : besoin impératif de sang et de viande rouge.
On sait que la consanguinité est souvent à l’origine de la porphyrie, et en certaines régions de Roumanie, notamment en Transylvanie, les mariages consanguins ont été très nombreux, comme nous l’avons déjà mentionné. A ce propose, une femme d’origine Roumaine, informée des recherches de David Dolphin, déclara qu’elle n’était nullement étonnée, et lui apprit qu’il y avait en Transylvanie beaucoup de gens qui buvaient du sang, d’origine animale. Une enquête menée sur place confirma le fait (notons au passage que la croyance des strigoïs est toujours vivace et répandue en Roumanie).
Autre signe significatif : la caractéristique essentielle de la porphyrie est de détruire les pigments rouge du sang. Or, le constituant principal de l’ail (réputé faire fuir les vampires) est le disulfide diakylique, qui provoque la même destruction. Le biochimiste suggère donc que l’ail puisse aggraver l’état du patient en amplifiant les effets de la porphyrie, ce qui explique la répulsion des vampires à son égard.
Ceci constituerait une bonne explication, jointe aux autres indices mentionnés, du mythe des vampires.
Cependant, selon David Dolphin, une personne sur deux cent mille serait atteinte de cette terrible maladie, dans le monde, ce qui paraît beaucoup trop peu pour expliquer l’universalité du mythe, et la porphyrie n’entre sans doute que pour une très petite part dans la genèse de la légende.
La publication des résultats de recherche a toutefois eu des conséquences inattendues et malheureuses : les personnes qui sont atteintes de cette maladie aux USA, et qui n’ont pas toutes cette forme aiguë de la porphyrie (qui en compte 6) ont été mises en quarantaine par les populations locale et connaissent l’horreur de la ségrégation.
Malgré notre science et nos progrès fulgurant, nous ne savons toujours pas accepter la différence, et les chasses aux vampires ne sont pas révolues…
Les hommes ont décidément la dent plus dure que les vampire…

[FIN DE L'EXPOSE]
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Mer 3 Aoû 2005 - 11:04

BRAVO ! Clap

Et merci... Cool
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Seigneur suprême des morts

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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Mer 3 Aoû 2005 - 11:37

Trés bel exposé en effet.

Félicitations et merci Cool

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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Jeu 1 Sep 2005 - 18:30

Récapitulons, les malades boivent du sang, ne sortent que la nuit, ne supportent pas l'ail... Il faudrait vérifier s'ils se reflètent dans un miroir... Mr. Green
En tout cas, félicitations !!! Clap C'est un exposé passionnant et très complet... Cool Vampire
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Sam 1 Oct 2005 - 11:44

Le Vampiritch.
Un petit paragraphe pour préciser un détail qui a une certaine importance au niveau de la filmographie, qui arrivera incessamment sous peu. Dans la plupart des films, le Vampire peut copuler avec des vivants, et surtout, avoir des enfants (j’vous laisse imaginer la tronche des gosses…) Les enfants résultants de cette « entente malsaine » sont appelés Vampiritch, mais aussi Vampirovitchs (dans certains pays Balkans, qui je le rappelle, ont un nombres assez incroyable de légendes divergentes sur les Vampires). A noter que l’enfant sera Mi-Humain, Mi-Vampire et, tout en possédant la plupart des forces du Vampire, combattra bien souvent la coté monstrueuse, par son aspect humain. Généralement, se sont des justiciers, des héros se rebellant contre leurs nature et aidant les vivants à combattre les autres Vampires. Souvent solitaire, il répugnera a utiliser son pouvoir, la plupart du temps… Des exemples ? Blade, Alucard, D…

Le Syndrome de Renfield.
Attention, ici, rien de légendaire ou de paranormal (quoi que) : il s’agit d’une délire psychotique qui peut pousser un être tout à fait normal à finalement ressembler étrangement à ce que l’on connaît sous le nom de Vampire.
Il existe plusieurs étapes pour confirmer le Syndrome de Renfield.

Première étape
Lors de la petite enfance, lorsque l’enfant se blesse, il peut être amené à découvrir l’extase de boire son propre sang. Ce symptôme peut également apparaître après lors d’un accident. Lorsque l’être voir son sang l’entourer, il peut avoir envie d’y goûter (cette occasion ne se représentera pas plusieurs fois… c’est humain.)

Seconde étape
Si l’individu aspire son sang de nombreuses fois (lors de blessures), il peut ressentir l’envie de se tailler les veines par exemple, par simple besoin de boire son propre sang (on appelle aussi cela, l’auto-vampirisme).

Troisième étape
Lorsque l’individu s’est habitué à son sang et qu’il en trouve le goût délicieux, il peut alors saigner un animal et boire son sang, comme lors de la confection d’un plat. Au lieu de jeter le sang de l’animal dans un évier, il le conserve et le boit comme du lait.
A noter que l’on est aucunement obliger de passer par les précédentes étapes pour boire du sang d’animaux.

Quatrième étape
Le plus grave et le plus avancé dans le Syndrome de Renfield. On parle alors de Vampirisme Clinique. Le sujet est attiré par le sang humain et le sien ne lui suffit plus, il pourra donc mordre ses proches ou les blesser juste pour boire leur sang. A noter que le sang est comme une drogue et laisse un état de dépendance. Plusieurs cas, privés de liquide vital, ont été voler des doses à la banque du sang ou dans les hôpitaux (où l’on répertorie de nombreuses poches pour les transfusions, par exemple). Certains cas dérapent et donnent naissance ç des tueurs en série qui s’abreuvent du sang de leur victime. Ca existe… ça a déjà été prouvé maintes et maintes fois.

Et si le Vampire était plus humain qu’il n’y paraît ?
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Sam 1 Oct 2005 - 11:49

Le Vampire en Littérature.

Alors qu’il était depuis des siècles cantonné aux mythes et légendes populaires, figure menaçante du « Non-Mort » associés aux épidémies qui firent des ravages en Europe (de l’Est notamment), alors qu’il terrifiait les populations vivant dans la crainte de toutes sortes de créatures infernales, le vampire n’avait jamais été utilisé comme sujet de roman jusqu’au début du XIXème siècle. A cette époque, le gothique est partout. Dans les poèmes, les œuvres musicales et les peintures, l’art en général succombe peu à peu à ce frisson délicieux que l’on ressent à se faire peur. L’exaltation du morbide, la complaisance dans la mélancolie, l’attrait vers tout ce qui touche à l’au-delà : tout est réuni pour que ces années, où l’on se rassemble le soir entre gens de bonne compagnie pour faire tourner les tables, soient aussi celles du triomphe du vampire. Les scientifiques donnent des explication à des phénomènes restés mystérieux jusque là. L’hygiène et son apologie envahissent les sociétés occidentales, mais la mort et ce qui la suit - si tant est qu’il y ait quelque chose après – restent de l’ordre de l’inaccessible.
Dans ce contexte de changement radical de l’appréhension du monde, une nouvelle paraît en 1819, Le Vampire de John William Polidori, le médecin et secrétaire personnel de Lord Byron (ce qui explique que ce texte ait longtemps été attribué à celui-ci). Ce dernier organisait régulièrement avec les Shelley (souvenez-vous de Frankenstein) des soirées pendant lesquelles chacun racontait des histoires de fantômes, et on peut penser que Polidori a été inspiré par l’atmosphère toute particulière qui régnait alors. Dans le texte de Polidori, le Vampire, Lord Ruthven, est élégant, charmeur et démoniaque, se plaisant, pendant qu’il traverser l’Europe, à séduire et se nourrir de femmes qui ne peuvent résister à ses avances. Il ne se transforme pas en personnage affreux, mais il est extrêmement rapide et fort, et doté d’une cruauté qu’il camoufle derrière sa mélancolie.
A la suite de Polidori, Théophile Gautier écrit en 1836 La Mort Amoureuse , dans laquelle une courtisane et un prêtre s’éprennent l’un de l’autre, la compréhension par l’homme d’Eglise de la nature de celle qu’il aime apportant à celle-ci une manière de rédemption. « ma vie est dans la tienne, et tout ce qui est moi vient de toi. Quelques gouttes de ton riche et noble sang, plus précieux que tous les élixirs du monde, m’ont rendu l’existence » dit-elle à son amant. Mais l’issue de cet amour contre-nature est inévitablement malheureuse, puisque Clarimonde, la jeune femme, est déjà morte. Elle retourne au néant, il vit désespéré. Contrairement à Polidori, Gautier ne fait pas du vampire un être maléfique, mais bien une femme douce et sensible arrachée à la mort par la volonté et l’amour.
D’autres auteurs vont suivre les pas des précurseurs, Prosper Mérimée notamment, ainsi que des poètes comme Baudelaire qui, dans Les Fleurs du Mal en 1866, décrit une femme sensuelle qui affirma avec force : « lorsque j’étouffe un homme en mes bras redoutable, / Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste, / Timide et libertine, et fragile et robuste, / Les anges impuissants se damneraient pour moi ! » La figure du Vampire se charge de luxure, on retrouve l’association amour/mort, douleur/plaisir qui va bientôt caractériser cet être à la frontière entre deux mondes et auquel nul ne peut résister.

Mais c’est en 1871 qu’un auteur Irlandais, Sheridan le Fanu, écrit ce qui reste aujourd’hui encore, le récit le plus troublant et ambiguë sur le vampire. Il s’agit de Carmilla l’Oubliée . Il s’agit de l’histoire d’une jeune fille de l’aristocratie qui voit entrer dans sa vie, après un accident, une belle étrangère qui se dit amnésique. Mircalla fascine son hôtesse, qui en arrive à ne plus rien faire qui ne soit pour son amie. Mais Mircalla a des habitudes de vie un peu étranges : atteinte de langueur, elle ne supporte pas la vision du Soleil et part, la nuit, se promener seule des heures durant.
La proximité entre les deux femmes grandit, mais la santé de la narratrice se détériore, elle est de plus en plus fragile et son cou porte des marques de piqûres. Marcilla est éloignée, on la soupçonne de ne pas être étrangère aux évènements, jusqu’à ce qu’un ami de la famille la démasque. La Vampire est anéantie, un pieu dans le cœur et la tête coupée, mais la narratrice ne peut la chasser de son esprit : « Souvent j’ai laissé mon esprit divaguer, imaginant le pas léger de Carmilla à la porte de la salle de dessin ».
L’ambiguïté des sentiments entre la jeune narratrice et la belle Carmilla, la tension érotique qui imprègne le roman et l’interrogation sur les vraies intentions de la vampire ont fini par ostraciser le roman, qui a eu la malchance d’être suivi par Dracula et de passer à l’arrière plan. Carmilla est pourtant moins manichéen et plus subtil que son successeur.

Enfin, en 1897, Bram Stocker invente – même s’il s’est grandement inspiré de Le Fanu – le Comte Dracula, qui deviendra la référence en matière de Vampire. Il mêle les anciennes légendes de l’Europe de l’Est à un prince Valaque, Vlad Tepes dit l’Empaleur, pour créer un personnage inquiétant et tout-puissant, avec des serviteurs humains et d’une cruauté monumentale. Dracula est l’incarnation du Mal, il ne craint que Dieu. Comment le vaincre, lui qui possède la puissance financière, la force physique et la capacité de se déplacer plus vite que n’importe quel véhicule humain ? Sa seule faiblesse réside dans la femme du héros, Mina Harker, réincarnation de sa femme disparue. Pour la posséder, il est prêt à tout. Son désir passe avant toute chose. Dracula représente ce qui menace la société, qui n’obéit pas à ses lois et se heurte à son gardien, représenté par le professeur Van Helsing, implacable et ferme à toute sensibilité. Derrière sa monstruosité, c’est l’Autre qui se dessine, celui qui, en raison de sa différence contagieuse, doit être éliminé. Bram Stocker a crée un archétype de Vampire, libre et sauvage, séduisant et subversif, immortel et dominateur, une ombre noire qui plane au dessus de nous, qui s’est dégagée des chaînes qui nous retiennent prisonniers dans cette vie. Il est sorti du monde, il nous propose de le rejoindre et de nous adonner au plaisir qu’il nous promet. C’est là une perspective fascinante, bien plus que la morosité de nos existences communes. Flamboyant et exempt de toute remords, Dracula est là, tout près.

Après Stocker, le mythe se diffuse dans une littérature qui reprend le personnage du comte et tente de lui donner une succession, mais sans que rien de notable n’apparaisse, qui vaille la peine d’être cité… Jusqu’aux années 1970 et Interview with a Vampire d’une certaine Anne Rice. Mais ceci est une autre histoire…

Abhorach, la suite avec des oeuvres beaucoup plus récente, telle que Requiem, Le Prince de la nuit...
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   Sam 1 Oct 2005 - 14:14

Woaw bravo pour tout ca ! Tu as tous ecrit ?
J'viens de tout lire, on dirait mon TPE de 1ere en mieux et en plus long lol
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MessageSujet: Re: Mythe du VRAI Vampire.   

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Mythe du VRAI Vampire.
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