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Abhorash Capitaine Squelette


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| Sujet: Mythe du VRAI Vampire. 29/10/2004, 06:01 | |
| Introduction – Avertissement.
« Rentre, c’est le moment où la Lune réveille Le vampire blafard sur sa couche vermeille » (Gautier, Comédie Maudite.)
Vampires ! Si ce mot n’évoque plus aujourd’hui que des terreurs de salles obscures, il n’en éveille pas moins en nous l’écho de peurs ancestrales toujours tapies au plus profond de notre être. C’est que le vampire incarne la mort hideuse qui nous guette sans relâche. Cette peur explique l’universalité du mythe des suceurs de sang de nos légendes. Le thème des vampires est en effet connu partout dans le monde. Toutes les traditions populaires en font foi. Si ces revenants sanguinaires ne font pas la une des journaux, on les trouve, par contre, fréquemment en couverture de magazines et de livres, et en tête d’affiche au cinéma. A tout prendre, on a sans doute tant parlé des vampires qu’à notre époque où l’on n’y croit plus guère. Mais le revenant suceur de sang, que l’on nous présente complaisamment, n’est en réalité qu’une caricature grotesque du vampire mythologique qui terrorisait les populations rurales il n’y a pas si longtemps encore. Cet exposé se veut être, en quelque sorte, une réhabilitation du mythe face aux déformations que lui font subir non seulement la littérature et le cinéma, mais aussi quelques auteurs mal informés. Les créatures de la nuit évoquées dans cet exposé vous surprendront peut-être, car elles ne ressemblent pas beaucoup au comte Dracula, qui n’est lui-même qu’une copie ridicule, bien qu’il incarne aujourd’hui l’archétype du vampire aux yeux du public. Il faudra vous rendre à l'évidence: le vampire qui vous semble si familier vous est en réalité pratiquement inconnu, tant les idées fausses et stéréotypes ont la vie dure. C'est un vampire originel, revenu à sa forme brute et archaïque, que je vais le présenter. Ce vampire-là nous est devenu étranger: il ne se transforme pas en C-SV, ne suce pas toujours le sang des vivants, ou au contraire ne se contente pas de cela. Il n'est pas non plus un bel aristocrate au charme ténébreux, et n'est pas nécessairement mort, mais parfois bien vivant. Malgré une légende tenace inventée par l'écrivain Bram Stocker pour son Dracula, le vampire a une ombre et un reflet, il ne craint que très rarement les objets du culte chrétien, il n'a pas de pouvoir particulier sur les animaux, et peut parfaitement entrer dans une maison sans y avoir été invité. Autant dire qu'il va vous falloir renoncer à cette image simpliste du cadavre sortant de sa tombe pour aller boire le sang des jeunes vierges. Bien sur, le plus souvent, le vampire est un Mort Vivant, ou plus exactement, un "non-mort", mais son rapport à la mort est plus complexe qu'il n'y parait. Il sera d'ailleurs question de Mort dans cet exposé, car toute la thématique du vampire s'articule autour de cet état particulier. Si vous êtes angoissé(e) à la seule idée de la Mort, alors allez faire un tour dans la section 'la vie est belle, et j'aime bambi', car la mort hideuse et dévorante rôde: c'est autour de cette idée maîtresse, et celle de la croyance en une vie posthume, que tout le mythe s'articule. Voici donc le vrai visage du vampire, sans fard ni artifice. _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
|  | | Abhorash Capitaine Squelette


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| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 29/10/2004, 06:02 | |
| Les Vampires : une affaire sérieuse.
« Au commencement de septembre 1732, mourut dans le village de Kisilova, à trois lieu de Gradish, un vieillard âgé de 62ans. Trois jours après avoir été enterré, il apparut la nuit à son fils, et lui demanda à manger; celui ci lui en ayant servi, il mangea et disparut. Le lendemain, le fils raconta à ses voisins se qui lui était arrivé. Cette nuit, le père ne parut pas; mais la nuit suivante, il se fit voir et demanda à manger. On ne sait pas si le fils lui en donna ou non, mais on le trouva le lendemain mort dans son lit,; le même jour, 5 ou 6 personnes tombèrent malade dans le village, et moururent l'une après l'autre peu de jour après. L'officier, ou bailli du lieu, informé de ce qui était arrivé, envoya une relation au tribunal de Belgrade qui fit venir dans le village deux de ces officiers avec un bourreau pour examiner cette affaire... On ouvrit tout les tombeaux de ceux qui étaient morts depuis six semaines: quand on vit celui du vieillard, on le trouva les yeux ouverts, d'une couleur vermeille, ayant une expression naturelle, cependant immobile comme mort; d'où l'on conclu qu'il était un signalé vampire. Le bourreau lui enfonça un pieu dans le cœur. On fit un bûcher, et l'on réduisit en cendre le cadavre »
C’est la une histoire de vampire typique du XVIIIeme siècle, époque de la grande épidémie vampirique. Le vampire, hôte privilégié des récits de terreur, qu’ils soient roman moderne ou légende populaire ancienne, suscite depuis longtemps une vive curiosité, tant chez les amateurs de mystère que chez les cartésiens incrédules. Rêverie macabre pour les uns, réalité ignorée ou occultée pour les autres, le vampire n’en pose pas moins une véritable problématique, car il évoque une angoisse aussi bien qu’un espoir séculaire ; la survivance post mortem qui est vécue ici comme une malédiction. Thème cher aux courants littéraires de la fin du XVIIIème siècle (le Gothique, ou Roman Noir), et du XIXème siècle (le Romantisme Noir), le vampire hante toujours aujourd’hui nos imaginations et traîne sa carcasse décharnée dans les cimetières de nos cauchemars. Au-delà de l’image du vampire fraîchement sorti de son sépulcre, glissant silencieusement entre les tombes nimbées de brumes opaques, à la recherche de jeunes vierges qui apaiseront son inextinguible soif ; au-delà de cette image, donc, se profilent les deux vieilles peurs de l’humanité : la Mort et le Temps. Tout le mythe tourne autour de cette thématique primordiale. Bien qu’élément prédominant du groupe des Morts Vivants, le Vampire s’en distingue toutefois par son appartenance au sous-groupe des non-morts. En effet, le vampire nous enseignent les traditions populaires, n’est en réalité ni mort ni vivant, il incarne un état intermédiaire de l’existence. Le thème vampirique possède de nombreuses ramifications, qui l’apparentent aussi bien aux morts vivants qu’aux loups-garous, goules, démons, ou encore aux ogres. Bien qu’étant de la même parenté, il s’en différencie pourtant nettement ; ce qui permet au mythe, malgré son étroitesse, de transcender ses propres restrictions pour acquérir une richesse certaine. D’essence païenne, il a trouvé son épanouissement dans le contexte chrétien. Le vampire, en effet, est un vecteur parfait de l’expression de la frustration sexuelle et de la culpabilité. Il est, pourrait-on dire, un tabou incarné, le péché manifesté (car il possède cette immortalité qui est un défi constant au dieu des juifs et des chrétiens). Dès lors, par cette bravade inacceptable, il ne pouvait en aucun cas se racheter aux yeux de la nouvelle religion (d’autant plus que, selon la foi chrétienne, l’âme ne peut renaître : soit elle est condamnée, soit elle retourne vers Dieu). Si certains thèmes de la mythologie païenne se sont parfois recouverts d’un mince vernis chrétien, tel ne sera jamais le cas du vampire, irréductible comme tous les grands thèmes mythologiques. S’il est resté profondément païen, son symbolisme, par contre, s’est inévitablement teinté de christianisme, notamment au cinéma.
"Une étude sommaire du mythe dénonce, tout d’abord, écrit Jean-Pierre Baptiste Bénichou (Horreur et épouvante, PAC éditions, 1977) , un manichéisme primaire, aussi peu évident que le concept de bien et de mal et que la frontière qui les délimite. Le Comte Dracula (le mal, la sexualité) est victime d’une malédiction (le désir) qui l’oblige à boire du sang frais (l’acte) le plus souvent de jeunes filles (hétérosexuel, le vampire le plus immonde est parfois, symboliquement, bisexuel) à sa source, c’est-à-dire la veine jugulaire (le baiser du vampire) pour survivre et rester immortel (angoisse métaphysique)."
Mais cette immortalité qui fait sa force est maudite. Il est ainsi condamné, sous peine de destruction, à ne plus voir la lumière du jour (émanation de Dieu). Il lui faut être un hôte des ténèbres (c’est-à-dire la mort, et en fait, l’Enfer) et dormir dans un cercueil (son immortalité devient ainsi une éternité dans la mort). Et cela va encore plus loin, car ses victimes deviennent vampires à leur. Elles sont donc considérées comme complices et, en punition de leur péché (le désir sexuel, désir d’immortalité, ou simplement complaisance et passivité), sont frappées de la même malédiction (« Tu seras puni par là où tu as péché »). Le rituel classique de destruction du vampire (car il ne peut s’agir que d’une destruction et non d’une délivrance) est d’ailleurs clair à ce sujet : un pieu est enfoncé dans le cœur (siège traditionnel des sentiments), ce qui est aussi une symbolique sexuelle. Bien que le vampire soit teinté d’un symbolisme chrétien, le mythe est lui-même, comme dis précédemment, d’origine païenne. Le mythe lui-même est répandu un peu partout dans le monde. On le retrouve bien sûr dans toute l’Europe, mais aussi en Orient, en Amérique du Sud et en Amérique Centrale. Vampires encore en Afrique, notamment chez les Loango, dont les traditions est une des très rares à lui reconnaître la possibilité de se transformer en chauve-souris (dans certaines traditions européennes, il a cependant le pouvoir de se changer en animal, notamment en loup, alors qu’en Asie, il peut se transformer en insecte). On trouve même chez les Amérindiens une sorte de vampire qui se nourrit de la cervelle de ses victimes en introduisant une « trompe » dans leur crâne. Les vampires ont fait l’objet de très sérieuses études scientifiques, non seulement de la part des folkloristes et des ethnologues, mais aussi des archéologues (pour l’essentiel des savants Allemands et Russes). _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
|  | | Abhorash Capitaine Squelette


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| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 29/10/2004, 06:03 | |
| L’étude des pratiques mortuaires des peuples d’Europe centrale et de l’Est a ainsi permis de mettre en évidence les rituels usités pour empêcher le mort de sortir de sa tombe et de devenir vampire. Dans les années 1950, le professeur Rudolf Grenz (Découvertes archéologiques de vampires sur le territoire d’occupation des Slaves de l’Ouest) adressa une communication à l’Université de Leipzig, dans laquelle il confrontait les légendes locales et les traditions relatives aux vampires, avec les découvertes archéologiques effectuées sur les territoires des Slaves occidentaux. Il mettait en lumière certaines pratiques qui existaient dès l’époque païenne, ais qui avaient perduré durant le christianisme. Pour empêcher le mort de se lever de sa tombe, les Slaves de l’Ouest usaient abondamment des « pierres de cadavre » ; pierres plates déposées sur la poitrine et les membres, afin d’immobiliser le mort et le maintenir à une place qu’il ne devait pas quitter. A Platkow ; deux squelettes furent découverts, dont l’un présentait un trou occipital. Sur la poitrine du cadavre, inhumés dans un endroit écarté du cimetière, on trouva une grosse pierre. Découverte similaire dans une nécropole de Bartelsdorf, où de lourdes pierres avaient été déposées sur la poitrine des défunts, alors que d’autres pavés, de moindre taille, étaient placés sur les chevilles, la tête, voire parfois les mains. Certaine portaient des croix gravées à l’aide d’un instrument métallique. En Poméranie, dans le cimetière de Rawisn, on trouva deux squelettes recouverts de la tête à l’abdomen d’une rangée continue de pierres plates. Nombreuses sont les tombes Slaves, notamment celles du M-A, à témoigner de ce rituel de préservations contre les Vampires et autres revenants et esprits tourmenteurs. E.Chmournov (Tombes et monuments de la région de Vorone, Moscou-Leningrad, A.N.,1961.) a estimé qu’environ 5.8% des tombes fouillées par ses soins présentaient la trace de semblables rituels de protections. Les tombes d’enfants, particulièrement (toujours isolées des autres), offraient le triste spectacle de petits cadavres entièrement écrasés sous les rochers. En effet, une légende (toujours vivace) des Slaves de l’Ouest voulait que les enfants morts en bas âge devinssent vampires. Ils revenaient alors dans le monde des vivants pour attirer leur mère au tombeau et réclamer d’elle la tendresse dont leur mort prématurée les avait privés. E.Chmournov a noté, par ailleurs, que tous les cadavres d’enfants de la nécropole de Lagov avaient été cloués par les mains au fond du cercueil. Il s’agit d’un rituel visant à empêcher la mastication. Une ancienne croyance voulait en effet que certains morts dévorassent dans leur tombe tout ce qui leur tombait sous la dent, avant de sortir pour aller goûter quelque chose de plus nourrissant. Philip Rehrius et Michel Raufft (de masticatuorum mortuorum, et de masticatuorum mortuorum in tumulis) accréditèrent d’ailleurs cette croyance (qui peut s’expliquer par des cas de réveil de coma léthargique). Dom Calmet (Traité des apparitions… volume II, édition de 1751) écrivait : « C’est une opinion fort répandue en Allemagne que certains morts mâchent dans leurs tombeaux, et dévorent ce qui se trouve autour d’eux : qu’on les entend même manger comme des porcs, avec un cri sourd et comme grondant et mugissant. » Le docte bénédictin précise que la coutume voulait que l’on mît une motte de terre sous le menton du cadavre, ou qu’on lui serrât la gorge au moment de la mise en bière. D’autre fois, on enterrait le cadavre en le plaçant sur le ventre de façon à ce que, en mangeant tout ce qui se trouvait à portée de bouche, il ne pût que s’enfoncer davantage dans la terre. Cette croyance très répandue (en rapport avec la survivance post mortem) a été assimilée, dans les pays de l’Est au vampirisme. Dans le Glossarium de Bartal, on peut lire ; « Vampyrismus = masticatio mortuorum .» De même, le caillou ou le morceau de métal déposé dans la bouche du mort était un moyen propre à immobiliser le vampire dans sa tombe et à empêcher la mastication post mortem. Grenz et Chmournov ont aussi remarqué que les Slaves plaçaient fréquemment une pièce de monnaie dans la main du cadavre. Cette coutume est à rapprocher de l’obole destinée à Charon, le passeur de l’Hadès, que les grecs mettaient dans la bouche du cadavre. S’il n’est pas certain que cette pratique ait eu un rapport avec la crainte des vampires ou autres revenants maléfiques, dans le cas slave, cette coutume est directement liée au vampirisme. En effet, Grenz a découvert sur plusieurs de ces pièces l’inscription « Zehrpfennig » dont la signification littérale est « viatique », mais qui contient l’idée de se nourrir (zehren) ; évoquant l’idée d’empêcher de mastiquer et de sortir de sa tombe pour se nourrir d’autre chose. (il faut toutefois également mentionner que certains métaux, le fer notamment, ont la réputation de dissoudre les Spectres et les Revenants). D’autre découvertes, effectuées par l’archéologue Boehlich à Göda, montrent différents objets métalliques enfoncés dans la bouche des cadavres : couteau, clou, pointe… (Der Shädel von Dyhernfurth in Altschlesein I, 1926) Dans une optique similaire, Grenz a indiqué avoir trouvé sur un corps, un « morceau d’argent entre les deux incisives supérieures » (voir Die Slawishen Totenbestattungen aus der Mark Brandenburg, Berlin, 1958). Rien n’était négligé pour empêcher le mort de sortir de sa tombe et d’aller se repaître du sang des vivants. Ces divers rîtes ne concernaient pas que les vampires, mais d’une façon plus générale toute une cohorte de monstres dévoreurs. Dans les temps anciens, en effet, les créatures de la nuit n’étaient pas toujours clairement distinguées les unes des autres. Définir strictement le vampire n’est pas ainsi très aisé, car il emprunte des formes différentes et d’apparente à d’autres revenants maléfiques. De même, le réduire à un cadavre ambulant qui erre à la recherche de sang frais n’est pas satisfaisant. Il faut donc brosser un portrait plus détaillé de cet être de la nuit, et définir plus précisément l’état vampirique et son contexte. _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
|  | | Abhorash Capitaine Squelette


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| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 29/10/2004, 06:03 | |
| L’état Vampirique et son Contexte.
Avant même de vouloir définir plus précisément l’état vampirique, il est nécessaire de déterminer le contexte dans lequel il évolue, afin de mieux comprendre l’essence du mythe. En effet, les circonstances socio-mythologiques ont leur importance. Les vampires ne sont pas nés d’une génération spontanée : ils sont le fruit des croyances et conceptions populaire concernant le monde et la nature. Plus exactement, ils sont, comme bon nombres d’autres créatures mythique, issus de la peur. Le fait que beaucoup de vampires fuient la lumière du jour, et ne peuvent vivre que la nuit, est symptomatique de la terreur populaire à l’égard de la nuit. De tout temps, la nuit a en effet été associée au danger et à l’inconnu, et cette angoisse était plus accentuée encore pendant l’hiver. Il faut savoir que dans les traditions populaires, la nuit n’appartient pas aux vivants ; elle est le domaine privilégié, mieux, le royaume incontesté des esprits, revenants, des mauvaises fées (lavandières de nuit) et des monstres de tous poils. Dès le coucher du soleil, et plus particulièrement lors de la saison froide, la campagne est envahie par tout un peuple d’esprits, que l’on appelle communément les « Esprits de la Nuit ». Avec la disparition de l’astre du jour (et la peur inconsciente qu’il ne réapparaisse pas) qui symbolise la vie, la nuit (c’est à dire l’autre monde, avant goût de l’au-delà) règne en maîtresse absolue. Et, dès lors, tout devient possible. Les monstruosités les plus innombrables peuvent surgir, car le Soleil n’est plus là pour protéger le monde. L’hiver accentuait encore cette angoisse immémoriale. La « saison morte » revêtait pour la société rurale un caractère ambigu et inquiétant. En cette saison où la puissance solaire est sur le déclin (l’astre chemine alors de son parcours « souterrain ») laisse une part de plus en plus belle aux ténèbres (Le Soleil d’hiver a d’ailleurs été très tôt confondu dans certaines traditions avec la divinité « infernale » Orcus, le Grand Dieu Noir de la Mort (l’Orgos des Celtes), modèle mythologique de l’ogre dans les contes), les morts prennent une place croissante dans la vie quotidienne. Dès que le rythme habituel de la vie est bouleversé par l’arrivée de l’hiver, le monde des défunts devenait de plus en plus omniprésent, tout particulièrement la nuit tombée. Comme la terre s’engourdit aux premières gelées, elle échappe chaque jour davantage, avec l’avancée de l’hiver, au contrôle humain. Car l’hiver est une saison d’inactivité (relative) pour la société paysanne traditionnelle, en regard du reste de l’année. En cette saison, la terre vit une vie souterraine de mystérieuses germinations, qui ne prendra fin qu’avec le retour du printemps. Dès que les travaux des champs étaient terminés (donc bien avant le véritable début de l’hiver), le temps était venu pour les veillées, lieu privilégié de la transmission du savoir mythologique, mais aussi creuset de toutes les terreurs. On s’y réunissait au cœur de la nuit noire pour faire front aux maléfices du dehors. Les maisons devenaient les seuls lieux de vie, par opposition à l’extérieur, domaine des morts et des esprits (voir Colette Méchin : « Les veillées » (Le pays lorrain, n°4, 1977)). L’ambiance des veillées était tout imprégnée de cette grande peur de ce qui rôde dehors, dans la nuit ténébreuse, dont les légendes se font l’écho. On y parlait à voix basse de « ceux qui chuchotent la nuit », du Diable et des sorcières, du passage de l’Ouvrier de la Mort ou de la Chasse Sauvage, des mauvais lutins, des loups-garous, et bien sur des revenants, de vengeances d’outre-tombe, des goules et des vampires. L’histoire la plus fréquente avec de multiple variantes d’une région à l’autre, est celle de la jeune fille qui défie les Esprits de la Nuit en se rendant à un carrefour maudit ou dans un cimetière, et que l’on retrouve morte ou folle le lendemain… ou que l’on ne retrouve jamais.
Dans cette ambiance de mystère, on comprendra aisément que la peur réelle, somme toute assez réduite, ait pris des proportions considérables en étant amplifiée par les imaginations surchauffées. Pour conjurer cette peur, les jeunes gens pratiquaient des jeux ridiculisant le surnaturel, car le meilleur remède contre la peur reste encore le rire. C’est ainsi que naquit la tradition des parodies macabre, dont le meilleur exemple reste sans doute la fête d’Halloween. Ce même principe de la parodie est appliqué aux vampires. Ainsi, A. Vesselovski (Recherche sur les croyances superstitieuses russes, 1865) a rapporté que, dans la région de Smolensk, les enfants entonnaient une ronde autour d’un de leurs camarades incarnant le vampire, en criant : « Vourdalak, Vourdalak ! Tu ne peux rien contre nous car le Soleil te tape la tête ! Vourdalak, Vourdalak ! Tu ne peux rien contre personne, car nous croisons les doigts ! » Un autre exemple, cité par Bouslaïev (Complaintes et chansons de la région de Tchernigov, 1892) , met en scène les jeunes filles russes qui, à la Saint-Jean, chantaient : « Une étoile est tombée du ciel Tout droit jusqu’à Saratov, A danser nous allons forcer Le Vourdalak aux jambres cagneuses Car nous l’aurons pour cavalier. Du ciel une étoile est tombée Sur la Terre, elle a fondu Et le Vourdalak s’est levé. Secoue la terre de tes cheveux Car nous t’aurons pour cavaliers. » Bien sûr, les veillées n’étaient pas uniquement axées sur la peur et le mystère, loin s’en faut, mais on ne saurait négliger leur impact sur la création des légendes. Ce contexte éprouvant a permis une fermentation en vase clos du Mythe des Vampires. Si le vampire est si redouté (comme le sont aussi tous les revenants et les esprits), c’est parce qu’il est le maître de la nuit, lui dont l’immortalité est une éternité dans la mort. Et cette nuit cauchemardesque prend vitre des proportions considérables. Si la nuit, « lieu géométrique » de toutes les terreurs, a, de tout temps, été crainte, c’est que les ténèbres, non seulement nous laissent démunis en nous privant de nos repères habituels, mais encore évoquent l’inconnu, la mort, les puissances infernales et les revenants. Outre les dangereuses créatures censées la peupler, la nuit elle-même est devenue la personnification du mystère et du danger. Dans le Perche, au commencement du XIXème siècle, les femmes n’osaient pas sortir la nuit sans être accompagnées. Vers la même époque, eux environs de Fougères, les femmes enceintes ne sortaient que entre l’Angélus du soir et celui du matin, de peur de rencontrer ou d’être foulées par de « grandes bêtes noires ». En Normandie, elles évitaient de sortir après le Crépuscule car elles craignaient que le Diable s’empare de l’âme de leur enfant à naître. En Haute-Bretagne, la nuit personnifiée est devenue une sorte de croquemitaine dont on menaçait les enfants. On leur disait alors : « La nuit va t’emporter ! » ou encore, « Le Bonhomme de la Nuit va venir te quérir. » Et en Bretagne, la nuit est la route de l’Ankou (la Mort). Dans les Côtes-du-Nord, et plus précisément à Matignon, elle devenait une gigantesque femme noire flottant dans les airs, appelée la Grande Nuit de Pléboulle. On prétendait qu’elle vivait quelque part vers le couchant. Dans le Morbihan, c’était Madame la Nuit ; et à Saint-Brieuc, la « Caverne de Madame la Nuit » était une grande excavation formée par les rochers, où les enfants jetaient des pierres, avant de s’enfuir avec effroi. Ce type de croyance était répandu un peu partout. Ainsi, en Finlande, la nuit n’est autre que Louhi, la maléfique sorcière du Nord, qui s’attaque au Soleil et à la Lune et cherche à les emporter dans le « Pohjola », le royaume des ténèbres. Le folkloriste Paul Sébillot a collecté de nombreuses croyances à ce sujet. (Le Folklore de France) Même si les adultes ne considéraient pas nécessairement la nuit comme une entité, ils la percevaient cependant comme le repaire des forces surnaturelles et, à ce titre, la craignaient. Partout, on évoque des êtres maléfiques qui errent à la recherche de victimes dès le crépuscule tombé. Si les Ténèbres peuvent receler des dangers réels, objectifs, il n’en demeure pas moins vrai que les dangers surnaturels, subjectifs, sont perçus par l’imagination et véhiculés par la superstition. La peur Dans l’obscurité devient alors la peur De l’obscurité. « Ces peurs qui revenaient chaque soir, écrit J.Delumeau (La Peur en Occident, Fayard, 1978) , ont sans doute sensibilisé l’humanité et lui ont appris à redouter les pièges de la nuit. » Cette peur de la nuit et de l’obscurité s’explique aisément par l’action conjuguée de deux facteurs. D’une part, l’être humain est très démuni avec sa vision nocturne très réduite, d’autre part, la Nature l’a généreusement pourvu d’une puissante imagination qui peut être une alliée comme une ennemie. A la limite , écrit Pierre Mannoni, il n’est plus besoin d’un substrat perceptif quelconque, l’esprit trouve en lui-même des ressources suffisantes et les fictions qu’il enfante ne s’enracinent pas nécessairement dans le réel. Ainsi viennent à la vie toutes les créatures surnaturelles et fantastiques, rêvées par des êtres que la nuit égare […]. Relevons encore la curieuse élaboration qu’a suscitée le déclin du jour et que ni son caractère irrationnel ni l’expérience quotidienne n’ont réussi à totalement dissiper : la hantise que le Soleil ne réapparaisse pas, que l’obscurité qui tombe ne soit plus chassée par l’aurore. Cette peur superstitieuse a étreint des peuples entier (les Aztèques par exemples), et on est probablement en droit de voir là un témoignage des émois de l’âme devant ce qu’elle considère comme une anticipation de la mort » (La peur, 1982) Cette peur de la nuit, assimilée à celle de la mort, étant établie, on comprend aisément la terreur que pouvaient inspirer les vampires, eux qui sont une personnification de la mort et maîtres de la nuit, et qui en vinrent à incarner la disparition tant redoutée du Soleil. Cette peur du surnaturel, symbolisée par la nuit, est restée vivace dans nos esprits, et rare sont ceux qui y échappent. Et derrière cette peur du surnaturel, c’est encore et toujours la crainte de la mort et de l’inconnu qui se profile. Car, comme l’a justement écrit G.Delpierre, « Au fond, il n’existe qu’une peur, celle de la mort ». (la Peur et l’être, Privat 1974.) _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
|  | | Abhorash Capitaine Squelette


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| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 29/10/2004, 06:05 | |
| Ainsi que le rappelle J.-C. Barker (La peur et la mort) , « Personne n’est exempt de la peur de mourir car personne n’échappe à la mort. C’est une peur très particulière, totalement différente des autres […]. Elle est la peur d’un inconnu très spécial, particulièrement inexplicable, la peur de quelque chose qui ne sera jamais connu. » Tout autant que la mort, les défunts sont craints, surtout quand ils se mêlent de revenir parmi les vivants, avec des intentions peu louables. Car s’il existe des trépassés bien intentionnés, qui jouent pour les vivants un rôle bénéfique, ils restent une minorité. La plupart des légendes de revenants mettent en scène des vengeances d’outre-tombe, ou les maléfices d’esprit damnés. Si le cadavre inspire l’effroi, ce n’est pas seulement à cause des propriété physico-chimique de la décomposition, mais aussi parce que, comme l’a bien montré Lévy-Bruhl, la peur des morts est intimement liée à la croyance magique en la « contagiosité de la mort ». Mais, plus encore, c’est la crainte du retour des morts qui est mise en relief dans cette superstition tenace. Les défunts sont considérés comme des émissaires de la Mort toute-puissante. Mais pourquoi le retour des morts est-il le plus souvent perçu comme maléfique ?
La raison en est simple. Dans la pensée populaire, la mort est une « charnière » entre deux mondes distincts, mais pourtant en contact : celui des vivants et l’univers infiniment mystérieux de l’au-delà. Le franchissement de ce seuil est un interdit pour quiconque ne revêt pas au préalable la condition requise. En d’autres termes, seuls les vivants peuvent exister dans notre monde, et seuls les morts peuvent déambuler dans l’autre. Ce sont deux univers conjoints (et jumeaux) séparés par une frontière qui n’est, normalement, franchissable qu’une seule fois et dans un seul sens. Le retour des morts est donc une violation blasphématoire en regard de cette loi naturelle. L’imagination a pourtant promulgué une dérogation à cette loi (par le formulaire E215 de la Mairie de Paris ), puisque, dans les traditions populaires, les morts conservent un droit de regard sur les affaires des vivants (autre exception reconnue, lors de certaines nuits, notamment celle d’Halloween (31Octobre) et celle de Walpurgis ((vous la connaissiez pas celle-là hein ? ) 30Avril), vivants et morts peuvent se mêler (à tous les sens du terme), car les portes des mondes sont alors ouvertes). Les morts qui reviennent sont soit des défunts encore attachés à la terre, soit des âmes des âmes damnées inféodées aux puissances ténébreuses. Le cas des vampires est un peu particulier, car ils peuvent aussi bien entrer dans une catégorie que dans l’autre : maléfiques, ils sont des âmes damnées, mais leurs actions sur les vivants (et plus particulièrement le fait que leur morsure répand une mort-maladie contagieuse) en fait des morts encore attachés à la terre. Cette particularité de la morsure du vampire est d’ailleurs assez déroutante. Si le vampire s’abreuve du sang des vivants, ce n’est pas par méchanceté mais pour pouvoir survivre dans ce monde auquel il est enchaîné. Mais ne serait-ce pas aussi pour se venger des vivants qui, eux, pourront jouir de l’éternel repos qui lui est refusé ? Car l’immortalité du vampire, loin d’être perçue comme une bénédiction (ce qui pourtant serait logique, considérant la peur viscérale de la mort des humains), est bien au contraire considéré comme une malédiction : c’est que le prix à payer est trop élevé. Comme on le voit, les choses ne sont pas aussi simples qu’il y paraît de prime d’abord. Les rapports entre les morts et les vivants sont complexes et ambigus. De même, est-ce une erreur de croire que les histoires de revenants ont pour seul but de faire peur. Les contes populaires sont souvent initiatiques, ils véhiculent un savoir particulier, un enseignement destiné aux enfants, aux adolescents et aux adultes, selon la catégorie à laquelle ils appartiennent. Voici deux exemples qui illustrent parfaitement les rapports des morts et des vivants, et leurs implications dans la perception populaire du monde. Dans un conte Lorrain intitulé « Le Papillon Blanc », un homme ivre trébuche sur un crâne humain dans un cimetière (en même temps, on peut se demander ce qu’il fait là…). Irrité, l’ivrogne cria : « Tu n’es pas là pour tes mérites. » « Demain, répondit la tête de mort, tu y seras pour les tiens. » L’homme, tout à coup dégrisé (super la méthode de soin) et en proie à la plus vive terreur, rentra chez lui au plus vite, où il raconta toute l’histoire à son épouse. Celle-ci, très pieuse, demanda conseil au curé. Le prêtre lui dit que son mari devait aller sur la tombe de son filleul, et frapper sur la pierre tombale. Tôt le lendemain, l’homme se rendit donc au cimetière. Dès qu’il eut frappé sur la tombe de son filleul, un petit papillon blanc en sortit et combattit aussitôt la tête de mort, dont il vient à bout assez aisément. Puis le papillon dit à l’homme : « Mon cher parrain, je vous devais une place au Paradis et je vous la gardais ; maintenant, je suis quitte avec vous. »
On voit ici que la profanation du cimetière, domaine des morts encore attachés à la terre, ne saurait être sans conséquences : déranger les morts, c’est s’exposer à leur vengeance. Et celle-ci peut être terrible. Les deux âmes se combattant illustrent la double polarité de la mort. Si le papillon blanc est l’âme bénéfique d’un défunt devant s’acquitter d’une dette envers un vivant, la tête de mort est une âme errante, un corps privé de sépulture ou chassé de sa tombe ; elle incarne la mort maléfique et rancunière, la vengeance d’outre-tombe. _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
|  | | Abhorash Capitaine Squelette


Inscrit le : 31 Aoû 2004 Messages : 118
| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 29/10/2004, 06:05 | |
| Le second conte, lui aussi Lorrain, a des implications plus importantes car il permet de situer clairement les deux mondes l’un par rapport à l’autre, et définit les conditions de passage de l’un à l’autre. Il a pour titre ‘la salade blanche et la salade noire » (j’avoue que pour le titre, on repassera…) Une femme avait deux enfants, un garçon est une fille. Un jour qu’elle cuisait du pain, elle donna à chacun d’eux de la michotte, puis demanda à la petite fille d’aller lui chercher de la salade. L’enfant mit sa michotte dans un petit panier d’osier et sortit. Cheminant, elle ne tarda pas à rencontrer la Sainte Vierge, qui lui demanda : « Bonjour, belle enfant, où vas-tu ainsi ? » - Je vais cueillir de la salade pour maman, Madame. - Et que portes-tu dans ton panier ? - De la michotte que m’a donnée maman, en voulez-vous un morceua ? - Non, chère enfant, garde-la. Je vais te donner une boite, que tu ne devras pas ouvrir avant d’être rentrée chez toi. Maintenant, va chercher ta salade, il y en a dans un champ un peu plus loin. Mais attention, dans ce champ, tu verras une porte blanche et une porte noire. Passe bien par la porte blanche, et non la noire. La petite fille repartit, et, une fois dans le pré, franchit la porte blanche. Elle se retrouva aussitôt dans un endroit merveilleux où de magnifiques papillons aux ailes iridescentes voletaient dans l’air, nimbés d’une douce lumière dorée. La gamine découvrit bientôt de belles salades toutes blanches, qu’elle cueillit. Puis elle rentra chez elle. Lorsqu’elle revint à la maison, sa mère, inquiète, la gronda et lui demanda pourquoi elle avait été aussi longue. Au premier mot que voulut dire la petite fille, des perles et des pierres précieuses coulèrent de sa bouche. La boîte que lui avait donnée la Sainte Vierge en était également remplie. Emerveillée, la mère envoya alors son petit garçon chercher de la salade à son tour, espérant secrètement qu’il lui arriverait pareille aventure. Elle mit un morceau de michotte dans son panier, et le garçon partit. Lui aussi ne tarda pas à rencontrer la Sainte Vierge. - Où vas-tu, petit garçon ? - Cela ne te regarde pas. - Et que portes-tu dans ton panier ? - De la michotte, mais elle n’est pas pour toi. - Bien. Tiens, voilà une boîte pour toi, mais tu ne l’ouvriras qu’une fois rentré à la maison. Maintenant, va cueillir ta salade, mais passe bien par la porte noire. Le garçon franchit donc la porte noire, et il déboucha dans un lieu horrible et ténébreux, où il trouva de la salade noire comme la nuit. Une fois chez lui, sa mère s’étonna de cette vilaine salade, et lui demanda où il l’avait trouvée. Le garçon ouvrit la bouche, mais dès qu’il parle, des serpents venimeux sortirent d’entre ses lèvres. La boite aussi en était pleine. A la nuit venue, on entendit les deux enfants qui chantaient. La petite fille disait : « Fleurs et Roses ! » Et le garçon répondait : « Couleuvres et Serpents ! » Et, en disant ces mots, ils moururent tous els deux. Ce beaux conte, très intrigant, met en relief l’ambivalence de la vie et de la mort, sœur jumelles. Sa signification pousse à la compréhension du rôle même de la vie et de la mort, ainsi que de leurs rapports réciproques. Il nous rappelle aussi que nous sommes toutes et tous des morts en sursis.
[edit] suite au prochain episode. _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
|  | | Istari Garde Des Cryptes


Inscrit le : 06 Nov 2004 Messages : 155 Expérience de jeu (CV) : 5 mois
| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 10/11/2004, 15:39 | |
| | Juste pour dire que cette histoire est tres connue moi ont me l'avit raconter aevc a la palce des salade et des porte avec le sel et une fée de l'eau |
|  | | tua, seigneur de la nuit Capitaine Squelette


Inscrit le : 19 Aoû 2004 Messages : 144 Expérience de jeu (CV) : Bastogne, Belgique
| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 11/11/2004, 10:32 | |
| Pas mal les histoires de croyance et tout ça.
Mais connaissez vous l'histoire des vampires qui ont vraiment exister? En transylvanie, berceau de la légende, sous le règne de Vlad (tout se recoupe) Vint à cause de ses exentricités de guerre une terrible famine. La population, affaiblie par le manque de nourriture se vit terasser par une terrible maladie proche de la rage dont les victimes furent bientôt appelés vampires. Les victimes déliraient et mordaient leur congénères. LEs personnes souffrant de rage, tout les médecins vous le diront, souffrent des luminosités et des odeurs trop fortes (d'où l'ail). Ces pauvres condamné se voyaient bientôt obligés de hérer la nuit et le manque de nourriture les rendaient encore plus fou. Mais ce n'est que lorsqu'ils venaient à mourrir que le pire se produisait car cette maladie provoquaient des absences et comas,et, à l'époque, on ne savait guère faire de différence entre les morts et les vivant. C'est ainsi que l'on voyait les "vampires" sortir de leurs tombent pour hanter les vivants.
Voilà  |
|  | | Abhorash Capitaine Squelette


Inscrit le : 31 Aoû 2004 Messages : 118
| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 11/11/2004, 16:18 | |
| | Citation: | | En transylvanie, berceau de la légende |
N'importe quoi... N'importe quel passioné de vampire t'assasinerais pour cette remarque...
En même temps, ce que tu raconte, ce sont les légendes 'à la con' que tout le monde connais... Aucun 'vampirologue' n'y accorde la moindre importance. _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
|  | | Abhorash Capitaine Squelette


Inscrit le : 31 Aoû 2004 Messages : 118
| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 11/11/2004, 16:20 | |
| Nous avons vu que la société rurale attribuait un rôle bien précis aux trépassés. Il va sans dire que, pour la société villageoise traditionnelle, la vie Post Mortem ne faisait aucun doute. Et les morts qui reviennent, d’une façon tangible ou non, sont intimement liés à la nuit et aux ténèbres : il s’agit presque toujours d’âmes en peine qui n’ont pas trouvés le repos. Toutes sortes de rituels entouraient le décès : on arrêtait l’horloge, on voilait les miroirs d’un linge, généralement blanc, et on entrouvrait la porte de la chambre du défunt. En certains endroits, les cris et les pleurs bruyants étaient proscrits, car c’était l’heure du jugement : celui où le destin de l’âme se décidait. Ensuite, on ouvrait la fenêtre pour laisser l’âme sortir. En Moselle, on disait que l’envol de l’âme se manifestait sous la forme d’une petite lumière montant au ciel, comme une étoile filante à rebond (nous savons qu’un peu partout, l’apparition de ces météores était le signe d’une âme délivrée du purgatoire, ou quittant son enveloppe charnelle devenue inutile). Les rituels mortuaires sont très anciens et n’ont pas pour but, comme on le croit trop souvent ,d’assurer la dignité à la dépouille, mais de lui procurer le repos Post Mortem , afin que le défunt ne revienne pas. Un exemple parmi de nombreux autres : dans l’Europe nordique, la tâche incombait à la famille d’édifier le tumulus funéraire ou de creuser la fosse qui serait le dernier lieu de repos, de garder la tombe bien entretenue et de faire en sorte que le défunt ne devienne pas un « fantôme qui ne peut quitter le monde des vivants ». Les diverses traditions et coutumes associées au décès révèlent qu’au moment du trépas, le sort de l’âme n’est pas toujours fixé. En conséquence, il paraît clair que le sort de l’âme se joue avant la mort, durant la vie. Avec le conte de « la salade blanche et de la salade noire », c’est l’ambivalence de la vie et de la mort qui s’exprime par le biais du Paradis et de l’Enfer, symbolisés par les deux portes, qui ne sont autres que les Portes de l’Autre Monde des Anciens. Si l’attitude mentale de la petite fille la promet au Paradis (dans l’optique chrétienne bien entendu) ; le garçon, pour sa part, porte déjà en lui les germes de l’Enfer, auquel il se destine. Il ne faut cependant pas se tromper : il n’est pas question ici de destin inéluctable, ni de jugement, mais de montrer que le sort de l’être dans ce qu’il a de plus pur (ce qui deviendra l’âme après la mort) se règle de son vivant. Le conte enseigne que nous sommes toujours, pour une certaine part, les artisans de notre devenir spirituel. Les pressions extérieures qui influent sur le comportement ne peuvent à elles seules justifier ce comportement : nous sommes en définitive, responsables de nos actes et notre façon d’être. Le conte nous invite a juger les êtres sur ce qu’ils sont, et non sur ce qu’ils paraissent être. La salade n’est ici qu’un simple prétexte a révéler la nature véritable des deux enfants. Elle est le reflet de l’ambivalence Vie-Mort, Paradis-Enfer. Car si le blanc peut être envisagé comme l’image lumineuse de la totalité et de la plénitude, le noir reflète avant tout le vide, l’absence et l’errance. Le monde gris de la mort se décompose ainsi en blanc lumineux et en noir profond. Tel Janus, vie et mort sont les deux faces d’une unique réalité, c’est notre perception qui les dissocie. Sœurs jumelles, l’un est la conditions Sine qua non de l’existence de l’autre, et elles ne font en réalité qu’une. (Ca va ? j’ai encore tout le monde ou je dois expliquer ?) Ce qui rend le vampire si particulier, c’est qu’il appartient aux deux mondes en même temps, et qu’il existe simultanément dans les deux. Son baiser donne la mort à coup sûr (alors que la morsure du Loup-Garou, par exemple, ne tue pas toujours sa victimes). Sa nature ambiguë le distingue de ses congénères morts vivants. Et si le vampire conserve sa structure biologique (alors que le fantôme est impalpable), c’est qu’il faut s’incarner dans un corps matériel pour vivre dans l’existence terrestre, comme il faut revêtir la condition de trépassé pour entrer dans l’au-delà. Ainsi, la petite fille du conte ne peut entrer en Paradis pour cueillir sa salade que parce qu’elle revêt déjà la condition d’entrée en ce monde, et le garçon en Enfer parce qu’il porte en lui les germes de sa propre destruction spirituelle. En franchissant le seuil interdit de leur vivant, les deux enfants nous rappellent que nous sommes tous et toutes des morts en sursis (super comme définition de la vie…) et que la mort peut frapper n’importe quand. La Vierge est ici l’avatar des anciennes déesses psychopompes, conductrices des âmes (elle sert d’intermédiaire à la révélation du Destin de l’âme des enfants). Elle joue le même rôle que certaines fées dans d’autres contes. Cette ambivalence de la vie et de la mort se retrouve dans les mythologies anciennes, et particulièrement dans la pensée celtique. Ainsi est-il écrit dans le Mabinogi de Peredur (Perceval Arthurien ou Parsifal en Allemagne) : « Peredur se dirigea vers la vallée arrosée par une rivière. Les contours en étaient boisés : mais, des deux côtés de la rivière s’étendaient des prairies unies. Sur l’une des rives, il y avait un troupeau de moutons blancs et, sur l’autre, un troupeau de mouton noirs. A chaque fois que bêlait un mouton noir, un mouton blanc traversait l’eau et devenait noir. » Le texte précise d’ailleurs, qu’au bord de la rivière s’élevait un grand arbre, dont la moitié brûlait tandis que l’autre montrait un feuillage luxuriant. Cela symbolise l’ambivalence de l’existence, qui procède aussi bien de la vie que de la mort (cet enseignement se retrouve dans la mythologie nordique avec le personnage de Hel dont la moitié du corps est vivante et l’autre morte). Plus explicite encore est le passage suivant de l’ Immram Mailduin (la navigation de Mael Duin) : « ils aperçurent une nouvelle île avec une palissade hérissé qui partageait l’île en deux. Il y avait beaucoup de mouton, un troupeau noir d’un coté de la palissade et un troupeau blanc de l’autre. Et ils virent un gros homme qui séparait les moutons. Quand il jetait un mouton blanc par dessus la palissade, celui-ci devenait noir. De même quand il jetait un mouton noir par dessus la palissade, celui-ci devenait aussitôt blanc. » Mael Duin jeta alors une branche noire du côté des moutons blanc, et celle-ci devint blanche. Une branche blanche jetée du coté des moutons noirs devient noire. Ceci montre clairement que l’on ne peut passer d’un coté à l’autre de l’existence qu’en revêtant la condition nécessaire au passage. Et le symbolisme de notre conte est identique : La Vie y est symbolisée par le Paradis (la porte blanche) et la Mort par l’Enfer (la porte noire). Considérant cette loi qui ne souffre – Théoriquement – aucune exception, on comprendra pourquoi les revenants, donc les vampires, inspirèrent une telle terreur aux paysans : par leur nature même, ils violent cette règle inaltérable. Non contents d’être des monstres avides de sang humain (et d’âme, nous le verrons plus tard), ils sont des êtres qui défient les lois primordiales de la Nature ; celles de la Mort et du Temps. Cette terreur et cette haine féroce à leur égard expliquent les abus constatés dans les moyens de défense. Il n’est ainsi pas rare de voir les cadavres suspects déterrés et roués de coups. Pour en finir avec le « mal-mort », on lui coupe la tête, on le démembre, on le transperce d’un pieu ou on le cloue directement au fond du cercueil, on lui arrache le cœur pour l’incinérer, on brûle son corps sur un bûcher, ou encore on replace les parties dans la fosse et on les arrose de chaux vive. Cette peur des morts qui reviennent est présente dans toutes les cultures, et les moyens pour s’assurer que les morts sont « bien morts » sont aussi diversifiés que nombreux. _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
|  | | tua, seigneur de la nuit Capitaine Squelette


Inscrit le : 19 Aoû 2004 Messages : 144 Expérience de jeu (CV) : Bastogne, Belgique
| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 11/11/2004, 16:39 | |
| | Citation: | Citation: En transylvanie, berceau de la légende
N'importe quoi... N'importe quel passioné de vampire t'assasinerais pour cette remarque... |
Mais aucun homme ne peut me tuer (modification du profil pour que mon adresse n'y figure pas)
Sérieusement, 1)c'est un copain à moi qui a un esprit très cartésien et qui raconte rarement des bétises qui m'à dit ça. 2)cela m'a été confirmé par une visite en Transylvanie (Roumanie: le roumain est une langue latine et la 2ème langue la bas est le français) ou j'ai eu beaucoup de contact avec des brave paysan qui m'ont donné une version très semblable. 3)J'ai dit que la transylvanie est le berceau de la légende des vampires, la LEGENDE. 4)Il serait peut-être temps que tu entre dans le vif du suje t au lieu de déblatérer sur tes légendes chrétiennes 5)tes vampirologues ne m'inspire pas confiance. lol |
|  | | Abhorash Capitaine Squelette


Inscrit le : 31 Aoû 2004 Messages : 118
| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 11/11/2004, 19:24 | |
| | Citation: | | Mais aucun homme ne peut me tuer (modification du profil pour que mon adresse n'y figure pas) |
Peur du harcèlement? 
| Citation: | | 2)cela m'a été confirmé par une visite en Transylvanie (Roumanie: le roumain est une langue latine et la 2ème langue la bas est le français) ou j'ai eu beaucoup de contact avec des brave paysan qui m'ont donné une version très semblable. |
En même temps, on va la bas pour les vampires, alors ils vont ps te dire le con,traire...
| Citation: | | J'ai dit que la transylvanie est le berceau de la légende des vampires, la LEGENDE. |
Ledenge... Synonyme=Mythe.
| Citation: | | 4)Il serait peut-être temps que tu entre dans le vif du suje t au lieu de déblatérer sur tes légendes chrétiennes |
Je tourne autour pour l'instant afin que vous puissiez suivre, car ça va se compliquer par la suite... Et puis, je suis déga dans le vif du sujet...
| Citation: | | 5)tes vampirologues ne m'inspire pas confiance. lol |
Je disais ça en rigolant, mais ce sont plus des archéologues, anthopologues, scientifique... Et moi même qui ai regroupé tout cela  _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
|  | | Abhorash Capitaine Squelette


Inscrit le : 31 Aoû 2004 Messages : 118
| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 11/11/2004, 19:25 | |
| « En Afrique […], pour inciter un certains défunts à ne plus revenir, on mutile leur cadavre avant l’inhumation, on leur rompt par exemple les fémurs, on leur arrache une oreille, on leur coupe une main : par honte, par impossibilité physique, ils seront bien forcés de rester où ils sont ; s’il s’agit de bons morts, il n’y à qu’un moyen : leur assurer des funérailles dignes d’eux. En Nouvelles-Guinée, les veufs ne sortaient que munis d’un solide casse tête pour se défendre contre l’ombre de la disparue… Au Queensland, on rompait les os des morts à coups de gourdins, puis on leur ramenait les genoux au niveau du menton ; pour finir, on leur remplissait l’estomac de cailloux. C’est toujours la même peur qui a incité certaines peuplades à placer de lourds blocs de pierre sur la poitrine des cadavres, à clore hermétiquement de dalles pesantes les caveaux, à clouer de même les urnes ou les bières » (L.V. Thomas, Anthropologie de la Mort, 1976) De tous ces moyens de protections, il nous reste toujours quelque chose dans notre monde moderne, qui se veut pourtant rationaliste à l’excès. Si le couvercle de nos cercueils est solidement vissé, si nos fosses sont si profondes, si nos dalles de pierres tombales sont si lourdes, ce n’est pas tant pour empêcher les profanations de sépultures que pour conjurer cette peur inconsciente, de voir les morts sortir de leurs tombes. Et l’incinération, jugée plus digne, ne reste-t-elle pas en réalité l’ultime recours contre le retour des morts ? Le décor étant planté et l’histoire prête à être racontée, voyons maintenant les acteurs, et tentons de définir plus précisément ce qu’est l’Etat Vampirique. En d’autres termes, il nous faut répondre à la question : Qu’est ce qu’un Vampire ? S’en tenant strictement au folklore le plus commun, Littré le définit comme « Un être qui, suivant la superstition populaire, sort de son tombeau pour sucer le sang des vivants ». Toutefois, les opinions varient sur sa nature véritable. Pour certains, il est un esprit maléfique qui s’empare du corps d’un mort de fraîche date ; pour d’autres, il est un cadavre animé par une âme originelle. « Les Vampires sortent de leur tombes, écrivait John Jeinrich Zopft en 1733, attaquent les gens qui dorment paisiblement dans leur lit, aspirent tout le sang de leur corps et les détruisent. » Il faudra attendre 1771 pour que le Dictionnaire de Trévoux (Tome VIII, p.285) donne une définition précise et circonstanciée du Vampire. Le nom, l’apparence aussi bien que les mœurs des vampires varient d’une culture à l’autre. En Chine et Malaisie, ils sont réputés s’en prendre de préférences aux femmes et aux nouveaux-nés. En Birmanie, ils dévorent les âmes, de même qu’en Roumanie et dans les Balkans. Au Mexique, ils vivent dans les forêts et, dans leurs repaires, guettent leurs proies du haut des arbres. En Roumanie, on les appelle des « Strigoïs », mot qui peut être prononcé « strigoïou », « strigoï », « siscoï », « strigon », « strigoana » ou encore « striga » (ce nom qui peut être rapproché de « Strige », viendrait du verbe « a striga »(crier), car au cours de la nuit de la Saint-André, pendant les combats de Strigoïs, ceux-ci hurlent sans cesse). A la différence du vampire « classique » , le Strigoï n’est pas nécessairement un mort revenu de son tombeau. En effet, si l’on peut devenir Strigoï à cause d’une malédiction, pour avoir commis des crimes ou avoir pratiqué la magie noire (ou encore que l’on se soit fait voler son ombre, ou qu’un chien ou un chat soit passé sur le cercueil avant l’enterrement), on peut aussi naître en tant que tel. Nous sommes en effet ici en présence d’un cas particulier, celui du chamanisme vampirique, dont nous reparlerons ultérieurement. Le Strigoï vivant est un sorcier, pratiquant un culte spécifique, et il n’est pas nécessairement mauvais. Le Strigoï mort est beaucoup plus dangereux. Et s’il ne suce que rarement le sang des vivants, il n’en tente pas moins de les tuer. Sa nature est ambiguë, à la fois humaine et démoniaque. La Roumanie connaît d’ailleurs d’autres formes de vampires. Citons les « moroïs »n nouveau-nés assassinés par leurs mères, les « pryccolitchs », qui ressemblent à nos Loups-Garous, les « vîrcolacs », vampires aériens qui provoquent les éclipses, ou encore les « nosférats » probable déformations du mot « nécurat » (le sale), surnom donné aux esprits maléfiques dont on craint de prononcer le nom véritable. Ce « nosférats » cumule d’ailleurs les caractéristiques d’autres vampires : comme le moroï, il est un enfant mort-né ; comme le pryccolitch, il peut se changer en animal ; et il possède le pouvoir de « pocitor » (enlaidissement) du Strigoï, qui provoque une sorte de maladie magique faisant abondamment saigner à distance sa victime. (Au sujet des vampires Roumains, on lira avec profit le livre d’Adrian Cremene : Mythologie du vampire en Roumanie, 1981) A la différence du vampire tel qu’on l’imagine aujourd’hui (influencé par la littérature et le cinéma qui ont dénaturé le mythe), le Strigoï n’est pas un être froid et insensible, ou stupide comme les zombies du vaudou. Bien au contraire, il ne ressemble pas à un cadavre : son sang est chaud, son cœur bat, son cerveau est actif. C’est un être passionné, qui peut aimer (même si cette amour est souvent violent et destructeur) et éprouver des désirs charnels. (il existe même des Strigoï mariés) Le Strigoï reste sans doute le plus proche vampire originel : c’est un chaman, un prêtre païen, représentant des anciennes divinités. Et l’Eglise avait très bien perçu cet aspect du problème, qui s’en servit pour implanter sa religion en convainquant les paysans de l’importance de Dieu et des prières pour se protéger du vampire. Ainsi se créa une nouvelle mythologie opposant la crois aux divinités anciennes, par l’intermédiaire du vampire de plus en plus dénaturé. On voit ici que la définition du vampire n’est pas simple à établir, car le thème recoupe des mythes plus anciens, bien antérieurs au christianisme. S’en tenir au cadavre sortant de sa tombe pour s’abreuver du sang des vivants est bien insuffisant et trop réductionniste. Le mot lui même ne nous aide guère, puisque Buffon l’emprunta en 1746 à l’Allemande « Vampyr », emprunté pour sa part au Serbe. (aussi Upyr en Russe, Tchèque ou Polonais, d’où Oupire ou Upire en français du XVIIIème siècle.) « Vampirisme » apparaît lui aussi la même année, dû au bénédictin Dom Calmet. Ce n’est donc qu’au XVIIIème siècle, au cours de la grande épidémie, dont nous reparlerons, qu’un terme général voit le jour et s’impose pour désigner cette sorte de revenant sortis du tombeau pour tourmenter les vivants. En nos région, le concept est pourtant plus ancien, mais chaque zone linguistique possédait ses propres désignations. La conception du vampire n’est pas non plus fixée définitivement. Nous avons vu plus haut que les opinions variaient quant à sa nature : revenant, sorcier, démon, émanation astrale (pour l’occultiste Papus, entre autres, le vampire est une émanation du corps astral d’un être se nourrissant ainsi de forces vitales de ceux qui se soumettent, consciemment ou non, à son emprise.), double maléfique… Par extension, le concept de vampirisme s’applique aussi à ceux qui, comme le Roi David, profitent de la chaleur d’autrui pour se réchauffer (Selon le Premier Livre des Rois David s’étendait entre plusieurs jeunes filles nues, pour recouvrer sa chaleur naturelle défaillante.) ; ou aux bains de sang supposés rendre la jeunesse (Bouh Khaîne !), comme en usèrent Louis XI, le pape Innocent VIII, la comtesse Bathory, et bien avant, Médée (Dans ses Métamorphoses, Ovide rapporte que Médée rendit sa jeunesse au père de Jason en lui tranchant la gorge et en remplaçant le sang par des sucs qu’elle avait préparés. Notons d’ailleurs que, dans le monde antique, les mots « sanguis » (sang) , « vita » (vie) , et « anima » (âme) étaient synonymes). Le terme « vampire » est utilisé à toutes les sauces. Michelet, par exemple, traite Gille de Rais d’affreux vampire. Le sergent Bertrand, qui était nécrophile, s’est vu lui aussi affubler de ce qualificatif impropre. Les colonialistes sont dans le même cas, les banquiers, les agents du fisc, etc. Les « Vamps » du cinéma hollywoodien tirent leur nom du même vampire. Jusqu’à un aspirateur qui porte ce nom ! Charles Lancelin est même allé très loin en considérant le développement du fœtus et l’allaitement maternel comme des formes de vampirisme inconscient. Le sujet qui nous occupe est bien sur le vampire en tant qu’être mythologique (et non en tant qu’aspirateur…) Nous le définirons donc d’une façon générale en disant qu’un vampire est un être, vivant ou mort, qui aspire la vie d’autres être vivants (qu’il s’agisse de vie biologique ou psychique, voir spirituelle) ; bien que certaines légendes le présentes comme anthropophages, à l’instar de ses cousines les goules ( « Enfin, le même nom était donné à certains être fantastiques, moitié humains moitié démoniaques, des légendes orientales et germaniques. Ces êtres émergent des ténèbres au milieu de la nuit, ils ouvrent les tombes nouvellement scellées, dévorent la chair des cadavres, et disparaissent quand ils sont repus de cet horrible régal. » (P.B. Randolph : Eulis , à propos des goules.) Ceci étant précisé, voyons maintenant comment l’on devient vampire. _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
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| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 13/11/2004, 13:13 | |
| Devenir Vampire.
Nous avons déjà remarqué qu’il existait dans le légendaire deux catégories générales de vampires : ceux qui le sont devenus après leurs morts (par malédictions, ou en étant mordu), et ceux qui sont nés ainsi ; le second groupe, moins répandu, étant souvent celui des sorciers adeptes du chamanisme vampirique (il existe un troisième groupe, infiniment plus rare, qui est celui de personnes devenant volontairement vampires). Occupons nous tout d’abord des représentants de la première catégories. Les croyances populaires européennes ont surtout désigné les suicidés et les excommuniés comme étant les candidats les plus sûrs à cette métamorphose d’outre-tombe. Dans un contexte chrétien, il ne pouvait en être autrement, puisque les premiers ont osé disposer librement d’un corps ne leur appartenant pas (puisque, dans la conception chrétienne, le corps de l’être humain ne lui appartient pas, il lui a, en quelque sorte, été prêté par Dieu : le suicide est donc une offense majeure) ; et les seconds, définitivement rejetés du sein protecteur de la « Sainte Eglise » sont ainsi voué, corps et âme, à Satan. Ces malheureux sont donc destiné à revenir tourmenter les vivants, soit parce qu’ils sont inféodés au maître des Enfers, soit par simple désir de vengeance. Une exception à cette règle : les excommuniés et les suicidés pouvaient devenir des loups-garous. Mais comme de nombreuses traditions orales affirment qu’à leur mort naturelle, les loups garous ont de forte chance de devenir des vampires, cette exception n’en est pas vraiment une (d’autant plus d’autrefois, vampires et loups-garous n’étaient pas dissociés, et étaient souvent considérés comme une seule et même créature). De telles croyances existaient d’ailleurs depuis longtemps. Déjà dans la Grèce antique, à Rome et en Sicile, les cadavres des suicidés avaient la tête tranchée, et on la brûlait afin que leur âme ne revînt pas tourmenter les vivants. Une croyance fort répandue voulait en effet que l’âme résidât dans la tête, c’est pourquoi la décapitation est un rituel ordinaire de destruction des revenants et vampires. Chez les Crétois, nous apprendre Pausanias, on brûlait les cadavres sortis du tombeau et on leur perçait le crâne à l’aide d’un clou (coutume que l’on retrouve aussi dans les traditions slaves). Tous les moyens étaient bons pour empêcher le retour des morts maléfiques, auxquels on croyait fermement. Ainsi, Platon, Démocrite et Plutarque prétendaient que les Ombres apparaissaient parfois près des sépulcres, et Suétone n’hésite pas à mentionner une infestation de Spectres après les funérailles de Caligula. Dom Calmet rapporte que les anciens peuple septentrionaux « étaient persuadés que les spectres qui apparaissent quelquefois, ne sont que les âmes des morts décédés depuis peu, et que dans leur pays, on ne connaissait point de remède propre à faire cesser ces sortes d’apparitions que de couper la tête du mort, de l’empaler, ou de lui percer le corps avec un pieu, ou de le brûler ; comme il se pratique aujourd’hui (vers 1751) dans la Hongrie, et dans la Moravie envers ces vampires ». (Traité sur les apparitions) Les corps de ces suicidés et excommuniés étaient enterrés hors des lieux sacrés et loin des cimetières (ou dans un endroit à l’écart). Le cimetière est en effet un lieu saint donc sont inévitablement exclus ces sortes de morts, mais aussi les incroyants, les infidèles, les homosexuels, ou tout simplement les enfants décédés avant d’avoir reçu le baptême (c’est pourquoi on a vu fleurir un peu partout des chapelles où se pratiquait le miracle de la résurrection temporaire, juste le temps de baptiser l’enfant).
Les sépultures étaient parfois juste creusées au pied des gibets (où naissent les mandragores magiques, fruit du sperme des pendus), dans un champs à l’écart ou encore à une croisée des chemins. Que l’on ne croit pourtant pas que de telles coutumes sont le fait des croyances superstitieuses d’un passé lointain. Ainsi, dans le Svod Zakanov édition de 1892, l’article 70 de l’ ustav (statut) destiné aux médecins, précise : « Le corps d’une personne qui se sera donné la mort volontairement devra être enterré par le boucher en un lieu écarté et infâme. » De même, la loi anglaise prévoyait une inhumation en dehors des cimetières pour les suicidés, et ordonnait de plus que l’on enfonça un pieu dans leur corps, pour les empêcher de revenir tourmenter les vivants. De nos jours encore, en Ecosse et dans certaines régions d’Irlande, les suicidés sont enterrés loin de toute habitation, à un carrefour, pour que le Diable, qui hante les croisées des chemins, vienne prendre leur âme. (Dans un ordre similaire d’idée, rappelons l’exemple des sirènes grecques (oiseaux a buste et tête de femme, et non femmes-poisson comme dans la version nordique et celtique) qui, sous l’influence égyptienne (où l’âme était représentée sous forme d’oiseau à tête humaine), ont été considérées comme l’âme du mort ayant raté sa destinée, et qui se transforme en vampire dévorant.) Un peu partout en Europe, une croyance très répandue voulait que le Diable empêchât le pourrissement de leur dépouille, ce qui leur permettait de ressortir de leur tombe (on les enterrait à la croisée des chemins aussi dans l’espoir qu’ils ne retrouveraient pas la route de leur village). Dans ses Instituts de Théologie à l’usage des directeurs des âmes (Vienne, 1777), le Père Schram affirmait aussi la possibilité du retour des excommuniés. Pierre-Daniel Huet, évêque d’Avranches, écrivait à ce sujet : « Les Grecs d’aujourd’hui sont encore persuadés que les corps des excommuniés ne se corrompent point, mais s’enflent comme des tambour, et en exprimant le bruit quand on les frappe, ou qu’on les roule sur le pavé. Ce qui les fait appeler toupi ou tymanites. » (Pensées Diverses, Paris,1722.) De telles croyances étaient encore bien ancrées dans les esprits à la fin du XIXème siècle. En 1897, un jurisconsute de Saint-Pétersbourg s’insurgeait contre les inhumations faites hors des cimetières orthodoxes, car « une telle ségrégation ne peut exercer sur le peuple qu’une néfaste influence. Elle excite son imagination et il pense que tous les suicidés, les excommuniés, les personnes mortes en état de péché mortel ne sauraient trouver le repos après leur mort… et deviennent des vampires ». Ce texte parut à la suite d’une série d’exhumation de cadavres suspectés de vampirisme, qui étaient transpercés, décapités et brûlés. De mauvaises récoltes et la malnutritions avaient entraîné le développement d’épidémie… attribuées, comme de jute, aux vampires (d’ailleurs, l’ancien code Russe précise que « en temps de peste, on doit détruire par le feu, après l’avoir décapité, tout cadavre suspecté de remuer dans sa tombe » ). Si les excommuniés et les suicidés deviennent fréquemment des vampires, une personne ne faisant pas partie de ces catégories particulière pouvait fort bien être frappé de cette étrange maladie. Les traditions orales rapportent en effet que la morsure du vampire est contagieuse. La victime mordue, si elle est sauvée à temps, devient à son tour, après la mort (qui survient souvent à brève échéance), une de ces créatures de la nuit. Si le vampire mord et tue, ce n’est pas par cruauté, mais pour sa survie, et celle de sa race, car bien qu’ayant une activité sexuelle, le vampire ne peut pas, le plus souvent, se reproduire par des moyens naturels (la vie étant dans l’optique chrétienne un don de Dieu). Il en est donc réduit à une parodie amoureuse pour perpétuer l’espèce (les dents et la morsure ayant une symbolique sexuelle très claire). Ceci l’apparente d’ailleurs aux démons, qui ne peuvent se reproduire que par l’intermédiaire des humains (la succube, en ayant des rapports sexuelles avec les hommes, recueille leur semence, puis se transforme en Incube pour aller féconder les femmes). Notons toutefois que certaines traditions concèdent au vampire un pouvoir de régénération. La transformation en vampire peut paraître simple, mais elle ne l’est pas tant que cela en réalité, car les conditions extérieures peuvent avoir leur influence. La Lune, par exemple, joue un grand rôle dans cette métamorphose. Ainsi, selon les croyances des Grands-Russiens, seuls les excommuniés ensevelis à la croisée des chemins soumise à la lumière sélénite deviennent vampires. Si l’on connaît l’influence lunaire sur les loups-garous, on sait moins que sa froide clarté est un stimulant pour les vampires. C’est ainsi que le nosferat roumain accroît sa vitalité pendant les nuits de pleine Lune. Lorsque les Chinois enterraient leurs morts, ils prenaient bien garde qu’il n’y ait pas la moindre fissure dans le cercueil, car si les rayons de l’astre de la nuit venaient à y pénétrer, le défunt se transformerait en « Kiang-si ». Les Gitans, quand à eux, croyaient que la Lune est la véritable patrie des vampires : ils la quittent chaque nuit, lorsqu’elle est visible, pour venir sur Terre attaquer les vivants. « La plupart des peuples écrit Collin de Plancy, ont cru que la lueur de la Lune était un signal mystérieux auquel les spectres sortaient de leur tombeau. Les Orientaux content que les lamies et les goules déterrent les morts dans les cimetières et font leur festin au clair de Lune. Dans certains cantons de l’Orient et de l’Allemagne, on prétendait que les vampires ne commençaient leurs infestations qu’au lever de la Lune, et qu’ils étaient obligés de rentrer en terre au chant du coq. L’idée la plus extraordinaire, adoptée dans quelques villages, c’est que la Lune ranimait les vampires. Lorsqu’un de ces spectres, poursuivi dans ses courses nocturnes, était frappé d’une balle ou d’un coup de lance, on pensait qu’il pouvait mourir une seconde fois, mais qu’exposé aux rayons de la Lune, il reprenait des forces et pouvait à nouveau sucer les vivants. » (Dictionnaire Infernale, Paris, 1863) Venons-en maintenant au cas des vampires roumains, qui est particulier. Nous avons dit que les vampires de ce pays portaient généralement le nom de « Strigoïs », mais les Strigoïs possèdent aussi parfois des noms particuliers. Ainsi, peut-on parler de ‘Cel-rau’ (le mauvais), ‘nécuratul’ (le sale), ‘pocitor’ (enlaidisseur), ou encore ‘strigoaïca (Strigoïs féminin), ‘moroï’, (moracaïca au féminin), ‘pryccolitch’ (vampire ayant une nette ressemblance avec nos Loups-Garous), ou bien ‘vîrcolacs’ (vampires aériens qui provoquent les éclipses, que l’on appele aussi « chiens de Dieu », car ils mangent la partie de la Lune où la tradition populaire situe le refuge de Caïn). Mais la distinction majeure réside dans le fait qu’il existe des Strigoïs devenus vampires après leur mort, et d’autres qui l’étaient durant leur première vie, voire dès leur naissance. Certaines conditions président à la naissance du Strigoï. Il peut le devenir si la sage-femme l’ayant mis au monde l’a maudit pour qu’il devienne Strigoï de lait ou de blé. Le Strigoï naît toujours coiffé ou vêtu d’une chemise de peau. Une femme ayant bu de l’eau impure mêlé à de la salive démoniaque accouche d’un tel enfant (nous retrouvons ici une variante christianisée de la conception par ingestion, que l’on retrouve dans certaines mythologies). Autre cas : une femme enceinte qui est sortie, nu-tête, de nuit, et a rencontrer le diable qui a placé sur la tête une coiffe rouge pareille à la sienne. _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
|  | | Abhorash Capitaine Squelette


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| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 13/11/2004, 16:32 | |
| Peuvent naître également Strigoï le septième garçon ou la septième fille d’une famille, mais aussi ceux qui sont chauves, qui ont les cheveux roux et les yeux bleus (ces deux signes étaient aussi distinctifs des vampires dans la Grèce Antique), voire ceux ou celles qui ont les yeux noirs au regard pénétrant. Il existe cependant des signes distinctifs plus précis. Adrien Cremene ( Mythologie du vampire en Roumanie , Le Rocher, 1981) rappelle que, très souvent, « ils ont la colonne vertébrales prolongée par une queue. Cette queue est couverte de poil et est, semble-t-il, assez courte. Toutefois, elle peut grandir à la chaleur. Cet appendice donne beaucoup de pouvoir au Strigoïs, car c’est lui qui leur donne la possibilité de survivre après leur mort ». Les personnes ayant un mamelon supplémentaire étaient également considérées comme des Strigoïs. Selon T.Pamfile ( Mitologie româneasca, Bucarest, 1916), il y a aussi des demi-strigoïs et surtout des demi-strigoaïcas, qui sont des apprentis de véritables Strigoï, et qui tuent les humains. Ils peuvent jeter des sorts et participent aux cérémonies des Strigoï, et surtout, à la grande bataille de la nuit de la Saint-André. Ils sont moins puissants que les vrais Strigoïs, et n’ont pas de pouvoirs sur les objets inanimés. Cet apprentissage leur donne cependant la possibilité de devenir à leur tour de véritables Strigoïs après leur mort. Pour ce qui est des personnes devenant Strigoïs après leur mort, citons : les Maudits, les Excommuniés (Notons qu’en Roumanie, l’excommunication revêtait un caractère particulier. Le prêtre n’avait même pas à la prononcer. Toute personne ayant commis un péché grave était automatiquement considéré comme excommuniée, car seul Dieu pouvait absoudre un tel péché), les enfants morts avant d’avoir reçu le baptême, les personnes mortes subitement, les pendus, les noyés (particulièrement redoutés). Mentionnons encore les personne s’étant fait voler leur ombre, et les morts sur le cadavre desquels est passé un chat ou un chien. Les pryccolitchs, quant à eux, peuvent naître ainsi ou le devenir. Ils ont la capacité de se transformer en animaux, notamment en chiens et surtout en loups, par l’accomplissement d’un acte magique consistant à tourner trois fois sur eux-mêmes, les mêmes tours inversés les faisant retrouver forme humaine. Les vîrcolacs, ou vercolacs, qu’on accuse de dévorer la Lune (On croyait en Moldavie que l’astre des nuits est le repaire de deux vîrcolacs vivants, appelés Etienne et Paul) et le Soleil, et de dérober l’étoile du Berger (Astre très important dans les traditions et croyance Roumaines, car il est censé apporter la pluie. En cas de sécheresse, pour sauver l’étoile du Berger, c’est à dire la planète Venus, Dieu fait tomber la grêle contre les vîrcolacs voleurs.), naissent en tant que tels. Cette malédiction est souvent le fruit d’un inceste entre frère et sœur. Après leur mort, les vîrcolacs continuent leurs méfaits. Ils sont cependant les seuls Strigoïs à ne garder aucun lien avec leur tombe ou leur corps. Leur nature reste essentiellement ouranienne. La croyance en ces êtres (contre lesquels il ne peut exister d’exorcisme) est très ancienne, puisque Hérodote, dans ses Histoires mentionne des coutumes des Gètes (peuple d’origine thrace, ancêtre des Roumains actuels) les concernant. Les moroïs sont, comme nous l’avons dit, des enfants illégitimes, non baptisés, et qui ont été assassinés par leur père ou leur mère. Si l’on pensait généralement en Occident que de tels enfants devenaient des Anges, en Roumanie, bien au contraire, ils étaient par leur nature et leur désir de vengeance dévolus au Diable, et devenaient des êtres maléfiques. Les Moroïs, comme les vîrcolacs, sont aériens. Le démon les charge de transporter et de jeter la grêle. C’est cependant sur Terre qu’ils vont chercher cette grêle, en un mystérieux endroit où le Soleil « ne brille jamais ». Les Striges sont des sorcières devenues après leur mort des sorts de strigoaïcas. Elles communiquent la maladie et attaquent surtout les jeunes enfants pour leur voler leur cœur (notons toutefois que certaines indications, leur danse merveilleuse notamment, laissent à pense qu’elles étaient à l’origine des fées, devenue par la suite des « Diablesses »). On les rapproche parfois des « Lamies », belles diablesses habitant les déserts, avides de sang, et qui déterrent parfois les cadavres pour les dévorer. Le terme Lamie (ou Lamia) désigne généralement soit un vampire nocturne, soit une hallucination de cauchemar (à rapprocher des hallucinations visuelles dont sont victimes, dit la tradition, les personnes mordues par un vampire, et qui leur font voir un grand spectre blanchâtre qui les poursuit). Le même terme désigne aussi à la fois la succube (démon femelle s’unissant charnellement aux hommes) et une sorcière. Dès l’an 1400, on parle de Lamiæ, démons déguisés en vieille femmes qui enlèvent les enfants pour les faire rôtir et les manger. Elles sont aussi parfois décrites comme des entités plus facétieuses que maléfiques. Ainsi, Gervais de Tilbury écrit : « Les Lamies sont, dit-on, des femmes qui font la nuit des intrusions très rapide, de maison en maison, vident les tonneaux, regardent dans les paniers, les pots et les marmites, sortent les nourrissons de leur berceaux, allument les lumières et parfois importunent les dormeurs » (Otia Impériala, 1210) . _________________ C'est le désir qui engendre la pensée. PLOTIN Sans la vertu, Dieu n'est qu'un mot. PLOTIN |
|  | | Abhorash Capitaine Squelette


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| Sujet: Re: Mythe du VRAI Vampire. 22/12/2004, 22:56 | |
| Mœurs et Coutumes.
Comme nous l’avons déjà fait remarquer, le vampire est un cas à part dans la horde des revenants. Il s’apparente à la fois aux vivants et aux morts, aux démons et aux loups-garous. « Ce mort-vivant, comme l’écrit si justement Montague Summers (The Vampire, his Kith and Kin, Kegan Paul, 1928.) , a un corps qui est son propre corps. Il n’est ni mort ni vivant, mais vivant dans la mort. Il est une anomalie ; un androgyne dans le monde spectrale, un parie parmi les monstres. » Le vampire mythique n’a rien à voir avec le séduisant et racé Comte Dracula du cinéma, qui n’en est qu’une ridicule caricature. C’est bien au contraire une créature indicible, un être affreux à faire peur. Il est maigre et poilu, avec une tignasse rouge et hirsute, et, une fois repu, il devient gras à en éclater. Le sang alors lui coule de la bouche, du nez et des oreilles. C’est, souvent, ne l’oublions pas, un cadavre ambulant, avec tout ce que cela suppose d’abject et de répugnant. Summers, qui a répertorié différentes variétés de vampires, nous dit qu’il a le corps mou, la peau molle à la pâleur morbide. Il est froid comme de la glace (exception faite du vampire Roumain), ses dents acérées brillent dans l’obscurité, entre ses lèvres rougeoyantes à la sensualité obscène, alors que sa peau est légèrement phosphorescente. Ses ongles sales et encroûtés de sang séché sont comme des serres, de véritables griffes. Son haleine est fétide et pestilentielle, elle exhale des relents de tombeau et de décomposition. Sa posture est à peine humaine, et il n’est pas rare de le voir se déplacer à quatre pattes comme un animal. Il grogne comme un porc, siffle comme un serpent, feule comme un chat furieux. Mais il peut aussi se donner des airs de vivants pour mieux tromper ses victimes et endormir leurs méfiances, notamment lorsqu’il se présente à sa famille. « Ceux de Chine et de Malaisie qui s’en prennent aux femmes et tuent les nouveaux-nés, ont des ongles terribles, des yeux injectés de sang, des lèvres tuméfiées. Le vampire Birman, le vampire Japonais, dévorent les âmes, tandis que le Vétala indien se contente de fréquenter les aires de crémation à la recherche d’un corps qu’il pourrait posséder. Le « mangeur de défunts », les « maîtres des cimetières » du Tibet apparaissent avec des yeux sanguinolents et une bouche verdâtre. Chez les Ashantis, les suceurs de sang émettent la nit une lueur phosphorescente ; ils fréquentent les forets, tout comme leurs congénères du Mexique ancien, protégés par le dieu Tezcatlipocâ, qui, à l’occasion, empruntaient la forme lupine (Roland Villeune, Loups-garous et vampires, 1970). » Bien que d’apparence souvent chétive et fragile, le vampire est doté d’une force extraordinaire qui lui permet de soulever aisément la lourde dalle de son tombeau (Dans la tradition Moldave, au cours de la nuit précédant la Saint-André, il est parfois contraint de poster sa tombe sur sa tête, comme il est rapporté dans le Moniteur Universel du 7avril 1868). Certains s’amusent à effrayer les paysans en venant frapper à leur porte la nuit (parfois facétieux, il lui arrive de jouer les fantômes). Du fond de sa tombe, on peut l’entendre pousser de sourds grognements. On dit que les chiens tombent en arrêt devant lui. Notons qu’il voit parfaitement dans l’obscurité la plus totale et qu’il se déplace à la vitesse du vent. Certains vampires peuvent en outre se transformer en animaux, particulièrement le chien ou le loup, parfois en insecte ; mais très rarement en chauve-souris, malgré une croyance tenace (la métamorphose en chauve souris, popularisé par le cinéma, est loin d’être universel, ni même répandue. Elle n’existe pratiquement que dans de rare traditions africaines). Si seuls certains peuvent voler ou changer de formes ; la plupart sont accusés d’attaquer les hommes aussi bien que les animaux, et de répandre des maladies, la peste notamment. En certains endroits, le vampire n’est même plus qu’un fantôme sans corps. Parfois, les vampires sont invisibles et très agressifs : ils détruisent tout ce qu’ils peuvent et crachent le sang. Ils frappent leurs victimes et les projettent à toute force pour faire jaillir leur sang. Dans un autre ordre d’idée similaire, le vampire gitan abandonne son corps en quittant sa tombe. Chevauchant le bétail à une vitesse folle, il erre dans la nuit et fait un vacarme épouvantable, hurlant et brisant tout ce qui se trouve sur son chemin. Comme on le voit, le vampire est polymorphe, et il peut se rapprocher ainsi des spectres et autres poltergeists, des Chasses sauvages, et des lutins (il existe d’ailleurs des lutins-vampires). En outre, certains sont anthropophage, à l’instar des loups-garous, et, nécrophages, ils dévorent des cadavres plus ou moins frais, comme leurs cousines les goules. Nous avons dit que les vampires possèdent une force colossale leur permettant de soulever la dalle de leur tombeau. Certains, parfois, plus originaux (et plus rare, s’échappent de leur tombe soit en étirant leur corps jusqu’à ce qu’il puisse passer par un petit trou dans la terre, soit en revêtant une forma vaporeuse, ce qui leur permet, en outre, de pénétrer partout par la moindre fente (ils passent alors souvent par le trou de la serrure ou se glissent sous une porte). Autre cas insolite, celui d’un vampire bulgare, qui possède deux formes. Pendant 40jours, il s’entraîne à devenir agressif, et durant cette période, son corps fragile émet des étincelles. Ensuite, il peut sortir de son tombeau en reprenant ancienne apparence, celle qu’il avait étant vivant, mais avec une seule narine et une longue langue pointue. En Chine, certains morts-vivants étaient considérés comme des démons, mais d’autre étaient animés par l’âme elle-même du mort, le « P’o ». Elle restait sur terre quelque temps après le décès, pour tenter de transformer le corps en vampire. Certains vampires chinois sont couverts d’un hideux pelage vert, ils ont des croc et des griffes acérées, mais leur visage est celui d’un homme vivant (signalons au passage que les vampires chinois dévorent parfois d’autre corps). Les vampire japonais, quant à eux, sont de très dangereux esprits sous une forme animale, comme le chat géant à deux queue.
(Les exemples abondent, mais il serait inutile et fastidieux d’en donner davantage).
Il nous faut toutefois dire un mot de la nourriture des vampires roumains, qui présentent quelques particularités. Le Strigoï renaît à sa seconde vie après une période d’inhumation variable (selon les différentes croyances populaires, cette durée est de neufs jours, de quarante jours de six semaines ou de six mois, de trois ans ou encore de sept ans. Cette dernière période correspond au délais au bout duquel, selon la tradition roumaine, les cadavres doivent être exhumés pour pouvoir en purifier les os). Son corps s’étire et devient filiforme pour se glisser par un petit trou qu’il à creuser dans la terre. Cette émergence ne peut avoir lieu que la nuit, de préférence lorsque le ciel est très nuageux, ou à la nouvelle Lune. Bien qu’il puisse alors reprendre son ancienne forme, il affecte généralement l’aspect d’animaux, le plus souvent d’insecte nocturnes (par contre, la transformation en chauve-souris paraît inconnue en Roumanie). Seuls les pryccolitchs sont astreints à user de deux formes déterminées : loup et chien (ogar, le plus souvent). T.Pamfile (Mitologie românesca) a ainsi décrit un Strigoï « pocitor » (enlaidisseur) : « Il avait des dents de cheval et, parmi ses gencives, on pouvait voir des restes de chair humaine ; ses ongles étaient de grandes griffes et ses mains et ses pieds étaient semblables à ceux d’un ours. Sa poitrine, couverte par sa barba, était velue comme une fourrure. »
Sa queue, qu’il possédait déjà avant sa mort, s’allonge et devient comme un fouet, dont il use parfois pour étrangler ses victimes. Avant sa résurrection, le Strigoï est prisonnier d’une sorte d’univers intercalaire : il n’est ni mort, ni vivant. Pour qu’il puisse subsister en tant qu’être matériel et spirituel, rappelle Adrian Cremene (Mythologie du Mythe en Roumanie) il lui faut une nourriture physique autant qu’une nourriture métaphysique. D’où la nécessité de manger de la chair, mais aussi d’absorber l’âme de ses victimes. Le Strigoï peut sucer le sang de sa victimes, ou manger son cœur (Dans la magie Roumaine, le cœur est le réceptacle où se déverse l’âme. Le sang est considéré comme le véhicule de l’âme, c’est par lui qu’elle circule dans tout le corps. Signalons que, traditionnellement, le vampire ne perce pas la peau avec ses canines, il aspire le sang directement par les pores, ou arrache la chair pour boire goulûment.), voire son foie. Il peut aussi absorber l’âme à distance en provoquant un « enlaidissement » (pocitor), maladie magique qui provoque des saignements de nez et de bouche. Plus gourmand, le pryccolitch pratique fréquemment la dévoration (c’est pas très Français, mais l’idée est là…) intégrale ou partielle du corps de ses victimes (notons toutefois que tous les pryccolitchs ne se nourrissent pas de chair humaine). Le moroï, pour sa part, a tendance à dédaigner la nourriture matérielle pour consommer presque exclusivement des âmes. Ces manières de se nourrir ne concernent que la période succédant à la résurrection du Strigoï (dont la durée est variable). Une fois qu’il a acquis la « quantité » d’âme nécessaire à sa survie, il ne s’attaque plus qu’aux animaux. Dans un troisième temps, il retrouve une alimentation similaire à celles des humains normaux. Une fois parvenu à ce stade, il quitte son village (les Strigoïs restent en effet aux alentours de leur village très longtemps), et s’en va vivre une nouvelle vie où il se marie est assure sa descendance ; vie, qui, normalement, doit durer jusqu’à la fin des temps. Il passe ainsi d’une éternité dans la mort à une véritable immortalité.
Voyons pour finir un aspect peu évoqué des mœurs des vampires : leur sexualité. Si le comte Dracula cinématographique envoûte ses victimes par son charme magnétique de « beau ténébreux », tel n’est pas le cas du vampire mythologique. Laid et repoussant, il n’est guère à son avantage dans le domaine de la séduction. S’il copule, ce n’est pas pour procréer, puisqu’il ne le peut généralement pas. Certaines traditions lui confèrent un pouvoir de génération, mais elles restent minoritaires. Le problème de la reproduction des vampires restent incertain. En effet, ils sont considérés comme des créatures infernales, et donc ne devraient pas se reproduire, puisque la vie est un apanage de |
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